A la Une 22/08/2007 à 18h30

Kosovo : l'UE à la recherche d'un difficile compromis

Snejana Jovanovic | étudiante en science politique

L’heure de vérité approche au Kosovo. En accord avec les médiateurs russes et américains de la « troïka » du Groupe de contact pour le Kosovo, le diplomate allemand représentant l’Union européenne, Wolgang Ischinger, rencontre jeudi à Pristina les membres de l’« Unity Team » qui regroupe le président du Kosovo et quelques membres du gouvernement et de l’opposition kosovars.

Afin de relancer les négociations sur le statut du Kosovo, et « dans un esprit plus optimiste » selon un proche collaborateur de Wolgang Ischinger, les médiateurs ont planifié de rencontrer assez régulièrement, mais aussi en fonction de l’actualité, seules ou en groupe, les différentes parties, au cours de réunions informelles. Cette méthode de négociation consiste à engager un véritable dialogue basé sur l’écoute et l’observation. Le but est de récolter des impressions, des informations, des faits, d’explorer la situation sur le terrain en vue de trouver un compromis.

Les deux parties, Serbes et Albanais du Kosovo, maintiennent pour l’instant fermement leur position dans ce territoire placé sous administration intérimaire des Nations unies depuis 1999. Les Serbes refusent toute atteinte à leur souveraineté en excluant radicalement, avec le soutien de la Russie, l’indépendance du Kosovo, seul dénouement pourtant envisageable pour la partie albanaise, qui sur les conseils du département d’Etat américain se retient de faire une déclaration unilatérale d’indépendance. Enfin, certains parlent de partition de la province, ce qui exacerbe les passions de toutes parts.

C’est pourtant l’Union européenne qui jouera un rôle clé dans l’avenir du Kosovo, puisque dès la définition du statut, dans le cadre de la politique européenne de sécurité et de défense (PESD), elle s’impliquera afin de conseiller, surveiller, et renforcer la police, la justice, et les services pénitentiaires, en étroite coopération avec les futures autorités kosovars. A cet effet, un « bureau civil international » est en cours d’élaboration. Son nouveau représentant, Jonas Jonssen, a été nommé trois jours après que Javier Solana, le haut représentant de l’Union européenne pour la politique étrangère, a désigné le diplomate allemand Wolgang Ischinger comme représentant de l’UE pour faciliter le processus de négociation entre Belgrade et Pristina.

Dans son dernier rapport sur le statut du Kosovo, l’ICG (International Crisis Group), une organisation indépendante basée à Bruxelles, exhorte l’UE à ne plus rester divisée sur la question et à reconnaître une indépendance supervisée du Kosovo dans le but de débloquer la situation dans les 120 jours à venir.

L’enjeu de ces négociations pour l’Union européenne est soit de confronter sa politique étrangère à un nouvel échec, soit de s’affirmer comme un acteur incontournable sur la scène internationale.

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  • Anonyme

    Avant de donner vos convictions en ligne, pouvez-vous vous renseigner véritablement sur l’histoire de cette région : la situation est hautement plus compliquée. Le Kosovo est une région historique pour les serbes orthodoxes. Si vous y allez vous y verrez beaucoup de monastères parmi les plus anciens dans les Balkans, monastères détruits par la guerilla au Kosovo. Il ne suffit pas de dire le Kosovo aux Albanais et la Serbie aux Serbes, trop simpliste ! Quid des serbes qui souhaitent rester au Kosovo ?

  • Anonyme

    Bonjour,

    Je vois que le débat est très bien parti et que des personnes très bien renseignées sur les problématiques exerce des points de vue très tranchés...

    Pour ma part je comprends les difficultés qu’épprouvent les Serbes mais aussi les Albanais.

    Je m’explique, historiquement le Kosovo a été pendant une période relativement longue peuplé pratiquement exclusivement par des Serbes et de ce fait faisait parti de la Serbie. Au nom de quel droit doit-on expulser des gens qui habitent sur cette terre depuis peut être 500 ans ou plus.

    Par ailleurs, est-il normal d’ignorer le fait que ce territoir est peuplé par 90% d’Albanais et que cette majorité a bien évidemment raison de réclamer plus de pouvoir.

    Maintenant, toi qui me parait bien renseigné, que penserait tu si 100 millions de chinois venaient en, france et demandait l’indépendance et t’obligeait à partir de ton pays pour aller je ne sais ou (peut être en belgique ? ? ?).

    Pour moi la seule solution et d’attendre que ces deux communautés puisse revivre cote à cote même si cela prend 50 ou 60 ans le temps que les assasins des deux camps soit décédés et que l’espoir renaisse.

    Cordialament

  • Anonyme

    Il faut bien réfléchir à ce qu’on fait dans le cas du Kossovo parce que si le Kossovo était demain indépendant, (ou qu’il y ait un irrédentisme Albanais) les conséquences locales ne seraient pas minces.
    Il y aurait d’abord le risque de créer un Etat mafieux ça ce n’est pas grave sur le long terme, mais surtout il n’y aurait plus aucune raison de refuser le même traitement aux Serbes et aux Croates de Bosnie qui sont exactement dans la même situation que les Kossovars.
    Avec un peu de chance, la question se poserait aussi pour les Albanais de Macédoine.
    Prudence, Prudence...
    Alviano

  • Anonyme

    Le Kosovo, ce n’est pas comme la Bretagne, la Corse ou l’Euskadi en France, ce serait plutot comme la Seine-saint-Denis. Le Kosovo est une région Serbe qui a son patrimoine historique et qui a toléré l’immigration pacifique de ses voisins les albanais. L’indépendance du Kosovo créerait un précédent. Il faudrait d’autre part rétablir la vérité, après toute la désinformation médiatique qu’il y a eu entre les bons kosovars et les méchants Serbes, tableau qui faisait trop image d’épinal où comme dans toute guerre les méchants sont rassemblés d’un coté et les bons de l’autre.
    J.P.

  • Anonyme

    Nommer un diplomate allemand c’est déjà bien mal engager le problème. Entre Serbes et Allemands, le contentieux est lourd. Sans remonter à la 2nde G.M., je ne pense pas que les Serbes aient oublié la reconnaissance par la R.F.A. de l’indépendance de la Croatie, ce qui avait précipité la guerre, ou plus recemment l’intox par les services secrets allemands avec le fameux plan « Fer à cheval » qui s’est révélé être tout aussi bidon que les armes de destructions massives en Irak...
    La MittelEuropa fait toujours rêver certains milieux et l’atavisme géopolitique est une rélait inchangée.

    • Anonyme

      Mais mon dieu... Le finlandai est mouvai pour le serbes, les allmands aussi, les americaines aussi, les anglais aussi les français aussi, les italienes aussi ! ! ! Mais qui il sont les serbes en fin. Aller case vous bordele......

  • Anonyme

    (réalité*)

  • Anonyme

    Cette affaire a été mal prise en main dès le départ. Et même avant : la guerre au Kosovo n’aurait jamais dû avoir lieu. Après des années de lâcheté face à la situation en Bosnie-Herzégovine, les occidentaux s’étaient trouvé humiliés et les dirigeants politiques devaient montrer à leur électorat qu’ils n’accepteraient pas un Munich de plus. Ils ont pourtant laissé traîner le Kosovo pendant des années alors que S. Milosevic y faisait n’importe quoi. Ils étaient trop occupés à bombarder l’Irak (avec qui on n’était plus en guerre, pourtant !), faut dire... Bref, ils ont laissé pourrir la situation puis, une fois qu’il commençait à se faire tard, ils ont mis en place des pseudo-négociations de paix pour faire joli. Mais l’intervention militaire avait déjà été décidée par les Américains, qui ont vite remballé les discussions de Rambouillet, alors que les Serbes voulaient prolonger. Le peuple serbe n’a pas compris pourquoi on les attaquait sans plus d’explication, on a sans doute perdu 10 ans dans la démocratisation de ce pays. Et surtout, on a fait une confiance aveugle à l’UCK, des gens pas très fréquentables.
    On en arrive donc à la situation actuelle. Un Kosovo nettoyé, finalement, de la plupart de ses Serbes. Un patrimoine culturel mal en point. Des mafias qui prospèrent, une plaque tournante de la drogue et du trafic humain. Et potentiellement un très mauvais exemple pour toutes les petites communautés ethniques d’Europe centrale. Bien sûr qu’il faut trouver un moyen de donner l’autonomie aux Kosovars. Mais le plan qui était proposé était ridicule. La diplomatie ethnocentrique occidentale ne pouvait mener qu’à un échec, parce qu’elle méprise des spécificités culturelles fondamentales, en l’occurrence l’attachement viscéral des habitants des Balkans à leur terre. Une terre pour laquelle ils se battent depuis des siècles, et qui a bu beaucoup de sang. Ca semble loin, l’Alsace et la Lorraine, dans les esprits français. Il ne faut pas chercher à humilier les Serbes, c’est un peuple qui a sa dignité et qui revient petit à petit à la normalité. Et en même temps il faut que le Kosovo devienne une entité politique gérable. Je ne sais pas quelle est la solution, mais elle requerra de la concertation, pas un diktat occidental. La Serbie sait qu’elle doit admettre le droit des Kosovars. Elle a sans doute des propositions réalistes à faire. Il faut discuter.

    • Anonyme

      Mais quelle propositions réalistes les serbes peuvent faire au albanais ? ! Quand les albanais demandaient au serbes de truover une solution au problemmes de Kosovo, les serbes ont repondu avec le viole et la violance jusq’a chasser pratiquement tout la population albanaise de leur territoir. Et puis les serbes peuvent etre humilier si le Kosovo soi independent ? ! Et les albanais ils n’ont pas de dignité non ? Si les serbes se sent humilier pour une teritoir qui n’est pas le leur, alors pourqoi les albanais ne doivent pas etre humilier pour leur patri Kosovo qui ler apartien depuis toujours ! Les serbes ils ont cré leur histoir la ou il ne falai pas le fair, pasque l’histoir albanais dans sette region est plus ancien que l’istoir serbe. Reveilles vous mon dieu, sauvé la petit serbie qui rest avant que sa soi trot tard.
      Exc. pour le faut ortog.

  • Anonyme

    Petit retour en arrière : Tito mort et le Mur tombé des apprentis sorciers irresponsables ont ruiné le fragile équilibre de la région en faisant exploser la Yougoslavie.
    Les allemands en poussant à l’indépendance de la Slovénie ont déclenché une mécanique infernale dont on n’est pas prêt de voir la fin dès lors que la « communauté internationale » a accepté de remetre en cause sur des bases ethniques les frontières historiques des états européens.
    Aujourd’hui les KOSOVARS (majoritairement albanophones) revendiquent l’indépendance au nom de cette majorité ethnique incontestable et l’on s’étonne (ou l’on fait semblant de s’étonner) de ce que les serbes s’y opposent alors même que l’Europe et les USA leur ont fait la guerre pour refuser la mise en oeuvre de ce même principe lorsqu’il concernait les zones à majorité serbes de Croatie ou de Bosnie.
    Si l’on accorde aujourd’hui une indépendance « nationale » aux Kosovars du fait de leur majorité ethnique « régionale » comment, au nom du même principe, pourra-t-on refuser l’indépendance ou la partition aux zones majoritairement serbes du Kosovo pas plus qu’à toutes les autres minorités nationales ou ethniques ?
    Jolie pagaille en perspective.
    Philippe S

    • Anonyme

      Votre propos est intéressant mais biaisé... L’Allemagne n’a pas « poussé » la Slovénie à l’indépendance. La Slovénie revendiquait son indépendance depuis longtemps et les délires de S. Milosevic à la tête de la Yougoslavie l’y ont encouragé. La Yougoslavie fédérale ne tenait plus parce que le gouvernement fédéral était noyauté par une Serbie qui ne jouait plus le jeu. La Yougoslavie a éclaté parce qu’elle n’était pas ou pas assez démocratique. C’est toute la différence entre 1992 et 2007. Les guerres d’indépendance de BiH et de Croatie ne peuvent donc pas être comparées si simplement au problème actuel du Kosovar.
      Le modèle, aujourd’hui, ce serait plutôt la Suisse ou le Canada : on peut être différent tout en se comprenant parce qu’on a un passé commun. La Constitution bosnienne est d’ailleurs basée sur la Constitution suisse, c’est bien la preuve que cette idée a déjà été évoquée. On peut envisager un régime de Cantons, dans une structure fédérale, qqch comme ça. Ca évitera le pire, tout en créant des marges de manoeuvre politiques.

  • Anonyme

    L’article mentionne l’ICG comme une organisation indépendante alors qu’il suffit d’aller sur leur site web pour découvrir que Martti Ahtisaari est président émérite du conseil d’administration auquel appartiennent egalement entre autres, Wesley Clark qui a commandé les bombardements de 99 sur la Serbie et Christine Ockrent qui n’est qu’autre que la femme de Kouchner dont on connait le rôle partisan dans la province.
    En matiére d’indépendance on a déja vu mieux...

  • Anonyme

    Et pourquoi pas les Albanais du Kossovo en Albanie ? ce sont des Albanais, leur pays existe !

  • Anonyme

    Slobodan Milosevic n’a jamais été à la tête de la SFRJ (Yougoslavie d’avant 1991). Chaque république disposait de ses forces de Police & autres administrations. Seule l’armée (encore multi-ethnique alors) était fédérale. La présidence était tournante chaque année & c’est le président actuel de la Croatie (Mesic) qui a fièrement « liquidé » la fédération.
    Le fait d’avoir avalisé les frontières communistes artificielles des anciennes républiques là où seuls 2 états on existé auparavant (Serbie & Montenegro) a placé la population Serbe en position d’infériorité numérique partout. Le principe de diviser pour mieux régner a pleinement fonctionné, les différents dirigeants nationalistes n’ayant plus qu’à se concentrer sur leur « bases » pour arriver à leurs fins, sans se soucier des minorités. Personnellement, je ne méprise pas les Serbes comme beaucoup le font, on leur tape encore dessus (Kosovo, volonté de détruire la république Serbe de Bosnie) au motif qu’ils empêchent ces pays d’avancer or, la guerre est terminée & il est temps de construire plutôt que de continuer à diaboliser une population civile qu’on a longtemps tenter de définir comme étant « venue » de Serbie envahir les autres.

    • Anonyme

      1. Mesic n’a pas fièrement liquidé la Yougoslavie, il a pris acte de sa fin, qui était inéluctable depuis longtemps. Le fait que ce soit un président HDZ que la Croatie a envoyé à la tête de la Yougoslavie à ce moment-là était bien un signe que la fédération était finie, non ? Mais tout mettre sur le dos des Croates, des Slovènes ou autres est absurde. Les Serbes ont joué leur rôle là-dedans. Milosevic appliquait depuis la fin des années 1980 un programme nationaliste et avait modifié les institutions de la Serbie dans ce sens, notamment au détriment du Kosovo. Cela ne pouvait que renforcer les tentations secessionnistes dans les autres républiques. Bref, pas d’accord pour dire que la Serbie n’a fait que subir.
      2. Je ne suis pas sûr que tant de monde que ça méprise les Serbes. C’est un peuple européen respectable, un candidat possible à l’UE, il n’y a pas de problème là-dessus. Le souci c’est qu’il a existé et qu’il existe encore là-bas des forces fascisantes extrêmement puissantes et qui distillent leurs idées dans toute la société. Donc la méfiance n’est pas injustifiée.
      3. La Republika Srpska de Bosnie mérite d’être dissoute, parce que c’est une véritable mafia officialisée. Ses performances économiques (croissance, revenus des habitants) et politiques (progrès de la démocratie, sécurité intérieure) sont désastreuses et handicapent celles de la Fédération. Les institutions sont rendues excessivement complexes et inefficaces par cette double structure, qui avait vocation à n’être que temporaire. Les mises en examen de ministres de la RS se succèdent, il est temps d’arrêter les dégâts. Ce nationalisme crétin n’a plus lieu d’être. Qu’on crée des Cantons normaux à la place de la RS et puis basta.
      4. Pour le Kosovo, encore une fois, il faut discuter, il doit exister une organisation fédérale qui permet d’éviter l’indépendance totale tout en garantissant la démocratie.

  • Anonyme

    Le commentateur qui dit que les Serbes doivent aller en Serbie est très intéressant, le Kosovo est en Serbie & le grand nombre de monuments sur place le prouve. Allez, soyons généreux, virons encore les Serbes !

  • Anonyme

    La Republique Serbe de Bosnie n’a eu que 20% de l’aide destinée à la Bosnie, ses performances ne sont pas aussi mauvaises que cela depuis le rapprochement économique avec la Serbie. Ce sont les performances de la Bosnie entière qui sont mauvaises. Bien sur, il est facile d’incriminer les Serbes, alors que tout les leviers économiques sont dans la main de la « fédération croato-Musulmane (voir Mostar !). Le Kosovo et ses 4 familles mafieuses se partageant le pays est encore plus parlant et pourtant sous administration internationale
    La Bosnie n’existe que sur le papier, les Croates ne veulent pas de l’Etat centralisé, les Serbes non plus. Les Serbes ne sont pas “innocents” mais les autres non plus, loin de là.
    Quand à Milosevic, l’autonomie du Kosovo date de 1974, l’arrivée de Milosevic de 1989, peut-on m’expliquer alors les émeutes de 1981, les intimidations & meurtres dont on été victimes les Serbes du Kosovo pour les virer, déjà, du Kosovo pour s’approprier leurs terres ?
    Quant aux merveilleux Slovènes, à peine arrivé au pouvoir, ils ont exclu des milliers de Yougoslaves de la nationalité Slovène. Encore aujourd’hui, ils refusent de payer les retraites alors que la Serbie les payent même aux Albanais.

  • Anonyme

    Que l’on crée des cantons ? NON. Dayton n’a rien de provisoire, il est le cadre légal accepté par tous pour mettre fin à la guerre. Seule un revision CONCERTEE est envisageable et légale. Ca n’est pas aux européens d’imposer leurs points de vue au titre du « basta » qui ne veut rien dire, au même titre qu’on n’impose pas la vision de Bush en Irak. C’est un peu facile d’être généreux avec ce qui ne vous appartient pas du tout !