Croissance, dette : les nuages noirs s'accumulent
Un tsunami financier est en train de submerger les comptes de l’Etat. Mais chut, le gouvernement ne veut rien dire. En 2008, les déficits publics devraient pourtant repasser le seuil européen des 3% du PIB, avec des recettes fiscales en baisse. En cause notamment : les mauvais résultats des banques, la baisse du pétrole et de l’impôt sur les sociétés. Pire, sur l’ensemble de l’année 2008, pour l’un des experts du PS, le député Dominique Baert, la croissance sera certainement négative (moins 0,4%).
La crise bancaire plombe l’impôt sur les sociétés
Comme le raconte Les Echos, Eric Woerth en a fait l’aveu, juste avant de partir en vacances. Devant les députés de la commission des finances, le ministre du Budget et des comptes publics n’a pas caché que les recettes de l’Etat ont été extrêmement mauvaises sur la fin de l’année. Le seul Impôt sur les sociétés (IS), collecté le 15 décembre, déjà annoncé en recul de 4 milliards d’euros, pourrait accuser un manque à gagner de 3 milliards supplémentaires par rapport à 2007.
Pour Dominique Baert, député socialiste du Nord, l’explication tient d’abord aux très mauvais résultats engrangés par les établissements financiers. Or, les banques contribuent à la moitié de l’IS.(Ecouter le son)
D’autres facteurs expliquent aussi cette baisse brutale des recettes budgétaires :
- Baisse des recettes pétrolières de la TIPP, due à la chute de la consommation d’essence
- Moins de cotisations sociales, car l’emploi n’a pas autant progressé que prévu
- L’excédent de l’assurance chômage (Unedic) (4,5 milliards d’euros) n’est pas aussi important qu’attendu
Le vrai retournement économique a eu lieu au second trimestre 2008

Le député Dominique Baert (DR).
Pour cet ancien directeur de la Banque de France, dont les prévisions énoncées début novembre sur Rue89 se sont révélées exactes, le retournement de l’économie française a eu lieu au cours du second trimestre 2008, comme l’ont montré plusieurs indicateurs (consommation, moral des ménages, des chefs d’entreprise...).
Pourquoi ce brusque revirement ? Difficile à expliquer, confesse Dominique Baert, en dehors des « effets d’anticipation »...(Ecouter le son)
Vers une croissance de -0,4 ou -0,5% dès 2008
Dans ce marasme ambiant, les résultats économiques du troisième trimestre, publiés ce lundi, viennent plomber les derniers espoirs d’embellie. Lors de ce trimestre, révèle l’Insee, la dette publique s’est alourdie de 15,6 milliards d’euros.
Pire : la croissance en 2008 pourrait s’inverser. Moins 0,4 à moins 0,5% selon les estimations de Dominique Baert, alors que Bercy table toujours sur une croissance de +0,5%. Conclusion : la France est bel et bien en récession. Une vérité que le gouvernement peine à reconnaître.(Ecouter le son)
Pour l’expert du PS, il n’y a qu’un seul moyen pour relancer l’économie : la consommation. « Le gouvernement », souligne Dominique Baert, « sera obligé d’annoncer un troisième plan de relance en janvier ou en février. »
Les promesses de campagne sont loin pour Eric Woerth. Trésorier de l’UMP au printemps 2007, l’actuel ministre du Budget détaillait à au blogueur Loïc Lemeur la promesse de Nicolas Sarkozy de ramener la dette publique à 60% du PIB d’ici 2012. (Voir la vidéo, vers 3 mn.)
A lire aussi :
► Chut ! La dette explose, mais le gouvernement l’ignore
► La dernière note de l’Insee sur le dérapage de la dette au troisième trimestre 2008
► Le communiqué de réaction du ministère de l’Economie et des finances
► Les chiffres clés du budget de l’Etat
► Les comptes de la nation, présentés par l’Insee.
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Journaliste spécialisé
Journaliste spécialisé
Le gouvernement actuel n’a toujours pas mené les réformes. Celles qui permettraient de faire des économies tout en améliorant le niveau de crédibilité du pays vis à vis des emprunteurs. La France s’endette déja à un taux d’intérêt de de 0,6 point au dessus de celui de l’Allemagne.
- Les gaspillages se poursuivent en matière de structures administratives inutiles : exemple : conseil économique et social, sous préfectures, 36000 communes, les communautés de communes et d’agglomération font toujours doublon avec les syndicats des eaux, d’électrifiation, de traitement des déchets...
Les comptes sociaux sont encore très déficicitaires alors que ceux de l’Allemagne sont équilibrés. Une partie de la médecine libérale et des professions connexes plombe la sécu sans aucunes contreparties d’efficacité, de transparence et d’engagements sur un niveau de prestation garantie (certifications de service). Des dossiers médicaux sont tenus sans aucune rigueur, des examens inutiles prescrits sans aucune retenue..
Les ordinateurs de la sécu mettent à jour des filières oragnisées de pillage de la sécu par des professions -néo- médicales sans que justice soit rendue (voir récemment à Toulouse avec les ambulanciers, des kinés...).
L’enseignement coute cher avec une myriade de filières, d’associations, d’organismes avec à chaque fois des contrôles très succints. Des secteurs entiers sont déja en manque patent de main d’oeuvre qualifiée, même edf où la pyramide des âge nécessiterait des embauches massives.
Pendant ce temps la, les entreprises de main d’oeuvre doivent fuir le pays qui taxe le plus en Europe. Malgré une situation enviable sur le plan géographique, la richesse agricole, le tourisme et des secteurs performants, la France est loin du compte. Pourquoi ?




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