Entretien 27/12/2008 à 19h23

SDF : Legrand promet « dans 2 mois, des milliers de tentes »

Sophie Verney-Caillat | Journaliste Rue89

« Michael Moore des SDF », le fondateur des Enfants de Don Quichotte dévoile pour Rue89 son plan d’action des mois à venir.


Augustin Legrand le 15 décembre 2007 à Paris (Charles Platiau/Reuters)

Deux ans après les tentes du Canal Saint-Martin, il faut s’attendre à voir revenir Augustin Legrand. Le leader des Enfants de Don Quichotte prévient : « Ce seront des dizaines de milliers de tentes » qu’il va disséminer à travers la France.

Comme chaque hiver, dès que les températures chutent, on revoit les ministres concernés monter au devant de la scène pour « rendre obligatoire l’hébergement des personnes sans abri » (Christine Boutin le 26 novembre) ou « multiplier les accueils (…) au départ peut-être contre leur volonté » (Michèle Alliot-Marie, ce vendredi).

Des idées qui vont à contre-courant de la « conférence de consensus », à laquelle Rue89 s’était associée l’an dernier et qui avait dégagé deux pistes principales pour sortir de cette approche du « tout-urgence » : agir sur la prévention en amont, et sur le logement social en aval.

Deux ans après l’installation du campement des Enfants de Don Quichotte et un an après l’évacuation de ces derniers par les CRS au pied de Notre-Dame, le leader de l’association, Augustin Legrand prévient : « On a promis de revenir, on reviendra. »

La promesse de Sarkozy
On arrive à l’échéance fixée par le candidat Sarkozy qui avait promis à l’hiver 2006 que « d’ici deux ans plus personne ne dormira dehors », et pourtant, 338 SDF seraint morts dans la rue en 2008.
La préfecture de police de Paris annonce 23 320 places d’hébergement pour les sans-abris en Ile-de-France (incluant urgence, stabilisation et insertion) auxquelles peuvent s’ajouter 1864 places en situation de vigilance et 3 196 en cas de crise grave. « Mais on n’est pas encore en situation de crise, qui correspond à un froid extrême », nous précise-t-on.

« On s’est fait rouler dans la farine »

Fin décembre 2007, un Collectif des associations unies rassemblant une trentaine de spécialistes du mal-logement a entamé un dialogue avec le gouvernement. De nombreuses réunions plus tard, le nombre de places d’hébergement d’urgence a atteint presque 100 000, le préfet Régnier a été nommé pour suivre ce dossier, mais les associations ont le sentiment que les promesses n’ont pas été tenues. Augustin Legrand confirme :

« On s’est fait rouler dans la farine. Il y a eu le rapport d’Etienne Pinte qui allait dans le bon sens et on sait qu’on a des soutiens, même à droite. Outre Pinte, des gens comme Philippe Séguin, Bruno Lemaire et tous ceux qui connaissent le dossier et savent que l’Etat gaspille de l’argent. Mais le gouvernement en reste à des mesurettes. Chaque hiver, on est toujours dans la même problématique : la gestion de crise, le gouvernement botte en touche. »

Richard Robert, directeur des études à la Fondation Abbé Pierre, renchérit :

« Le projet de loi Boutin est à contre-courant, elle est dans la logique d’une France de propriétaires alors que c’est à mille lieux de la réalité de ce que peuvent se permettre les gens, le logement social est attaqué de toutes parts. »

« Pas un mais des campements »

Tous les deux reviennent de deux mois de tour de France, où ils sont allés informer les mal-logés sur leurs nouveaux droits, le film des enfants de Don Quichotte à l’appui. (Voir la vidéo)

Fort de cette expérience, Augustin Legrand a retrouvé l’envie de crier sa révolte. Pour Rue89, il dévoile son projet :

« On va remonter un campement à l’issue de l’hiver. On évitera l’écueil de l’acte I, on ne fera pas un mais des campements. Pendant ces deux mois, on a maillé le territoire, on a demandé aux gens de s’inscrire sur notre site Internet. »

Cette fois, il se prépare à « combattre pour engager un rapport de force » avec le gouvernement et à exiger bien plus que les 2,5 milliards proposés il y a un an. « Quand on voit que 26 milliards ont été débloqués pour le plan de relance, c’est réaliste. » Il précise la forme de cette nouvelle action :

« On fera des campements virtuels en amont, c’est-à-dire que les gens vont s’inscrire sur notre site pour s’engager à venir camper. On s’installera partout à l’extérieur des villes, pour ne pas être dégagés par des CRS, on filmera tout ça, et on finira par une marche vers le centre des villes. »

Il promet du spectaculaire, « car sinon je ne suis pas Augustin Legrand », et prévoit 2000 à 3000 tentes d’un coup dans chaque banlieue, qui donneront « des dizaines de milliers de tentes à la fin ». « Je suis le Mickaël Moore des SDF », conclut-il.

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  • GGGG
    GGGG
    (r)
    • Posté à 19h27 le 27/12/2008
    • Internaute 49060
      (r)

    Il va bien falloir que ce gouvernement plie comme l’armature des tentes. Avec vous Alex.

  • Le Yéti
    Le Yéti
    yetiblog.org
    • Posté à 19h32 le 27/12/2008
    • Internaute 6095
      yetiblog.org

    « Je suis le Mickaël Moore des SDF »

    Contentez-vous d’en être le « Augustin Legrand ». C’est déjà énorme. Chapeau bas, Monsieur. Et à votre disposition si vous avez besoin d’un coup de main.

  • patrick du 14-
    patrick du 14-
    de plus en plus naze
    • Posté à 19h37 le 27/12/2008
    • Internaute 40667
      de plus en plus naze

    plan dévoilé a moitié foutus

  • Dorian.Gray
    Dorian.Gray
    Etudiant
    • Posté à 19h41 le 27/12/2008
    • Internaute 62496
      Etudiant

    Je ne vois pas pourquoi seul Kadhafi jouirait du droit de planter sa tente dans le jardin de l’Elysée.

  • marie 75
    • Posté à 19h53 le 27/12/2008
    • Internaute 3563

    Augustin !
    Merci !
    Je me souviens de St Martin... de l’espoir que tu avais soulevé...
    On con tinue !

  • A déménagé le 13-01-2012
    • Posté à 20h02 le 27/12/2008
    • Internaute 18368

    Je reste assez dubitatif sur la méthode décrite...
    Quand au « Je suis le Michael Moore des SDF »... passons.

    Concrètement, il est clair que certains SDF ont un réel besoin d’hébergement et que le gouvernement (tout comme ceux qui l’ont précédé) n’en a strictement rien à foutre !
    Oui, il est des SDF qui sont chez eux dans la rue et les « mettre à l’abri » revient à les foutre dehors. La proportion je n’en sais rien (et à vrai dire je m’en fous, les gens m’intéressent plus que les chiffres) mais le fait qu’ils existent (j’en connais beaucoup) montre que tout ce qui doit être entrepris sur ce terrain ne peut l’être que de manière individuelle, au cas par cas.
    Les associations de terrain (nombreuses et motivées) ne demandent à l’État qu’un budget, une loi-cadre et la mise à disposition immédiate des milliers de logements libres.
    Le reste, elles savent faire ; au besoin, elles innoveront.

    Des campements, pourquoi pas... Mais je suis sceptique sur leur efficacité à long terme... et toute la problématique de l’aide sociale aux sans-abri est qu’elle requiert parfois un long-terme « ad vitam »... Je pense qu’en ce domaine, pas plus force que rage ne remplaceront la patience et la mise en confiance.
    Hier, j’ai fait mettre à l’abri un SDF totalement ivre (je vous passe les détails) ; direction la cellule de dégrisement du commissariat le plus proche ! Au moins je suis sûr de le revoir (c’est une vieille connaissance).
    Lui ai-je demandé son avis ? Non. Je l’ai simplement convaincu (mais ce fut long...) parce que les conditions s’y prêtaient : je le connais de longue date, il me fait confiance, il est du quartier depuis longtemps, et les policiers venus le recueillir étaient jeunes et sympathiques plutôt qu’autoritaires et brutaux comme cela arrive parfois...
    Ce n’est évidemment pas comparable à la mise à l’abri forcée ressorti des sombres recoins du « cerveau » d’ Alliot-Marie (qu’à la base j’aurais cru moins stupide que Boutin, comme quoi...). Ce n’est pas non plus une victoire que d’envoyer quelqu’un passer la nuit au commissariat !

    Cela dit, tous les combats méritent d’être menés. Aussi je souhaiterais bonne chance aux « Enfants de Don Quichotte »... on ne sait jamais.

    • Le Yéti
      Le Yéti répond à A déménagé le 13-01-2012
      yetiblog.org
      • Posté à 21h14 le 27/12/2008
      • Internaute 6095
        yetiblog.org

      « Je reste assez dubitatif sur la méthode décrite... Des campements, pourquoi pas… Mais je suis sceptique sur... on ne sait jamais.... »

      Vachement encourageant et vachement volontaire, ton commentaire, cher ericj ; -)

      • A déménagé le 13-01-2012
        • Posté à 21h29 le 27/12/2008
        • Internaute 18368

        Ben, je suis dedans depuis pas mal d’années... mais je laisse la porte ouverte à la nouveauté même tonitruante.
        Je serais le premier à applaudir si des résultats tangibles en sortent. ;)

      • marie 75
        marie 75 répond à Le Yéti
        • Posté à 09h47 le 28/12/2008
        • Internaute 3563

        les pieds bien au chaud,
        Le coeur au repos ...
        Chez la grosse Adrienne de Montalan
        entre UMP, on passe le temps....

         
        • A déménagé le 13-01-2012
          • Posté à 13h11 le 28/12/2008
          • Internaute 18368

           ? ? ?
          C’est moi que vous traitez d’UMP, Marie75 ? ? o_O

          J’aurais compris que vous me traitassiez de crétin, de salaud, d’enfoiré, de n’importe quoi d’un peu péjoratif ou humiliant mais UMP... vous allez trop loin...
          Je me mets en quête immédiatement d’un avocat à moins que vous ne souhaitiez qu’on en parle de vive voix autour d’une bière dans un café (et non l’inverse !) ?

        1 autres commentaires
    • SamuelT
      SamuelT répond à A déménagé le 13-01-2012
      Annimateur en CDL, militant (...)
      • Posté à 00h58 le 28/12/2008
      • Internaute 59079
        Annimateur en CDL, militant (...)

      ericj,

      Il faut voir l’action des don quichotes sous le prisme politique. Le but n’est pas le même que celui des resto du cœur, par exemple. Il s’agit là de revendiquer un droit à un logement pour tous, l’idée c’est donc d’imposer un rapport de force avec le gouvernement pour régler durablement la situation des mal logées.

      Le logement cela devrait être un droit, et dès lors c’est à l’état de prendre ses responsabilités. Il manque 600 000 logements à l’heur actuel, c’est quand même pas compliqué de faire en sorte que la situation soit réglée prochainement.
      Un peu de volontarisme de la part de nos gouvernants ne ferait pas de mal...

      Il faut voir les enfants de don quichote (tout comme le DAL) comme un « syndicat » des mals logés, prendre l’opinion a parti, pour faire bouger le gouvernement. Faire pression pour que les logements manquant soit construit, que les logement laissé vacant soit réquisitionner (ça serait juste appliquer la loi ...), que la loi SRU (20% de logements sociaux dans toutes les commune de plus de 3000 habitants) soit appliquée, etc.

      C’est tout aussi utile que de prendre en charge l’urgence. L’un et l’autre ne s’oppose pas, c’est complémentaire.

      • Matthieu33
        Matthieu33 répond à SamuelT
        • Posté à 01h11 le 28/12/2008
        • Internaute 12460

        Effectivement il y a un problème d’offre fatal, mais quelles sont les raisons du manque de logements ? Juste un manque de volontarisme politique ? Ça fait quand même longtemps que le problème traine...

        Et je crois que malheureusement il ne faut pas trop rêver en pensant que l’état va construire tout les logements nécessaires, en instaurant un droit opposable au logement etc

        J’ai lu un Lien qui, en prenant un parti pris libéral (thèse : la réglementation et l’action publique dissuadent de louer, m’a convaincu.

        Des passages :

        « Comment se fait-il que, suite à des hausses de prix de l’immobilier considérables, on n’assiste pas à une hausse conséquente du nombre des constructions pour satisfaire cette demande supplémentaire ? »
        [...]
        « Là ou ces règlementations sont absentes, l’immobilier reste à un prix “standard” (correspondant au prix du terrain + le coût de la construction + un profit raisonnable pour le constructeur) ; lorsqu’elles sont présentes le prix des logements s’éloigne de façon significative de cette référence.

        A l’aide de ces analyses, il n’est alors pas difficile de comprendre la situation du marché immobilier en France. Loin d’être le résultat d’un mécanisme de marché sans âme qui broie les faibles ou autres balivernes, elle est le fruit parfaitement prévisible du choc entre une hausse de la demande et des règlementations et actions publiques qui ont sur les prix de l’immobilier le même effet que l’utilisation d’un extincteur rempli d’essence sur un incendie. Le contrôle des loyers et sa cohorte de conséquences, un maquis règlementaire qui empêche d’expulser un locataire et crée une course aux armements entre propriétaires et législateur, des locataires devant fournir des justificatifs à n’en plus finir et devant faire la roue devant des propriétaires pour trouver un logement, alors que la qualité moyenne des logements et leur superficie se dégrade, des relations exécrables entre propriétaires et locataires, sur fond de pénurie de logements ? Nous avons cela. On pourrait y ajouter une fiscalité systématiquement favorable à l’achat de logement et pas à la location, qui fige encore un peu plus les gens dans un logement - incitations fiscales qui ont été augmentées alors même que le prix des logements augmentait déjà beaucoup ; des règles qui changent sous le prétexte de “protéger les locataires” (voir aussi optimum sur la question). »

         
        • Captain Gregg
          Captain Gregg répond à Matthieu33
          Fantôme
          • Posté à 09h09 le 28/12/2008
          • Internaute 63882
            Fantôme

          La bulle immobilière a donné lieu à de nombreux abus dont nous récoltons ici les fruits. Le logement social est une fausse solution à un problème mal posé. D’une, le logement social n’est pas si social qu’il en a l’air (les offices HLM appartiennent désormais à des boîtes privés, loyers et charges sont plutôt élevés et l’accès soumis à conditions assez strictes, pour ne pas dire piston dans certaines municipalités). Le problème se situe dans la liberté laissée aux propriétaires de fixer le prix des loyers. On aboutit alors à ces trop fameuses « studettes » à 500 euros mensuels dans certaines villes que l’on dira cotées (pas seulement touristiques mais aussi pourvoyeuses d’emplois), et à des attitudes de défiance des locataires à l’endroit de proprios considérés à juste titre comme des profiteurs. Le plafonnement des loyers au regard de critères tels que situation du quartier, surface corrigée, exposition du bien, équipement et état général serait un commencement de retour à la raison. Pour l’instant on est dans le passionnel et pas dans le bon sens. Ce ne sont pas des tentes qu’il faut dresser, ce sont les palais ministériels qu’il faut envahir.

        • Thucydide
          Thucydide répond à Matthieu33
          Que survive la Démocratie en (...)
          • Posté à 09h36 le 28/12/2008
          • Internaute 6396
            Que survive la Démocratie en (...)

          A bien comprendre votre post, faut-il en déduire que là aussi, dans la solidarité la plus élémentaire qui soit, il faut dérèglementer ?
          Il s’agit de logement social, pas de pieds-à-terre à Auteuil ou rue de Solférino : et la clientèle de DAL ou des enfants de Dom Quichotte est constituée de personnes fragiles, aux ressources du moment incertaines.
          Si les gens ne trouvent pas à se loger, c’est parce qu’on ne peut pas les foutre dehors ne vaut que dans le cas de mauvais payeurs délibérés, et non pour les situations de détresse.

          Et puis, il y en a assez de ces sempiternelles vociférations contre l’Etat providence.
          L’Etat n’a été créé que pour cela : offrir une protection collective à ses ressortissants (ceux qui en acceptent a priori les règles),
          c’est un outil de développement.
          Et un outil qui ne donne pas satisfaction, on le jette et on le remplace.
          Quiconque prétend s’en passer se prive d’un moyen de réalisation car jusqu’à plus ample informé, on ne fait pas de broderie avec un marteau.

          La leçon de la crise n’a donc pas suffit ? Ca ne marche pas, c’est parce qu’on n’en fait pas assez... dérèglementons, dérèglementons !
          Ce serait pitoyable si ce n’était aussi nuisible... Ne pas l’avoir compris aujourd’hui, c’est un peu léger : allez faire un tour du côté de Pierre Brueghel l’Ancien et sa parabole des aveugles, elle vous interpellera peut-être, du moins je l’espère, car c’était déjà il y a cinq cents ans un sujet de réflexion multi-millénaire (l’Athènes de Périclès pratiquait déjà une forme de RMI et de secours public aux nécessiteux par simple souci de mécanique sociale)

          • Matthieu33
            Matthieu33 répond à Thucydide
            • Posté à 11h21 le 28/12/2008
            • Internaute 12460

            Non, vous m’avez mal compris ou sans doute mon post était incomplet. Je ne suis pas pour la dérèglementation à tout va, ni pour la remise en cause actuelle de l’état providence. Aussi, le logement social est grandement en manque en france et lutter pour que l’état s’investisse et construise plus est utile.

            J’ai juste l’impression que le problème est le même depuis de nombreuses années, que la méthode choisi par le gouvernement est mauvaise, les idées inefficaces et qu’on agit pas sur tous les leviers pour régler le problème. Et tout les ans, on a droit au même débat sans que le sujet avance. Par exemple, le droit opposable au logement parait totalement inapplicable (cf billet de versac il y a un an reprenant entre autres maitre eolas : Lien). J’ai aussi l’impression que la france est profondément inégalitaire (même dans ses mécanismes sociaux) mais qu’elle ne se rend pas compte (exemple : la distinction prépa grandes écoles vs fac, les deux payés par l’état, avec un différentiel d’investissement de l’état par élève incroyable).

            Aussi mon commentaire était plus sur le prix du logement que sur le logement social proprement dit (hors sujet ?). Comment se fait-il que le logement soit si cher ? Pourquoi il faut fournir autant de garanties en france pour être locataire ? J’ai été étudiant en espagne ou travaillé en irlande et là-bas la caution n’est que d’un mois, les propriétaires n’ont pas peur des colocations et les garanties demandées sont très loin de la france. Toutes ces garanties demandées accroissent les inégalités... L’idée (provocante, pour moi aussi) de cet article par du constat que malgré les prix prohibitifs des loyers, il n’y a que très peu de construction de logements en france, et de se demander pourquoi. Si je suis d’accord avec vous sur l’expulsion des locataires, le système semble favoriser les propriétaires vs les locataires (fiscalité par exemple), le manque de confiance entre les 2 parties, les étudiants ayant des parents avec une bonne situation... Bref la règlementation se dit égalitaire mais elle créé très souvent plus d’inégalités

            Le problème du logement cher ne se pose pas en noir et blanc. Par exemple, je suis content de bénéficier des APL mais ceux-ci ont fait beaucoup monter les prix du logement, profitant aux propriétaires. La réglementation contraignant la construction en centre ville, la limitation des voitures, permettent d’avoir de beaux quartiers écolos et non envahis de grands immeubles mais elle favorise leurs boboïsation, l’inflation des prix (notamment des locations) l’expulsion des pauvres vers la périphérie, la spéculation immobilière...

            • Captain Gregg
              Captain Gregg répond à Matthieu33
              Fantôme
              • Posté à 12h04 le 28/12/2008
              • Internaute 63882
                Fantôme

              Le problème est le même depuis de nombreuses années et on ne fait que tourner autour du pot pour ne pas gêner un électorat (les proprios) et un lobby (celui des spéculateurs de l’immobilier) grâce à qui, en grande partie, on en est là. Le logement est un droit fondamental et en tant que tel, il devrait être exclu de la logique de marché. Mais tout ce qu’on peut écrire ici ne sert à rien, on en sera au même point l’année prochaine, puis l’année suivante, au niveau du problème en tant que tel, je veux dire. Car pour ce qui est des sans-logis, leur nombre est appelé à exploser.

              • Matthieu33
                • Posté à 12h26 le 28/12/2008
                • Internaute 12460

                Tout à fait d’accord sur les proprios, les spéculateurs et comme vous dites on tourne autour du pot.

                Toujours sur econoclaste (Lien) :

                « Faut-il blâmer les politiques ? En partie, mais pas seulement. Ils ne font, après tout, que suivre les demandes de leurs électeurs. L’électeur parisien a un intérêt direct à toutes les politiques qui élèvent la valeur de son logement (puisqu’il le possède déjà) comme la limitation des constructions (surtout celle de logements sociaux), la limitation de la circulation automobile (qui pèse sur les banlieusards) ; le contrôle des loyers est lui l’exemple parfait de la mauvaise politique qui subsiste sous l’effet de groupes de pression, en avantageant une minorité agissante au détriment d’une majorité qui ne peut s’exprimer (puisqu’elle en est réduite à aller vivre, et voter, ailleurs). »

                Mais est-ce que la création de plafonnements des loyers par quartier, surface corrigée etc ne créerait pas un immense imbroglio avec la création de nombreux autres privilèges, et encore plus de corruption ?

                • Captain Gregg
                  Captain Gregg répond à Matthieu33
                  Fantôme
                  • Posté à 17h38 le 28/12/2008
                  • Internaute 63882
                    Fantôme

                  On ne pourra certes pas enrayer les logiques de fief particulières à certaines municipalités. Malheureusement on est là dans un autre débat, infiniment plus vaste, qui est celui des fausses représentations et du clientélisme électoral. Mais ce faisant on commencerait déjà à casser la dynamique spéculative. Les privilèges, je les vois plutôt dans la situation telle qu’elle est, où chacun, dès qu’il est proprio, fait à peu près n’importe quoi (ex. les « studettes » précitées et autres chambres de bonne recyclées louées au prix d’un T3 dans une ville de province moins bien lotie) en se plaignant après ça que les locataires cessent de payer pendant les mois d’hiver ou s’en aillent en sucrant le dernier mois de loyer pour payer celui d’avance dans le logement suivant. Là on peut dire que les proprios tendent le bâton qui va les frapper. Plafonner les loyers, instaurer un régime social dans le privé assorti d’aides fiscales, imposer aux propriétaires la souscriptions d’assurances contre les défaillances (pas forcément volontaires) des locataires, ce serait toujours mieux et plus rapide que gloser à en perdre haleine sur des programmes de logements sociaux qui n’existent même pas à l’état de projets... et dont il faut répéter qu’ils constituent un véritable danger de ghettoïsation, déjà effectif par ailleurs. Les cités pourries délaissées à ce qu’il reste des offices municipaux par les grosses boîtes multinationales, au profit de programmes qui n’ont de sociaux que l’appellation, où seront logées des familles bien sous tous rapports, et surtout solvables, retenues sur des dossiers béton et moyennant certains appuis, voilà ce qu’est aujourd’hui le logement dit social. Alors que faire ? Réinventer les cités d’urgence de l’après-guerre ? Non. Eradiquer la précarité, qui est la racine du mal. Mais là on est dans un projet politique qui aujourd’hui tient de l’utopie.

                  • Matthieu33
                    • Posté à 19h23 le 28/12/2008
                    • Internaute 12460

                    Vrai, la source du problème est la pauvreté et lutter contre elle est serait sans doute la mesure la plus efficace. Les proprios sont en situation de force et les abus et les privilèges sont très majoritairement de leurs côté, bref vous m’avez grandement convaincu mais je reste septique sur l’application pratique d’un contrôle des prix (j’aimerais y croire).

                    En fait je me demande quelle est la proportion des « logements sociaux » (enfin appelés comme tels, Lien) dans la construction de nouveaux logements en france. Et pour les autres logements, pourquoi n’y en a-t-il pas plus (il y a pénurie, si de nouveaux se construisent ils trouveront des locataires et cela faira baisser les prix) ?

                    Et du coup, si l’interventionnisme de l’état favorisant les proprios, les rentes, rendant plus difficile la construction de nouveaux logements (autres que sociaux) et guettoïsant des banlieues n’est pas en partie responsable des prix exorbitants.

                    Il y a également un autre problème de spéculation : celui des banques et autres assurances investissant dans l’immobilier pour ensuite laisser des immeubles entiers vides. Ainsi que les agriculteurs ou les personnes travaillant dans les régions touristiques qui ont maintenant du mal à se loger, encore du fait de l’inflation des prix de l’immobilier et des logements laissés maintenant vides par les nouveaux propriétaires.

            • Thucydide
              Thucydide répond à Matthieu33
              Que survive la Démocratie en (...)
              • Posté à 15h30 le 28/12/2008
              • Internaute 6396
                Que survive la Démocratie en (...)

              Autant pour moi, j’ai même un peu honte de vous avoir malmené.
              sans doute aurais-je dû mieux vous lire et tremper sept fois ma plume dans l’encrier avant d’écrire.
              Mais peut-être aussi n’avez-vous pas été très limpide ?

              Salut et sans rancune, j’espère ?

              • Matthieu33
                Matthieu33 répond à Thucydide
                • Posté à 16h48 le 28/12/2008
                • Internaute 12460

                Aucun problème, j’aime les débats : -) j’ai pu mieux expliciter/compléter l’idée grâce à votre commentaire

          • Matthieu33
            Matthieu33 répond à Thucydide
            • Posté à 11h32 le 28/12/2008
            • Internaute 12460

            Très bon tableau qui interpelle sur notre société en effet

        10 autres commentaires
      • A déménagé le 13-01-2012
        • Posté à 06h54 le 28/12/2008
        • Internaute 18368

        Prisme politique au sens politicien, je veux bien.
        Maintenant, ce qui m’embête : dès lors qu’un problème est examiné sous ce prisme politique, il y a un risque de globalisation du-dit problème. Et si la mobilisation porte ses fruits il y a un risque de globalisation d’une « solution ».
        Or, les sans-abri ne forment pas une population homogène arrivée à la rue par la simple addition mécanique de conjonctures économiques ou sociales.
        J’insiste sur le fait que chaque cas doit être traité de manière individuelle et que cela prend du temps.
        Que Mr. Legrand choisisse la voie médiatique pour son action, je n’ai rien contre. Cela me parait même légitime. Après tout les Restaurants du Coeur pour reprendre votre exemple n’ont pas démarré autrement... non plus que l’Abbé Pierre et son fameux appel radiophonique de 1954.
        Par contre mon scepticisme vient de ces campements loin des centre-villes qui semblent être la clef de voûte de ce nouveau dispositif.
        Loin des centre-villes cela veut dire loin de tout transports en commun. Ce qui suppose sur place une logistique de restauration, d’hygiène, d’occupation du temps tout à fait considérable !
        Le DAL ainsi que la précédente version des Enfants de Don Quichotte ont ciblé très justement leur action dans les centre-villes. D’ailleurs tous les syndicats (puisque vous y voyez un syndicalisme) organisent également leur défilés en centre-villes.
        Le rejet d’une partie de la population SDF de Paris intra-muros vers la banlieue n’a fait qu’aggraver les problèmes non seulement des sans-abris mais également des communes de destination ou les associations sont parfois moins nombreuses et les transports en commun inexistants.
        Je crains la mise en place de ghettos et la passivité accrue d’une administration et d’une population qui n’aurait plus à enjamber les dormeurs du trottoir...

        Je le redis : je serais très heureux de m’être trompé si ces actions s’avèrent efficaces.
        Sceptique mais curieux.

         
        • Thucydide
          Thucydide répond à A déménagé le 13-01-2012
          Que survive la Démocratie en (...)
          • Posté à 15h41 le 28/12/2008
          • Internaute 6396
            Que survive la Démocratie en (...)

          D’autant que pour la plupart sinon la totalité des personnes sans domicile, l’avenir ne peut se gagner qu’en centre ville, et que donc les expédier en périphérie revient à les condamner ad vitam eternam à la désespérance.

        1 autres commentaires
  • 101.7
    101.7
    Promeneur
    • Posté à 20h00 le 27/12/2008
    • Internaute 59121
      Promeneur

    Je fais un rêve.

    Un ministre, disons mâââme Boutin s’occupe de quelque chose de précis, à savoir les sans-abri.
    Pour qu’elle prenne conscience du problème il faudrait qu’elle partage « nuit et jour » le quotidien de ces laissés pour solde de tout compte de notre riche société. Pas des visites entourée de caméras et autres micros convoqués pour le journal de vingt heures.

    Elle prendrait peut être la vraie dimension de la détresse humaine, en 2008, dans un pays riche où on est prompt à alimenter les garanties bancaires en milliards d’euros. Les prières elle aura le temps de les faire après, quand tout le monde sera dans une position sociale agrémentée d’un minimum de dignité et sans besoin de quémander le droit à cette dignité.

    Si la ministre de la santé, l’ineffable admiratrice de sportifs barbus, partageait le quotidien des infirmières dans un service hospitalier, pas pour une brève visite entre deux petits fours, mais pour un stage d’un mois, elle pourrait ensuite considérer les problèmes de l’hôpital en ayant une vision autre que comptable.

    Si les ministres et leur ventriloque savaient ce qu’est l’état de la société en s’y immergeant quelques semaines, on peut rêver qu’ils agiraient autrement...

    Mais avec des si, ma tante prendrait la place d’Amstrong au prochain tour de France. (j’ai du mal à y mettre une majuscule en ce moment)

    Mais ce n’est qu’un rêve.
    quand on ouvre les yeux il y a toujours le côté détresse et le côté bling-bling.

    On peut penser ce qu’on veut de Legrand mais chapeau mon gars de t’occuper de ça.

    Et de surcroît faire du bruit pour empêcher ceux qui ont l’estomac trop plein de dormir, c’est un ensemble qui peut porter ses fruits.

  • Compte bloqué 15
    Compte bloqué 15
    schwarzesonne
    • Posté à 20h11 le 27/12/2008
    • Internaute 62962
      schwarzesonne

    legrand ne sert à rien, qu’il retourne a son montbazillac a ses films et qu’il arette de faire pleurer dans les chaumieres, personne ne le trouve crédible cet individu : c’est un produit media et qui n’a aucun charisme !

    Mr hirsch ancie collaborateur de mr hiver 54, et des emmaüs est au pouvoir, lui seul a le pouvoir de faire des choses avec boutin et d’autres, il a pas besoin deu clown legrand ,et lui seul connait ce que c’est que la pauvreté, l’isolement etc !

    • supprimé à la demande du riverain 28.04.09
      • Posté à 20h17 le 27/12/2008
      • Internaute 21776

      il n’y a que les fachos comme vous et ceux qui gouvernent pour penser ainsi !

      et ne mélangez pas martin Hirsch et L’ ABBE PIERRE !

      • Compte bloqué 15
        • Posté à 20h18 le 27/12/2008
        • Internaute 62962
          schwarzesonne

        gouverner ce n’est pas gouverner sur du sentimentalisme c’est prevoir seulement qu’on fait chirac et mitterrand depuis 81 ? RIEN ! alors arettez svpde faire du blabla ok logez en chez vous ou taisez vous !

         
        • supprimé à la demande du riverain 28.04.09
          • Posté à 20h28 le 27/12/2008
          • Internaute 21776

          il m’arrive d’en loger chez moi.
          Ma porte a toujours été grande ouverte et le restera !
          et pour l’instant c’est pas punissable,au moins ?

          • Captain Gregg
            • Posté à 12h08 le 28/12/2008
            • Internaute 63882
              Fantôme

            Si ! Par exemple, si votre SDF est au RMI et que cela venait à se savoir que vous l’hébergez,, la CAF pourrait s’intéresser à son cas, et réduire son RMI au prorata de vos revenus.

            • Les Chats
              Les Chats répond à Captain Gregg
              En grève du zèle contre le (...)
              • Posté à 16h26 le 28/12/2008
              • Internaute 24526
                En grève du zèle contre le (...)

              Non c’est vrai ?
              Mais si c’est vrai c’est anti-social, c’est une façon indirecte d’empêcher qui que ce soit d’aider les autres. C’est même carrément dégueulasse.

              • Captain Gregg
                Captain Gregg répond à Les Chats
                Fantôme
                • Posté à 17h45 le 28/12/2008
                • Internaute 63882
                  Fantôme

                Mais totalement exact.

                Lien

                • Les Chats
                  Les Chats répond à Captain Gregg
                  En grève du zèle contre le (...)
                  • Posté à 19h58 le 28/12/2008
                  • Internaute 24526
                    En grève du zèle contre le (...)

                  Merci pour le lien Captain Gregg : -))
                  Je le garde sous le coude et je le diffuse même, incroyable, on demande de la solidarité aux gens et on est prêt à leur sortir le bâton ? On est vraiment que des minus pour eux.

                  Je cite :
                   » En effet il serait urgent d’en informer les principaux concerné€s : personne n’ayant l’idée saugrenue d’aller déclarer aux impots des prêts de quelques dizaines d’euros ou même de centaines d’euros par mois quand ils servent à payer la bouffe ou le loyer, ce sont donc quand même des milliers de Rmistes qui risquent une suspension pour fraude dans les mois qui viennent. Manifestement le président du Conseil Général et le directeur de la CAF ont d’ailleurs plus de pouvoir qu’un général grec en période de dictature, puisque leur nouvelle règle s’applique rétroactivement, sans même que l’état d’exception ait été officiellement proclamé »

                • supprimé à la demande du riverain 28.04.09
                  • Posté à 21h35 le 28/12/2008
                  • Internaute 21776

                  Merci pour cette info que j’ignorais et qui montre bien que nous vivons actuellement dans un pays de non-droits !

            • citrouille
              citrouille répond à Captain Gregg
              gerboulade permanente
              • Posté à 19h58 le 28/12/2008
              • Internaute 33365
                gerboulade permanente

              Mais non, neuneu, les SDF ont un RMI minoré du fait qu’il n’ont pas de « frais » de logement !

        • Tintinac
          • Posté à 20h54 le 27/12/2008
          • Internaute 15124

          Cher Soleil Noir,

          Votre cher président des promesses non tenues s’était pourtant engagé à trouver (en moins de 2 ans) une solution pour l’ensemble des SDF.
          Croyez-vous toujours en lui ?

          Combien de personnes avez-vous aidées dans votre vie ?
          Vous me semblez très, très fort en invective. Que reste t’il derrière cette façade ?

          • Compte bloqué 15
            Compte bloqué 15 répond à Tintinac
            schwarzesonne
            • Posté à 22h02 le 27/12/2008
            • Internaute 62962
              schwarzesonne

            Tout ce que je sais c’est que ceux qui aident vraiment ne passe par leur temps sur le pc a faire de la morale à deux balles !

            et ce que je vois aussi cest qu’il ya peu de sdf noirs et ou arabes devinez pourquoi ? car eux, leur famille s’occupnte d’eux, ce que ne font pas les francais de souche : l’esprit de solidarité est inexistant parmi les français de souche on prefere parlet et s’occuper de la misere dans le monde ca fait plus chic hein mr les gauchistes ? ? ? alors meditez la dessus au lieu de faire vot’ morale a deux centimes d’euros bien au chaud devant vos ecrans !

            • la tite louloute
              la tite louloute répond à Compte bloqué 15
              précaire
              • Posté à 22h23 le 27/12/2008
              • Internaute 60941
                précaire

              Ce n’est pas si simple que ca ... Ca sent le type qui s’y connait purée. Encore un qui parle pour rien !

            • pablico
              pablico répond à Compte bloqué 15
              À la porte d'un sourd, 
un jour (...)
              • Posté à 00h25 le 28/12/2008
              • Internaute 14278
                À la porte d'un sourd, 
un jour (...)

              c’est comme cela, il y a des soleils noirs, et des soleils jaunes comme Augustin...

              il faut choisir entre le noir et le jaune qui essaye de chauffer.

              le choix est cornélien... cela vous ’tente’ de choisir ?

            • Juan Pablo de Tagéna - bloqué
              • Posté à 06h10 le 28/12/2008
              • Internaute 60349

              Bravo, Soleil Noir. Tous ces tartuffes ont besoin qu’on leur assène la Vérité !

            • Les Chats
              Les Chats répond à Compte bloqué 15
              En grève du zèle contre le (...)
              • Posté à 09h32 le 28/12/2008
              • Internaute 24526
                En grève du zèle contre le (...)

              Et de chez vous bien au chaud vous devriez profiter de votre ordinateur pour améliorer votre orthographe et votre français en général, c’est incroyable le nombre de fautes que vous faites dans tous vos messages pour un « français de souche » comme vous dites.

            • A déménagé le 9-8
              • Posté à 09h35 le 28/12/2008
              • Internaute 5710

              Ahhhhh, le « français de souche » ! ! ! ! ! ! ! !

              ça y est on y a eu droit ! !

              Le sieur Soleil Noir, c’est « vive nicolas » qui a changé de masque, mais on le reconnaît infailliblement à son haleine.

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