SDF : Legrand promet « dans 2 mois, des milliers de tentes »
« Michael Moore des SDF », le fondateur des Enfants de Don Quichotte dévoile pour Rue89 son plan d’action des mois à venir.
Deux ans après les tentes du Canal Saint-Martin, il faut s’attendre à voir revenir Augustin Legrand. Le leader des Enfants de Don Quichotte prévient : « Ce seront des dizaines de milliers de tentes » qu’il va disséminer à travers la France.
Comme chaque hiver, dès que les températures chutent, on revoit les ministres concernés monter au devant de la scène pour « rendre obligatoire l’hébergement des personnes sans abri » (Christine Boutin le 26 novembre) ou « multiplier les accueils (…) au départ peut-être contre leur volonté » (Michèle Alliot-Marie, ce vendredi).
Des idées qui vont à contre-courant de la « conférence de consensus », à laquelle Rue89 s’était associée l’an dernier et qui avait dégagé deux pistes principales pour sortir de cette approche du « tout-urgence » : agir sur la prévention en amont, et sur le logement social en aval.
Deux ans après l’installation du campement des Enfants de Don Quichotte et un an après l’évacuation de ces derniers par les CRS au pied de Notre-Dame, le leader de l’association, Augustin Legrand prévient : « On a promis de revenir, on reviendra. »
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« On s’est fait rouler dans la farine »
Fin décembre 2007, un Collectif des associations unies rassemblant une trentaine de spécialistes du mal-logement a entamé un dialogue avec le gouvernement. De nombreuses réunions plus tard, le nombre de places d’hébergement d’urgence a atteint presque 100 000, le préfet Régnier a été nommé pour suivre ce dossier, mais les associations ont le sentiment que les promesses n’ont pas été tenues. Augustin Legrand confirme :
« On s’est fait rouler dans la farine. Il y a eu le rapport d’Etienne Pinte qui allait dans le bon sens et on sait qu’on a des soutiens, même à droite. Outre Pinte, des gens comme Philippe Séguin, Bruno Lemaire et tous ceux qui connaissent le dossier et savent que l’Etat gaspille de l’argent. Mais le gouvernement en reste à des mesurettes. Chaque hiver, on est toujours dans la même problématique : la gestion de crise, le gouvernement botte en touche. »
Richard Robert, directeur des études à la Fondation Abbé Pierre, renchérit :
« Le projet de loi Boutin est à contre-courant, elle est dans la logique d’une France de propriétaires alors que c’est à mille lieux de la réalité de ce que peuvent se permettre les gens, le logement social est attaqué de toutes parts. »
« Pas un mais des campements »
Tous les deux reviennent de deux mois de tour de France, où ils sont allés informer les mal-logés sur leurs nouveaux droits, le film des enfants de Don Quichotte à l’appui. (Voir la vidéo)
Fort de cette expérience, Augustin Legrand a retrouvé l’envie de crier sa révolte. Pour Rue89, il dévoile son projet :
« On va remonter un campement à l’issue de l’hiver. On évitera l’écueil de l’acte I, on ne fera pas un mais des campements. Pendant ces deux mois, on a maillé le territoire, on a demandé aux gens de s’inscrire sur notre site Internet. »
Cette fois, il se prépare à « combattre pour engager un rapport de force » avec le gouvernement et à exiger bien plus que les 2,5 milliards proposés il y a un an. « Quand on voit que 26 milliards ont été débloqués pour le plan de relance, c’est réaliste. » Il précise la forme de cette nouvelle action :
« On fera des campements virtuels en amont, c’est-à-dire que les gens vont s’inscrire sur notre site pour s’engager à venir camper. On s’installera partout à l’extérieur des villes, pour ne pas être dégagés par des CRS, on filmera tout ça, et on finira par une marche vers le centre des villes. »
Il promet du spectaculaire, « car sinon je ne suis pas Augustin Legrand », et prévoit 2000 à 3000 tentes d’un coup dans chaque banlieue, qui donneront « des dizaines de milliers de tentes à la fin ». « Je suis le Mickaël Moore des SDF », conclut-il.
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Promeneur
Promeneur
Je fais un rêve.
Un ministre, disons mâââme Boutin s’occupe de quelque chose de précis, à savoir les sans-abri.
Pour qu’elle prenne conscience du problème il faudrait qu’elle partage « nuit et jour » le quotidien de ces laissés pour solde de tout compte de notre riche société. Pas des visites entourée de caméras et autres micros convoqués pour le journal de vingt heures.
Elle prendrait peut être la vraie dimension de la détresse humaine, en 2008, dans un pays riche où on est prompt à alimenter les garanties bancaires en milliards d’euros. Les prières elle aura le temps de les faire après, quand tout le monde sera dans une position sociale agrémentée d’un minimum de dignité et sans besoin de quémander le droit à cette dignité.
Si la ministre de la santé, l’ineffable admiratrice de sportifs barbus, partageait le quotidien des infirmières dans un service hospitalier, pas pour une brève visite entre deux petits fours, mais pour un stage d’un mois, elle pourrait ensuite considérer les problèmes de l’hôpital en ayant une vision autre que comptable.
Si les ministres et leur ventriloque savaient ce qu’est l’état de la société en s’y immergeant quelques semaines, on peut rêver qu’ils agiraient autrement...
Mais avec des si, ma tante prendrait la place d’Amstrong au prochain tour de France. (j’ai du mal à y mettre une majuscule en ce moment)
Mais ce n’est qu’un rêve.
quand on ouvre les yeux il y a toujours le côté détresse et le côté bling-bling.
On peut penser ce qu’on veut de Legrand mais chapeau mon gars de t’occuper de ça.
Et de surcroît faire du bruit pour empêcher ceux qui ont l’estomac trop plein de dormir, c’est un ensemble qui peut porter ses fruits.




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