Koons reste à Versailles, n'en déplaise à l'héritier de Louis XIV
Le juge des référés du tribunal administratif de Versailles a, à en croire le Parisien, rejeté ce mercredi la requête déposée par le prince Charles-Emmanuel de Bourbon-Parme. Ce prince de sang, « descendant en droite ligne de Louis XIV et de Marie-Antoinette », réclamait la fermeture de l’exposition Jeff Koons au Château de Versailles, prolongée jusqu’au 4 janvier 2009, et le retrait des œuvres dans les 24 heures suivant la décision de justice.
L’audience de référé, qui a eu lieu dans la matinée, avait des allures de canular. Le juge est resté coi devant l’improbable rencontre entre art contemporain et Ancien Régime.

Pink Panther, de Jeff Koons (DR)
« A la question que pose la brochure de l’exposition : ’Louis XIV va-t-il se retourner dans sa tombe ? ’ devant les œuvres de Koons, je réponds oui. » C’est en ces termes que l’avocat du prince a entamé sa plaidoirie :
« Mon client n’est pas le seul descendant de Louis XIV. Mais la République française, qui a supprimé la noblesse à tort ou à raison, a tout de même délivré à mon client un passeport S.A.R., Son Altesse Royale. »
Son Altesse Royale, donc, reprochait à l’Etablissement public du musée et du domaine national de Versailles, par l’exposition des oeuvres de Koons, d’avoir « dénaturé le château de Versailles » et « bafoué le respect dû aux ancêtres ». Pour l’avocat du prince :
« ces oeuvres d’art, oeuvres d’art entre guillemets, portent considérablement atteinte à Louis XIV et à Marie-Antoinette, avec leurs méthodes pernicieuses d’insinuation pornographique ».
Bourbon-Parme, la quarantaine versaillaise, s’était particulièrement ému du sort de Marie-Antoinette dans l’exposition. Le malicieux plasticien a en effet exposé trois aspirateurs devant un des portraits de la reine, et, pire encore, il a installé un bouquet de fleur dans ses appartements, installation scandaleusement intitulée « 140 culs ». (Voir la vidéo)
La statue en porcelaine « Pink Panther », qui représente la Cicciolina faisant un gros câlin à la Panthère rose, a également choqué monsieur le prince, comme l’explique son avocat :
« C’est la représentation d’une femme qui dialogue charnellement avec un animal. Le rapport entre une femme et un animal est ce vieux crime de bestialité, sanctionné depuis l’Antiquité et sous l’Ancien Régime. »
Alors, Versailles profané ? Ce serait oublier les moeurs pas si sages du temps du Roi Soleil, et la « légèreté, et le libertinage » de l’art baroque. (Voir la vidéo)
Pour l’avocat du plaignant, l’accès au patrimoine national doit se faire « sans provocation pornographique ». Le tribunal en a décidé autrement. A la grande satisfaction de Jean-Jacques Aillagon, qui dirige l’Etablissement public du château :
« Toute cette requête reposait sur une idée que le descendant des Bourbon avait un droit moral et quasi patrimoniale sur le château. Lui donner raison serait revenu à nier la proclamation de la République. Le château de Versailles est un bien de la Nation. »
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Promeneur
Promeneur
–-d’avoir « dénaturé le château de Versailles » et « bafoué le respect dû aux ancêtres“–-
Quels ancêtres ?
Les gens du peuple de France ou ceux qui les dirigeaient par la ‘volonté divine’ ?
Ce sont bien ces manants qui ont construit et financé par les impôts ce château où la noblesse de l’époque et les portées qui ont suivi ont fait quelques frasques et exercé des activités que la morale réprouvait.
Ce château appartient au peuple de France et leurs représentants, que l’on soit d’accord ou pas avec leurs choix, ont le droit d’y organiser des expositions, même si elles irritent les fondements de quelques altesses sérénissimes.
Je suis curieux de savoir la fond de cette histoire de passeport, c’est la vraie information de cet article.
P.S. Je suis loin d’apprécier les oeuvres de Koons que je trouve surfaites et passablement boursouflées.
Je ne prétends pas avoir la science infuse ni le goût universel et toutes les approches de l’art ont leur place dans ce genre de lieu, ce n’est que de cette façon, confrontation d’époques et d’approche que les visiteurs pourront se forger leur culture.




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