Gouvernement : à l'affiche, un commando patchwork
Quinze ministres seulement, des femmes, des gens issus de la société civile (Lagarde, Hirsh), des personnalités de gauche (Kouchner, Besson, Jouyet) ou du centre (Morin), une beur (Dati)... Rien à dire, le gouvernement Fillon a de l’allure. Presque un peu trop d’allure, pourrait-on dire : ce gouvernement-là semble avoir été dessiné par un publicitaire. Une affiche, parfaitement assortie aux photos du Président en short.
Une belle affiche, donc, mais pour quoi ? Pour les législatives, bien-sûr. La campagne a déjà commencé, et Nicolas Sarkozy a besoin d’une chambre d’un bleu comparable à la sortante. Pour gagner ce pari, il doit prolonger la vague qui l’a porté à l’Elysée. Sa campagne lui a donné l’image d’un fonceur et son bon score celle d’un rassembleur. Le gouvernement Fillon doit refléter ces deux qualités. D’où ce commando patchwork, à la fois resseré et ouvert.
Tout semble sourire, politiquement, au nouveau Président. L’UMP s’apprête à rafler une confortable majorité à l’Assemblée, selon un sondage BVA publié ce matin. Mais pour faire avancer le programme de Nicolas Sarkozy, présenté comme un électrochoc de droite, un tel attelage peut-il fonctionner ? Déçus d’avoir été écartés au profit de chiraquiens (Juppé, Woerth, Alliot-Marie), combien de temps les sarkozystes de la première heure attendront-ils avant de réclamer leur rapprochement du pouvoir ? Combien de temps, une fois les élections passées, la droite laissera-t-elle sur l’affiche le ministres et les secrétaires d’Etat issus de la gauche ? Que ce soit en 1988 avec « l’ouverture » de Michel Rocard aux ministres de droite Soisson et Durafour, ou en 1995 avec l’entrée en scène des « juppettes », l’histoire récente a montré que la colle des gouvernements-affiches tenait toujours assez mal.
Pascal Riché
- 4373 visites
- 28 réactions













9








Il est probable que l’état de grâce ne puisse être enrayé que par des dérapages du style « kärcher » ou « racaille ».
Philippe G.




Partager