24/12/2008 à 10h20

Assurance chômage : les intermittents en embuscade

Rémi Leroux | Rue89



Manifestation des intermittents devant le siège du Medef à Marseille (Rémi Leroux/Rue89)

Alors qu’une septième séance de négociation sur l’assurance chômage s’est tenue à Paris ce mardi, les intermittents espéraient que les fameuses annexes 8 et 10 de la convention Unedic qui régissent leurs professions y seraient abordées.

Il n’en a rien été et leur régime spécifique ne sera évoqué par les partenaires sociaux qu’au début de l’année prochaine. Peu importe. Les intermittents en ont profité pour faire part de leurs interrogations concernant notamment l’éventuelle suppression de l’annexe 8, régime spécifique des techniciens, évoquée ces dernières semaines.

Si elle devait se confirmer, cette suppression provoquerait une bascule des techniciens vers le régime général. Une issue que les intermittents n’envisagent pas une seule seconde.

A Marseille, pendant qu’une délégation rencontrait les représentants locaux du Medef, une petite centaine d’intermittents bloquaient la rue. Et évoquaient leurs craintes...

Stéphane, musicien dans le groupe Kanjarock

Stéphane est musicien, joue dans plusieurs groupes marseillais, Kanjarock et Moussu T e lei jovents, il est intermittent depuis quinze ans.

Les attaques répétées contre le régime des intermittents, estime-t-il, ont considérablement « fragilisé des métiers qui génèrent pourtant une économie induite considérable » :

« Depuis quatre ans, chaque année le statut est modifié. On a l’impression qu’on veut faire de nous une caste de travailleurs à part. Le travail des intermittents n’est pas reconnu à sa juste valeur. Le festival d’Avignon, par exemple, il faut voir les millions d’euros qu’il génère en retombées indirectes pour la ville... »

Pour Stéphane, il y a de la part de l’Etat « la volonté de mettre au garage tous les gens qui travaillent dans le spectacle ».(Ecouter le son)


Le gouvernement profitant, une nouvelle fois, que « personne n’y pense pour faire passer les réformes » : (Ecouter le son)


Perrine, technicienne aux Ateliers Sud Side

Perrine travaille aux ateliers Sud Side, à la Cité des Arts de la Rue, un atelier de construction de structures scéniques pour le spectacle vivant. Ils sont une dizaine d’intermittents à composer le « noyau dur » de Sud Side.

Perrine réalise ses heures d’intermittence principalement aux Ateliers. Elle rappelle que créer des postes de permanents « équivaudrait à employer à temps plein seulement quatre personnes » : « Il serait donc tout simplement impossible de faire fonctionner la structure dans ces conditions. »

De la même manière, elle estime qu’intégrer les techniciens au régime général entraînera la disparition de la plupart d’entre eux, en particulier ces « petits » métiers qui vivent et font vivre le spectacle vivant, en étant à la fois très proches de l’artisanat. (Ecouter le son)


Rémi, monteur, travaille pour la télévision

Autre effet collatéral non négligeable : la suppression de la publicité sur les chaînes télé de service public. Rémi est monteur, intermittent depuis huit ans. Il travaille principalement pour la télévision, entre Paris et Marseille. Ses documentaires sont montés en coproduction avec France 2, France 3 ou Arte :

« Les durées des contrats sont de plus en plus courts, les salaires de plus en plus bas. A Marseille, France 3 ne fait quasiment plus appel aux intermittents, or c’était le plus gros employeur de la région. » (Ecouter le son)


Rémi explique que les boites de production pour lesquelles il travaille actuellement ne sont pas touchées pour l’instant par la perspective de suppression de la publicité. Mais la situation pourrait être bien différente début 2009.

C’est également ce qu’a laissé entendre la Société civile des auteurs multimédia (Scam), l’une des principales organisations de créateurs de programmes audiovisuels :

« Alors que des menaces pèsent sur le droit d’auteur, la modification des critères de durée d’indemnisation entraînera mécaniquement une baisse de revenus des allocataires, et cette baisse globale des revenus des auteurs-réalisateurs et des techniciens ne fera qu’aggraver la paupérisation, déjà en cours, de la profession. »

Photo : Manifestation des intermittents à Marseille (Rémi Leroux/Rue89)

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  • centpiaces
    centpiaces
    agité du bol
    • Posté à 16h59 le 24/12/2008
    • Internaute 62168
      agité du bol

    no comment ?

  • Guy Valte
    Guy Valte
    Parisien abonné au gaz
    • Posté à 17h18 le 24/12/2008
    • Internaute 24462
      Parisien abonné au gaz

    On annonce deux millions de chômeurs, les syndicats annoncent que seul un chômeur sur deux est indemnisé, ça fait donc quatre millions de chômeurs, plus les précaires, plus les trop mal payés, ça commence à faire beaucoup de monde. Considérés comme responsables de leurs sorts, on estime qu’ils n’ont à s’en prendre qu’à eux mêmes et puis c’est la crise alors on peut rien faire.
    Combien de temps encore les gens vont ils se laisser pourrir la vie par un système qui ne fonctionne que pour une minorité, une « élite » Un système qui fait la preuve de sa non viabilité. Ne serait il pas temps d’envisager de « tourner la page » ? Mettre les gens au centre, prioritaire de ce que doit faire un gouvernement ? Au lieu de faire exclusivement du commerce, et du foot. N’y a t’il pas dans le monde des sociétés qui fonctionnent de façons plus équilibrées ?

  • ras-la-patience
    • Posté à 18h50 le 24/12/2008
    • Internaute 10027

    pour le président en exercice, la culture c’est euro-disney, vous vous attendiez à quoi ?
    le medef a toujours voulu remettre en cause le statut d’intermittent la lutte ne date pas d’hier.

  • antietatiste
    antietatiste
    médecin
    • Posté à 19h31 le 24/12/2008
    • Internaute 51870
      médecin

    Ce n’est pas au contribuable a payer des saltimbanques a ne rien faire (ou a trop en faire comme certaine epouse ..)
    Si le saltimbanque veut des sous soit il est capable d’en gagner en étant saltimbanque et en vendant son spectacle, soit il n’en est pas capable et il fait comme moi : il bosse.

    • egide
      egide répond à antietatiste
      Littéral
      • Posté à 20h51 le 24/12/2008
      • Internaute 45067
        Littéral

      Décidément , ou vous êtes bourré de préjugés ou vous êtes très mal informé.
      Le contribuable n’a rien à voir avec l’assurance chomage. Ce sont les entreprises et les salariés qui financent les indemnités versées aux chômeurs dont les intermittents font partie quand ils n’ont plus de travail.
      L’accès à l’assurance chômage est soumis à des conditions draconiennes y compris pour les intermittents du spectacle.
      Ces conditions ont été durcies pour les intermittents mais les syndicats de salariés n’ont pas remis en cause la solidarité interprofessionnelle.
      Tandis que le MEDEF ne souhaite plus financer le chômage des intermittents

    • ras-la-patience
      • Posté à 22h54 le 24/12/2008
      • Internaute 10027

      de toute évidence, vous ne savez pas de quoi vous parlez, et je sens en vous un grand mépris pour les « saltimbanques »,chose prévisible chez un « diafoirus ».

    • Guy Valte
      Guy Valte répond à antietatiste
      Parisien abonné au gaz
      • Posté à 16h14 le 25/12/2008
      • Internaute 24462
        Parisien abonné au gaz

      antietatiste, donc libéral. « Ce n’est pas au contribuable a payer des saltimbanques » dites vous, mais par contre c’est au contribuable de payer les banques pour qu’elles puissent continuer à jouer au casino. Vous n’imaginerez jamais combien je peux mépriser les gens de votre idéologie. Votre drapeau est le fric, ce n’est pas le mien, votre rêve bourgeois m’écoeure, votre idéal commerçant est tellement malhonnête et cynique, vous serez balayé, les gens sont de moins en moins disposé à s’agenouiller pour le monarque Pognon VII

    • -SimplePenseur-
      -SimplePenseur- répond à antietatiste
      techlight
      • Posté à 12h28 le 26/12/2008
      • Internaute 63722
        techlight

      réponse à antietatiste

      les saltimbanques que nous sommes, contrairement à ce que vous pensez, travaillent dur ! ! le week end, la nuit, dans le froid, sans limite d’horaire pour que le spectacle et la magie qu’il dégage puissent exister, nous donnons beaucoup de nous même.

      -Les répétitions (non rémunérées) prennent bien plus temps tout au long de l’année que le nombre de cachets pour une majorité d’artiste

      - Niveau technicien, je voudrais vous y voir.... Bossé 15 jours d’ affiler en dormant 5h00 par nuit, passer vos journée à charger des camion de fly, à porter des machines plus lourdes que vous... et tout faire vite car bientôt le spectacle doit commencer.... le temps de formation pour apprendre à se servir de nouvelles bécannes est trés souvent non rémunéré donc pris sur notre temps libre

      Tout ça pour VOUS, qui ne vous donnez même pas la peine de voir l’ envers du décor, le spectacle ne commence pas quand le rideau s’ ouvre.... il commence bien avant et se termine bien après que vous soyez aller vous coucher.

      je suis encore au régime général et je suis bien placé pour vous dire que c’ est la merde, je suis censé toucher 950 euros par mois le 5 si j’ ai pas travailler.lorsque je travail peu (2 cachets), je dois attendre les fiches de paye soit le 10 et les envoyer pour qu’ elle soit traité, au mieux je suis payer par les assedice le 23, ce qui m’ entraine de lourds frais banquaire chaque mois (ma vie, elle, ne s’ arrete pas).... et c’ est valable pour tout les bénéficiare de L’ARE

      Si il y a une réforme à faire elle commencerai, selon moi, par là
      c’ est pas en affamant le peuple qu’ on fera retrouver un équilibre
      économique....

      La politique antisociale de notre gouvernement est un sujet qui me tiens a coeur....

      Touchez pas à nos droits ! ! ! !

    • centpiaces
      centpiaces répond à antietatiste
      agité du bol
      • Posté à 13h02 le 27/12/2008
      • Internaute 62168
        agité du bol

      Un peu plus bas j’ai dénoncé quelques abus certains pseudos « intermittents du spectacles », car y avait quand même pas mal de flou d’où les abus, mais au final qui trinque ? Les vrais bosseurs car justement vivre dans la voie artistique c’est franchement choisir une vie difficile, car pour beaucoup voir trop de gens les métiers artistiques sont pas du travail ! Dans ces conditions comment valoriser son labeur ? La voie qu’on a choisit ? J’en fais partie des ces gens qui triment sans compter les heures au détriment de sa famille, de sa copine, etc. Mais je fais aussi des boulots alimentaires qui n’ont rien à voir avec mon crédo. Je me bouge le cul, et je ne suis le poids de personne.

    • Doc Cornélius
      Doc Cornélius répond à antietatiste
      Ecumeur
      • Posté à 16h55 le 27/12/2008
      • Internaute 63821
        Ecumeur

      A antietatiste :

      Mmmm comme j’aime ce genre de remarque...
      moi même intremitent je l’ai tellement entendue cette phrase :
      - « et va bosser saltimbanque ! » à peine méprisant.
      ce genre de propos émane souvent de personnes qui ne mettent jamais les pieds dans un théâtre ou une salle de concert...
      Et donc qui ne peut pas imaginer le début du commencement de ce que c’est que de fabriquer un spectacle
      En fait si j’avais voulu faire du fric je serai devenu ...médecin.
      Doc

    • blocman
      blocman répond à antietatiste
      regisseur technique
      • Posté à 00h55 le 28/12/2008
      • Internaute 63805
        regisseur technique

      bravo pour cette analyse. vive kunst vive la star ac tout le reste c’est de la merde. tu es en plus médecin, combien d’année d’étude as tu fais pour résumer la situation des intermittents du spectacle de façon aussi primaire. je croyais que la médecine rendait les médecins intelligents. Comme quoi, on peut se tromper. intermittent c’est un statut et non pas un métier, intermittents sont : technicien lumiére, son, technicien lumière, régisseur, réalisateur, monteur, directeur technique, artistes, chanteurs, comédiens, ingénieur du son, etc...des gens qui travaillent peut être avec ton chanteur, ton groupe préféré un film que tu as beaucoup aimé, une pièce de théatre etc... Bref tu devrais un peu plus réfléchir à la question avant d’être aussi catégorique.

    • cinetof
      cinetof répond à antietatiste
      Directeur de la photographie
      • Posté à 01h32 le 28/12/2008
      • Internaute 63870
        Directeur de la photographie

      D’ailleurs c’est amusant, parce que si je veux prendre les mêmes raccourcis, je peux me poser des questions lorsque, par exemple je consulte mon ophtalmologue qui me prend plus de 50€ pour une vingtaine de minutes de consultation.
      Moi aussi, je peux avoir le sentiment qu’on se fout de ma gueule et qu’ils sont payés à passer un maximum de clients par jour afin de se payer des voitures et des vacances au soleil.
      Oui, moi aussi je pourrais passer sous silence le travail que ça demande d’être capable de traiter un patient en seulement vingt minutes, en tombant juste. C’est tellement facile de faire des raccourcis !

  • centpiaces
    centpiaces
    agité du bol
    • Posté à 11h34 le 25/12/2008
    • Internaute 62168
      agité du bol

    Oui dur-dur la vie de saltimbanques, le problème dans le système d’intermittents du « spestacle » je sais plus depuis (un certain temps) mais par exemple : une secretaire qui fait toutes les semaines ou fins de mois, une présentation PowerPoint est (ou était) concidéré comme intermittente du fameux « spestacle » : D ! ! et la fille est en CDI pas mal non ? Et des exemples comme ça j’en ai des tonnes ! ! Etan donnée que moi même j’ai fahi prendre ce statut ayant vu que la plupart des gens qui sortaient des écoles d’arts & Co ne trouvaient pas de travail. Ils faisaient un pseudo « spestacle » , le boss d’un bar un bon copain (car les chômeurs sont de bons clients) tamponnait la petite feuille, et roule ma poule ! ! 12 mois payés, bonjour les vacances ! ! ! Trop de gens ont abusés du système et personne ne voulait faire la police, ben maintenant du coup c’est plus dur, et comment justifier aux yeux des autres metiers la soit disante « répétition » ? Un truc que me disaient pas mal d’intermittants : quand on travaille pas on répette ! ! (_Mon oeil ! ! !) Donc on doit être payé ! _Ah oui et pour les autres les techniques quelqu’elles soient sont innées ? ! ! ! On touche une machine outil, un ordinateur, etc par instinct, putain on est tous des doués alors ? Pauves bêtes va, c’est pas facile pour tout le monde ! ! ! ! ! !

    • cinetof
      cinetof répond à centpiaces
      Directeur de la photographie
      • Posté à 01h15 le 28/12/2008
      • Internaute 63870
        Directeur de la photographie

      On sait tous d’où viennent les abus concernant le statut des intermittents du spectacle : les employeurs qui proposent un système gagnant-gagnant : je te paye 52 heures, et tu bosses tous les jours. Les ASSEDIC complètent le reste.
      Tout le monde (le gouvernement, les institutions concernées, les intermittents) sait qui abuse de cette annexe. Les noms sont aux génériques de biens des émissions des chaines TV. Seulement voilà, il est plus facile de faire croire « au peuple » que ce sont les intermittents qui abusent, plutôt que de s’en prendre aux amis people.
      Tout comme il est tellement plus simple d’accuser les médecins plutôt que de s’en prendre aux laboratoires et autres grandes entreprises.
      Par contre, ce qui me fascine, c’est qu’après autant d’années d’études pour devenir docteur, on soit capable de faire des raccourcis à peine dignes d’un hamster.
      Au final, monter les gens les uns contre les autres est la meilleure façon de gouverner, et les « puissants » de ce monde l’ont bien compris.
      Tant pis pour nous...

    • cinetof
      cinetof répond à centpiaces
      Directeur de la photographie
      • Posté à 01h21 le 28/12/2008
      • Internaute 63870
        Directeur de la photographie

      Franchement, je suis prêt à inviter n’importe qui à me suivre dans ma vie de saltimbanque.
      Si vous êtes prêts à abandonner les revenus réguliers, la certitude de pouvoir payer votre loyer le mois suivant, les heures de RTT (quelques fois, j’en rêve), les 35 heures par semaine (c’est à peine ce qui correspond à mon temps de sommeil par semaine), les congés payés, les minimas horaires...
      Sans ces intermittents que le gouvernement et le MEDEF vous poussent à haïr (comme les fonctionnaires), pas de films, pas de TV, pas de chansons, pas de photos, pas de peinture, moins de loisirs, moins de rires, moins d’émotions.
      Continuez ainsi, et merci de contribuer à l’avènement de la sarkozie et du medef-land.
      Et poursuivons nos luttes internes plutôt que de nous en prendre à ceux qui les provoquent.

      • centpiaces
        centpiaces répond à cinetof
        agité du bol
        • Posté à 02h42 le 28/12/2008
        • Internaute 62168
          agité du bol

        Tu te trompes de cible l’ami, je suis pas médecin, mais déco-scénographe, j’en passe et des meilleurs... Le gus qui se prétend médecin est un blaireau (pardon aux bestioles). J’en connais des médecins du public surtout ceux des urgences des sacrés bosseurs et tolérants qui ne comptent pas leurs heures de travail, à fond 72H de suite voir plus presque sans dormir et manger, passant du bloc aux consulations à 3h du matin pour des cons qui veulent un arrêt maladie, mais c’est un autre débats, sur le net c’est facile d’être qui on veut.
        Personnellement j’ai choisi la difficulté pas la vie de saltimbanque, mais vivre des arts appliqués peu importe les domaines d’intervention. Mais dans certains arguments faut pas abuser.

         
        • centpiaces
          centpiaces répond à centpiaces
          agité du bol
          • Posté à 02h50 le 28/12/2008
          • Internaute 62168
            agité du bol

          Et quoi de mieux de critiquer de l’intérieur ?

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