A la Une 18/05/2007 à 11h08

Bernard Kouchner, du sac de riz au sac de noeuds

Pierre Haski | Cofondateur Rue89


Kouchner au Kosovo en octobre 2000 (Radu Sigheti/Reuters)

Cherchez l’erreur ! Dans la liste du premier gouvernement Fillon, le nom de Bernard Kouchner est celui qui tranche le plus avec les autres. Le fondateur de Médecins sans frontières (MSF) au côté de Christine Boutin et de Brice Hortefeux ? Qui aurait parié un euro il y a peu sur un tel attelage ?

Parcours atypique que celui de ce « French Doctor », passé d’un combat humanitaire de terrain à l’action gouvernementale, d’abord dans des cabinets socialistes, puis au niveau international, et enfin dans un gouvernement d’une vraie droite décomplexée, selon l’expression désormais consacrée. Trahison de son « camp », comme ne manqueront pas de le dire bon nombre de ses anciens camarades ? Ou recherche désespérée d’action et de reconnaissance, motivée par une énergie sous-employée et un égo surdimentionné ?

Il faut remonter à cette année fatidique de 1968 pour retrouver les événements fondateurs de Bernard Kouchner, le joli mois de mai, certes, mais aussi la guerre du Biafra, boucherie africaine qui donne naissance au courant humanitaire indépendant, libéré des logiques étatiques ou diplomatiques. C’est l’aventure de MSF, puis de Médecins du Monde, des milliers de volontaires portés par un idéal généreux.

Fin de la guerre froide, nouvelle donne mondiale, Bernard Kouchner décide qu’il sera plus efficace au gouvernement, pour faire passer ses idées sur le « droit d’ingérence ». Avec sa « bande », il s’installe déjà dans les couloirs chargés d’histoire du Quai d’Orsay, dans l’espace que lui laisse Hubert Védrine, le chef -très realpolitik- de la diplomatie de Lionel Jospin. Cohabitation inconfortable, souvent orageuse, mais productive.
On retrouvera Bernard Kouchner au Kosovo, pour un passage réussi à la tête d’une délicate opération de gestion internationale. Il se prend à rêver d’une carrière dans les organisations internationales, mais, malgré le soutien de Jacques Chirac, il passe l’an dernier à côté de la direction de l’Organisation mondiale de la Santé. Battu par la candidate chinoise.

Au passage, l’aura de Bernard Kouchner aura pris quelques coups. Son soutien à l’invasion de l’Irak, plus par « désir d’ingérence » pour abattre un dictateur que par atlantisme, puis sa mission -payée- en Birmanie pour exonérer Total de tout crime, passeront mal à gauche. Electron libre, il est de moins en moins associé à la vie du Parti socialiste dont il est un membre par défaut plus que par passion.

Sa popularité constante tranche avec son inutilité politique croissante. Est-ce pour cela qu’il accepte aujourd’hui d’aller se commettre dans un gouvernement qui compte un ministère de l’identité nationale ? Que va donc pouvoir faire Bernard Kouchner dans un système où il sera tenu en laisse très serrée par l’Elysée et son nouveau conseiller diplomatique, Jean-David Levitte ? Où culturellement, il sera en terrain hostile...
Connaissant le caractère entier de Bernard Kouchner, est-il vraiment audacieux de pronostiquer qu’il ne fera pas long feu dans ce gouvernement où il apparait plus comme un gadget pré-législatives que comme un choix diplomatique fondamental ? Au passage, il risque d’y avoir perdu son âme.

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  • anamaywong
    • Posté à 12h09 le 18/05/2007
    • Internaute 2868

    Enfin doit se dire le french doctor ! Enfin un poste à ma mesure..Les éléphants ne l’on jamais apprécié : trop brouillon, trop grande gueule..Ses positions sur l’Iraq et son allignement sur la politique de Bush laissent pressager du pire à propos de L’Iran (chantier déjà bien avancé par bush) ainsi que ses positions sur Israel et le moyen-Orient.Troublion de la politique ,kouchner n’a jamais su convaincre en tant que ministre. Tout cela prépare un beau souck,mais gageons que Sarkozi saura le faire taire et qu’avec son mauvais caractère il se fera virer sans ménagement dés que possible ! Ce qui lui donnera de nouveau l’occasion de se plaindre ! Quand a Okrent, sa femme, elle continuera sans doute son émission politique...

    • BATTANTE
      BATTANTE répond à anamaywong
      • Posté à 15h30 le 18/05/2007
      • Internaute 1492

      D’accord avec Anamaywong : je pense que cela flatte son ego. Peu lui importe la composition du gouvernement, du moment qu’il est ministre ! Cela lui fait plusieurs points communs avec Sarkozy : 1°) ils ont été tous les deux favorables à la guerre en Irak.
      2°) tous les deux pro-Américains
      3°) prêts à tout pour arriver au sommet et satisfaire leur ego surdimensionné.
      4°) et voilà qu’en trahissant sa famille d’accueil, socialiste, Kouchner se rapproche encore plus du parcours de Sarkozy (qu’on a longtemps qualifié de traître du côté des chiraquiens).
      Nous pensions cet homme socialiste, mais il était uniquement « Kouchnériste » !
      Alors, que lui importe de se retrouver à la même table que Fillon, Alliot-Marie, Hortefeux, Boutin et Xavier Bertrand, pourvu qu’on lui déroule le tapis rouge...

      • Anonyme répond à BATTANTE

        Je crois hélas battante que vous avez raison et que c’est au PS qu’il n’avait pas sa place .

        Que ses causes defendues aient été nobles c’est indéniables mais la recherche de la lumière médiatique est peut être chez lui un moteur encore plus puissant, alors se mettre « au service de la France “ lui donne une dimension consensuelle capable hélas d’aider Sarkozy pour les législatives .

        Lui qui n’a jamais été élu sous l’étiquette PS fera en plus perdre quelques sieges ..........

         
        • Anonyme

          Ses causes défendues n’ont pas été toutes nobles. Se vendre à Total au mépris des victimes du chantier et de son blason d’ humanitaire n’est pas noble. Rester fidèle à Miterrand en sachant qu’il cautionnait le génocide des Tutsi n’est pas noble. Continuer à dédouaner le gouvernement français dans ce génocide, comme il le fait dans la préface du livre « dialogue des méoires » en fait un sale type. Tout simplement.

        1 autres commentaires
    • Anonyme répond à anamaywong

      Le transfuge Kouchner dans le gouvernement Sarkozy.

      Kouchner était le dernier à pouvoir rejoindre le gouvernement Sarkozy.

      Des années durant, Kouchner n’a pas cessé de traîner dans la boue les électeurs du Front National. Pire encore, lors du référendum sur la constitution européenne et le « non » des Français, le soir des résultats, son commentaire a été le suivant : « C’est un non xénophobe. Ce non est une honte pour la France. »

      Comprenons-nous bien !

      Quand il milite au PS, non content de « planter » la gauche avec des analyses ineptes, une fois que la gauche s’est bien plantée, Kouchner s’empresse de rejoindre une droite et un candidat qui n’ont jamais mené – de mémoire d’électeurs de gauche et de droite - une campagne aussi proche des préoccupations des électeurs du Front National.

      Son incompétence en politique n’a d’égal que les dérives de son ego surdimensionné.

      Kouchner s’est très certainement fait la réflexion suivante : « La gauche sera absente du pouvoir, au mieux pendant 5 ans, au pire pendant 10 ans. Dans 5 ans j’aurai 72 ans. Dans 10 ans ! ! ! ! ! Je préfère même pas y penser. C’est mort pour moi si je ne bouge pas maintenant ! »

      Et il a bougé.

      Pour un Kouchner, « Loin des médias, point de salut ! » semble-t-il.

      Soit ! Kouchner va pouvoir à nouveau exister mais... pour lui seul et le Journal de 20H (et la couverture de Time Magazine ?). Je doute que l’on puisse espérer grand-chose d’autre.

      Oui ! Kouchner était bien le dernier à pouvoir moralement rejoindre Sarkozy et je soupçonne la droite de cultiver à son égard, dans les mois à venir, un mépris courtois, un mépris contenu mais décidé.

      Il a y des hommes d’honneur à droite - quoi qu’on puisse penser de cette famille politique - et ces hommes ne s’y sont certainement pas trompés.

      Serge Uleski.
      Mes inédits à l’adresse suivante : Lien

  • Bête à part
    Bête à part
    parmi nous autres.
    • Posté à 13h27 le 18/05/2007
    • Internaute 504
      parmi nous autres.

    .

    « On retrouvera Bernard Kouchner au Kosovo, pour un passage réussi à la tête d’une délicate opération de gestion internationale. “

    C’est quoi cette ‘délicate opération de gestion internationale’ ?

    Elle s’évalue comment ?

    .

    • Pierre Haski
      Pierre Haski répond à Bête à part
      Auteur(e) de l'article Cofondateur Rue89
      • Posté à 15h55 le 18/05/2007
        éditeur
      • Journaliste 9
        Cofondateur

      Vous ne pouvez pas nier que le poste de Haut Commissaire de l’ONU au Kosovo de 1999 à 2001, après la guerre du Kosovo, ait été un poste « délicat », dans un climat de tensions intercommunautaires. De l’avis général, Kouchner en est sorti avec les honneurs. PH

      • offtheroadagain
        • Posté à 17h34 le 19/05/2007
        • Internaute 2942

        Si il n’a pas démérité comme haut commissaire de l’ONU, ce sont les soldats dépêchés sur place qui ont évité le bain de sang, ils y sont encore et la situation est de l’avis général figée. Le caractère ambivalent de Bernard Kouchner empêche ceux qui l’on connu de trop l’accabler, mais soyons lucide, il à encore une fois passé la ligne jaune, et je ne doute pas pour ma part qu’il va le regretter.

      • Niout28
        Niout28 répond à Pierre Haski
        • Posté à 15h00 le 03/06/2007
        • Internaute 9149

        Avec les honneurs, vraiment ? Kouchner ignore tout bonnement le sens du mot « honneur ». C’est un opportuniste et un menteur... bien aidé par les médias. Pourtant, dès 1993, un journaliste de France 2, Jacques Merlino, révélait la supercherie dans un bouquin au titre éloquent « Toutes les vérités ne sont pas bonnes à dire ». Il y interviewait le directeur de Ruder Finn, agence US de relations publiques. Lequel, très fier, avouait avoir monté de toutes pièces la campagne des « camps d’extermination » : « Nous avons circonvenu trois grandes organisations juives : B’nai B’rith, American Jewish Committee et American Jewish Congress. Aussitôt, nous avons pu dans l’opinion publique faire coïncider Serbes et nazis. Le dossier était complexe, personne ne comprenait ce qu’il se passait en Yougoslavie, m ! ais d’un seul coup, nous pouvions présenter une affaire simple avec des bons et des méchants. »
        En mentant, fait observer le journaliste ! Réponse : « Nous sommes des professionnels. Nous ne sommes pas payés pour faire la morale. »
        Donc, Kouchner savait depuis longtemps , mais ça ne l’a jamais empêché de dormir apparemment ni de continuer à se faire passer pour « le Bon samaritain ».

  • Anonyme

    A ce sujet citation du journaliste Michel Collon du site « Lien

    ‘Le co-auteur d’un des plus gros médiamensonges des années 90 vient d’avouer. Instructif pour l’avenir, car les trucs de manipulation sont toujours les mêmes...

    Flash-back. Eté 92, guerre en Bosnie. Bernard Kouchner et ses Médecins du monde ’ diffusent dans la presse et sur les murs de Paris une pub, frappante et coûteuse. La photo - montage présente des ‘ prisonniers ’ d’un camp serbe en Bosnie. Derrière des barbelés. Kouchner y accole l’image d’un mirador d’Auschwitz. Son texte accuse les Serbes d’ ‘ exécutions en masse ’.

    Info ou intox ? Intox, reconnaît Kouchner douze ans plus tard. Son récent livre autopublicitaire, Les guerriers de la paix, relate une entrevue avec Izetbegovic (le dirigeant nationaliste musulman au pouvoir à l’époque à Sarajevo), sur son lit de mort :

    - Kouchner : C’étaient d’horribles lieux, mais on n’y exterminait pas systématiquement. Le saviez-vous ?
    - Izetbegovic : Oui. L’affirmation était fausse. Il n’y avait pas de camp d’extermination quelle que fût l’horreur des lieux. Je pensais que mes révélations pourraient précipiter les bombardements.

    Ce médiamensonge a effectivement fait basculer l’opinion vers le soutien aux bombardements. Toute la presse occidentale l’avait diffusé massivement. Mais le récent démenti a été passé sous silence. Le public ne peut savoir qu’il a été roulé.”

    Donc pas vraiment “pour un passage réussi à la tête d’une délicate opération de gestion internationale” - car au Kosovo il n’a rien fait pour empecher l’expulsion de 200 000 serbes. Des propriétés d’état Yougoslaves au Kosovo ont été de force privatisé.

    • Anonyme

      bien vu ce papier, il aurait du être à l’affiche

  • cot99
    • Posté à 16h08 le 18/05/2007
    • Internaute 211

    Il devait porter sur son dos un sac de lentilles au lieu d’un sac de riz devant les caméras en Somalie...
    En réalité il faisait des stocks.

  • kamelya
    • Posté à 16h55 le 18/05/2007
    • Internaute 3593

    Bernard kouchner ne doit avoir chez lui que des miroirs sans teint, qui ne lui renvoie pas son image telle qu’elle devrait être... sans teint comme son entrée dans ce gouvernement, sans teint comme la campagne qu’il a mené aux côtés de ségo, sans teint comme dans l’antichambre de la mort (politique)......

  • Anonyme

    Un des exercices favoris de Sarkozy et de ses féaux des médias consistait à parler de droits de l’hommisme de la gauche , expression totalement banalisée et absorbée dans dans le nouveau lexique de la droite décomplexée
    Que pense Kouchner de tout cela .

  • morgan
    • Posté à 18h05 le 18/05/2007
    • Internaute 4849

    Il y a des hommes qui ne sont ni de droite ni de gauche, ils sont seulement des opportunistes avec un ego surdimensioné et boulimiques de pouvoir. la France va soufrir son choix de ces hommes là !

  • AMC_44
    • Posté à 19h46 le 18/05/2007
    • Internaute 1908

    JP CHEVENEMENT a dit, en son temps, « un ministre çà ferme sa geule ou çà démissionne ».
    L’avenir nous dira laquelle de ces deux possibilités Bernard KOUCHNER usera lorsque le gouvernement SARKOZY/FILLON prendra des mesures anti-sociales, après, bien évidemment, le 2ème tour des législatives.

    • Niout28
      Niout28 répond à AMC_44
      • Posté à 15h05 le 03/06/2007
      • Internaute 9149

      Alors, là ! Facile ! On parie ?

  • Anonyme

  • Anonyme

    Il a eu tort d’accepter ce poste.Il ne sera jamais accepté par les autres ministres de droite du gouvernement et sera rejeté par ses anciens amis socialistes.Au final,il se retrouvera seul.

  • Anonyme

    Son eggo est démeusuré ! Ce qui l’interesse c’est d’etre ministre,etre devant les caméras,et qUE CELA LUI RAPPORTES ! J’ESPERE que Mme Kouchner,fera comme mme Borloo,ou Mme ,mon mari a été 1 mois 1/2 ,ministre de l’intérieur,ET AURA LA DECENCE DE QUITTER TOUTES SES FONCTIONS A A2,et sur tous les médias ! MAIS LES POURRIS N’ONT PAS DE MORALE ! Comme la 1 ere dame de France,qui ne va pas voter ! OU EST LE CIVISME ? ? ? ? C’est la maffia des Hts de Seine (92) ! ! ! ! ! !

  • Anonyme

    L’ouverture à gauche est plus que surprenante....
    Pourquoi ce gouvernement fait il la part belle aux hommes de gauche en allant les solliciter à grande pompe. Ce que je sais c’est que un pays progresse avec la confrontation et le débat d’idée et non une pensée unique.
    A mon avis le gouvernement en recrutant des hommes de gauche souhaite acheter la paix sociale en prévision des grandes réformes économiques, sociales qui visent à aligner la France sur le modèle Nord Américain.
    Ceci peut représenter également une stratégie qui voudrait que les responsabilités soient partagées à gauche comme à droite en cas d’échec de ces même réformes qui rappellons le vont à l’encontre du modèle français de développement.
    Bravo aux stratèges de l’UMP qui ont pensé à tout !

  • Anonyme

    L’ouverture à gauche est plus que surprenante....
    Pourquoi ce gouvernement fait il la part belle aux hommes de gauche en allant les solliciter à grande pompe. Ce que je sais c’est que un pays progresse avec la confrontation et le débat d’idée et non une pensée unique.
    A mon avis le gouvernement en recrutant des hommes de gauche souhaite acheter la paix sociale en prévision des grandes réformes économiques, sociales qui visent à aligner la France sur le modèle Nord Américain.
    Ceci peut représenter également une stratégie qui voudrait que les responsabilités soient partagées à gauche comme à droite en cas d’échec de ces même réformes qui rappellons le vont à l’encontre du modèle français de développement.
    Bravo aux stratèges de l’UMP qui ont pensé à tout !

  • chicuelo
    • Posté à 00h16 le 19/05/2007
    • Internaute 1830

    Bravo pour le titre ; BK, comme on dit, a en tout cas gagné la course en sac, échévelée, organisée par le nouvel animateur vedette que la France s’est choisie. Le choix de l’épreuve a été une surprise pour tous, à commencer par sa garde rapprochée, maintenant écartée. Tout le monde pensait qu’il nous ferait une partie de colin-maillard, ou de chaises musicales, où Douste-Blazy aurait vite reconnu à tâtons que MAM voulait lui piquer sa place, et où Christine Boutin n’aurait eu à se chamailler qu’avec Brice Hortefeux. Raté. Exit les fidèles et les traitres de la première heure, ceux qui ont rallié Sarkozy aux premières heures, parce qu’ils jugeaient que plus on misait tôt, plus ça rapporterait gros. Le seul sarkozyste vraiment récompensé, Hortefeux, n’est pas un homme politique, c’est un porteur d’eau.

    Ceux qui ont raflé la prime, ce sont ceux qui ont su se retenir le plus longtemps, et qui jureront même qu’ils ont voté Royal au deuxième tour (n’en croyez rien). Il faudra revenir plus tard et plus longuement sur le virage idéologique du nouvel animateur de nos soirées télévisées ; je crois pour ma part qu’il a volé le costume de De gaulle, celui de 1958, qui arrivant au pouvoir dans les décombres de la 4ème République avait commencé par s’entourer d’un certain nombre de rescapés, dans une stratégie attrape-tout qui, finalement, permit à la droite de rester 23 ans au pouvoir (un peu moins que ce dont rêvait Peyrefitte) en proclamant qu’entre eux et le parti communiste, il n’y a rien. Peut-être qu’un vantard dira demain entre nous et Besancenot, il n’y a rien.

    Revenons à notre mouton noir : on ne verra que peu à peu ce que Kouchner a vraiment négocié pour son entrée au gouvernement. On commencera par écouter soigneusement ses silences, parce que c’est cela qui nous écorchera les oreilles. Car il n’y a pas d’illusions à avoir : l’entrée de Kouchner et consorts (les autres ne mériteront d’être nommés que lorsqu’ils auront commencé à exister) au gouvernement n’est pas un acte d’ouverture : le programme de Sarkozy n’a pas changé d’un iota - en tout cas personne n’en fait état. Il ne s’agit que de ralliements individuels. Dans le cas de Kouchner, il apporte avec lui un peu de notre histoire, en tout cas un peu de celle de la gauche qui ne voulait pas être stalinienne et qui se cherchait ailleurs.

    Pour ceux qui croient à la sincérité du geste sarkozien, je leur recommande de réfléchir au fait que le nouvel animateur a proposé en même temps à Védrine et à Kouchner, qui sont aux antipodes l’un de l’autree, le même poste. C’est bien que ce que ces deux personnes pensent réellement n’a aucune importance, n’a aucun effet sur ce que Sarkozy entend mener comme politique. L’essentiel, c’était de piquer quelques animateurs vedettes à la chaine concurrente, et, partant, quelques parts de marché électoral. finalement, son copain Martin Bouygues lui aura appris pas mal de choses....

    Un dernier mot sur le sémillant jean-Pierre Jouyet, qui, austère fonctionnaire de gauche, apprit sur le tard les joies du fric, du pognon et de la vie facile. Juste pour lui rappeler de ne pas oublier d’envoyer tous les ans à son filleul, fils de Ségolène et François, un cadeau d’anniversaire.
    Pour cette année, je lui conseille naturellement une photo dédicacée du nouveau président (mais je pense qu’il a déjà dû y penser tout seul, et que cela doit le faire rire même...).

    • Anonyme répond à chicuelo

      merci à vous d’avoir écris cet article pointu et spirituel à lire au deuxième dégré. Oui attendons nous et préparons nous à de « divines surprises » tout de suite après les législatives
      on peut supposer que « le french doctor » nous surprenne par une action incontrolable, au moyen orient ! pourquoi pas, il a son franc parler ! Allez savoir !

  • Furax
    Furax
    Agent EDF
    • Posté à 07h38 le 19/05/2007
    • Internaute 5104
      Agent EDF

    Ci-joint le copier/coller d’un mail reçu du Mouvement contre le Racisme et pour l’Amitié entre les Peuples (MRAP) avec appel à pétition à la fin.
    Son nouveau collègue Martin Hirsch l’a déjà signée...

    Peut-on renvoyer des malades mourir dans leur pays ?

    Pour la première fois depuis 10 ans, le gouvernement décide le renvoi de malades étrangers dans des pays où ils ne peuvent pas se soigner.
    L’Observatoire du droit à la santé des étrangers (ODSE) lance une pétition contre les dernières instructions du gouvernement.

    L’ODSE demande :
    - Le respect absolu du secret médical,
    - La protection contre l’expulsion et la régularisation des étrangers ne pouvant se soigner effectivement dans leur pays d’origine,
    - Et donc le retrait immédiat des instructions telles qu’elles figurent aujourd’hui sur les sites intranet des ministères de l’intérieur et de la santé.

    1997 : la France se dote d’une loi qui interdit l’expulsion des étrangers gravement malades qui ne peuvent avoir un accès effectif aux soins dans leur pays d’origine ; puis, en 1998, une loi prévoit l’obtention d’une carte de séjour pour la durée des soins afin que le malade puisse affronter sa pathologie dans un environnement plus stable, favorable au combat contre la maladie

    2007 : pour la première fois depuis 10 ans, le gouvernement décide le renvoi de malades étrangers dans des pays où ils ne peuvent pas se soigner

    Après avoir tenté de supprimer la protection des étrangers gravement malades par la loi (décembre 2005) puis par circulaire (novembre 2006), et avoir dû abandonner sous la pression des soignants et des associations, le gouvernement choisit cette fois pour l’attaquer d’utiliser une voie détournée, inaccessible au public.

    Au nom du « contrôle de l’immigration », le gouvernement a mis en ligne en catimini, sur les intranets des ministères de l’intérieur et de la santé, des « fiches-pays » qui recensent « l’existence de l’offre de soins » et sa « répartition géographique » dans les pays d’origine. Selon les organisations médicales internationales, de telles données ne renseignent en rien sur les réalités de l’accès aux soins des malades et sur les difficultés auxquelles sont quotidiennement confrontées les équipes médicales sur place. Elles ne répondent pas non plus au critère retenu par la loi de l’accessibilité effective au traitement dans le pays d’origine pour décider de l’attribution d’un titre de séjour et de la possibilité d’une expulsion.

    Ainsi, ces instructions laissent penser qu’il suffit qu’un médicament ou une unité d’hospitalisation existe dans un pays pour refuser qu’un malade reste en France. Or, tout le monde sait qu’il y a un gouffre entre l’existence d’un équipement dans un pays et l’accès réel de la population aux soins.

    En outre, les médecins inspecteurs de santé publique sont invités à violer le secret médical dans l’examen des demandes de titres de séjour en donnant aux services de police de l’immigration les éléments relatifs à « la nature des traitements [que l’étranger] doit suivre ».

    Enfin, ces « fiches pays » sont assorties d’une jurisprudence du Conseil d’Etat selon laquelle l’administration n’est pas tenue de vérifier que le malade étranger a les moyens économiques d’accéder aux traitements adéquats dans son pays d’origine. Le comité interministériel au contrôle de l’immigration (CICI) en fait une lecture abusive qui détourne l’esprit de la loi protégeant les étrangers gravement malades (esprit rappelé par les députés en été 2006) en considérant acceptable le renvoi de malades étrangers dans des pays où ils n’auront pas d’accès effectif aux soins requis par leur état de santé.

    Cette dernière attaque contre le droit au séjour pour raisons médicales condamne des malades à la clandestinité et à la peur permanente d’une expulsion qui sont autant d’obstacles à leur démarche de santé. Les conséquences sont évidemment dramatiques pour la santé individuelle des personnes concernées, mais sont également inconciliables avec les enjeux de santé publique de lutte contre les pathologies transmissibles.

    Elle constitue une considérable régression dans le positionnement éthique de la France. Car accepter de renvoyer des malades mourir dans leur pays pour la seule raison qu’ils n’ont pas de titre de séjour, c’est faire primer les logiques du contrôle de l’immigration sur celles de la protection de la santé ; c’est nier les droits fondamentaux attachés à la vie humaine. Les politiques de santé publique ne doivent pas être utilisées pour le contrôle de l’immigration.

    Premiers signataires :
    - Martin Hirsch, Président d’Emmaüs France
    J’en ai viré pas mal.
    - Didier Liger, Avocat, Président de la Commission Libertés et Droits de l’Homme du Conseil National des Barreaux
    J’ai laissé celui-là pour Rachida.

    Pour signer la pétition :
    Lien

  • gaebus
    • Posté à 10h24 le 19/05/2007
    • Internaute 3011

    Depuis quand le meilleur moyen de libérer des otages, est-il de le faire au sus de l’opinion publique par un grand battage médiatique, et ce en pleine campagne électorale de surcroît.

    Cette situation je ne l’ai connue qu’aujourd’hui : après Nicolas Sarkosy.

    Chacun en pensera ce qu’il voudra, pour moi le but n’est pas la libération d’Ingrid Betancourt, mais un coup médiatique en vue des élections législatives.
    L ’instrumentalisation de la famille Betancourt dans une opération électorale.

    J’espère me tromper, mais il est des colères saines que l’on ne peut garder en soi.
    Quand je pense que des médias français taisent cette ignominie, alors que les médias étrangers les dénoncent ......

    NON Sarkosy ne sera jamais mon président

    • Anonyme répond à gaebus

      Gaebus t’es nul ! !
      Tu sais je vais te dire un secret il veut baisser le chomage et la dette de l’etat eh ben tu sais quoi... c’est encore un coup médiatique pour se faire réélire, encore « une opération électorale » c’est pas possible il est trop fort ce Sarko !

  • Anonyme

    Vous parlez de débauchage, embauchage... Eh on est pas dans une entreprise ? T’as des convictions on te propose de les mettre en place et naturellement si t’es un gar « qui en a » tu y vas... Je vois pas ou est le problème (surtout au ministère des affaires étrangères)

    • Anonyme

      justement, c’est un poste strategique. si quoi que ce soit devait deraper au point que l’on recommence a faire sauter nos bus et nos metros, vers qui le doigt va t’il etre pointe ? un gars de droite ou un gars de « gauche » ? kouchner est un paravent. N’oublions pas que notre nouveau « DIEU SARKO » partage les memes idees que kouchner sur la guerre en irak, tous les deux ont les yeux rives vers les etats-unis sans parler de la gestion du conflit israelo-palestinien qui nous empoisonne tous. Je crains que notre avenir soit encore plus sombre que je ne le pensais.

    • Anonyme

      convictions ? C’est quoi

  • christila
    • Posté à 14h38 le 19/05/2007
    • Internaute 2055

    Je suis incapable d’apprécier les gens qui louvoient et je place dans cette catégorie Borloo et Kouchner qui n’affirment jamais une position nette. Je n’apprécie pas davantage les félons c’est à dire ceux qui choisissent nettement un camp pour se rallier à un autre comme Morin, Besson et Allègre. Tout cela ne me plait pas beaucoup car il ne faut pas oublier que chaque ministre a dû prendre l’engagement de signer chaque budget, de ne pas voter les motions de censures ... Bref ils échangent leur liberté de parole contre une place. Les électeurs de gauche ont-ils élu des représentants de gauche pour défendre une politique de droite ? Quant à Nicolas Sarkozy il s’arrange pour pouvoir tout dominer, et séduire des français qu’il n’a pas encore dupés, ceux qui admirent Kouchner et croient à cette ouverture souhaitée par Bayrou et Ségolène Royal. Comme beaucoup j’attends pour voir, mais je voterai à gauche pour les législatives comme d’habitude, un contrepoids à tant de pouvoir me parait prudent.

    • Anonyme répond à christila

      enfin un persone qui ne retourne pas sa veste a la premiere occasion

  • offtheroadagain
    • Posté à 17h13 le 19/05/2007
    • Internaute 2942

    Le bilan est déjà fait, partisan de la guerre en Irak, il nous aurai entraîné dans un beau....quand à l’ex Jugoslavie son passage à été plus médiatisé qu’utile à la réalisation de la paix si l’on en juge par ce qui se passe aujourd’hui au Kosovo. Le french doctor de médecins sans frontières c’est très loin tout ça. Le sac de riz sur l’épaule sous l’oeil des caméras, les agitations médiatiques et politiques avec entre autre son fumeux droit d’ingérence, ont malheureusement suivi. Après un début si prometteur, c’est une bien triste fin.

  • Anonyme

    Les differences entre BK et MSF n’ont fait que s’accentuer depuis 1978 ou ce dernier a ete mis en minorite par le CA de l’organisation.
    M. Kouchner est favorable à un humanitaire d’Etat qui trouve notamment sa traduction dans le « droit d’ingérence humanitaire » ; au contraire, Médecins Sans Frontières défend et met en oeuvre une action humanitaire impartiale et indépendante de tout pouvoir politique, économique et religieux.

    Plus de details sur le site de MSF
    Lien

  • Anonyme

    Cet homme veut déclarer la guerre à l’Iran. Sera-il encore présent dans ces camps de réfugiés iraniens avec un sac de riz sur l’épaule en dénonçant les horreurs de la guerre qu’il aura lui-même cautionné ? .

  • Anonyme

    Mais comment le PS pourra-t-il jamais assez remercier M. Sarkozy d’avoir extirpé de ses rangs cet homme sans honneur qui le polluait ?