Temoignage 22/12/2008 à 18h18

Mardi, j'ai retrouvé Moussa, mon voisin malien handicapé, mort


Un riverain de Rue89 va porter plainte contre le Samu et l’hôpital pour « non-assistance à personne en danger ». Voici pourquoi.



Au Rex Club, à Paris, en 1999 (Philippe Lopparelli/TF)

Un de nos riverains, un cuisinier qui vit dans le quartier de Belleville, à Paris, nous a fait parvenir ce récit, samedi. Il s’apprête à porter plainte pour « non assistance à personne en danger » contre les services sociaux, le Samu et l’hôpital qui avaient la charge de Moussa, son voisin malien depuis un peu plus d’un an. Il l’a retrouvé mort, seul, dans sa salle de bains, mardi dernier, au retour d’un séjour à l’hôpital « parce que tout le monde a lâché prise, s’est déresponsabilisé ».

Mardi dernier, Moussa est mort de froid. Dans un appartement, à Paris, dans mon immeuble. Moussa est infirme des jambes, il se balade dans un fauteuil. Non : il se baladait dans un fauteuil.

Depuis quelques jours, il tombait de son lit, de son fauteuil, deux à trois fois par jour. Il appelait mon voisin et mon voisin le relevait. Il lui demandait : « Ça va ? » et il lui répondait qu’il allait prendre une douche.

Son handicap était survenu après un accident de travail : il était laveur de vitres et il est tombé d’un échafaudage. Il avait vécu dans un centre et tous (médecins, psy et assistance sociale) avaient convenu que Moussa était assez autonome pour vivre seul.

Un cri primal de survie

Un jour, j’étais chez moi et j’ai entendu vers 22 heures Moussa appeler mon voisin en hurlant. C’était un cri primal de survie, nous y sommes allés et j’ai vu cet homme ramper et hurler, couvert de sang. Je lui ai parlé : « Moussa, nous allons appeler
les pompiers, tu ne peux pas continuer comme cela. » Il m’a dit : « Non, relevez moi, je veux prendre ma douche. »

J’ai répondu que non, qu’il fallait qu’il soit pris en charge par des services spécialisés. J’ai appelé les pompiers et j’ai regardé son appartement : pas de table, il mangeait sur son évier. Le lit, soi disant un lit médical, était bon quand on se casse une jambe mais pas pour son handicap : pas de barrières, trop petit pour sa corpulence. Il y avait un drap déchiré, ni couette ni couverture. Sa chaise était à moitié bloquée, pas de lumières dans la pièce, le chauffage éteint.

Les pompiers arrivent et le remettent sur son fauteuil après les questions d’usage (comme une litanie : « Ça va ? », « oui, je veux prendre une douche »). Ils lui nettoient les pieds et ils repartent. Je commence à parler à Moussa et je lui demande si tout est ok. Là, il me dit : « Enlève-moi les ampoules parce que cela coûte cher l’électricité. » Je lui réponds que non, qu’il lui faut de la lumière.

Il n’ira pas a l’hôpital car il n’est pas blessé

Nous rentrons chez nous et à 2 heures, nous entendons encore ce cri et nous accourrons. Moussa par terre... on recommence. Je rappelle les pompiers et ils reviennent. Je leur demande de l’emmener à l’hôpital mais ils refusent car, me répondent-ils, il n’est pas blessé.

On s’aperçoit que le chauffage est éteint, nous le rallumons et j’engueule Moussa. Nous repartons, intrigués et craignant le pire, mais nous repartons. Vers 10 heures du matin, j’appelle son assistante sociale. Elle n’est pas là, mais j’ai une autre personne qui me demande plus ou moins de quoi je me mêle et m’assure que Moussa va très bien et que je m’inquiète un peu trop.

Vers 11 heures, encore ce cri. J’y vais et je sais à quoi je dois m’attendre. Le sempiternel « Relève moi, je veux prendre une douche. » Le chauffage est éteint, je le
rallume. J’appelle le Samu, j’explique (un peu excédé, c’est vrai) la situation. Cette brave dame me répond qu’il faut que j’appelle les pompiers et que, franchement, elle perd son temps avec moi et que des choses plus graves se passent. Bienvenue dans le monde réel.

Je n’ai qu’à m’en occuper. Ah bon ?

Je rappelle son assistante sociale et rebelote : ils ne peuvent rien faire. Madame
X n’est pas là. Je n’ai qu’à m’en occuper. Ah bon ? Les pompiers reviennent, à peu près les mêmes, et là ils prennent conscience du problème. Ils seront les seuls, d’ailleurs.

Nous en parlons et ils commencent à lui poser des questions : quel jour sommes-nous ? Quel mois ? Quelle année ? Que des réponses fausses : pour lui, nous étions dimanche au mois de mars 2006. Son nom, il le connaissait à peine et encore moins son adresse.

Le Samu arrive et moi j’étais fier de moi : ils allaient voir qu’il n’allait pas bien, il serait pris en charge à l’hôpital. Nous étions jeudi et, chaque jour passant, nous nous disions : « C’est bon, Moussa est pris en charge, soigné et tout va bien. »

Le dimanche matin, je descends et je vois que Moussa est de retour. Je vais voir mon voisin et il me dit qu’il lui a parlé et a mis le chauffage. Lundi passe. Mardi matin, mon voisin est inquiet, le rideau est toujours fermé. Il frappe, rien, le silence. Il appelle les pompiers.

Mort de froid, par terre, dans la salle de bains

Les pompiers arrivent et forcent la porte. Moussa était par terre et mort. Mort de
froid, il avait éteint le chauffage et il était dans la salle de bain.

Moussa va être enterré dans la terre de ses ancêtres, le Mali. Et une enfant de 6 ans va voir son père, qu’elle n’avait jamais vu, arriver dans un cercueil.

Dès que l’enquête sera terminée, j’ai décidé de porter plainte avec l’aide d’une association de Maliens, contre l’hôpital, son assistante sociale, le Samu. Pour non assistance à personne en danger.

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  • globaland
    globaland
    assistante sociale en crise
    • Posté à 01h04 le 23/12/2008
    • Internaute 63426
      assistante sociale en crise

    Mr Moussa était-il en situation régulière ? Car à sarkoland les étrangers en situation irrégulière ont vu leur droits sociaux se limiter à l’aide médicale état. Ce dispositif garantit la gratuité des soins, point barre. Pour ce qui est des suites de soins... Mêmes les associations (enfin, celles qui parviennent à survivre) se défaussent de + en + au motif qu’il n’y a pas de perspective d’insertion. C’te blague ! ! Dans le genre sordide j’ai tenté 2 trouver un établissement d’accueil pour 1 sdf de 52 ans, sortant 2 prison (depuis 2 mois), toxicomane, désorienté et dépendant après une attaque cardiaque sévère sur la voie publique. Ca m’a fait penser au jeu de la patate chaude ! Il y a dans notre société un panel d’indésirables que la collectivité ne souhaite plus prendre en charge. Il me semble que cela concorde avec le reste de la politique française menée par Mr Sarkozy confortablement assis ( dans tous les sens du terme) sur son électorat.

    • compte supprimé 24
      • Posté à 03h03 le 23/12/2008
      • Internaute 8330

      Il me semble que tu as raison dans ta conclusion, Globaland.

      Hélas.

      Mais il me semble aussi que nombreux sont ceux qui, dans son électorat, sont tout autant choqués que nous de sentir un fessier présidentiel si écrasant, malgré sa petitesse...

      Il arrive que le vent tourne.

  • Gregthebegue
    Gregthebegue
    ploppeur de plop
    • Posté à 01h23 le 23/12/2008
    • Internaute 50159
      ploppeur de plop

    Très bon article démontrant (comme si c’était encore nécéssaire), à grand renfort de sentimentalisme, la vague de bien-pensance qui noie de plus en plus l’occident, qui pousse à l’ingérence en son nom et qui ne peux concevoir un drame que comme résultant d’une faute d’un coupable physique.

    Le sentimentalisme est évident tellement il dégouline (le pauvre malien, l’infirme, le cri primal, le petit enfant qui n’avait jamais vu son père, etc). C’est un style d’écriture, souvent repris par ce que certains décrivent comme une « gauche bobo », mais qui je pense est plus répandu et qui est diffusé sans limite ou presque par les média dits d’information, qui ont compris que le sensationnel et l’émotion vendent mieux que l’information brute, sans jugement, sans opinion.

    La bien-pensance qui en résulte (tout naturellement car qui oserait critiquer l’émotion !), tranforme toute victime en héro et tout coupable en tyran meutrier, comme si l’être humain avait développé non pas un esprit commun mais un corps commun.

    Bien sure, l’humanité dans son entier devant se lier, d’un cri (presque révolutionnaire ?) commun contre ce(s) tyran(s), elle doit alors faire tout son possible pour purger la terre de ce fléau. Sous pression populaire (encore une minorité, très TRES vocale, mais grandissante), la politique se doit de surfer sur tout cela et bien sûre, malgré certaines résistances, l’ingérence est la seule réponse à long terme.
    Concretement ? Un homme veux éteindre son chauffage, vivre dans l’obscurité ou prendre une douche, le tout chez lui. La réponse d’un voisin est « non ». Ce « non » signifie tout simplement « ma vision de la réalité est la seule valable, la tienne est fausse, vulgaire ou aggressante pour la mienne, je te retire donc ta réalité et t’impose la mienne, contre ta volonté ». Nous savons tous ou mène ce genre de « non » quand il est porté à grande échelle...

    Ensuite bien sûre, viens le moment de régler les comptes, car toutes cette culture de l’émotion ne peux en aucun cas rester sans coupable, une figure de l’état ou du pouvoir si possible. Le Samu, les pompiers, les flics, etc.
    En aucun cas Mr. Moussa ne peux être coupable de sa propre mort ? Le Samu, les pompiers, QUELQU’UN aurait du le prendre en charge, même contre son gré ! Mais non, la victime est et doit rester un héro, il faut donc maintenant faire un procès, punir et surtout faire pleurer...

    Personellement, même si la mort de cet homme reste dramatique, l’article est le reflet des clichés régurgités chaque jour dans les médias, blogs ou autres et me fait presque vomir.

    Elle me fait également peur car elle manipule tellement le lecteur que ne pas être d’accord reviens à être inhumain, raciste, meutrier ou je ne sais quoi. Ce crachat de sentimentalisme sur la place publique, au rythme ou il se développe, musèle encore plus la liberté d’expression que n’importe quel dictateur ou religion n’a jamais pu le faire...

    ++

    • anaïs.motif
      anaïs.motif répond à Gregthebegue
      sonore
      • Posté à 09h45 le 23/12/2008
      • Internaute 11295
        sonore

      Votre analyse de la tyrannie de l’émotion est intéressante, et j’y verrais un appel à la vigilance - mais pourquoi ai-je l’impression que l’émotion est plus dans votre révolte que dans celle de notre riverain voisin de la misère ? Au de-là de « qui est responsable », notre auteur témoigne d’une souffrance, c’est tout, une souffrance. A chacun de voir si elle est tolérable dans un système social, collectif, avec une organisation et des lois, quoi.

      Si vous critiquer l’utilisation de bons sentiments, vous n’analysez pas plus le fond de l’affaire, et j’entends moi quelque qu’un qui a peur de ne pas être entendu : parlez citoyen ! parlez voisin.

      Quant aux sentiments de notre voisin, moi j’y vois plutôt une dignité retrouvée. Histoire de fenêtre, sans doute.

      • Gregthebegue
        Gregthebegue répond à anaïs.motif
        ploppeur de plop
        • Posté à 10h16 le 23/12/2008
        • Internaute 50159
          ploppeur de plop

        Je n’ai pas vraiement les informations nécessaires pour analyser le fond de l’affaire en elle-même, tout ce qui est disponible étant l’article d’un voisin sur le sujet. Pour tout dire, il n’y a peut-être même pas de « fond de l’affaire » : un homme est tout simplement mort de froid chez lui, apparement volontairement.

        Sinon, je ne comprends pas trop qui aurait peur de ne pas être entendu dans l’affaire ? Le voisin ? Le mort ? Nous avec nos commentaires ?

        Enfin, la dignité indique aussi, en général, le respect, ce qui n’est pas vraiement le cas dans l’affaire. Un voisin « digne » aurait demandé à la personne si elle avait besoin d’aide et accépté le réponse, quelle qu’elle soit.

         
        • anaïs.motif
          anaïs.motif répond à Gregthebegue
          sonore
          • Posté à 10h56 le 23/12/2008
          • Internaute 11295
            sonore

          Qui a peur de ne pas être entendu ? vous.

          Ce qui me semble un peu mal placé après ce témoignage.

          • Gregthebegue
            Gregthebegue répond à anaïs.motif
            ploppeur de plop
            • Posté à 13h47 le 23/12/2008
            • Internaute 50159
              ploppeur de plop

            Ah, et bien je suis d’accord et je l’ai indiqué dans mon premier commentaire : cette situation me fait effectivement peur à long terme et si l’exprimer peut donner un peu de recul à certaines personnes, pourquoi pas.

            Que vous le trouviez « mal placé », je l’accepte, tant que je concerve le droit de l’exprimer :)

        2 autres commentaires
    • jorge_Atlan
      • Posté à 14h51 le 23/12/2008
      • Internaute 15856

      Un peu écœuré par ton analyse. Par ailleurs semblant raisonnable.
      Tu fais la preuve que la pensée dénuée d’empathie se révèle aussi monstrueuse que les faits dénoncés.
      Dans un premier temps je voulais reprendre ton argumentation et la démonter point par point mais une fausse manipulation à réduit à néant mon écrit, et c’est aussi bien.
      Faire l’éloge de la dénonciation de la victimisation au travers d’un témoignage direct, personnel avec ce qu’il peut avoir de subjectif et d’émotionnel, voilà qui est courageux et pertinent ; craché sur la bonne volonté, l’implication en ces temps d’individualisme et de repli, quelle belle œuvre.
      D’autant que l’auteur, citoyen lambda n’est ni formé à la demande d’aide ni à l’assistance à personne en détresse.
      Tu réussis a réunir tous les travers d’une pensée qui se voudrait critique, « conscientisante », moderne et contre la pensée unique et tombe dans le pédantisme et l’inhumanisme.
      Je suis certain que tu ne manques pas de sentiments, mais a vouloir jouer les intellectuels et les dénonciateurs tu enfourches une mauvaise monture.
      Il n’est pas question ici de héros, ni de quête effrénée de responsable a tout prix, mais bien de constater l’incurie de certains intervenant sociaux et médicaux. Un ensemble de défaillance ont menées a un résultat tragique : la fin de la vie d’un homme.
      Est il si monstrueux, si mercantile de pointer un maillage social qui se délite et dont nous pouvons tous être la victime.
      C’est ce sentiment à la fois d’impunité, de ne pas être concerné par cette délitation, ce : ça ne m’arrivera pas a moi parce que j’ai les moyens, les connaissances et les relations. L’indifférence qui font que nous en somme là.
      Donner a voir, a entendre, a juger un évènement qui a bouleversé l’auteur et nombre de lecteurs ; et pas seulement pour partager son émoi mais pour appeler a la vigilance, a la dénonciation d’un système qui se pérennise n’a rien d’un cliché, ni d’une manipulation qui fasse peur.
      Ce qui me fait peur et ce que tu ne dénonces pas c’est la criminilisation de la misère. En quoi un homme désorienté, d’après ce que j’ai pu lire peut il être responsable de sa fin ? L’obsession du chauffage, de la douche, de l’obscurité est elle la vision toute personnelle d’un homme au abois ne pouvant pas payer ces dépenses celle d’un esprit qui tourne en rond. Symptôme de misère ou de perte de réalité et de basculement dans un délire ?
      L’auteur n’est pas formé a cette détection de perte de réalité, mais les pompiers et le SAMU si. Alors imposition, monstrueuse, d’une vision de la réalité toute personnel ou inquiétude de voir un homme vivre dans des conditions inadmissibles ?
      Ce sont des réactions comme les tiennes qui me font peur, qui en fait m’attriste, parce que tu évacues la dimension humaine d’empathie pour un discours pseudo moraliste.
      Je ne sais pourquoi, tes propos m’ont fait penser a ce triste sir Val. A tous ces fantoches de l’humanisme qui dénoncent les guerres ailleurs et ne sont pas foutu de se coltiner la misère et la détresse au coin de leur rue.
      En fait ta réponse est l’illustration de ce que tu dénonces..
      un cliché de pensée au discours bien raisonnable et pourtant bancale..
      Un peu de cœur, associé au raisonnement ne nuirait certainement pas à ta dénonciation d’une lapalissade.

      • Gregthebegue
        Gregthebegue répond à jorge_Atlan
        ploppeur de plop
        • Posté à 16h07 le 23/12/2008
        • Internaute 50159
          ploppeur de plop

        C’est un choix conscient en fait et je ne critique pas, en soi, les émotions de l’auteur, seulement son résumé, son action, son point de vue et ses conclusions.

        Il est évident que personne de raisonnable ne peux être parfaitement neutre et stoique face à un être humain en détresse, physique ou psychologique, mais je me considère comme quelqu’un de réaliste face à l’homme, ses qualités et ses défaults.

        La détresse du coin de la rue, comme tu dis, me gène (pour ce qu’elle est et ce qu’elle reflète) mais j’ai assez de recul pour, d’une part, accépter que l’homme ne sera jamais, physiquement et psychologiquement une sorte de « parfait universel » et d’autre part, réaliser que forcer sa vision sur les autres est imposer ma dictature de penser.
        Pour résumer je pense que l’on peut offrir son aide mais on ne peux pas imposer son aide, car c’est ça aussi la liberté et je n’ai pas envi qu’elle disparaisse.

        Pour ce qui est du SAMU ou des pompiers, à moins de faute manifeste non exprimé clairement (à mon avis) par l’auteur, leur mission est d’apporter de l’aide. Si cette aide est refusée, toute action devient alors motivée par la « conscience » personnelle de la personne en charge à un moment T car aucune loi (sauf cas extrême) ne peux concretement affirmer si une personne « ne tourne pas rond ».

        Pour finir, si l’homme en question est « responsable » de sa mort, je ne considère pas cela comme un crime, je ne vois même pas le rapport en fait.

         
        • jorge_Atlan
          • Posté à 18h33 le 23/12/2008
          • Internaute 15856

          N’est ce pas indécent de critiquer le résumé, l’action, le point de vue et les conclusions de l’auteur, alors que celui ci est dans l’action, sans recul et pris dans une situation de détresse manifeste...
          Et bien cela prouve au moins que tu as des sentiments....
          Il ne s’agit pas là de considérations, ni de point de vue sur l’Homme, mais d’une situations qui demandait a faire. Les réalités sur la nature humaine n’empêche pas a un moment de faire, si ?
          Entre les idéaux et la réalité il y a un fossé qui s’appelle détresse et compassion.
          Il ne s’agit pas non plus d’imposer sa conception de l’utile a une autre personne, mais a un moment de lui proposer des alternatives a une problématique, et certes il n’est pas question d’imposer cette solution si le choix peut être choisis.
          Néanmoins ce que dit l’auteur sur la confusion des réponses de la victime sur les dates, les lieux et son nom, me laisse a penser que cette personne est au mieux désorientée, au pire atteinte de troubles neurologique.. Et j’ai les connaissances qui me permette de faire la différence comme tout intervenants médicales. Il s’agit d’adresser ensuite a un autre professionnel, la responsabilité d’apporter une solution médicale, d’encadrement social pour permettre a cette personne de retrouver un libre arbitre.
          Nous sommes dans une situation de non assistance a personne en danger, de sous estimation des symptômes de confusions.
          L’urgence c’est de mettre en œuvre les moyens de sauvegarde de la personne. Après il appartient à l’individu de s’inscrire ou pas dans les possibilités d’aide qui lui sont proposés. Le problème c’est que nos structures d’aide tant sociale que médicale sont de plus en plus défaillantes. Il est là le scandale, dans cette situation que personne n’a assumés ses responsabilités jusqu’au bout.
          Être responsable de sa mort cela nous appartient a chacun, mettre fin a ces jours alors que nous sommes en pleine possession de notre jugement c’est un choix que je défends, je dénis le droit a un politique et a tout autre de décider a ma place de mon confort de vie et de ma fin de vie.. Mais a une seule condition : celle de lucidité d’esprit. Hors je ne suis pas certain que c’est été le cas. Un homme malade, désorienté, englué dans une situation de souffrance, ne peut avoir cette lucidité d’esprit..
          Je prendrais un exemple dans le domaine de la fin de vie, j’ai pu constater qu’a partir du moment ou l’on pouvait permettre à une personne de contrôler sa souffrance, dans le sens de douleur, et que l’on lui apportait une attention respectueuse de personne a part entière, les cas de demande d’assistance à mourir se faisait très rare.. Ceci pour te montrer que le confort de vie peut souvent influer sur notre psychisme et de ce fait nos décisions.
          il y a un moment pour réfléchir et un moment pour agir, dénoncer ce qui dysfonctionnement, et attribuer les responsabilisés a ceux qui n’ont pas fait ce qu’ils auraient du.
          Tout le reste est littérature.

          • Gregthebegue
            Gregthebegue répond à jorge_Atlan
            ploppeur de plop
            • Posté à 19h24 le 23/12/2008
            • Internaute 50159
              ploppeur de plop

            Très bonne réponse et tu sembles avoir les compétences médicales qui permettent une approche sur une possible défaillance, que je n’ai pas et qui ne sont pas à la source de mon commentaire.

            Mon problème est en parti avec, comme tu l’as dit, un auteur sur un site d’information, dans l’action et sans recul, ce qui malheureusement est de plus en plus courant de nos jours, même dans les milieux professionels, car cela marche, cela vend...

            Je ne reviendrais pas sur l’autre parti du problème, je l’ai détaillé dans le premier commentaire.

            Sur ce, bonne soirée.

        2 autres commentaires
      • ganima
        ganima répond à jorge_Atlan
        chomeur de longue durée furtur (...)
        • Posté à 20h54 le 23/12/2008
        • Internaute 55513
          chomeur de longue durée furtur (...)

        bonsoir,

        Moi dans ma région, ils vont les chercher chez eux les pseudo malade mental, comme ça ils sont sur qu’ils ont du fric !

        Ceux de la rue ils les laisses sur place !

    • Nurachi
      Nurachi répond à Gregthebegue
      Utopiste actif
      • Posté à 16h18 le 23/12/2008
      • Internaute 39580
        Utopiste actif

      Pardonnez moi mais vos propos me révulsent.

      Vous semblez tout ignorer des mots « charité », « compassion », ou des idées antiques et désuètes comme l’« amour de son prochain ».

      Là où un auteur exprime sa sincère humanité et sa douleur vous voyez des « crachats de sentimentalisme » et l’attaquez ad-hominem, en soulevant tous les artifices en vogue (« bobo », « bien pensance », etc).

      Non personne ne devait le prendre en charge, mais quelqu’un (tous) auraient du lui tendre la main, ne serait-ce que pour lui donner le coup de miséricorde que vous promettez à tous les indigents, les malheureux, les perdus.

      Etrange comment vous préférez ignorer la déshérence mentale dans laquelle il était plongé. Car enfin, il semble que ce soit sa lente descente vers la folie qui l’ai poussé à éteindre son chauffage par grand froid, à ne plus prendre soin de lui, à dépérir, abandonné de tous sauf de ses deux voisins que vous fustiger si facilement.

      Comment pouvez vous imaginer une seule seconde que les propos hallucinés d’une personne qui déraisonne puissent refléter ses désirs profonds ? Ceux qui sont déterminés à trouver la camarde ne font qu’une seule tentative, les autres sont en perdition et multiplient les appels à l’aide.

      Enfin, j’estime que ce sont plus des propos tels que ceux que vous tenez qui pourrissent non pas un quelconque « occident » au noirs relents mais le monde. Oui, nous sommes beaucoup trop nombreux sur cette planète, mais cela ne saurait en aucun cas justifier de tels propos trop faciles que j’oserai qualifier d’eugénistes.

      Je vous laisse vos échaffaudages hasardeux sur « la tyrannie » et « la liberté d’expression en danger », qui semble-t il vous n’avez invité ici que pour donner une belle figure à vos paroles, sans aucun lien tangible avec notre affaire.

      Je ne vous salue pas.

      P.S. : vous ignorez probablement ces lois d’« occident » qui condamnent la non assistance à personne à danger.

      • Gregthebegue
        Gregthebegue répond à Nurachi
        ploppeur de plop
        • Posté à 17h55 le 23/12/2008
        • Internaute 50159
          ploppeur de plop

        Cela ne m’étonne pas, aucun soucis.

        Je ne partage pas aveuglement les idées de compassion, charité ou encore « amour de son prochain » car elles ont étées et sont encore souvent utilisées (principalement par les religions) pour controler des masses qui refusent degérer les réalités humaines (principalement la mort, mais aussi tout ce qui tourne autour comme la douleur, la faim, etc). Cela ne veut pas dire que j’y suis indifférent, simplement réaliste.

        D’autre part, je ne connais pas l’affaire donc je ne peux me baser que sur les propos de l’auteur qui sont..et bien..tels qu’ils sont. La présentation des faits n’étant pas de l’information mais un point de vue, je ne peux m’avancer sur rien.

        Et pour finir, un voisin entendant un tel « crit de douleur primal » tel que décrit par l’auteur et ne réagissant d’aucune façon est peut-être concerné par cette non assistance à personne en danger, ce qui est normal.
        Vérifier que la personne est « ok », offrir son aide ou l’aide de tiers (secours, etc), est un acte assez naturel, que la plupart des gens offrent j’en suis sure, sans cependant partir dans des délirs émotionels, ce qui n’est pas le cas ici...

        ...pourquoi pendant qu’on y est ne pas aller dans la rue, assommer les SDFs qui nous semblent en danger et les kidnapper pour les mettre chez nous ou les lacher devant un abri x ou y, pour leur bien, évidemment...

         
        • Nurachi
          Nurachi répond à Gregthebegue
          Utopiste actif
          • Posté à 20h03 le 23/12/2008
          • Internaute 39580
            Utopiste actif

          Ceux qui dénoncent tous les opiums du peuple pratiquent aussi la charité et l’entraide, malgré ce que vous semblez accroire. Il n’y a pas de société humaine sans solidarité.

          Vos propos sont beaucoup trop empreint d’individualisme forcené à mon gout. Je vous souhaite de tomber sur quelqu’un comme vous le jour où vous vous ferez renverser par une voiture. Il vous laissera crever la bouche ouverte sur le trottoir en expliquant qu’après tout vous l’avez bien cherché ou que la mort après tout fait partie de la vie.

          Au lieu de gloser sur les mots politiques en vogue, je me permet de vous suggérer d’aller parler avec les SDF. Vous constaterez alors que la plupart (80%) souffre de graves problèmes psychologiques, tout comme Moussa. Notre société refuse de prendre en compte cela d’une part car cela remettrait beaucoup trop en cause ses fondements, d’autre part parce qu’elle n’ose pas s’en donner les moyens, vu que ça rapporterait moins qu’une bonne banque bien saine...

          Or c’est bien cela le noeud du problème, ici. La personne n’était pas « OK », vu qu’elle ne connaissait plus son propre nom. Pourquoi refuser de voir cela ?

          Concernant les SDF (ce qu’il n’était pas), savez vous pourquoi ils ne veulent pas aller dans ces centres d’hébergement ? Juste parce qu’ils s’y sentent en danger ou qu’ils y sont souvent maltraités, parce qu’ils y perdent leurs maigres biens, parce que les animaux ne sont pas acceptés, etc.

          Curieux comme vous vous refusez à considérer le psychisme de Moussa comme facteur déterminant de sa mort. Vous considérez sans doute la psychologie comme un truc pour controler les masses ou je ne sais quelle lubie post ou pré-révolutionnaire moisie.

          Enfin, contrairement à vous j’estime qu’un papier ne doit pas obligatoirement n’etre que factuel, au contraire. Le travail du journaliste est aussi de replacer les faits dans un contexte, de les lier à d’autres faits dont l’auteur à connaissance, voire d’exprimer son opinion et son jugement par rapport à ces faits.

          Il appartient après au citoyen lecteur de discerner le partisan du factuel au sein de l’article, ce que vous ne sembler pas savoir faire. N’exposer que des faits voue les lecteurs à l’ignorance et à la bétise à moins qu’ils ne soient eux memes journalistes ayant tout le loisir de rapprocher ces faits entre eux. C’est pourtant ce que vous pronez sous des atours de justicier.

          Qui est assez naif pour trouver un quelconque article purement factuel, dépourvu d’implication personnel. Vous. Alors ne me parlez pas d’opium du peuple, de société judéo-chrétienne, poncifs que vous avez bu sans jamais prendre un quelconque recul, sans jamais voir qu’un nouveau potentat luttait pour abattre son prédecesseur par exemple...

          Une à deux personnes qui réagissent sur un immeuble entier, désolé, mais ça ne fait pas beaucoup, pas assez, et vous participez beaucoup trop à mon gout à cet assassinat des solidarités, à cet avènement de la lacheté et de l’indifférence comme lignes politiques.

          P.S. : désolé pour les accents circonflexes et les trémas.

          • Gregthebegue
            Gregthebegue répond à Nurachi
            ploppeur de plop
            • Posté à 21h07 le 23/12/2008
            • Internaute 50159
              ploppeur de plop

            J’aurais du lire votre titre (« Utopiste actif ») avant le reste, cela m’aurait fait gagner du temps.
            Mais bon, je l’ai lu en entier et vu qu’il est complètement à coté de la plaque et balance des gros clichés démagogique ici et là (vous avez oublié de me traiter de fasciste en passant, une erreure bientot corrigée j’en suis certain), j’aimerais autant que vous lisiez (et compreniez) les commentaires que vous critiquez...

            ++

            • Nurachi
              Nurachi répond à Gregthebegue
              Utopiste actif
              • Posté à 04h16 le 25/12/2008
              • Internaute 39580
                Utopiste actif

              Je vous rend grace pour ce dernier crachat. Vous avez marqué le premier point Godwin tout seul, et donc.... perdu.

              Je crois avoir réfuté la plupart de vos arguments (comme d’autres l’ont fait), vous concluez par « votre commentaire est à coté de la plaque », « clichés démagogique », « vous ne comprenez pas ». Piteux, du Schopenhauer de bas étage, les fautes d’orthographe en plus.

              Vous vous fourvoyez, refusez de reconnaitre votre erreur ou etes délibérément de mauvaise foi, prompt à la provocation en prenant bien soin d’ignorer les nombreux points soulignés par les nombreux commentateurs qui auraient pu éveiller un peu votre esprit obstiné sur les lacunes de votre raisonnement, si vous aviez vraiment voulu comprendre quelque chose à cette histoire.

              Non, au contraire, vous prétendez qu’il y a du bon sens dans les paroles d’un « fou », ou en tout cas qu’il faut respecter ses choix hallucinés !

              Vous ignorez par ailleurs qu’il existe des lois qui permettent justement l’hospitalisation à la demande d’un tiers d’une personne présentant des troubles neurologiques (article L.3212-1 du code de la santé). Le tiers étant la famille ou le préfet avec l’assentiment des psychiatres.

              Ainsi la société de ce pays n’est pas à votre image, elle a choisi de soutenir temporairement ceux qui sont en grande détresse, considérant qu’une fois rétablis, ils pourront apporter leurs richesses à la société, pour le profit de tous.

              Depuis quelques années les places en hopitaux psychiatriques ne cessent de diminuer et les soignants n’ont plus les moyens de traiter correctement les patients « imparfaits ». Il en va de meme pour les services sociaux, ou le 115 qui soit ne répond pas, soit met des heures avant que d’intervenir. Là sont les problèmes.

              Le reste n’est que littérature...

              Pour finir, je crois qu’il est bon que les citoyens mettent en évidence les dysfonctionnement de notre société, dans l’espoir que nos dirigeants prennent les décisions pour y pallier.

              Bien sur, je ne suggère pas que Rue89 évoque le moindre chien écrasé (TF1 est là pour cela), mais ici il y a mort d’homme et démission de quasiment tous les acteurs qui « n’avaient pas les moyens ».

              Problème, donc.

              Je vous souhaite de trouver l’homme qui est en vous et de ne plus vous abriter devant la peur d’etre le « tyran dictateur » d’autrui.

        3 autres commentaires
    • bidule
      bidule répond à Gregthebegue
      • Posté à 10h43 le 24/12/2008
      • Internaute 25967

      commentaires à Gregthegègue
      Je suis attéré par votre commentaire et sa terminologie : « sentimentalisme qui dégouline », « crachat sentimentaliste » etc...
      Vous pourriez comprendre que ce témoignage de proximité quant à la mort de ce Malien puisse être passionnel et non « dégoulinant “ . En aucun cas il se veut ériger le sentimentalisme en système.
      Quelle hargne de votre part et que croyez vous apporter par cette pseudo analyse primaire . Vous tounez en boucle autour du mot ‘sentimentalisme’ . Avez vous récemment découvert ce mot dans dans les annales du Bac première ou terminale ?
      Si c’est tout ce que cet article suscite chez vous je vous plains humainement et intellectuellement .
      La terminologie employée y est également haineuse et inquiétante : << la vague qui noie l’occident , le sentimentalisme qui dégouline , crachat >>
      Votre commentaire dit plus sur ce que vous êtes que ce que vous pensez et c’est pas joli,joli .

  • Servais-Jean
    • Posté à 01h49 le 23/12/2008
    • Internaute 4591
      43

    Dans cette affaire seuls les pompiers ont devinés l’état où se trouvait Moussa en lui posant les bonnes questions. Ont-ils donné ces informations au SAMU ? Certainement pas et les gens du SAMU ou d’un hôpital classique ne sont pas assez sensibilisé à de tels cas. Dans ce domaine les pompiers sont mieux formés car contrairement au SAMU qui ne répond qu’à des cas de médecine classique les pompiers sont formés pour répondre à TOUS les cas qui peuvent se présenter.
    Quand on ne sait plus où l’on habite ni dans quel jour ou quelle année on se trouve la seule solution est l’hôpital psychiatrique qui se chargera par la suite de trouver une solution définitive dans une maison médicalisée.
    J’ai connu un cas semblable qui grâce aux psychiatres s’est terminé par quelques orteils gelés en moins et un placement en maison de retraite où la victime coule des jours heureux.

    Pour ce qui est de porter plainte il est clair que le SAMU et les pompiers ont fait leur travail, les pompiers ayant été relayés par le SAMU. Le seul grief est peut-être à diriger sur l’hôpital qui s’est débarrassé de Moussa sans se poser plus de question sur les conséquences de leur décision en ne prévoyant pas un suivi de trés prés par des intervenants sociaux.
    Si la Justice met en valeur cette inconséquence la plainte servira à quelque chose encore faut-il qu’elle ose aller jusque là.

    • Anita1945
      Anita1945 répond à Servais-Jean
      retraitée
      • Posté à 02h07 le 23/12/2008
      • Internaute 62171
        retraitée

      ..........« Quand on ne sait plus où l’on habite, ni dans quel jour, ou quelle année, on se trouve : la seule solution est l’hôpital psychiatrique qui se chargera par la suite de trouver une solution définitive dans une maison médicalisée »........

      Ce n’est pas parce-que l’on est infirme, en fauteuil, avec mémoire diffuse, que l’on est atteint d’ALZHEIMER.
      Cet homme ne se nourrissait sûrement pas comme il aurait fallu ! Qui lui rapportait les courses quotidiennes ? Il n’avait plus d’énergie dans la tête et neurones !
      On n’encombre pas les hôpitaux psychiatriques si l’on n’a pas commis de délits ! Il était dans un fauteuil roulant à son domicile ; il n’était pas dangereux pour autrui !
      C’est un cas de la misère financière et d’handicap médical et d’entr’aide nécessaire et indispensable.
      Il lui fallait un lieu de survie (un Centre de vie quotidienne) ou faire venir sa femme et sa fille du MALI pour l’entraide.
      Problème : toutes les femmes n’acceptent pas un handicapé physique...
      Abandonné à lui-même ! ! ! ! et MALIEN en plus ! ! ! ! dans un pays étranger pour lui !
      Il lui fallait en premier, une Assistante Sociale, pour s’occuper de son cas !

      • compte supprimé 24
        • Posté à 03h23 le 23/12/2008
        • Internaute 8330

        Euh... faire venir sa femme et sa fille du Mali...

        Vu l’ambiance en ce moment, ça doit pas être évident...

        C’est sûr, t’as raison sur toute la ligne, mais c’est mal barré : le flot de misère augmente alors que les moyens de la combattre sont proportionnellement de plus en plus faibles... les structures sont lourdes, usées, tout tourne en sur-régime dans un moteur sans huile dans le carter : on entend les engrenage grincer, puis se coincer... jusqu’à ce que ça pète.

        Depuis de longues années, tout le système social n’a fait que se dégrader, il ne fallait pas grande-chose pour l’achever, mais comme Sarkolas conduit comme un fou et à tombeau ouvert, il a bousillé le moteur... qui crache de plus en plus de morts de son pot d’échappement... et risque bien de lui exploser à la face.

        ***
        1 : Lien

      • Akaa
        Akaa répond à Anita1945
        • Posté à 11h53 le 23/12/2008
        • Internaute 9590

        « On n’encombre pas les hôpitaux psychiatriques si l’on n’a pas commis de délits ! Il était dans un fauteuil roulant à son domicile ; il n’était pas dangereux pour autrui ! »

        Franchement cette phrase, désolé, mais c’est du grand n’importe quoi. Il faut arrêter de penser que les CHS sont des prisons où seuls les fous dangereux ont leur place. Le but est aussi de protéger le malade contre lui même, il y a un certain nombre de dépressifs et alcooliques en CHS, ou simplement des gens incapables de se prendre en charge sans se mettre en danger. Dans le cas présent, le type est mort car incapable de se gérer. Si ça ne méritait pas une hospitalisation, il aurait au moins fallu organiser un suivi un minimum poussé, cet homme avait l’air complètement désorienté..

        Avec ça, m’étonne pas que Sarko se permette de raconter n’importe quoi sur les hôpitaux psy et d’entretenir la confusion dans l’esprit des gens...

         
        • Servais-Jean
          Servais-Jean répond à Akaa
          43
          • Posté à 16h35 le 23/12/2008
          • Internaute 4591
            43

          Anita doit trop regarder TF1, sa vision des hôpitaux psychiatriques est sidérante d’ignorance.
          J’espère pour elle qu’elle n’en aura jamais besoin.

        • ganima
          ganima répond à Akaa
          chomeur de longue durée furtur (...)
          • Posté à 09h03 le 24/12/2008
          • Internaute 55513
            chomeur de longue durée furtur (...)

          bonjour,

          je viens de lire les postes, cet article m’interesse ayant vécu quelque chose de similaire, je ne suis pas malienne, et j’ai de la famille, pourtant...., j’ai été internet d’office parceque j’ai pétée les plombs à la suite de cette situation, EDF et GDF sur facturée l’electricité, quand au hlm outre DE 30 F à 50 E au passage de l’euro ils ont augmenté sauvagement à 80 E les charges de leurs taudis, en plus on ne sait trop pourquoi, pour l’instant, mais la consommation d’eau et la même que vous soyez absent pendant 3 mois de votre appartement ou que vous y viviez pendant 3 mois ? plus que bizare !

          Moussa a du etre confronté à ce problème, comme moi j’y suis confrontée tous les jours, et je suis aussi handicapée.(autre point commun)

          J’ai failli mourir de faim en france en 2003, si je n’avais pas piquée une crise de nerf au assedic, je serais probablement morte.

          Quand il m’ont recupéré au chr je pesais 40 Klg .

          Depuis, je n’arrive pas à me debarraser des psychiatres, qui me clientèlisent pour leur bisness !

          Voilà comment fonctionne la france !

          je dois mon retablissement à l’aide de népalais, qui n’ont pas voulu me voir mourir de faim, d’isolement, et qui se sont trés vites rendu compte que je n’étais ni dangereuse ni folle , mais que je n’avais pas de travail, et pas de mari pour subvenir à mes moyens.

          Pour le reste de mes jours, je leurs suis redevable, je les remercies, ils sont hindous je suis chrétienne catholique !

          Belle leçon d ’humanité et de solidarité, de la part de ces étrangers qui m’ont tendu la main pendant que la france cato et musulmane me crachait dessus.

          A lors tes hopitaux spy, je peux te dire que c ’est plutôt des prisons qu’autres choses !

          Pire ils fabriquesnt des drogués, parceque ça leur rapport la garantie d’un travail par ces temps de crise !

          Sarkosy s’en est apperçu est il veut reformer l’indemnisation des handicapés !

          voilà, comme cyp, mes condoléances à la famille de moussa.

        2 autres commentaires
      • energienoire
        energienoire répond à Anita1945
        ici et maintenant
        • Posté à 12h20 le 23/12/2008
        • Internaute 3307
          ici et maintenant

        Il est question de désorientation pas nécessairement d’Alzheimer.

      • jorge_Atlan
        jorge_Atlan répond à Anita1945
        • Posté à 15h00 le 23/12/2008
        • Internaute 15856

        « On n’encombre pas les hôpitaux psychiatriques si l’on n’a pas commis de délits ! »

        Jusqu’à preuve du contraire, les hospitaux psychatriques sont des lieues de soin et pas d’enfermement.
        S’iil vous plait ne dites pas des choses comme ca. Cela sous entends que tous les malades sont des criminels, ce que vous ne voulez pas dire.
        Pas besoin d’alzheimer pour être désorienté, une simple déshydratation suffit.

    • Anita1945
      Anita1945 répond à Servais-Jean
      retraitée
      • Posté à 02h07 le 23/12/2008
      • Internaute 62171
        retraitée

      ..........« Quand on ne sait plus où l’on habite, ni dans quel jour, ou quelle année, on se trouve : la seule solution est l’hôpital psychiatrique qui se chargera par la suite de trouver une solution définitive dans une maison médicalisée »........

      Ce n’est pas parce-que l’on est infirme, en fauteuil, avec mémoire diffuse, que l’on est atteint d’ALZHEIMER.
      Cet homme ne se nourrissait sûrement pas comme il aurait fallu ! Qui lui rapportait les courses quotidiennes ? Il n’avait plus d’énergie dans la tête et neurones !
      On n’encombre pas les hôpitaux psychiatriques si l’on n’a pas commis de délits ! Il était dans un fauteuil roulant à son domicile ; il n’était pas dangereux pour autrui !
      C’est un cas de la misère financière et d’handicap médical et d’entr’aide nécessaire et indispensable.
      Il lui fallait un lieu de survie (un Centre de vie quotidienne) ou faire venir sa femme et sa fille du MALI pour l’entraide.
      Problème : toutes les femmes n’acceptent pas un handicapé physique...
      Abandonné à lui-même ! ! ! ! et MALIEN en plus ! ! ! ! dans un pays étranger pour lui !
      Il lui fallait en premier, une Assistante Sociale, pour s’occuper de son cas !

  • MarsuBleu
    MarsuBleu
    à 10.000 km
    • Posté à 02h24 le 23/12/2008
    • Internaute 41477
      à 10.000 km

    Histoire très triste, en effet, et je pense que oui : il faut forcer quelqu’un à se soigner. Mais je pense que les pompiers et le Samu n’y sont pour rien et que les fautifs potentiels sont plutôt à chercher du côté de l’assistance sociale et de l’hopital qui l’a renvoyé chez lui sans dispositif particulier.

    Une chose m’étonne et m’attriste (car ça aurait pu le sauver) : pourquoi ne l’a-t-on pas aidé a rentrer au Mali en conservant sa pension d’invalidité ? il y avait une famille, semble-t-il, et sa pension lui aurait permis d’y vivre sans doute plus largement ?

  • Utilisateur désinscrit à sa demande le 2 janvier
    • Posté à 04h56 le 23/12/2008
    • Internaute 42903
      nc

    oui triste réalité de la vie , combien d’immigrés jettes hors de chantier
    après avoir eut un accident de chantier pour les sans papiers , ou des combats judiciaires infinis pour des normes de sécurité non respecter sur les chantiers .....
    je sais plus quoi trop dire , mais tout ça ne date pas d’aujourd’hui et c’est pas près de finir : s.

  • Waldeck
    Waldeck
    Vivement dimanche 20 mai 2012 ! (...)
    • Posté à 08h13 le 23/12/2008
    • Internaute 36864
      Vivement dimanche 20 mai 2012 ! (...)

    Bravo les premiers de la classe !

    Je ne sais pas si parmi tous les auteurs de commentaires certains ont déjà pratiqué l’assistance aux victimes, mais on se croirait sur un forum des entretiens de Bichat.

    Je ne mets pas en cause l’émotion sincère de Thierry, ni sa révolte légitime, mais revenons quelques jours en arrière, le tollé, quand il a été question de placer les SDF du Bois de Vincennes dans des asiles, et ce, de gré ou de force...

    On est souvent désarmé devant la détresse, mais Moussa, vous l’auriez recueilli chez vous ?

    Reprenez la lecture des articles de Patrice Pelloux dans Charlie Hebdo ou celle des évangiles, messieurs les Pharisiens

    • zboubb
      zboubb répond à Waldeck
      From the slums of shaolin
      • Posté à 11h50 le 23/12/2008
      • Internaute 59569
        From the slums of shaolin

      « La perdrix aime les pois, mais pas ceux qui l’accompagnent dans la casserole » Thoreau

  • ALLAIN JULES C@MMUNICATION
    • Posté à 08h15 le 23/12/2008
    • Internaute 18202

    Bravo à ce monsieur de coeur, brave citoyen. Hélas, les autres pourritures, je ne les salue pas.

    Lien

  • les vignes94
    les vignes94
    infirmier
    • Posté à 08h19 le 23/12/2008
    • Internaute 63445
      infirmier

    c’est hélas devenu banal ce genre de situation de grande détresse .ce qui est grave c’est notre système de santè qui commence a faire le tri face a des detresses de ce genre, la société se supporte plus de se pencher sur les problemes de dèpandence,il y a beaucoup de grandes annonces mais rien ne suis ; il n’y a pas que les pompiers ,le Samu,et les hopitaux de responsable c’est la nouvelle mentalite MARCHE OU CREVE et des cas comme Moussa j’en vois de plus en plus,c’est toujours a l hopital qu’ils nous arrivent

  • KIKI21000
    KIKI21000
    retraité
    • Posté à 08h32 le 23/12/2008
    • Internaute 53190
      retraité

    Pour justifier les impôts et autres taxes, je dis toujours « un pays qui ne reçoit pas d’impôts est un pays qui n’a pas de routes ». Je ne pense pas que les fonctionnaires fassent mal leur travail, c’est le manque manifeste de moyen ! Comme il est écrit dans le talon de fer Jack London : vous avez tout ils nous faut tout. des ouvriers parlent aux riches.

  • DeaD_BodieS
    DeaD_BodieS
    saepe aquila, semper leo
    • Posté à 08h48 le 23/12/2008
    • Internaute 33962
      saepe aquila, semper leo

    Merci à toi cher samaritain qui lui a tendu la main ! ... Merci pour ton témoignage ! ... Mais cela reste notre quotidien, nous handicapés de toutes parts, fardeaux d’un société flétrie. On ne demande pourtant que de vivre décemment...

  • Guyd77
    Guyd77
    le passant qui passe
    • Posté à 09h21 le 23/12/2008
    • Internaute 36702
      le passant qui passe

    Vas-y voisin car y’en a marre de fermer les yeux.
    Il faut soutenir le voisin.

  • jjezfm
    jjezfm
    Internaute
    • Posté à 09h27 le 23/12/2008
    • Internaute 9633
      Internaute

    terrifiant...

    au moins, grâce à votre témoignage, Moussa ne sera pas mort anonymement.

  • Brainspotting
    Brainspotting
    Encéphalovipathe
    • Posté à 09h36 le 23/12/2008
    • Internaute 32394
      Encéphalovipathe

    S’il vous plait, dites-moi comment je peux encore supporter cette société malade.. je hais profondément les adultes, et j’espère bien qu’on mettra un jour au point un virus capable de vous éradiquer de ma belle planète.

    • jorge_Atlan
      • Posté à 15h03 le 23/12/2008
      • Internaute 15856

      J e te signales que tu vas le devenir adulte, hein !
      Alors ta belle planète c’est aussi la notre. La tendance a devenir ou être con n’est pas dévolu qu’aux adultes.

  • minuit
    minuit
    en transit
    • Posté à 09h43 le 23/12/2008
    • Internaute 50982
      en transit

    Certes Moussa aurait dû être amené aux urgences par les Pompiers, mais est ce que porter plainte est vraiment utile ? Etes vous déjà allé aux urgences d’un grand hôpital parisien ? Savez vous qu’il y a par jour une bonne dizaine de Moussa que l’on soigne du mieux qu’on peut, même s’ils sont noirs et vieux. Mais savez vous également que la politique actuelle du gouvernement aboutit à la diminution des moyens de tous les hôpitaux ? Que le but est d’être RENTABLE. Et que malheureusement aucun Moussa ne sera jamais rentable pour aucune institution. C’est un procès à l’Etat qu’il faut faire, et non pas à des gens qui se dévouent pour faire leur travail du mieux qu’ils peuvent, même si cela peut alerter un peu la population sur les problèmes du système de santé français qui tombe de plus en plus bas comme le montre votre histoire.

  • 511keV
    511keV
    non politiquement correct
    • Posté à 09h57 le 23/12/2008
    • Internaute 46933
      non politiquement correct

    « Moussa va être enterré dans la terre de ses ancêtres, le Mali »

    une question : qui paye le transport ?

    une remarque : cet argent miraculeusement arrivé n’aurait il pas été utilisé plus justement en portant aide à cet homme de son vivant.

    conclusion : une immense hypocrisie des « victimes » ....

  • Waldeck
    Waldeck
    Vivement dimanche 20 mai 2012 ! (...)
    • Posté à 11h10 le 23/12/2008
    • Internaute 36864
      Vivement dimanche 20 mai 2012 ! (...)

    Pour mémoire, entre autre...

    Ethique du Sapeur Pompier :
    ******
    Je ne veux connaitre ni ta philosophie
    Ni ta religion, ni ta tendance politique,

    Peu importe que je sois jeune ou vieux
    Riche ou pauvre, francais ou étranger.
    Si je me permets de te demander quelle est ta peine
    Ce n’est pas par indicretion, mais bien pour mieux t’aider
    Quand tu m’appelles, j’accours
    Mais assure-toi de m’avoir alerté par les voies les plus
    rapides et les plus sures.
    Les minutes d’attentes t’apparaitront longues très longues ;
    Dans ta détresse pardonne mon apparente lenteur

    GENERAL CASSO, commandant de la Brigade des Sapeurs Pompiers de Paris de 1967 à 1970

  • zboubb
    zboubb
    From the slums of shaolin
    • Posté à 11h46 le 23/12/2008
    • Internaute 59569
      From the slums of shaolin

    J’espère avoir un jour un voisin comme toi Thierry.
    Témoignage touchant, néanmoins peut on faire le procès des services sociaux sur cette « anecdote » ? ( pardon pour le terme réducteur )
    La vrai question est : Est ce qu’ils ont les moyens de faire face à ce genre de situations et ont ils les solutions pour ces cas de figure ?

  • xaero
    xaero
    amateur professionnel
    • Posté à 11h51 le 23/12/2008
    • Internaute 39319
      amateur professionnel

    je trouve ca super intelligent de porter plainte ; pour faire condamner les « coupables » ? Ca fera quelques personnes en moins au SAMU qui ne pourront plus s’occuper des futurs Moussa. Et dans tous les cas des frais judiciaire à la charge de l’état qui ne pourront pas être utilisés pour autre chose.
    L’aider était un magnifique acte de générosité, mais là tu vas juste foutre la merde

    • energienoire
      energienoire répond à xaero
      ici et maintenant
      • Posté à 12h31 le 23/12/2008
      • Internaute 3307
        ici et maintenant

      Plainte. Il me semble que le plus important c’est d’en exprimer l’intention, puisque n’étant pas un proche de ce pauvre homme aucune action ne doit être possible.
      Quant à la non-assistance elle ne tient pas puisque (si j’ai tout compris) 1/l’assistant sociale a vu cet homme 2/le samu s’est déplacé 3/les pompiers se sont déplacés. CIrculez.

    • jorge_Atlan
      jorge_Atlan répond à xaero
      • Posté à 15h10 le 23/12/2008
      • Internaute 15856

      vous devriez rester amateur amateur.
      Vous semblez ignorer que si poursuites il y a ce sera l’institution qui sera poursuivie, sauf preuve de négligence personnelle.
      Ca aura au moins le mérite d’attirer l’attention sur des dysfonctionnement structurels. Et si cette « merde » peu aider a faire avancer les choses et a éviter que vous soyez mal pris en charge, c’est tant mieux.

  • lifka
    • Posté à 12h37 le 23/12/2008
    • Internaute 37623

    En lisant ce témoignage - généreux par ailleurs - je ne peux m’empêcher de me poser une question. Pourquoi signaler ainsi que le voisin en question est malien ? Cette variable pour désigner la victime est-elle pertinente ? Sa seule pertinence est pour laisser entendre que sa situation aurait été différente si il n’avait pas été noir ou si il avait été français.

    La conclusion qui s’impose immédiatement (et beaucoup ici ont sauté dessus à pieds joints sans autre interrogation) est : nos services sociaux et nos pompiers sont racistes et corollaire évident : ils sont tous blancs et français « de souche » ce qui bien entendu reste encore à démontrer, car le même article ne dit rien de l’origine ni de la couleur de la peau de ceux qui ont eu affaire à ce pauvre homme (et pour cause : il n’en sait rien).

    Pourtant les histoires de ce genre sont légion et totalement sans rapport avec la couleur de la peau de qui que ce soit. Il n’est que de voir le nombre de petits vieux qui chaque année meurent seuls chez eux et que l’on découvre après plusieurs jours, que ce soit lors de la dernière canicule ou en hiver à cause du froid.

    Les causes sont multiples : les services sociaux sont débordés et trop nombreux, les foyers d’accueil possibles surpeuplés et coûteux, ils ne sont pas outillés pour accueillir à long terme quelqu’un qui n’est pas malade et donc pas pris en charge par la sécurité sociale, les gens eux-mêmes refusent d’y rester ou d’être aidés et bien souvent, l’entourage est inexistant ou indifférent et tout le monde a ses propres soucis. Tout un enchaînement de circonstances où chacun a sa part de responsabilité, et qui dure depuis des décennies sans que le gouvernement de gauche ou de droite n’y change quoi que ce soit, si ce n’est pour mettre des cautères sur une jambe de bois.

    Donc je résume l’affaire autrement : un handicapé est mort chez lui parce que aucun service social n’a été capable de trouver une solution efficace convenant à son cas.

    J’ajoute aussi sans rien vouloir enlever à la généreuse indignation de l’auteur : puisque lui et d’autres savaient la situation précaire de cet homme et l’incurie des services sociaux, pourquoi ne se sont-ils pas arrangés entre voisins et amis pour passer chez lui toutes les deux heures (ou au moins deux ou 3 fois par jour), lui apporter un bol de bouillon ou un thé chaud et vérifier si tout allait bien, s’il avait de quoi manger et si son chauffage était allumé au lieu d’attendre qu’il tombe et crie à l’aide ? Peut-être alors ne serait-il pas mort de froid ? Plutôt que d’accuser les autres et de porter plainte, ne devrions nous pas tous nous interroger sur notre propre responsabilité dans ce genre de circonstances.

    Je sais, je mets les pieds dans le plat et ce que je dis n’est pas politiquement correct, mais toute cette indignation contre les services sociaux et contre le gouvernement n’est-elle pas une façon commode de se dédouaner de notre propre sentiment de culpabilité pour avoir nous-même laissé mourir un voisin en ne faisant à son égard que le « minimum syndical » ?

  • nadegerousseau
    • Posté à 15h30 le 23/12/2008
    • Internaute 16850

    C’est interessant de vous lire, tous.
    Et bravo car j’avais peur d’en lire des vertes et des pas mûres.
    Hors mis quelques-uns, limite crétins, je suis fière de nous. Si.

    Moussa était une personne avec un handicap lourd dans une situation précaire qui n’était plus en possession de ses moyens et qui, malgré les SOS est mort de froid chez lui.

    Cette année l’opinion publique et les médias sont très touchés par la précarité. Or là, on nous arrête sur le fait que tu meurts de froid chez toi. (Les crétins ne sont pas trop touchés, ça va ?)

    On peut papoter pendant des heures mais je suis heureuse que Thierry réagisse, car bien que nous ayons un système social digne, nous devons toujours rester vigilant afin que ce que notre société à établis demeure.

    Nous savons tous que rien n’est gagné. Et que même si ça fait de la peine au cul, il faut se remettre en question quoiqu’il en coûte. (Il en est de même pour la démocratie. Ne pensez pas que c’est acquis, la démocratie)

    Mais je trouve qu’un service social qui ne peut pas formuler une réponse humaine à une urgence, même si il est super booké, doit reconsidérer un tout petit peu les choses. Et au pire on va l’aider, c’est normal.

    L’autre soucis que nous allons devoir régler c’est notre attitude en France face à la question du handicap. L’autruche n’est pas une réponse acceptable.

    Thierry n’a rien d’un super héros, et encore moins d’un donneur de leçon. C’est un citoyen de cette planète. Point barre.

    Merci à tous

  • Jean-Luc LUMEN
    Jean-Luc LUMEN
    en invalidité
    • Posté à 16h00 le 23/12/2008
    • Internaute 47198
      en invalidité

    Ayant été moi-même pompier en Allemagne (spécialisé gaze & chimie et sanitäter (secouriste niveau San-B).
    En Allemagne un pompier n’est pas forcément un secouriste, les deux services sont bien distincts.

    Depuis presque dix ans en invalidité.

    Je pense pouvoir amener mon témoignage concernant ces trois sujets.

    La monté en puissance de la dégradation et la désintégration des services de santé, et plus généralement du système de vie du peuple de base, de la plus part des pays de l’Europe a eu comme point de départ le jour après la chute du mur de Berlin, je ne citerai que deux pays dont je voix quotidiennement la destruction des services sociaux, je nomme la France et l’Allemagne.

    Il n’y a pas un jour sans qu’une décision de restriction ne soit prise, encore moins et toujours moins pour les services de santé et de retraites.
    La dernière que j’ai entendu concerne la retraite : avant pour avoir élevé des enfants vous aviez une majoration,….qui sera prochainement divisé en deux…. (avant de disparaitre complètement)

    A toutes ces restrictions de budget qui ne concernent principalement que le citoyen de base, s’ajoute en France la liquidation des libertés individuelles, aggravée depuis l’arrivée de sarkozy à l’intérieur puis comme président. (voire mes messages ultérieurs)
    Lien

    S’y ajoute une forte détérioration de l’éthique et de l’honnêteté des professions, de gendarmes, policiers, pompiers, magistrats, médecins, sans oublier certains fonctionnaires et hauts fonctionnaires qui ne sont là que pour saboter la bonne marche des services et des innovations pour le bien être des citoyens.

    Pour autant je n’oublie pas la détérioration du monde ouvriers (e), employés (e), et petits artisans/commerçants.

    Conclusion, si vous êtes riche, ou haut fonctionnaire, ou député/sénateur, en bonne santé, sans scrupules et froid comme un bloc de glace cela ne vous concerne pas.

    Je souhaite de bonnes fêtes de fin d’année, ainsi que mes meilleurs vœux pour l’année à venir, à toutes personne qui fait un geste au quotidien afin d’améliorer la vie d’autrui.
    Jean-Luc LUMEN
    Résistant fils de Résistant

  • shu_mei
    shu_mei
    éduc
    • Posté à 16h10 le 23/12/2008
    • Internaute 63489
      éduc

    Je suis éducatrice dans un accueil de jour pour personnes sans abri. Je n’ai pas vocation à faire de suivi social ni de réinsertion. Toutefois, je peux indiquer aux personnes la marche à suivre, qui aller voir et pourquoi.

    Ce matin, un couple se présente et dit n’avoir pas de solutions d’hébergement pour ce soir ni demain soir. Je leur propose donc de faire le 115 pour obtenir une place en urgence, ce qu’ils acceptent. Je fais le numéro avec eux, je traite avec la personne du 115, qui me demande de rappeler plus tard. Ce que je fais une demi heure plus tard.
    La personne n’arrive pas à joindre le centre d’hébergement d’urgence et demande de rappeler dans l’après-midi.

    Hors l’après-midi l’accueil dans lequel je travaille est fermé. Je dis donc au couple de rappeler d’une cabine vers midi et demi. Ce qu’ils refusent de faire, parce que, me disent-ils, ils sont connus, qu’on va leur dire non, que c’est mon boulot, que je suis payée pour ça etc etc.
    Mes explications sur le fait que j’ai fait la demande en leur nom, que ça n’est donc pas lié à moi, que leurs angoisses liées à l’attente sont compréhensibles, qu’ils sont tout à fait capable de passer un coup de fil, qu’au pire ils peuvent toujours aller dans une autre association n’y changeront rien.
    Ils sont partis furax en me disant que ce soir ils étaient dehors par ma faute.

    S’ils décèdent cette nuit, porterez-vous plainte contre moi ?

    Ce que je veux démontrer par l’exemple, c’est que le social et l’assistance d’urgence face à des personnes relativement politisées (précaires, exclues) ces temps ci (super faux cul les médias là dessus au demeurant) sont relativement difficiles à traiter d’une part due au manque évident de moyens, d’autre part due au fait que les personnes avec qui nous travaillons sont des personnes adultes, qui font eux aussi partie du système.
    Qu’a proposé son assistante sociale à Moussa ? Qu’en a t’il fait ? Et pour une hospitalisation, quel est l’état des services de psychiatrie sur paname ? Parce que s’ils sont dans le même état que par chez moi, c’est clair qu’il n’était pas prioritaire, très loin de là.

    Et je ne dis pas ça pour protéger ma « collègue », des travailleurs sociaux cons il y en a partout. Je dis ça parce que je trouve un peu facile d’attaquer les personnes quand c’est clairement le système qui pine.

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