Portrait 18/12/2008 à 17h54

Lycéens dans la rue : paroles de contestataires

Zineb Dryef | Journaliste Rue89

Engagés contre la réforme des lycées, ils ont fait reculer leur ministre. Portraits d’élèves qui ne baissent pas les bras.


Tristan, lycéen à Arpajon (Audrey Cerdan/Rue89).

CPE. Ce sigle d’un contrat qui n’a jamais vu le jour a durablement marqué une génération dont le militantisme a été une découverte en 2006. Cette année-là, Adrien, Pierre et Tristan ont autour de 15 ans et voient leurs aînés défiler dans les rues contre un contrat synonyme de promesse de précarité. Ils s’informent, veulent comprendre, défilent pour la première fois, sont épatés lorsque le gouvernement est contraint de reculer. Quelques mois plus tard, ils s’engagent dans les instances lycéennes.

Lisa, 17 ans, riveraine en terminale ES
dans l’Ain
« Mon engagement politique est venu peu à peu, en cours d’éco-social, où on a parlé de la réforme qui me paraissait injuste. Nous ne sommes pas contre une réforme des lycées, mais contre cette reforme-là. Nous voulons montrer notre mécontentement et sauver le peu d’égalité des chances actuelle.
Nous participons à notre niveau à la vie politique française, soulevant toujours les mêmes problèmes : les lycées de seconde zone, le désengagement de l’Etat... Notre blocage continuera jour et nuit jusqu’à ce que la police nous déloge, même si le proviseur a coupé le chauffage. Nous faisons un mouvement à part, aucun d’entre nous n’est syndiqué, car nous ne voulons pas subir de manipulation. Et nous ne sommes pas “un petit groupe de gauchistes”, il est très étonnant de voir que certaines personnes ayant toujours revendiqué des idées de droite sont très impliquées dans le mouvement et contre la reforme. »
C.L.

Aujourd’hui, les trois adolescents sont délégués de classe, investis au Conseil de la vie lycéenne et adhèrent au syndicat Union nationale lycéenne. Adrien, élu UNL de l’Essonne, explique que le militantisme « ouvre sur le monde ».

Les trois lycéens d’Arpajon (Essonne) sont bons élèves même s’ils se font un peu remonter les bretelles lorsqu’ils s’absentent pour organiser leurs réunions ou tenter de mobiliser leurs camarades.

Discussion autour d’un café près du lycée Edmond Michelet.

La loi Darcos

Opposés à la loi Darcos, ils tentent de mobiliser dans leurs classes et lycées respectifs, avec plus ou moins de succès. Pierre, en filière scientifique, reconnait avoir plus de mal à intéresser ses camarades à la réforme que Tristan et Adrien, en première et terminale ES :

« Il y a beaucoup moins de personnes politisées mais on est un groupe assez motivé dans la classe et même avec des gens de droite, on arrive à débattre. Ce qui me fait peur dans cette réforme, c’est l’absence totale de propositions dans le domaines des nouvelles technologies. »

Pour Adrien, la réforme risque de conduire à un « endoctrinement » les jeunes. Il reconnaît que le mot est fort mais parfois il faut taper fort pour se faire entendre :

« L’école est là pour nous donner des clés, pour pouvoir choisir soi-même ses valeurs après. Or, c’est aboli avec cette réforme. »


Pierre, lycéen à Arpajon (Audrey Cerdan/Rue89).

Rien ne les agace plus que d’entendre dire que les lycéens suivent leurs copains sans comprendre pour quoi ils se battent.

Tristan : « C’est faux, on réfléchit avant de descendre dans la rue. »

Adrien : « On dit qu’on s’est radicalisé... ce n’est pas vrai. Si on manifeste tout le temps, c’est parce qu’il y a des raisons de le faire. On ne fait pas ça pour s’amuser. A la radio, j’entendais un recteur dire qu’on n’avait aucune proposition. C’est faux ! On a déposé une motion, votée par 21 élus sur 23, avec des propositions concrètes. »

Mona, 15 ans, lectrice de Rue89 en seconde
à Palaiseau (Essonne)
« Notre lycée maintient sa mobilisation, malgré l’annonce du report de la reforme. Nous l’avons encore prouvé cette semaine grâce à notre blocus, qui a tenu plusieurs heures, malgré la météo et l’administration réticente. Reporter la reforme ne fait que reporter les problèmes actuels, nous ne cautionnons toujours pas les trop nombreuses suppressions de postes.
L’ajout des sciences économiques et sociales au tronc commun est une manière de satisfaire les professeurs contestataires afin de tuer le mouvement. Notre lycée a bien compris tout ceci.
C.L.

Tristan : “Ce report de la réforme, c’est hypocrite. Ils la repoussent et n’écoutent pas ce qu’on dit. On veut faire entendre notre voix et celle des profs. On n’est pas contre une réforme.”

Adrien : “Il y des points positifs dans cette réforme mais on casse les moyens de l’Education nationale.”

La Grèce

Pour Adrien, ce qui se passe en Grèce est révélateur de ce qui se passe partout : “La jeunesse en a marre du silence des gouvernements.”

Les deux pays ne font pas face aux mêmes problèmes, nuance Tristan même si les violences à Athènes lui rappellent celles des banlieues :

“Dans les deux cas, c’est un moyen d’expression quand la situation sociale est catastrophique. Si on peut éviter que ça déborde en France, c’est tant mieux.”

Les trois lycéens parlent d’oppression. Par quoi se sentent-ils opprimés ? “Par les gens qui ne s’intéressent pas à la politique, ou ceux qui sont endormis. Quand on nous ment ou qu’on veut nous manipuler. Quand on ne nous laisse pas nous exprimer ou qu’on dit que les lycéens manifestent par suivisme.”

La politique et la crise

Adrien craint de ne pas pouvoir se fondre, plus tard, dans le monde de l’entreprise :

“Je ne dis pas que tous les patrons sont des salauds, mais je ne sais pas si je peux supporter l’autorité d’un patron. Je ne veux pas non plus généraliser sur l’exploitation des salariés, pas plus que je n’idéalise Cuba ou l’Urss mais le capitalisme, ça craint...”


Adrien, lycéen à Arpajon (Audrey Cerdan/Rue89).

Tristan dresse le constat d’un monde qui va dans le mur et des politiques qui ne font pas grand chose, à part faire semblant :

Adrien : “C’est comme la discrimination positive... ils se donnent juste bonne conscience.”

Tristan : “Et cette crise ? Je n’y connais rien en finances.”

Pierre : “On n’y comprend rien.”

Tristan : “A part que des types ont fait des conneries entre eux et que toute la société paye pour ça. C’est l’argent de qui ? Pourquoi on paye pour eux ?”

L’avenir

Quand je serai grand, je serai… Adrien a plein d’idées :

“Militer dans un syndicat, être prof pour transmettre, proviseur pour débloquer et transformer les choses, économiste, homme politique, philosophe, journaliste... Je veux surtout être libre de conscience et pouvoir m’exprimer.”

Pour Pierre, l’essentiel, c’est de continuer à militer mais surtout pas en politique :

“L’écologie m’intéresse. Je veux un boulot, c’est sûr mais je ne sais pas encore très bien ce que je veux faire. Dans l’informatique peut-être.”

Tristan, le plus jeune, n’a pas non plus d’idées précises mais il sait très bien ce qu’il ne veut pas faire :

“Métro-boulot-dodo, non merci. Je veux un boulot où je peux m’exprimer et m’épanouir, c’est le plus important. Pourquoi pas journaliste ? Je veux être libre. C’est pas l’argent qui m’intéresse.”

Pierre doit partir. La réunion du CVL va commencer. A l’ordre du jour étaient inscrites des discussions sur des fêtes à organiser au lycée. L’essentiel de la réunion sera sans doute consacré à la grève de jeudi.

Hors de la politique

Ils ne militent pas que pour l’école et revendiquent d’autres combats. Adrien évoque Resf ou Jeudi Noir. Tristan suit les actions des anti OGM ou de l’association de la rappeuse, Keny Arkana.

Quand on leur demande s’ils ont de l’admiration pour certaines personnes, le mot “admirer” les fait tiquer. Ils préfèrent “aimer” ou “inspirer”. Ils citent pêle-mêle Keny Arkana, Manu Chao, Martin Luther King, Marx, Ghandi ou Benoît Hamon pour finalement conclure qu’il n’y a pas de personnalité précise :

Adrien : “Il y a des gens qui font avancer les choses.”

Tristan : “Qui luttent au quotidien. Je pense à la Croix-Rouge, à ceux qui se battent pour les sans-papiers ou les mal-logés.”

Ils ne font pas que militer, non. Ils sortent, organisent des fêtes, font de la musique ou du sport, lisent les journaux. Adrien a le Canard Enchaîné à la main. Tous les trois le lisent, y trouvent parfois des phrases incroyables de Xavier Darcos, apprécient l’absence de pub et retiennent que l’hebdomadaire satirique révèle des choses.

Ils s’informent surtout sur Internet, sur les sites d’infos et les blogs, tiennent eux-même des blogs “pas mis à jour”. Evidemment, ils passent du temps sur Facebook. Adrien adore : “C’est génial pour mettre les gens au courant des manifs et des mobilisations à venir !”

Photos : Tristan, Pierre et Adrien, lycéen à Arpajon (Audrey Cerdan/Rue89).

Article modifié le 18/12/2008 suite à une erreur sur la date des mobilisations contre le CPE, qui ont eu lieu en 2006 et non en 2003. Mille excuses aux valeureux combattants et à nos lecteurs.

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  • mass0
    mass0
    athée et citoyen du monde
    • Posté à 18h05 le 18/12/2008
    • Internaute 21240
      athée et citoyen du monde

    >Keny Arkana, Manu Chao, Martin Luther King, Marx, Ghandi ou Benoît Hamon

    Trouvez l’intrus. : -)

    • Toto le terroriste
      Toto le terroriste répond à mass0
      Electron libre
      • Posté à 18h19 le 18/12/2008
      • Internaute 58736
        Electron libre

      Bah, faut pas être méchant : « Si on peut éviter que ça déborde en France, c’est tant mieux. »

      • compte supprimé 34
        • Posté à 08h43 le 20/12/2008
        • Internaute 29044

        Arpajon, ses fayots et ses petits péteux...

        C’est qu’ils veulent nous faire la révolution ces petits cons...

        Ils ont pris option fer à béton ?

    • Vê
      répond à mass0
      Le Passeur de mondes.
      • Posté à 18h24 le 18/12/2008
      • Internaute 12430
        Le Passeur de mondes.

      Euh, Benoît Hamon ou Manu Tchao, j’hésite...

      Zont oublié Besancenot... et...Jean Ziegler, Noam Chomsky, et pourquoi pas Howard Zinn...

      Mais bon, ils sont bien partis dans leurs références, c’est quand même mieux que Lepen, Pétain, Sarkozi, Chirac qui ne laisseront d’eux qu’une image plutôt facho et raciste (« le bruit et l’odeur ! ...“le mouton dans les baignoires”, la » racaille », les« cons », sans parler de De Gaulle qui nous traitait de « veaux » etc et j’en passe, et oui c’est ces hommes là qui ont parlé comme ça des français...) !

      • boissonzyskind
        boissonzyskind répond à
        • Posté à 18h59 le 18/12/2008
        • Internaute 14871

        en quoi Benoît Hamon est il un intrus ?

      • boissonzyskind
        boissonzyskind répond à
        • Posté à 18h59 le 18/12/2008
        • Internaute 14871

        en quoi Benoît Hamon est il un intrus ?

      • clausius
        clausius répond à
        • Posté à 20h48 le 18/12/2008
        • Internaute 24442

        J’ai un pote du chili qui me charge de vous dire qu’il vous supporte dans vos propos, Pinochet, c’était du fachisme, et il est d’accord pour dire qu’en France sous Sarko c’est EXACTEMENT la même chose.
        Continuez à dénoncer.

         
        • Imbroglio
          Imbroglio répond à clausius
          Lycéen
          • Posté à 21h01 le 18/12/2008
          • Internaute 51782
            Lycéen

          Pinochet fasciste, Sarko complice ?

        • Gahan
          Gahan répond à clausius
          démocrate
          • Posté à 21h13 le 18/12/2008
          • Internaute 59506
            démocrate

          Voila pourquoi une réforme est necessaire : pour lutter contre ton ignorance ! !

          • Bateleur
            Bateleur répond à Gahan
            Chef de projet informatique
            • Posté à 15h20 le 19/12/2008
            • Internaute 51536
              Chef de projet informatique

            ...on va dire que certains on assez peu l’art de la nuance et le manichéisme a toujours été la cause de beaucoup d’incompréhension pour ne pas dire plus...

            ...

        3 autres commentaires
    • yan
      yan répond à mass0
      loin
      • Posté à 18h30 le 18/12/2008
      • Internaute 9191
        loin

      Manu Chao pour ses places de concert trop cher ? ? ? ?

      • samsinse
        samsinse répond à yan
        Etudiant
        • Posté à 19h42 le 18/12/2008
        • Internaute 29125
          Etudiant

        Désolé mais des places à 30 euros pour Bercy, je trouve ça raisonnablement peu cher comparé à d’autres artistes soit disant militant ! Alors, vérifiez vos infos avant toutes choses !

         
        • sup. à la demande du riverain 24.09.09
          • Posté à 20h40 le 18/12/2008
          • Internaute 30981

          Manu Chao, membre de mano negra, faisait des concerts à 20 francs, et le revendiquait comme tous les groupes alterno.
          Exploiter le misère des uns et le militantisme des autres pour des concerts à 30 euros, c’est juste une honte. Et ça marche.

          • samsinse
            • Posté à 21h15 le 18/12/2008
            • Internaute 29125
              Etudiant

            Ne penses-tu pas qu’il utilise cet argent pour financer des projets que l’on pourrait qualifier d’économie solidaire puisqu’ils aident le développement local (ex : aider des musiciens et artistes africains ainsi que des studios africains, faire participer et promouvoir une radio d’un hopital psy en amérique du sud). Arrêtez un peu de tout critiquer, c’est comme cela que la gauche n’arrive plus à proposer. A toujours être ANTI, on n’avance à rien. Soyez plutôt ALTER en proposant autre chose.

            • yan
              yan répond à samsinse
              loin
              • Posté à 22h40 le 18/12/2008
              • Internaute 9191
                loin

              Désolé mais avec le fric qu’il gagne il est obligé de financer 2,3 truc sympa à voir. C’est pour l’image, point barre.

            • lyonxiii
              lyonxiii répond à samsinse
              désobeïssant-civile
              • Posté à 04h54 le 19/12/2008
              • Internaute 61659
                désobeïssant-civile

              financer l’économie solidaire ...
              pkoi pas ? ! ?
              mais pas avec l’argent de ses fans : des militants ... des gens ki revendiquent ! ! !

              c pas comme ça qu’on va à l’encontre du systeme, désolé manu ...

              ... ou seulement à une si petite echelle !

        • yan
          yan répond à samsinse
          loin
          • Posté à 22h38 le 18/12/2008
          • Internaute 9191
            loin

          Oui 30 euros c’est bien ça je confirme.

          Et vous trouvez ça « raisonnablement peu cher »

          On n’a pas la même notion du peu cher alors

        5 autres commentaires
    • spidermoon
      spidermoon répond à mass0
      célibataire endurci
      • Posté à 19h34 le 18/12/2008
      • Internaute 42835
        célibataire endurci

      Je dirais Marx, mais je ne sais pas si il s’agit de Karl ou de Groucho.
      Et Ghandi, c’est qui pour les jeunes ? Un rappeur hurleur mécontent de sa chienne de vie ?

      • Lemmy_Nothor
        Lemmy_Nothor répond à spidermoon
        - Gone fishing !
        • Posté à 21h47 le 18/12/2008
        • Internaute 12434
          - Gone fishing !

        Julius Henry Marx.....aka, Groucho.

    • Juan Pablo de Tagéna - bloqué
      • Posté à 09h04 le 19/12/2008
      • Internaute 60349

      Il ne manque que Monsieur Aschiéri... On a là une génération qui est le pur produit de l’Enseignement FSU ! On sent l’estampille de cette puissante fédération, vous trouvez pas ? Cette puissante fédération qui pendant des décennies a imposé sa Loi aux différents Ministres !

  • Juan Pablo de Tagéna - bloqué
    • Posté à 18h16 le 18/12/2008
    • Internaute 60349

    Le singe et le chat

    Bertrand avec Raton, l’un singe et l’autre chat,
    Commensaux d’un logis, avaient un commun maître.
    D’animaux malfaisants c’était un très bon plat :
    Ils n’y craignaient tous deux aucun, quel qu’il pût être.
    Trouvait-on quelque chose au logis de gâté,
    L’on ne s’en prenait point aux gens du voisinage :
    Bertrand dérobait tout ; Raton, de son côté,
    Était moins attentif aux souris qu’au fromage.
    Un jour, au coin du feu, nos deux maîtres fripons
    Regardaient rôtir des marrons.
    Les escroquer était une très bonne affaire ;
    Nos galands y voyaient double profit à faire :
    Leur bien premièrement, et puis le mal d’autrui.
    Bertrand dit à Raton : « Frère, il faut aujourd’hui
    Que tu fasses un coup de maître,
    Tire-moi ces marrons. Si Dieu m’avait fait naître
    Propre à tirer marrons du feu,
    Certes, marrons verraient beau jeu. »
    Aussitôt fait que dit : Raton, avec sa patte,
    D’une manière délicate,
    Écarte un peu la cendre, et retire les doigts ;
    Puis les reporte à plusieurs fois ;
    Tire un marron, puis deux, et puis trois en escroque :
    Et cependant Bertrand les croque.
    Une servante vient : adieu mes gens. Raton
    N’était pas content, ce dit-on.
    Aussi ne le sont pas la plupart de ces princes
    Qui, flattés d’un pareil emploi,
    Vont s’échauder en des provinces
    Pour le profit de quelque roi.

    La Fontaine

  • Sonne
    Sonne
    le passé éclaire le présent
    • Posté à 18h16 le 18/12/2008
    • Internaute 55089
      le passé éclaire le présent

    « CPE. Ce sigle d’un contrat qui n’a jamais vu le jour a durablement marqué une génération dont le militantisme a été une découverte en 2003. Cette année-là, Adrien, Pierre et Tristan ont 14 et 15 ans et voient leurs aînés défiler dans les rues contre un contrat synonyme de promesse de précarité. »

    L’article commence mal ! ! Pour rappel, le CPE c’était principalement en 2006 ! ! En 2003, c’était la réforme des retraites !

    Mais je vous pardonne, on passe tellement de tant à lutter contre leurs c....ries qu’on perd la notion du temps à force !
    De la part d’une ancienne lycéenne qui acommencé à descendre dans la rue en 94 pour le CIP et qui a du y retourner pour le CPE, youpi...

    • Zineb Dryef
      Zineb Dryef répond à Sonne
      Auteur(e) de l'article Journaliste Rue89
      • Posté à 21h48 le 18/12/2008
        rédacteur
      • Journaliste 24
        Journaliste

      Corrigé ! Merci pour votre vigilance.

      • Sonne
        Sonne répond à Zineb Dryef
        le passé éclaire le présent
        • Posté à 09h46 le 19/12/2008
        • Internaute 55089
          le passé éclaire le présent

        De rien ! !
        ça fait plaisir de voir des journalistes admettre leurs erreurs et les corriger.
        Bon courage par ailleurs.

  • Keldan
    Keldan
    Now future & karpe diem
    • Posté à 18h19 le 18/12/2008
    • Internaute 5164
      Now future & karpe diem

    CPE, CIP, rien n’a changé... si ce n’est les noms hués.

    Le bon temps des grèves au lycée, le seul moment où je pouvais sécher les cours avec la bénédiction de mes parents (tout le monde n’a pas la chance d’avoir des parents socialistes : D).
    Une heure à la manif pour retrouver les potes et espérer passer sur France 3, le reste de la journée à glander, c’était le bonheur !

    • shillom
      shillom répond à Keldan
      • Posté à 18h33 le 18/12/2008
      • Internaute 22134

      Exactement ce qu’on reproche aux lycéens.
      Pendant que tu suivais, on organisait les manifs avec les potes, et on envoyait chier les gens comme toi. on en a subi des sanctions pour ça, dont des interdictions de voyage scolaire « à vie », mais on s’en foutait, on était là pour défendre nos idées, et ça marchait ! 1995, belle année !

      Alors, belle mentalité, et vu que tu oses le dire tu n’as pas du changer des masses, je ne te félicite pas ! Allez va bosser faignant, la france a besoin de toi !

      • lyonxiii
        lyonxiii répond à shillom
        désobeïssant-civile
        • Posté à 05h08 le 19/12/2008
        • Internaute 61659
          désobeïssant-civile

        il y a toujours eu des gens qui se laissent emporter par l’envie de faire autre chose que leur quotidien, sans plus de motivation que cela ....
        ces personnes participent au mouvement et sont solidaire pour revendiquer un avenir autre, que celui tout tracé.
        Le fait de partir de cours et de suivre, exprime quelque chose ...

        acceptons tout le monde ! ! !

      • Keldan
        Keldan répond à shillom
        Now future & karpe diem
        • Posté à 11h03 le 19/12/2008
        • Internaute 5164
          Now future & karpe diem

        Mais si j’ai changé.
        A l’époque, on insultait les petites mignonnes qui venait nous faire la morale, un jour on a même tabassé un de ces détritus de je ne sais quel syndicat étudiant qui nous a un peu trop gonflé. C’était l’époque des crêtes et des mohawk, des Bombers et des DcMartens.
        Aujourd’hui les cheveux ont poussé, et je me contente d’écouter en n’affichant rien de plus qu’un rictus.

        De toutes façons, on était pas les bienvenue dans les manifs, on commettait le pire péché pour ces staliniens en herbe : la liberté d’expression.
        Forcément, alors que le slogan du parti officiel était « Bayrou des sous » et qu’on hurlait « Bayrou fils de p... » ça leur plaisait pas. Ni qu’on gueule bien fort « Sainte Procule, on t’enc... » ou « Balladur on t’adore reste au pouvoir ! ». Aucun sens de l’humour chez les futurs membres du PS...
        Et puis on supportait pas leurs ordres, merci la gueule du troupeau : et qu’on s’assied tous en même temps, et qu’on passe par ici ou par là, et qu’on chante tous ensemble... pathétique ! Lors des « sitting », on préférait balancer les Béru sur notre poste à pile et se taper le pogo. Ça au moins ça se remarquait...
        Et puis ça nous énervait un max de nous faire interdire nos banderoles avec des messages correspondant à nos convictions (« legalize weed », « legalize caniche fucking », « legalize teacher murder », etc.)

        En plus, les causes nous faisait littéralement pitié. Gueuler pour les facs afin qu’ils puissent perdre leur temps dans leur DEUG, ou minauder contre un smic jeune dont on savait qu’on y serait jamais soumis, là il y avait du monde.
        Par contre quand on a voulu manifester contre les essais nucléaires ou pour une intervention efficace en Yougoslavie, là il n’y avait plus personne chez les minets à grande gueule. Surement que cela ne coïncidait pas avec la vision de leur avenir de politicien...
        Pas bien grave, à dix on a foutu un telle bordel sur la grand place qu’il a fallu longtemps avec que les flics nous embarque (l’avantage d’être interne, c’est qu’il ne nous garde pas longtemps, le lycée s’occupait des sentences d’enfermement), et la circulation a été bloquée un petit moment (les éclats de verre sur la rue, c’est génial).

        Enfin ouais, ça n’a pas vraiment changé, il y a toujours des types qui croient que le gouvernement cède à la pression de la rue. Enfin les lycéens en grève, ils s’en foutent un peu, faut devenir agent RATP et faire dans la prise d’otage du public (chuuuut j’ai rien dit, on a pas encore eu de grève cette année : D).
        Et puis c’est toujours pareil, les maîtres disent « ok on cède » et dès qu’on s’assoupit après avoir bien marché, ils nous la mettent profond.

        Enfin, la soumission au Parti, c’était vraiment pas notre truc, leur cause n’était pas la nôtre, leurs méthodes non plus, leur mentalité de mouton encore moins. Et puis on aimait pas piétiner toute la matinée, notre truc c’était de marcher vite.
        De toutes façons on avait pas de voyage scolaire (privilégié vas ; p), et aucune sanction car 90% du lycée faisait sauter les cours (les restants étant les mange-boules et ceux qui se faisait tuer par leurs parents s’ils séchaient), même en S 4 mois avant le bac.

        Ha oui, c’était le bon temps, et rétrospectivement je me dis qu’on a rien perdu, vu que tout ce qu’ils ont voulu nous enfiler on l’a pris plus tard et bien profond : ils avancent de trois pas, manif, ils reculent de deux, et ces clowns encartés osent raconter qu’ils ont gagné...

        Enfin faut pas se vexer, à l’époque j’étais plein de colère et tout excité, et aujourd’hui que je suis posé et plus mature, je me dis qu’une bonne grosse manif a quand même l’intérêt conséquent de voir qu’on est pas seul, de faire entendre sa voix auprès d’une bande d’autistes sourds et de faire passer son message dans les médias, tout ça sans trop enfreindre la loi. Et puis c’est toujours impressionnant de voir 50 000 types dans les rues.
        Par contre, ça sert toujours autant à rien : D

        D’puis qu’on m’a tiré mon canif,
        Un soir au métro Saint Michel,
        J’ fous plus les pieds dans une manif
        Sans un nunchak’ ou un cocktail
        A Longwy comme à Saint Lazare,
        Plus de slogans face aux flicards,
        Mais des fusils, des pavés, des grenades !
        Gueuler contre la répression
        En défilant « Bastille-Nation “
        Quand mes frangins crèvent en prison
        Ça donne une bonne conscience aux cons,
        Aux nez-d’bœux et aux pousse-mégots
        Qui foutent ma révolte au tombeau.

        © Renaud, Où c’est qu’j’ai mis mon flingue ?

         
        • 98euro
          98euro répond à Keldan
          technicien
          • Posté à 13h49 le 19/12/2008
          • Internaute 62796
            technicien

          Très intéressant. J’aurais pas dit ça comme ça mais franchement il y a du fond. Qu’on soit d’accord ou pas.

          Voilà un message qui donne à réfléchir. Certains devraient prendre exemple. Ca nous ferait perdre moins de temps.

          Le refus de la soumission à un Parti, c’est la base de tout.

          Mais pourquoi tant de violence ?

          La violence est un parti comme un autre. Avec un petit p.
          Si on est capable de refuser d’obéir à un Parti on doit être capable de refuser d’obéir à des instincts.

          • Keldan
            Keldan répond à 98euro
            Now future & karpe diem
            • Posté à 17h09 le 19/12/2008
            • Internaute 5164
              Now future & karpe diem

            Tu sais, à 17 ans, quand tu débordes d’énergie et d’hormones, que tu vis dans un lycée avec 75% de mec et que les frictions entre bandes sont la norme, forcément tu te contrôles pas vraiment et tu réfléchis pas des masses non plus.
            Bon, c’était un peu rude, mais c’était quand même pas un lycée de banlieue difficile.

            Malgré ça, on a jamais fait les casseurs, rien à voir avec Clichy sous Bois ou Athènes. Le pire truc qu’on ait fait c’était de balancer des « vaches qui rit » périmés sur la préfecture (aucun symbole avec ce fromage, c’est juste qu’on en avait récupéré plein à la cantine).
            Et même si c’est un délit, c’est pas grave y’a prescription : D

            Enfin maintenant, je me suis posé, je suis nettement plus calme qu’à la fin de mon adolescence. La violence a été relégué en option de dernier recours. J’essaye de ne pas réveillé le punk qui sommeille en moi :)

            • 98euro
              98euro répond à Keldan
              technicien
              • Posté à 11h50 le 20/12/2008
              • Internaute 62796
                technicien

              encore bien vu !
              Tu vas aux choses essentielles. Les hormones.
              Un autre parle de l’égocentrisme. Excellent aussi.

              Il y a trop d’intervenants qui perdent leur temps avec « les méchants c’est les autres ».

              L’erreur est que nous cherchons ce qui divise la communauté pour que chacun puisse trouver ses méchants à affronter.

              Il faut chercher au contraire les méchantes influences qui divisent notre esprit.

              Ces affrontements inventés ne servent qu’à exorciser nos divisions intérieures.

            • shillom
              shillom répond à Keldan
              • Posté à 19h58 le 22/12/2008
              • Internaute 22134

              Il a du charme ce keupon, ne le laisse pas s’enterrer sous des tonnes de saloperies non plus !
              J’espère que nous n’oublierons jamais ce que nous étions à cette époque, et surtout pourquoi nous l’étions... car nous le sommes toujours un peu au fond.
              Porcherie !

        • Compte supprimé le 4 janvier 3
          • Posté à 21h04 le 19/12/2008
          • Internaute 41144

          Message TRES intéressant, en effet ! Plein de vie et d’ardeur, ça change de Bruno Julliard, tout bien propret, fils de militants professionnels et militant professionnel lui-même, mon cauchemar !

          Et sinon en effet, il faut être indulgent envers ces petits qui sont si fiers de leur « blocus », « malgré la météo et l’administration réticente » ! ! ! C’est mignon.

          • compte supprimé 24
            • Posté à 02h42 le 20/12/2008
            • Internaute 8330

            Tu te rends compte que tu viens de féliciter un keupon devenu mature (hi hi) et drogué jusqu’à la moelle qui écoutait du Béru mais copie-colle du Renaud... tout ce que tu aimes, dans la vie, Béatrice ; ce garçon – exempt de toute contradiction – trouve grâce à tes yeux perçants... alors que je vais me faire dégommer grave, je le sens : -)

            Enfin, vous avez en commun une convergence d’idées assez remarquable sur la jeunesse protestataire... comme ceux de l’UMPFN et les cathos réacs genre Gaétan.

        • shillom
          shillom répond à Keldan
          • Posté à 19h53 le 22/12/2008
          • Internaute 22134

          Ton argumentation me plait bien plus vu comme ça, je pensais au départ au petit con de base qui est bien content de pas avoir cour mais qui n’a rien à revendiquer.
          Dans ton cas, je pense que c’est différent :)

  • tox
    tox
    http://www.dessins-tox.com
    • Posté à 18h23 le 18/12/2008
    • Internaute 10208
      http://www.dessins-tox.com

    Cette génération est née dans l’information. Cette génération sait regarder la télévision, cette génération sait écouter la radio, cette génération sait recouper des informations sur internet. Cette génération a tout compris, et elle nous le montre. Merci jeunesse de France. Sauvez l’education !

    • 3teo
      3teo répond à tox
      lamda d'en bas
      • Posté à 21h57 le 20/12/2008
      • Internaute 54151
        lamda d'en bas

      Cette génération saura sauver l’education, j’en suis certain.Mais qu’elle n’oublie pas ce que le Medef lui réserve : la promo d’une certaine « génération précaire » à 300euro ; celle là même défendue par Fillon et Sarko pour faire plaisir au patronat.Pas de CIP, ni de CPE, mais tjs aussi ...précaire, galère !
      Ne l’oubliez pas, jeunesse de France, la génération à 300euro, ce n’est guère mieux que celle de Grèce !
      Non, ce n’est pas une blague : 300euro par mois, c’est ce qui vous attend, après le lycée.Demandez le à vos grands frères, eux qui ont Bac+5 , ou plus.
      Défendez vous, c’est encore le moment : il faut « travailler » le fer pdt qu’il est encore chaud.
      Bon courage.

  • Commandant Bubulle
    • Posté à 18h43 le 18/12/2008
    • Internaute 40891

    Il est indispensable que les lycéens, les professeurs ainsi que l’ensemble de la société n’abandonnent pas la lutte.
    En effet, il ne faut pas sous estimer l’attaque massive que mène le Gouvernement vis à vis de l’Education nationale. Il faut critiquer la réforme du lycée, les non remplacements de postes...

    Cependant, il est un sujet que les manifestants et les syndicats n’abordent pas assez : il s’agit de la suppression du CAPES. Il serait souhaitable que les enseignants s’opposassent davantage à cette réforme visant à changer le recrutement des professeurs. En effet, elle risque d’avoir des effets désastreux en ce qui concerne la qualification professionelle des enseignants car ce concours doit être remplacé par un master qui aborde la didactique d’une manière trop théorique. De plus cette nouvelle formation risque de comporter moins de stages dans les établissements pour les futurs professeurs. Il est à craindre, si on laisse faire le Gouvernement d’avoir des enseignants peu compétents.

    • Ouinouin
      Ouinouin répond à Commandant Bubulle
      aime bien donner son avis
      • Posté à 19h21 le 18/12/2008
      • Internaute 48021
        aime bien donner son avis

      Hum...comme celui qui vous a appris l’imparfait du subjonctif...

      • Commandant Bubulle
        • Posté à 19h55 le 18/12/2008
        • Internaute 40891

        Que voulez-vous dire par là ?

         
        • Ouinouin
          Ouinouin répond à Commandant Bubulle
          aime bien donner son avis
          • Posté à 10h51 le 19/12/2008
          • Internaute 48021
            aime bien donner son avis

          Je charrie...

          Juste pour vous signalez que l’imparfait du subjonctif s’utilise lorsque la proposition principale est au passé, ce qui n’est pas le cas dans la phrase où vous écrivez « s’opposassent ».

          C’est soit : « Il eut été souhaitable que les enseignants s’opposassent », soit « Il serait souhaitable que les enseignants s’opposent. »

          Cordialement : -)

          • memnoch
            memnoch répond à Ouinouin
            Jeune diplômé
            • Posté à 13h16 le 19/12/2008
            • Internaute 51774
              Jeune diplômé

            « Juste pour vous signaleR », au passage.

            Cordialement : -)

          • Unstern
            Unstern répond à Ouinouin
            • Posté à 22h38 le 19/12/2008
            • Internaute 26295

            En fait, dans la syntaxe « à l’ancienne » (comme la moutarde du même nom), un conditionnel quel qu’il soit (présent ou passé) exige la concordance au passé dans la subordonnée.

            On écrira donc : J’aurais (J’eusse) voulu que vous fissiez…

            Mais tout aussi bien : Je voudrais que vous fissiez…

            Par ailleurs, dans l’exemple que vous proposez, vous eussiez mieux fait d’écrire : Il eût été souhaitable, etc. (L’accent circonflexe permet de différencier le subjonctif plus-que-parfait et l’indicatif passé antérieur à la 3e personne du singulier.)

            P.-S. : Bon, hein, c’que j’en dis, c’est juste histoire de causer un brin : -)

          • Commandant Bubulle
            • Posté à 17h55 le 19/12/2008
            • Internaute 40891

            Contrairement à ce que vous semblez dire, l’imparfait du subjonctif peut aussi être utilisé après une principale comportant un conditionnel présent. Ceci distingue le conditionnel de l’indicatif car lorsque la principale est à l’indicatif, la subordonnée ne peut comporter un imparfait du subjonctif que si cette principale est au passé. De plus, à l’origine il était obligatoire de mettre un imparfait du subjonctif si la pricipale était au conditionnel présent. Cependant une loi de 1901 a permis l’utilisation du présent du subjonctif après le conditionnel présent. Désormais le subjonctif imparfait n’est que facultatif après un subjonctif présent. Or le fait qu’il est facultatif ne veut pas dire qu’il est considéré comme fautif.

        4 autres commentaires
    • Fiona
      Fiona répond à Commandant Bubulle
      Enseignant
      • Posté à 20h26 le 18/12/2008
      • Expert 54454
        Enseignant

      Je suis d’accord - je ne comprends pas pourquoi les médias ne parlent pas de cette réforme désastreuse.

    • Thomas GREDAT
      • Posté à 20h55 le 18/12/2008
      • Internaute 23794

      Je vous remercie d’autant mieux pour votre texte que j’avais compris qu’il était simplement (si j’ose dire) question de réformer le CAPES, et non de le supprimer. Si les aspirants enseignants n’ont que l’agrégation, on est mal parti. D’abord, parce que la sélection est hyper-pointue (je le sais : je l’ai ratée !). Ensuite, parce qu’on n’y fait pas de pédagogique et que les neuf-dixièmes de ce qu’y apprend un enseignant ne lui serviront pas durant sa carrière (je le sais : je l’ai préparée).
      Le CAPES est moins lourd et inclut un peu de pédagogique. Il fallait le réformer dans le sens d’une meilleure transmission des connaissances pas le supprimer !
      Le coup, je le vois venir : appauvrir les effectifs du corps enseignant.
      Vraiment merci pour votre texte.

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