TRIBUNE 20/12/2008 à 10h20

Etonnante Afrique : l'optimisme au-delà des clichés

Jérôme-Tamba Koundouno et Philippe Roudier | Eleve ingénieur et doctorant en développement

En Europe, on voit généralement l’Afrique comme un continent aux sept plaies, où la corruption, les guerres et les maladies sont omniprésentes. A cette vision afro-pessimiste s’ajoute parfois l’idée du continent archaïque refusant la modernité, comme elle a été exprimée, dans un silence relatif en France, lors du discours de Dakar.

Il n’est certes pas question de nier qu’il existe des problèmes en Afrique mais il semble absurde de résumer ce continent à ses problèmes. Cette vision, qui part parfois d’intentions louables pour justifier une aide au développement, a pourtant tendance à masquer les potentialités et les initiatives africaines.

La force d’un pays africain se ressent aussi par sa culture

Ainsi, comme le résume Fouss N’gony, musicien traditionnel burkinabè du groupe Afromandinguo Band, ce sentiment négatif fait mal. Pour lui, beaucoup de ces personnes ne sont jamais venues sur le sol africain et ne peuvent pas comprendre la réalité d’un tel continent. Certes il y a la pauvreté, le chômage et les problèmes sanitaires, mais la force propre d’un pays africain se ressent aussi par sa culture. Il ne faut pas oublier ses traditions, répète-t-il. Au contraire, les partager davantage avec le monde occidental amènerait sûrement une image positive pouvant contribuer à contrebalancer le poids des clichés pessimistes.

Son ami, Baba Commandant, lui aussi musicien, se montre beaucoup plus lassé par rapport à cet afro-pessimisme. « Ça ne me regarde pas », dit-il. Cette forme de désespoir traduit un profond sentiment de révolte. Pour lui, les éternels problèmes de ce continent proviennent d’abord des gouvernements. Des gouvernements africains mais également occidentaux qui, ensemble, bafouent continuellement le peuple et sa culture en privilégiant un développement économique souvent mal adapté à la situation. Ces deux artistes dénoncent cela par leur musique et avec beaucoup d’espoir.

Une initiative louable et courageuse qui permet d’interpeller les populations et qui semble connaître un nouvel écho. Il se déroule en effet depuis quelques temps une explosion culturelle au Nigeria, avec notamment la sortie en 2007 d’au moins 1200 films réalisés par et avec des acteurs nigérians. Ces œuvres rencontrent un franc succès en Afrique et forment un réel vecteur culturel (The East African, 2008).

De la responsabilité des pays industrialisés

Les partisans de l’afro-pessimisme pourront rétorquer ici que l’Afrique a certes une certaine tradition culturelle mais que le retard de modernisme et son manque d’initiative sont des problèmes majeurs, sinon insolubles. On en veut souvent pour exemple l’agriculture africaine qui connaît les rendements les plus faibles du monde alors que de nombreux pays asiatiques ont connu une « révolution verte ».

Cependant, on oublie souvent sur ce thème les études anthropologiques qui concluent sur la capacité d’adaptation des paysans africains aux divers aléas auxquels ils font face depuis des siècles (Society & Natural Resources vol.15, 2002). Sous des contraintes formidables et avec peu de moyens, les agriculteurs arrivent à gérer de façon optimale leur exploitation, en sélectionnant des stratégies d’adaptation possibles pour éviter les risques. Le problème majeur est l’inefficacité des méthodes ancestrales de prévision et d’adaptation face à un climat changeant. Mais peut-on imputer ce dernier à l’Afrique ? Il semblerait plutôt que les responsables soient les pays industrialisés (IPCC, 2007).

De plus, on ne peut nier le rôle négatif qu’a eu l’action des instances internationales (conjuguée avec les prix du marché) durant les deux dernières décennies : en incitant les pays à investir massivement dans les cultures rentières au détriment des cultures vivrières, la Banque Mondiale, par exemple, a en partie préparé la crise de 2005. Des études de terrain (Agricultural Systems vol.74(3), 2002) ont d’ailleurs montré que les agriculteurs étaient ouverts à tous types de suggestions pour améliorer la situation, ce que montre bien leur intérêt dans les programmes pilotes (Mali, Malawi).

S’ils ne peuvent mettre en place de nouvelles stratégies, qui emploieraient notamment des engrais et des machines agricoles, c’est parce qu’il n’y a aucun accès à celles-ci et non par refus de modernité. Ce sont ici les politiques globales qui sont en cause et non les agriculteurs africains. Cela implique finalement autant les gouvernements locaux que l’action internationale ou que les multinationales : on retrouve finalement le sentiment évoqué par Baba Commandant.

La grande muraille verte : défi technique et collaboration

Cette volonté d’innovation se rencontre dans d’autres domaines. Par exemple, les états sahélo-sahariens sont en train de mettre en place un projet débuté en 2005 à l’initiative du président Wade et qui prévoit la création d’une Grande muraille verte (Gmv) ayant pour but de protéger les populations de l’avancée du désert tout en favorisant l’activité économique (Sud Quotidien, 25/07/08).

Cette muraille sera longue de 7000 kilomètres et large de 15 kilomètres, et développera au maximum les espèces végétales locales. Au delà du défi technique, c’est également un bel exemple de collaboration entre états qu’illustre ce projet, tout comme le plan de gestion des ressources hydriques souterraines partagées entre l’Algérie, la Tunisie et la Lybie et mis en place par l’Observatoire du Sahara et du Sahel.

Nous avons ainsi essayé de nous placer à l’opposé de l’afro-pessimisme ambiant en recensant quelques initiatives africaines. Si on ne peut nier les problèmes actuels, ils ne sont pas imputables aux populations mais plus à des mauvaises politiques, que ce soit de la part des gouvernements locaux, des institutions internationales ou encore des pays du Nord.

Le destin de l’Afrique n’est nullement scellé et son avenir peut être très prometteur à condition que les autres puissances du monde ne prennent pas ce continent comme un terrain de jeu ou un espace de profit. Comme le souligne Kofi Annan (Paris, 17/11/08), les pays du Nord ne doivent pas utiliser la crise pour ne pas respecter leurs engagements en termes d’aide au développement. Il est également fondamental de croire en l’Afrique pour mener à bien cette aide. Est-il possible de réussir ce en quoi on ne croit pas ? Non, assurément.

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  • Bardamu
    Bardamu
    difficile
    • Posté à 12h14 le 20/12/2008
    • Internaute 25491
      difficile

    Le problème de l’Afrique, c’est surtout d’être passé en moins d’un siècle de 60 millions d’habitants à un milliard d’habitants.

    • penabranca
      penabranca répond à Bardamu
      • Posté à 12h18 le 20/12/2008
      • Internaute 62583

      Le problème de l’Afrique, c’est surtout d’être passée quelques siècles sous des régimes coloniaux dévastateurs.

    • Un compte supprime
      Un compte supprime répond à Bardamu
      nc
      • Posté à 13h50 le 20/12/2008
      • Internaute 21837
        nc

      Sources ?

      • Adéménagé le 3 janvier 2011
        • Posté à 14h51 le 20/12/2008
        • Internaute 29846
          menuisier

        Je pense que la source de barda est Pascal Sevran : Vous savez, la misère des africains c’est à cause de leur bi.e .

         
        • tricasse
          • Posté à 11h48 le 21/12/2008
          • Internaute 63222
            salarié

          je me demande pourquoi barda ne dit pas la même chose sur les chinois ou les indiens.
          le Nigéria fait environ 200 millions d’habitants alors que pour l’Inde et la chine qui sont un pays sont à plus de 1 milliard.

          et oui l’afrique n’est pas un pays mais un continent.

        1 autres commentaires
      • Marie-Sophie Keller
        Marie-Sophie Keller répond à Un compte supprime
        Ex-Rue89 mais toujours fan
        • Posté à 18h31 le 20/12/2008
        • Internaute 26936
          Ex-Rue89 mais toujours fan

        Bonsoir Homère,
        j’ai dû supprimer votre message qui contrevenait à la charte des commentaires, en étant trop grossier. Dura lex sed lex.

         
        • A déménagé le 1-6
          • Posté à 01h53 le 21/12/2008
          • Internaute 61755

          pleutre pirouette...cacahuète...

        • Un compte supprime
          • Posté à 03h30 le 21/12/2008
          • Internaute 21837
            nc

          je comprends, sans rancune. J’etais un peu venere...J’use de la grossierete sporadiquement, mais avec un certain talent et un plaisir certain : j’ai eu affaire dans ma vie professionnelle a des gens tres bien, sous tous rapports, propres sur eux - je pense par exemple a un banquier suisse de mes ex amis, mais aussi a beaucoup d’autres - et j’ai contaste que passe une certaine limite dans l’hypocrisie et la bonne conscience fortunee, l’insulte de bas etage, la colere de rocker, le coup de gueule bien assorti de grossieretes savemment elaborees et de feintes menaces physiques, avaient le merite de clarifier les situations trop lechees de bonne intentions frauduleuses et de desarconner des gens qui autrement se sentent eternellement a l’aise dans leurs peaux de bourgeois vertueux proteges par la morale et la police.

          PS, c’est vous sur la photo ?

          • Marie-Sophie Keller
            Marie-Sophie Keller répond à Un compte supprime
            Ex-Rue89 mais toujours fan
            • Posté à 16h35 le 21/12/2008
            • Internaute 26936
              Ex-Rue89 mais toujours fan

            Pour les coups de gueule qui soulagent, je vous comprends. Mais soyez gentil, hurlez dans votre polochon : -). C’est la méthode que j’applique moi-même depuis mon canapé, quand je me fais allumer pour avoir supprimé des commentaires pas très… élégants.

            Nous sommes peu nombreux, on est censés nettoyer tous les commentaires de ce qui est hors-sujet ou insultant, il y en a plus de mille chaque jour. Le week-end, seuls trois rédacteurs et un webmaster sont de permanence, qui préfèreraient écrire plus ou éditer mieux, tout en laissant les internautes débattre courtoisement.

            Et pour répondre à votre question, oui, c’est moi sur la photo. Ce qui me fait penser qu’il est très facile d’être extrêmement virulent dans les commentaires quand on utilise un pseudo et une image d’emprunt : -)

            Amicalement, et bonne fin de dimanche

            • Un compte supprime
              • Posté à 03h37 le 22/12/2008
              • Internaute 21837
                nc

              faudrait commencer par virer les trolls velus de rue 89, qui est un site alternatife, et gauchiste au noble sens du terme, n’en deplaise aux reacs cathos racistes qui s’evertuent a contredire les debats de facon perverse et teleguidee. Leurs opinions racistes et conservatrices sont bien connues : nous avons sacrifie le petit ballon de rouge du matin au cafe du comerce pour ne pas avoir a supporter leurs inptes plaidoiries.

              Ca vous laisserait du temps pour rediger, informer, nourrir les debats. J’ai rien contre, au contraire.

              Ceci dit, mon pseudo ne me sert pas de gilet pare-balle, et j’ai fait mes preuves sur les champs de bataille, au temps de ma jeunesse autonome. Et je reste encore aujourd’hui connu et redoute pour mes coups de gueule et de sang. Au fait, l’image n’est pas d’emprunt, c’est moi sur le bateau de Maletese.

        4 autres commentaires
    • Venezuela
      Venezuela répond à Bardamu
      vit aux Pays-Bas
      • Posté à 01h54 le 21/12/2008
      • Internaute 114
        vit aux Pays-Bas

      Avant de parler de chiffres, il faudrait surtout parler de densite de population : l’Afrique est loin d’etre surpeuplee.
      En 2007, la répartition de la population mondiale par continent est la suivante [3] :
      * Asie : 4,03 milliards (60,5 %)
      * Afrique : 965 millions (14,0 %)
      * Europe : 731 millions (11,3 %)
      * Amérique latine et Caraïbes : 572 millions (8,6 %)
      * Amérique du Nord : 339 millions (5,1 %)
      * Océanie : 34 millions (0,5 %)
      La répartition de la population selon les régions développées et moins développées est très inégale. Ainsi les régions les plus développées représentent 18,3 % de la population en 2007 contre 81,7 % pour les régions les moins développées.

      • Bardamu
        Bardamu répond à Venezuela
        difficile
        • Posté à 11h15 le 21/12/2008
        • Internaute 25491
          difficile

        Vous avez raison, l’Afrique n’est pas surpeuplée, techniquement, ses richesses naturelles lui permettent de nourir largement sa population, en théorie.

        Factuellement, cette croissance démographique a été désastreuse.

  • fâché.com
    fâché.com
    perdu
    • Posté à 13h06 le 20/12/2008
    • Internaute 57333
      perdu

    L’Afrique a certainement baucoup plus à nous apprendre qu’à apprendre de nous (les Européens). Sans faire d’auto dénigrement, le sens de la communauté, le respect des ancêtres, l’éducation, la musique, le sens de la débrouille et bien d’autres choses encore me semblent plus développés et plus authentiques en Afrique.
    La seule nuance à apporter est que les guerres de la faim et les guerres provoquées par la cupidité des tyrans locaux et des multinationales ont entamé dangereusement ces cultures. Hélas...Maintenant le modèle occidental est en train de ronger le trésor Africain.

  • A déménagé le 2 mai 2011
    A déménagé le 2 mai 2011
    Délinquante au coin de la rue
    • Posté à 16h18 le 20/12/2008
    • Internaute 26137
      Délinquante au coin de la rue

    J’ai en tête un documentaire que j’ai vu récemment, où le Mali grâce à une « démocratie participative » a réussi à retenir au loin la culture du coton ogm pour favoriser le coton bio et fait reculer à ce sujet son gouvernement....

    Lien

  • fâché.com
    fâché.com
    perdu
    • Posté à 16h59 le 20/12/2008
    • Internaute 57333
      perdu

    J’oubliais une qualité éminente des Africains (je m’en veux de ne pas y avoir pensé), c’est leur sens de l’humour bien développé et très particulier, ha ha, ils peuvent rire même de leur misère, ce qui n’est pas donné à tout le monde.

    • compte supprimé 24
      • Posté à 17h30 le 20/12/2008
      • Internaute 8330

      En ça je suis totalement africain : -)

      J’avais remplacé au pied levé un collègue accompagnateur de voyages pris d’une grave crise de palu, en 1984 : du coup j’ai guidé deux groupes en pays Dogon à l’arrache, sans avoir jamais mis les pieds sur le continent noir... Le PIED total ! Débarquant d’Asie, où les gens sont nettement plus coincés, je me suis ÉCLATÉ comme jamais, à bosser avec les Maliens.

      C’est les meilleurs du monde pour ça !
      Trois mois de rigolade continue...
      Ils pigeaient pas pourquoi j’était tout blanc du dehors, les gars...
      J’aurais pu passer ma vie au Mali, sans problème... mais le boulot en a décidé autrement...

  • maltesedemars
    maltesedemars
    responsable associative
    • Posté à 19h52 le 20/12/2008
    • Internaute 47995
      responsable associative

    un point de vue interessant qui rejoint celui des associations africaines et des europeens qui prennent le temps d’aller decouvrir un pays africain avec ses paysages, ses villes, ses cultures, son art de vivre, ses musiques, ses habitants et ses associations ses artistes, cad ses forces vives mais aussi les agriculteurs et les salaries de la fonction publique - si mal payes et malmenes - qui bossent meme sans etre payes dans certains cas ; mettre en place des echanges, des sejours dans le cadre du equitable, des sejours solidaires où on se decouvre et s’apprecie autrement qu’a travers le discours miserabiliste des tv en europe ou des grandes ong qui relaient souvent le meme discours a sens unique me semble essentiel de part et d’autre ; amicalement

  • Alex Engwete
    Alex Engwete
    Consultant
    • Posté à 20h20 le 20/12/2008
    • Internaute 45440
      Consultant

    Trois observations :
    1) Contrairement à ce que pense le musicien Fouss N’gony, « culture » et « traditions » ne sont pas des catégories figées. Comme l’a noté Franz Fanon, la culture est en vibration permanente, se crée et se recrée au quotidien.
    2) L’« afro-pessimisme » est lui aussi une fausse catégorie qui suppose qu’une fois que les choses auront changé il y aura émergence d’une nouvelle attitude qui s’appellerait « afro-optimisme ». Cela suppose aussi qu’il y a une norme universelle à laquelle on pourrait comparer l’Afrique. Or, il se fait que ce qu’on considère comme une déviation africaine est en fait la norme permanente de l’état des lieux de l’Afrique.
    3) L’agriculture africaine est la plus figée et la plus inadaptée du monde. Un exemple : devant l’embargo américain étouffant auquel il fait face, Cuba a réinventé son agriculture au point que celle-ci sert aujourd’hui de modèle de l’agriculture durable.

  • Fondriest
    Fondriest
    http://spermufle.wifeo.com/
    • Posté à 21h40 le 20/12/2008
    • Internaute 49865
      http://spermufle.wifeo.com/

    « Le destin de l’Afrique n’est nullement scellé et son avenir peut être très prometteur à condition que les autres puissances du monde ne prennent pas ce continent comme un terrain de jeu ou un espace de profit. »

    ==> Et pourquoi s’arrêteraient-ils de le faire ? En quoi un état ou une entreprise multinationale aurait-il(elle) intérêt à le faire ? Depuis quand la seule éthique régit l’économie et la diplomatie ?

    Des jérémiades stériles afin de culpabiliser les opinions publiques occidentales, dans l’espoir que les pays occidentaux fassent fi de leurs propres intérêts pour « payer leur dette » à l’Afrique, c’est juste une perte de temps. Un effort plus utile consisterait à se demander quels atouts l’Afrique (politiques, économiques, militaires) pourrait sortir de sa manche dans le cadre du rapport de force que constituent les échanges diplomatiques et économiques.

    • compte supprimé 24
      • Posté à 00h51 le 21/12/2008
      • Internaute 8330

      Ouais, c’est ça mon faf,

      Je résume ta pensée :

      Il n’y a jamais eu de puissances coloniales et elles n’ont d’ailleurs jamais mis les pieds en Afrique, où c’est plein de bamboulas qui sont venus de leur plein gré chanter dans les champs de coton, mais les Islamistes ont fait bien pire avec leurs traites négrières à eux, alors que nous on leur a appris le Belge et l’amour de dieu, le pastaga et le képi, et même des frontières presque comme chez nous.

      Donc ils font chier à couiner et tu vois pas comment la leur boucler, vu que toi, t’y es absolument pour rien, dans leur histoire. Chacun chez soi et hop, on n’en parle plus...

      J’ai fait d’une pierre, deux coups : Pascal Brucker avait pris plus de deux cent pages de son bouquin ’Les Sanglots de l’Homme Blanc’ (1983) pour dire la même chose... que toi.

      Alors que ça tient en trois petits paragraphes.

      ***

      Marquer le pas, 1, 2
      Ancien combattant
      Oh Nassoukilli

      Tu ne sais pas que moi je suis ancien combattant
      Moi je suis ancien combattant,
      J’ai fait la guerre mondiaux
      Dans la guerre mondiaux,
      Il n’y a pas de camarade oui
      Dans la guerre mondiaux,
      Il n’y a pas de pitié mon ami

      (Zao, Ancien Combattant)

      • Fondriest
        Fondriest répond à compte supprimé 24
        http://spermufle.wifeo.com/
        • Posté à 11h49 le 21/12/2008
        • Internaute 49865
          http://spermufle.wifeo.com/

        « Je résume ta pensée “

        ==> Et tu la résumes mal, pour ne pas changer. Je vais reformuler : l’Afrique a été colonisée, pillée, est encore exploitée par des états/multinationales sans scrupule, ce qui est un des facteurs (car ce n’est pas le seul) du retard de ce continent. Mais il est illusoire d’attendre que les exploiteurs se barrent en faisant appel à leur culpabilité ou à je ne sais quelle éthique. Depuis quand la politique, l’économie ou la diplomatie est un concours de vertu ? Ce n’est que du rapport de force, et pas autre chose. Le jour où l’Afrique ne sera plus ‘colonisable’, les exploiteurs se casseront, et pas avant. Comment y parvenir ? Voila une démarche plus intéressante que ressasser inlassablement ce que chacun sait.

      • tricasse
        tricasse répond à compte supprimé 24
        salarié
        • Posté à 11h51 le 21/12/2008
        • Internaute 63222
          salarié

        excellent

  • Trevor narg
    Trevor narg
    auteur
    • Posté à 22h11 le 20/12/2008
    • Internaute 53954
      auteur

    Concernant l’aide à l’Afrique, je renverrai volontiers à l’article de Monsieur Uzodinma Iweala, écrivain nigérian, paru dans Le Monde des 29 et 30 juillet 2007, « Cessez de vouloir “sauver” l’Afrique ».

    Aide vraiment ? Très inférieure aux transferts financiers des travailleurs émigrés, transferts d’ailleurs convoités par la Banque mondiale et les spéculateurs depuis qu’ils en ont connaissance, et aide pour quelles destinations ?

    Non l’Afrique s’en sortira sans ça. Du moins s’en sortirait sans que « ses généreux sauveurs » ne s’en mêlent. Elle a des jeunes qui se forment, pas facile mais il y en a, que la France actuelle veut lui piquer dans le « choix » de son immigration : inqualifiable ! et combien d’autres exemples.

    Qu’on lui fiche la paix, qu’on la respecte, et c’est elle bientôt qui nous sortira de NOTRE ENLISEMENT.

    Lien

  • bifteack
    bifteack
    pierreux
    • Posté à 22h18 le 20/12/2008
    • Internaute 48394
      pierreux

    Le sort de l’Afrique c’est con a dire est entre nos mains cars tous les pays anciennement colonisées ont étaient structurée et maintenue avec l’accord de tyrans ou pseudo démocrate locaux sous l’influence des économies occidentales . L’Amérique latine en est l’exemple, embourber dans le conflit Afghano-irakien les Usa on relâché leur main mise sur ce continent et l’on voit surgir de réels démocraties social sans de grosses tentatives de déstabilisation. L’Afrique elle, est encore sous influence occidental, toute tentative d’émancipation conduiras au cas du Congo essayant de devenir souverains par rapport a ces richesses. Le seul pays non occidental au top de l’évolution technique, et en même temps souverain dans ces choix et le japon le seul pays non colonisée ou mis sous tutelle et déstabiliser par l’occident . Avant l’ère Meiji ce pays était techniquement aussi évoluer que certains royaumes africains à la même époque . Le vampirisme de nos société par rapport a l’Afrique fait que ce continent est incapable de chercher une voix qui lui est propre avec sa propre mentalité ( tous comme le japon )du moins ce qu’il en reste.

  • Jérôme-Tamba Koundouno et Philippe Roudier
    Jérôme-Tamba Koundouno et Philippe Roudier
    Auteur(e) de l'article Eleve ingénieur et doctorant en (...)
    • Posté à 22h54 le 20/12/2008
    • Internaute 62956
      Eleve ingénieur et doctorant en (...)

    Au sujet du commentaire de Trevor Narg, c’est un point de vue intéressant qu’on recontre finalement assez souvent des deux cotés (receveur et donneur de l’aide).Il y a, entre autres, un livre intéressant à ce sujet LA question du développement, 2008 (AGIR N°35) qui présente différents points de vue.
    Concernant le commentaire de alex Engwete, nous restons convaincus de l’adaptabilité impressionante des agriculteurs africains. Nous ne parlons pas ici des politiques agricoles ; juste de l’échelle locale.Etant donné les changements (notamment pluviométriques) récents en afrique de l’ouest si l’agriculture était vraiment inadaptée, il n’y aurait plus personne depuis longtemps dans ces régions. Cela est souligné à maintes reprises par les anthropologues (Carla Roncoli, Keith Ingram...)

    • Jana
      Jana répond à Jérôme-Tamba Koundouno et Philippe Roudier
      bretonne en Normandie
      • Posté à 03h16 le 21/12/2008
      • Internaute 13372
        bretonne en Normandie

      Bonjour
      Merci de votre article.

      Vous écrivez :

      « A cette vision afro-pessimiste s’ajoute parfois l’idée du continent archaïque refusant la modernité, comme elle a été exprimée, dans un silence relatif en France, lors du discours de Dakar. »

      Il n’y a pas eu assez de réactions certes. Je crois que le meilleur antidote à ce triste discours existe :

      « Petit précis de remise à niveau sur l’histoire africaine, à l’usage du président Sarkozy » sous la direction de Adame Ba Konaré -edit La découverte-

      • Jana
        Jana répond à Jana
        bretonne en Normandie
        • Posté à 11h27 le 21/12/2008
        • Internaute 13372
          bretonne en Normandie

        du positif en Afrique, au Kenya
        pour mémoire le Nobel de la Paix en 2004.
        « celle qui plante les arbres »

        « Nous plantons les graines de la paix, maintenant et pour le futur. »
        Wangari Maathai

    • Alex Engwete
      • Posté à 06h37 le 22/12/2008
      • Internaute 45440
        Consultant

      Au niveau des communautés locales, les initiatives d’adaptation de l’agriculture en Afrique proviennent souvent des ONG occidentales. Comme par exemple les coopératives paysannes de commercialisation des produits agricoles ainsi que les pépinières de sélection des meilleurs semis ou plants et les champs expérimentaux. Dans les pays sahéliens, aucune politique autochtone de lutte contre la déforestation n’a été produite jusqu’à ce jour. En République Démocratique du Congo et au Cameroun, l’extraction des grumes est si inadaptée et non-durable que des pans entiers de la forêt vierge disparaissent chaque jour. Dans certains villages du Congo, cette destruction des arbres a même conduit à la disparition de certaines espèces des produits forestiers non-ligneux (PFNL)—comme les chenilles, sources de protéines animales.

  • Mé-créant
    Mé-créant
    Irrévérencieux
    • Posté à 02h13 le 21/12/2008
    • Internaute 53639
      Irrévérencieux

    Excellent papier... Il est évident que l’Afrique est vouée à connaître des jours meilleurs ! Mais... Dans combien de temps ? A regarder la situation en grand, on doit s’attarder sur le plus grave des problèmes : la transmission des savoir. Force est de constater que les personnels manquent de capacités et compétences à s’adapter à la vie du monde global moderne dans lequel l’Afrique a bien sûr déjà ses 2 pieds. Monde perverti par l’occident et les politiques de là et d’ailleurs bien entendu... Et sans hommes armés pour outre passer les pièges de la brutalité de ce Monde « moderne », les choses vont prendre du temps... Le temps, en Afrique... Comptez au moins 3 générations, selon moi. Patience.

    • a déménagé le 10 décembre
      • Posté à 09h49 le 21/12/2008
      • Internaute 42623
         ? ? ?

      « Il est évident que l’Afrique est vouée à connaître des jours meilleurs ! “ J’aimerai bien le croire mais il faut bien admettre que de nombreux pays ne sont même pas en ‘voie de développement’.
      Par contre, même si les politiques occidentales et désormais chinoises ont une grande responsabilité dans l’état actuel de l’Afrique, il ne faudrait pas que celà soit une excuse pour éluder d’autres causes du sous développement qui ne sont pas toutes dues uniquement à des pays non africains...

  • Mohamed
    • Posté à 14h58 le 21/12/2008
    • Internaute 20985

    C’est vrai que le regard des toubabs sur l’avenir de l’Afrique peut faire mal mais il ne faut pas se cacher que le problème n’est pas là ; le vrai problème c’est le désespoir des Africains par rapport à leur propre avenir. Et ça c’est terrible car on ne le crie pas sur les toits mais on le vit au jour le jour partout ! Les élites africaines sont les premières à avoir capituler !

    Or ce qui est encore plus terrible, c’est qu’il suffirait de peu de choses pour que cet extraordinaire dynamisme potentiel se mette en branle pour produire du travail, des idées, de l’espoir !

    pour revenir aux toubabs, leurs discours est doublement pénalisant :

    - d’une partils sont misérabilistes
    - et en plus ils (y compris les « bons » toubabs de gôôôôches) ont des politiques néo colonialistes qui favorisent le maintien de la situation !

    C’est fou !

    • fâché.com
      fâché.com répond à Mohamed
      perdu
      • Posté à 22h14 le 21/12/2008
      • Internaute 57333
        perdu

      Sans connaître l’Afrique de près (je connais plus l’Amérique Latine), la situation ne me paraît pas aussi déséspérante qu’on le dit dans les discours en vogue chez nous et peut-être chez certaines élites africaines.
      1- Le développement à l’occidentale (type mondialisé à présent)n’a pas encore montré toutes ses facettes mortifères, qui sont encore cachées au grand public :
      destruction de l’environnement et des ressources naturelles, uniformisation et applatissement des cultures et des langues, adoration exagérée du modèle « démocratique » anglo-américain, adoration de l’argent symbole de réussite absolue, contamination des mythes autochtones par des sectes néo-bibliques, modèle industriel et agronomique de type intensif et taylorien qui ne peut que ravager les sociétés vivrières et artisanales, et ainsi de suite..
      2- Le problème de la faim peut être résolu en ne suivant pas ces modèles là, mais en faisant la jonction du meilleur des recherches et des savoirs ancestraux des 2 mondes (l’Africain et l’Occidental), un peu dans la voie explorée par Pierre Rahbi en agriculture.
      3- Les causes de guerres peuvent être ralenties par l’éducation, l’approche critique et constructive des cultures et des religions dès le plus jeune âge, une analyse comparative des modèles économiques, environnementaux à l’école secondaire , puis à l’université
      4- La fierté d’être Africain en connaissant mieux l’histoire des peuples et des cultures, en la diffusant aussi à l’extérieur (histoire de faire savoir à des petits esprits européens étroits que l’Afrique est un bouillon de cultures trés anciennes) ;
      Mais je suis persuadé que cette prise de conscience est déjà là en Afrique et que de plus en plus d’Africains ne rêvent plus de venir dans nos pays malheureusement si peu accueillants.

      • a déménagé le 10 décembre
        • Posté à 18h30 le 22/12/2008
        • Internaute 42623
           ? ? ?

        bonjour
        t’es un peu un utopiste non ?
        « Le problème de la faim peut être résolu en ne suivant pas ces modèles là » : d’autres modèles sont effectivement préférables bien souvent mais vue la démographie, des modèles autres que productivistes (et néfastes pour l’environnement) risquent également de ne pas produire suffisamment
        « Les causes de guerres peuvent être ralenties par l’éducation, l’approche critique et constructive des cultures et des religions dès le plus jeune âge, une analyse comparative des modèles économiques, environnementaux à l’école secondaire , puis à l’université » je suis un peu sceptique et en plus, dans l’éducation, il y a de la marge de progression (pour les pays que je connais) ! ! !

        Malheureusement, pour plusieurs pays, la situation est vraiment désespérante (notamment du fait qu’il n’y a pas d’amélioration aussi faible soit elle) !
        Aussi, beaucoup rêvent encore de venir en Europe contrairement à ce que tu penses...

      • Mohamed
        Mohamed répond à fâché.com
        • Posté à 01h32 le 24/12/2008
        • Internaute 20985

        Je suis tout à fait d’accord pour dire que de nombreux arguments plaident pour un vrai développement authentiquement africaniste.

        L’Afrique n’a pas de problème de matière grise !

        Le problème essentiel est un problème psycho-sociologique de désespérance dans ses propres capacités !

        Cette désespérance s’explique par les nombreux verrous qui bloquent l’initiative et la vitalité populaires et parmi ces verrous il y en a deux qui m’apparaissent jouer un rôle clé : la corruption généralisée et le néo-colonialisme des intérêts occidentaux et maintenant chinois.

        Aujourd’hui la seule solution qui pourrait transformer la situation est à trouver dans l’émergence d’un processus révolutionnaire mené par un groupe de jeunes cadres militaires « incorruptibles » type Sankara !

        Cela passe par une remobilisation des élites sur le modèle Obama « Yes we can ! »

  • TonyLibertaire
    TonyLibertaire
    Lycéen section littéraire
    • Posté à 22h48 le 21/12/2008
    • Internaute 61258
      Lycéen section littéraire

    l’Afrique a énormément souffert et souffre toujours....et pourtant elle est toujours là, déchirée certes, mais encore belle et bien vivante, la tête haute

    pour les souffrances qu’il a enduré et qu’ils endure, et pour sa détermination exemplaire, le peuple africain mérite un profond respect de la part de nous autres européens

    quand je vois comment nos frères et soeurs de ce contient si proche de nous sont exploités et traînés dans la boue, j’ai envie de vomir, et j’espère de tout mon coeur que les responsables de cet esclavage moderne, le néocolonialisme, seront un jour traînés dans la boue et jugés pour leurs crimes

    je pense sincèrement que malgré les efforts de nos dirigeants pour maintenir l’Afrique à un bas niveau, ce continent s’émancipera tôt ou tard, d’ailleurs les intiatives émancipatrices se développent comme nous le démontre cet article, contrairement à ce que les médias de masse tentent de nous faire croire

  • starsss
    • Posté à 18h40 le 22/12/2008
    • Internaute 24513

    et pourquoi la rubrique AFRIQUE (avec l’îcone du continent) dans la rue est de couleur marron sceptique ?

    pas compris, pour un continent si coloré ! on n’a pas la même vision.

    La rubrique CHINATOWN serait jaune alors ? pfff