témoignage 21/12/2008 à 16h47

Plaidoyer masculin pour une grammaire féministe

Jean Barone | Enseignant

L’ancienne présidente irlandaise Mary Robinson a mis les pieds dans le plat lors de la célébration des soixante ans de la Déclaration universelle des droits de l’homme. Enfin la bonne nouvelle !

Une nouvelle à redonner espoir de n’être plus isolé, une nouvelle qui donne raison à des principes appris depuis longtemps mais que la schizophrénie collective refoulait au nom d’une grammaire misogyne. Cela fait plus de vingt ans que je m’égosille, que je me bats, que je brave les sourires entendus, que je ravale ma rage devant tant de bêtise et d’injustice.

Sans vouloir donner raison à Bourdieu sur tout, j’avoue avoir expérimenté le fait que les dominées légitiment leur domination en donnant raison aux dominants et souvent ce sont les femmes qui prennent mon combat pour un simple caprice de « soixante huitard attardé ». « C’est un détail », « Tu ne vas pas changer la grammaire »…

Etant enseignant, je transgresse les règles élémentaires pour dire « elles » quand la majorité d’une classe est féminine. Je biffe les phrases où le mot homme exprime l’ensemble de l’humanité. Cela va des droits de l’homme auxquels je réponds par l’affichage systématique de la déclaration des droits de la femme d’Olympe de Gouges, au vocabulaire technique comme « le remplacement des hommes par les machines » que je change en « remplacement des personnes par les machines », etc.

Le pire est proche de l’incroyable : j’enseigne La spécialité Economie en Terminale SES et je rappelle au passage que la section B fut créée en 1967 (il me semble) pour donner une dimension critique à l’étude de la société. Le programme nous impose huit auteurs : Smith, Ricardo, Schumpeter, Durkheim, Weber, Tocqueville, Marx, Keynes. Cherchez l’erreur !

Où sont les femmes ? Mais où sont passées Rosa Luxemburg, Harriet Martineau, Jane Marcet, Mme Taylor, Mary Paley, Hannah Arendt, Joan Robinson, Simone de Beauvoir, Elisabeth Badinter, voire d’ailleurs Madame de Sévigné qui aurait tant à nous apprendre ? Et bien d’autres encore.

Marre d’enseigner un programme machiste avec un langage ségrégationniste

Je n’alourdirai pas mon propos en dénonçant l’expression un tantinet masculine des personnes agissant, réfléchissant, dans le domaine économique, social et politique. Prenons au hasard, le consommateur, le client, l’entrepreneur, le banquier, le financier, le fournisseur, l’employé (au passage, corps constitué majoritairement de femmes !), le travailleur, le chômeur, le penseur, l’auteur, le théoricien, le cadre supérieur, le lycéen, l’étudiant, le collégien, l’écolier, le voisin (pour sa fête par exemple alors que je préfère les voisines…), le citoyen (très tendance) et tutti quanti. Cela commence à faire beaucoup, droit de l’homme, règle de grammaire misogyne, programme machiste et langage ségrégationniste ! Ouf !

Oups, j’allais oublier. Cette semaine j’ai lu les papiers reçus pour l’orientation des élèves et je constate que le métier d’infirmière est devenu métier d’infirmier et celui de sage-femme s’est transformé en un nom scientifique ! « Infirmier » pour ne pas blesser l’orgueil masculin bien sûr ! La femme est tellement compréhensive ! Suis-je distrait !

En écoutant la radio au petit-déjeuner, les informations sportives concernent à environ 90% les sports masculins ! Sans compter que beaucoup d’émissions de TV comme C dans l’air, Ripostes, sont envahis d’hommes et d’hommes ! Et la femme pense qu’elle vit tellement le réel qu’elle n’a pas besoin de reconnaissance, elle sait qu’elle vit. Quand elles atteignent l’âge de la retraite, beaucoup ne sont pas déçues car la société reconnaissante leur offre le minimum vieillesse !

Alors, oui, merci Mary Robinson (ancienne présidente irlandaise) pour cette simple affirmation lors de la commémoration de la déclaration universelle des droits de l’Homme :

« Je dois avouer que je préfère l’expression “droits humains” ; c’est plus moderne. »

D’un coup, d’un seul, la moitié de l’humanité sort de l’ombre. Ces paroles sont prononcées un 8 décembre, journée des lumières dans ma bonne ville de Lyon en l’honneur de… Marie ! Ce signe, ce symbole, ne doit pas être du goût des dogmatiques de tout poil.

Ces êtres de tentation dont nous avons besoin pour faire des enfants

J’imagine si bien tous les intégristes, les fondamentalistes, signant la déclaration des droits de l’homme : « Tout à fait d’accord pour ces droits-là » Elémentaire ! Indeed ! Ce vocable est tellement précis ! Les femmes, c’est quoi ? Ah ! vous parlez de ces êtres de tentation dont nous avons besoin pour nous faire des enfants, enfin, des garçons surtout…

Il est normal qu’elles soient lapidées pour donner l’exemple, qu’elles soient cachées à nos frères si fragiles et si sensibles à leurs charmes, qu’elles soient absentes des écoles car voyez le chômage qu’elles provoquent dans vos pays occidentaux, qu’elles soient protégées par leur père, leur frère et leur fils contre elles-mêmes et les autres pères, les autres frères, les autres fils, qu’elles respectent les seigneurs mâles qui disposent de tous les droits sur elles en échange de leurs devoirs naturels de mère, de sœur, de fille ; d’esclave ?

La république française, laïque comme il se doit, a toujours compris que l’homme comprenait l’homme et la femme. La preuve, dans nos chères cités, qui s’ennuie souvent ? Les garçons. Qui est absente des allées, qui doit partir en « tenue correcte » au lycée, au collège, à l’école, au travail et ne s’habiller selon sa volonté qu’en dehors de la cité ? Les filles, ou si vous voulez pour la faire courte, les salopes si joliment chantées dans des chansons jeun’s.

Même si ces mecs là ne sont qu’une minorité, comment ont-ils pu avoir un tel pouvoir relayé par les incuries des pouvoirs publics, les provocations policières et enfin un soutien religieux complètement désintéressé (enfin…) ? La gauche caviar ne voulait pas que ces racailles croisent leurs enfants et la droite a au moins la franchise des classes qu’elle représente, bref des deux côtés, aucune intervention pour les droits de la femme.

Quelle visibilité est donnée aux femmes, des banlieues au Sénat ?

Une petite parenthèse d’ailleurs quand on se rappelle les interviews des journalistes lors des fameuses « émeutes » : comptez le nombre de filles interrogées, c’est un peu le miroir de l’assemblée nationale, du sénat et du gouvernement réunis ! Je ne parle pas des sommets internationaux où parmi les costumes de croque-mort masculins se faufilent deux ou trois couleurs féminines !

Oui, les droits de l’Homme sont bien ceux de l’homme. « On ne peut pas changer le terme d’homme car cette déclaration est gravée dans le marbre… » Magnifique cri de désespoir académicien ! Jetez le marbre alors et gravez autre chose ! Moïse a bien fait détruire le Veau d’or et la tribu a repris sa route.

En ce moment, avec la crise, la pauvreté, la précarité, le chômage, le pouvoir d’achat en berne, il y a quand même plus urgent à faire que de changer un terme de cette foutue déclaration universelle et cette règle de grammaire française ! Mais en admettant que tout aille mieux, on dira : Attendez, la météo est mauvaise, les chiens (et les chiennes) sont maltraités (ou maltraitées), les vieux et les vieilles sont malheureuses (et oui, elles sont plus nombreuses et l’on pourrait choisir le terme de mamy boom plutôt que de papy boom mais il est vrai que l’on ne demande pas l’âge des dames, ça tombe bien !).

Cela me rappelle curieusement ces années 70 quand, militants communistes, nous avions comme consigne de ne pas critiquer publiquement l’URSS. « Le PCF est fort, il ne faut pas l’affaiblir ! » puis, quand il connut ses premiers revers : « Il ne faut pas prêter le flanc aux adversaires de la classe ouvrière ! » C’est ce genre d’arguties qui l’a décapité !

Je suis fondamentalement croyant de tout ce que le divin peut apporter sur terre quant à l’amour de l’Autre, femme ou homme, que ce divin existe ou non, mais quand en son nom on ne pense qu’au sexe, à ses privilèges et à la haine de l’autre, je suppute qu’il y a erreur quelque part et que beaucoup de ces cucuclanesques pseudo religieux devraient échanger le divin contre un divan et ne pas confondre vie et vis.

Il faut adopter leur propre stratégie : faire sauter les verrous un par un, faire reculer les obstacles en scellant une alliance de front, faire de leur crypto théocratie notre adversaire préféré, faire apparaître peu à peu les actrices et leurs soutiens. Et c’est urgent ! Je reconnais que le problème de la femme dans la société est un faux problème parce que je pars d’un postulat erroné : la femme existe. Juste une illusion !

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  • Camille
    Camille
    Mauvais genre
    • Posté à 16h59 le 21/12/2008
    • Internaute 48427
      Mauvais genre

    Je suis d’accord avec vous sauf pour les noms de métiers : dire infimières, sage-femmes, etc... c’est réservé ces emplois aux femmes et entretenir l’idée qu’il y aurait des métiers pour hommes (médecins, plombiers, chauffeur, ...), des métiers pour femmes (assistante maternelle, infirmière, ...) et des métiers mixtes (j’ai personnellement une banquière dont le mari est également banquier).

    • jyeden
      jyeden répond à Camille
      khmer vert ( age des caverne, (...)
      • Posté à 17h38 le 21/12/2008
      • Internaute 20631
        khmer vert ( age des caverne, (...)

      tout ça a été dit
      exemple « la pharmacienne tient elle une officine de pharmacie ou se contente t elle d’etre l’epouse du pharmacien

      y aura t il un jour de sages hommes voir des hommes sages ?

      je n’ai pas compris pourquoi ça derangeait l’auteur quand on masculiniser un métier alors qu’elle semble etre pour l’inverse
      doit on dire “une infirmière de sexe masculin ?

      pour les putes c’est pas grave, on peut dire escort (girl ou boy)

      pour plantes vertes j’ai pas trouvé

      • Dolores Messmaker
        Dolores Messmaker répond à jyeden
        Situation à géométrie variable (...)
        • Posté à 21h08 le 21/12/2008
        • Internaute 42602
          Situation à géométrie variable (...)

        L’auteur est un homme. Il est pour qu’on emploie le féminin quand la majorité d’un groupe est constituée de femmes. C’est le cas pour l’instant de la profession des infirmier(e)s.
        Mais rassurez-vous si vous n’avez pas tout compris, personne ne vous en fera le reproche : la finesse de vos deux derniers exemples atteste qu’on ne peut pas en attendre autant de votre part. D’ailleurs, ya pas du foot à la télé ?

    • FabiendeMénilmontant
      FabiendeMénilmontant répond à Camille
      journaleux - blogueur
      • Posté à 17h40 le 21/12/2008
      • Internaute 14145
        journaleux - blogueur

      Et Roselyne Bachelot, elle est bien « docteur en pharmacie », donc elle était « pharmacien » ; pourtant, sur son officine, à Angers, il était écrit « parmacienne » dans les années soixante-dix.

      Quant aux infirmières, je crois (sans être formel) qu’il existe la dénomination masculine depuis quelques années après la grève dont le porte-parole était « Jésus », le grand barbu mince qui tenait la campement près du ministère quand il ne défilait pas dans les rues.

      • Dolores Messmaker
        Dolores Messmaker répond à FabiendeMénilmontant
        Situation à géométrie variable (...)
        • Posté à 21h09 le 21/12/2008
        • Internaute 42602
          Situation à géométrie variable (...)

        Madame Bachelot est docteure en pharmacie donc pharmacienne. Question de génération sans doute.

      • G2G
        • Posté à 21h13 le 21/12/2008
        • Internaute 17663

        Je garde un immense souvenir de « Grégory, élève sage-femme », qui s’est présenté comme tel un jour d’accouchement.
        Un homme sage-femme... et très à l’aise avec ça.

        Il m’a dit que certains militaient pour l’emploi du terme « maïeute », afin de désigner neutrement les sages femme, femmes et hommes.
        Mais que lui n’aimait pas.
        Il était très tranquille, tout aussi viril que bon.

        Ce que je me suis dit, c’est qu’il assumait l’histoire de son métier, son évolution aussi, et les traces que tout cela faisait dans la langue.

    • Gastlag
      Gastlag répond à Camille
      flâneur | identi.ca/gastlag
      • Posté à 23h36 le 21/12/2008
      • Internaute 8274
        flâneur | identi.ca/gastlag

      Je pense qu’en réalité la solution n’est ni dans la masculinisation ni dans la féminisation (tiens c’est marrant mon correcteur orthographique reconnaît le mot féminisation mais considère masculinisation comme une faute d’orthographe !) des noms de métiers et des expressions. Je pense qu’il faudrait plutôt réintroduire un neutre dans la langue française (et mieux l’utiliser dans les langues qui possèdent déjà un neutre). Car après tout pourquoi s’acharne-t-on à préciser si nos banquières et banquiers ont un clitoris ou un pénis ?
      N’est-ce pas Camille ? ; -)

    • bernard027
      bernard027 répond à Camille
      • Posté à 19h14 le 22/12/2008
      • Internaute 24313

      Mauvais genre mais a « personnellement » une banquière moi j’ai collectivement une superbe attachée (c’est vrai ça fait un peu SM) commerciale et j’essaie désespérément de faire bon genre mais les chiffres sont là...

    • in girum
      in girum répond à Camille
      • Posté à 10h45 le 23/12/2008
      • Internaute 8170

      féminin et féministe ce n’est pas pareil. apposer un e féminin au masculin n’implique pas de féminisme. on peut être un homme et s’appeler Barone.

  • personne
    • Posté à 17h16 le 21/12/2008
    • Internaute 21725

    Encore un facho qui veut imposer sa nov’langue, tous les mêmes, la poutre, la paille, etc... Le même programme que Sarkozy, réécrire l’histoire.

    • Dolores Messmaker
      Dolores Messmaker répond à personne
      Situation à géométrie variable (...)
      • Posté à 21h13 le 21/12/2008
      • Internaute 42602
        Situation à géométrie variable (...)

      Lisez donc les ouvrages de MIchèle Causse : elle décrypte parfaitement comment le langage influence la pensée. Le masculin n’est pas neutre… Il ne s’agit pas de réécrire l’histoire mais de prendre en compte sa composante féminine. Rendre les femmes visibles passe aussi par employer un vocabulaire qui les inclue.

      • personne
        • Posté à 23h00 le 21/12/2008
        • Internaute 21725

        Tous les mois quelqu’un débarque sur Rue89 avec le même discours : société machiste blabla, femmes opprimées blabla, vous pensez mal blabla, je vais redéfinir la langue, le sens des mots, changer la grammaire et l’orthographe et hop le monde sera meilleur et vous pourrez tous pensez comme moi.

        En dehors de l’aspect totalitaire de la démarche (« Lien »), il y a le ridicule, vous n’êtes pas les premiers, avant vous d’autres on éliminé les sourds, les aveugles, les noirs, les arabes et les clodos (pas forcement les mêmes et dans le même ordre, mais le résultat a été le même). Pourtant il y a toujours autant de « non-entendants », de « non-voyants » à pardon ceux-la aussi ont été aussi éliminés au profit des malvoyants (tant qu’à nier la réalité...), de « personnes de couleurs (mais laquelle foutredieu !) », de maghrébins (celle-la doit particulièrement plaire aux turcs), et surtout de SDF (qui meurent comme les clodos d’avant). De même que ethnie à remplacer race dans les discours, les « ethniques » sont toujours victimes de discrimination de la part des « identitaires ». Le « respect » des religions fait qu’aujourd’hui la charria est un code « protégeant » les femmes des pulsions masculines.

        Changez le sens des mots ne donnera a aucune femme plus de droits... surtout dans un pays où elle les possède déjà.

        Et puis ce que j’en suis là autant reprendre l’argument fallacieux de l’article : les droits de l’homme ne serait pas ceux de la femme. Un nain (politique (dans le sens où ce sont ses idées qui sont courtes, je n’ai pas dit que c’était une personne de petite taille)) a un jour dit que les mots avaient un sens ; ce qui est bien évidement faux. Prenons Ga-bu-zo-meu qui n’en a aucun, alors que homme en a deux : il désigne aussi bien la personne humaine en général qu’un simple individu du genre masculin, ce que n’importe quel enfant de 8 ans serait capable de comprendre.

         
        • Gastlag
          Gastlag répond à personne
          flâneur | identi.ca/gastlag
          • Posté à 23h33 le 21/12/2008
          • Internaute 8274
            flâneur | identi.ca/gastlag

          Je crois que personne n’a proposé de sortir une loi obligeant tous les français à parler tel type de français. Donc je ne vois pas en quoi c’est totalitaire. C’est juste ne pas être passif face à la langue que nous utilisons tous les jours et qui influence très fortement nos manières de penser. Et cette attitude nous pouvons l’avoir sans passer par l’Etat.

        • OISANS38
          OISANS38 répond à personne
          retraitée
          • Posté à 09h55 le 22/12/2008
          • Internaute 47327
            retraitée

          A Personne.
          Merci ! j’allais sortir de ma paresse, mais vous l’avez si bien dit.

          J’ajouterai, moi qui suis sans doute nettement plus agée que vous, que je me suis cru revenue 30 ans en arrière. Je comprends pourquoi, au lieu de progresser, la condition féminine régresse.

        2 autres commentaires
    • Alex Nihilo
      Alex Nihilo répond à personne
      • Posté à 21h50 le 21/12/2008
      • Internaute 40435

      Tiens, encore un réactionnaire qui refuse d’évoluer. Tu sais Vladimir (tu permets ?), à force de résister à l’évolution, les dinosaures y z’ont fini par y passer...
      Amitiés gauchistes, progressistes et féministes

  • jyeden
    jyeden
    khmer vert ( age des caverne, (...)
    • Posté à 17h35 le 21/12/2008
    • Internaute 20631
      khmer vert ( age des caverne, (...)

    j’ai pas vraiment compris l’antépénultième phrase du texte

    ni vu de fil de directeur

    un peu fouchtrouille tout ça

    le tout pour en arriver à causer comme les angliches qui employent le « neutre » . Dire « une personne » pour « a person » ?

    quand à la règle de grammaire ou le feminin l’emporterait sur le masulin quan l’assemblée est majoritairement féminine faudrait il faire des comptages ou une estimation

    c’est encore du bon pret à penser pas cher

  • FabiendeMénilmontant
    FabiendeMénilmontant
    journaleux - blogueur
    • Posté à 17h36 le 21/12/2008
    • Internaute 14145
      journaleux - blogueur

    A propos de sexisme et d’inégalités, à quand un sujet sur les promesses de notre bon président, qui « veut » que Mayotte soit un département français ? … ce qui (entre autres choses) va devoir passer par une interdiction de la polygamie dans l’île.
    Bien sûr, comme tous les Français sont égaux, il est d’ores et déjà prévu que, en 2014, le RSA soit à 75 % du montant français.

  • Numerosix
    Numerosix
    Prisonnier dans le village (...)
    • Posté à 17h42 le 21/12/2008
    • Internaute 14499
      Prisonnier dans le village (...)

    Le prix 2008 de l’ article contenant le plus d’ amalgames à la gomme qui collent au dents est attribué à :

    Plaidoyer masculin pour une grammaire féministe
    Par Jean Barone Enseignant | 21/12/2008 | 16H47

    On dit les malheurs « du sophisme » ou « de la Sophie » ?

    ( un conseil, mesdames , méfiez vous des collabos !)

    • jyeden
      jyeden répond à Numerosix
      khmer vert ( age des caverne, (...)
      • Posté à 18h01 le 21/12/2008
      • Internaute 20631
        khmer vert ( age des caverne, (...)

      a part ces amalgames à la gomme qui collent, tu as compris quelquechose au developpement de l’article toi ?
      passque moi pas trop
      sauf qu’il fallait de l’egalité jusque dans la grammaire

      • Numerosix
        Numerosix répond à jyeden
        Prisonnier dans le village (...)
        • Posté à 18h25 le 21/12/2008
        • Internaute 14499
          Prisonnier dans le village (...)

        Et avec une grammaire ou tous les mots sont égaux , je te raconte pas a quel point c’est dur de parler un langage intelligible , Jyeden ...

        Ha ! ha !
        ( bien vu)

         
        • asozial
          asozial répond à Numerosix
          Bobo reprazent - aus Berlin.
          • Posté à 21h55 le 21/12/2008
          • Internaute 2273
            Bobo reprazent - aus Berlin.

          encore ton point faible, #6, ton machisme épidermique...

          pourquoi la misogynie est-elle plus facile à faire passer avec un ricanement égrillard que le racisme ? il y a pourtant plus de femmes qui meurent sous les coups de leurs maris que de mosquées ou de synagogues incendiées...

          • Numerosix
            Numerosix répond à asozial
            Prisonnier dans le village (...)
            • Posté à 23h01 le 21/12/2008
            • Internaute 14499
              Prisonnier dans le village (...)

            Tout de suite les grands maux ...

            Cordialement Asozial .

          • Lory _
            Lory _ répond à asozial
            /
            • Posté à 14h41 le 22/12/2008
            • Internaute 62220
              /

            Une femme n’est pas un bâtiment. Par contre il y a plus de femmes qui meurent sous les coups de leur « compagnon » que de morts par taser, mais on en parle beaucoup moins.

    • sup. à la demande du riverain 29 juin
      • Posté à 19h05 le 21/12/2008
      • Internaute 58127
        bye bye ...

      chers Numérosix et Jyeden

      je crains bien que vous ne soyons passés à côté d’un fait important qui prouve combien ce brillant écrivain prozac plaide en fait pour un immobilisme militant.

      Le titre de ce pensum ne précise-t-il pas que ce « plaidoyer » est « masculin » ?

      Comme si cela devait lui conférer une importance supérieure à tout autre. Comme s’il devait être pris en plus grande considération, comme si cela manifestait d’une « mâle » autorité.

  • sup. à la demande du riverain 29 juin
    • Posté à 18h43 le 21/12/2008
    • Internaute 58127
      bye bye ...

    Dès le départ, nous sommes passionnés par ces propos que l’on sent d’une grande profondeur (d’enseignant bien sûr).

    1 - « L’ancienne présidente irlandaise Mary Robinson a mis les pieds dans le plat [...]. Enfin la bonne nouvelle ! “

    on voit bien que vous ne connaissez pas sa pointure.

    2 - ‘Je n’alourdirai pas mon propos

    ouf j’ai eu un instant de doute : savoir si je pourrai en supporter davantage.

    3 - Bourdieu !
    forcément Bourdieu comment n’y pas penser plus tôt !
    Comme dans les cinq dernièes minutes’ :
    ‘mais Bourdieu ! mais c’est bien sûr !’

    C’est beau comme une note de service.

  • Bobland59
    Bobland59
    cadre Cial retraité
    • Posté à 18h03 le 21/12/2008
    • Internaute 47677
      cadre Cial retraité

    Les exemples viennent aussi de certaines comme par exemple notre ministre ( MAM) de la police et avant des armées, elle a toujours refusé de faire nommer madame LA ministre mais bien madame LE .
    Un secrétaire est généralement un monsieur haut placé, à la difference d’une secrétaire du patron, c’est elle qui sert le café aux réunions . Et des exemples de la vie courante nous pourrions en citer 10 000 ......
    Je suis d’accord, comme la signataire de l’article, pour bousculer les règles du français et dans les autres langues il y a aussi des normes à revoir . Puisque les dames sont 55% de la population mondiale !

    • GT.13.NRV
      GT.13.NRV répond à Bobland59
      NEGOCIANT
      • Posté à 21h43 le 21/12/2008
      • Internaute 51698
        NEGOCIANT

      LE signataire. C’est fou comme inconsciemment on attribue à forcément à une femme tout propos féministe…

      • juliettelucie
        juliettelucie répond à GT.13.NRV
        Agitée du bocal
        • Posté à 13h26 le 22/12/2008
        • Internaute 4918
          Agitée du bocal

        J’y ai vu de l’ironie, une petite blague, pas une erreur.

    • Coragyps Atratus
      Coragyps Atratus répond à Bobland59
      Dans l'attente du moment propice
      • Posté à 12h57 le 22/12/2008
      • Internaute 37338
        Dans l'attente du moment propice

      Pour votre exemple sur MAM, il me semble que cette femme a parfaitement raison de refuser le « Madame LA ministre » sans quoi, elle serait considérée comme étant la femme d’un ministre et non ministre elle même...
      Il s’agit de la même chose à propos d’« ambassadeur ». Lorsqu’il est féminisé, ce mot (ambassadrice) désigne l’épouse de monsieur l’ambassadeur.
      Pour s’adresser à une femme qui exerce le métier d’ambassadeur, on dira « madame l’ambassadeur ».

      La langue française est pleine de subtilités et c’est vrai que ces dernières échappent à certains mais est-ce une raison suffisante pour abaisser encore le niveau de notre vocabulaire et de connaissance ?

      La volonté de vouloir féminiser le langage privera notre belle langue de certaines subtilités.

      La langue tend à devenir aussi fade et insipide qu’un hamburger (ère du politiquement correct). Des individus comme le rédacteur de cet article participe grandement à l’oeuvre de nivellement de notre langue par le bas.

  • Tinhinane
    Tinhinane
    Médiatrice scientifique
    • Posté à 18h38 le 21/12/2008
    • Internaute 4901
      Médiatrice scientifique

    Voici un texte que j’avais sorte d’un « vieux livre » et que j’ai fait largement. Il est très éclairant sur la très lente évolution de la société sur certains sujets.

    Texte de Victor Meunier, extrait de « La Science et les savants en 1867 », IV, p. 253 à 258, Paris Germer-Baillère, Libraire-Editeur, 1868.

    LES FEMMES DOCTEURS - MISS ELISABETH BLACKWFVL.

    Le Journal de Boston nous apprend que les médecins de cette ville viennent d’organiser une ligue contre l’admission des femmes dans la profession médicale. « Aux écrits dirigés contre cet envahissement les faits succèdent » écrit la susdite feuille, et elle ajoute qu’après une longue discussion, « la Société de médecine du comté de Philadelphie a résolu à l’unanimité que la dignité professionnelle s’oppose à ce que les membres de cette compagnie donnent aucun encouragement aux dames médecins et, consentent à se trouver en consultation avec aucune d’elles. »

    Ces résolutions intolérantes donnent une assez haute idée des progrès que l’institution contre laquelle elles sont dirigées a faits dans ces derniers temps aux Etats-Unis. New York possède depuis plusieurs années déjà une Académie de médecine entièrement composée de dames. Boston a son collège médical féminin : The New England medical college. Les chaires en sont occupées par des dames qui toutes ont conquis le grade de docteur. C’est une dame qui démontre les opérations obstétricales. C’est encore une dame qui dirige les travaux anatomiques. Au Collège est annexé un hôpital pour les femmes et les enfants.

    L’Angleterre et la Russie ont suivi l’exemple des Etats-Unis. On cite entre autres madame Garetta, obtenant du Collège médical de Londres un diplôme qui lui permet d’exercer la profession médicale. Saint-Pétersbourg comptait il y a trois années trente jeunes filles, qui suivaient les cours de son école de médecine.

    Ce mouvement qui embrasse aujourd’hui les deux mondes a été créé par une dame anglaise de naissance (elle est née à Bristol) et que l’émigration a faite américaine. Son père, chargé d’enfants, s’expatriant avec tous les siens, était allé chercher la fortune aux Etats-Unis ; il y trouva une mort prématurée. L’aînée des orphelines, miss Elisabeth Blackwell, toute jeune encore, se trouva être le seul appui de neuf personnes. Elle ne s’en effraya point. Dès cette époque elle avait formé le dessein d’étudier la médecine. L’ambition d’élargir le champ de l’activité féminine, la conviction que dans beaucoup de maladies le ministère d’une femme serait préférable à celui de l’homme : tels étaient ses mobiles. Mais elle s’interdit d’obéir à ce que nous pouvons aujourd’hui appeler sa vocation avant d’avoir rempli dans toute leur étendue les devoirs que lui imposait sa situation de chef de famille. Elle ajourna donc son projet jusqu’au temps où ses enfants, je veux dire ses frères et ses sœurs, seraient en état de se passer d’elle. Elle ouvrit une pension, la dirigea pendant sept années et ne se retira qu’après avoir assuré l’avenir de chacun des siens.

    On se rappelle combien l’entrée de mademoiselle Blackwell dans la famille d’Esculape excita dans notre heureux pays la verve caustique des écrivains de la presse médicale. Une femme docteur ! quelle intrusion ! et je ne suis pas certain que vous même, Madame (si une dame me fait l’honneur de me lire), vous trouviez parfaitement raisonnable que les femmes, après avoir, dans ces dernières années, usé de tant de chapeaux de formes différentes, essaient à la fin du bonnet de docteur. Je reconnais d’ailleurs qu’il y a ici matière à discussion, mais on m’accordera que la critique ne serait ni sérieuse ni équitable si, de l’exemple excentrique que mademoiselle Blackwell a donné aux personnes de son sexe, on séparait l’exemple héroïque que cette jeune mère de neuf enfants adoptifs a donné à tout le monde.

    C’est en 1843 qu’ayant rempli jusqu’au bout les devoirs qu’elle s’était imposés, cette femme remarquable se jugea libre de disposer d’elle-même comme elle l’entendait.

    Mademoiselle Blackwell se mit aussitôt à l’étude du grec, et du latin ; elle y consacra deux années. Lorsque, ses études littéraires étant achevées, elle se présenta aux cours publics, l’accès lui en fut interdit. Cet obstacle, étant prévu, ne pouvait la décourager ; elle eut recours à des maîtres particuliers. C’est le docteur Allen qui lui enseigna l’anatomie. Sa persévérance et le respect qu’elle inspirait finirent par lui ouvrir la Clinique de l’hôpital Blockey de Philadelphie. Plus tard, elle fut admise à suivre les cours du Collège médical de Genève à New York. Elle subvenait à ses dépenses et aux frais de ses examens en donnant des leçons d’anglais et de musique.

    C’est dans cette dernière ville qu’en 1849 mademoiselle Blackwell fut reçue docteur. Sa thèse inaugurale roulait sur les maladies des gens de mer. La Faculté trouva cette œuvre assez remarquable pour décider qu’elle serait imprimée à ses, frais. L’année suivante, la doctoresse visita l’Angleterre où elle reçut l’accueil le plus distingué. Elle vint à Paris, comptant suivre nos cours si libéralement ouverts à tout le monde, les femmes exceptées. On y mit la condition inacceptable, honteuse, honteuse, pour ceux qui la posaient, que mademoiselle Blackwell prendrait le costume masculin. Elle put cependant sans déguisement étudier à l’hôpital de la Maternité les maladies des femmes et des enfants.

    Nous avons eu l’honneur de la revoir parmi nous en 1859. A cette époque New York possédait depuis trois années déjà une académie de médecine, exclusivement consacrée au sexe féminin. Plusieurs femmes intelligentes et courageuses, marchant sur le s traces de mademoiselle Blackwell, avaient à leur tour conquis le diplôme de docteur. Une de ses sœurs, mademoiselle Emilie, était du nombre. Mademoiselle Elisabeth Blackwell n’était donc plus seule, et elle avait un mérite inappréciable ; elle avait réussi. Aussi excita-t-elle un véritable enthousiasme, lorsqu’au mois de juin de l’année précitée, elle ouvrit à Londres un cours public. Ce cours avait pour but de mettre en relief les avantages que la profession médicale offre aux femmes capables intellectuellement et moralement de l’embrasser, et l’étendue des services qu’elles peuvent rendre dans l’exercice de la médecine. A peine la première séance était-elle terminée, qu’une des assistantes convoquait chez elle un meeting pour y discuter la proposition de fonder un hôpital école ; lady Byron, veuve du grand poète, offrait de contribuer à l’œuvre par le don d’une maison ; une autre dame était prête à verser immédiatement une souscription de 5,000 livres (125,000 fr.), et à fournir une rente annuelle de 300 livres. La réception de madame Garetta au grade de docteur prouve que ce beau feu n’a pas été un feu de paille.

    Je ne suis pas de ceux qui y trouvent à redire. Je crois bien avoir lu tout ce qui a été, écrit contre les femmes médecins, la critique ne m’a pas converti. Plus j’y réfléchis, plus je suis persuadé, au contraire, que mademoiselle Blackwell a ouvert aux femmes capables de hautes études une carrière où elles s’engageront avec profit pour les autres et pour elles-mêmes. Je ne vois aucune raison non pour que cette carrière leur soit interdite, cela va de soi, mais pour qu’elles se défendent à elles-mêmes d’y entrer. Cela soit dit uniquement pour qu’on ne m’accuse pas d’éluder une question réputée délicate, car l’espace me manquerait pour la traiter.

    La seule conclusion que, pour le moment, je veuille tirer de ce qui précède, c’est qu’après les succès obtenu, par la grande doctoresse américaine et ses imitatrices déjà nombreuses, dans une sphère d’études d’un ordre aussi élevé que la médecine, il devient tout à fait superflu de démontrer que l’aptitude scientifique n’est pas l’attribut exclusif de l’homme. Les faits parlent. Je les enregistre avec, satisfaction, mais sans m’en exagérer la valeur : je n’avais pas attendu qu’ils se produisissent pour être convaincu que les deux sexes ne forment pas deux espèces. Si éloquents qu’ils soient, ils ne m’apprennent rien. Ce qui, au contraire, me parait nouveau, et plein d’enseignement, c’est le goût qu’un si grand nombre de femmes, et un nombre rapidement croissant, témoignent de nos jours pour les choses de la science. Elles soutiennent de leurs deniers l’Association scientifique pour l’avancement des sciences ; elles honorent ses réunions de leur présence, ce qui explique pourquoi ces réunions sont si courues ; elles ont fait le succès des conférences de, la Sorbonne, du Conservatoire de musique, de l’Athénée. Voilà le nouveau, et l’une des plus grandes nouveautés du siècle. Peut-être aurai-je l’occasion de dire comment, à mon avis, c’est-à-dire dans quel sens et de quelle heureuse façon l’accession des femmes à la science influera sur les tendances de celle-ci et par suite sur l’avenir de la société.

  • 101.7
    101.7
    Promeneur
    • Posté à 18h51 le 21/12/2008
    • Internaute 59121
      Promeneur

    Je crois comprendre que maintenant il faut dire :

    Un verge et une vagin ?

  • thierry reboud
    • Posté à 19h11 le 21/12/2008
    • Internaute 20923

    Plaidoyer pour une grammaire féministe ? Je vous demande pardon ? Hormis l’exemple portant sur l’utilisation du pronom elles quand la majorité d’un groupe est constituée de femmes, je ne vois guère (sauf erreur) que des exemples portant sur le vocabulaire, ce qui est tout de même assez différent, et des exemples pas toujours bien inspirés (par exemple, un ou une sage-femme est la personne qui prend soin des femmes).

    Remplacer droits de l’homme par droits humains est sans aucun doute une initiative opportune, mais elle a peu à voir avec la grammaire. Néanmoins, si le seul intérêt de remplacer droits de l’homme par droits humains est d’avoir l’air plus moderne, alors désolé Mrs Robinson : on s’en fout. Ce qui est bien plus intéressant dans cette querelle sémantique, c’est que l’expression droits humains me paraît plus propre à donner une transcendance à ces droits, puisque ce seraient les droits qui seraient humains, et pas les bénéficiaires.

    Mais même le seul exemple grammatical me paraît extrêmement précaire : j’imagine que si l’on formulait les choses autrement (par exemple : au pluriel ou lorsqu’il s’agit de désigner un groupe indéfini, le masculin se dégrade en neutre), on y verrait tout de suite moins d’inconvénient, et ça tomberait bien puisque c’est à peu près ce qui se passe.

    Je dois dire que le fait qu’un enseignant revendique comme un titre de gloire le fait de corriger des énoncés corrects du point de vue grammatical ou lexical, ça m’en bouche un coin. Bien sûr, je ne peux guère m’offusquer de ce qu’un professeur d’économie ne soit guère au fait de la chose grammaticale, mais tout de même : la grammaire (comme le vocabulaire, d’ailleurs) n’est guère plus qu’une convention qui permet à des personnes de comprendre ce que disent d’autres personnes.

    Toutes les théories selon lesquelles les mots masculins seraient valorisants quand les mots féminins seraient dépréciatifs me paraissent passablement puériles (sans distinction de genre ou de sexe) : qu’est-ce qui est le plus déprécié, la guerre ou la paix ? Le soleil ou la lune ? La merveille ou le monstre ? La nymphomane ou l’obsédé sexuel ? Bref, on pourrait multiplier les exemples à l’infini : tout cela ne prouve strictement rien et me semble être un combat mal fondé et probablement très amusant, mais ne débouchant réellement sur aucune forme d’émancipation réelle. Chacun fait bien ce qu’il veut, et il ne me viendrait pas à l’idée de moquer les philatélistes ou les pêcheurs à la ligne. Barone peut donc bien s’amuser à la grammaire révolutionnaire, pour autant que cela demeure un passe-temps.

    La grammaire ou le vocabulaire (de n’importe quelle langue) sont les produits d’évolutions longues et complexes. En général, il se trouve un équilibre qui permet de s’entendre, ce qui est après tout le principal, puisque c’est leur but premier. A trop jouer au petit linguiste en chambre, on court le risque de produire une sous-langue (qui aurait, en effet, beaucoup à voir avec la novlangue orwellienne, comme le remarque Personne) faisant croire qu’elle émancipe alors qu’il n’en serait rien, probablement tout au contraire. Il me paraît beaucoup plus important, essentiel même, que les petites filles (et les petits garçons) apprennent à maîtriser la langue commune (y compris les règles du pluriel qui ulcèrent tant Barone) et à utiliser leurs capacités d’analyse que de livrer une guerre de titans contre des moulins à vent.

    • jyeden
      jyeden répond à thierry reboud
      khmer vert ( age des caverne, (...)
      • Posté à 19h55 le 21/12/2008
      • Internaute 20631
        khmer vert ( age des caverne, (...)

      bon peut etre faudrait il dire droit des humains si l’on veut etre precis
      mais droits de l’homme ou droits des humains ça me semble vachement en perdition des derniers temps
      en France
      a mayotte
      en correze
      et dans le reste du monde
      je me demande si ça vaut le coup d’une interrogation gramaticale, le temps qu’on trouve la solution, ça sera completement obsolete : -))

    • Lory _
      Lory _ répond à thierry reboud
      /
      • Posté à 12h18 le 22/12/2008
      • Internaute 62220
        /

      C’est bien pratique, ce genre de discours, pour éliminer le problème sans en avoir l’air en en dénonçant la « puérilité » et légitimer la misogynie de la langue.
      L’article présent sans doute des défauts, il n’en reflète pas moins une réalité.
      Ton docte discours grammatical sur « les droits humains » ? On croirait entendre les arguments de la commission française consultative des droits de l’homme pour réfuter l’utilité du changement de terme dans un avis daté du 19 décembre 1998. :
      Lien

      « Il me paraît beaucoup plus important, essentiel même, que les petites filles (et les petits garçons) apprennent à maîtriser la langue commune (y compris les règles du pluriel qui ulcèrent tant Barone) et à utiliser leurs capacités d’analyse »

      Oui évidemment, l’ennui est que les petits garçons sont plus légitimés et autorisés à s’en servir :
      Lien

      sans parler des clichés véhiculés par les manuels scolaires :
      Lien

      Si ce n’est une question de grammaire, c’en sera une de vocabulaire ; par conséquent la féminisation de nombre de terme, y compris dans les manuels scolaires, et par conséquent l’adaptation de certaines normes grammaticales mériterait certainement d’etre faite.

      D’ailleurs, le Québec qui n’a pas de ces hésitations tatillonnes, et où l’on n’hésite pas à féminiser le vocabulaire, est 4ème au classement mondial pour la qualité de son système scolaire. La France 21ème je crois. On ferait peut-etre bien de s’en inspirer...

      • thierry reboud
        thierry reboud répond à Lory _
        • Posté à 12h36 le 22/12/2008
        • Internaute 20923

        Ah, Lory... Bonjour Lory.

        Il faut croire que tu m’as lu un peu de travers (ou trop vite) puisque j’explique précisément quelles sont les raisons qui font que je tiens le remplacement de l’expression droits de l’homme par droits humains pour parfaitement légitime et utile. Simplement il se trouve que mes raisons ne sont pas les mêmes que celles de Robinson ou Barone.

        Nous parlons de langue, là. Pas de clichés sexistes véhiculés par les manuels scolaires (puisque là-dessus je suis parfaitement d’accord avec toi). Pas de légitimité plus grande pour les garçons que pour les filles à se servir de cette langue ou de leurs capacités d’analyse (puisque là-dessus je suis parfaitement d’accord avec toi).

        Croire que renommer les choses suffit à les changer, ça risque de vous (et à vos filles) occasionner pas mal de désillusions. Quand les faits auront changé, la langue suivra (et ni toi, ni moi, ni Barone ne savons dans quelle direction). Il me paraît autrement urgent de se préoccuper de changer, réformer ou révolutionner les faits plutôt que de jouer, assez futilement si tu veux mon avis, à les renommer (lis donc, un peu plus bas, l’excellent commentaire [je trouve] de Nadine Mouque).

        Bref, ce féminisme cosmétique me paraît tout à fait propre à conforter (plus que l’ébranler) le statu quo.

         
        • Lory _
          Lory _ répond à thierry reboud
          /
          • Posté à 15h07 le 22/12/2008
          • Internaute 62220
            /

          Les salutations ne sont pas une obligation et j’ai plutot tendance à ne pas m’en encombrer, mais bonjour quand meme.
          J’ai lu le commentaire de Nadine Mouque, ce qu’elle dit est vrai mais le fait que le vocabulaire soit sexiste est une des raisons qui fait que les « faits » qu’elle décrit sont ce qu’ils sont. Donner aux termes la forme appropriée ne me parait donc pas inutile et encore moins puéril, la preuve en est que la simple proposition de changer « droits de l’Homme » en « droits de la personne » pose problème et que le conservatisme maintenu en France à ce sujet est garant du « status quo » et le conforte.

          Le fait, par ailleurs, que par exemple l’emploi du taser qui provoque tout au plus une colique soulève infiniment plus de protestations que la mort d’une femme sous les coups du compagnon, ce qui est tout de meme plus fréquent qu’une colique due au taser quoi que n’ayant rien de grammatical, c’est un choix cosmétique de l’extrème gauche pour éviter certains sujets épineux ?

          • shillom
            shillom répond à Lory _
            • Posté à 09h52 le 23/12/2008
            • Internaute 22134

            Le problème du Taser est lié à un sujet d’actualité, mais je pense qu’on parle bien plus des violences faites aux femmes, qui sont inscrites dans nos mémoires depuis tant d’années, que du Taser dont la notoriété reste très marginale. J’ai comme le sentiment que vous vous sentez particulièrement touchée par cette cause...

            Une chose me choque comme toujours, dans cette recherche de langue idéale. Les femmes se sont battues pour obtenir une égalité de droits avec les hommes, ce qui était évidemment, et reste parfois nécessaire. Maintenant il faudrait réformer la langue à tout va, sous prétexte d’égalité ? J’ai bien du mal à percevoir ce que ça changerait. Un goujat restera toujours un goujat, mesdames, et encore une fois, à force de pointer du doigt ces différences, on ne fait bien souvent que les accentuer.

            La vision de la femme objet me semblerait une problématique beaucoup plus cruciale que cette sombre histoire de sémantique. Celle-ci est entretenue depuis des années par la publicité, par la télévision, par la femme elle-même parfois, je pense à toutes ces bimbos peinturlurées que nous pouvons voir chaque jour dans la rue. On est d’ailleurs en train de l’étendre pas à pas à l’homme, c’est formidable, nous allons vers une égalité dans la médiocrité. Là, il y a un véritable combat à livrer.

            Enfin, êtes-vous d’accord pour considérer que des différences psychologiques existent entre hommes et femmes, peut-être véhiculées par une éducation, peut être physiologiques, ou les 2 ? Commençons par élever nos enfants de la même manière, qu’ils soient fille ou garçon. Le jour où les filles ne voudront plus nécessairement jouer avec des poupées et les garçons avec des petites voitures, nous auront fait un vrai pas en avant. Mais il faudra peut-être en passer par une rupture avec les princes charmants et les preux chevaliers... mais franchement, la langue me semble bien accessoire dans tout ça.

            • Lory _
              Lory _ répond à shillom
              /
              • Posté à 10h36 le 23/12/2008
              • Internaute 62220
                /

              Heureusement que vous venez me le dire, sans vous je ne l’aurais pas remarqué et ça fait pourtant une vie (oui, une vie) que je m’intéresse aux problématiques féministes.

              Non, on ne parle pas davantage des violences faites aux femmes que du taser ou d’autres sujets d’actualité infiniment moins importants. Il n’y a même pas besoin de faire de statistiques pour s’en rendre compte tellement c’est évident. Et la question des violences masculines n’est pointée que depuis peu de temps, depuis l’enquête ENVEFF.

              La question n’est pas de « réformer la langue à tout va, sous prétexte d’égalité », mais de féminiser la langue parce qu’elle en a besoin. Quand les goujats parleront spontanément d’auteurE, de chercheurE, docteurE ou professeurE, etc... (je mets la majuscule pour vous le faire remarquer mais la minuscule peut suffire) ils le seront déjà beaucoup moins.

        3 autres commentaires
  • suppriméàlademandeduriverain
    • Posté à 20h00 le 21/12/2008
    • Internaute 60109

    Le titre de votre article m’interpelle.
    Pourquoi « Plaidoyer masculin » et non pas « Plaidoyer » tout simplement ?
    Votre prénom est sans équivoque, me semble-t-il, quant à votre « genre » comme on dit en grammaire.
    Cet adjectif me parait donc tout aussi superflu que de nature à semer le doute quant à votre souhait d’être, en mots, sur pied d’égalité avec la Femme.
    Entre parenthèse, il eut été humoristiquement bien vu d’employer le terme « plaidoirie ».
    Pourquoi, enfin, ne pas avoir choisi « grammaire féminine » ou « grammaire au féminin » en lieu et place de la locution « grammaire féministe » ?
    Sans compter qu’il eut fallut associer, dans le libellé du titre, le mot « orthographe » à celui de « grammaire ».

    • juliettelucie
      juliettelucie répond à suppriméàlademandeduriverain
      Agitée du bocal
      • Posté à 13h31 le 22/12/2008
      • Internaute 4918
        Agitée du bocal

      Il y a des chances pour que le titre ait été choisi (ou édité) par Rue89. N’accusez pas l’auteur (ni Rue89, c’est une pratique commune)

  • Alexander Doria
    Alexander Doria
    wikipédien…
    • Posté à 19h48 le 21/12/2008
    • Internaute 42699
      wikipédien…

    D’accord avec Thierry Reboud, qui exprime ma position sur le sujet. Il est inutile de renommer tous les noms de métiers évoqués : ce qu’il faut juste changer pour être « féministe », c’est les catégories grammaticales. En Angleterre, le problème se pose assez peu dans la mesure où le neutre a avalé les deux genres, et où donc, la quasi-totalité des noms sont neutres (Man pour désigner l’ensemble de l’humanité étant l’exception). En France, par contre, le neutre a été avalé par le masculin, suite un processus de confusion entre les deux genres (il n’y a qu’à observer les équivalences entre les noms latins neutres et les noms français : presque tous sont devenus masculins : templum, le temple, stadium, le stade etc.).

    De fait la situation du français est comparable à un certain nombre de langues, comme le Hitite, où existe un masculin-neutre. Le plus simple serait donc, ainsi, de modifier les catégories grammaticales actuelles, qui ne sont qu’un simple décalque du latin, au profit de catégories grammaticales proprement française et qui tienne compte du caractère particulier du masculin-neutre. Ainsi l’expression « droit de l’Homme » est à conserver dans la mesure où « l’Homme » en français a valeur de neutre (au besoin singularisable par une majuscule). Je vois mal de fait au nom de quoi, Md Robinson se permet de critiquer les règles de grammaires d’une langue qui n’est pas la sienne. Elle vit dans une langue, l’anglais, qui a ses règles de grammaires particulières, fort bien, mais elle n’a pas à vouloir imposer ces catégories susdites au reste du monde : c’est de l’impérialisme linguistique.

  • dulconte
    dulconte
    Mordu par un fachogarou
    • Posté à 19h51 le 21/12/2008
    • Internaute 250
      Mordu par un fachogarou

    Au lieu de s’insurger de l’emploi du masculin pour un usage neutre retournons le problème. Il existe 3 formes en français, le masculin le féminin et le neutre. Actuellement neutre et masculin se confondent. Bien... différencions masculin et neutre, ça sera toujours moins laid que la féminisation de nombreux mots comme auteure que je trouve particulièrement horrible.

    C’est à vous professeur de sortir des programme si vous les trouvez machiste. J’ai le souvenir d« un prof en prépa qui voyant notre hermétisme à Borgès nous à fait lire en parallèlement le nom de la rose, le résultat a été spectaculaire. A vous d’inventer ce genre de subterfuge pour faire lire des penseurs (neutre) telle que Simone de Beauvoir.

    Pour le reste vivant dans un pays latino-américain j’ai bien du mal à trouver les français machistes.

    • anini
      anini répond à dulconte
      terrienne de souche !
      • Posté à 20h03 le 21/12/2008
      • Internaute 51759
        terrienne de souche !

      Tout est relatif ! ....
      Il vaut mieux être une femme chez les latins que chez les afghans !
      Ceci dit c’est vrai que la plupart des femmes ont d’autres choses bien plus importantes à conquérir (ou à défendre !) que des problèmes orthographiques !

      • dulconte
        dulconte répond à anini
        Mordu par un fachogarou
        • Posté à 20h17 le 21/12/2008
        • Internaute 250
          Mordu par un fachogarou

        c’était un peu le sens de ma remarque. Cependant des fois je me dis que la condition de la femme, surtout dans les classes les plus pauvres de la société, n’est pas beaucoup plus enviable en Amérique-latine qu’en Afghanistan.
        ce qui se passe à Ciudad Juarez est absolument terrifiant, surtout quand l’on sait que, même si c’est plus caché, d’autres villes mexicaines vivent les mêmes drames. Je ne vous parle même pas de l’avortement qui est impossible pour les femmes pauvres, alors que les secteurs les plus riches et influents, des avortements dans les plus belles cliniques privées de la capitale se pratiquent tous les jours. Cette classe haute de la société est aussi celle qui milite le plus violemment dans les mouvements pro-vie avec le soutient d’une église gravement archaïque et compromise avec les dictatures des années 70 et 80.

        alors que : Lien

         
        • Lory _
          Lory _ répond à dulconte
          /
          • Posté à 17h20 le 22/12/2008
          • Internaute 62220
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          Parler de « condition de la femme » supposerait qu’il ait et doive y avoir une condition spécifique aux femmes qui serait une sorte d’appendice, d’ersatz ou d’à coté de la condition humaine. C’est une expression essentialiste qui suppose un « éternel féminin » qui n’existe pas, n’a jamais existé ailleurs que dans l’esprit des hommes pour rejeter les femmes dans l’altérité.
          Et si les femmes vivent dans de terribles conditions en Amérique latine ou ailleurs, c’est bien parce que l’altérité qu’on leur suppose permet aux hommes de les réduire au rang de bétail.

        1 autres commentaires
      • Lory _
        Lory _ répond à anini
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        • Posté à 15h29 le 22/12/2008
        • Internaute 62220
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        L’un n’empèche pas l’autre, c’est complémentaire.

    • Lory _
      Lory _ répond à dulconte
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      • Posté à 15h48 le 22/12/2008
      • Internaute 62220
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      Ce n’est pas parce que les pays d’amérique latine sont très machistes ( et je connais plusieurs de ces pays) que le machisme n’existe pas en France ni en Europe et qu’il ne faudrait pas en parler. Que ce soit pire ailleurs n’excuse pas ce qui existe ici.

  • suppriméàlademandeduriverain
    • Posté à 19h58 le 21/12/2008
    • Internaute 60109

    En parlant de « révision » d’orthographe, voici un lien qui donne sur page que je vous invite à ouvrir :
    Lien
    Ca donne, parfois, des choses étonnantes... qui me semblent, pour certaines, nettement plus ennuyeuses et gênantes qu’un mot qui ne se décline pas au féminin.

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