Appel à questions 18/12/2008 à 16h50

Wal-Mart : clients heureux et travailleurs pauvres

Gilles Biassette | Journaliste



Dans un supermarché Wal-Mart de Santa Clarita, en Californie, en avril 2008 (Mario Anzuoni/Reuters).


Co-auteur de « Travailler plus pour gagner moins, la menace Wal-Mart » avec Lysiane Baudu, Gilles Biassette décrypte les sales pratiques sociales du leader de la grande distribution américaine, qui, au prétexte de prix bas pour tous, sont en train de gagner la France. Posez-lui vos questions, ses réponses seront publiées lundi.


Jaquette de ’Travailler plus pour gagner moins, la menace Wal-Mart’ (DR).

Malgré Noël, l’heure n’est pas à la fête dans les supermarchés du monde. Crainte du chômage et chute du pouvoir d’achat ont raison des bonnes intentions des classes moyennes.

Une première victime a déjà sombré : en Grande-Bretagne, la chaîne Woolworths, a annoncé que ses magasins baisseront prochainement, et pour de bon, leurs rideaux de fer. Après un siècle d’existence, le groupe a été terrassé par la crise du crédit et l’effondrement des ventes.

De ce coté-ci de la Manche aussi, les chiffres sont mauvais. Si Carrefour tient toujours debout, son action, elle, vacille : elle a perdu près de 40% de sa valeur en un an.

Partout, la déprime règne. Partout ? Pas tout à fait. Car aux Etats-Unis, le géant du secteur, lui, se frotte les mains : alors que ses concurrents ne résistent pas au sévère coup de froid ambiant, alors que le pays s’enfonce dans la récession, Wal-Mart voit au contraire les foules affluer. Au troisième trimestre, ses profits ont même augmenté de 10%.

Son secret ? Des prix bas, à tout prix. Une stratégie qui a fait de cette petite épicerie de l’Arkansas, dans l’Amérique profonde, la première entreprise mondiale, toutes catégories confondues, en quatre décennies. Enfin une bonne nouvelle pour l’Amérique ? Pas sûr. Et certainement pas pour tout le monde.

Que l’Amérique aille bien ou mal, Wal-Mart prospère

Pour les consommateurs, Wal-Mart est une aubaine. Plus les fins de mois sont difficiles, plus les Américains raffolent de ses bonnes affaires. Avec son chiffre d’affaires de 378 milliards de dollars -autant que Ford, IBM, Boeing et Microsoft réunis…- la chaîne continue de voir l’avenir avec sérénité. Car quand l’Amérique va bien, Wal-Mart va bien. Mais quand l’Amérique va mal… Wal-Mart va bien aussi !

A la recherche de la moindre économie, les Américains se ruent chez le roi du discount. D’autant qu’ils y trouvent de tout : dans ses hypers ouverts 24 heures sur 24, plus de 140 000 produits sont référencés -contre 50 000 dans un Carrefour moyen. Un seul trajet suffit pour remplir le frigo, la penderie et même le garage. Un seul trajet, donc moins d’essence -c’est toujours bon à prendre. Bon à prendre pour qui ? Pour tout le monde, ou presque : neuf Américains sur dix habitent à moins de 25 kilomètres d’un Wal-Mart.

Wal-Mart responsable de la destruction de 200 000 emplois

Mais les Américains n’ont pas seulement besoin de prix bas, ils ont aussi besoin d’un job. Or Wal-Mart crée surtout des emplois… en Chine. Il y a deux ans encore, la chaîne achetait, à elle seule, plus que la Russie ou la Grande-Bretagne à l’Empire du Milieu. Et quand elle ne fait pas affaires directement avec les producteurs chinois, elle fait pression, sans état d’âme, sur ses fournisseurs pour qu’ils mettent, eux aussi, cap à l’est.

Dernièrement, c’est le fabricant de textile Hanes (marque Champion, etc.) qui a annoncé la fermeture de neuf usines aux Etats-Unis et en Amérique centrale. Explication des analystes : ces sites de production ne lui permettaient plus d’offrir les prix voulus par Wal-Mart. Or, pour un fournisseur, se passer de la chaîne aux 180 millions de clients par semaine dans le monde, c’est tout simplement impossible. Entre 2001 et 2006, les Etats-Unis auraient perdu 200 000 emplois en raison des activités du géant de la grande distribution.

Une machine à fabriquer des travailleurs pauvres

Dans ses conditions, ce qui est bon pour Wal-Mart est-il bon pour l’Amérique ? La question divise les Etats-Unis. D’autant que les emplois créés par le groupe, qui ne tolère pas les syndicats, sont particulièrement mal rémunérés.
Pourtant, à chaque nouveau magasin, les CV déboulent en masse. Et pour cause : quand les usines ferment leur portes, les nouveaux chômeurs, sans formation, n’ont pas d’autres possibilités que de rejoindre la chaîne. Sauf qu’ils passent d’un salaire de 20 dollars de l’heure, avec avantages sociaux, à moins de la moitié, avec avantages a minima.

Moralité : Wal-Mart est devenu le premier employeur du pays -1,4 million de salariés- et cette « wal-martisation » de l’Amérique s’est accompagnée de l’appauvrissement des classes moyennes. A tel point que seuls des prêts « abracadabrantesques », façon « subprimes », leur ont permis de continuer à s’offrir un toit, avec le succès que l’on sait...

Alors que, depuis l’après-guerre, les Américains sans formation pouvaient accéder, grâce aux bon salaires de l’industrie, aux classes moyennes, ils ne peuvent désormais sonner que chez Wal-Mart. Et les temps ont changé : le premier employeur privé de la planète ne produit plus des classes moyennes, mais bien des travailleurs pauvres, incapables de faire tourner la machine économique.

Travailler plus pour gagner moins : la menace Wal-Mart avec Lysiane J. Baudu - éd. Buchet-Chastel - octobre 2008 - 22 euros.

Photo : dans un supermarché Wal-Mart de Santa Clarita, en Californie, en avril 2008 (Mario Anzuoni/Reuters).

  • 8687 visites
  • 31 réactions
Vous devez être connecté pour commenter : or inscrivez-vous
  • yoruk
    yoruk
    au fil de l'eau
    • Posté à 17h08 le 18/12/2008
    • Internaute 57383
      au fil de l'eau

    C’est aussi une machine a produir de la mauvaise qualité...
    Ne revez pas, vous en aurez pour votre argent, pas un sou de plus...
    C’est aussi une machine à tuer les producteurs...
    Et c’est une machine qui vous rendra plus con que la moyenne, marketing oblige...

    • pablico
      pablico répond à yoruk
      À la porte d'un sourd, 
un jour (...)
      • Posté à 18h28 le 18/12/2008
      • Internaute 14278
        À la porte d'un sourd, 
un jour (...)

      si l’on résume en exagérant :

      ce sont des ’esclaves’ qui permettent aux consommateurs de pouvoir survivre ?

      on les sacrifie eux et leur famille , pour le bien être de tous.

      comme les incas sacrifiaient des gens pour avoir de bonnes récoltes ? (en moins sanguinaire)

      on a vraiment évolué..on ne tue plus physiquement

      pôvre de nous...

    • compte supprimé 24
      • Posté à 00h36 le 19/12/2008
      • Internaute 8330

      Bien sûr : c’est vraiment de la ’caille’, leur camelote.

      Ceux qui disent le contraire sont des menteurs : à qualité équivalente, c’est même souvent plus cher que chez le petit commerçant.

      Faites le test : achetez du jambon bas de gamme chez Lidl et du ’supérieur’ dans un magasin normal : comparer les taux de flotte des deux, et faites le calcul : la différence de prix au kilo, c’est le pourcentage de flotte.

      Si on veut du bon cochon, faut qu’il provienne d’un bon élevage : il sera forcément plus cher, mais tellement meileur et plus nourrissant.

      Et c’est pareil pour tout le reste : une bonne vieille clé à molette Facom te feras mille fois plus d’usage qu’une saloperie made in China qui est largement moins chère... mais pas mille fois.

      Au bout du compte, tout le monde est perdant sur toute la ligne, avec un système suicidaire et criminel comme celui de Wall-Mart.

      Tout part de la bse : le jour où le client sera moins abruti et cessera d’être fasciné par les étiquettes et les promos-arnaques, nous vivrons dans un monde meilleur... parce que celui-ci est le plus absurde qui soit : nous vivons dans des pays gavés de richesse en errant comme des gueux...

  • envert94
    • Posté à 17h42 le 18/12/2008
    • Internaute 56778

    Lien

    Quelle direction ont prit les Carrefour, Leclerc, Casino, Auchan Cora etc...

    Celle de leur services communication et DRH :

    l’entreprise travaille main dans la main avec les petits producteurs locaux et ses fournisseurs français, fait baisser les prix des grosses multinationales et l’employé s’épanoui pleinement au sein de l’entreprise, il fait communion avec...
    L’écologie est une préocupation permanente...
    Le Client est intelligent, il n’achète pas n’importe quoi (alors là à chaque fois j’éclate de rire...)

    Ou bien celle de l’exploitation de la main d’oeuvre dans ses magasins, l’exploitation de la précarité, l’importation massive de Chine, l’entente entre elles afin de ne pas se faire de concurence...afin de gagner un maximum d’argent ?

    D’expliquer comment le consomateur français à payer les magasins de ces enseignes à l’étranger...

    Comment Carrefour est devenu N°2 mondial ? Auchan N°7 et 1ere fortune de France ?
    En défendant le pouvoir d’achat du consomateur ? ... (Il ne reste que Michel edouard Leclerc, pour oser encore le dire...mais ça marche encore chez certains...)

    L’hypocrisie de l’Etat avec les « marges arrières », qui sont une mine d’or, à la fois pour les distributeurs, comme pour le distributeur...(marges arrières = facture = TVA...)
    Même le Minitre Nicolas Sarkozy à l’époque à Bercy devait faire ci devait faire ça devait supprimer les marges arrières et au final 5 ans après...elles sont toujours là et elles augmentent d’année en année...

    L’article parle de Wal Mart, mais on peu le remplacer par tous les noms de la grande distribution française...Carrefour en 1er.

    PS : Je vous raconterais bientôt l’ Histoire pourquoi Carrefour à racheté Continent (Bingo, 50% du marché Français du jour au lendemain)...alors que c’est Wal Mart qui avait des vues sur cette entreprise...

    • jeffouletofou
      jeffouletofou répond à envert94
      cddiste
      • Posté à 20h05 le 18/12/2008
      • Internaute 43444
        cddiste

      sur ton blog (si c’est bien le tien...) il y a du bon et du vent

      tu ne dis pas que des choses serieuses et censees faites attention a trop vouloir en faire contre la gd on fini par desinformer les gens.

      et sa fait deja quelques mois que j’y passe.

      m’enfin si sa te permet de te sentir utile tant mieux pour toi meme si j’aime pas les racourcis comme tu les pratiques.

      toujours le mauvais cote jamais les bons, que se soit du cote employe ou simple client, la gd a beaucoup beaucoup plus apporte qu’elle n’a prit

      • yoruk
        yoruk répond à jeffouletofou
        au fil de l'eau
        • Posté à 08h09 le 19/12/2008
        • Internaute 57383
          au fil de l'eau

        elle a surtout pris à beaucoup...
        pour rapporter à très peu....

         
        • jeffouletofou
          jeffouletofou répond à yoruk
          cddiste
          • Posté à 19h20 le 19/12/2008
          • Internaute 43444
            cddiste

          mouais je ne sais pas ou on en serai si il n’y avait pas eu le developpement de la gd .... on pairait surement beaucoup plus cher les denrees alimentaires.
          il n’y a qu’a voir les prix pratiques chez le commercant du coin, sans gd ils feraient bien pire, la ils sont un minimum oblige de rester coherent dans leurs tarifs.

          « apporter tres peu »

          lol c’est toujours pareil, on oublie vite le temps ou la gd marchai plus que bien, ou les interressement et participation representaient chacune un moi de salaire, voir plus, on oublie encore et toujours de parler des avantages ce mutuel .... dont disposent TOUS les employe(e)s de la gd ce qui est tres loin d’etre le cas partout.

          dernier point rue 89 que vous mettiez le commentaire d’anti gd en bleu bien entoure c’est votre droit meme si son discours est loin d’etre honnete (concernant les marges arrieres entre autre)
          par contre laisser le lien de son site ou il fait ces petits articles (enfin sa petite tambouille) alors qu’il n’y a aucune mais alors aucune source dans ces articles (alors qu’on peu y lire une multitudes de chiffres sorti d’on ne sais ou) c’est abuse ....

          enfin cest comme tout les sujets qui parlent de la gd chez vous ou ailleurs, sa va toujours dans le meme sens .....
          on met au premier plan les points negatifs sans jamais traiter des point positifs.

          tiens dailleurs vous ne pourriez pas faire un sujet qui traite de la gd
          mais dans lautre sens cette fois.

          juste histoire de voir la tournure des commentaires ....

        1 autres commentaires
      • envert94
        envert94 répond à jeffouletofou
        • Posté à 09h16 le 21/12/2008
        • Internaute 56778

        Re,

        Au début la grande distribution fesait bien son travail : rendre accessible le maximum de produit à un maximum de gens...
        Cela je ne le conteste pas...et à la base, il était bien fait.

        C’est dans les années 80 et début 90 que tout à basculé : les rachats entres enseignes ont tués la concurence qui existait entre elles...De 11 ou 12 ont est passée à 5...
        En même temps les groupes intégrés (Carrefour, Casino etc), on du rendrent des comptes aux...actionnaires...

        Donc, leur but n’était plus leur 1er métier c’est à dire de vendre au consomateur, mais de gagner de l’argent, d’augmenter leur marge...qu’importe les conséquences sur l’emploi, les conditions de travail, les produits vendus (si, si), etc etc ce qui compte c’est le bénéfices...

        PS : c’est bien mon Blog.

  • Naradamuni
    Naradamuni
    sans
    • Posté à 17h29 le 18/12/2008
    • Internaute 30050
      sans

    Autres dégâts collatéraux de ce système consommassioniste »

    À l’heure où commande l’urgence de bâtir une économie à taille humaine la fuite en avant vers le gigantisme forcené se poursuit. C’est ainsi que la Commission nationale de l’équipement commercial (CNEC) a donné son feu vert pour la construction du complexe « Les portes de Gascogne », à l’ouest de Toulouse. Sur une vaste terrasse ouvrant sur les plaines du Gers 65 000 m2 de surface commerciale vont sortir d’une terre naturellement humide et donc propice à des projets maraîchers alternatifs un hypermarché de 12 000 m2, 28 grandes et moyennes surfaces de vente, une galerie marchande de 140 boutiques, 6 000 m2 de restaurants divers, un ballet quotidien de 20 000 voitures accueillies par 4 000 places de stationnement : tel est la délirante configuration de ce projet pharaonique. Qu’il existe déjà quatre complexes de ce type dans un rayon de trente kilomètres ne compte pas. Pourtant, les promoteurs savent compter : pour faire valider leur projet ils ont abaissé le rayon de chalandise à 25 kilomètres créant ainsi artificiellement un désert commercial. Que les Toulousains disposent déjà de 980 m2 de commerces par tranche de 1 000 habitants contre 830 pour la moyenne française ne compte pas non plus. Dans ce contexte déraisonnable on se demande bien pourquoi on prendrait en considération l’opposition clairement affichée de 22 des 25 maires concernés. Le consommationnisme emporte jusqu’à la démocratie .

    Quand le lien social et l’environnement naturel sont à ce point malmenés, il conviendrait de s’interroger sur la capacité réelle des hommes à préserver durablement leurs territoires de vie. Il est grand temps de résister aux Huns d’aujourd’hui que constituent tous ceux qui semblent avoir définitivement sacrifié le bien commun et l’idéal démocratique sur l’autel de leurs mesquins intérêts mercantiles. Le dernier numéro du journal La décroissance invite ses lecteurs à dire « casse-toi pauv’ con » au Père Noël. L’insulte populacière devenue récemment majestueuse est de prime abord choquante dans son emploi à l’encontre d’un symbole réputé intouchable. Rassurons les pisse-froid de tous poils : il ne s’agit en rien de condamner ici le désir de fête ni l’amour des enfants. La fête est avant tout affaire de chaleur humaine et non affaire de débauche consommationniste dégoulinante. Il est des manières d’aimer ses enfants qui les préservent tant soit peu d’une ambiance sociale bassement matérielle et dangereusement artificielle. Quand l’ombre lucrative du Père Noël se sera suffisamment éloignée, les héros positifs d’une société plus raisonnable s’approcheront. Petits et grands y gagneront au change et pourront commencer à conjurer les terribles spectres qui hantent l’avenir de leur société.

    Yann Fiévet, Président d’Action Consommation

    On consultera avec grand intérêt le site du Collectif Citoyen « NON AUX PORTES DE GASCOGNE » :
    Lien

    Lien

    Lire : Les beaux dimanches

    Les écrits modestes et radicaux de yann Fiévet :
    Lien

    • Thierry Seguin
      Thierry Seguin répond à Naradamuni
      Journaliste spécialisé
      • Posté à 13h48 le 19/12/2008
      • Journaliste 20610
        Journaliste spécialisé

      Bravo. Moi j’ai fuit Toulouse. Cette ville sous la coulpe des promoteurs fous qui en ont bien abimés les contours, des structures pétainistes sans vergogne, des fonctionnaires bien sages...
      Mais la californisation de l’économie et de l’agriculture nous rattrappe à grandes enjambées jusqu’à 100 km. L’aménagement du territoire est décidée par quelques potentats locaux qui drainent investissements et subventions européennes sur des projets délirants. En matière commerciale, le modèle du « shopping mall » vote en éclat au profit d’un service commerciale dématérialisée avec service logistique performant. Cette donne n’est pas prise en compte.
      Même chose en agriculture ; le Gers est bien détruit. Maintenant on s’attaque au Lot, au Tarn. On met en place des lacs et des infrastructures pour irriguer des surfaces gigantesques de céréales. Ce faisant, on détruit les petits producteurs et les paysages.... pour le bien de quelques uns.

  • bonbon rose
    bonbon rose
    à croquer
    • Posté à 18h10 le 18/12/2008
    • Internaute 52604
      à croquer

    Lorsqu’on entend M. Sarkosy ou Borloo dire en faisant des trémolos dans la voix que les frontaliers vont faire leurs courses en Belgique le dimanche (le dimanche Mâme Michu pensez donc, là bas à 7 Km de la frontière française c’est ouvert le diiiiiimanche) ils ne pensent pas un seul moment que la raison puisse être que parce que c’est ... MOINS CHER outre Quiévrain !

  • ribelle
    • Posté à 18h08 le 18/12/2008
    • Internaute 35973

    Le Canard Enchainé de cette semaine fait le lien entre les magasins wal-mart et l’insistance de Sarkosy à vouloir faire travailler les salariés le dimanche. Des hypers pas chers et qui répondent à beaucoup de nos besoins d’achat, ouverts 24h sur 24, des salariés mal payés et flexibles à souhaits, c’est une bonne réponse à la baisse du pouvoir d’achat.
    Et tout le monde y va sans réflechir aux conséquences et en gardant l’illusion de « faire comme avant ». Pour moins cher, moins bon, mais en gardant son petit confort. Jusqu’à quand ? là aussi, les limites seront vite atteintes..
    quand nos concitoyens prendront-ils conscience de leur pouvoir ? s’ils refusaient de donner leur argent à ces grands temples de la consommation ? s’il réduisaient leurs besoins inutiles et accepterait de consacrer à la nourriture l’argent (et la place) qu’elle mérite ?
    Et essayer de trouver d’autres circuits pour se nourrir notamment. les AMAP, les associations. On va encore me dire que c’est une idée de bobos. Faux : je me fais livrer un panier bio pour 10 € avec des prix nettement inférieurs aux supermarchés. Cela exige juste de passer un peu de temps à la cuisine ...

  • Keldan
    Keldan
    Now future & karpe diem
    • Posté à 18h49 le 18/12/2008
    • Internaute 5164
      Now future & karpe diem

    WalMart est le pionnier, mais il a de nombreux adeptes : FranxPrix, Lidl, Ed, etc.
    Et si la grande distribution n’est jamais tendre avec ses fournisseurs, Wal-Mart est connu pour être le roi des chiens.
    Un de mes anciens clients avait voulu débarquer sur la marché américain, et donc était obligé de bosser avec eux. En voyant le délire, ils ont préféré lâcher l’affaire et se contenter de se prendre la tête avec Galec.

    Je ne sais pas s’il rêve de débouler en France, car notre réputation de syndicaliste colle mal avec leur réputation d’anti-syndicaliste : D
    Mais si jamais une enseigne européenne de hard discount venait à faiblir, il y a de forte chance pour qu’ils se jettent dessus et conquiert les marchés des pays européens les moins riches.
    En tout cas, c’est ce que craigne pas mal de gens des « enseignes classiques », la « menace du hard discount » ayant été un des thèmes abordés durant le salon de la grande distribution.
    Et apparemment ils craignent vraiment ça, déjà que les gens tendent vers ces réseaux par pauvreté, avarice ou manque de goût, alors la crise actuelle ne va que renforcer cela.

  • kkadim
    kkadim
    service public rhone alpes
    • Posté à 18h54 le 18/12/2008
    • Internaute 24768
      service public rhone alpes

    belle exemple de ce qu’est la mondialisation : avant les « travailleurs pauvres » se trouvaient dans les soi disant « pays en voie de développement », loin de nous. ce modéle fonctionne pour le plus grand profit d’une minorité. on l’importe, et le voilà chez nous. quoi de surprenant. il y a trois ou quatre ans un député de ce qui n’était pas encore l’ump proposait d’abaisser le seuil de l’école obligatoire à 12 ans, afin de donner leur chance à ceux qui étaient en échec scocaire en leur permettant d’accéder à l’entreprise dés cet age.
    rien de bien nouveau donc.

  • Quixano David
    Quixano David
    xénophile errant
    • Posté à 19h27 le 18/12/2008
    • Internaute 33280
      xénophile errant

    Le patrimoine cumulé des héritiers du fondateur, Sam Walton, s’élève à 91 milliards de dollars.

    Un petit calcul fait ressortir que chaque employé a en moyenne contribué à hauteur de 75 000 dollars à la fortune de ses patrons. C’est une valeur moyenne, pour un « associate » américan, ce montant est sans doute de l’ordre de quelques centaines de milliers de dollars.

  • clive
    • Posté à 19h32 le 18/12/2008
    • Internaute 27908

    S’il existait un label « equitable - produit en France - dans des conditions de travail dignes »...
    Je serais prêt à mettre la différence...

  • yoruk
    yoruk
    au fil de l'eau
    • Posté à 20h32 le 18/12/2008
    • Internaute 57383
      au fil de l'eau

    Wal-Mart : clients heureux et travailleurs pauvres

    Le titre de l’article me chiffonne.
    Pas pour la partie « travailleur pauvre’, çà on a l’habitude, Formaté au marketing manipulateur des grandes enseignes nous avons perdu tout sens critique, au point d’admettre pour normal qu’un travail manuel soit sous payé.

    Non, c’est “Client heureux’ qui me gène. Le titre sous entend que les prix les plus bas garantissent le bonheur de la clientèle. Et çà, c’est le piège marketing de la grande distribution.
    Pour éradiquer la concurrence de l‘artisanat et du commerce de proximité, puis pour s’entre déchirer, dans l’espoir fou du monopole, il plus facile de communiquer sur une homogénéité de taille de couleur et de prix plutôt que un concept fumeux (fumeux pour eux) de qualité.
    Alors, alors pas cher et heureux… Pas sûr, pas sûr du tout, et même, souvent baisés…
    Je vous passe un conseil, sur un truc que j’ai découvert sur le tard : on peut prendre autant de plaisir à fabriquer les choses, qu’à les consommer Et là Wal-Mart, je le baise….(Germaine aussi d’ailleurs…) … Pardon mesdames…

  • rue_de_la_paix
    rue_de_la_paix
    c'est plus compliqué que ça
    • Posté à 20h39 le 18/12/2008
    • Internaute 61977
      c'est plus compliqué que ça

    C’est la conséquence de la mutation du capitalisme vers la société du consommateur roi. Le consommateur est devenu heureux au détriment du travailleur. Et comme le consommateur est aussi un travailleur, il n’est finalement pas plus heureux.

  • Mccoy
    Mccoy
    besoin de rien, appelle moi !
    • Posté à 21h39 le 18/12/2008
    • Internaute 52873
      besoin de rien, appelle moi !

    La preuve que l’on va dans le mur ...
    et on continue d’accélérer.

  • Okotoks
    Okotoks
    Amateur de paléontologie et d' (...)
    • Posté à 00h43 le 19/12/2008
    • Internaute 58147
      Amateur de paléontologie et d' (...)

    Je vais de temps en temps au Wal-Mart du coin mais Dieu que je n’aime pas ce magasin ! Il faut y aller pour vraiment comprendre : l’intérieur est infiniment triste, mal entretenu et les employés y ont le regard éteint. Il n’y a pas d’autres mots. Je préfère nettement mieux aller au Superstore ou au Safeway. Les employés y sont cordiaux et serviables et les lieux sont lumineux et propres.

  • rikiki9
    rikiki9
    Autre
    • Posté à 01h51 le 19/12/2008
    • Internaute 25600
      Autre

    Le système se mord la queue,
    des supermarchés qui sont moins chers parce qu’ils payent moins cher leur salariés. Cette logique est infernale , on se dirige vers une dégradation du niveaude vie, un apauvrissement général au nom de la sainte concurrence qui doit permettre des prix toujours plus bas dans l’intérêt de... de qui déja ? ? Ah oui du client, celui qui gagne de moins en moins grâce a ce même système ( le libéralisme je crois). Ouvrons les yeux : tout a un prix , même la baisse des prix ! !
    Précarisation , exploitation des ouvriers (chine, etc..), déshumanisation du travail, baisse de la qualité, compétition entre les individus.
    Quand on croit gagner d’un coté on perd beaucoup plus de l’autre.
    Il faut commencer à adopter des comportements de consommation citoyens. Boycottons ceux qui exploitent, abusent, trichent
    Favorisons ceux qui essayent d’améliorer le système

    Notre porte monnaie est une arme, utilisons la !

    • yoruk
      yoruk répond à rikiki9
      au fil de l'eau
      • Posté à 08h48 le 19/12/2008
      • Internaute 57383
        au fil de l'eau

      Il faut bien se rappeler que si le système se mord la queue, c« est que nous l’avons laissé faire.
      A trop s’occuper de cette queue, çà nous a rendu sourds, sourd et aveugles…On aurait bien mieux fait de s’occuper de Ginette (pardon Ginette)…
      Oui ! ! ! Notre porte monnaie est une arme. Mais pour l’utiliser, nous avons sérieusement à nous remettre en question. Et là camarades, la révolution elle est culturelle :
      C’est la lucidité et l’esprit critique (les bons frères des écoles chrétiennes disaient : “le mauvais esprit…’), qui nous donneront les moyens de démonter toutes les manip marketing qui nous abrutissent…
      Alors seulement, nous pourront dégainer notre porte monnaie (dégaine si tu es homme, dirait Ginette *)
      * Il me semble que la citation est de Wolinski…

  • gritche
    gritche
    rouge
    • Posté à 10h44 le 19/12/2008
    • Internaute 54433
      rouge

    la vérité : on est tous des billets ambulants. ça se détecte mieux dans les pays pauvres, où les gens ne mettent pas les formes et demandent carrément : donne moi des sous, achète moi ça. En occident c’est plus vicieux, mais la pression est aussi forte.
    Des numéros avec un porte feuille. Noyés dans la masse et anonymes. Manipulés et inconscients de l’être.
    Tous jeunes, on est déjà des numéros : parqués dans des établissements fermés à clefs (question de sécurité, bien sûr), faire la queue et tendre une carte pour manger.
    Pourquoi est-ce qu’on est tous anonymes, mais staçables, statistiquables, numérotables, classables ?
    comme un troupeau de vaches à lait.
    Ce n’est pas un monde qui me convient.

  • kawouede
    • Posté à 10h56 le 19/12/2008
    • Internaute 27995

    Il faut savoir que Wal mart est la première multinationale au monde devant les compagnies pétrolières

    Lien(classement_2007)

  • Thierry Seguin
    Thierry Seguin
    Journaliste spécialisé
    • Posté à 12h29 le 19/12/2008
    • Journaliste 20610
      Journaliste spécialisé

    C’est déja le cas en France. Vous parlez de Carrefour mais c’est pas la que c’est le plus dur. Ni chez Auchan. Allez voir les caissières des Leclerc et Intermarché comment elles son traitées. En plus du traitement, proche de la mendicité. En France on a une bourgeoisie qui s’empiffre, qui se croit tout permis, qui se remet jamais en cause, et une armée de travailleurs pauvre qui doit s’adapter, survivre... Il faudrait comparer l’évolution des revenus... vous verrez ou sont les abus. Mais le brave Balladur, encore une lumière française, a détruit l’organisme indépendant qui s’en occupait (CERC ?). C’est d’autant plus grave que maintenant on se tire quand on veut et on touche sa retraite ou on veut.

  • TARPON
    • Posté à 17h01 le 19/12/2008
    • Internaute 27263

    Quand je peux ,je n’achete pas chinois.Quand on cherche,on peut et au même prix.Une cafetiere de marque allemande etait affichée moins chere que ses concurrents chinois à..Intermarché ,fabriquée en Slovenie.
    Ne pas acheter chinois c’est preserver l’avenir de nos enfants.

  • sitoihien
    • Posté à 18h55 le 19/12/2008
    • Internaute 21237

    Le capitalisme a fait capituler la gauche qui ne fait plus le poids. Durant les 30 glorieuses les pays occidentaux se sont enrichis grâce au capitalisme et les citoyen-ne-s de droite et de gauche en ont profité.
    Sans adversaire , avec un marché planétaire et le soutien des classes dirigeantes de droite et de gauche le capitalisme a de l’avenir.

  • Homer555
    • Posté à 20h45 le 19/12/2008
    • Internaute 45141

    Je ne crois pas que le marché français intéresse Wal mart. Et ce pour une seule bonne raison : la vente à perte est interdite en France.
    En effet la méthode de Wal mart pour couler ses concurrents, est de vendre à tous prix moins cher qu’eux quite à vendre à perte. Sa colossale capacité financière lui permet de compenser les pertes subies.
    Bien sur, une fois la zone « assainie » rien n’empêche de ré-augmenter les prix. Et les clients qui se mordent les doigts d’avoir cautionné ce système...

    N’oublions pas que monsieur Leclerc fait des pieds et des mains pour faire sauter cette loi sur la vente à perte. Je ne sais pas si il se rend compte qu’il veut ouvrir la boite de Pandore.

    De plus, d’autre freins à son installations en France sont visibles comme nos garanties sociales (maigres mais suffisantes pour vous couler un bilan financier...) , nos commission d’implantations qui freinent les installations trop massives.

    Je pense que Wal mart à la capacité financière de racheter n’importe lequel de ses concurrent .Y compris Carrefour, 2ème mondiale. Si ils avaient voulus ils seraient en France depuis bien longtemps.

    PS : Je demande des royalties à l’auteur du livre. Le « travailleur plus qui à gagné moins » c’est moi qui l’ai inventé. Il n’y à qu’a voir ma signature à coté de mon pseudo.

    • caczéro
      caczéro répond à Homer555
      retraité obligé
      • Posté à 22h48 le 19/12/2008
      • Internaute 58714
        retraité obligé

      l’arme c le porte monnaie, pour Noël faites juste un petit cadeau ou un bon pour....et achetez en janvier quand les prix auront baissés de 50 à 70% ( et ce n’est pas vendu à perte, loin de là) et si ça ne baisse pas eh bien qu’ils mettent ces chinoiseries à la benne !

  • rigas
    rigas
    sociologue
    • Posté à 19h02 le 21/12/2008
    • Internaute 1087
      sociologue

    Les pratiques de gestion du personnel de Wal-Mart ont posé problème même au Parti communiste chinois, qui pourtant n’a pas d’états d’âmes particuliers. Depuis le début 2008, pour des raisons plus politiques que par intérêt social, le PCC a demandé la création d’organisations syndicales au sein des grandes entreprises. Ce sont les entreprises étrangères et notamment Wal-Mart qui ont le plus résisté à cette injonction qui vise, pourtant, à installer des organisation de contrôle plus ou moins liées au Parti.

    Amusant, non ?

  • CHALOT
    CHALOT
    retraité
    • Posté à 19h58 le 22/12/2008
    • Internaute 63398
      retraité

    « Travailler plus pour gagner moins
    La menace Wal-Mart

    On écrase tout à Wal-Mart :
    les prix, les concurrents et le personnel !

    Pour certains il s’agit d’un produit du miracle américain qui a permis à un petit boutiquier de faire fortune en quarante ans....Pour d’autres, plus lucides, il s’agit d’un système, celui du rouleau compresseur qui permet à un entrepreneur de créer et de développer la plus grande entreprise du monde, employant plus de deux millions de personnes .
    Les deux auteurs de ce livre nous proposent une enquête sur l’empire de la distribution Wal-Mart et son chiffre d’affaires record de 374 milliards de dollars réaliséen 2007 par ses nombreux magasins.
    Hier, Général Motor, premier employeur américain de l’après guerre avait ses méthodes, aujourd’hui , cette chaîne, premier employeur mondial a les siennes, radicales et tellement rémunératrices pour le capital : “ Henri Ford payait bien ses salariés pour qu’ils puissent s’acheter ses voitures, Wal-Mart paie mal les siens pour qu’ils soient obligés d’acheter ses produits. ”
    Avec Wal-Mart, il s’agit coûte que coûte d’être le premier et le seul sur le marché, en écrasant les prix... Pour réussir à devenir le numéro 1 de la distribution mondiale, le groupe américain n’a pas lésiné sur les moyens : il faut écraser les prix donc réduire les coûts en obligeant les grossistes à rogner sur leus marges et en payant les salariés avec un lance-pierres.
    Les employés de Wal -Mart devenus des “ associés ” sont pour la plupart des travailleurs pauvres, payés bien souvent sous le seuil de la pauvreté... Quant aux syndicats : ils sont carréments interdits du moins dans les grandes surfaces situées sur le sol américain.
    Wal-Mart domine et de loin toute la distribution américaine. “Le groupe est le seigneur de la guerre des prix. Les siens sont en général 20% en dessous de ceux de ses concurrents. Son modèle commence à dominer le monde. Un modèle fondé sur la déflation. Des coûts comme des salaires.”
    Qui écrit ses lignes ? : non quelques alter-mondialistes mais les auteurs de ce livre qui rédigent des articles pour deux journaux bien raisonnables....

    Big Brother dirige Wal -Mart : les “ associés ” sont surveillés de très près et ceux qui parlent de trop, qui s’attardent trop sur place pour discuter avec leurs collègues sont repérés puis licenciés...
    La mondialisation est en plein développement : le groupe importe massivement de Chine et des pays émergents, faisant pression sur les fournisseurs pour qu’ils réduisent chaque année les coûts.
    La résistance citoyenne s’organise aux Etats Unis contre la multiplication des hyper surfaces Wal martiennes ,ouvertes 24 heures sur 24 et conduisant à la ruine de tous les autres commerces aux alentours.... Qu’importe ! Le monde est grand : le BRIC ( Brésil, Russie, Indes et Chine) ouvre ses portes et l’Europe est un marché à conquérir....L’un des objectif de Wal-Mart est de s’installer aussi en France, d’absorber Carrefour et de profiter de la politique sarkoziste qui vise à déréguler et à développer la flexibilité....

    Jean-François CHALOT