temoignage 18/12/2008 à 17h17

Quand le 115 ne répond pas : la galère du travailleur social

CarolineR | conseillère en insertion sociale et professionnelle en mission locale

Un jour, dans l’après-midi, une jeune fille arrive. La dernière amie qui l’hébergeait lui a dit de partir. Et là, tout bascule… Je me dis : « J’ai pas envie de la voir. Pourquoi c’est tombé sur moi ? » Je me reprends cinq minutes, en essayant de visualiser comment je vais pouvoir agir. En même temps ; je pense déjà au rendez-vous de 16 heures qui va bientôt arriver.

Ça faisait deux mois que je ne l’avais pas vue. Je le sens dans ma façon de parler : je suis crispée. En discutant un peu, elle me dit que, pour ce soir, c’est bon : elle pourra dormir chez les parents d’une amie. Je me détends. L’urgence, pour ce soir, est réglée.

Je lui dis donc de revenir demain dès 9 heures pour appeler le 115. En arrivant le matin, en entrant dans la mission locale, l’angoisse remonte, la crispation, le fatalisme. Il est 9h05, la jeune fille n’est pas là. Je m’inquiète. Je me sens soulagée, peut-être pas pour longtemps…

Il est 9h20 la jeune fille arrive. Je suis agacée. Je lui avait bien dit 9 heures, non ? Malgré tout, bien sûr, je la reçois.

Sur la boîte vocale du 115, un message en anglais

Première étape de notre parcours du « combattant » : l’appel au 115. Je prends mon téléphone, résignée, prête à l’attente. Je compose le numéro du 115 et met le haut-parleur.

Ma petite musique préférée s’enclenche : « Vous êtes bien au 115 du Val-de-Marne, veuillez ne pas quitter… » et, en anglais ! : « You have reached the 115 for the Val-de-Marne, please hold the line. »

Et l’attente commence : la jeune fille est assise en face de moi, elle attend aussi. Que pense-t-elle à ce moment-là ? Quels sont ces sentiments : l’incertitude, l’impuissance, la colère, le désespoir ? Nous nous trouvons toutes les deux dans cette attente insupportable : celle où l’on ne peut pas agir, et dont on imagine qu’elle sera inutile, en tout cas insatisfaisante.

« Fait froid aujourd’hui, non ? »

Dans ces moments-là, je ne suis pas à l’aise. Je ne sais pas quoi faire. Je regarde mon ordinateur, jette un coup d’œil à mes mails. Je pose des questions banales à la jeune fille : « Il fait froid aujourd’hui, non ? Vous en êtes où dans votre recherche d’emploi ? »

Ça fait déjà vingt minutes que ma « petite musique préférée » se déroule. Je me sens obligée de dire : « C’est long, c’est souvent comme ça. »

Dix minutes après, alors que je trie des feuilles dans le dossier de la jeune fille (autant mettre ce temps d’attente à profit !) Une voix se fait entendre au bout du fil, miracle !

Je peux, alors, reprendre une place active. La jeune fille se redresse dans son siège. Je présente sa situation, avec un ton résigné. J’attends le verdict, enfin plutôt une réponse, enfin surtout une place d’hébergement pour la jeune fille.

Trente minutes pour un « non »

Nous patientons, à nouveau « ma petite musique préférée » se fait entendre. Puis le verdict tombe : « Nous n’avons plus de places aujourd’hui. »

D’un côté je suis ennuyée d’avoir attendu trente minutes pour une telle réponse. D’un autre côté je sais que c’était nécessaire : la situation de la jeune fille et l’appel seront notés par le 115, ce qui permettra, sans doute, une prise en charge future.

Un autre combat commence alors : appeler les foyers directement et, en l’absence de places, la recherche ensuite d’une place dans un hôtel.

Le tout dans l’angoisse, avec l’obligation de trouver une solution, au moins pour quelques jours. Avec la pression de savoir qu’un être humain dépend de moi pour un élément de sa survie : avoir un toit pour dormir.

Nous voici partis pour une second épisode : le coup de téléphone aux CHRS [centre d’hébergement et de réinsertion sociale, ndlr] sans gros espoir de résultats. Je prends alors « mon petit guide mauve » (guide de l’ORS [Observatoire régional de santé, ndlr] qui recense les lieux d’accueil pour personnes en difficultés).

J’oriente d’abord ma recherche sur les structures d’accueil du Val-de-Marne, parce qu’elles sont sur mon territoire, qu’on les connaît et que nous avons un partenariat avec elles.

Je me sens déjà dépassée par l’ampleur de la tâche. Je m’imagine déjà en train d’appeler tous les foyers d’île de France… en répétant ma demande inlassablement.

Par habitude, je contacte le foyer Clair logis et présente, avec un ton résigné, la situation de la jeune. L’éducatrice m’écoute avec attention. Malheureusement, pas de places pour le moment. Peut-être la semaine prochaine : il faut que j’envoie un rapport social.

Aïe : il va falloir mettre toute sa situation par écrit : se dépêcher et se concentrer. J’appelle le foyer Aftam, même réponse… Au fil des appels, ma voix devient monocorde, je deviens fataliste.

Elle ne me regarde plus

J’ai trois foyers à qui envoyer un rapport social, avec des perspectives, peut-être, de places dans une semaine ou quinze jours. Mais toujours rien pour ce soir. La jeune fille ne me regarde plus, elle me dit même que « ça sert à rien ».

Dépitée, je sais ce qu’il me reste à faire : appeler le département, plus précisément le Fond d’aide aux jeunes pour demander le financement de nuitées d’hôtel. Heureusement, ils connaissent bien ces situations et acceptent ma requête.

Le troisième défi commence : trouver un hôtel. Je reprends dans mes dossiers une liste ancienne, celle que l’on n’aime pas sortir souvent, avec le nom d’hôtels qui acceptent d’être payés sur facture par le département.

Eh oui : ils ne sont pas nombreux à accepté un paiement décalé ! Je reprends de l’énergie : je sais que si je ne trouve pas d’hôtel, c’est « ma jeune fille » qui dort dehors et c’est moi qui n’ai « rien fait » !

Quatre coups de fil pour un hôtel

J’appelle un premier hôtel qui n’accepte plus le paiement du département. Quatre coups de fil plus tard, je commence à m’angoisser sérieusement : plus de chambres, ou alors pas de paiement par le département possible. Je tourne ma liste dans tous les sens, je vais voir des collègues pour glaner des adresses.

Un hôtel de Vincennes que je ne connais pas bien me donne enfin son accord : super ! Je suis tellement contente que j’ai oublié de demander le prix de la nuitée : 50 euros. Je suis refroidie d’un coup : c’est plus cher que ce que je peux obtenir parfois (40 euros), mais j’accepte, n’ayant plus le choix.

Nous convenons avec l’hôtelier du paiement de six nuitées d’hôtel. Je prends l’adresse et je la donne à la jeune, qui semble déjà fatiguée et blasée de cette matinée.

Pendant six nuits, déjà elle pourra dormir au chaud et nous pourrons continuer nos démarches au 115 et auprès des foyers.

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  • zedbee
    • Posté à 17h31 le 18/12/2008
    • Internaute 31031

    voilà quoi, tout est dit....

    c’est juste un peu énervant de savoir que l’on peut entendre bon nombre de politiciens payés 10 fois le smic, dire qu’à l’heure actuelle, ceux qui dorment dehors, c’est qu’ils le veulent bien...

    et se de s’immaginer l’argent qui est dépensé dans des chambres d’hôtel, alors qu’il serait vraiment temps de construire du logement pour héberger tout un chacun, et qu’il manque les financements...

  • Hatamoto
    Hatamoto
    Vendeur de temps de cerveau (...)
    • Posté à 17h38 le 18/12/2008
    • Internaute 29766
      Vendeur de temps de cerveau (...)

    On peut imaginer des hébergeurs d’urgence volontaires ?
    Je l’ai déjà fait quand j’étais célibataire, héberger un soir de janvier un jeune bulgare (22 ans) qui était assis par terre dans la neige à 3 heures du matin. J’ai pris le risque de l’héberger une nuit, mais aujourd’hui je ne sais pas si je le referais alors que je ne suis plus célibataire (je n’avais rien à risquer à l’époque).
    Si une assos me proposait d’héberger quelqu’un un soir ou deux de temps en temps, je penses que je pourrais faire passer la pilule à ma copine ... je penses que d’autres s’en sentirai capable non ?
    Le soucis avec le recul c’est bien sur vol et dégradation, et surtout de pas arriver à mettre dehors la personne. Ce qu’il faut c’est une garantie de replacer la personne au bout du temps convenu (une nuit, 1 semaine etc ...) et qu’elle accepte de passer la journée dehors (je n’arrives pas à confier mon appart à un inconnu pendant que je ne suis pas là.)

    Qu’en pensez vous mademoiselle la travailleuse sociale ?

    • hallucine
      hallucine répond à Hatamoto
      dans le flou
      • Posté à 18h56 le 18/12/2008
      • Internaute 44353
        dans le flou

      Pour avoir hébergé un jeune dont je ne me souviens plus la nationalité un soir qu’il pleuvait comme vache qui pisse et qu’il faisait super froid et qu’il était 2 heures du mat quand je suis rentrée chez moi, je le referai. Du moment que la personne n’a pas consommé de produits psychotropes et que j’arrive à communiquer avec elle, ça ne pose pas de gros problème (en même temps, y’a pas grand chose à voler chez moi).

      mais une autre fois, j’ai hébergé un moins jeune alors qu’il faisait super froid aussi et j’ai mis plusieurs mois à le mettre dehors (en fait j’ai pas eu le courage de le faire avant le printemps). C’est plus embêtant...

      • Hatamoto
        Hatamoto répond à hallucine
        Vendeur de temps de cerveau (...)
        • Posté à 07h31 le 19/12/2008
        • Internaute 29766
          Vendeur de temps de cerveau (...)

        D’ou avec des travailleurs sociaux ou des assoc n’est-il pas possible d’obtenir des « garanties de départ » au bout d’un temps fixé à l’avance ?
        Ca me fait mal de poser cette question, mais je ne suis pas mère Térésa, et depuis que je ne vis plus seul, j’ai malheureusement des trucs a voler chez moi : ( (et comment pourrais-je vivre sans mon ordinateur ? ? ? : P )

  • Arfffff
    • Posté à 17h45 le 18/12/2008
    • Internaute 32253

    Change de métier si toute démarche te semble insurmontable !
    Pour aider ces personnes qui n’ont plus rien, il faut y croire, avoir de l’energie pour 2, pas répéter ton discours d’un ton monocorde. Comment veux tu que la personne en face de toi croit en l’avenir si toi même tu n’y crois pas !

    • hallucine
      hallucine répond à Arfffff
      dans le flou
      • Posté à 17h57 le 18/12/2008
      • Internaute 44353
        dans le flou

      Je ne crois pas que l’auteure de l’article pense que toute démarche soit insurmontable mais comment y croire encore lorsque systématiquement, on attend pour rien ? Et puis le fait d’y croire ou non change-t-il la réponse au téléphone ?

    • Anonyme répond à Arfffff

      Arfffff,

      t’es un peu dur avec cette jeune femme, j’espère que tu te bouges pour aider les autres dans la vie pour ainsi te permettre de parler de la sorte.

      Elle nous raconte simplement ses difficultés qu’elle rencontre au jour le jour et avec bcq de stress qu’il faudrait certainement canaliser. Elle est « elle-même » et ça, c’est bien non ?

      Par contre, je peux comprendre son stress ; les secondes, les minutes et les heures passent à une allure de dingue et faut trouver ce putain de logement avant la nuit et le froid... !

      Respects à toi Caroliner !

    • comptesuprimé30
      comptesuprimé30 répond à Arfffff
      hestia
      • Posté à 20h38 le 18/12/2008
      • Internaute 54180
        hestia

      surement que vous feriez mieux avec une telle façon de vous exprimer ! !

  • shillom
    • Posté à 17h54 le 18/12/2008
    • Internaute 22134

    Et oui, telle est la difficulté quotidienne pour les travailleurs sociaux s’occupant des SDF.

    Mais je ne comprends pas trop... Croche, es-tu étudiante ou travailleuse sociale ? Dans quelle structure a lieu la démarche que tu décris ? J’ai l’impression que c’est associatif, mais je me trompe peut-être...

    En tout cas, je note aussi une chose, la difficulté à rassembler des informations. Comment se fait-il que les adresses d’hôtels acceptant les paiements différés du département soient éparpillées entre les mains de maints collègues ? Problème de temps nécessaire pour centraliser l’information ?

    Enfin, de toute façon, félicitations pour ce travail, il faut une grande dose de courage pour affronter au quotidien ces situations, et voir leur nombre augmenter malgré tous les efforts faits.

    • Yann Guégan
      Yann Guégan répond à shillom
      Avec les doigts http://bit.ly/ (...) Rue89
      • Posté à 18h04 le 18/12/2008
        éditeur
      • Journaliste 1836
        Avec les doigts http://bit.ly/ (...)

      Mais je ne comprends pas trop… Croche, es-tu étudiante ou travailleuse sociale ? Dans quelle structure a lieu la démarche que tu décris ? J’ai l’impression que c’est associatif, mais je me trompe peut-être…

      L’article comportait une signature erronée, nous l’avons modifié quelques minutes après sa mise en ligne. Nos excuses à l’intéressée, qui est bien « conseillère en insertion sociale et professionnelle en mission locale » et non étudiante, et aux riverains.

      • comptesuprimé30
        comptesuprimé30 répond à Yann Guégan
        hestia
        • Posté à 18h35 le 18/12/2008
        • Internaute 54180
          hestia

        « Conseillère en insertion sociale et professionnelle en mission locale » n’existe pas comme métier : c’est une appellation, une terminologie.

        La question est : quelle est sa formation et sur quel diplôme il a débouché ?
        Certains éléments me font douter d’un DE d’assistant socio éducatif( assistant social ; éduc spé ; CESF)

        Merci de nous fournir des précisions pour comprendre par qui a été fait cet écrit.

        Pour info : la mission locale dépend de la commune où travaille cette personne.

         
        • hallucine
          hallucine répond à comptesuprimé30
          dans le flou
          • Posté à 18h58 le 18/12/2008
          • Internaute 44353
            dans le flou

          Cronos, c’est le contraire : conseillère en insertion c’est un métier alors que CESF, DE ou autre c’est le diplôme. On peut exercer le même métier avec plusieurs diplômes.

          Votre lecture de l’article dépend du diplôme de celui qui l’écrit ?

          • comptesuprimé30
            comptesuprimé30 répond à hallucine
            hestia
            • Posté à 19h47 le 18/12/2008
            • Internaute 54180
              hestia

            bonsoir
            DE= diplôme d’état
            CESF =conseillère en économie sociale et familiale.

            Conseillère en insertion n’est validé par aucun diplôme social (DRASSIF)

            Il se trouve que dans le métier nous sommes devenus un peu vigilant : des imposteurs peuvent parler en utilisant des appellations qui sonnent bien à l’oreille mais qui ne sont pas validés par des années d’études et l’obtention d’un diplôme.

            Nous avons donc appris à demander le parcours d’études de la personne qui parle de notre profession.

            Ma lecture ne dépend pas du DE mais de la véracité et de l’authenticité de la personne.

            Dans le cas présent, des zones obscures me font douter de la véracité.

            Comme la photo qu’on voyait hier concernant le policier sur un autre fil : il ne s’agissait pas d’un brassard de CRS ....et les faits reprochés s’adressaient aux CRS !

            Attention à garde un esprit critique : telle est ma façon de lire la RUE !

            • caro
              caro répond à comptesuprimé30
              délinquante avérée
              • Posté à 10h52 le 20/12/2008
              • Internaute 6484
                délinquante avérée

              je réponds un peu tard. J’ai été moi aussi « conseillère en insertion » dans une mission locale.
              Les missions locales existent depuis 1982. Ce sont les associations loi 1901 comprenant plusieurs collèges dans leur CA. Le président est un maire, soit le maire de la ville où est implantée la mission locale, soit c’est une présidence tournante de maires quand la mission locale couvre plusieurs villes.

              Il n’y a pas de « diplôme spécifique » pour devenir « conseillère », on y peut y entrer du moment qu’on a un diplôme en relation avec les publics en difficulté (à partir de bac + 2). Conseillère en insertion est un diplôme reconnu dans la formation professionnelle du Ministère du Travail. Je l’ai passé suite à une formation dans un organisme qui s’appelle « Arobase », reconnu par la Région Rhône Alpes.

        • guigui42
          guigui42 répond à comptesuprimé30
          humain
          • Posté à 19h05 le 18/12/2008
          • Internaute 62850
            humain

          Quelqu’un connait il les tarifs des ces fameux hôtels ? Le nombre chambres payées par nuit en France pour le logement des SDF ? Qui sont les propriétaires de ces Hôtels infâmes ?

          • comptesuprimé30
            comptesuprimé30 répond à guigui42
            hestia
            • Posté à 19h57 le 18/12/2008
            • Internaute 54180
              hestia

            bonsoir
            j’ai travaillé dans plusieurs départements.
            Depuis la décentralisation c’est un casse tete !

            Certains départements passent des contrats avec des hôtels qui ont toujours une place pour l’urgence des urgences (femmes enceintes etc).

            J’ai travaillé dans un département où nous avions un volant d’hôtel suffisant pour les demandes.

            D’autres départements s’en fichent et laissent quelques foyers gérer des places .Quelques hôtels minables sont parfois en contrat avec le département .Mais le Conseil général sait qu’il va laisser des gens à la rue .

            Amis SDF choisissez bien votre département pour vous faire aider : voilà où nous en sommes.

            Pour le Val de Marne (département de gauche ) je suis étonnée que le département n’ait pas mis en place un plan HIVER avec des moyens d’agir sur le terrain.
            La personne qui nous explique sa journée a t elle joint les collègues du Conseil Général pour savoir si ce plan hiver existe ? Pour cette jeune a t elle envisagé un contrat jeune majeur ?

            Je suis très surprise par son témoignage .

            • caro
              caro répond à comptesuprimé30
              délinquante avérée
              • Posté à 10h18 le 20/12/2008
              • Internaute 6484
                délinquante avérée

              moi, je ne suis pas surprise. Ca m’est arrivé aussi d’avoir du mal à trouver un hébergement pour des jeunes et comme la personne qui témoigne, j’ai fait appel au Fonds d’aide d’urgence pour les jeunes du Conseil Général pour un hébergement en hôtel.

              Les conseillères en mission locale ne sont pas des Assistantes Sociales et ne « montent » pas de dossiers, genre jeune majeur. Elles sont là pour aiguiller les jeunes vers les bons organismes et les bonnes personnes.

        • brazz
          brazz répond à comptesuprimé30
          • Posté à 19h16 le 18/12/2008
          • Internaute 40271

          Au départ, je ne voulais pas commenter mais votre commentaire me hérisse ; Pour avoir vécu ce genre de scène des années durant et jusqu’à ces derniers mois -chance d’avoir la retraite...- je peux attester de la véracité de celle ci qui d’ailleurs peut se dérouler un peu partout en France avec des nuances, des coups de chance, des cas particuliers peut être, mais qui ne changent rien au fond. Et je trouve particulièrement désobligeantes et même insultantes les remarques quand aux diplômes ou à la motivation qui ont pu être faites dans cette discussion, elles ne sont que la preuve d’une totale méconnaissance du terrain ; et je ne parle pas des qualités humaines... En ce qui concerne les familles d’accueil, c’est malgré tout un problème juridique et social, et ce n’est pas forcément évident, même si -sur des problématiques précises- cela se fait depuis un certain temps. La bonne volonté seule ne suffit pas longtemps.. ;

          • comptesuprimé30
            comptesuprimé30 répond à brazz
            hestia
            • Posté à 20h40 le 18/12/2008
            • Internaute 54180
              hestia

            Je ne pige pas pourquoi cette jeune n’est pas orientée vers le CONSEIL GENERAL qui a des moyens plutôt que le 115 : c’est tout
            N’importe quel professionnel vous le dirait et c’est l’intérêt du jeune.

            Le logement de cette jeune relève d’un soutien éducatif et non d’une mise à l’abri d’un soir.
            La protection d’une personne vulnérable va au delà du 115 .

            qu’est ce qui vous hérisse ?
            que j’exige le meilleur pour une jeune ?

            L’exigence est quand même le moins que l’on puisse avoir pour cette jeune et l’aider par un contrat jeune majeur -par exemple- m’aurait semblé à étudier en équipe et non seule avec un téléphone et de bonnes intentions.

            • danlemil
              danlemil répond à comptesuprimé30
              situé
              • Posté à 15h32 le 19/12/2008
              • Internaute 51829
                situé

              Mais le Fond d’aide aux jeunes dépend bien du Conseil général non !
              Si le 115 peut prendre en charge la jeune fille (pour plusieurs mois) c’est préférable à l’aide ponctuelle du département pour 6 nuits.
              Oui le fonctionnement du 115 est un scandale et l’Etat n’assume pas du tout sa responsabilité dans ce service, qui visiblement manque de moyens (1/2 heure d’attente ça n’est rien).
              Oui les listes d’hôtel changent aussi souvent que l’humeur des propriétaires (qui changent aussi beaucoup) donc on cherche aussi des « tuyaux » nouveaux.
              Moi qui suis conseillère en insertion sociale et professionelle (et non diplômée) en association je trouve me retrouve beaucoup dans ce commentaire.
              Je suppose que mes collègue en mission locale n’ont pas plus de facilités que nous (sauf que nous ne recevons pas que des jeunes).

            • black pearl
              black pearl répond à comptesuprimé30
              observateur
              • Posté à 08h54 le 20/12/2008
              • Internaute 59741
                observateur

              c’est vrai que le problème administratif est primordial. Il faut avant tout savoir quel diplome a la fille.... as-t-elle bien rempli le formulaire BF638-A.....cotise-t-elle régulierement à sa caisse soci professionnelle ? ? ? ?
              voila les vrais question M Cronos.... quant au problème de cette inutile qui refuse de travailler et n’a même pas d’adresse fixe, comment voulez vous remplir un dossier n° BFA598-54 annexe B correctement ? ? ? Nous allons transmettre la demande à M le sous secrétaire adjoint au premeir attaché du vice responsable du sous département qui jugera de l’urgence avant de déranger inutilement M le responsable ...................... ;
              pitoyable ! !

            • caro
              caro répond à comptesuprimé30
              délinquante avérée
              • Posté à 10h20 le 20/12/2008
              • Internaute 6484
                délinquante avérée

              j’ai répondu au-dessus. Les conseillères ne sont pas des assistantes sociales.

              Ton ton est extrêmement désobligeant. Je le regrette.

        • Alfary
          Alfary répond à comptesuprimé30
          Ronchon
          • Posté à 00h38 le 19/12/2008
          • Internaute 9751
            Ronchon

          Bonjour,

          Conseiller(ère) en Insertion Professionnelle (CIP) est bien un titre, comme l’indique Yann Guégan.

          Vous trouverez son référentiel de certification et son REAC dans la Lien du Ministère de l’Emploi Lien.

  • black pearl
    black pearl
    observateur
    • Posté à 19h07 le 18/12/2008
    • Internaute 59741
      observateur

    Ce monde est-il le même que celui où vivent les banquiers, les politiques et les financiers ? ? ? il semblerait que les 2 mondes se frôlent, se croisent, parfois s’entrechoquent mais ce ne sont pas les mêmes.
    A quoi ont servis les revoltes depuis la commune jusqu’à mai 68....a rien. Le pouvoir et l’argent sont toujours dans les même mains et ceux qui n’ont rien doivent attendre de l’aide de ceux qui ont peu.

  • PsyKoPatocH
    PsyKoPatocH
    alcoolique pratiquant
    • Posté à 19h07 le 18/12/2008
    • Internaute 51567
      alcoolique pratiquant

    Bon courage Caroliner
    et merci d’être là.

  • freebalan
    freebalan
    debout
    • Posté à 19h42 le 18/12/2008
    • Internaute 61250
      debout

    @caroliner

    je peux comprendre ta détresse face à une situation d’urgence
    tu n’est pas responsable
    ce arfff devrait venir un jour au prés des galéres quotidiennes que tu peux rencontrer et que je peux également rencontrer
    notre systéme de solidarité intra infamilliale et de proximité s’essouffle

    que reste t-il quand tu es face à la réponse immédiate d’une confiance dans ce que l’on te propose un 115 bondé

    une raison de plus pour se lever et exprimer son mécontentement face à cette hypocrisie d’ETAT tout est prêt :
    mais une jeunesse dort dehors certes par répétition d’échec et adhésion parfois fragile à un avenir trop peu sur.. incertain
    Sont t-ils responsable de cette non inclusion que cette économie offre
    tu as eu les réflexes et tu as une connaissances des dispositifs
    ils sont insuffisants et parfois engendre de la désinsertion
    mais quelle socièté est offerte quand réalisation de soi ne passe que par l’emploi alors qu’il n’ y a plus ou peu d’emploi sécure

    tu as pallier à une urgence et tu t’es Socialement positionné auprès
    d’une personne avec les limites des réalités du politique
    bravo certain n’aurais même pas ouvert une oreille diplomé ou pas ! !

    ce qui compte c’est que cette personne a été considérée et écoutée et non refoulée et dénigrée
    je répéte tu as fait avec ce que l’on pouvait te proposer pour répondre au mieux
    perds par le cap

  • agenda88
    • Posté à 20h02 le 18/12/2008
    • Internaute 22392

    Y’a pas autre chose à dire qu’un gigantesque merci d’être là !

  • spidermoon
    spidermoon
    célibataire endurci
    • Posté à 20h17 le 18/12/2008
    • Internaute 42835
      célibataire endurci

    30 milliards donnés aux banquiers pour éviter qu’ils ne se retrouvent à la rue. 9 mois de prison ferme pour 5euros volés. 50 milliards envolé par Maddoch, qui est libre avec 10 millions de caution. Ce sont bien deux mondes très différents qui cohabitent, ou plutôt qui s’ignorent.

  • fâché.com
    fâché.com
    perdu
    • Posté à 00h03 le 19/12/2008
    • Internaute 57333
      perdu

    a Cronos qui a dit ça :
    « Conseillère en insertion sociale et professionnelle en mission locale » n’existe pas comme métier : c’est une appellation, une terminologie.

    La question est : quelle est sa formation et sur quel diplôme il a débouché ?
    Certains éléments me font douter d’un DE d’assistant socio éducatif( assistant social ; éduc spé ; CESF)Il se trouve que dans le métier nous sommes devenus un peu vigilant : des imposteurs peuvent parler en utilisant des appellations qui sonnent bien à l’oreille mais qui ne sont pas validés par des années d’études et l’obtention d’un diplôme.

    Nous avons donc appris à demander le parcours d’études de la personne qui parle de notre profession.

    Ma lecture ne dépend pas du DE mais de la véracité et de l’authenticité de la personne.

    Dans le cas présent, des zones obscures me font douter de la véracité.
    Ma réponse : Outre le côté bilieux, aigri et parfaitement déplacé du propos de Cronos concernant le témoignage de Caroliner, je voudrais remettre les faits à leur vraie place.
    1- Le métier de conseiller(re) en Mission Locale est un authentique métier, validé par un diplôme et(ou) une véritable expérience professionnelle conséquente dans l’insertion professionnelle. Le travail dans une Mission locale consiste à faire le lien avec toute institution ou service existant dans le but d’accompagner et résoudre les problèmes d’insertion sociale et professionnelle de jeunes qui ont entre 16 et 25 ans.
    2- En aucun cas un conseiller doit se substituer au travail d’un éducateur ou d’une assistante sociale, il doit faciliter le lien avec ces différents partenaires. Bien souvent il fait une bonne partie des démarches pour avancer des solutions.
    3- Dans une demande de logement d’urgence, comme c’est bien le cas présenté par Caroliner, les moyens existants sont les suivants :
    -Contacter les foyers et autres hébergements d’urgence avec la réponse habituelle (rappelez-nous , vous êtes en liste d’attente)
    -Contacter le Conseil général pour avoir une aide d’urgence pour des nuitées d’hôtel quand la situation est très difficile. Cela n’est possible que dans les heures d’ouverture de la Maison du Département (Conseil Général).
    Il faut bien garder à l’esprit que vous avez la personne en demande d’urgence devant vous et que le Conseil Général met aussi beaucoup de barrières administratives pour répondre dans un délai assez court. Il faut montrer patte blanche, justifier plein de choses (famille, résidence des parents, ressources, etc.)
    Connaissant de près le travail, je trouve tout à fait déplacées les remarques de Cronos, surtout qu’il n’a pas l’air de bien connaître le travail social, notemment auprès des jeunes, contrairement à ce qu’il dit.

  • ALLAIN JULES C@MMUNICATION
    • Posté à 01h19 le 19/12/2008
    • Internaute 18202

    Le 115 est finalement comme les services administratifs. C’est lorsqu’on a vraiment besoin d’eux qu’ils ne répondent pas.

    Lien

  • Philou18
    Philou18
    ancien typographe
    • Posté à 08h18 le 19/12/2008
    • Internaute 59628
      ancien typographe

    Mr Sarkozy vient de s’attribuer 9,2 millions d’euros de rallonge pour faire fonctionner l’Elysée, après en avoir triplé le budget peu après le début de sont mandat. Peut-être a-t’il quelques chambres de libres ?

    • Désinscrit le 1-7
      • Posté à 11h12 le 19/12/2008
      • Internaute 3220

      Bonjour tout le monde,

      Voilà un témoignage qui me renforce encore plus dans l’idée de soutenir, revendiquer et promouvoir le principe de réquisition citoyenne de locaux non-salubres.
      Des organisations comme Macaq, Les Enfants de Don Quichotte, le Dal et toutes les organisations ont un sens politique fort, clair et assumé.

      Si la cirminalisation de ce gouvernement armé de bottes à clous et vêtu de chemises bien repassées et de couleur plutôt sombre se poursuit, il est possible que ces mouvements soit amplifiés, radicalisés et soutenus par une population grandissante dont le ras-le-bol est au plus haut.

  • Jack Sullivan
    Jack Sullivan
    en boule
    • Posté à 11h44 le 19/12/2008
    • Internaute 42204
      en boule

    Et avec ça, Christine Boutin peut encore nous dire que le nombre de places en hébergement d’urgence correspond pile-poil au nombre de sans-abris, qu’il n’y a nul besoin de mettre le paquet sur le logement social, et encore moins de réquisitionner d’office les bureaux et logements vacants....
    Au fait (en parlant d’indécence), son ancien dir’cab’, il a rendu son méga-appartement à loyer ultra-modéré, finalement ?

  • pedro_1
    pedro_1
    Anticapitaliste par principe
    • Posté à 12h23 le 19/12/2008
    • Internaute 9317
      Anticapitaliste par principe

    Merci pour votre témoignage ; pour l’avoir déjà vécu je sais que se retrouver dehors en hiver c’est vraiment galère. Bon, en été aussi mais au moins en été on peut dormir tranquille à la belle étoile.
    La situation ne cesse d’empirer en France ou ailleurs ; les victimes de l’insécurité sociale sont de plus en plus nombreuses et désespérées...
    Et ce gouvernement qui ne s’importe que de sauver les banques pendant que le petit peuple crève dans la rue, tous ces milliards débloqués en très peu de temps quand il s’agit de sauver des banques et trois sous quand il s’agit de diminuer l’insécurité sociale ! !
    Je trouve que ça démontre bien la mainmise des banques et autres institutions financières sur nos gouvernements !
    Sarkozy, menteur et hypocrite, les caisses sont vides mais pas pour les banques, hein, espèce de bâtard ! ! Quand est ce que tu t’occuperas de ceux qui t’ont élu ? ! ?

    • tmanfredi
      tmanfredi répond à pedro_1
      Travailleur Social Paris
      • Posté à 14h26 le 19/12/2008
      • Internaute 63062
        Travailleur Social Paris

      le fonctionnement du 115 est un scandale, cette vénérable institution n’est qu’un faire valoir qui rassure les âmes sensibles.
      sur Paris, comme ailleurs je pense, des centaines de personnes restent à la rue tous les jours, alors qu’il a le monopole de l’herbergement d’urgence. En effet sans aucune concertation différentes associations ont dû mettre à disposition du 115 une partie de leurs moyens d’hebergement.

      que dire par ailleurs de l’accueil « policier » qui attend chaque usagé ? temps d’attente inimaginables, « coupure » de ligne... et si enfin une voix « humaine » vous répond vous aurez droit à une mise à nue complête tout y passe... passé, passif nationalité niveau d’étude situation administrative familiale pénale professionnelle... problème de santé d’addiction, parcours d’hebergement... vous êtes à la rue il fait -8e C et on vous met à la question ! tout cela pour vous annoncer qu’il n’y a pas de place...

      A quoi sert le 115 ? constituer une méga-base de données informatisées de la précarité en France ? base de donnée qui comporte des éléments intimes, qui touchent au plus profond de leur être des personnes qui sont dans une situation de précarité extrême.

      A quoi sert le 115 ?

  • ribelle
    • Posté à 17h59 le 19/12/2008
    • Internaute 35973

    Pour avoir travaillé dans l’urgence, je visualise très bien ce qui a pu se passer et connais les doutes et questionnements du travailleur social en recherche d’hébergement. c’est à chaque fois la galère... et c’est vrai que dans l’urgence, il y a des étapes. Répondre à la primo urgence, c’est faire en sorte que la personne ne dorme pas dehors les quelques nuits qui vont suivre, dans l’espoir de trouver quelque chose de plus stable par après... C’est juste une question de survie, contre le froid et les possibles mauvaises ou dangereuses rencontres. Après on essaie de mettre en place des objectifs à moyen terme...avec toute la difficulté qu’on sait puisque les moyens sont quasi inexistants... Avec la loi Boutin, il y aura encore plus de gens dehors, car moins de logements sociaux, et réduction des délais d’expulsion. Notre généreux gouvernement va augmenter les crédits pour ceux qui sont déjà dehors. Alors que c’est en amont qu’il faudrait renforcer la protection...
    Pour le métier de conseiller en insertion professionnelle, il existe des formations à l’AFPA entre autres. ici la travailleurse sociale se présente comme étant conseillère en insertion sociale et professionnelle, ce qui est différent. Des éducateurs spécialisés, assistantes sociales et CESF peuvent également occuper un poste de conseiller en insertion professionnelle, à la mission locale ou dans les chantiers d’insertion et entreprises d’insertion.

  • paconform
    paconform
    parent
    • Posté à 21h07 le 19/12/2008
    • Internaute 53682
      parent

    Bonsoir,
    Voila un cas qui est relevé ; combien disparaissent dans le quotidien et la routine !
    Il faut évidemment faire tout ce qui est possible pour qu’un jeune à la rue soit aussitôt et efficacement secouru.
    EN MEME TEMPS il faut SURTOUT agir pour faire cesser les causes des souffrances affectives des enfants/jeunes qu’ils soient à la rue ou non. SI CES JEUNES AVAIENT VECU DANS UNE FAMILLE SOLIDE ils ne seraient pas abîmés et à la dérive
    Quelles sortes de familles créons-nous aujourd’hui pour servir de creuset aux enfants de demain ?

    • yama
      yama répond à paconform
      polyvalent
      • Posté à 21h50 le 19/12/2008
      • Internaute 63106
        polyvalent

      Je tiens juste à réagir sur les démarches effectuées par cette travailleuse sociale. Ayant moi-même travaillé sur le service du 115, je vois que son fonctionnement diffère d’un département à l’autre.
      J’ai souvent eu à faire à de telles demandes en tant qu’intervenante sur le 115. S’il n’y avait pas de places disponibles sur les foyers d’accueils d’urgence, ou les abris de nuit, mon rôle ne s’arrêtait pas là. Nous avons des bases de données sur les différentes structures pouvant héberger les personnes actualisées chaque jours. Et c’est à l’intervenant du 115
      de se mettre en relation avec les CHRS, comme elle a pu citer, et surtout les hôtels. Nous avons une listes des hôtels « partenaires » dans le département.
      Ce témoignage m’a interpelé, car toutes les démarches effectuées par cette professionnelle (mise en relation avec les centres d’hébergement, recherche d’hôtels) devraient être faites par le 115. C’est en tout cas comme cela que le service 115 fonctionne dans mon département. Mais bon, ça n’est pas le Val de Marne ! !

  • vol19
    • Posté à 22h01 le 19/12/2008
    • Internaute 13492

    Pas facile.
    Je me demandais, avez-vous des temps réguliers, cadrés dans votre institution entre collègues pour échanger, discuter des cas que vous avez à traiter, les pratiques des uns et des autres dans tel ou tel cas, les ressentis que vous vivez ? ? ?
    Sans faire de la psy de concierge, ce que vous vous écrivez et essayez de dire semble vouloir dire que cette situation d’entretiens angoissants/énervants vous renvoie vous à quelquechose qui vous appartient... ?
    Vous questionnez sur la recherche d’emploi, quelqu’un dans cette situation (pas de logement) risque de ne pas être au mieux pour celà... il y a une dimension sadique même dans la situation... Effectivement dans un système aussi absurde, quelle est la priorité ?
    Sans doute l’incertitude renouvellée « peur de dormir dehors » est revivre une angoisse d’abandon (souvent vécue dans la très petite enfance par ces populations),cette angoisse est ce qui déstructure le plus... Si çà se passe mal avec les travailleurs sociaux, le risque est que la personne plonge dans l’exclusion complète... C’est sans doute une responsabilité lourde...mais ce n’est pas de vous dont il s’agit, vous agissez au titre d’une institution qui oscille entre mépris/déni/quête de bonne conscience... comment se positionner là-dedans ? ca se travaille, sans doute ?

  • math6338
    math6338
    conseillere emploi
    • Posté à 00h08 le 20/12/2008
    • Internaute 63114
      conseillere emploi

    Merci, merci pour cet écrit qui malheureusement retranscrit bien le vécu d’un ou d’une conseillèr(e) en insertion sociale et professionnelle de Mission Locale. Si vous ajoutez à tout cela, la pression grandissante quant aux chiffres et aux comptes à rendre à l’Etat sur les mises à l’emploi effective...sachez que le temps qu’à passé cette conseillère avec cette jeune fille ne sera pas pris en compte !
    Afin de répondre aux exigences de l’Etat, il nous est quasiment imposé de recevoir les personnes pendant 30 minutes et pas plus, comment voulez vous traiter une situation pareil en si peu de temps ? ? ? ? ?
    On peut donc comprendre le stress de cette conseillère qui plus est garde en tête son RDV suivant qui peut lui aussi s’avérer tout aussi difficile sur une autre thématique.
    Simplement il n’est pas tolérable de parler de motivation dans une telle situation, nous pourrions en parler si les moyens nécessaires nous étaient accordés.
    Le métier de conseiller en mission locale implique une maîtrise et une connaissance de tous les domaines : santé, logement, emploi, formation, orientation, discriminations, vie sociale, loisirs, culture, citoyenneté...et il peut arriver en effet que nous manquions terriblement de temps pour arriver à créer des outils comme par exemple, un outil recensant tous les hôtels acceptants les factures après coup. Outil qui nécessite une veille permanente afin d’être réactualisé.
    Bien sur comparativement à l’ANPE nous n’avons pas à nous plaindre, nous bénéficions d’analyse de la pratique, de formation professionnelle sur des thématiques variées et nous ne sommes pas contraints à nous cantonner à un RDV mensuel...mais ceci nous guette !
    On nous demande malgrè tout de gérer toute la misère et le mal être des jeunes d’aujourd’hui et ceci avec des financements qui de plus en plus tendent à devenir des financements d’appels à projet ou politique de la ville.
    Croyez moi, il faut du courage et une énergie considérable quand face à vous des personnes sont déjà complètement bousillées et écorchées par notre société, arriver à leur redonner confiance et à ne pas baisser les bras. Nous jouons inlassablement un rôle de tampon social mais jusqu’à quand et à quel prix ? ? ? ?

    Merci donc à caroliner d’avoir présenté un des aspect de notre métier, qui même avec le plus grand engagement, optimisme et dévouement, n’est jamais évident et ne se laisse pas facilement à la porte de notre vie perso.

    • caro
      caro répond à math6338
      délinquante avérée
      • Posté à 10h54 le 20/12/2008
      • Internaute 6484
        délinquante avérée

      bonjour,
      La situation des conseillers en mission locale va effectivement devenir de plus en plus difficile. Seuls comptent maintenant les RESULTATS, combien de jeunes ont trouvé un emploi. Tout le travail fait en amont pour amener les jeunes QUI LE VEULENT vers l’emploi est de moins en moins pris en charge dans les subventions. Ce que nous considérons comme « frein à l’emploi » : problèmes de santé (il y en a de plus en plus), de logement, de bas niveau de formation etc sont de moins en moins considérés par le gouvernement comme faisant partie du travail des conseillers. Les missions locales sont de plus en plus considérées comme des ANPE junior et, à mon avis, sont amenées à disparaître comme structures émanant d’un gouvernement de gauche. Impossible de les rayer directement, puisqu’elles sont des associations, mais les étouffer financièrement pour qu’elles mettent la clé sous la porte (à Nantes des licenciements sont déjà annoncés), d’autant plus, qu’avec l’élargissement de l’Europe, le FSE a moins d’argent par pays.

      J’ai eu la chance de travailler dans une mission locale où tout le travail en amont y est encore encouragé, mais il fallait aussi sortir les stats de placements en emploi ou en formation et quand il y en a de moins en moins ... : ((

      Le temps passé sur le travail de « terrain », la recherche de logement en fait partie, devient de plus en plus « du temps perdu », sans résultat sur l’emploi pour les financeurs, mais il ne faut surtout pas oublier de remplir la base de données, le fameux « parcours 3 », véritable flicage et du travail des conseillers et des jeunes usagers.

      Les négociations salariales viennent d’échouer, pas 1 ct d’augmentation au 1er janvier ! Il faut avoir le gout de ce travail vers l’insertion chevillé au corps pour continuer dans de telles conditions. Je salue tous les collègues pour leur dévouement à la cause des jeunes.

  • fâché.com
    fâché.com
    perdu
    • Posté à 16h19 le 20/12/2008
    • Internaute 57333
      perdu

    Oui, je confirme que l’évolution du travail en Mission Locale est de plus en plus conditionnée par les chiffres de « mises à l’emploi » contrairement aux principes qui ont présidé à leur création autour de 1982.
    A l’époque de la création des Missions Locales, il y avait 4 grands principes directeurs :
    - intervenir globalement auprès des jeunes
    - innover et être un espace d’initiatives
    - travailler ensemble sur un territoire
    - soutenir une politique locale d’insertion et de développement
    Ces grands principes (généreux et sensés) sont en passe d’être tous piétinés, et cela ,il faut le dire, par volonté partisane et revancharde de la droite et le manque de combattivité de la gauche. Cette dernière semble curieusement tétanisée par le culot de leurs adversaires qui ont décidé de laminer les quelques idées porteuses des années Mitterand, dont celle des Missions Locales (Bertrand Schwartz, l’initiateur).
    - la globalité de l’accueil et accompagnement des jeunes est considérée à présent comme une ringardise non rentable. En effet pour les décideurs et financeurs , il faut concentrer l’action sur l’emploi déconnecté de tout le reste (copie conforme de l’ANPE qui se concentre aussi sur des objectifs de radiations massive des listes de demandeurs d’emploi)
    - innover n’est plus possible puisque toute initiative vient maintenant d’un Etat de plus en plus directif, avec des changements de donne et de règles permanentes qui empêchent toute vision de moyen et même de court terme. L’étranglement financier limite l’initiative.
    - travailler ensemble sur un territoire semble presque une plaisanterie au vu de la mise en concurrence des différents opérateurs (ça c’est nouveau). Cette concurrence s’organise dans une confusion entretenue entre sous-traitance et compétition pour décrocher des subventions (l’exemple du plan banlieue de Fadela Amara est assez parlant)
    - la politique locale d’insertion et de développement est mise à mal par ce qui est dit plus haut et carrément entravée par les communes qui veulent éliminer les Missions Locales du champ de l’insertion, dont beaucoup de communes de droite. Il faut le dire clairement.
    Ceci dit, on comprend mieux pourquoi le travail sur le terrain deviendra de plus en plus difficile dans un contexte de discordes entretenues et de batailles serrées pour avoir des subventions au prix du renoncement à ses missions.
    Toute cette évolution est voulue, bien que masquée derrière l’impératif d’évaluation des résultats et de réponse à des objectifs « concertés ».

  • oscar clandot
    • Posté à 17h46 le 20/12/2008
    • Internaute 16545

    Madame,

    ............................................................................................
    ................................................................................................
    .......................................................................mais continuez de toutes vos forces merci

  • figo1959
    figo1959
    demandeur d'emploi
    • Posté à 18h52 le 20/12/2008
    • Internaute 63046
      demandeur d'emploi

    a quelques lignes d’intervalles se croisent deux articles , l’un sur madoff et ses 50 milliards envolés et l’autre sur la detresse sociale de celle qui cherche un lieu d’acceuil pour qu’une personne ne dorme pas dans la rue , comme un raccourci de notre société ! ! ! ! ! ! ! ! !

  • CarolineR
    CarolineR
    Auteur(e) de l'article conseillère en insertion (...)
    • Posté à 09h44 le 22/12/2008
    • Internaute 62827
      conseillère en insertion (...)

    Bonjour à Tous,

    Je suis contente que mon article vous ai fait tant réagir. je tiens à préciser que j’ai fait part dans cet article des sentiments qui me traversent dans ces moments difficiles mais que ces sentiments ne remettent pas en cause mon plaisir et ma motivation pour ce travail. Je pense en effet qu’il est plutôt « sain » de reconnaitre ses difficultés pour mieux travailler avec.

    Ensuite pour les détails techniques les conseillers en missions locales ne sont pas des assistantes sociales et donc nous ne pouvons débloquer que des aides d’urgence par le biais du Conseil Général ( 610 euros maximum pour des nuits d’hôtel). Pour les autres aides du conseil général il faut avoir moins de 21 ce qui n’est plus le cas de cette jeune.

    Ensuite je suis heureuse de voir que plusieurs d’entre vous connaissent bien les missions locales et leur travail, ça me donne du baume au coeur !
    merci de vos commentaires

    CarolineR