15/12/2008 à 13h37

Suis-je vraiment de gauche ? Petit point sur mes credos

Hugues Serraf | Chroniqueur

Le vaticinateur est-il vraiment « de gauche » ? Les éruptions cutanées qu’il suscite chez les détenteurs d’une carte officielle de progressiste prouvent-elles le contraire ? Eléments de réponse...

La « gauche » comme métaphore politique est une invention relativement récente. Après tout, il aurait suffit au Tiers-état d’aller s’installer de l’autre côté de la pièce, par une belle journée de l’été 1789, pour transformer Olivier Besancenot en fer de lance de l’extrême-droite.

Mais les choses étant ce qu’elles sont, ce terme anodin est devenu l’arbitre des élégances, le mètre étalon, le juge de paix permettant de distinguer les gentils des méchants.

Le problème, c’est que personne ne veut jamais être le méchant. Il est donc possible que mon appartenance putative à la galaxie des gentils ne soit qu’une mascarade, qu’un travestissement de mon hideuse personnalité... Oui, c’est très possible.

Ainsi, on a pu voir que j’étais favorable à l’autonomie des universités ou au traité de Lisbonne, ce qui me place théoriquement dans le camp des affreux.

A ceci près qu’il doit être assez facile de dénicher un trotskiste suédois allergique au centralisme éducatif ou un socialiste allemand amateur de documents juridiques denses et touffus... Ben quoi, l’internationalisme est une valeur de gauche, non ?

Les fondamentaux du parti que je viens de créer par inadvertance

Recensons donc les grands principes du « vaticinatisme » pour mieux le latéraliser. D’abord, et c’est même la donnée de base du mouvement que je viens de créer par inadvertance, je suis antiraciste.

C’est-à-dire que je considère, avec les généticiens, qu’il n’existe pas de « races » à l’intérieur de l’espèce humaine et que les différences d’apparence entre les groupes humains ne justifient pas que l’on s’amuse à les classer -et encore moins à les hiérarchiser.

Dans le même ordre d’idée, je suis démocrate : je pense que la société ne peut fonctionner qu’à la condition que ses membres puissent en élaborer les règles et s’imposer de les suivre en toute égalité.

Bon, évidemment, n’importe quel électeur sarkozyste peut se targuer d’être antiraciste et démocrate. De même, on peut très bien se promener avec une carte de l’UMP dans son portefeuille et se montrer tolérant -au sens où la plupart des religions, philosophies et cultures vous semblent dignes d’intérêt et de respect. Mais tout de même, l’anticolonialisme, l’anti-impérialisme et l’antisexisme figurent-ils dans les statuts du parti présidentiel ? A vérifier.

Je considère que la vie intime des individus ne regarde qu’eux-mêmes, dès lors qu’ils ont atteint la majorité sexuelle et qu’ils ne sont contraints à rien par qui que ce soit. Je suis donc favorable au mariage des homosexuels (et à l’adoption d’enfants par les mêmes, mariés ou non).

Je pense que le cannabis devrait être légalisé, mais qu’il existe bel et bien des drogues dures qui méritent d’être interdites (ou d’être administrées sous contrôle médical).

Santé, famille, nation, religion...

Je suis partisan d’une organisation sociale permettant à tous d’être soignés gratuitement quels que soient le coût et la nature du traitement dont ils ont besoin.

Je crois également au droit universel à l’éducation, mais seulement jusqu’à la fin du secondaire : au-delà, je préfère faire payer ceux qui le peuvent et aider ceux qui en ont besoin. Tout comme je pense qu’il faudrait mettre allocations familiales et tarifs réduits divers sous conditions de ressources

Je suis hostile à la violence, d’où qu’elle vienne. Le communautarisme heurte mon sens républicain et mon goût pour l’égalité des individus entre eux.

Je suis probablement agnostique, mais je n’en suis pas certain (ce qui tombe sous le sens). Je suis résolument attaché à la laïcité « à la française », hostile au port d’insignes religieux dans le contexte scolaire mais pas dans le cadre de la vie au travail.

... immigration, Europe, Etats-Unis, Afghanistan...

L’immigration ne m’est jamais apparue comme un problème dans un pays d’à peine 60 millions d’habitants pour 550 000 kilomètres carrés, même si je trouve raisonnable de la maîtriser et de l’organiser. Je suis favorable à la régularisation des sans-papiers qui travaillent, postulant qu’ils n’auraient jamais trouvé un job si l’on pouvait se passer d’eux.

Je suis un pro-européen de l’espèce fédéraliste. Dans l’Hexagone, je milite pour la décentralisation et je suis convaincu que la subsidiarité, concept éminemment bruxellois, serait le meilleur des remèdes à notre tropisme jacobin.

Mais je suis également atlantiste, au sens où je me reconnais, comme Français et comme Européen, une relation spécifique avec les Etats-Unis, dont j’apprécie les institutions démocratiques et de nombreux éléments du mode de vie ou de la culture.

Cette sympathie pour le pays des « founding fathers » (pères fondateurs) ne s’étend pas à la frange chrétienne fondamentaliste et patriotarde que mes concitoyens croient majoritaire. Incidemment, je n’étais pas favorable à la guerre en Irak, même si la posture française ne m’a pas franchement satisfait.

Je suis toutefois favorable au maintien des troupes alliées en Afghanistan, à la lutte contre le terrorisme (dans le respect absolu des libertés civiles puisqu’il n’y a plus rien à défendre dans le cas contraire) et à la préservation de la capacité de la France et de l’Europe à se protéger des agressions quelles qu’elles soient…

... économie, libéralisme, solidarité, handicap ...

Hum là, évidemment, ça commence à chauffer. Anti-raciste, tolérant, tout ça… Ça colle. Mais atlantiste et favorable à l’envoi de troupes françaises chez les Talibans, c’est une autre paire de manches ! Allez, j’aggrave mon cas : je ne crois pas que l’économie de marché soit le meilleur système faute de mieux. Je crois que l’économie de marché est un excellent système.

Je crois en l’Etat de droit, à la propriété privée, à la liberté d’entreprendre, à la concurrence. Mais je crois aussi en la fiscalité comme outil de redistribution et je pense que nous ne payons pas assez d’impôts sur le revenu (en volume et en nombre de foyers concernés) et trop de TVA.

Je pense que le crédit (immobilier et à la consommation) est un merveilleux instrument d’amélioration de la qualité de vie ; que la constitution d’un patrimoine est une bonne chose mais que sa transmission doit être taxée.

Je crois en la responsabilité individuelle dans la gestion de sa propre vie et je préfère la solidarité à l’assistanat. Je ne crois pas qu’il existe de « bad jobs », pas plus qu’il n’y a de sots métiers.

Je ne pense pas que les Français soient majoritairement en passe de se retrouver SDF. Je pense qu’il faut aider ceux qui ne peuvent pas s’aider eux-mêmes ou qui traversent une passe difficile. Je m’indigne de l’absence d’infrastructures permettant aux handicapés de mener une vie normale dans ce pays, ou de l’impossibilité de conduire des actions collectives en justice.

Je suis conscient des déséquilibres démographiques qui imposent le recul de l’âge de la retraite, mais je suis scandalisé par la mise au rebut parallèle des seniors.

... énergie, et pour finir, le Proche-Orient

Je suis pro-nucléaire par réalisme, mais attaché au développement d’énergies renouvelables par conviction. Je n’aime pas consommer, mais je sais que la consommation est le moteur de la croissance. Je suis pour l’ouverture des magasins le dimanche, mais favorable aux 35 heures. Je suis sioniste et propalestinien…

Tiens, c’est marrant, d’ailleurs, de conclure sur ce qui passera sans doute pour un impossible paradoxe chez ceux qui exigent le dialogue entre Israël et le Hamas mais qui pensent que parler à François Bayrou relève de la cour martiale.

Bah, il faut bien s’arrêter quelque part et cette petite déclaration de principes du vaticinatisme se prolonge dans les textes du blog. Ah, j’oubliais : pour les demandes d’adhésion au mouvement, faites-moi un petit mail. Pour les procès en social-traitrise, faites comme vous le sentez…

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  • Jambalaya-
    Jambalaya-
    Le contenu de ce champ apparaît (...)
    • Posté à 18h31 le 15/12/2008
    • Internaute 25992
      Le contenu de ce champ apparaît (...)

    Bon venez en au fait, que vendez-vous exactement ?

  • sansnom
    sansnom
    retraité
    • Posté à 18h34 le 15/12/2008
    • Internaute 56642
      retraité

    Bref, tu t’aimes, mais nous tu nous les gonfles assez pour n’avoir plus envie de te lire. Entre autre quand tu nous crois assez ignares pour ne pas connaître l’origine des mots « droite » et « gauche » et que tu veux nous faire gober que cette origine tout à fait anecdotique leur ôte toute valeur réelle. Je n’ai jamais lu quelque chose d’aussi nul sous la plume d’un journaliste digne de ce nom.

    Alors ne me réponds pas, je ne perdrai plus mon temps sur tes pages.

    • Lucien_de_Rubempré
      Lucien_de_Rubempré répond à sansnom
      Splendeur et misère des court- (...)
      • Posté à 10h11 le 16/12/2008
      • Internaute 50016
        Splendeur et misère des court- (...)

      Bof, ça vaut bien du Bernard Guetta, du Bazar-Henri Levy ou du Alain Nickelchrome non, son niveau de discours ?

  • Lucien_de_Rubempré
    Lucien_de_Rubempré
    Splendeur et misère des court- (...)
    • Posté à 19h16 le 15/12/2008
    • Internaute 50016
      Splendeur et misère des court- (...)

    Pour répondre à la question : on s’en fout, mais on (moi en tout cas) n’aime pas, en général, vos propos.
    Cet article/justification est donc inutile. Ce n’est pas les belles étiquettes qu’on aime, mais les gens qui les portent avec honnêteté, probité et sincérité, parce que les belles étiquettes ne sont pas vides de sens et méritent qu’on se batte pour elles.

  • Kawa
    • Posté à 20h48 le 15/12/2008
    • Internaute 29584

    Sérieusement, Serraf on te paye pour écrire ces conneries ?

    Cordialement.

    • LG240
      LG240 répond à Kawa
      • Posté à 23h45 le 15/12/2008
      • Internaute 23978

      Si c’est oui, c’est un scandale. Si c’est non, c’est pathétique.

  • Anonyme

    Vous avez une forte tendance à taper plus ou moins grossièrement sur tout ce qui bouge à gauche, et à laisser tranquillement agir la droite, de la plus centriste à la plus extrême.

    Vous êtes donc de gauche, mais avec une forte tendance à
    survirer à droite.

    Le mieux est de vous conseiller la gauche tendance Bockel (« La gauche moderne »), dont le manifeste se résume à « bouh, le parti socialiste cé un parti tout vieux », et la gauche tendance Besson (« Les progressistes »), dont le but ultime est de se venger de Ségolène, parce qu’elle est méchante, et de gagner des sous avec Nicolas, parce qu’il est gentil.

  • Compte supprimé le 3 janvier 3
    • Posté à 22h21 le 15/12/2008
    • Internaute 10904
      in angulo

    Lien

    La bonne nuit, serraffin...

  • jean breton
    • Posté à 22h30 le 15/12/2008
    • Internaute 51943

    Excellent petit mot M Serraf, j’apprécie vraiment votre franchise.
    Personnellement, je suis laïque et républicain, et assui partisan du respect de la vie privée et du droit aux soins gratuits pour tous ;
    Nos convergences s’arrêtent là.
    Mais ce n’est pas mal ; déjà.
    Et si ... on faisait ici le point des convergentces et pas systématiquement celui des divergences ?
    Idée idiote évidemment.
    La liberté de presse me rend consensuel, mauvais signe.
    Ou alors est-ce l’âge ?

  • Adéménagé le 3 janvier 2011
    • Posté à 22h31 le 15/12/2008
    • Internaute 29846
      menuisier

    « La “gauche” comme métaphore politique “

    Toujours déréeliser l’adversaire, leçon d’école de com’.

    La ‘gauche’ devient sous votre plume une ‘métaphore politique’.

    Si vous étiez -un peu- plus qu’un poseur, vous sauriez que la ‘gauche’, n’est pas une métaphore mais un corpus d’idées et de concepts (et de contre concepts) constitués comme autant d’armes dirigées contre ce qui nous asservit (le ‘nous’ est exclusif pour vous qui semblez très bien vous accomoder à peu près du monde tel qu’il est),

    Elle ne se satisfait pas des ordres établis.

    Cette gauche voit le ravin au fond duquel nous nous précipitons (et au fond duquel nos frères et soeurs en humanité natifs des tiers mondes agonisent déja).

    La votre veut,à peine, négocier plus qu’un gracieux dérapage au frein à main, pour vous épargner une chute trop cruelle.

    Vous chutterez en tirant sur votre cigarre.

    • Un compte supprime
      • Posté à 04h45 le 16/12/2008
      • Internaute 21837
        nc

      Au moins, ce pompeux vaticinateur (pleonasme) a le merite de susciter de belles et vigoureuses reactions : apres la gauche liberale et seraphique (ahahah ! ! ! content de moi pour le coup), le Deluge a du bon et la prochaine arche de Noe (Chomsky) n’aura de passerelles qu’a babord, et tous ses sabords a tribord pour canarder sur tout ce qui approchera de ce cote la...

  • Bardamu
    Bardamu
    difficile
    • Posté à 23h15 le 15/12/2008
    • Internaute 25491
      difficile

    Franchement, se justifier auprès de la tourbe riverévolutienne, c’est s’abaisser.

    « Never explain, never complain » serait plus digne que vos assez pathétiques protestations de bien-pensance gauchiste.

    Vous vous dites de gauche parce qu’en France c’est une position de confort intellectuel, chez les cultureux en général.

    C’est compréhensible, pour des raisons professionnelles, Pas la peine d’en rajouter dans les gages donnés aux plus hystériques bolcheviques de ce fil, qui parfois a des allures de réserve naturelle, de conservatoire de la pensée morte...

    • Adéménagé le 3 janvier 2011
      • Posté à 23h32 le 15/12/2008
      • Internaute 29846
        menuisier

      Hors sujet comme d’habitude.

      Tu es sur le pont du Titannic continuant à deviser sur son insubmersivibilité.

      « 2008 » sonnera comme « 1929 », en étant optimiste.

      Reprends donc une coupette.

      • Bardamu
        • Posté à 23h55 le 15/12/2008
        • Internaute 25491
          difficile

        Tiens, il suffit de dire « bolcheviques hystériques » et vous accourez !

        C’est comme un appeau. Je réessaierai.

         
        • Adéménagé le 3 janvier 2011
          • Posté à 09h02 le 16/12/2008
          • Internaute 29846
            menuisier

          Appeaute tant que tu veux barda.

          Imagine être le maître du jeu si ça satisfait tes maigres fantasmes.

          Je m’en bats les couettes stratosphériquement.

          La simple lecture de tes inepties suffit à mon contentement (je sais je me contente de TRES peu).

          Bonne continuation barda.

        1 autres commentaires
      • Anonyme répond à Adéménagé le 3 janvier 2011

        Bardamu (dit Czar), il te fait pas penser à un Serraf avec trente ans de petite vie rabougrie en plus ? Mais ça m’étonnerait qu’il soit encore sur le pont du Titanic : à mon avis, il est déjà dans un canot de sauvetage.
        Allez-y, Bardamu, vous avez la parole. Songez à déformer mon pseudonyme, comme d’habitude ; vous donnerez ainsi une nouvelle preuve de votre puissance d’argumentation. N’oubliez pas une petite citation et deux ou trois mots précieux, et pensez aussi à parler de meute ou de horde bolchevique. Relisez-vous bien — n’allez pas nous faire un pataquès comme l’autre jour, vous savez que le comique de répétition a une durée de vie plus courte que les autres — et soignez la ponctuation : ce serait trop bête d’aller saloper une expression finement ciselée à la Maurras avec une virgule mal placée. Faites quand même un effort pour ne pas nous resservir vos saillies d’il y a quelques mois, ça nous changera. Moi, je vais me coucher. Soyez sympa d’éteindre la lampe à huile quand vous aurez fini. Vu ce que vous consommez...

      • Lucien_de_Rubempré
        Lucien_de_Rubempré répond à Adéménagé le 3 janvier 2011
        Splendeur et misère des court- (...)
        • Posté à 10h19 le 16/12/2008
        • Internaute 50016
          Splendeur et misère des court- (...)

        Excellent ! : -)

    • bilou.
      bilou. répond à Bardamu
      Prajñāpāramitā देवौ ऋषी तापसौ (...)
      • Posté à 23h44 le 15/12/2008
      • Internaute 21503
        Prajñāpāramitā देवौ ऋषी तापसौ (...)

      La vie tout simplement est de gauche, la droite c est tout le contraire. Les acides aminés de la vie sont de gauche et la vie est une force qui défie les lois de l univers, c est pas si simple comme le pensent les gens de droite. La gauche c est la voie de la comprehension de toute chose, c est le ciment des cites futures.

      • Bardamu
        Bardamu répond à bilou.
        difficile
        • Posté à 23h53 le 15/12/2008
        • Internaute 25491
          difficile

        Hilarant.

        Ce n’est plus du simple sectarisme, ça relève du délire.

        En quelque sorte, c’est presque trop beau pour être vrai.

         
        • bilou.
          bilou. répond à Bardamu
          Prajñāpāramitā देवौ ऋषी तापसौ (...)
          • Posté à 00h03 le 16/12/2008
          • Internaute 21503
            Prajñāpāramitā देवौ ऋषी तापसौ (...)

          Mais c est exactement ca, c est la qu il faut gratter pour mettre tout le monde d accord, la droite est une grave maladie de l humanite qui existe depuis trop longtemps, il faut que ca cesse, la gauche doit reprendre toute sa place dans les mentalites. C est de la gauche que vient tous les progres, sociaux, techniques, ... Il y a un bien commun, ce bien existe, il regroupe la terre et toutes les richesses qu elle nous apporte et le bien social et tout ce qui nous a permis en nous serrant les coudes d en arriver la, petits bouts par petits bouts. Tout ce qui est materiel est par definition commun puisque l elaboration a a la fois permis et necessite le concours d une organisation humaine qui nous vient de tres tres loin.

          • Bardamu
            Bardamu répond à bilou.
            difficile
            • Posté à 00h06 le 16/12/2008
            • Internaute 25491
              difficile

            Attention, attention ! Foudre-Béni a encore eu une vision !

            Enseigne-nous...

            • bilou.
              bilou. répond à Bardamu
              Prajñāpāramitā देवौ ऋषी तापसौ (...)
              • Posté à 00h12 le 16/12/2008
              • Internaute 21503
                Prajñāpāramitā देवौ ऋषी तापसौ (...)

              Je ne fais que disserter, ici de gauche et droite non mais serieusement, c est quoi ton avis ?

              • Adéménagé le 3 janvier 2011
                Adéménagé le 3 janvier 2011 répond à bilou.
                menuisier
                • Posté à 09h08 le 16/12/2008
                • Internaute 29846
                  menuisier

                Puisque visiblement tu ne le connais pas, barda n’a qu’une opinion, qu’un avis, qu’un seul crédo :

                J’en ai une plus grosse que tout le monde.

                C’est un peu résumé, mais c’est l’idée générale.

                Et le rigolo de l’affaire, c’est qu’il est visible qu’il n’en est rien et il persiste à faire comme si.

                Je puis t’assurer qu’il donne très régulièrement un spectacle assez croquignolet.

                • A déménagé le 1-6
                  • Posté à 10h01 le 16/12/2008
                  • Internaute 61755

                  une plus grosse...tête ? ...bof, c’est un dictionnaire de citations tout au plus...le julien lepers de rue 89, qui, dès qu’il se sent dépassé, crie ’sus au bolchevisme ! ’...

                • Bardamu
                  • Posté à 16h09 le 16/12/2008
                  • Internaute 25491
                    difficile

                  Vous vous situez de plus en plus nettement au-dessous de la ceinture.

                  C’est une loi de la nature : chaque être vivant a tendance à rejoindre tôt ou tard son biotope.

                  Vous m’autoriserez à ne pas vous suivre sur ces hauteurs.

                  Merci.

                  • Adéménagé le 3 janvier 2011
                    • Posté à 21h06 le 16/12/2008
                    • Internaute 29846
                      menuisier

                    « J’en ai une plus grosse que les autres »

                    Où y a t-il prévisible barda, indice de l’endroit auquel je faisais allusion ?

                    Je parlais de la cervelle, que vas-tu chercher ?

                    Ceci dit continue à tirer dessus :

                    C’est ce que tu sais le mieux faire. : -)

                    Bonne soirée barda.

        7 autres commentaires
  • Guy Valte
    Guy Valte
    Parisien abonné au gaz
    • Posté à 23h24 le 15/12/2008
    • Internaute 24462
      Parisien abonné au gaz

    La droite se gausse de la « gauche caviar » et de la gauche « chic“ça semble être une contradiction grossière. Alors qu’être une ‘droite caviar’ ou ‘chic’ n’est qu’une droite réussie. Pour moi cela montre simplement la désespérante médiocrité des aspirations et des ambitions de la droite. On pourrait les plaindre s’ils n’étaient pas des crapules. Je n’ai que du mépris.....

    • Bardamu
      Bardamu répond à Guy Valte
      difficile
      • Posté à 00h01 le 16/12/2008
      • Internaute 25491
        difficile

      Au moins, Desproges opposait la gauche caviar à la droite saucisson.

      C’était plus drôle que vos soporifiques platitudes.

      • Guy Valte
        Guy Valte répond à Bardamu
        Parisien abonné au gaz
        • Posté à 11h30 le 17/12/2008
        • Internaute 24462
          Parisien abonné au gaz

        Barnabu, on est habitué à voir la droite virevolter au ras des paquerettes, ce que vous appelez « soporifiques platitudes » n’est que l’expression de vos incapacités, ça vous fait dormir ? C’est que c’est trop compliqué pour vous ne cherchez pas plus loin. (comme d’hab) Dormez bien, on vous laisse à vos rêves de saucisson.

  • compte supprimé à la demande du riverain 30.03.09
    • Posté à 23h35 le 15/12/2008
    • Internaute 35776
      bye bye....

    Voilà le sieur Bardamu himself qui vient dire au lampion de se taire, mais aussi crier à la bien-pensance gauchiste et à l’hystérie bolchévique.

    Ce n’est même pas un cultureux, c’est un magnétophone.

    • Bardamu
      • Posté à 23h59 le 15/12/2008
      • Internaute 25491
        difficile

      Vous avez raison, je ne suis pas un de ces cultureux pusillanimes qui camouflent leur véritable pensée sous un gauchisme de façade qu’ils savent consensuel et propre à les aider à faire carrière.

      Merci de me donner l’occasion de le préciser, au moins votre pauvre intervention sert à quelque chose.

      • Anonyme répond à Bardamu

        Bardamu, j’allais éteindre l’ordinateur et qu’est-ce que je vois ? Un nouveau dépassement de quota ! Ça ne peut plus durer, Bardamu !
        Ces trois derniers mois, vous nous avez déjà refilé 58 « soporifique », dont 32 accolés à un « platitude », 29 « de façade », dont 8 assortis d’un « gauchisme », 75 « pauvre » et 45 « cultureux », 19 « resucée marxiste »... Quousque tandem, Bardamu, quousque tandem, hmm ? Si au moins vous les utilisiez toujours avec le même interlocuteur — moi, par exemple —, on pourrait vous trouver comme circonstance atténuante une certaine cohérence dans le galimatias. Mais non, mais non, c’est le même discours sclérosé pour tout le monde. Franchement, quand on vous lit, on pense immanquablement à ces formulaires administratifs types qui commencent par « Cochez la case correspondante — Veuillez nous excuser du caractère impersonnel de ce formulaire gnagnagna et gnagnagna. » Pendant un moment, on y a cru, Bardamu, on se disait : « Enfin un artisan dans ce monde de brutes stakhanovistes. Il pue des idées mais il fait un effort dans la formulation. » En lieu et place d’artisanat, vous nous faites de l’industriel, Bardamu, ressaisissez-vous.
        PS : N’oubliez pas de déformer mon pseudonyme, merci.

         
        • Bardamu
          Bardamu
          difficile
          • Posté à 17h49 le 16/12/2008
          • Internaute 25491
            difficile

          Je ne sais pas du tout ousqu’est votre tandem, Quininina, vous n’avez qu’à faire attention à vos affaires.

          Ah mais je vous y prends, au fait, petit canaillou, à plagier-pasticher-parodier Cicéron ! Mais je ne vous traiterai pas d’impuissant, par charité païenne.

          Vous me reprochez mon « style formulaire », mais c’est que vous ne comprenez pas qu’il ne s’agit pas ici de liittérature mais de balistique : une fois qu’on a trouvé le bon angle pour le coup de pied au derrière optimal, pourquoi en changer ? C’est un peu comme 2+2=4, c’est peu varié, mais toujours vrai.

          Cher ami, je comprends votre amertume. Vous vous donnez beaucoup de mal. Tous les soirs, vous vous glissez sous la couette satisfait de vos saillies, dont vous espérez naïvement qu’elles réduiront au silence l’infâme Bardamu, qui semble hanter vos nuits et vos jours.

          Las, tous les matins vous vous réveillez le nez dans le ruisseau et le postérieur en l’air comme dans un dessin de Vuillemin...

          Pourquoi revenir sans cesse à la charge ?

          • Anonyme répond à Bardamu

            « Je ne sais pas du tout ousqu’est votre tandem, Quininina, vous n’avez qu’à faire attention à vos affaires. »
            Mais où c’est que vous allez chercher tout ça, Bardamu ? Le coup du tandem, la énième déformation de mon pseudonyme… Quel talent ! Le rédacteur de votre ana (il y a de ces coïncidences lexicales…), s’il s’en trouve un, aura du grain à moudre.

            « Ah mais je vous y prends, au fait, petit canaillou, à plagier-pasticher-parodier Cicéron ! Mais je ne vous traiterai pas d’impuissant, par charité païenne. »
            Est-ce que je vous reproche de plagier l’Almanach Vermot, moi ?

            « Vous me reprochez mon “ style formulaire ”, mais c’est que vous ne comprenez pas qu’il ne s’agit pas ici de liittérature mais de balistique : une fois qu’on a trouvé le bon angle pour le coup de pied au derrière optimal, pourquoi en changer ? C’est un peu comme 2+2=4, c’est peu varié, mais toujours vrai. »
            J’ai une mauvaise nouvelle pour vous, Bardamu : il va falloir vous replonger le nez dans vos manuels de balistique parce que, pour ce qui est du bon angle… J’ai plutôt l’impression que vous avez sous-estimé une espèce d’effet boomerang qui vous ramène vos ruades directement dans le postérieur.

            « Cher ami »
            Bardamu, nous étions presque parvenus à éviter l’invective, vous n’allez pas en remettre une couche, j’espère ? Voyons !

            « je comprends votre amertume. Vous vous donnez beaucoup de mal. »
            Pas du tout, je vous assure, tout le plaisir est pour moi. Promis, juré. Et c’est vite fait, vous savez, ça prend beaucoup moins de temps qu’il ne vous en faut pour tronquer une citation comme vous aimez à le faire, parfois, quand vous cherchez à soutenir une argumentation défaillante.

            « Tous les soirs, vous vous glissez sous la couette satisfait de vos saillies »
            Caramba, encore raté ! Tous les soirs, je fais ma prière (je demande toujours au petit Jésus de prendre soin de vous, qui êtes un peu notre boute-en-train, ici dans la Rue). Le reste, ça ne regarde que moi.

            « dont vous espérez naïvement qu’elles réduiront au silence l’infâme Bardamu »
            Vous êtes fou, Bardamu ! Et qui c’est qui nous ferait rire dans les moments de grande tension, hein ?

            « qui semble hanter vos nuits et vos jours. »
            Ça va, les chevilles, Bardamu ? Hier soir, j’ai rêvé d’un yaourt périmé, mais je vous assure que vous n’y êtes pour rien.

            « Las, tous les matins vous vous réveillez le nez dans le ruisseau et le postérieur en l’air comme dans un dessin de Vuillemin… »
            Bardamu, vous allez penser que je fais rien que vous contrarier exprès, mais je vous jure, vous m’entendez, je vous jure que, tous les matins, je me réveille 1) dans un lit, 2) en pyjamas, 3) tout contre ma femme et 4) entouré de chats. Vous ne me confondriez pas avec un de vos copains de bistro, Bardamu ?

            « Pourquoi revenir sans cesse à la charge ? »
            Vous savez ce que répondait cet alpiniste britannique quand on lui demandait pourquoi il gravissait les montagnes, n’est-ce pas ? « Parce qu’elles sont là. » Eh bien, mutatis mutandis… Mais n’allez quand même pas vous prendre pour un roc ou un pic, hein, Bardamu...

        2 autres commentaires
  • Al-Ice
    Al-Ice
    -_-'
    • Posté à 23h47 le 15/12/2008
    • Internaute 54790
      -_-'

    « Les éruptions cutanées qu’il suscite chez les détenteurs d’une carte officielle de progressiste prouvent-elles le contraire ? »
    Vous commencez mal... je n’ai de cartes chez aucun parti, mais vous me donnez déjà des boutons... et pourtant, je suis de gauche !

    Beaucoup de phrase qui commencent par « Je »... un besoin de justification ? Ah non, de reconnaissance peut-être, ou alors vous êtes en mal d’amour sur la Rue :)

    Allez la prochaine fois, laissez votre égo de côté et faites-nous le plaisir d’une tribune solide et bien argumentée, quel que soit votre point de vue !

  • Anonyme

    Finalement, je crois que la réponse est là :

    Lien

    • compte supprimé 24
      • Posté à 11h37 le 16/12/2008
      • Internaute 8330

      Impeccable, ton bloghaus, Front Pop’ !

      Pour moi, Serraf est l’incarnation de la confusion des idéologies, comme Soral, Bruckner, Goupil, Val et tant d’autres...

      • Anonyme répond à compte supprimé 24

         ; o) Il est dans la droite ligne de son petit timonier, qui cite Guy Mocquet ou Jaurès, rollex au poignet, sur le yacht de bolloré ! .

  • thierry reboud
    • Posté à 03h42 le 16/12/2008
    • Internaute 20923

    Cher Serraf de gauche...

    Je dois dire que je n’ai pas été peu content de découvrir le petit topo que vous nous avez fait sur vos credo (ainsi dites-vous). Enfin ! Enfin, j’allais comprendre quelque chose à cette gauche mystérieuse qui suscite tant d’enthousiasme sur sa droite, et tout autant de répulsion sur sa gauche. Il était temps que vous nous éclairiez et, ne serait-ce que pour cela, grâce vous soient rendues. Je dis ne serait-ce que pour cela parce que pour le reste, je dois bien vous avouer que je reste sur ma faim (même si je doute que cela vous surprenne).

    Ainsi donc vous êtes de gauche puisque vous êtes gentil. Si je vous ai bien lu, c’est à cela, finalement, que se résume votre théologie politique. Vous aimez les gens, vous aimez acheter diverses bimbeloteries, vous êtes contre la guerre, la paix c’est bien, vous aimeriez bien que les gens aient de l’argent : inutile que je poursuive, je dois bien convenir que votre catalogue est à peu près complet. Croyez-moi ou non, mais savoir que vous êtes gentil, je trouve ça plutôt sympa de votre part. Après tout, vous n’étiez pas obligé.

    Le hic (que du reste vous soulevez vous-même), c’est que plein de gens de droite sont, eux aussi, gentils. Si, je vous assure, j’en connais même un nombre assez conséquent d’exemplaires. Ils ont des convictions, moi d’autres : ça ne fait pas d’eux pour autant des diablotins fourchus, ni de moi un angelot joufflu. Néanmoins, ils se reconnaissent sans mollir de droite, aussi aisément que je me reconnais de gauche. Et, pour tout dire, ni eux ni moi n’en faisons tout un fromage.

    Ce qui me frappe à la lecture de votre confiteor, c’est que certains des gens de droite que je connais pourraient, à la virgule près, le signer. Des gens de droite qui ne sont pas racistes, qui sont favorables à la dépénalisation du cannabis, qui militent pour la décentralisation, qui sont démocrates (y compris lorsqu’il s’agit d’encenser Obama), ça court les rues. Tous ces choix ne sont d’ailleurs pas indignes, simplement ils me paraissent insuffisants à déterminer ce qui vous ferait de gauche (puisque vous y tenez tant).

    Ce n’est même pas votre exaltation du marché qui m’effraie : je fais partie de ceux qui considèrent que le marché existe toujours, dès lors qu’il s’agit d’acheminer des biens vers ceux qui en ont besoin. Certes, je n’irais pas jusqu’à lui chanter des cantiques ou à en faire un fétiche ; mais reconnaître son existence et son utilité ne me pose aucun problème. Contrairement aux idées reçues, même l’Union soviétique avait un marché (remarquablement mal organisé, mais un marché tout de même), et il ne me paraît pas inconcevable qu’un certain degré de fluidité peut être mieux atteint par les voies habituellement nommées libérales, même si je préfère qu’il soit régulé, à l’occasion strictement.

    Alors, me direz-vous, pourquoi ne serais-je pas de cette gauche que vous représentez ? Ou, ce qui revient au même, pourquoi persisterais-je à vous considérer comme étant de droite ? Pour deux raisons, principalement.

    Votre atlantisme, tout d’abord. Certes, j’entends bien que les États-Unis nous ont, pas qu’un peu, sauvé la mise face au nazisme et au soviétisme. Ce faisant, ils ont autant sauvegardé leurs intérêts que les nôtres, mais il n’est pas question de le leur reprocher. Certes. Mais enfin, il ne vous a pas échappé que l’Union soviétique n’est plus, pas plus que le Reich millénaire. Si les mots ont un sens, l’atlantisme n’a plus de raison d’être, puisqu’il n’existe plus de menace dans l’Atlantique Nord. L’OTAN, telle qu’elle existe aujourd’hui, s’est très largement transformée en bras armé de la confrontation Nord-Sud, confrontation dont je conteste qu’elle serve les intérêts européens. Vous me direz que l’OTAN n’est plus guère qu’une coquille vide qui sert au cas par cas, et vous n’aurez pas forcément tort.

    Mais alors quelle utilité alors de se proclamer atlantiste ? S’il s’agit pour vous du mot poli pour dire pro-étasunien, alors là pardon, mais je ne vous suis plus du tout. Parce qu’il me semble qu’être pro-étasunien, ça ne consiste à rien d’autre que valider et promouvoir un système (aussi bien politique qu’économique) qui ne peut tenir que sur la prédation, et notamment sur la prédation du sud. Que cette prédation soit indispensable à notre confort, je veux bien en convenir, quoique avec de sérieux bémols ; mais pour autant je ne me résous pas à un écart des richesses aussi vertigineux et à un système qui asservit les neuf dixièmes de l’humanité pour gaver le dixième restant.

    L’autre raison qui fait que je refuse de vous suivre sur les voies d’une gauche blairisée, c’est votre renoncement à la transformation sociale. En gros, si je vous suis bien, la gauche est meilleure pour gérer le système économique et social de la droite. Eh bien là non plus, pas d’accord du tout. Si la gauche n’est que cela, alors vous ne nous proposez que des variantes plus ou moins mangeables de la droite. Il me paraît tout à fait inconcevable que la gauche aspire au pouvoir pour se contenter de gérer. De ce point de vue, la colère de Mélenchon quand le PS a décidé de retirer de ses statuts l’article qui stipulait qu’il s’agissait de mettre les outils de la réforme au service des aspirations révolutionnaires (je vous le cite de mémoire) me paraît tout à fait justifiée.

    La question n’est pas, comme vous feignez régulièrement de le croire, d’aspirer à un grand bain sanglant et purificateur. La question est de savoir pour quoi la gauche veut prendre le pouvoir. En certaines circonstances, la révolution est un moyen nécessaire. Dans une large mesure, je partage sans doute votre point de vue selon lequel les conditions ne sont pas, aujourd’hui, réunies en France. Devons-nous pour autant accepter de capituler sur nos objectifs ? Si la réponse est oui, alors ne vous étonnez pas que nous nous détournions de cette voie. Que les compromis soient indispensables en politique, c’est une évidence. Encore s’agirait-il d’établir ces compromis sur les bases qui sont les nôtres quand nous sortons vainqueurs du suffrage universel, et non pas d’aller les rechercher sur le terrain de l’adversaire politique.

    En effet, vous êtes tout à fait à votre place au PS tel qu’il se présente aujourd’hui (à condition tout de même de payer votre cotisation). Mais précisément ces impasses sont celles qui font que nous sommes nombreux à nous détourner scrutin après scrutin de ce parti. Assez nombreux en tout cas pour que le PS ait besoin de nous : à lui de choisir qui seront ses électeurs.

    • Hugues Serraf
      Hugues Serraf répond à thierry reboud
      Auteur(e) de l'article Chroniqueur
      • Posté à 10h49 le 16/12/2008
      • Internaute 26641
        Chroniqueur

      Cher Reboud également de gauche mais plus quand même,Je suis ravi d’apprendre que l’énoncé de mon credo vous aura éclairé sur la nature du mystérieux segment de la gauche molle que je représente. Les fêtes approchent et il est important, pour les hommes de bonne volonté, de se comprendre mieux à défaut de se prendre par la main pour faire une ronde tout autour de la terre –- comme disait Paul Fort.Mais je suis surtout enchanté de constater à quel point nous sommes d’accord sur tant de choses, et plus particulièrement sur l’importance d’être gentil et de souhaiter le bien de son prochain. C’est un préalable majeur et il convient d’insister sur ce point.Maintenant, et c’est là que nous divergeons tout de même un peu en dépit des excellentes vibrations qui commençaient à s’installer entre nous, vous remarquez que n’importe quel homme de droite est également susceptible d’être gentil et de vouloir le bien de son prochain –- ce qui est probablement censé relativiser la valeur de la gentillesse et de ce goût pour le bonheur universel… Il me semblait avoir déjà préempté cet argument dans mon papier, mais j’y répondrai tout de même : si les gens de droite, comme les gens de gauche, se mettent à souhaiter que paix, bonheur, prospérité, harmonie et justice pour tous règnent enfin sur la terre, on se demande ce qui reste à négocier ; embrassons-nous alors et faisons-là, cette ronde autour du monde... Disons que nous n’en sommes simplement pas là et que je reconnais difficilement l’intégralité de la première partie de ma confession dans le programme de Nicolas Sarkozy. Dans le cas contraire, on serait forcé de se demander comment une telle vague de gentillesse a pu devenir –- du point de vue de certains commentateurs comme il faut –- la première étape vers le fascisme (car Sarkozy est bien un autocrate fasciste, n’est-ce pas ?).Voyons maintenant ce qui fait de moi un homme de droite, et qui me démarque franchement du vrai bon goût de gauche : l’atlantisme plutôt que le marché (le marché, j’ai compris que vous m’en faisiez cadeau ce qui est la marque d’un grand sens de l’humour). A vrai dire, moi aussi, je me suis rendu compte que l’Union soviétique avait disparu. Mais je n’en ai pas déduit que la Russie (qui menaçait encore Liende nous balancer quelques bombinettes sur le teston Grozny-style) ou, d’une manière générale, les vrais apôtres du choc des civilisations (pas ceux qui le théorisent Lien dont les gens parlent sans se donner la peine de les lire, mais plutôt ceux qui le mettent en pratique à Bombay, à Madrid ou à Londres) étaient tous devenus des gentils souhaitant le bien de leur prochain comme vous, moi, et le premier membre de l’UMP venu.Comme un Kagan, je fais partie de ces gens qui pensent que le monde reste un endroit dangereux et que, oui, avec tous les bémols nécessaires que je ne vais même pas énoncer ici tant ils sont évidents, la relation entre les grandes démocraties est Lien et certainement pas pour assurer « la prédation du Sud » –- puisque nous n’avons jamais eu besoin, nous Français, des Américains pour l’assurer, Lien.Mais il y a ce second point qui fait que je ne peux pas être vraiment de gauche, et qui fait que je suis tout juste bon à rester au PS (à condition de payer ma cotisation, évidemment) : c’est l’idée que nous ayons renoncé, nous les blairistes, à la transformation sociale au profit de la gestion. C’est tout simplement faux, et même l’expérience anglaise, si elle se termine en eau de boudin pour des raisons qui n’ont rien à voir avec le New Labour (nous n’avons pas eu le New Labour, les Grecs non plus, et l’on nous promet pourtant la révolution), a été le moyen de Lien, d’une très forte augmentation du niveau de vie et d’une quasi disparition du chômage. C’était bien sûr dans le contexte britannique et nous n’avons pas à envier les inégalités ou le taux de pauvreté qui perdurent et même augmentent là-bas, mais je ne vois pas pourquoi il faudrait ignorer les réussites d’un pays qui donne du boulot aux jeunes Français qui n’en trouvent pas chez eux (surtout lorsqu’ils ont des diplômes qui jurent avec leur couleur de peau).Je ne suis pas révolutionnaire, c’est certain. Je n’ai plus (car j’en ai eu mais j’ai eu le temps d’y réfléchir ce qui n’est pas forcément le cas de tous les 14-17 ans qui font reculer Darcos) de goût pour le lancer de pavé. Mais ça ne veut pas dire que ma gauche n’est plus « que cela », comme vous dites en faisant la moue (je ne vous vois pas mais je me figure que vous faites la moue en disant ça). Ma gauche rêve bien d’apporter, par les moyens de la politique et de la démocratie, un changement concret et des améliorations de la vie des gens que les autres modes d’action n’apportent jamais.Si vous n’y croyez plus, puisque vous vous en détournez scrutin après scrutin, mais que vous n’avez pas non plus de goût pour les bains de sang, vous êtes d’ailleurs dans une belle impasse. Et avouez que c’est con, une impasse en pleine Rue89.

      • compte supprimé à la demande du riverain 30.03.09
        • Posté à 13h07 le 16/12/2008
        • Internaute 35776
          bye bye....

        « Si vous n’y croyez plus, [à ma gauche] puisque vous vous en détournez scrutin après scrutin, mais que vous n’avez pas non plus de goût pour les bains de sang, vous êtes d’ailleurs dans une belle impasse. »

        En voilà une conclusion qu’elle est belle. Comme si rien n’était possible que le néolibéralisme (très) vaguement aménagé que vous préconisez ou « les bains de sang ». TINA n’est pas loin.

        Et si c’était le refus, qui certes est aujourd’hui révolutionnaire - je me permets de rappeler qu’une révolution n’est pas forcément violente -, de votre idéologie, car c’en est une, aménagée ou pas, qui pouvait permettre de les éviter, vos « bains de sang » ?

      • thierry reboud
        • Posté à 14h27 le 16/12/2008
        • Internaute 20923

        Cher Serraf de la gauche bizarre,

        Si vous en avez le loisir, j’aimerais que vous nous présentiez un homme ou une femme femme de droite qui prônerait la guerre, le malheur, la misère, la disharmonie et l’injustice. Je suis convaincu que vous pourriez gagner décemment votre vie rien qu’en faisant visiter ce spécimen. Ah oui,mais pour tous, ça fait toute la différence ! Je ne crois pas, non : même la catéchèse néo-libérale la plus crue prétend arriver à cela. C’est en tout cas ce qu’elle dit à qui veut la croire. La différence réside dans les moyens mis en oeuvre, et notamment le degré de régulation des mécanismes de marché ou de fiscalité.

        (Sur ce dernier point très précisément, d’ailleurs, j’aimerais qu’un homme de gauche comme vous explique à un homme de gauche comme moi ce qui justifie les vertigineux écarts de rémunération qui ont cours dans les temples de l’initiative privée. Ce n’est pas qu’un détail : la capitulation de la gauche qu’on dira, faute de mieux, gouvernementale sur la question de la pression fiscale demeure l’un des os qui me reste durablement en travers du gosier.)

        Tout à fait en confidence, votre plaisanterie sur Sarkozy qui serait un autocrate fasciste tombe parfaitement à plat me concernant : je ne conteste pas la légitimité de son élection et je me distingue par plein de traits extraordinaires, mais notamment par le fait que je considère que nous vivons encore en démocratie. Que Sarkozy, la personne, ait des tendances autoritaires qui rejaillissent sur sa manière d’exercer le pouvoir, même lui en convient (encore aujourd’hui même, devant le Parlement européen).

        Passons à la question atlantique maintenant. Je dois dire que je vois mieux, maintenant que vous citez Robert Kagan, ce qui fait de vous un homme de gauche. Robert Kagan, vous voulez dire l’auteur de La Puissance et la faiblesse ? Ma foi, qu’un homme de gauche tel que vous se réfère à un néo-conservateur (et pas le plus consistant, si vous voulez mon avis), voilà qui en dit finalement long. Il y a une certaine logique : les neocons venaient de la gauche, la gauche retourne aux neocons, la boucle est bouclée. Il ne vous restera qu’à démontrer que la politique internationale préconisée par les neocons est de gauche, je suis sûr que vous allez beaucoup les amuser.

        La politique internationale des Etats-Unis est un désastre, et pas seulement pour les régions qui en sont la victime, et je m’étonne que quelqu’un qui, il y a peu de temps encore, nous disait détester toutes les formes de violences puisse y trouver son compte.

        Aussi longtemps que les Etats-Unis rechercheront la confrontation avec la Russie ou l’Iran, je ne vois pas au nom de quoi nous, Européens, devrions les suivre. Il me paraît beaucoup plus intéressant de rechercher les voies d’une coexistence dont tout indique que la Russie ou l’Iran (ou d’autres) l’accepteraient.

        Votre laïus sur les attentats de Madrid, Londres ou Bombay tombe à peu près à plat dans la mesure où ce qui les ont commis ne sont guère plus que des nihilistes (dont l’Iran, notamment, se méfie comme de la peste). Ces terroristes visent à l’établissement d’un califat fantasmé et (maintenant qu’Etasuniens et Saoudiens les ont laissés tomber) ne sont plus au service d’aucun Etat, sinon peut-être le Pakistan. Or justement, permettez-moi de penser que la politique chinoise, ou même indienne, envers le Paksitan est beaucoup plus intelligente que la politique étasunienne qui en fait un allié.

        Sur le blairisme pour finir, je ne peux guère que constater nos désaccords. Je ne conteste pas la prospérité du Royaume-Uni sous le règne de Blair, je conteste que la distribution ait été aussi équitable que vous le prétendez. Certes, il a créé un revenu minimum (ce qui ne manque pas de sel, au moment où les « libéraux » français prétendent qu’il constitue une entrave !), mais on pourrait plutôt s’étonner que ce n’ait pas déjà été fait. Sauf erreur, même les Etats-Unis ont un revenu minimum. En revanche, si l’on s’intéresse au bilan social dans son ensemble, il paraît difficilement contestable que le blairisme aura maintenu, voire aggravé, le creusement des inégalités et le niveau de pauvreté ce que même vous admettez : comme programme de gauche, vous m’autoriserez à souhaiter autre chose. Qu’il y ait eu des réussites, je ne le conteste pas, ce serait stupide : la question est de savoir si ces réussites en sont bel et bien du point de vue d’une politique de gauche. Je ne le crois pas. D’autre part, je veux bien que la crise actuelle ne soit pas due au blairisme... mais à quoi dans ce cas ? La financiarisation de l’économie, c’est un peu lui tout de même, non ?

        En fait, vous avez bien raison : c’est con, une impasse (en pleine Rue89 ou ailleurs). Qui nous y a mis, dans cette impasse ? S’il s’agit de choisir entre l’UMP, le Modem ou le PS, je vous laisse faire, ça ne m’intéresse pas.

        Oui, vous avez encore raison : nous aurons autant d’utilité pour le PS que le FN en a eu pour la droite. Mais, d’une part, la question que je me pose en tant qu’électeur est bien plutôt de savoir quelle utilité le PS peut avoir pour nous (n’inversez pas les rôles) ; et, d’autre part, c’est bien en tenant compte du FN que Sarkozy a élaboré sa droite décomplexée, j’attends donc que le PS en vienne à une gauche décomplexée.

         
        • Mon-Al
          Mon-Al répond à thierry reboud
          roturière : -)
          • Posté à 14h36 le 16/12/2008
          • Internaute 24219
            roturière : -)

          Allez, je vous tope, parce que vous le valez bien, mais ... diantre qu’est-ce que c’est long ! ! !

          • Anonyme répond à Mon-Al

            Il faut c’qui faut, madame Mon-Al ! ...

            • compte supprimé 24
              • Posté à 02h39 le 17/12/2008
              • Internaute 8330

              C’est ben vrai, ça, mon bon monsieur...
              J’y retranche pas un mot, au petit père Reboud.
              Nickel.

        3 autres commentaires
  • compte supprimé 24
    • Posté à 03h56 le 16/12/2008
    • Internaute 8330

    Quand je pense que je me suis fait chier à réparer des ordinos alors qu’il y avait pas urgence, et que *personne* ne m’a prévenu que le Serraf avait remis les gaz...

    Alors c’est très simple : j’ai décidé une fois pour toutes de ne plus me dire de gauche. C’est nul, la gauche : ça lampionne séraphiniquement, y a la Madonne et la petite marchande d’amiante, des trotz amidonnés, un buffet colonial-fabien et un Fabius ; une grosse méluche toute ébahie qu’est camarade-sénateur ; un Dany oui-oui et tout un tas de camarades qui le disent, mais ne sont pas les miens...

    Je suis de la Sociale, celle qu’est au ras du caniveau et pas ailleurs...

    Alors je suis pour une université très thélémite, où on s’infuse le savoir sans passette, parce que je n’aime pas les sachets et que c’est bon les brins entre les dents.

    Je suis contre tous les traités européens ; passés, présents et à venir. Je déteste l’Europe parce que ça ne veut rien dire : elle n’est pas le rêve de nos enfances, mais un foirail de bétail calibré enculé par des maquignons.

    Je ne suis pas internationaliste, parce que je n’ai toujours pas compris la notion de nation.

    N’ayant pas le moindre entendement sur la notion étrange de ’race’, je ne puis être antiraciste ou raciste. Simple.

    Je ne suis surtout pas démocrate : puisque j’en suis, je sais que le peuple est très con. Je me soucie de ma propre gouverne et ça m’occupe déjà à plein temps. De toutes façons, les lois sont faites pour les bébés. Il faut leur fixer des limites, sinon ils se font la malle, tellement qu’ils s’emmerdent dans leur parc.

    N’ayant aucun espoir de voir de mon vivant le peuple et ses dirigeants satisfaire autre chose que leurs plus bas instincts, je n’ai aucune raison d’œuvrer ou de collaborer avec la démocratie. Après moi le déluge. Qu’ils se démerdent.

    Je suis sexiste ; normal : j’ai un sexe typé et j’aime trop les grosses blagues de cul. Je suis d’un machisme craignos agréé par Béatrice1 et toutes les chiennes de garde. Je n’aime que les féministes mortes, comme ma vieille copine Katia D. Kaupp, qui a fait la nique à tous les vautours en léguant sa demeure à sa bonniche après s’être rétamé la gueule pour de bon en glissant sur une serviette-éponge au sortir d’un bain.

    Je me fous totalement du sort des pédés : gays, gays, marions-nous ! comme le chantent en chœur mes amis tarlouzes, le petit père François et son Peter, Alain et sa turluteuse compagnie... Puisqu’ils s’en tapent aussi, je vois pas pourquoi je ferais autrement.

    Je suis d’une salutaire intolérance : je méprise la religion et encore plus le sentiment religieux ; ces croyances qui masquent l’inéluctable et ravalent les bipèdes au rang de rampants apeurés, écrasés de terreur dvinine. Et toujours prêts à vous forcer à être aussi trouillards qu’eux face à la mort, sinon ils ne sont pas contents du tout et vous haïssent plus que les rats d’égout.

    Toutes les drogues sont déjà en vente libre au coin de la venelle, donc le statut actuel est très bien : je refuse d’acheter des produits standardisés, alors que le frisson de la dégustation à l’aveuglette de produits frelatés est tellement plus excitant.

    L’héroïne, c’est super : elle m’a flingué une bonne partie de mes potes, fauchés dans la fleur de l’âge... Faut dire que quand je vois la triste mine grisâtre des survivants, trente ans plus tard... ben vaut mieux qu’ils soient morts, les copains. L’héroïne m’aura épargné le spectacle de leur déchéance sociale : j’imagine mal mon Philo qui a claqué en 93 devenu bureaucrate et encarté Ps.

    J’aime la violence. De loin, vu que je suis non-violent. C’est-à-dire que je ne fous mon poing dans la gueule à personne et que je n’ai pas d’arme dans l’autre poing, mais ça s’arrête là. Je ne tend pas la joue gauche et je mords volontiers la main qui me nourrit. Gandhi, un de mes héros, était une espèce de teigneux, dans son genre...

    J’aime le mélange, mais pas le velouté au mixer : si y a pas de grumeau dans la soupe, c’est nul. C’est pourquoi je suis communautariste : qu’on foute la paix une bonne fois pour toutes aux communautés de papys beloteurs, aux groupes d’enturbannés divers, aux culs-nus et même si j’aime Siné, je n’ai pas envie de botter le popotin des nénettes en burqa : elles me rappellent mes séjours enchanteurs au Pakistan, où j’étais dans tous mes états à la seule évocation de la nuance de leur tenue, et le crissement de leur lourdes étoffes. Et je suis pour laisser saigner le torturé clouté dans le décolleté des nonnettes, même à l’école publique.

    Je vais même plus loin : je suis pour le carême chrétien obligatoire, strict et contrôlé par les agents du gouvenrment ; la haire et le cilice ; les macérations ; le respect dictatorial imposé à tous ceux qui se réclament d’une religion. Sinon rien.

    Je suis pour l’invasion, pas juste l’immigration : c’est en envahisseurs que mes ancêtres italiens sont venus bouffer le pain des Français, alors par ici, les crève-la-faim du monde entier ! Venez enfin rendre vivants les cauchemars des derniers franchouillons de souche !

    Je suis pour la recentralisation à outrance : toute décision locale devra se taper l’aller-retour à l’ancienne : en triple exemplaire sur papier-carbone avec au moins douze tampons. Comme ça on ne sera jamais dérangés, dans nos pampas : les parisiens chez eux et nous chez nous. Peinards. Ouf. Et les baronnets locaux aux oubliettes, par contrecoup.

    Je suis pour l’interdiction des USA. Même mes copains américains pensent pareil : ils en ont assez chié avant de venir se réfugier chez nous et ne rêvent que d’une chose : oublier ce pays à la con où le malheur les a faits naître.

    Je suis pour la guerre en Afghanistan... J’entends pas là qu’on les laisse enfin s’entre-trucider librement. Ils font ça tellement bien depuis la nuit des temps.

    Pour le reste, c’est tout à l’avenant : je suis pour un accident nucléaire bien de chez nous, et j’espère voir ça une de ces quatre, juste pour voir la tronche à Serraf et aux pro-nucléaires avant de clamser irradiés.

    Je suis pour l’abolition des congés payés, de la Sécu et l’extension du statut des prostituées actuel aux travailleuses et travailleurs. Ils sont tellement cons qu’ils ne méritent rien d’autre. D’ailleurs leur président le leur dit tout haut, qu’ils sont de pauvres cons... et ils ne réagissent même pas... alors hop : tapin-turbin, même combat !

    Je suis sioniste comme Theodor Hertzl, mais comme il est mort il y a très longtemps et que ses successeurs ne sont de de vils colons, je pleure avec les Palestiniens dans leurs ghettos.

    Mon mouvement à moi s’appelle le cypisme et il n’admet aucun membre.

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