Temoignage 15/12/2008 à 20h00

A l'hôpital, j'ai croisé la route de Gilles. Jeudi, ce SDF est mort

PhB | citoyen

Ce lundi, Philippe, un internaute de la région de Nantes, nous a communiqué ce texte, après avoir découvert que l’un des SDF décédés récemment dont parlaient tous les médias n’était autre que son voisin de chambre durant un séjour à l’hôpital, au mois de novembre. Voici son texte, tel qu’il nous l’a envoyé.

J’ai rencontré Gilles tout récemment, à l’hôpital. Le 24 novembre, j’ai été hospitalisé aux urgences du CHU de Nantes. Après mon opération, comme le service qui m’avait pris en charge était complet, j’ai été orienté vers une chambre double. Gilles était dans cette chambre, il m’y a accueilli.

Nous avons eu beaucoup de temps pour parler. Il a évoqué sa vie. Chacun de nous pouvait aussi entendre les conversations de l’autre avec le personnel médical. Elles sont si indiscrètes, les chambres doubles… Même si une assistante sociale a eu l’attention de proposer à Gilles d’aller discuter tranquillement dans une pièce isolée.

42 ans, à peine plus âgé que moi

Gilles avait 42 ans, quelques mois à peine de plus que moi. Il était dans la force de l’âge, mais cabossé par la vie. Il dormait roulé en boule, comme pour se protéger. Il souffrait d’épilepsie. Il avait travaillé pendant quatre ans comme conducteur routier dans une entreprise qui avait périclité après le décès de son patron.

Puis treize ans dans une autre entreprise, fermée elle aussi, brutalement, après son rachat par une multinationale française du médicament. Près de 100 emplois supprimés d’un trait de plume. Fin novembre, Gilles n’avait plus d’emploi. D’ailleurs, il avait perdu ses permis de conduire à cause de ses problèmes de santé. Il avait perdu son logement. Il a dit qu’il vivait dans la rue depuis un mois.

Gilles avait une grande famille : un fils qui travaille dans un pays lointain, ses parents dans les Pyrénées, des frères et sœurs dispersés aux six coins de l’Hexagone. Mais il refusait d’être à leur charge.

Il était fier, Gilles. Et il avait des projets ambitieux. Qu’on en juge. Il rêvait d’un logement : « Un coin à moi, rien qu’une chambre, avec un lit et un petit réchaud pour cuisiner. » Ce à quoi je me sentais obligé d’ajouter : « Oui, et puis un WC et une douche. »

Il disait qu’on trouvait toujours où se laver

Mais il m’expliquait qu’on trouvait toujours moyen de se laver, même dans la rue. Il désirait un emploi : « Je ne peux plus conduire, mais je peux charger et décharger les camions, là il faut du monde. » Des demandes auxquelles personne n’a su répondre.

Le personnel de l’hôpital était aux petits soins pour lui :

« Appelez-nous quand vous avez un problème, Monsieur, nous sommes là pour ça. [...] Surtout, quand vous serez sorti, prenez bien vos médicaments… »

Les assistantes sociales, auxquelles il expliquait qu’il dormait dans les toilettes publiques de Rezé, se démenaient pour lui trouver un hébergement ; l’hôpital retardait de jour en jour sa sortie tant qu’il n’y avait pas de solution. Quand le manque de moyens des services sociaux rejaillit sur le déficit de la Sécu…

J’ai quitté l’hôpital le 27 novembre. Je tiens ici à saluer le personnel de l’Hôtel-Dieu pour son accueil chaleureux et son professionnalisme. Le CHU avait assuré de garder Gilles au moins jusqu’au 1er décembre, dans l’espoir qu’une solution d’hébergement serait trouvée d’ici là. Nous nous sommes salués : « Bon courage Gilles, bon rétablissement ». J’étais confiant, je savais qu’il était en de bonnes mains.

Une brève à l’AFP, dure et froide

Et puis jeudi 11, j’ai vu la brève de l’AFP, dure et froide comme une nuit de décembre : « Le corps d’un SDF découvert jeudi matin à Rezé ». Le corps d’un SDF ! Paul Eluard, lui, écrivait : « Un homme est mort, qui n’avait pour défense que ses bras ouverts à la vie. »

La préfecture précise que « des orientations d’hébergement lui avaient été faites, mais il n’y a pas donné suite et ne venait pas aux rendez-vous ». Comme si personne ne savait où Gilles dormait !

Pouvons-nous exiger d’un homme au bout du rouleau qu’il honore ses rendez-vous comme un homme d’affaires ? N’était-il pas envisageable de lui proposer une petite chambre à lui, plutôt qu’un « hébergement d’urgence » saturé ? Dans quelle société vivons-nous, qui ne se donne pas les moyens d’aider ceux qui en ont le plus besoin ?

Mais le vrai scandale n’est pas là. Quand il faut ramasser quelqu’un à la petite cuiller, c’est qu’il est déjà beaucoup trop tard pour lui remettre le pied à l’étrier.

Gilles avait un bel avenir devant lui. Il avait prouvé, s’il était besoin, qu’il savait travailler, qu’il pouvait fonder une famille. Gilles était comme chacun d’entre nous. Il s’est fait dépouiller de son emploi et de son permis, il n’avait plus de logement. Un mois sans toit avant de se retrouver à l’hôpital. Et à sa sortie, 10 jours de rue ont suffi à le tuer.

Alors chaque fois que nous voyons l’annonce d’un nouveau plan de licenciement, une expulsion de logement, rappelons-nous comment jeudi 11 décembre 2008, dans les toilettes publiques, un homme est mort.

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  • yogi 22
    yogi 22
    retraité
    • Posté à 20h07 le 15/12/2008
    • Internaute 48598
      retraité

    merci philippe

    • Glasgo
      Glasgo répond à yogi 22
      Etudiant
      • Posté à 12h52 le 16/12/2008
      • Internaute 45259
        Etudiant

      « Ne pas avoir de logement n’est as un délit , laisser les gens dans la rue est un crime étatique “

      Etat criminels qui meurtri et abuse des gens , mais le jour où la masse se reveillera, comme dit si bien Tiken jah Fakoly
      ‘Quand nous serons unis , CA VA FAIRE MAL !’

    • zénon denon 84
      zénon denon 84 répond à yogi 22
      Bonne
      • Posté à 18h25 le 16/12/2008
      • Internaute 30028
        Bonne

      OUI

      JE NE N EXPLIQUE PAS POURQUOI CETTE LETTRE

      NE SOIT PAS CLASSEE DANS LA RUBRIQUE

      « “CULTURE ‘’ c’est là sa place .S’il vous plait .
      ne mélangeons pas tout .Pas ici ...

  • SiDi
    SiDi
    En état de choc
    • Posté à 20h09 le 15/12/2008
    • Internaute 24795
      En état de choc

    Merci pour le témoignage. Trop de gens se disent que ça n’arrive qu’aux autres, mais aujourd’hui chacun peut chuter dans la rue, en quelques jours, sans avoir rien fait pour le mériter... On oublie trop souvent à quel point la solidarité est vitale...

  • in girum
    • Posté à 20h12 le 15/12/2008
    • Internaute 8170

    merci philippe.

    • Elice
      Elice répond à in girum
      • Posté à 20h33 le 15/12/2008
      • Internaute 21143

      Un article très touchant.

      Certains d’entre vous auront peut-être vu le reportage de l’emission 66 minutes consacré aux SDF. Il présente notamment ce que c’est que de passer une nuit en centre d’hébergement (un calvaire, et l’on comprend pourquoi l’idée d’y revenir est insupportable), ce que c’est que d’errer une journée entière dans les rues, de faire des aller-retours permanents dans le métro jusqu’à sa fermeture. Retarder le moment où, vraiment, il n’y a plus rien d’autre à faire que de se résigner à s’endormir de fatigue dans le froid, en espérant se réveiller. Ou pas.

      • cMoi69
        cMoi69 répond à Elice
        Informaticien à Dardilly
        • Posté à 21h10 le 15/12/2008
        • Internaute 26313
          Informaticien à Dardilly

        Témoignage utile et bien triste....

        J’ai vu ce reportage .. 66 minutes.. reportage qui devrait être passé en boucle.. mais quelle colère , quand j’ai vu ce reportage coupé a un moment crucial par de la pub.. lamentable.. plus aucun respect.. plus aucune considération pour l’Humain..

        Nous sommes tous des SDF en sursis et cela devrait nous faire réfléchir et agir ... mais comme tous , la peur nous paralyse, la peur de voir la vérité, la peur d’être le prochain.. il faut si peu pour que tout bascule et vos « amis » deviennent de parfaits inconnus..

        Les plus courageux, les plus méritants, c’est ces SDF, dans ce reportage, solidaire et bravant nos non-regards...

        Des milliards miraculeux, trouvés sans réelles difficultés, ont permis de sauver cette économie qui les tuent froidement.. dans un contexte tel que celui ci, n’aurait t ’il pas été moral d’imposer que 20% de ces
        montants soient affectés à cette situation INHUMAINE..

        Cette crise où des chiffres faramineux volent dans l’actualité , 1000 milliards d’un coté, 50 milliards de l’autres.. le total , probablement plus de 3000 0000 0000 0000 euros envolés en fumée.. devrait interpeller nos élus en charge et à réfléchir à d’autre modes de vie.. de sociétés..

        Sarkozy , apparement aurait pris la mesure mais va t’il en écrire les paroles.. j’en suis pas certain.. dommage car peu être aurait t’il là , une chance de faire quelque chose de sa vie bien triste à sauver quelques banquiers et hommes d’affaire.. imaginez ! ! Nicolas .. faire des millions de gens heureux.. imaginez votre nom , honoré et respecté pendant des années et des années.. si vous ne profitez pas de ce que l’Histoire vous offre comme choix de vie, vous finirez comme un Chirac.. à la retraite de l’histoire.. à la traine...

        Allez utilisez cette si fameuse énergie à faire quelque chose de fabuleux... étonnez la FRANCE.... et les Francais..

        Ps : je pète pas un cable.. mais des fois.. tentez de reveiller l’ange qui sommeille en nous.. peut fonctionner... faut y croire . quoi ! !

         
        • Les Grands Champs
          Les Grands Champs répond à cMoi69
          Retraité, le doigt là où ça (...)
          • Posté à 09h26 le 16/12/2008
          • Internaute 61722
            Retraité, le doigt là où ça (...)

          « reportage coupé a un moment crucial par de la pub.. lamentable.. plus aucun respect.. plus aucune considération pour l’Humain »

          Par-ce-que vous pensez qu’il ont de l’humanité ?
          Le fric n’a rien de chez rien d’humain !
          Sont accumulation est la priorité. POINT !
          Nous ne sommes pas prêt de voir une émission (quelconque) non coupé par la pub au nom de je ne sais quoi.

          Les chaines sont tributaires des annonceurs, eux-même le sont de leurs clients, qui le sont de leurs actionnaires qui ne pensent qu’a leurs dividendes.

        1 autres commentaires
  • Jean-Baptiste
    Jean-Baptiste
    Projets entre marketing, (...)
    • Posté à 20h17 le 15/12/2008
    • Internaute 646
      Projets entre marketing, (...)

    Merci de ce témoignage

  • Cosette
    Cosette
    Délinquante amoureuse
    • Posté à 20h24 le 15/12/2008
    • Internaute 33774
      Délinquante amoureuse

    C’est triste ,honteux et scandaleux que des hommes meurent de froid en France en 2008 !

    Tout le monde se rejette la pierre.

    Qui a amené Gilles et d’autres dans cette situation ?
    C’est bien la société actuelle,le chômage,l’état de santé,l’expulsion quand tu peux plus payer ton loyer !

    L’état devrait se rendre compte qu’on ne peut pas expulser à tout va des personnes au chômage qui ne peuvent plus payer leur loyer !

    C’est l’état le responsable de la mort de Gilles et des autres...

    C’est bien beau de vouloir les héberger de force et les mettre à la rue le matin à 8 heure.

    Politique de merde !

    • Lucien_de_Rubempré
      Lucien_de_Rubempré répond à Cosette
      Splendeur et misère des court- (...)
      • Posté à 21h19 le 15/12/2008
      • Internaute 50016
        Splendeur et misère des court- (...)

      « C’est l’état le responsable de la mort de Gilles et des autres… »
      Oui mais l’état c’est nous.

      • Cosette
        Cosette répond à Lucien_de_Rubempré
        Délinquante amoureuse
        • Posté à 21h34 le 15/12/2008
        • Internaute 33774
          Délinquante amoureuse

        Ha bon ? l’état c’est nous ?
        N’importe quoi ! De toute façon cela ne m’étonne pas de vous !

        Alors vous croyez que c’est moi (et d’autres ) qui disons à l’état de mettre les gens au chômage,etc.....

        L’état c’est des gens comme vous qui ont votés sarkozy,alors les responsables on les connait.....

         
        • siko
          siko répond à Cosette
          capitaliste révolutionnaire
          • Posté à 21h59 le 15/12/2008
          • Internaute 38962
            capitaliste révolutionnaire

          Je suis aussi peiné que d’autres ici quand une nouvelle aussi triste, mais dont il est vrai nous n’avons pas toujours conscience, me tombe dessus.

          Mais Lucien a raison, nous sommes tous responsables. Peut-être que les imbéciles qui ont voté Sarko le sont plus. Mais franchement, regardez les revendications des mouvements de gauche, peu s’intéressent réellement à ces personnes vivants dans l’extrême misère. Les syndicats, par exemple, ne sont-ils pas là pour défendre les TRAVAILLEURS FRANCAIS ?

          Même si l’état pourrait et devrait en faire beaucoup plus, combien ici ont hébergé quelqu’un vivant dans la rue ne serait-ce qu’une seule fois dans leur vie ? Combien ont-ils passé quelques heures ne serait-ce qu’à discuter avec des SDFs ?

          La gauche serait au pouvoir, ferait-elle vraiment quelque chose pour ces personnes ? J’en doute sincèrement... et c’est bien malheureux, mais la gauche est comme la droite, la misère ne les intéresse pas, ce qui les intéresse, ce sont les travailleurs, les ouvriers !

        • gmily
          gmily répond à Cosette
          • Posté à 23h06 le 15/12/2008
          • Internaute 40670

          C’est un peu vrai , nous sommes responsables de ces situations de façon ,indirecte ! ... Nous sommes la société , nous le peuple , notre grand tord , jusqu’à là , est de laisser les politiques gérer ce problème sans réagir devant leur incompétences, leurs mensonges et leurs promesses non tenues .Ils ne sont que nos représentants , et ne sont pas digne de la confiance du peuple . Je crois dans ce peuple , et j’espère qu’un de ces jours prochain 2 ou 3 millions de citoyens seront dans la rue pour dire stop !
          Les minorités ont toujours pesée de tout leur poids sur les pouvoirs en place , et j’ai confiance dans ce peuple et cette minorité de gens responsables qui ont toujours défendu les droits de tous et fait que ce pays était encore il y a peu un exemple pour l’humanité toute entière .
          J’ai confiance en nous , en vous !

        • Les Grands Champs
          Les Grands Champs répond à Cosette
          Retraité, le doigt là où ça (...)
          • Posté à 09h37 le 16/12/2008
          • Internaute 61722
            Retraité, le doigt là où ça (...)

          Malheureusement ... il a raison !
          Dans le système démocratique, l’état c’est les votants.

          Ce sont les Français qui ont votés qui sont responsable, même s’ils n’ont pas voté pour celui qui est Président !

          « Qui a amené Gilles et d’autres dans cette situation ? » écrit Cosette.

          La société qui a acheté celle ou Gilles travaillait et l’a mit à la porte avec 100 autres pour gagner plus ! !
          Car même si il y a doublon, et dans le cas d’un rachat il y en a, c’est de fric toujours plus qu’il est question.

          Étant à la retraite j’ai encore le soucis des revenus, je l’ai écrit à la rédaction de « rue 89“qui ce renseigne, le prélèvement de la CSG sur les retraites passe de 3.8 à 6.6% ! ! (Courrier m’en informant reçu en début de semaine)
          Celles-ci (les retraites) n’augmentes pas d’autant par ans !
          Bonjour le pouvoir d’achat.
          Que pensez-vous qu’il va ce passer pour certains retraités ?
          Cela va être difficile de faire ‘plus’ attention qu’actuellement, nous le faisons déjà.

        • Gilles31
          Gilles31 répond à Cosette
          Gaucho
          • Posté à 10h25 le 16/12/2008
          • Internaute 57081
            Gaucho

          Et qui aurait accepté de loger Gilles chez lui ?

          • emma_88
            emma_88 répond à Gilles31
            metallurgie
            • Posté à 23h05 le 16/12/2008
            • Internaute 59455
              metallurgie

            c est la vraie question qui parmi toute les personnes qu il a croisé a l hopital lui a proposé 1 toit le temps qu il se retourne pour a nouveau faire partie de la societé meme sur rue 89 ceux qui ecrive avis donneraient pas petit coin confortable a 1 sdf du blabla encore du blabla les moi je les matu vu et lu pff comment ca commence a prendre la tete presque autant que les politiques mais oublier pas demain peu etre notre tour a etre sdf vu l ampleur de la crise ouah trop grave

        5 autres commentaires
      • supprimé à la demande du riverain 28.04.09
        • Posté à 21h49 le 15/12/2008
        • Internaute 21776

        Et » L’Etat Français »,c’est le gouvernement actuel !
        Oui,le même qui a été aboli en aout 1944,suite à la LIBERATION !

      • heleor
        heleor répond à Lucien_de_Rubempré
        artiste
        • Posté à 08h21 le 16/12/2008
        • Internaute 59226
          artiste

        n’importe quoi !

      • shillom
        • Posté à 08h43 le 16/12/2008
        • Internaute 22134

        Ah tiens, il y a encore des gens pour le croire.

        La seule trace de démocratie qui reste à la France, comme à tant d’autres pays, est le droit de vote. Le droit de choisir entre la peste et le choléra, de choisir des politiciens rongés par l’économie, qui n’ont pas d’autres idéaux que celui de faire tenir le budget de l’État un peu en dessous de zéro, histoire de bien continuer à l’endetter et de bien faire prospérer les banques et surtout leurs dirigeants, par les intérêts qu’elles perçoivent.

        Service public ? Quel intérêt, une entreprise privée est plus concurrentielle (économiquement encore...) ! Et puis ça coute des sous. Et puis on aurait jamais dû inventer le fonctionnariat, ça coute trop cher, la machine est trop lourde à faire bouger.
        Système social ? Tout le monde a une mutuelle de nos jours (enfin ceux qui peuvent encore bosser) !
        Logement social ? Plutôt payer des amendes que de laisser des gueux entrer dans Neuilly (ou autre, bien sur...) !
        Chômage ? Mais non regardez, la définition qu’on utilisait est mauvaise, comme ça c’est mieux ! Ah mince, on atteint les limites des redéfinitions là, ça va finir par se voir...

        Manifestations ? Oh mais les braves gens vont se plaindre d’être gênés, les enfants ne seront pas gardés, les transports mal assurés, la police va tout quadriller, ça va tellement déranger !

        Alors oui, en théorie, l’Etat, c’est nous, mais on est pris dans l’engrenage, et pour sauver notre peau, et ne pas finir morts dans des chiottes comme Gilles, on ferme les yeux, ou si on ne les ferme pas, quel choix reste-t’il ? Manifester 365 jours par ans, il y a matière, mais comment on paie le loyer ? Et même si on changeait la France, pourrait-on changer le monde ? La seule chance serait une prise de conscience mondiale, un revirement radical massif qui remettrait en cause le pouvoir de l’argent, mais comment mettre ça en place ? Et derrière, comment s’assurer qu’une personne ne voudra pas faire main basse sur le système, sous prétexte d’« intelligence supérieure » ? Et sinon, comment assurer une continuation d’évolution de l’humanité ? Ce sont les vraies questions, qui restent encore sans réponse.

        Le discours des gens me rend malade, tellement se plaignent de tant de choses sans se rendre compte que le système est vérolé, sans voir que ceux qui les dérangent ne sont pas les manifestants mais les dirigeants. Il faut dire que le 20h leur sert bien le discours Étatique, tous les jours. Quelle abération !

        Alors non, l’État n’est pas le peuple, le peuple est asservi par son travail, par sa peur de le perdre. Pour paraphraser je ne sais plus qui, aujourd’hui, les gens travaillent pour ne pas perdre leur travail. C’est grave. C’est tout sauf de la démocratie.

         
        • Lucien_de_Rubempré
          Lucien_de_Rubempré répond à shillom
          Splendeur et misère des court- (...)
          • Posté à 09h21 le 16/12/2008
          • Internaute 50016
            Splendeur et misère des court- (...)

          Et bé, tout ce beau discours pour rien, cela me fait de la peine pour vous, car vous prêchez un convaincu. Vous fantasmez, je n’ai jamais parlé de vote (« élections piège à con » est mon slogan), mais il n’empêche : l’état c’est nous. Tout ce qui arrive est de notre faute à nous, point. On ne peut faire comme les Allemands à la fin de la guerre et dire : « on ne savait pas ».
          Si nous faisions pression sur le gouvernement pour qu’il prenne en charge les SDF et pour qu’il n’y en ait plus (pas simple que cela, il faut changer la société de fond en comble pour cela), et bien il n’y n’en aurait plus. Donc, je persiste et signe : l’état c’est nous.

          • shillom
            • Posté à 10h31 le 16/12/2008
            • Internaute 22134

            Je suis bien d’accord avec vous, et il me semble que notre utopisme se ressemble. Je décrivais justement les problématiques empêchant d’aboutir à quelque chose de plus humain. Les si, c’est bien, mais c’est du même ordre de fantasme que mon discours...
            D’ailleurs, il existe plusieurs moyens de pression. Par exemple les mouvements associatifs, en y participant ou en finançant, ce qui implicitement induit un financement étatique par le biais de la défiscalisation. C’est aussi une manière d’agir.

        • Les Grands Champs
          Les Grands Champs répond à shillom
          Retraité, le doigt là où ça (...)
          • Posté à 09h40 le 16/12/2008
          • Internaute 61722
            Retraité, le doigt là où ça (...)

          « La seule trace de démocratie qui reste à la France est le droit de vote »
          Tout dépend du vote, vous ne devez pas parler du parti socialiste ou là ... ce fut d’un comique digne du plus beau scénario.

          • emma_88
            emma_88 répond à Les Grands Champs
            metallurgie
            • Posté à 23h09 le 16/12/2008
            • Internaute 59455
              metallurgie

            he le vote parlons en truquer a fond que des tarés pour croire au vote

        4 autres commentaires
    • shillom
      shillom répond à Cosette
      • Posté à 08h48 le 16/12/2008
      • Internaute 22134

      Mourir de froid ? Non, mourir de misère. C’est pire, mais le reste du discours tient toujours bien sur :)

  • Phil2922
    Phil2922
    Retraite invalidité
    • Posté à 20h18 le 15/12/2008
    • Internaute 36639
      Retraite invalidité

    Merci Philippe pour ce témoignage poignant... ! !

  • gmily
    • Posté à 20h20 le 15/12/2008
    • Internaute 40670

    Mme Boutin , comme son ami Hortefeux ont du sang sur les mains ! ..... Leur répression pour l’un et fausse promesses pour l’autre viennent indirectement d’interrompre une vie de plus ! J’ai honte pour eux ! .....
    La vie d’un être humain représente t’elle , un quelconque intérêt , pour ces personnages ! .....

    • A déménagé le 9-8
      • Posté à 11h50 le 16/12/2008
      • Internaute 5710

      Mme Boutin je ne l’aime pas, et c’est un euphémisme.
      Mais dire qu’elle a « du sang sur les mains », c’est un peu excessif, non ? .

      Disons simplement que les mains, elles croit les avoir toujours bien propres parce qu’elle les lave avec le même savon qui a servi à Ponce-Pilate ( en plus de les tremper dans l’eau bénite chaque dimanche, bien sûr).

  • gbert1
    gbert1
    (ingénieur)
    • Posté à 20h36 le 15/12/2008
    • Internaute 62554
      (ingénieur)

    Votre conclusion Philippe est très juste. Personne ne devrait en arriver là. Que fait chacun de nous ? Personnellement, je ne fais rien, sinon essayer me prémunir moi-même de cette situation. Le matin en allant au travail je croise un SDF qui s’est installé sur une grille d’aération. Je dois avouer, réfugié derrière l’anonymat de ce pseudo, que parfois je n’ai pas le courage de passer devant lui et que passe sur l’autre trottoir. Même si je donne assez souvent la pièce dans la rue. Même si j’écris ce genre de message.

  • aristippe2cyrene
    aristippe2cyrene
    contradicteur
    • Posté à 20h37 le 15/12/2008
    • Internaute 62501
      contradicteur

    Rendre son identité à un SDF c’est le replacer en société, le réhumaniser aux tristes yeux du pauvre monde qui s’oublie aux richesses virtuelles.

  • Jean_Chonot
    Jean_Chonot
    plébéien
    • Posté à 20h42 le 15/12/2008
    • Internaute 59786
      plébéien

    Non, Monsieur, il n’est pas totalement mort.

    Votre Humanisme et l’Humanité de votre témoignage viennent d’allumer une petite étoile brillante dans la noirceur de la nuit. Un « petit quelque chose » dont le regard ne parvient à se détacher que difficilement, un « petit point de détail » qui oblige à s’interroger, et pourquoi pas, à considérer les choses sous un angle différent.

    Mais, au-delà de tout cela, vous avez fait au travers de ce texte quelque chose de bien plus grand : vous lui avez rendu sa dignité.

    Merci pour lui et merci pour nous.

  • compte supprimé 24
    • Posté à 20h43 le 15/12/2008
    • Internaute 8330

    Merci Philippe, de nous avoir si bien parlé de Gilles.

    Que ses soutiens soient remerciés, eux aussi : personnel hospitalier... dans le sens premier du terme.

    Et que soient maudits ses assassins : ces nantis égoïstes qui sont légion et l’ont laissé crever pire qu’un chien ; car nos chiens dorment au chaud.

    Que ceux d’entre eux qui croient aux enfers, y soient condamnés à grelotter des ères pharaoniques dans le blizzard et l’oubli !

  • hycare
    hycare
    Gigoteuse d'univers
    • Posté à 20h55 le 15/12/2008
    • Internaute 8129
      Gigoteuse d'univers

    Merci Philippe !
    No comment !

  • héliotrope
    héliotrope
    Ecocitoyen débutant, chercheur (...)
    • Posté à 21h09 le 15/12/2008
    • Expert 2978
      Ecocitoyen débutant, chercheur (...)

    Bonjour et merci pour le témoignage de Philippe.
    Mon point de vue sur le sujet va sans doute paraître stupide et parano mais bon... Comme dans d’autres secteurs de la vie sociale, l’état entretien aussi la pauvreté. J’entends dans ce sens que c’est un moyen politique extraordinaire : « Tu vois si tu fais le con, ce qui t’attends ? ». Alors on reste dans les clous, on se tait, on complait. L’Europe trouve 700 milliards d’euro pour sauver les banques qui ont elles mêmes spolié leurs clients de la France d’en bas. Mais on trouve bizarement pas un sou pour construire des structures d’accueil à taille humaniste. J’ai l’affreux sentiments que nous avons des flics parce qu’on a des voleurs, qu’on a des pompiers et des ambulances parce qu’il y a des accidents, etc. Plus de voleurs, plus de flics ? Et si on mettait les infrastructures routières en sécurité, n’y aurait-il pas davantage de chômage chez les ambulanciers, les pompiers, les garagistes ou les assureurs. Je ne suis pas certains de bien expliquer ma pensée mais pour faire court, entretenir une problématique permet de maintenir des forces vives, des emplois, des entreprises, des entrepreneurs. Cela occupe, a priori, plus de monde que de proposer des solutions. Je mène cette réflexion depuis des années et jamais, malheureusement, les faits n’ont démenti mon constat. Coluche disait (à peu près), Les restos du coeur auront atteint leur objectif le jour où on en aura plus besoin et plus personne ne crèvera la faim. Il en rêvait avant de les créer... Gilles, repose en paix. Philippe, gardes longtemps ce regard frais de la relation humaine et l’acuité du regard de l’enfant. Merci à Gilles, merci à Philippe.

    • boboétie
      boboétie répond à héliotrope
      • Posté à 08h26 le 16/12/2008
      • Internaute 2816

      « Gilles avait un bel avenir devant lui. Il avait prouvé, s’il était besoin, qu’il savait travailler, qu’il pouvait fonder une famille. »
      Ces phrases, in fine, montrent malheureusement le vieil attachement des humains à leurs vieux ’démons’... Travail, famille,... manque la patrie !
      Faudra-t-il toujours mériter de vivre pour en avoir le droit ?

      Rassurons-nous : les ’génies’ qui nous gouvernent vont bientôt retrouver la solution éprouvée par leurs prédécesseurs...

      Lien(TOS_episode)
      « Both this episode and “Wink of an Eye” demonstrate how censorship of television had loosened up by 1968. Sterility, birth control and other issues of sexuality are openly discussed in both segments. »
      Lien

      • PhB
        PhB répond à boboétie
        Auteur(e) de l'article citoyen
        • Posté à 10h13 le 16/12/2008
        • Internaute 62543
          citoyen

        Boboétie, vous oubliez un détail de ma phrase. Lorsque j’y ai précisé : « s’il était besoin », ce n’était pas par hasard.

        Effectivement le rôle de la société est de protéger chacun d’entre nous, sans aucune distinction, sans qu’il soit besoin de se conformer à un quelconque moule collectif.

        C’est d’ailleurs par ce rappel que commencent les tout premiers articles de la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme, qu’on peut relire à cette adresse :
        Lien

  • Numerosix
    Numerosix
    Prisonnier dans le village (...)
    • Posté à 21h14 le 15/12/2008
    • Internaute 14499
      Prisonnier dans le village (...)

    No comment .

  • alstrom
    alstrom
    infographiste
    • Posté à 21h20 le 15/12/2008
    • Internaute 50931
      infographiste

    rien d autre à dire que merci pour ce témoignage... ; problème apolitique et pourtant jamais résolu, dès de le mois de mars on en reparlera plus avant novembre 2009. triste et banale situation qu’on a toujours pas résolu .

    • A déménagé le 9-8
      • Posté à 11h54 le 16/12/2008
      • Internaute 5710

      Problème apolitique ? ? ? ? ? ? ? ? ? ? ? ? ? ? ? ? ? ? ? ? ? ?

      Il n’y a pas plus politique que celui là ! ! ! !

  • einna
    • Posté à 21h24 le 15/12/2008
    • Internaute 6227

    Vous rendez à cet homme son humanité en rappelant son nom. La situation économique liée à la situation politique vont malheureusement nous confronter à de plus en plus de situations de ce genre. Quand un chef d’état assimile maladie et dangerosité, quand il propose de poser un GPS à la cheville des malades psy, que peut-il comprendre de la détresse, de la souffrance psychique et de la précarité. Quand les structures d’aide aux enfants sont menacées (les Rased par exemple), quand le soin face à la souffrance est orienté vers la molécule chimique et non vers la parole et l’écoute, quand le gouvernement veut évaluer et normer, que peut-on espérer ?

    • compte supprimé 23
      compte supprimé 23 répond à einna
      ...
      • Posté à 21h34 le 15/12/2008
      • Internaute 59139
        ...

      Pas son Nom ! ! ! Pas Monsieur ! ! !
      Gilles ...
      « Gilles le SDF » ...

      • PhB
        PhB répond à compte supprimé 23
        Auteur(e) de l'article citoyen
        • Posté à 21h52 le 15/12/2008
        • Internaute 62543
          citoyen

        Effectivement, le nom de Gilles n’a pas été rendu public, je me devais de respecter son anonymat et celui de sa famille. Le seul moyen était de donner son prénom.

        Et puis... Quand on connaît quelqu’un, c’est par son prénom qu’on l’appelle...

        Je profite de ce message pour tous vous remercier pour vos commentaires.

        PhB

         
        • supprimé à la demande du riverain 28.04.09
          • Posté à 22h00 le 15/12/2008
          • Internaute 21776

          C’est nous qui devons te remercier pour l’hommage que tu rends à Gilles !

          Merci.

        • udine
          udine répond à PhB
          retraitée
          • Posté à 11h26 le 16/12/2008
          • Internaute 54800
            retraitée

          Merci Philippe pour ce témoignage.
          J’ai vu ce reportage sur M6, poignant. Tous ces hommes dignes et fiers tombés au plus bas parce qu’ils n’ont pas eu la chance de rencontrer une main tendue. Que faire ? Les qques associations qui les aident se retrouvent condamnées pour avoir « semer le trouble » dans les lieux publics l’hiver dernier. Les gouvernements s’en foutent de ces Français-là. Ils ne votent pas. Ils les gênent. Vite ils faut les cacher à la vue du « bon Français » et du touriste étranger.
          Et moi ? Je suis bien au chaud, j’ai tout ce qu’il me faut. J’ai eu la chance d’avoir du boulot. Maintenant il faut aider ses enfants jusqu’à 25 ou 30 ans, est-ce normal ? Je ne me sens pas à l’aise en 2008, je culpabilise, mais que faire dans cette société où il n’y a que le fric et la « réussite » qui comptent, tous des vautours.

        • cathares
          cathares répond à PhB
          retraité
          • Posté à 07h09 le 17/12/2008
          • Internaute 58781
            retraité

          c’est nous qui vous remercions Philippe, de nous mettre le nez dans notre société, comment penser qu’un jour un homme puisse se faire descendre, aux yeux de tout le monde, qu’on arrive encore à le culpabiliser malgré cette souffrance. D’un autre côté, j’en ai honte mais je me sens maladroit, mes bras sont inutiles, je suis complètement désemparé devant cette immense et envahissante souffrance qui me fait peur.....

        3 autres commentaires
  • compte supprimé 23
    • Posté à 21h30 le 15/12/2008
    • Internaute 59139
      ...

    [quote]Alors chaque fois que nous voyons l’annonce d’un nouveau plan de licenciement, une expulsion de logement, rappelons-nous comment jeudi 11 décembre 2008, dans les toilettes publiques, un homme est mort.[/quote]

    Oui ...
    Mais pendant combien de temps ?
    Aprés combien d’articles de la rubrique « faits divers » ?

  • Tinhinane
    Tinhinane
    Médiatrice scientifique
    • Posté à 21h31 le 15/12/2008
    • Internaute 4901
      Médiatrice scientifique

    Merci pour votre témoignage. Un ou une « SDF », c’est une personne avec une identité, une histoire, un passé et un présent qui résulte bien souvent des choix socio-économiques que notre société, et plus particulièrement ses gouvernants, privilégie.

    Merci aussi de témoigner en faveur du personnel du CHU qui accompli au mieux ses fonctions et missions y compris dans un contexte où les décideurs tentent de les convertir à des logiques comptable où domineraient les critères financières sur la morale et l’éthique.

  • Adéménagé le 3 janvier 2011
    • Posté à 21h32 le 15/12/2008
    • Internaute 29846
      menuisier

    Tapie vient de recevoir des dizaines de millions d’euros pour « préjudice moral ».

    Va peut être faloir s’y mettre et sortir les fourches.

    • Les Grands Champs
      Les Grands Champs répond à Adéménagé le 3 janvier 2011
      Retraité, le doigt là où ça (...)
      • Posté à 09h48 le 16/12/2008
      • Internaute 61722
        Retraité, le doigt là où ça (...)

      Et pas que les fourches ! !

      Il y a quelques mois, une auditrice a raconté à la radio ce qui lui était arrivé à la suite d’une erreur médical, son mari en est décédé.
      Elle a touché env. 1% de la somme qu’a été alloué à Tap. (je n’écrit pas son nom, la pollution n’a lieu d’être par mon clavier)
      1% pour préjudice moral ... comme pour lui !
      Mais pas la même somme !

      Sans appeler à la vengeance, il y a des actes qui seraient compréhensibles. Pas normales, mais ... compréhensibles ! !

  • supprimé à la demande du riverain 28.04.09
    • Posté à 21h33 le 15/12/2008
    • Internaute 21776

    Particulièrement touchée par cet hommage que vous rendez à Gilles !

    que dire,après de tels mots ?

    Une DESHUMANITE totale sous ce gouvernement,ou les pauvres, les clandestins,les SDF,les chômeurs(et j’abrège )ne doivent pas exister....

    Nous devons impérativement combattre ces pensées de l’extrême droite,qui malheureusement sont actuellement dominantes !

    pourquoi le cacher ?

    battons-nous ENSEMBLE !

    Je salue,au passage Augustin LEGRAND et le Combat qu’il mène ainsi que toute son équipe !

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