Mute ! 12/12/2008 à 15h36

Consommer plus pour baiser plus ?

Mutageneses"
Charles Muller | Agitateur depuis 1968



La publicité sait parler aux hommes (DR).


Bon nombre d’Occidentaux vivent au-dessus de leurs moyens. Mais finalement, d’où vient la pulsion initiale d’endettement faisant que certains accumulent toutes sortes de crédits ?

Lorsqu’un secteur spéculatif entre en crise, comme l’immobilier, et entraîne dans son sillage le déclin de la croissance économique, la dette de ces particuliers se transforme en actif hautement toxique que tout le monde tente désespérément de se refiler. Alors pourquoi tend-on à s’endetter ?

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Daniel J. Kruger, chercheur à l’Université du Michigan, suggère qu’une partie de la réponse se trouve du côté… du sexe. Il adopte le point de la psychologie évolutionnaire, discipline consistant à analyser la cognition et le comportement des humains au prisme des hypothèses darwiniennes sur l’évolution.

Darwin nous a enseigné que l’évolution fonctionne selon une loi assez simple, la prime à celui qui produit le plus de descendants viables dans un milieu donné. Chez les espèces sexuées comme la nôtre, cela suppose d’attirer des partenaires. Or, l’être humain est sensible à un grand nombre d’indices de qualité reproductive, parmi lesquels la richesse et le statut figurent en bonne place : l’accumulation de biens mobiliers ou immobiliers augmente la probabilité de séduire des partenaires.

Cela s’observe particulièrement dans la stratégie de séduction des mâles envers les femelles. Si Nicolas Sarkozy devait résumer l’hypothèse de Kruger par une de ces formules simples et délicates dont il a le secret, cela donnerait : « Consommer plus pour baiser plus ».

Pour donner une première consistance à son hypothèse, Kruger a réalisé une étude téléphonique sur 409 individus par ailleurs enrôlés dans une enquête générale sur la santé. 100 étaient des hommes, 309 des femmes. Le chercheur a évalué leur attitude économique par des questions sur leur comportement d’épargne et de dépense. Il a également utilisé des questions standardisées du Sociosexuality Inventory (SOI) pour connaître leurs succès sexuels passés et leurs attentes futures (en partenaires conquis et espérés).

Résultat : la tendance à la dépense plutôt qu’à l’épargne est un bon prédicteur chez les hommes (mais pas chez les femmes) du nombre de partenaires séduits dans les cinq dernières années et espérés dans les cinq prochaines.

La sexualité comme facteur explicatif de la crise actuelle

Kruger suggère donc de creuser la piste, en étudiant notamment plus en détail le facteur psychologique de prise de risque : on sait qu’il est généralement plus marqué chez les hommes que chez les femmes ; et la corrélation de la dépense financière et de la quête sexuelle pourrait être expliquée par ce facteur commun (c’est-à-dire que les hommes portés au risque financier sont par ailleurs portés au risque sexuel, sans que le second soit la motivation réelle du premier, la tendance à prendre des risques étant la cause commune des attitudes économiques et des stratégies reproductives).

En tout état de cause, d’innombrables facteurs autres que la sexualité permettent de donner une lecture psychologique de la crise actuelle. J’y reviendrai dès que possible en évoquant deux essais récemment traduits en français, « Predictably Irrational » de Dan Ariely et « The Black Swam » de Nassim Nicholas Taleb.

Le point commun de toutes ces publications, et de bien d’autres dans le domaine florissant de l’analyse du comportement des acteurs économiques, c’est que la figure heuristique de l’Homo oeconomicus comme agent rationnel calculant son meilleur intérêt dans l’information disponible a du plomb dans l’aile. Ce paradigme de l’économie classique correspondait peut-être à l’idéalisme rationnel dominant le siècle l’ayant vu naître, mais il ne se retrouve pas les travaux récents de l’anthropologie et la psychologie scientifiques.

Homo investit bien plus que l’intérêt et la raison dans son économie, laquelle est aussi bien infusée de désirs et de passions dont la combinatoire produit des effets collectifs assez différents des résultats des modèles…

Photo : La publicité sait parler aux hommes (DR, source).

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Mutageneses
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  • Tyb
    Tyb
    (par ici, par là)
    • Posté à 15h47 le 12/12/2008
    • Internaute 24914
      (par ici, par là)

    j’aurais plutot dit le contraire non ?

    consommer plus pour compenser le manque de baise ?

    • pablico
      pablico répond à Tyb
      À la porte d'un sourd, 
un jour (...)
      • Posté à 19h36 le 12/12/2008
      • Internaute 14278
        À la porte d'un sourd, 
un jour (...)

      non !
      consommer plus pour baiser plus
      consommer mieux pour baiser mieux...
      Consommer intelligemment pour baiser intelligemment

      facile comme logique, on a compris la leçon.. mercii

  • rilax13
    • Posté à 15h56 le 12/12/2008
    • Internaute 39869

    « Homo investit bien plus que l’intérêt et la raison dans son économie, laquelle est aussi bien infusée de désirs et de passions dont la combinatoire produit des effets collectifs assez différents des résultats des modèles… » elle veut dire quoi cette phrase ? l’économie est infusée de désirs et de passions ? ou bien on parle de la raison et alors la phrase est très mal écrite..

    Et darwin nous a enseigné DEUX lois de l’évolution : la sélection naturelle et la sélection sexuelle (dans le sens de la préférence sexuelle pour tel ou tel individu)..

    « et la corrélation de la dépense financière et de la quête sexuelle pourrait être expliquée par ce facteur commun (c’est-à-dire que les hommes portés au risque financier sont par ailleurs portés au risque sexuel, sans que le second soit la motivation réelle du premier »
    –> ouai c’est donc pas une corrélation mais une co-occurence. Ce qui n’est pas du tout la même chose..

    Cette article n’est franchement pas bien maitrisé, résultat j’ai même plus envie de lire l’article source, dommage.

    • Gimp
      Gimp répond à rilax13
      • Posté à 17h04 le 12/12/2008
      • Internaute 36258

      Non, Darwin ne nous a pas enseigné deux lois de l’évolution, mais :

      -une loi, la sélection naturelle qui est le résultat de la lutte pour l’existence, et dont la sélection sexuelle n’est qu’un des mécanismes (qui n’est opérant qu’au sein d’une espèce).
      -un postulat, celui de l’ascendance commune.
      -et deux autres, que l’évolution est graduelle et lente.

      • rilax13
        rilax13 répond à Gimp
        • Posté à 15h28 le 17/12/2008
        • Internaute 39869

        Lien

        « La sélection sexuelle constitue l’un des deux mécanismes de la théorie de l’évolution, celui qui est lié à la “ lutte pour la reproduction ”, distincte et complémentaire de la “ lutte pour la survie ” (ou sélection naturelle). »
        et non je n’ai pas réécris l’intro pour avoir raison ahah..

        Désolé de vous contredire monsieur l’expert

  • TARPON
    • Posté à 16h03 le 12/12/2008
    • Internaute 27263

    Dans l’existence il faut savoir faire son trou .Bien sur,ce ne fut pas sans lutte quand on pense au planning familial,au sterilet,au preservatif et au...mensonge qui furent des freins autres que Psychologiques à une baise raisonnée et intensive.
    Mais que deviendrait notre vie sans cela ? Dis moi qui tu baises ,je te dirai qui tu es ? a été de tout temps un critere de selection en entreprise ,dans un sens comme dans l’autre.
    Votre clin d’oeil en direction du petit Nicolas va dans ce sens ,apres un mariage discret,les deux epouses suivantes sont des instruments de valorisation,d’abord intellectuel via une epouse à pedigree ,ensuite sexuel via la femme artiste objet qui valorise les qualites les plus tendues d’un mâle vieillissant ,le message est clair « je ne pense qu’à ça “ et je fais ce qu’il faut pour..
    Une belle bagnole,une belle maison ,un beau cul traduisent une reussite sociale qu’on ne demande qu’à vendre alentour pour avoir encore une plus belle maison,un...
    Y a t’il quelqu’un qui se conduise autrement ?

  • Gimp
    • Posté à 16h42 le 12/12/2008
    • Internaute 36258

    Merci pour cet excellent article. L’illustration tombe à pic et fait presque aimer la pub.

    Un bémol cependant sur la méthode de la psychologie évolutionniste et de ce qu’elle permet d’inférer sur les pratiques sociales :

    Selon la théorie de l’évolution, les traits (tous les traits, de la taille au comportement) actuels des humains sont les produits d’une sélection naturelle passée, au cours de laquelle ont été éliminés les caractères non adaptés à l’environnement ou/et en conséquence, non favorables à la reproduction.

    Cette sélection des traits se passe à l’échelle d’une population (qu’un individu meure sans se reproduire alors qu’il possède les caractères les plus favorables n’implique pas que le trait ne soit pas favorable à la population), progressivement et sur une période très longue.

    Les traits actuels sont donc les produits d’une longue évolution précédant la société de consommation telle que nous la connaissons actuellement. Ils n’ont donc pas été sélectionnés récemment en tous cas pas entre les années trente (ou les « public relations » et la réclame de masse sont nés) et aujourd’hui.

    Qu’il y ait donc un avantage sélectif à se faire remarquer auprès des femelles ou des mâles par n’importe quel moyen, je pense qu’il est difficile d’en douter. Par contre je ne pense pas que la psychologie évolutionniste soit à même de rendre compte des mécanismes psychologiques de la société de consommation, qui s’intéressent surtout aux désirs individuels, à la façon de les influencer et de les manipuler, et dont les pratiques (marketing, etc...) sont plutôt d’inspiration psychanalytique (voir notamment les travaux de E. Bernays, le neveu de Freud et fondateur des « public relations », dans les années trente).

  • Jaycib
    Jaycib
    Désagrégé de l'Université
    • Posté à 17h02 le 12/12/2008
    • Internaute 37053
      Désagrégé de l'Université

    Tout ceci me paraît assez fumeux, hélas...

    Les Américains ordinaires résument avec pas mal d’ironie leur propre comportement, où le désir et le risque sexuels ne vont pas du tout nécessairement de pair :

    « Keeping up with the Joneses » [Se maintenir au même niveau que ses voisins] leur (et me) paraît être une explication plus solide. Elle reflète en effet un instinct grégaire qui sert à assurer l’homogénéité de la société (on imite pour ne pas être exclu), et qu’on retrouve dans quasiment tous les groupes humains.

    Il y aurait ainsi chez l’immense majorité d’entre nous un souci de conformité (pour ne pas dire de conformisme) afin d’obtenir que nous soyons traités au moins également par le destin socioéconomique. Il s’agit d’un comportement moutonnier, complètement irrationnel, tel qu’on a pu l’observer notamment chez nos banquiers. Beaucoup d’entre eux savaient que l’on courait à la catastrophe, mais ils n’ont pas voulu déroger à la loi d’airain non écrite de l’imitation de leurs semblables afin de ne PAS PRENDRE LE RISQUE d’être laissés pour compte dans le domaine de l’enrichissement personnel. Ils ont donc mal investi, contrevenu à toutes les exigences de la raison. Ils n’étaient pas stupides, mais c’était plus fort qu’eux – il ne fallait surtout pas perdre du terrain sur l’Autre, et donc ne pas être méprisé par lui. Les consommateurs de leurs produits financiers à risque (y compris de crédits menaçants pour l’intégrité financière... et morale des plus faibles) me semblent s’être conduits de manière identique. En ce sens, la classe ouvrière (que Marx prenait pour la classe « universelle » capable de la raison suprême) n’a pas plus de bons sens, ni de capacité rédemptrice de la société, que les vulgaires bourgeois.

    Il s’agit là d’un comportement de salaud au sens existentialiste du terme : c’est en effet un comportement « inauthentique » (contraire à l’intérêt d’hommes libres de leurs jugements et de leurs actions), presque un comportement d’« accro ». On peut être accro à une illusion collective comme à la drogue la plus mortifère.

    Alors, tous des salauds, tous des moutons ? Pas forcément. On découvre soudain aujourd’hui, après les avoir profondément méprisés pour ne pas avoir partagé les conventions du grégarisme dictatorial il y a à peine quelques mois, de rares génies ou simples gens raisonnables ayant échappé au syndrome de l’imitation des « Joneses ». Mais qui écoute les augures quand il en est encore temps ? La capacité de faire le choix de l’isolement, d’une exclusion possible, n’est par définition pas donnée à tous.

    PS – C’est très américain, dans certaines sphères (Hollywood, auteurs de thèses libérales hasardeuses, voisins de palier connus pour leur solide « common sense » empirique...), que de vouloir réduire désir d’enrichissement et copulations multiples à une seule et même « pulsion de vie ». Ca me paraît davantage découler d’une horreur collective du péché originel, constamment ressassée par les autorités religieuses, que d’autre chose ! Cette horreur, nous préférons qu’elle accomplisse ses ravages à notre insu, voilà le hic.

    PS2 – Si l’on m’en donne l’occasion, je traiterai volontiers dans un nouveau post la question de la vacuité de la distinction entre hommes et femmes (ou plutôt entre mâles et femelles pour parler en termes plus strictement « darwiniens ») en ce qui concerne l’élan vital et la prise de risque.

  • patrick du 14-
    patrick du 14-
    de plus en plus naze
    • Posté à 17h11 le 12/12/2008
    • Internaute 40667
      de plus en plus naze

    apparement c’est le sujet du jour on trouves ça partout
    Lien

  • teych
    teych
    insoluble dans le libéralisme
    • Posté à 20h04 le 12/12/2008
    • Internaute 36309
      insoluble dans le libéralisme

    Ne serait-ce pas plutôt consommer plus pour se faire baiser plus ?

  • 2pil
    • Posté à 22h36 le 12/12/2008
    • Internaute 28101

    Hum Hum....il me semble que vous confondez « attirer » un éventuel partenaire sexuel et « baiser ».

    D’une part, l’étude citée ne parle que de nombre de partenaires et nullement de nombre de coïts...ce qui est déjà très différent !

    D’autre part, il me semble que les « qualités reproductives » ne valent qu’en cas de relations sexuelles à but reproductif...rien à voir avec la baise (enfin pas grand chose)...En fait, je pense même que la femme (puisque vous précisez qu’il s’agit principalement du rapport mâle dépensier/femelle à capter) qui est attiré par un homme entouré de biens matériels n’y voit ni la promesse d’un bon reproducteur fertile ni celle d’un « bon coup », mais principalement d’un père de famille capable d’assumer financièrement sa future famille.

    Je dirais même qu’une femme à la recherche du pur plaisir sexuel et non celui de fonder (ou fondre comme on dit dans mon quartier) une famille ou de se voir entretenue ne sera pas attirée par un homme entouré de richesses (grosse caisse : petite b**e) mais au contraire par un homme que ces qualités physiques rendront suffisamment sûr de lui pour qu’il ne se pare d’aucun artifices...

    ...le chômeurs, rmistes et clodos, si vous baisez pas c’est que vous avez pas l’air sûr de vous c’est tout ! ;) sur ce je file au lit !

    • Charles Muller
      Charles Muller répond à 2pil
      Auteur(e) de l'article Agitateur depuis 1968
      • Posté à 15h25 le 15/12/2008
      • Internaute 62223
        Agitateur depuis 1968

      Ah deux oublis

      (2pil) : dans l’analyse du comportement amoureux ou sexuel au sens large, on distingue en effet classiquement les liaisons sexuelles courtes et les liaisons affectives durables (de même que les mécanismes neuro-hormonaux et les localisations cérébrales du désir sexuel, de l’affection romantique et de l’attachement amoureux divergent). Mais plusieurs remarques :
      - l’une comme l’autre ont un effet reproductif (statistiquement, l’augmentation des coïts même sans lendemain se traduit par une augmentation de la probabilité de naissance) ;
      - cette distinction se fait surtout... dans le cerveau de l’observateur, qui tente de catégoriser les comportements, pas forcément dans celui des acteurs ! Et si elle se fait, elle laisse toujours la porte ouverte à des manipulations (on peut ainsi se présenter comme un bon père de famille potentiel, ou même un bon amant de long terme, à seule fin réelle de gagner une soirée le corps convoité ; la présentation d’un indice « bon reproducteur » crée simplement une situation inconsciente plus favorable au départ ; là encore statistiquement, c’est-à-dire que certains seront sensibles et d’autres non dans une population).

      (rilax 13) il s’agit ici d’une corrélation, puisque les liens d’occurrence entre les deux variables ne sont pas aléatoires (voir page 7 de l’article pour le détail, coefficient, SD, valeur p de significativité, etc.).

      • rilax13
        rilax13 répond à Charles Muller
        • Posté à 15h22 le 17/12/2008
        • Internaute 39869

        oki, je note :) mais bon une corrélation ^^ , mais ok :)

        « Une erreur courante est de croire qu’un coefficient de corrélation élevé induit une relation de causalité entre les deux phénomènes mesurés. En réalité, les deux phénomènes peuvent être corrélés à un même phénomène-source : une troisième variable non mesurée, et dont dépendent les deux autres : le nombre de coups de soleil observés dans une station balnéaire, par exemple, peut être ainsi fortement corrélé au nombre de lunettes de soleil vendues ; mais aucun des deux phénomènes n’est probablement la cause de l’autre. »

        Lien

        « La sélection sexuelle constitue l’un des deux mécanismes de la théorie de l’évolution, celui qui est lié à la “ lutte pour la reproduction ”, distincte et complémentaire de la “ lutte pour la survie ” (ou sélection naturelle). »
        et non je n’ai pas réécris l’intro pour avoir raison ahah..

  • Charles Muller
    Charles Muller
    Auteur(e) de l'article Agitateur depuis 1968
    • Posté à 15h01 le 15/12/2008
    • Internaute 62223
      Agitateur depuis 1968

    Bonjour et merci de vos remarques.

    Un peu en vrac :

    - désolé pour les formulation non claires.

    - bien sûr, la consommation ostentatoire en vue de séduire des partenaires n’est qu’un des aspects du comportement économique ; c’était celui étudié par le chercheur en l’occurrence, mais cela ne résume pas toutes les motivations des acteurs !

    - oui (Gimp), il existe un décalage évident entre le temps de l’évolution et le temps de l’histoire, surtout avec l’accélération moderne et le changement rapide de nos milieux de vie. La psychologie évolutionniste s’intéresse aux causes distales et générales, c’est-à-dire pourquoi un certain type de trait tend à être sélectionné dans un certain milieu (quitte à devenir contre-adaptatif lorsqu’il y a évolution de ce milieu) ; d’autres disciplines s’intéresseront aux causes directes et proximales, c’est-à-dire quels sont les mécanismes déterminants l’action ou la cognition humaine, qu’il s’agisse de mécanismes neuraux ou sociaux. On peut dire que séduire un partenaire sera une cause distale forte, permanente, même si elle emprunte ensuite des chemins très variés selon les époques, les situations et les individus. Il est aussi hautement probable qu’un acte donné n’obéit pas à un seul facteur.

    - oui aussi (Jaycib), le comportement grégaire (tendance à la conformité) renforce sans doute toutes les tendances présentes dans une société donnée, quelle qu’elle soit d’ailleurs (on est grégaire dans une société capitaliste, dans une société communiste, dans une société féodale, etc.). Cela renvoie ensuite à d’autres aspects annexes comme le désir d’égalité, la lutte pour la reconnaissance, les stratégies insiders/outsiders, etc. dont la philosophie ou la sociologie ont parlé.

    - à cela s’ajoute, mais dans un registre différent d’observation et d’explication, les innombrables biais cognitifs dans nos décisions, biais qui sont exploités avec succès par le marketing dans le cadre de la consommation, et qui affectent aussi bien les financiers dans celui de la spéculation. La récurrence bien connue des crises financières depuis trois siècles indique que les humains font toujours les mêmes erreurs... et n’ont pas encore appris d’elles ! Le plus étonnant est bien sûr que l’on perçoive comme vaguement « rationnel » un secteur qui ne l’est guère au final, l’économie. Disons que tout l’arsenal de mathématisation est très rationnel, mais cela ne donne pas pour autant une science (descriptive, explicative, prédictive) du comportement concerné. Comme l’économie est par ailleurs concrètement associée à des choix de valeurs (sociales, politiques) souvent implicites, cela rend encore plus improbable sa « scientificité ».

    • rilax13
      rilax13 répond à Charles Muller
      • Posté à 15h35 le 17/12/2008
      • Internaute 39869

       : -) bah je préfère ce « en vrac » que votre article : D

      et un des problèmes dans les modèles économiques mathématiques, c’est qu’ils ont été défini avec des règles et un état initial précis. Et les économistes les utilisent sans tenir compte des variables de départ et des concepts et limites précises d’utilisations.. et quand ça dérape .. bref.

      merci pour le débat d’idée qui a découlé de cet article : -)