A la une 12/12/2008 à 14h23

La difficile « réinsertion » des travailleurs de l'humanitaire

Julie Banos | Journaliste



Des membres de la Croix-Rouge allemande à l’aéroport de Berlin (Hannibal Hanschke/Reuters).


Ils partent en Afghanistan, au Darfour ou en Haïti, pour la Croix-Rouge, Médecins du monde ou Action contre la faim. Au retour, ils sont souvent décalés, sans travail ni reconnaissance.

« J’ai travaillé dans l’humanitaire plusieurs années. Je viens de rentrer après deux ans en Haïti pour l’ONU et différentes missions au Pérou, au Darfour. Le retour est difficile et solitaire. Le danger guette : repartir, c’est plus facile. »

Comme Anne-Ael Pohu, ils sont nombreux à se lancer dans l’humanitaire par enthousiasme et engagement, sans forcément vouloir changer le monde. Mais face aux exigences du terrain et d’une société civile de plus en plus critique, le concept d’humanitaire se transforme.

En dix ans, cinquante masters universitaires spécialisés dans la solidarité internationale ont vu le jour en Ile-de-France. Moins simpliste, prête à accepter critiques et évaluations, la discipline acquiert une reconnaissance officielle et se professionnalise. En 1997 et en 1999, pour la première fois, Handicap international et Médecins sans frontières, deux organisations non gouvernementales françaises, remportent le prix Nobel de la paix.

« Les départs sur le terrain sont moins systématiques »

Partir, aider, financer, éduquer, les actions éthiques ont des conséquences sensibles. Et l’impact est souvent désastreux quand dans les faits, les équipes imposent au lieu d’accompagner. Les organismes se sont donc adaptés. Non sans conséquences sur la façon dont les jeunes conçoivent le métier.

Stéphanie di Muro, responsable du master solidarité internationale de l’Institut catholique de Paris en est consciente :

« Les ONG mettent l’accent sur l’action technique et le management au détriment du discours altruiste. Les étudiants l’ont compris et les départs sur le terrain sont moins systématiques. Beaucoup veulent travailler au siège des organismes. »

Pour ces volontaires, déjà très diplômés, les masters spécialisés en gestion humanitaire offrent un complément de formation, une réflexion plus théorique. Mais ils restent nombreux à partir. Ils s’engagent, souvent comme bénévoles ou volontaires internationaux.

Ce statut qui concerne 80% des travailleurs humanitaires est souvent critiqué. Avec peu ou pas de rémunération, il donne peu de droits aux travailleurs qui partent moins d’un an. Et offre de mauvaises surprises à ceux qui n’avaient pas pensé à leur retour.

La solitude du retour

Eric Gazeau dirige Résonnances humanitaires, une association spécialisée dans l’accompagnement des expatriés de la solidarité internationale. Il s’inquiète :

« L’humanitaire est un espace de liberté, l’urgence est excitante. Mais au retour on se retrouve décalé par rapport à son pays. On ne se connaît plus. »

L’après-mission s’effectue souvent dans la solitude, une fois passée l’euphorie des retrouvailles. Aux difficultés psychologiques s’ajoutent des problèmes matériels. Le niveau de vie français est plus élevé que le salaire des volontaires internationaux.

En outre, les exigences professionnelles des expatriés sont élevées. Ils ont beaucoup appris, ont dirigé des équipes, pris des initiatives mais reviennent inadaptés sur le marché du travail. Anne-Ael Pohu, ancienne volontaire, explique :

« On parle un jargon que personne ne comprend, il est difficile de valoriser nos compétences. »

Et les périodes de chômage se prolongent, parfois longtemps.

Un retour réussi est donc un retour anticipé. Il s’organise en entretenant un réseau international et surtout français. Certaines ONG, formations ont une politique de ressources humaines consciente de ces difficultés.

« Apprendre à rentrer pour mieux repartir »

Handicap international ou Bioforce, école de formation à la solidarité internationale, proposent un stage d’accompagnement. Le but est de prendre du recul face à une expérience traumatisante. Mais cette pratique est rare. Pour Claire Vincent, étudiante en master coopération internationale à la Sorbonne :

« Une mission humanitaire a beaucoup d’impact. Il faut penser au retour avant de partir et se tenir prêt à évoluer pendant le projet. Le risque est de revenir avec les mêmes préjugés. »

A l’atterrissage, les difficultés sont garanties. Les volontaires le disent souvent. Lucie Moine, volontaire pour la Croix-Rouge, se souvient :

« A la fin d’une mission je n’avais aucune envie de me poser des questions. Peu à peu j’apprends à rentrer, pour mieux repartir. »

Selon Eric Gazeau, l’écoute des personnes pourrait devenir un « label de qualité » pour les ONG. Pour Olivier Ferrando, chargé de la formation chez Acted, quatrième ONG française, il y a un problème majeur :

« L’expatriation n’est pas reconnue en tant que formation. »

Le secteur privé reste fermé à ce genre d’expériences. Il faut donc savoir s’ouvrir à d’autres domaines qui recrutent. Le tourisme solidaire, la microfinance, le travail social, les institutions internationales exigent des compétences similaires.

Photo : Des membres de la Croix-Rouge allemande à l’aéroport de Berlin (Hannibal Hanschke/Reuters).

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  • anonymous_coward
    anonymous_coward
    Commercial
    • Posté à 16h37 le 12/12/2008
    • Internaute 15503
      Commercial

    Des jeunes avec une vraie expérience concrète, des managers, des gens qui ont vu des choses et les ont digéré, sont plus forts, moins facile à plier et mouler dans le « corporate », des jeunes qui ne se laisseront pas mener par le bout du nez, qui agissent pour changer les choses autrement qu’en chuchotant à la machine à café...

    Pas étonnant que les entreprises n’en veulent pas.

    Quel intérêt pour elles qui veulent des moutons pas chers et malléables ?

    • battuta
      battuta répond à anonymous_coward
      adorateur de la lune
      • Posté à 17h19 le 12/12/2008
      • Internaute 56909
        adorateur de la lune

      ben des moutons maléables, l’Humanitaire en regorge (c’est même quasiment la définiton du VSI)... et c’est un grand problème... (et sans faire de la provoc, on peut quand même se dire que l’humanitaire est l’indispensable allié du capitalisme).. le débat est long, mais la première qualité de quelqu’un a récruté est d’avoir la tête froide et de solides bases intellectuelles (la seule bonne volonté est souvent l’ennenmi de l’action réfléchie et efficace) ..... après pour aller faire le guignol au mali pendant trois ans, pleins d’ong obcures sont prêtes à envoyer des gens... ça ne fait pas la qualité et la pertinence de l’action a engager. ..

      ps : pour le vivre au quotidien, les ONG, institutions internationales et autres organisations internationales sont très très corporate....

      • anonymous_coward
        anonymous_coward répond à battuta
        Commercial
        • Posté à 17h57 le 12/12/2008
        • Internaute 15503
          Commercial

        Le temps où les ONG (sérieuses bien sur) envoyaient des loulou en mission est bel est bien fini. Il suffit de voir les offres d’emploi sur les sites de ces dernières. Elles sont à la recherche de compétences et de profils bien spécifiques.
        Je suis sur que les siéges des ONG dans les bureaux parisiens sont hyper corporate mais là on parle de ceux qui veulent s’intégrer à la vie civile.

        Apparemment le cliché de l’étudiant écervelé et idéaliste (voir ultra gauchiste) qui s’engage dans l’humanitaire pour changer le monde à de beaux jours devant lui... Merci de nous avoir ramené sur Terre Battuta !

         
        • le soudanais
          le soudanais répond à anonymous_coward
          ici et là
          • Posté à 20h02 le 12/12/2008
          • Internaute 16438
            ici et là

          Je vous conseille d’aller jeter un coup d’œil sur les sites suivant pour vous faire une idées des postes offerts et des rémunérations proposées :

          Lien

          Lien

        • battuta
          battuta répond à anonymous_coward
          adorateur de la lune
          • Posté à 09h50 le 15/12/2008
          • Internaute 56909
            adorateur de la lune

          certes les dicours sont mieux rodées... mais il faut faire la différence entre les grosses structures bien assises institutionellement qui ont (effectivement ) une politique de recrutement extrêmement bien rodée et les autres . Très différentes elles aussi, on va de la structure qui a des objectifs de déploiement de fonds et qui donc (malgrès le discours ) remplie des grilles de départ sans être forcémment trop regardantes, l’essentiel et de fournir les demandes des partenaires sur le terrain. D’autres ont le disours (pas forcémment rodé d’ailleurs) et ne sont même plus du tout regardante. si’ l’on colle à la vulgate maison e que l’on est pas regardant sur la fiche de poste, l’indemnité, les conditions de travil et la couverture sociale, ça roule... c’estr encore une réalité dans de trés nombreuses structures (souvent très petites et mal identifiable tant dans le profil que dans la mission). Enfin, le procès fait au VSI et que certaines organisation de volontaires seraient des agences pour l’emploi « au rabais » (notamment lorsqu’elles passent des accords avec certaines collectivités territoriales soutenues par l’état afin de faire partir de jeunes diplomés sans expérience)... ou qu’elle assure la fourniture de ressources humaine spour des représentations françaises dans le monde afin de permettre leur pérénisation. Mais ça vous devez le savoir...

        2 autres commentaires
      • micke
        micke répond à battuta
        utopiste
        • Posté à 18h50 le 12/12/2008
        • Internaute 13094
          utopiste

        je converge à 100%.

        Les ong internationales sont « sponsorisées » par multinationales et autres corporations.

        souvent ce genre de perspective est considérée comme cynique, vu de l’ouest. mais c’est seulement objectif. les ong sont les alliées de l’impérialisme et de la globalisation neo-lib.

        J’en profite pour passer ma propagande :

        le secteur du développement et de l’humanitaire requiert de vrais compétences. Si vous n’avez pas de compétences particulières, restez-en au rôle de touriste et essayez de claquer vos dollars chez les plus défavorisés (adaptez-vous aux conditions de vie locale au lieu de siroter du sky dans des hotels de luxe)

        Démarche pour quiconque souhaiterait prendre un break et partir en asie ou afrique sur une mission de développement :

        * faites votre bilan de compétences, essayez d’imaginer dans quel(s) domaine(s) vous pourriez être utile et dans quelle sorte d’organisation vous souhaitez évoluer : rédigez un début de projet consistant.

        * si ce n’est pas fait choisissez le pays/la région dans lequel vous souhaitez partir

        * achetez votre billet d’avion et partez, selon la durée d’obtention d’un visa c’est l’affaire d’une semaine maximum. Zappez les recherches internet d’ong, les vraies organisations sincères, utiles qui ont besoin de vos compétences n’ont pas les moyens d’avoir un site web bien bréférencé. ne concluez rien avant d’être dans le pays, boycottez tout ce qui se prétend « international ».

        * n’ayez pas peur, les barrières que l’on vous dresse (vaccins, assurances, besoin d’organisation militaire du voyage...) sont illusoires et mensongères, si le projet existe dans votre esprit vous le concretiserez sur place en faisant naturellement les rencontres que vous devrez faire (par contre un minimum d’aisance en anglais et une aptitude à s’adapter à des conditions radicalement différentes sont évidemment sine qua non).

        * une fois sur place, installez-vous tranquillement et commencez petit à petit à démarcher des universitaires locaux, d’autres étrangers installés sur place ; racontez-leur votre projet et créez l’opportunité de visiter des projets LOCAUX, organisés et gérés par des LOCAUX pour des LOCAUX.

        * faites confiance à vos sentiments et intuitions personnels pour choisir une de ces organisations et leur proposer votre projet.

        * ils n’auront pas les moyens de vous offrir un salaire d’occidental, par contre il est tout à fait décent et coutumier d’obtenir gite, nourriture, voir de l’argent de poche basé sur le cout de la vie sur place.

        Tout ceci est très sérieux, et vous êtes invités à me contacter en privé via le forumulaire sur ma fiche si vous souhaitez en savoir plus sur le comment faire de l’humanitaire sans tomber dans une organisation de propagande capitaliste, de blanchiment d’argent sale ou pire, prosélyte, et être sur que son action sera vraiment bénéfique aux populations locales, selon LEURS propres représentations du monde, et non les notres.

        edit : spelling&grammaire

         
        • le soudanais
          le soudanais répond à micke
          ici et là
          • Posté à 19h58 le 12/12/2008
          • Internaute 16438
            ici et là

          Pourquoi voir une expérience humanitaire comme un break ?

          On peut faire carrière dans l’humanitaire, y consacrer sa vie sans trop de difficulté. Humanitaire n’est pas un passe temps pour personnes en manque de sensations fortes, ça peut être aussi un choix de vie.

        • hervé_
          hervé_ répond à micke
          en couple
          • Posté à 21h21 le 12/12/2008
          • Internaute 58065
            en couple

          Ça fait un peu mercenaire mais pourquoi pas. En tout cas, il y a plus insupportable que le sponsoring des ONG par les multinationales, c’est le discours de culpabilisation de certaines organisations. Il y a quelques années, ACF avait fait fort dans ce sens. Depuis, c’est un poil plus constructif.

          Au fait, tu as oublié un point :
          * lorsque vous rentrerez, évitez de ramener 50 enfants soudanais avec vous sans autorisation.

          • Houvaton nouveau compte
            • Posté à 11h50 le 13/12/2008
            • Internaute 39856

            « lorsque vous rentrerez, évitez de ramener 50 enfants soudanais avec vous sans autorisation »

            Mais ils avaient les autorisations ! ! !
            Il est là le problème et cette histoire a vite été étouffée par les medias et par la justice.
            C’était plus de 100 enfants principalement tchadiens, près de la frontière du Darfour, pas du tout orphelins et pas du tout malades qui allaient servir de cobayes à l’industrie pharma. Entre Breteau et Sarkouchner le lien est Stéphanie Dhainaut Lefebvre Paris Biotech Santé. Vous avez internet servez-vous en (pour les sceptiques) . Quoique l’émission Pièce à Conviction d’Elise Ducet sur les mystères de l’Arche de Zoé, émission programmée, puis déprogrammée, puis à nouveau programmée un dimanche soir de janvier 2008 à partir de 23h45 (tout le monde dort) soit déjà assez éloquente.

            • hervé_
              hervé_ répond à Houvaton nouveau compte
              en couple
              • Posté à 14h30 le 13/12/2008
              • Internaute 58065
                en couple

              C’est bien ce que je disais, ils avaient pas les bonnes autorisations (oui y’a des papiers en plus pour les expérimentations, sans compter que ça coûte beaucoup plus cher en frais administratifs...)

        4 autres commentaires
    • kestiontoi
      kestiontoi répond à anonymous_coward
      travailleur forcé
      • Posté à 20h39 le 12/12/2008
      • Internaute 30798
        travailleur forcé

      Pourquoi une société capitaliste de plus en plus déshumanisée s’interesserait au sort d’ancien humanitaire ?
      Ne risquerait-il pasde faire rentrer le loup dans la bergerie ?

  • Ibride
    Ibride
    mal assis
    • Posté à 16h47 le 12/12/2008
    • Internaute 59337
      mal assis

    intéressant comme constat d’évolution : les secteurs coexistent en circuit fermé.
    Les humanitaires au secours des humanitaires ................... cette logique se confirme et se vérifie facilement (en sens contraire) avec les vautours qui soutiennent les rapaces ! ! !

    • Renaud Vialet
      Renaud Vialet répond à Ibride
      Riverain tardif
      • Posté à 09h49 le 13/12/2008
      • Internaute 14699
        Riverain tardif

      Note technique : les vautours ne soutiennent pas les rapaces, les vautours sont des rapaces ...

  • battuta
    battuta
    adorateur de la lune
    • Posté à 17h05 le 12/12/2008
    • Internaute 56909
      adorateur de la lune

    Intéressant comme sujet, trop souvent ignoré au profit d’un discours béni oui oui sur l’humanitaire. cependant, je me permets de revnir sur deux ou trois points.

    les éléments très bons et trés formés n’ont pas plus de difficultés à retrouver un emploi hors branche que d’autres catégories de personnes. Généralement ceux là ne sont pas en VSI, les « heads mission » sont recrutés avec de gros CV et de gros salaires... le VS généralement n’a que peu d’expérience et moins de 30 ans. Les VSI se trouve plus dans un contexte de développement, de coopé décentralisé etc, que d’urgence (problématique de la définiton du cadre de mission) de plus, de nombreuses personnes sont dans la nébuleuse humanitaire, dans des structures laches, mal identifiable, plus ou moins rattachés à une autre grosse organisation , etc... cela ne facilité pas l’apprentissage de compétences iremplaçables....

    les profils les plus recherchés ne sont pas ceux tirés de ces master (surtout celui cité)... Ces masters sont des coquilles vides... les profils rechercheés sont des profils techniques, adminsitratifs ou hyper spécialisiés dans certaines branches... ces formations généralistes très en vogue peuvent à la limite, en les complétant, permettre en effet de rejoindre un siège. sinon vaut mieux faire de sciences humaines (qui reste un vivier pour les recruteurs).

    bref dans l’humanitaire beaucoup de mythes, peu de très bons pros, beaucoup de branleurs en quête qui de sens, qui d’adrénaline, etc etc. Encore une fois, dans un projet professionel construit, avec de réelles compétences et un profil intéressant, de l’expérience la reconversion ne pose pas de problème dans le même secteur (en siège par exemple)... pour bosser dans les institutions internationales c’est plus plus Harvard, Yale ou Dauphine... on y trouve que peu d’idéalistes et dans un sens tant mieux car la bonne volonté n’est pas une qualification professionelle ....

    ps : d’autres articles comme cela ça change...

    • loux
      loux répond à battuta
      • Posté à 10h13 le 13/12/2008
      • Internaute 31152

      article très bien sur un sujet rarement traité. Et excellent commentaire pertinent de battuta, que je constate tous les jours.

  • Emmanuel1
    • Posté à 17h21 le 12/12/2008
    • Internaute 32309

    Oui, les francais sont frileux et étriqués, et ne veulent pas « prendre le risque » d’embaucher des gens un peu originaux qui n’ont pas un CV parfaitement linéaire. C’est bien triste.
    Loin de moi l’idée d’encenser le modele anglo-saxon, mais sur ce coup là les employeurs anglo-saxons sont beaucoup plus ouverts d’esprit. (J’ai vécu à Londres, je dis ça en connnaissance de cause)

  • freakfeatherfall
    freakfeatherfall
    moonchild
    • Posté à 17h39 le 12/12/2008
    • Internaute 21024
      moonchild

    Il me semble que le salaire des V.I. (Volontaires Internationaux) est plutôt elevé !
    En effet il est versé en euros et c’est un salaire « de type français » donc c’est des dizaines de fois plus que ce que gagnent les habitants des pays où tu bosses...

    Quand je cherchais du travail à l’international, j’ai vu des annonces réservés aux V.I. et putain c’était bien payé !
    J’avais toutes les qualif et l’expérience mais j’étais pas V.I. donc j’étais niqué... (pour être V.I. il faut avoir - de 28 ans, etc...)

    Je pense qu’il faut vraiment différencier les bénévoles et les VI

    • battuta
      battuta répond à freakfeatherfall
      adorateur de la lune
      • Posté à 18h00 le 12/12/2008
      • Internaute 56909
        adorateur de la lune

      une réforme est en cours pour calquer la dotation (ce n’est pas un salaire, le volontariat n’étant pas un travail) des VSI sur ceux des VE (entreprise)... ce n’est pas encore fait... pour l’instant la situation est recalculé par des cabinets indépendants d’observations des prix et des couts de la vie... de plus le cout de la couverture sociale coute très cher... difficile pour un partenaire du sud de payer pelin pot...enfin même si le diférentiel est réel 500 euros par mois à bamako ou douala c’est loind ’être le pérou....

      • freakfeatherfall
        freakfeatherfall répond à battuta
        moonchild
        • Posté à 00h48 le 13/12/2008
        • Internaute 21024
          moonchild

        « le cout de la couverture sociale coute très cher »

        tu parles de la couverture sociale locale ? ou type CFE (Caisse des Français de l’Etranger) ?
        Si c’est la CFE, c’est clair c’est super cher et je n’ai d’ailleurs jamais eu les moyens de me la payer...

        Sinon je suis d’accord, 500€ par mois, c’est beaucoup pour là où tu vis, mais c’est plus rien dès que tu rentres (le billet d’avion déjà)

    • le soudanais
      le soudanais répond à freakfeatherfall
      ici et là
      • Posté à 19h55 le 12/12/2008
      • Internaute 16438
        ici et là

      le salaire d’un volontaire d’une ONG française est de 800 euros par mois environ, versé sur un compte dans le pays d’origine du volontaire.

      2000 euros pour les cadres environ (coordos et chefs de mission).

      a cela il faut rajouter environ 200 dollars de per diem par mois pour couvrir les dépenses courantes.

      par d’age limite à ma connaissance.

      • freakfeatherfall
        freakfeatherfall répond à le soudanais
        moonchild
        • Posté à 00h40 le 13/12/2008
        • Internaute 21024
          moonchild

        salut le soudanais,

        Volontaire International est un statut à part (d’où les majuscules à la con) et il y a bien un âge limite :

        Lien

        Plus loin ils déclarent :

        « Etre Volontaire International, c’est partir pour une mission
        professionnelle à l’étranger tout en bénéficiant d’un statut public protecteur.
        Le V.I est placé sous la tutelle de l’Ambassade de France.

        De 6 à 24 mois, les missions s’effectuent :

        - en entreprise,
        - au sein d’une structure française, publique ou para-publique,
        relevant du Ministère des Affaires Etrangères ou du Ministère
        de l’Economie et des Finances,
        - dans une structure publique locale étrangère (gouvernement, ministères, municipalités, centres de recherche et universités publiques),
        - auprès d’organisations internationales ou d’associations agréées.

        Le Volontariat International n’est pas du bénévolat. »

        Je pense que c’est un peu différent du statut de volontaire dans une ONG dont tu parles
        Maintenant, moi j’ai jamais bossé comme volontaire ou V.I. donc je peux me tromper !

         
        • battuta
          battuta répond à freakfeatherfall
          adorateur de la lune
          • Posté à 22h23 le 14/12/2008
          • Internaute 56909
            adorateur de la lune

          c’est à peu près ça... mais le statut est en pleine mutation pour cause de refonte du paysage dit de « la solidarité internationale »... le volontariat n’est pas du bénévolat ni un emploi salrié.. ; c’est pour cela que l’on parle d’indemnité ou de dotation... a la différence des employés recrutés par une ng il ne touche pas de perdiem mais une prime de retour censée aidé à la réinstallation.. les ong ne recrute souvent pas elle même les volontaires mais passent par des associations de « recrutement » (dont nous tairons le nom de la principale)... quand à la protection sociale elle est généralement de type privé (pas mutualiste) et ne ne correspond pas à la Caisse des français de l’étranger... un volontaire fait une déclaration de non imposition pour la durée de sa mission et n’est imposée que sur sa prime de retour.... mais encore une fois, tout cela changera dans l’année si la réforme va au bout... mais pour l’instant personne ne sait où elle va ...

        • battuta
          battuta répond à freakfeatherfall
          adorateur de la lune
          • Posté à 22h23 le 14/12/2008
          • Internaute 56909
            adorateur de la lune

          c’est à peu près ça... mais le statut est en pleine mutation pour cause de refonte du paysage dit de « la solidarité internationale »... le volontariat n’est pas du bénévolat ni un emploi salrié.. ; c’est pour cela que l’on parle d’indemnité ou de dotation... a la différence des employés recrutés par une ng il ne touche pas de perdiem mais une prime de retour censée aidé à la réinstallation.. les ong ne recrute souvent pas elle même les volontaires mais passent par des associations de « recrutement » (dont nous tairons le nom de la principale)... quand à la protection sociale elle est généralement de type privé (pas mutualiste) et ne ne correspond pas à la Caisse des français de l’étranger... un volontaire fait une déclaration de non imposition pour la durée de sa mission et n’est imposée que sur sa prime de retour.... mais encore une fois, tout cela changera dans l’année si la réforme va au bout... mais pour l’instant personne ne sait où elle va ...

          • le soudanais
            le soudanais répond à battuta
            ici et là
            • Posté à 17h19 le 15/12/2008
            • Internaute 16438
              ici et là

            la prime de retour ne peut être touché qu’une seule fois, après 2 ans de volontariat terrain avec la même ONG.

            le volontaire touche un per diem qui couvre ses besoins journaliers autre que ceux pris en charge par son ONG (nourri, logé, blanchi), en général 200 dollars par mois. le niveau de per diem évolue selon les pays d’affectation.

            la protection sociale peut être la CFE, tout comme des organismes privés, encore une fois ça dépend.

            les gorsses ONG (acf, msf, HI, acted, mdm, etc...) font leur recrutement elles mêmes, sans passer un organisme extérieur. leurs annonces sont toutes publiées chez coordination sud, ou souvent c’est le bouche à oreille qui fonctionne.

        3 autres commentaires
      • kidjo
        kidjo répond à le soudanais
        expatrié
        • Posté à 20h05 le 14/12/2008
        • Internaute 53194
          expatrié

        en résumé

        VIE volontaire internationale en entreprise = principalement pourles jeunes diplomés, 28 ans max, 2 ans max, une mission max avec des indémnités proches d’un salaire première expérience

        VSI volontaire de solidarité internationale = indémnité varibale entre les pays et les statuts (de 250 à 1000 euros) le plus courant en afrique c’est le statut VP (volontaire du progrès - voir ONG AFVP)

        Expat en ONG = contrat CDD Mission salaire variable de 1300 à 2000 euros net en fonction des bailleurs pour les ONGs francaises, les autres (UK, nord europe) payent moins de charges sociales donc à masse salariale égale, ils payent plus

        et bien sur, sur place des per-diem variable + prise en charges des frais de vie

  • Thucydide
    Thucydide
    Que survive la Démocratie en (...)
    • Posté à 17h52 le 12/12/2008
    • Internaute 6396
      Que survive la Démocratie en (...)

    Il est toujours dommage de voir que tous ces bénévoles aient tant de mal à se réinsérer alors qu’ils présentent plusieurs qualités indéniables :
    - une vitalité très forte,
    - un immense courage physique autant que moral,
    - un savoir-faire et une technicité indiscutables,
    - un talent d’improvisation rapide et efficace en fonction d’imprévus aux conséquences par définition gravissimes,
    - un don d’empathie et de compréhension particulièrement développé.

    Ce sont là des marques de personnalité particulièrement attachantes et admirables.

    Mais non : le plus souvent on ne retiendra de ces parcours d’exception que des signes de marginalité, de rebellion atavique, voire (je puis en témoigner) de fragilité psychique, ce qui est un comble... de connerie, si je puis me permettre cette litote : o))

    Ils méritaient bien cet article dont la conclusion laisse s’ouvrir un marge d’espoir : en ces temps de crise le microcrédit a un bel avenir qui s’ouvre devant lui.
    Comme nous aurons l’occasion de le voir en 2010 quand le vide économique de 2009 aura plombé toutes les caisses, il ne sera plus nécessaire de s’expatrier pour aller à la rencontre de cet avenir là.

  • Phil2922
    Phil2922
    Retraite invalidité
    • Posté à 18h02 le 12/12/2008
    • Internaute 36639
      Retraite invalidité

    On a bien vu qu’ils étaient décalés, ceux qui sont partis loin faire de l’humanitaire, avec Kouchner qui est resté un moment au PS avant d’aller servir la soupe à Sarko.... ! !

    Lien

  • Numerosix
    Numerosix
    Prisonnier dans le village (...)
    • Posté à 18h15 le 12/12/2008
    • Internaute 14499
      Prisonnier dans le village (...)

    Le problème , a mon avis , c’est ça :

    -Mais pourquoi vous voulez pas m’engager, Monsieur le DRH , après ma super expérience humanitaire ?

    -Parce que vous êtes TRISTE, voila ! Vous me faites flipper avec vos expériences horribles ou vous avez été coincés dans des pays et des situations épouvantables ou les gens tombaient comme des mouches ! ! Ca m’angoisse !

    • flixp
      flixp répond à Numerosix
      Aboyeur
      • Posté à 18h43 le 12/12/2008
      • Internaute 34063
        Aboyeur

      Parce que vous ne voulez pas travailler le dimanche aussi

      Bon d’accord je suis hors sujet, je sors

    • Jaycib
      Jaycib répond à Numerosix
      Désagrégé de l'Université
      • Posté à 14h32 le 13/12/2008
      • Internaute 37053
        Désagrégé de l'Université

      Le problème fondamental, N° 6, me semble être le suivant : ce n’est pas l’horreur de l’expérience passée de l’ex-humanitaire qui fait peur aux DRH, c’est l’inexistence d’un marché potentiel pour l’entreprise dans le pays ou l’ex-humanitaire a exercé ses fonctions. Comment peut-on être « adapté » à un métier d’entreprise conventionnelle quand on a fait tout, sauf du conventionnel ? L’expérience est toujours fonction du regard de l’interlocuteur.

  • micke
    micke
    utopiste
    • Posté à 18h54 le 12/12/2008
    • Internaute 13094
      utopiste

    pas convaincu par l’article.

    se poser en victime après avoir été (sans doute) témoin de la misère du monde dont notre monde capitaliste à travers ses périodes colonialistes est largement responsable, je reconnais que ça me laisse perplexe et de marbre.

    A moins que l’expérience leur ait été tout-à-fait inutile sur un plan personnel, échouant à leur ouvrir les yeux et l’esprit sur ces autres mondes pour revenir avec des perspectives moins pathétiques.

    Ou à moins que le journaliste ait filtré les citations pour démontrer sa thèse (pratique malheureusement si courante dans le documentaire...)

  • le soudanais
    le soudanais
    ici et là
    • Posté à 21h09 le 12/12/2008
    • Internaute 16438
      ici et là

    Article intéressant, avec quelques d’approximations. toutefois le sujet traité touche à une problématique rarement évoquée. la réinsertion des anciens travailleurs humanitaire peut être difficile. ca depend pourtant du profil des gens concernés. ceux qui ont le plus de mal sont ceux qui n’ont souvent que leur expérience humanitaire comme bagage professionnel. la est le véritable danger. Quelqu’un qui arrive a l’humanitaire avec juste une formation comme bioforce aura surement du mal a trouver un boulot en france en rentrant. en revanche qq qui a 5, 10 ou 15 ans sur le marché du travail trouvera tjs le moyen de se retourner.

    « Ce statut qui concerne 80% des travailleurs humanitaires est souvent critiqué. “

    Ce statut est quasi strictement français (un peu Italien et Belge), et ne concerne donc majoritairement que les ONG françaises, partir avec une ONG anglo-saxonne (CARE, Save the Children, Oxfam, etc...), Suisse (Terre des Hommes) ou Espagnole, etc... permet d’avoir accès à des rémunérations plus compétitives.

    Acted cité dans l’article salarie tous ses employés et paye au minimum 2000 euros par mois, tout comme Première Urgence par exemple.

    Franchement, ‘On parle un jargon que personne ne comprend, il est difficile de valoriser nos compétences.’ est une excuse qui ne tient pas vraiment la route. Tout secteur, toute entreprise à son jargon, a tout le monde de s’adapter...

    ‘Le secteur privé reste fermé à ce genre d’expériences.’

    C’est malheureusement vrai. On peut assez facilement se retrouver a la tête de budgets chiffrés en dizaines de millions par an, d’équipes de plusieurs centaines de personnes dans des zones parfois grandes comme la France, ou bien plus. Les entreprises françaises privées ne reconnaissent pas encore les qualités des profils humanitaires.

    Toutefois les sièges d’ONG recrutent aussi. Handicap ou ACF comptent plusieurs centaines de salariés à Lyon ou à Paris, il y a là débouchés, ou dans d’autres secteurs également.

    • Emmanuel M
      Emmanuel M répond à le soudanais
      Commentateur liberal
      • Posté à 22h31 le 12/12/2008
      • Internaute 39528
        Commentateur liberal

      « On peut assez facilement se retrouver a la tête de budgets chiffrés en dizaines de millions par an, d’équipes de plusieurs centaines de personnes dans des zones parfois grandes comme la France, ou bien plus »

      C’est peut-être parfois un peu ca le problème. Des gens qui ont été les apporteurs de solutions (financières, techniques et humaines ...) regardés avec admiration par une centaine de « locaux » n’ont souvent pas envie de revenir en France au statut de simple employé ou cadre intermédiaire « lambda ».

    • Le coup du hongrois
      Le coup du hongrois répond à le soudanais
      habitant du monde
      • Posté à 08h33 le 13/12/2008
      • Internaute 54863
        habitant du monde

      « Quelqu’un qui arrive a l’humanitaire avec juste une formation comme bioforce aura surement du mal a trouver un boulot en France en rentrant. en revanche qq qui a 5, 10 ou 15 ans sur le marché du travail trouvera tjs le moyen de se retourner. »
      Exact mais celui qui a 5, 10 ou 15 ans d’expérience ne sera pas recruté dans les ONG. Le recrutement est :
      -soit bidon : les 3/4 des offres d’emploi de coordination sud par exemple ne sont pas pourvues, elles sont proposées pour satisfaire les bailleurs de fonds (on met dans le budget un salaire « français » et on emploi un « local », ou personne)
      -soit embauche de volontaire (pas cher) mais sans expériences. Et après on peut voir les conneries énormes faites sur le terrain. Ce n’est pas grave, on touche les aides...
      -soit il faut être déjà dans le système, pas de risque de dénonciation des magouilles.
      -Ah j’oubliais ! ne jamais embaucher un africain d’origine.
      Ce constat ne s’applique pas aux ONG travaillant sur la santé MSF, Handicap... car je ne connais pas ce milieu.

      La responsabilité principale incombe aux bailleurs de fonds (c’est à dire indirectement nos impôts) qui ne contrôlent rien, attribuent des aides non pas sur des projets intéressants mais en fonction de critères électoraux. (il vaut mieux saupoudrer).

      Et pourtant on en a tellement besoin de ces ONG ! ! !

      • le soudanais
        le soudanais répond à Le coup du hongrois
        ici et là
        • Posté à 17h28 le 15/12/2008
        • Internaute 16438
          ici et là

        Franchement, je ne connais pas votre expérience, mais les grosses ONG (MSF, ACF, MDM, Acted, HI, PU, etc…) ne mettent pas des annoncent pour satisfaire les bailleurs… D’ailleurs chaque projet, chaque mission est régulièrement audité, et les budgets étant négociés sur le terrain, entre le responsable bailleur et le chef de mission de l’ONG, je ne vois pas l’intérêt de la manœuvre. Les ONG se financent grâce aux « overhead costs », en gros sur tout budget signé 10% environ vont financer la structure, qui à Paris, Madrid, New York ou Londres.

        Le statut de volontaire n’est pas lié à l’expérience, mais au niveaux de responsabilités, un cadre sera bien souvent salarié, alors qu’un expat lambda aura plus de chance d’être salarié, mais encore une fois une personne qui enchaine 2 ou 3 missions avec le statut de volontaire peut très bien négocier avec son ONG son salariat.

        Etre dans le système, c’est juste entendre parler des postes qui se libèrent par le bouche à oreille.

        Bcp d’Africains passent désormais par des formations comme Bioforce et deviennent de plus en plus impliqués dans les missions terrain. Une grosse ONG française présente au Soudan par exemple, avait en 2007 plus de 17 nationalités représentées, dont des Ethiopiens, des Erythréens, Sénégalais, Ivoiriens, Kenyans, Togolais et je dois en oublier.

  • le soudanais
    le soudanais
    ici et là
    • Posté à 20h12 le 12/12/2008
    • Internaute 16438
      ici et là

    Lien

    En complément à cet article.

  • didja
    didja
    out of nowhere
    • Posté à 20h46 le 12/12/2008
    • Internaute 59575
      out of nowhere

    Je trouve cet article fort intéressant, il offre un éclairage original sur une « pratique » finalement très peu « médiatisée ».

    • penbroke
      penbroke répond à didja
      -
      • Posté à 22h19 le 12/12/2008
      • Internaute 62260
        -

      Je suis parti pour Action Contre la Faim en Afghanistan et au Soudan en tant que « logisticien administrateur » et « chef de base » pour 850 euros par mois apres une experience profesionnelle dans l’industrie et le conseil (ingénieur de formation). Pratiquement j’ai veritabmement risqué ma peau (au Soudan en particulier) et j’ai rencontré un milieu PLUS professionnel que bien des entreprises du CAC 40 que j’ai pu croiser de prés. Pratiquement encore je suis revenu bien plus compétent, professionnel et « ouvert d’esprit » que je n’étais parti. Et trés pratiquement toujours, j’ai connu un an et demi de chomage au retour et des « chasseurs de tête » qui m’appelaient en pensant que j’étais toujours dans le conseil et qui tournaient talons devant la dernière partie de mon CV. Une conclusion et deux remarques relatives à cette expérience :
      C : le principal problème est l’incompétence et la faignantise des RH en France (si je ne m’etais pas sorti d’affaire seul j’aurai émmigré en UK pour etre embauché bien que cette société là ne soit pas ma tasse de thé).
      R1 : le cas trés particulier des ong françaises et des volontaires présente sur le terrain l’avantage de meler professionalisme et ferveur : je crois me souvenir de quelques populations qui préfèraient des volontaires plutot professionnel et ne comptant pas leur temps à des « professionnels » faisant carrière ou blasés. C’est le choc du professionnalisme des structures et de ferveurs pas trop couillonnes qui produit de la « performance » dans le dommaine. Lorsque l’humanitaire devient un métier, il faut concilier l’incinciliable et à minima les couts et les rennoncements mais parfois les abus et la corruption augmentent.
      R2 : j’ai toujours autant de peine à lire les commentaires définitifs sur « l’humanitaire » ( en particulier de la part, parfois, de gens, n’ayant jamais donné beaucoup de leur temps). (il n’y a pas de discours moral. seule l’action peut etre morale : agir « bien » sans cout par définition ne coute rien. c’est lorsque qu’il ya un cout à payer et que vous choisiez quand me^me d’agir « bien » que l’on peut parler de sens moral).
      R2bis : humanitaire est un adjectif galvaudé. Il est par essence incompatible avec intervention, avec armée, avec gouvernement (certains ont payé de leur vie quelques approximations communes). a mon avis il faut distinguer humanitaire (urgence) de developpement et d’action politique (les trois étant aussi nobles).
      R2ter : effectivement l’action humanitaire est parfois instrumentalisée par des gouvernements. C’est bien là qu’il faut des « ferveurs pas trop couillonnes » et pas des carrieristes.
      R2quater (dans le desordre) : sur le terrain seuls les volontaires peuvent effectivement faire rempart à la corruption et au chantage : les carrieristes n’y vivent pas ils sont en visite et ne voent rien / les employés locaux les plus intègres et les plus honnètes ont leurs familles et leur futur sur place. ils ne peuvent être exfiltrés lorsque ça tourne vinaigre : il faut pouvoir leur fournir le pretexte d’etre supervisés pour tenir tête aux milices et potentats.
      Pour finir : l’engagement volontaire est un réél plus sur le terrain mais son cout en est supporté uniquement par les intéressés eux-me^mes qui sont absolument seuls au retour. Ils refonts seuls le long chemin vers notre société et ne demandent rien si ce n’est que leur expérience soit reconnue professionnellement et pas seulement dans le milieu du « social ». (et eventuellement de ne pas se faire collectivement cracher dessus par tous les aigris-dans-leur-fauteuil à chaque fois qu’un scandale estampillé « humanitaire “ éclate). Merci.

      • Emmanuel M
        Emmanuel M répond à penbroke
        Commentateur liberal
        • Posté à 22h30 le 12/12/2008
        • Internaute 39528
          Commentateur liberal

        Honnêtement, je pense que la plupart des RH qui vous ont boudé sont des cons.

  • I_love_rien
    I_love_rien
    I_m_Parisien
    • Posté à 21h44 le 12/12/2008
    • Internaute 61087
      I_m_Parisien

    Qui d’autre que « topmoumoute » (« micke » éventuellement) a passé du temps sur le terrain pour commenter le papier ?

    le travailleur humanitaire, quel qu’il soit : soignant, log, admin, chef de mission... est toujours en décalage.
    D’abord sur le terrain, parce que c’est un expat qui vient d’ailleurs (avec son savoir-faire, mais aussi ses comportements culturels) qui s’adapte en permanence, et même si son souci est de toujours faire au mieux, rien n’est jamais parfait.
    Ensuite, à son retour : car il/elle a vécu une ou des expérience trop fortes pour se ré-adapter (rétro-adaptation) suffisamment vite à ce qui était donné comme ’normal’ avant la mission.

    Le papier évoque brièvement la dimension sociale (voire psychologique ?) du retour, et c’est véritablement une problématique dont personne, ONG ou pouvoirs public, ne s’occupe vraiment. Un peu comme pour les vétérans...

    Après, et seulement après à mon sens, se posent les autres difficultés notamment financières et surtout professionnelles.

    • penbroke
      penbroke répond à I_love_rien
      -
      • Posté à 22h26 le 12/12/2008
      • Internaute 62260
        -

      D’accord avec toi De I_love_rien. Mais il n’ya rien à attendre non plus. C’est un problème trop particulier. La meilleur chose à attendre est une meilleure ré-intégration professionnelle (surtout dans notre société). Pour le reste. adaptable 1000 fois = adaptable 1001 fois (même dans la douleur). Mais en attendant il faut crouter non ?

    • le soudanais
      le soudanais répond à I_love_rien
      ici et là
      • Posté à 17h38 le 15/12/2008
      • Internaute 16438
        ici et là

      La notion de décalage est primordiale pour qui veut comprendre cette expérience effectivement. Sur le terrain, il faut avoir aussi conscience que la mission première du travailleur humanitaire n’est pas de s’intégrer à la vie locale, mais de faire son boulot. On ne part pas faire du tourisme. Ensuite au retour, la comparaison avec les vétérans est assez bonne. On a vécu des choses particulières (et non, coupons court au mythe : un travailleur humanitaire n’évolue pas dans un environnement où les piles de cadavres au bord de la route sont courants…) et avec des gens particuliers. Souvent les gens vivent ensemble dans des grandes maisons, on est les uns sur les autres pendant des mois, il n’est pas rare de mieux connaitre ses compagnons d’infortune après qq mois seulement que certains de nos « proches » que l’on côtoie en France ou ailleurs depuis 10 ans ou plus. Et puis souvent on se retrouve entre personnes qui veulent faire qqc de bien de leur vie, franchement ça change de mal d’environnements de travails traditionnels. Il y a aussi ces discussions interminables sur le bien fondé de l’action entreprise, des remises en question permanentes qui sont assez rares dans le « privé ».

  • re-traitée
    re-traitée
    re-traitée
    • Posté à 06h57 le 13/12/2008
    • Internaute 53511
      re-traitée

    Si l’on parlait PLUS de ceux qui s’investissent à la porte de chez eux ?
    Ou ? ces éloignements sont-ils la signature de l’incapacité à oeuvrer sur place ? et,surtout,le REFUS de voir la misère devant SA propre porte ?
    Sont-ce les paralysies administratives qui privent le pays de ces énergies jeunes et volontaires ?

    • penbroke
      penbroke répond à re-traitée
      -
      • Posté à 09h27 le 13/12/2008
      • Internaute 62260
        -

      Quel est l’interet d’opposer ceux qui partent et ceux qui restent ? Le sujet ici était la réintégration de ceux qui partent, qui manifestement est difficile. Quant à ceux qui restent, ils oeuvrent dans un cadre social dans lequel ils sont déjà insérés. Pour eux le soucis ne serait il pas qu’un directeur de centre social est moins rémunéré que la secretaire d’un avocat d’affaire (exemple réél), malgré une compétence et une utilité sociale « supérieure » ? Ceci est toutefois un choix de société (l’argent cascade dans les lieux où il circule).

  • monisme
    monisme
    clm
    • Posté à 09h13 le 13/12/2008
    • Internaute 52504
      clm

    Pour se réinsérer, faut qu’ils demandent conseil à Kouchner.

    Et, bien vu, à Martin et à « ni soumise ».

  • leon.trotski
    leon.trotski
    Trés à gauche
    • Posté à 09h44 le 13/12/2008
    • Internaute 41281
      Trés à gauche

    Un trés bon article.

    « L’humanitaire » se professionnalise, se banalise aussi pourrait on dire. On voit apparaître des problemes de réinsertion comme dans n’importe quelle autres branches professionnelles, sauf que celle là n’est surement pas en voie de disparition !

    pourquoi ne pas créer, si ce n’est pas déja fait, un organisme qui centraliserait les offres et demandes d’emplois dans le secteur et offrirait des services, que ce soit de la formation ou un suivi psychologique pour d’éventuelles reconversions ?

    • Houvaton nouveau compte
      • Posté à 11h18 le 13/12/2008
      • Internaute 39856

      Je viens de créer un fond de solidarité financé par 3 milliards de miséreux dans le monde pour aider financièrement les zumanitaires de retour dans leurs pays de riches et serviles travailleurs pollueurs.

      • leon.trotski
        leon.trotski répond à Houvaton nouveau compte
        Trés à gauche
        • Posté à 14h54 le 13/12/2008
        • Internaute 41281
          Trés à gauche

        Bonjour,

        votre réponse n’a aucun sens. Il n’est bien sur pas question de comparer la « misère » des personnes oeuvrant dans l’humanitaire avec celle des 3 milliards que vous citez ; Je pense que l’article soulève un vrai problême c’est tout.

        Vous faites de l’ironie à deux sous sur le compte des miséreux. J’ai presque honte pour vous, je vous plains en tout cas.

        Allez donner un coup de main au resto du coeur, cela vous rendra utile.

  • L-imprecateur
    L-imprecateur
    citoyen du monde
    • Posté à 10h36 le 13/12/2008
    • Internaute 59195
      citoyen du monde

    « Les plaisirs de la charite ne sont que les jouissances de l’orgueil. »

    Marquis de Sade

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