TRIBUNE 08/12/2008 à 20h54

Autour de « Chomsky & Cie » : peut-on penser contre soi-même ?

Philippe Corcuff | Sociologue, anticapitaliste, libertaire, altermondialiste

« Chomsky & Cie », film de Olivier Azam et Daniel Mermet à partir d’un reportage radio de l’émission de France Inter « Là-bas si j’y suis », tente depuis le 26 novembre de se frayer un sentier sur les écrans alternatifs en France, à l’écart des grandes machineries capitalistes.


Affiche de ’Chomsky & Cie’ (DR).

C’est une bonne nouvelle, en tant qu’invitation à la réflexion, à partir d’un grand intellectuel, l’Américain Noam Chomsky, à la fois créateur dans la linguistique théorique d’une des œuvres les plus reconnues au monde et engagé avec courage, depuis la guerre du Vietnam, contre les logiques impérialistes de son pays.

Actualité des Lumières

Mais une invitation à la réflexion, dans la tradition des Lumières du XVIIIe siècle, appelant à penser par soi-même, suppose aussi de s’efforcer de penser contre soi-même. Qu’est-ce à dire ? Cela concerne une détermination, parallèle à la critique des stéréotypes et préjugés dominants, visant à interroger ses propres stéréotypes et préjugés.

Les échecs rencontrés depuis deux siècles par les tentatives de construction d’une société non capitaliste, démocratique et pluraliste, durable, qu’il s’agisse de parcours autoritaires, voire totalitaires, ou d’institutionnalisations plus soft dans les cages de fer de la société marchande, donnent une actualité encore plus grande à cette inspiration des Lumières. La relance de la critique anticapitaliste appellerait donc des efforts redoublés d’auto-analyse critique.

Pour asseoir la légitimité de cette critique après une période de dévalorisation, dans les années 1980 et 1990, sous les doubles coups de l’hégémonie de « la pensée unique » néolibérale et de la chute du Mur de Berlin en 1989. Mais aussi et surtout parce que cela participe de la définition même d’un projet d’émancipation individuelle et collective. Après les tragédies du XXe siècle, il est encore moins question qu’avant de remplacer une « pensée unique » par une autre « pensée unique ».

D’une contradiction de Chomsky face à Mermet

Le Monde diplomatique d’août 2007 (n°641) a publié des extraits de l’entretien de Daniel Mermet avec Noam Chomsky. On repère dans ces extraits une contradiction logique, qui ne semble avoir été perçue ni par les rédacteurs du Monde diplomatique, ni par Mermet, ni par Chomsky.

Au départ de l’entretien, Chomsky reconnaît (proposition A) :

« Le travail sur la manipulation médiatique ou la fabrique du consentement fait par Edward Herman et moi n’aborde pas la question des effets des médias sur le public [référence à Edward Herman et Noam Chomsky, “Manufacturing Consent”, Pantheon, New York, 2002]. C’est un sujet compliqué, mais les quelques recherches en profondeur menées sur ce thème suggèrent que, en réalité, l’influence des médias est plus importante sur la fraction de la population la plus éduquée. La masse de l’opinion publique paraît, elle, moins tributaire du discours des médias. » (p.1)

Mais plus avant dans la conversation, le même Chomsky dit (proposition B) :

« C’est d’ailleurs l’une des grandes différences entre le système de propagande d’un Etat totalitaire et la manière de procéder dans des sociétés démocratiques. (…) Le système de contrôle des sociétés démocratiques est fort efficace ; il instille la ligne directrice comme l’air qu’on respire. On ne s’en aperçoit pas, et on s’imagine parfois être en présence d’un débat particulièrement vigoureux. Au fond, c’est infiniment plus performant que les systèmes totalitaires. » (p.8)

Dans le premier extrait, Chomsky nous indique que, n’ayant pas directement travaillé sur les effets des médias sur le public, il ne peut pas en dire grand-chose. Les études dont il a connaissance indiqueraient seulement que « la masse de l’opinion publique » serait moins influencée par les médias et que sa composante « la plus éduquée » le serait bien davantage.

Dans le deuxième extrait, il pose une grande efficacité (donc des « effets » puissants) du « système de propagande » des « sociétés démocratiques ». Mais comment peut-il s’avancer avec tant de certitude, alors que :

  • il est censé ne pas avoir de données précises en la matière ;
  • le peu qu’il peut en dire, en regard des travaux qu’il a lus, nous orienterait vers une faible efficacité sur la majorité de la population ?

Ici son propos contrevient au principe de non-contradiction des arguments rationnels les uns par rapport aux autres, bref exprime un vice de raisonnement d’un point de vue logique. Pour en sortir, il faudrait insérer une série de médiations entre les deux propositions pour les rendre compatibles. Il est fort probable que tant Noam Chomsky que Daniel Mermet, rationalistes invétérés, admettraient facilement cette erreur s’ils s’en apercevaient. Ou alors ils s’efforceraient de trouver des médiations rationnelles permettant de rendre les deux propositions conciliables.

Esprit critique et autojustification

Le problème se situe davantage dans la difficulté à reconnaître la possibilité d’une telle erreur chez les militants et sympathisants des gauches radicales. Dans un premier temps, on trouve, chez les publics les plus critiques, une tendance à adhérer à (au sens de « coller à ») ce que peuvent dire de grands intellectuels critiques comme Chomsky. Dans un deuxième temps, quand la contradiction est pointée -ce que j’ai fait devant différents publics critiques depuis août 2007-, il y a des réticences à la prendre en compte.

J’ai été notamment confronté à deux logiques : soit on avait du mal à reconnaître le problème (« Il doit y avoir une explication, il n’a pas pu faire une telle erreur »), soit on le minorait au nom d’un combat principal (« Ce n’est pas le moment de s’intéresser à de telles petites erreurs, alors que nous sommes matraqués du matin au soir par l’idéologie dominante »).

Imaginons que Nicolas Sarkozy, interrogé par Patrick Poivre d’Arvor -s’il officiait encore au journal de 20 heures de TF1- dise à deux moments différents de l’entretien :

  • « La situation de l’emploi s’est améliorée en France depuis quelques mois grâce à l’action du gouvernement » et
  • « à cause de la situation économique internationale défavorable, le chômage a progressé dans notre pays, malgré les mesures prises par le gouvernement. »

Si PPDA ne relevait pas la contradiction, que dirait-on dans les diverses gauches ? « Connivence », « contrôle des médias », voire « vendu au Pouvoir »… Qui, dans les gauches radicales, a utilisé des expressions analogues pour Mermet face à Chomsky dans le cas relevé ? Combien de personnes se sont même aperçues, dans cette galaxie politique, de la contradiction de Chomsky ?

L’humaine fragilité du grand penseur

On touche là certaines limites fréquentes chez les citoyens les plus critiques. Notre esprit critique n’est-il pas plutôt paralysé quand il s’agit de notre « camp » et plutôt actif quand il s’agit des autres « camps » ? Notre exigence de vérité n’est-elle pas moindre quand il y a une proximité et plus élevée quand il y a une distance ? Ne sommes-nous pas portés spontanément à l’autojustification parallèlement à la critique des « adversaires » ?

Mais est-ce que cet (auto-)aveuglement ne tend pas à délégitimer notre esprit critique lorsqu’il s’exerce ensuite fort justement contre les visions dominantes du monde ? S’émanciper des stéréotypes et des préjugés, n’est-ce pas aussi s’émanciper des stéréotypes et des préjugés enracinés en nous, et que nous ne percevons pas comme tels ?

Pourquoi avoir du mal à admettre la possibilité de l’erreur chez un grand penseur critique (comme Chomsky), et ne pas alors le réinsérer dans une humaine fragilité ? Quelqu’un comme Chomsky, quelles que fussent ses compétences intellectuelles et son courage politique, ne participe-t-il pas également de ces multiples fragilités ordinaires que nous content avec intelligence, émotion et drôlerie les reportages de « Là-bas si j’y suis » ? Le nom (ici « Chomsky ») ne fait-il pas écran à notre lecture critique du texte ?

Ce dernier point revêt des analogies avec une observation faite dans un autre cadre. Alors que j’animais en novembre-décembre 2007 un atelier d’« Apprentissage du philosopher » d’une vingtaine de personnes dans le cadre de l’Université populaire de Lyon, j’ai apporté deux textes, l’un de Bernard-Henri Lévy et l’autre de Michel Onfray, mais en intervertissant les noms des auteurs.

La plupart des participants (se sentant plus proches d’Onfray) ont critiqué fortement le texte signé BHL (mais d’Onfray) et ont défendu le texte signé Onfray (mais de BHL). Comme si le seul nom faisait le plus gros de la lecture d’un texte, avant même sa lecture…

Donner une place aux faits dérangeants

L’éducation populaire face aux chausse-trapes des discours dominants ne semble pas pouvoir se passer, dans sa visée émancipatrice même, d’une composante d’auto-analyse critique. Car quand le discours critique se présente sans distance vis-à-vis de lui-même, il révèle aussi une chausse-trape.

C’est dans cette perspective qu’un des fondateurs de la sociologie, l’Allemand Max Weber, promouvait l’idéal universitaire -encore trop peu actif, pourtant, dans les universités officielles- (La science, profession & vocation, conférence de 1917, Agone, 2005, p.43) :

« Quand un enseignant remplit correctement sa fonction, sa première tâche est d’apprendre à ses élèves à reconnaître l’existence des faits qui les dérangent, je veux dire qui les dérangent dans leurs partis pris ; et tous les partis pris -y compris les miens, par exemple- rencontrent ce genre de faits extrêmement dérangeants. »

Chiche, camarades critiques ?

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  • Nysos
    Nysos
    informaticien
    • Posté à 14h53 le 09/12/2008
    • Internaute 61865
      informaticien

    Sauf que tout l’article repose sur une érreur d’interprétation...

    Dans (A) Chomsky dit :

    D’après d’autres équipes de chercheurs qui ont étudié l’impacte des médias sur les differentes couches de la population, il semblerait que les personnes les plus éduquées soient plus influancés que les autres.

    Dans (B) Chomsky dit :

    Les médias génèrent une grille de lecture dans la pensée des gens dans les sociétés « Démocratiques ». Ce qui est plus efficace que l’usage de la force dans les sociétés totalitaires, car pour la population concernée cette « prison de la pensée » est invisible.

    Maintenant, dites moi où ce trouve la contradiction ?
    Exact, nulle part...

    Ici (A) et (B) enssemble :
    Les média créent les grilles de lectures (« la prison de l’esprit ») de la société ET il semblerait que les plus éduqués soient les plus influancés par ce « formatage » médiatique.

    C’est la raison pour laquelle Chomsky prétend que lorsque le discour médiatico-politique s’éloigne trop des réalités quotidiennes de la majorité moins « élitique », une tension se créé jusqu’à une potientielle décharge. Illustré par l’exemple de la constitution européenne pour Mermet/Chomsky, où cette majorité avait votée à l’encontre du matraquage et provoqué l’inconpréhension des « élites » (qui elle, restaient influancées).

    Voilà. Avant d’écrire un article, il serait bien de médité sur les propos tenu...

  • freestyler
    • Posté à 15h02 le 09/12/2008
    • Internaute 32860

    Moi j’ai tout lu par contre l’auteur lui n’a retenu que deux paragraphes pour résumer le documentaire, dois-je en conclure que tout le reste est de bonne facture comme le passage avec Normand baillargon et son petit cours d’autodéfense intellectuel.

    En tout les cas ce qui est sur c’est que résumer un travail documentaire à deux petits passages et en profiter pour faires des amalgames avec l’oeuvre entière de Chomsky et les émissions de Mermet, moi je dis bravo, c’est faire preuve d’une grande inpartialité et un sens aigue de la critique.
    Philippe Val n’aurait pas fait mieux !

    Pour en finir avec les poncifs relayés par les médias sur Chomsky lisez ceci :
    Lien

    • Nysos
      Nysos répond à freestyler
      informaticien
      • Posté à 16h19 le 09/12/2008
      • Internaute 61865
        informaticien

      L’article d’acrimed dont tu donnes le lien résume bien la situation...

  • Nysos
    Nysos
    informaticien
    • Posté à 15h04 le 09/12/2008
    • Internaute 61865
      informaticien

    Après avoir tout lu, je dirais que l’article est complètement hors sujet, nul.

    « Quand un enseignant remplit correctement sa fonction, sa première tâche est d’apprendre à ses élèves à reconnaître l’existence des faits qui les dérangent, je veux dire qui les dérangent dans leurs partis pris ; et tous les partis pris -y compris les miens, par exemple- rencontrent ce genre de faits extrêmement dérangeants. »

    C’est exactement la démarche de Chomsky car il ne donne jamais d’avis dans ses textes de recherche (« La fabrique du concentement »), il ne fait qu’analyser, isolé les facteurs de « formatage » de la pensé unique et ses méchanismes.

    Libre à tout ses lecteurs d’y réfléchir et de les utiliser pour analyser le discour médiatique.

  • tox
    tox
    http://www.dessins-tox.com
    • Posté à 08h54 le 11/12/2008
    • Internaute 10208
      http://www.dessins-tox.com

    Fort intéressant, certainement (quoique ... ), mais ne faudrait il pas concentrer ses énergies sur d’autres cibles ? pour l’heure, Chomsky n’a pas trop d’incidences négatives sur ma vie de tous les jours, il m’a même plutôt permis de l’envisager sous un autre angle, plus vrai. Donc de grâce si chomsky dispose d’une petite fenêtre d’expression dans ce mur d’imposture, ne fermez pas les volets, et mobilisez votre plume par priorités.

  • Bardamu
    Bardamu
    difficile
    • Posté à 21h16 le 08/12/2008
    • Internaute 25491
      difficile

    Franchement, relever les contradictions du discours de Chomsky, dont la cohérence n’est pas le fort, c’est sombrer dans la facilité.

    Il vaut mieux lire et relire « L’art de se persuader des idées douteuses fragiles ou fausses » de l’indispensable Raymond Boudon.

    Après on peut s’amuser à appliquer les analyses de Boudon à Chomsky, et dégonfler la baudruche.

    Ce qui permet de lire Chomsky sans perdre complètement son temps.

    • Adéménagé le 3 janvier 2011
      • Posté à 21h41 le 08/12/2008
      • Internaute 29846
        menuisier

      Ca c’est du pur Bardamu.

      Deux noms propres, un peu de mayo autour, un certain sens du rythme quand même dans le phrasé, et hop :
      L’affaire est dans le sac.

      Pour ce qui est des baudruches : Un maître.

      • JJ Reboux outrageur de poulets
        • Posté à 21h50 le 08/12/2008
        • Internaute 41591

        C’est marrant, je me faisais la même réflexion ; droping-name, façon Vincent Delerm. Mis en chanson, ça aurait toutes les chances de plaire aux programmateurs d’eau tiède de France Inter.

         
        • Adéménagé le 3 janvier 2011
          • Posté à 22h18 le 08/12/2008
          • Internaute 29846
            menuisier

          Bonsoir JJ.

          Le caudédos, il est où ?
          J’ai pas trop suivi ces derniers jours...

          Une adresse ?

          • JJ Reboux outrageur de poulets
            • Posté à 22h39 le 08/12/2008
            • Internaute 41591

            Salut Déluge,
            Le CODEDO va bien. Il pète la forme, même ! La pétition sera en ligne sur le site de la Ligue des droits de l’homme le 15 décembre. Pour le moment, on a 300 signatures, dont une quarantaine de « pesonnalités », on en cherche encore, histoire de « bétonner ». Le « manifeste » sera présenté le jour-même là où tout a commencé, c’est-à-dire sur Rue89. Pour signer, il suffit d’envoyer un @ à codedo2008@gmail.com (car le site que je nourris nuit et jour (ou presque) n’est pas armé pour répondre automatiquement…
            Remise de la pétition le 23 février, pour fêter dignement les un an de « casse-toi pauvre con ! »
            http ; //codedo.blogspot.com/

        3 autres commentaires
  • Chris.A
    Chris.A
    Ni pour,ni contre,bien au (...)
    • Posté à 21h49 le 08/12/2008
    • Internaute 32905
      Ni pour,ni contre,bien au (...)

    Merci monsieur Corcuff pour cet article fort intéressant. Vous faites bien de souligner la primauté du principe de non-contradiction logique.

    Il m’a d’abord paru que les assertions mentionnées étaient complémentaires dans le sens où, la majorité ( même éduquée ) est manipulée à son propre insu d’autant plus qu’elle évolue dans un régime démocratique. Puis en relisant, je suis tombé sur un os. Ce qui m’amène donc à reconsidérer mes a priori sur les populations sujettes à la propagande étatique via les médias.

  • fâché.com
    fâché.com
    perdu
    • Posté à 21h57 le 08/12/2008
    • Internaute 57333
      perdu

    1-Il n’y a pas de contradiction entre la proposition A et la proposition B, pour la simple raison que les mieux éduqués (très sensibles à la propagande, mais minoritaires) ont beaucoup plus de relais sociaux et d’influence dans la société. Les moins éduqués ne sont pas ou peu sensibles aux discours élaborés des médias, répercutent peu leur ressenti autour d’eux par manque de relais. Sur ce point, Chomsky est lucide, n’en déplaise à Corcuff.
    Je ne vois pas le rapport avec l’exemple farfelu de N.S (encore lui) interrogé par PPDA. C’est capilo-tracté, à côté de la plaque.
    On dirait que l’auteur de l’article cherche surtout à dé-légitimer Chomsky, Mermet, tout en admettant le travail critique qu’ils font.
    La phrase qui suit peut lui être retournée (lui, c’est Corcuff) : S’émanciper des stéréotypes et des préjugés, n’est-ce pas aussi s’émanciper des stéréotypes et des préjugés enracinés en nous, et que nous ne percevons pas comme tels ?
    Sans rancune

    • Numerosix
      Numerosix répond à fâché.com
      Prisonnier dans le village (...)
      • Posté à 00h06 le 09/12/2008
      • Internaute 14499
        Prisonnier dans le village (...)

      Sans rancune , sans rancune , moi , ça m’ aurait pas plu, si j’ avais écrit l’ article , qu’on en démonte les arguments comme ça en trois coups de cuillères à pot .

      Vous n’ avez pas l’air si perdu que ça , fâché .

      Cinq boules !

    • r_v
      r_v répond à fâché.com
      • Posté à 08h53 le 09/12/2008
      • Internaute 9634

      Bonjour et merci pour cette mise au point.

      C’est étonnant de voir que tout cet article est basé sur son exemple (que vous venez de démonté en quelques lignes) et qu’il ne tient pas debout (l’exemple), du coup l’article, qui aurait pu déconstruire certaines choses n’est pas crédible.

      Ce qu’il est étonnant de constater également lorsqu’on a vu le film (ce que je vous conseille a tous fortement), c’est de voir que Philippe Corcuff est lui même pris dans la spirale de la « fabrique a consentement » (comme nous tous bien sur) mais que lui a la prétention de croire que ce n’est pas le cas...

      • Unstern
        Unstern répond à r_v
        • Posté à 15h53 le 10/12/2008
        • Internaute 26295

        @ RV

        Bref, avec cet article, la vérité est encore une fois corcuffiée.

  • Alex Engwete
    Alex Engwete
    Consultant
    • Posté à 22h15 le 08/12/2008
    • Internaute 45440
      Consultant

    Il faut replacer cette contradiction apparente dans la perspective générale de la critique sociopolitique de Noam Chomsky (ou des études plus systématiques de Pierre Bourdieu et Régis Debray) pour la voir se dissiper instantanément. Dans le premier extrait de l’interview, il est bien question de « manipulation médiatique » alors que dans le second il s’agit plutôt du « système de contrôle » mobilisé par les sociétés démocratiques. On est donc dans le deuxième extrait non plus sur le plan de la communication, mais dans le champ biopolitique plus vaste de la transmission et de l’itération diachronique d’une formation sociale. Chomsky a d’ailleurs consacré certaines de ses réflexions à la machine reproductive qu’est la structure de l’enseignement formel comme architecture panoptique assurant la durabilité de ce contrôle insidieux.

    • Laurent76d
      Laurent76d répond à Alex Engwete
      Mineur
      • Posté à 23h14 le 09/12/2008
      • Internaute 21289
        Mineur

      Exactement, les deux extraits ne parlent pas de la même chose.
      Dans le premier exemple, Chomsky évoque « la question des effets des médias sur le public », alors que dans le deuxième, il explique que « Le système de contrôle des sociétés démocratiques est fort efficace ».

      Mais si Philippe Corcuff veut bien venir en discuter ici, sur le forum, ce sera avec plaisir et nous pourrons tous en débattre. Il est toujours intéressant de décortiquer ce que les intellectuels, et même ceux qui ont l’air d’être au-dessus de tout soupçon, déclarent.

      Enfin, il est grand temps, en France, que l’on s’intéresse intelligemment à Noam Chomsky reconnu pour la justesse de ces idées dans le monde entier, sauf en France.

      • zorbeck
        zorbeck répond à Laurent76d
        • Posté à 07h52 le 11/12/2008
        • Internaute 9110

        Je ne suis pas convaincu que les 2 propositions ne parlent pas de la même chose, car elles ont bien toutes les deux pour objet ce qui forme l’opinion. Ce qui reste contradictoire l’est d’avantage dans les présupposés idéologiques du lecteur. La première proposition indique que seule la population éduquée est influencée par les médias, ce qui laisse la porte ouverte à deux interprétations divergentes : soit l’opinion publique n’est que le reflet de l’opinion des élites, elle-même influencée par les media (se pose alors l’intéressante question de savoir comment la population éduquée transmet son savoir et ses valeurs), soit elle existe en elle-même indépendamment du discours médiatique, ce qui laisse supposer que les medias n’ont que peu d’influence directe et que l’opinion des masses se forme de manière indépendante, ce qui est difficile à gober pour toute belle âme qui se respecte. Il est pour moi évident que la première proposition et ses corolaires sont en contradiction avec l’interprétation marxiste classique qu’est la deuxième proposition qui elle fait référence à un système de contrôle (et on se demande bien lequel si on exclut les media) extérieur pour expliquer que le peuple puisse avoir des opinions différentes de ses élites autoproclamées.

        Bref, bravo à Corcuff pour son coup de pied aux idées reçues. Ca n’empêche pas que d’autres propos de Chomsky dans l’article du MD méritent le détour, notamment ceux par lesquels il compare l’exercice de la liberté d’expression en Europe avec les US : l’Europe anti-libérale n’en sort pas grandie, c’est le moins que l’on puisse en dire…

  • clive
    • Posté à 22h13 le 08/12/2008
    • Internaute 27908

    Trouver une contradiction (apparente ?) dans le discours de Chomsky ne me semble pas si exceptionnel, on doit pouvoir en trouver chez beaucoup d’autres penseurs (tous ?).
    Si vous n’en avez trouvé qu’une.

    Partir de celle-ci pour insinuer l’incohérence dans l’ensemble, et suggérer l’absence de recul critique et d’auto-remise en question de la « gauche radicale » (l’ultra-gauche ?)... sortir un élément et lui faire raconter une généralité...

    « interroger ses propres stéréotypes et préjugés »
    dites-vous...

  • compte supprimé à la demande du riverain 30.03.09
    • Posté à 22h48 le 08/12/2008
    • Internaute 35776
      bye bye....

    Je cite :

    « Au départ de l’entretien, Chomsky reconnaît (proposition A) :

    “Le travail sur la manipulation médiatique ou la fabrique du consentement fait par Edward Herman et moi n’aborde pas la question des effets des médias sur le public [référence à Edward Herman et Noam Chomsky, ‘Manufacturing Consent’, Pantheon, New York, 2002]. C’est un sujet compliqué, mais les quelques recherches en profondeur menées sur ce thème suggèrent que, en réalité, l’influence des médias est plus importante sur la fraction de la population la plus éduquée. La masse de l’opinion publique paraît, elle, moins tributaire du discours des médias.” (p.1)

    Mais plus avant dans la conversation, le même Chomsky dit (proposition B) :

    “C’est d’ailleurs l’une des grandes différences entre le système de propagande d’un Etat totalitaire et la manière de procéder dans des sociétés démocratiques. (…) Le système de contrôle des sociétés démocratiques est fort efficace ; il instille la ligne directrice comme l’air qu’on respire.On ne s’en aperçoit pas, et on s’imagine parfois être en présence d’un débat particulièrement vigoureux. Au fond, c’est infiniment plus performant que les systèmes totalitaires.” (p.8) “

    Il y aurait contradiction si les deux expressions ici soulignées étaient présentées comme des équivalents. Or il se trouve que ce n’est le cas ni dans le texte cité, ni dans ledit système de contrôle : le pouvoir des médias (et encore faudrait-il préciser de quoi il est précisément question ici, quand le terme ‘médias’ est employé) n’est pas, loin de là, le seul outil de contrôle des démocraties.

    • Servais-Jean
      • Posté à 23h51 le 08/12/2008
      • Internaute 4591
        43

      Merci d’avoir fait ce travail de dépiautage de cet article car pour ma part je n’en ai pas eu le courage aprés avoir reniflé la tendance pédante de l’auteur.

      Dit autrement : Je n’aime pas ceux qui essaient, par des contorsions plus ou moins habiles, de démolir un travail sincère et utile à ceux a qui il s’adresse.

      • compte supprimé à la demande du riverain 30.03.09
        • Posté à 00h52 le 09/12/2008
        • Internaute 35776
          bye bye....

        Je ne dirai pas ce que je pense de la manière de s’exprimer de M. Corcuff, c’est hors charte. Mais je dirai plus simplement que lui que, pour ce que j’ai lu de Noam Chomsky, soit plus de deux paragraphes, il me semble être quelqu’un de cohérent et d’intellectuellement honnête.

    • Chapeau, Madame Nompas !

  • Anonyme

    Permettez-moi de vous saluez, madame. Votre expression est claire, concise, c’est du nanan.

  • blabla
    • Posté à 22h32 le 08/12/2008
    • Internaute 1687

    Vraiment libre notre arbitre ?

    Pas si sûr...

    Lien

  • Compte supprimé le 4 janvier 3
    • Posté à 22h59 le 08/12/2008
    • Internaute 41144

    La manipulation médiatique par Chomsky et Mermet : deux spécialistes !

    • compte supprimé à la demande du riverain 30.03.09
      • Posté à 00h07 le 09/12/2008
      • Internaute 35776
        bye bye....

      Quand c’est bien démontré, c’est tout de suite convaincant.

    • Anonyme répond à Compte supprimé le 4 janvier 3

      Je me disais aussi : « Qu’est-ce qu’elle attend, la “réactionnaire de gauche” attitrée de la Rue, pour intervenir ? » Et avec quelle pertinence, quelle argumentation ! À supposer, bien sûr, que l’on puisse qualifier d’argumentation pertinente le fait de rabâcher jusqu’à plus soif des accusations éculées contre tous ceux qui dérangent Béatrice 1 et ses congénères dans leurs convictions confortables de petits-bourgeois « de gauche » (eh oui, Béatrice 1 est de gauche, puisqu’elle le dit elle-même). En fait, le grand reproche de Béatrice 1 à Chomsky et Mermet, c’est de ne pas présenter les États-Unis comme un paradis sur terre (c’est généralement à ce moment que Béa s’insurge et excipe de son passé de militante des droits de l’homme aux States et de son adhésion à Amnesty International). Et il serait bien étonnant que, dans le cours du débat, Béatrice 1, championne des droits de l’homme (enfin, de certains hommes), ne nous ressorte pas 1) les accusations d’antisémitisme dont Mermet a d’ailleurs été entièrement lavé et 2) une déclaration de Chomsky selon laquelle cette ordure de Faurisson avait parfaitement le droit de s’exprimer, même pour éructer les pires saloperies, au nom de la liberté d’expression, liberté que notre chère Béatrice 1 est toujours si prompte à défendre, sauf lorsqu’il s’agit de la partager avec ses ennemis politiques.

      • compte supprimé à la demande du riverain 30.03.09
        • Posté à 07h08 le 09/12/2008
        • Internaute 35776
          bye bye....

        À propos de liberté d’expression, tu viens de te prendre 14 mauvais points d’un coup.

        Certains ont les armes qu’ils peuvent. Les pauvres. Les mots leur manquent.

         
        • Mais pas du tout, pas du tout : les nazeurs sont cohérents dans leurs choix et continuent à privilégier une argumentation finement ciselée (je vais quand même mettre un smiley d’ironie [ ; -) ] : ils sont assez bêtes pour prendre cela au premier degré).

        1 autres commentaires
      • Compte supprimé le 4 janvier 3
        • Posté à 15h07 le 09/12/2008
        • Internaute 41144

        Je vous remercie pour cette analyse exhaustive de mes convictions et de ma personnalité, j’en suis quasiment flattée ! Je préfèrerais cependant, si ça ne vous rérange pas trop, être qualifiée de « championne des droits humains » - car je considére que les femmes sont des « hommes » comme les autres.

        Et à propos de droits humains, je me souviens de cette émission de Mermet qui se déroulait au Mali, dans la famille d’un des employés de l’émission : l’ancêtre avait une telle quantité de femmes (des gamines) et d’enfants qu’il ne pouvait même pas en dire le nombre. Et Mermet de s’extasier ! Et de lécher les bottes du vieux dégueulasse en question à propos de ses « femmes » : « Elles sont très jeunes ! Elles sont très belles » !

        Forcément ! Les « droits de l’homme » selon Mermet ne vont pas jusqu’à concerner les femmes, surtout pas les Maliennes...

        Les émissions de Mermet, par leur existence même, apportent un singulier démenti au personnage de « martyr » qu’il adore se fabriquer.

        Par ailleurs oui, ce grand « martyr » flirte avec passion avec l’antisémitisme, mais ce n’est pas rare dans la mouvance où il évolue.

        En ce qui cocnerne Chomsky, si j’ai la plus grande admiration pour le linguiste de génie, je n’ai que mépris pour celui qui pense qu’il ne s’est rien passé de « grave » au Cambodge... Quand il sort de son domaine de compétence - la liguistique - Chomsky dit de grosses et graves conneries, et son avis n’a absolument pas plus de valeur que celui du neveu de ma concierge.

        Pour Faurisson, j’aurais plutôt tendance à être d’accord avec lui, car je pense que tout bien considéré les lois mémorielles font probablement plus de tort que de bien. Mais de quoi je me mêle ? La loi française interdit le négationnisme pour de bonnes raisons aussi, et je trouve TRES significatif qu’il n’ait rien eu de plus pressé et urgent que de défendre la « liberté d’expression » d’une ordure comme Faurisson.

        Bref, deux types pas clairs du tout, et même carrément pervers parfois : on a les maîtres à penser qu’on peut !

         
        • Anonyme répond à Compte supprimé le 4 janvier 3

          Chère Madame,
          Sachez bien que je ne me risquerais jamais à entreprendre une « analyse exhaustive » de vos convictions et de votre personnalité : le peu que vous en avez révélé ici suffit amplement à m’en décourager. Il est des explorations qui provoquent des malaises durables.
          Utilisez donc les expressions que vous voudrez. Je me doutais bien que vos affinités plus que viscérales avec les États-Unis (oui, je sais, militante, droits civiques, Amnesty, etc., merci, j’ai déjà donné) vous exposeraient plus que d’autres au langage politiquement correct made in USA. N’empêche, si vous savez où vous avez fourré votre Petit Robert, ouvrez-le à « homme » : « Être (mâle ou femelle) appartenant à l’espèce animale la plus évoluée de la Terre ». (Oui, je sais aussi : à en juger par quelques spécimens qui polluent ce fil, et je ne dis pas cela uniquement pour vous, on peut douter du degré d’évolution, mais pour le reste...) Il n’aura pas échappé à la férue de linguistique que vous êtes que l’adjectivation efface l’image de l’être humain, précisément, de l’homme, et relègue l’expression au même rang que des droits commerciaux ou des droits intellectuels. À ce propos, je suppose qu’en bonne logique vous parlez de « droits animaux », et non « de l’animal ». Pour « enfant », qui, de la même façon que « homme », désigne un être humain mâle ou femelle, vous dites quoi : « droits enfantins » ? « Puérils » ? « Infantiles » ?
          Mermet est un journaliste qui se double par moment d’un quasi-ethnologue ou d’un quasi-anthropologue : il observe. Il observe la polygamie comme il a observé le scandale des nazis autrichiens qui ont conservé pignon sur rue (vous parlez d’un antisémite !) ou la torture en Algérie. Mais effectivement, ses reportages sur la vie dans les territoires occupés ont dû vous déranger un peu : c’est vrai que tout n’y était pas extrêmement rose. Il vous reste, puisque vous persistez dans vos insinuations d’antisémitisme à son encontre, à contester sur la place publique le jugement rendu en sa faveur, jugement qui a renvoyé, notamment, Adler et Finkielkraut à leurs chères études.
          Pour le reste... Bah ! Quand on veut noyer son chien... Plutôt que Libé (c’est vrai que j’imagine bien Joffrin dans la peau de votre maître à penser, pour ma part, j’essaie d’être autonome), lisez donc Acrimed, lisez Bricmont dans le Monde diplomatique et vous vous ferez une idée plus exacte de Chomsky, dont je parierais que, jusqu’à la lecture de cet article, vous le confondiez avec une marque de vodka.
          Je vous donne quand même raison pour une chose : lorsque l’on sort de son domaine de compétence, on peut dire de grosses conneries. J’ai l’impression que vous quittez souvent le vôtre, dites donc.

          • Compte supprimé le 4 janvier 3
            • Posté à 22h58 le 09/12/2008
            • Internaute 41144

            Contrairement à vous, monsieur l’arrogant, pour me faire un jugement sur une personne je prèfère aller directement à la source, c’est-à-dire l’écouter ou la lire directement, d’autant que j’ai la chance de pouvoir le faire dans le texte - straight from the horse’s mouth), plutôt que de me laisser aveuglément guider par quiconque, fût-ce Acrimed ou le Monde Diplomatique. C’est ce que j’appelle être « autonome ».

            Contrairement à vous, monsieur le prétentieux, je n’ai ni dieu ni gourou pour m’expliquer comment je dois penser. Donc, quand j’endends Mermet s’émerveiller devant la « jeunesse » et la « beauté » des multiples petites épouses d’un vieux dégueulasse - fût-il malien - je n’appelle ça ni de la « quasi-ethnologie » ni de la « quasi-anthropologie », j’appelle encore moins ça « observer », j’appelle ça de la pensée unique bien-pensante bien formatée, bien gerbante et une belle dégueulasserie. Et je ne parle même pas de son attachement suspect pour le voile islamique. Quand je lis sous la plume de Chomsky qu’il ne s’est rien passé de « bien grave » au Cambodge, que la plupart des Cambodgiens génocidés sont morts de faim ou de maladie, je n’appelle même plus ça une belle dégueulasserie, c’est bien trop faible : on est quasiment dans le domaine de la complicité.

            Si je n’avais pas ces « affinités plus que viscérales avec les États-Unis » - ce qui naturellement se doit de discréditer le moindre de mes propos pour les « autonomes » sur pilote automatique de la pensée unique tels que vous, j’oserais presque vous rappeler que Chomsky est Américain, donc - selon votre propre logique - suspect a priori.

            La dernière fois que je me suis laissé intimider c’était il y a très très longtemps. Bien avant l’époque des autres ayatollahs communistes, trotskystes ou maoïstes, avec leurs pseudos « intellectuels » compagnons de route qui se sont rendus eux aussi complices par pur aveuglement idéologique des pires atrocités en éructant leurs propres fatwas.

            Alors vous pensez bien, monsieur le fâcheux, que ce n’est certainement ni vous ni les vôtres qui allez me donner des leçons d’« autonomie » ! D’autant que c’est justement ce que vous me reprochez le plus, mon autonomie !

            Oui, militante des droits civiques en mon temps, des droits humains, d’Amnesty International, féministe, à moitié américaine... et allergique aux tyrans qu’ils soient bruns ou rouges. Et ce n’est pas parce que le joueur de flûte des dictateurs s’appelle Chomsky que je vais succomber à son charme, cracher sur mes principes, et le suivre en oubliant tout.

            • Anonyme répond à Compte supprimé le 4 janvier 3

              Je vous sens un peu énervée et agacée, là, Madame. À force de fréquenter une Rue de plus en plus mal famée (et cessez donc de tout prendre pour vous), on a des points de repère : ainsi, on sait que Bardamu (un camarade à vous, je crois) s’énerve quand il emploie le mot « verbigération » ; vous, c’est quand vous commencez à étaler votre maîtrise de l’anglais, mais, bon, ça n’épate pas tout le monde, vous savez... Vous avez vu ma profession ? Oui, c’est cela, à côté de mon pseudo, non, pas « amoureux des chats », voyons, l’autre... Voilààààà.
              Quant à se laisser aveuglément guider par Acrimed... Quand vous aurez enfin trouvé leur site sur l’Internet et que vous vous serez donné la peine d’en lire le contenu, vous comprendrez que les responsables d’Acrimed ne cherchent à imposer aucun dogme, aucune idéologie : ils se contentent de démonter les mécanismes par lesquels les médias bien-propres-bien-pensants endorment et trompent leur public. Je sais bien qu’on n’y dit pas que des choses agréables sur vos idoles Joffrin et Val, mais personne n’est parfait.
              Enfin un point commun : nous n’avons ni gourou ni dieu pour nous apprendre à penser. Je me demande quand même, à lire vos élucubrations, si vous n’auriez pas dû vous faire aider un tout petit peu, dans un premier temps... Mais c’est un avis purement subjectif.
              Répéter à longueur de paragraphe que Mermet est un dégueulasse et un bien-pensant (pince-sans-rire, va...) impressionne certes beaucoup mais n’a aucune valeur d’argument. Vous auriez sans doute préféré que Mermet débarque au Mali en territoire conquis et se mêle de donner des leçons de monogamie à ses hôtes, comme vous-même accepteriez sans doute que les hôtes en question débarquent en France et se mêlent de vous convertir à la polyandrie. Un peu comme vos demi-compatriotes, en somme, lorsqu’ils débarquent un peu partout dans le monde (en Iraq, en Afghanistan, au Viêtnam, à Saint-Domingue, pour ne parler que des opérations militaires) pour donner des leçons de démocratie pétrolière... De la même manière, persister à déformer les propos et la pensée de Chomsky en les coupant de tout contexte est une pratique qui en dit long sur votre honnêteté intellectuelle... Je parie qu’à la place de Bush vous aussi vous auriez vu des armes de destruction massive un peu partout.
              Les généralisations dont vous faites votre ordinaire, je vous les laisse bien volontiers : oui, Chomsky est Américain, comme Woody Allen, Salinger (celui du Catcher), un gros tas de musiciens de jazz... C’est comme dans les westerns, Madame : il y a les bons et les méchants.
              Un autre signe de votre agacement énervé, c’est quand vous parlez d’intimidation, ce qui vous permet de jouer à la forte femme courageuse qui n’a peur de rien, et pour cause : rien (ni personne) ne vous menace, pas même ce joyeux et improbable bric-à-brac de communo-trotsko-mao-et-tutto-quanto (pardon, Dante) qui n’existe que dans vos fantasmes.
              Et gardez pour vous vos insinuations sur le sexisme de vos contradicteurs : dans ces moments-là, vous ressemblez à cette autre illuminée de la Rue, convaincue que la moitié des hommes en veulent à sa vertu, et l’autre moitié, à son indépendance.
              J’aurais bien taillé le bout de gras avec vous encore un peu, mais j’ai vraiment du travail, et je m’en veux déjà d’avoir gaspillé autant d’énergie à vous répondre.

              • jissé
                jissé
                Ingé retraité
                • Posté à 00h23 le 10/12/2008
                • Internaute 23393
                  Ingé retraité

                Bonne nuit Quinine.

                Trop ’classe’.

                Content d’avoir lu ça avant d’aller dodo.

                Jissé

              • lifka
                • Posté à 10h56 le 10/12/2008
                • Internaute 37623

                Que je sache, Mermet n’est pas dérangé de débarquer ailleurs comme en terrain conquis pour donner des leçons de démocratie. Mais il choisit bien ses cibles.

                Quant aux bons et aux méchants, vous révélez là votre manichéisme. Merci ! Mais voyez-vous nous vivons dans un monde bien plus complexe que ça. Mais vous semblez avoir du mal à percevoir la complexité.

                En tout cas que des gens qui se sont constamment trompés d’amis, voyant entre autres la panacée dans les Khmers rouges ou dans le stalinisme - et qui ne s’en sont jamais excusé - veuillent continuer à me donner des leçons de morale politique me dérange, surtout quant ils continuent à affirmer que la démocratie serait pire que le totalitarisme.

                • Anonyme répond à lifka

                  « Que je sache, Mermet n’est pas dérangé de débarquer ailleurs comme en terrain conquis pour donner des leçons de démocratie. Mais il choisit bien ses cibles. »
                  À mon avis, vous devez écouter Mermet sur TF1 parce qu’à la radio je ne l’ai pas entendu « donner des leçons de démocratie » ; il laisse juge l’auditeur, à qui il fournit des éléments de réflexion que vous ne trouverez pas, c’est vrai, dans la presse bien-pensante et bien formatée (expression chère à une certaine Béatrice 1re) qui fait peut-être vos délices quotidiens. Quand il fait un reportage sur la Tchétchénie, il le fait du côté tchétchène (ce qui, vous l’avouerez, est assez rare) ; quand il enquête sur les nazis autrichiens toujours aussi fiers de l’être, il les rencontre chez eux, et quand il se penche sur la torture en Algérie, il va interroger les tortionnaires. Encore une fois, ce n’est pas, je l’avoue, une démarche courante dans les médias z’objectifs z’et impartiaux qui nous informent avec tant de pertinence.

                  « Quant aux bons et aux méchants, vous révélez là votre manichéisme. Merci ! Mais voyez-vous nous vivons dans un monde bien plus complexe que ça. Mais vous semblez avoir du mal à percevoir la complexité. »
                  Si vous vous efforciez de tout lire attentivement, vous remercieriez Béatrice, à qui s’adressait la boutade sur les chapeaux blancs et les chapeaux noirs, puisqu’elle me prévenait que Chomsky était Américain, ce qui, dans son monde monochrome, devrait le disqualifier automatiquement à mes yeux. Caramba, encore raté !
                  Je me demande si ceux qui ont « du mal à percevoir la complexité » du monde ne sont pas, bien plutôt, 1) ceux qui n’hésitent pas à faire un amalgame bien commode entre stalinisme, pol-potisme, communisme, maoïsme, trotskisme, etc. — que des idéologies de gauchisssses asssssoifffés de sssang ! —, 2) ceux qui s’imaginent savoir quels sont les amis de leurs contradicteurs, 3) ceux qui se croient en mesure de dire quelles sont les bonnes et les mauvaises amitiés et 4) ceux qui pensent pouvoir exiger des excuses. Je ne sais pas où vous vous situez (PS, droite, droite dure ?) mais, que je sache, personne ne vous demande — pas plus qu’à vos maîtres à penser — de présenter vos excuses pour l’état calamiteux dans lequel la social-démocratie molle, le capitalisme décomplexé et le fascisme haineux ont plongé notre monde.
                  Enfin, si vous ne l’avez pas encore remarqué (vous ne pouvez pas être sur tous les fronts, je sais bien), la démocratie (à supposer qu’elle existe réellement) tend à prendre, ces jours-ci, et singulièrement dans un monde occidental qui se croyait pourtant vacciné, et plus singulièrement encore en France, où je vois la police partout (et la justice nulle part) et un président de la République à la tête des médias, bref, la « démocratie » tend à prendre des couleurs de totalitarisme.

                  • Compte supprimé le 4 janvier 3
                    • Posté à 18h11 le 10/12/2008
                    • Internaute 41144

                    Ah mais non ! Vous oubliez le fameux « contexte » qui devrait vous intrerdire de critiquer Sarkozy comme il vous interdit de critiquer Chomsky quand il écrit mille fois pire !

                    Ah non ? Ca ne marche pas dans ce sens-là ? Aaaah, c’est donc ça que vous appelez être « autonome » ? C’est bénir les poutres d’extrême gauche tout en étant intraitable sur les pailles de droite ? Parce que question déploiement de forces policières, je crois bien que Sarkozy (tout Sarkozy qu’il soit - et il n’est pas plus ma tasse de thé que Bush) n’est qu’un piètre amateur par rapport à vos gourous !

                    • Anonyme répond à Compte supprimé le 4 janvier 3

                      C’est le « contexte » de Chomsky, pas le mien. Je critique en toute indépendance à droite comme à gauche, contrairement à vous, et il n’y a que les bien-pensants-bien-formatés dans votre genre (c’est une belle expression, vous avez bien fait d’investir dedans) pour devoir se raccrocher à une tendance ou une autre.
                      Avant de traiter les autres de malcomprenants (voir ci-dessous pour ceux qui prennent le reportage en marche), vous devriez quand même apprendre à lire : je viens de vous écrire que je n’en avais pas, de gourou. C’est vrai, vous n’êtes pas obligée de me croire, pas plus que je ne suis obligé de vous croire quand vous vous dites de gauche (droits civiques, Amnesty, etc., on sait, on sait) : j’ai du mal à imaginer que, pétrie de haine et de mépris comme vous l’êtes envers quiconque ne s’aligne pas sur votre vision des choses, vous puissiez militer pour quoi que ce soit qui déborde le cadre de votre confort petit-bourgeois et de vos idées reçues.

                      • Compte supprimé le 4 janvier 3
                        • Posté à 21h05 le 10/12/2008
                        • Internaute 41144

                        Mais pourquoi le « contexte » de Chomsky et pas celui de Sarkozy, monsieur banane ?

                        Bon, alors on en est à « c’est-çui-qui-dit-qui-y-est ». Non, le bien-pensant extrêmement bien formaté - par ses bibles Acrimed et le Monde Diplomatique, et ses gourous Mermet et Chomsky - c’est vous. Moi je me suis forgé des principes au long de ma longue vie, et je les applique quelles que soient les circonstances : je suis contre la peine de mort partout, en Californie comme en Iran ; contre l’oppression des femmes partout, en France comme au Mali ; contre les génocides partout, au Cambodge comme au Rwanda...

                        A oui, j’avais failli oublier : en plus de vous envoyer sans cesse lire ceci et cela, les gens à la pensée et aux convictions vascillantes vous accusent également à tous les coups d’être « pétrie de haine » ! C’est rigolo, ça.

                        « Pétrie de haine » parce que je n’aime ni les complices des vieux dégueulasses polygames et pédophiles (soient-ils maliens) ni les complices des génocideurs (soient-ils cambodgiens)...

                        Ne parlez pas d’« indépendance », vous n’avez aucune idée de ce que c’est.

                        • compte supprimé à la demande du riverain 30.03.09
                          • Posté à 21h40 le 10/12/2008
                          • Internaute 35776
                            bye bye....

                          Je suis un peu comme vous : je suis pour le bien partout et contre le mal partout.

                          Je fais en revanche partie des gens qui envoient parfois lire « ceci et cela », et quand on m’envoie lire moi-même, je le fais (si vous saviez ce que je vois parfois ! Je consulte même - rarement - de mon propre chef le site du Figaro, c’est vous dire), et j’approuve ce que je lis en tout, en partie,
                          ou pas du tout, et de toute façon pas immédiatement. Il m’arrive aussi de suspendre mon jugement.

                          Je lis ce qu’on me propose de lire parce que contrairement à une idée reçue, penser par soi-même, ce n’est pas penser à partir de rien - sauf pour les infusés de la science, mais je n’en connais pas encore.

                  • lifka
                    • Posté à 13h09 le 12/12/2008
                    • Internaute 37623

                    Seriez-vous un grand naïf ? Mermet choisit ses sujets (et leurs titres), ses interlocuteurs, la manière dont il en traite, et jusque dans ses choix des extraits des auditeurs souvent chargés d’exprimer ses propres opinions.

                    Je l’ai beaucoup écouté à un moment donné, quand il nous arrosait d’émissions sur le « mur » ou sur le « non antisémitisme », pas du tout donneuses de leçons de morale politique.

                    Et que dire quand en plein milieu de l’interview d’un rabbin de retour d’un voyage multiconfessionnel en Israël/Palestine il place ce rap hautement non antisémite :

                    « Un demi-siècle de génocide palestinien/Quel Sémite a pu espérer ça/Qui a pu rêver d’extermination massive/Sûrement pas celui qui a vécu la Shoah... Qui, avec les nazis, a passé contrat/Ce n’est pas le petit peuple, ce n’est pas toi et moi/C’est les gros sous déguisés en diaspora bourgeois/Et/Charlatan, recule tes chars et va-t-en »

                    Mais il pouvait se le permettre : il venait juste d’être « blanchi » - selon vos termes - et savait que plus personne n’allait oser l’ennuyer quels que soient ses excès.

                    Quand vous parlez de la prétendue exception Mermet, ou quand vous prétendez que la démocratie actuelle tendrait vers la dictature et que le président serait à la tête des médias (simplement parce qu’on supprime la publicité sur les chaînes publiques ?) il semble vous avoir échappé à vous - comme à Chomski - que du fait même que nous vivons en démocratie nous avons la grande chance de disposer sans la moindre censure de dizaines de quotidiens, hebdomadaires ou mensuels papier régionaux nationaux ou étranger de toute obédience politique allant de l’extrême droite à l’extrême gauche, que nous disposons aussi de centaines de chaînes de radio ou télé en toutes langues, sans compter Internet où se côtoie le pire et le meilleur et sans compter les milliers de livres sur tous les sujets édités chaque année. Et que je sache il est rare en France (comme en général en démocratie) qu’un journaliste ou un auteur soit mis en prison pour avoir diffusé une information. Au point que le vrai problème devient à travers cette profusion d’informations contradictoires où tout est égal à tout de démêler le vrai du faux.

                    A l’inverse, dans les pays totalitaires, la seule source d’information est la source officielle, et les prisons sont pleines de journalistes ou d’intellectuels. Cela peut être dur à entendre pour vous, mais nous sommes encore bien loin de la dictature. Demandez donc aux Chinois aux Cubains ou à ceux qui vivaient sous la coupe de l’URSS ce qu’ils en pensent.

                    Concernant Béatrice, qui sait se défendre sans avoir besoin de moi, vous avez une curieuse façon d’interpréter ses propos. Quand elle vous rappelle que Chomski est américain, ce n’est évidemment pas pour le disqualifier à vos yeux, mais pour vous faire remarquer que contrairement à ses affirmations que vous relayez avec tant de fougue, ces horribles pays démocratiques qui nous bourrent le crâne plus méchamment que les dictatures n’empêchent aucune opinion de s’exprimer et d’être diffusée largement - y compris les opinions qui appellent à leur destruction.

                    Pour le reste, j’ai déjà eu l’occasion de dire sur ce site que pour moi, les Staline et autres Pol Pot ou Mao ne sont pas des accidents d’une certaine idéologie qui n’aurait jamais été appliquée comme il faut. Elle porte en elle les germes de la privation de la liberté et de l’oppression des peuples qu’elle prétend libérer. Toute idéologie qui prétend faire le bonheur du peuple malgré lui est forcément oppressive.

                    J’ai aussi la faiblesse de penser qu’il vaut mieux être ami avec ceux qui prônent la liberté d’opinion et de parole et la démocratie qu’avec ceux que RSF qualifie de « prédateurs de la liberté » que ce soient des dictateurs se présentant comme de gauche ou de droite. La marge est étroite. Excusez-moi, mais je pense que ceux qui ont continué pendant des décennies à soutenir les régimes communistes malgré tout ce qu’on savait déjà sur ce qui s’y passait, ceux qui soutiennent aujourd’hui encore Castro ou autres, devraient en effet s’excuser de s’être trompé. Certains l’ont du reste courageusement fait.

                    Le capitalisme est certainement une jungle, la démocratie est imparfaite, mais je refuse et je refuserai toujours qu’on me vende comme la panacée un monde où le bien public justifierait l’absence de liberté d’opinion, de parole et d’actes.

                    Je m’attendais aussi étant donné votre agenda à ce que vous me qualifiiez de « droite » ou même de « droite dure » simplement pour penser que la démocratie, avec toutes ses imperfections, vaut mieux que la dictature, fut-elle du prolétariat.

                    • Anonyme répond à lifka

                      « Seriez-vous un grand naïf ? »
                      En tous les cas, j’avais la naïveté de penser que ce fil tournait autour de Chomski, pas de Mermet. Apparemment, ce n’est pas votre avis. Bien. Puisque vous voulez à tout prix taper sur le second, allons-y.

                      « Mermet choisit ses sujets (et leurs titres), ses interlocuteurs, la manière dont il en traite, et jusque dans ses choix des extraits des auditeurs souvent chargés d’exprimer ses propres opinions.
                      J’ai un scoop pour vous, accrochez-vous bien : il y a plein, plein de producteurs de radio et de télévision, plein, plein de journalistes et de chroniqueurs qui choisissent leurs sujets (et même des fois les titres). Par exemple, quand Bernard Guetta et Stéphane Paoli faiaient une réclame à tout casser pour le “ oui ” au Traité sur la Constitution, ils choisissaient leur sujet. C’est vrai, des fois, on les aidait dans leurs choix. Il se trouve que ceux de Mermet (les choix, je veux dire) ne vous plaisent pas. Soit. J’ai un autre scoop : sur votre transistor, il y a normalement une petite molette ou un petit bouton qui vous permet de l’éteindre d’un geste sobre et élégant ; si vous disposez d’un appareil vraiment moderne, il se peut qu’il soit doté d’une autre molette qui vous permet, grâce à un mécanisme fort astucieux, de changer de station de radio. Europe 1, RTL, voire RadioCourtoisie ne sont qu’à quelques fractions de tour de molette de France-Inter. Pensez-y, la prochaine fois. Quant au répondeur de Là-bas, il me semble que, du temps où j’écoutais, il laissait s’exprimer les adversaires de Mermet sans aucun problème. Si ça se trouve, parmi tous les commentaires haineux et rageurs que j’ai ainsi pu entendre, il y avait les vôtres. Le monde est petit.

                      “ Je l’ai beaucoup écouté à un moment donné ”
                      Allez, remettez-vous, c’est fini, lààààà… Vous savez maintenant comment faire pour ne plus l’entendre, ce saligaud.

                      “ , quand il nous arrosait d’émissions sur le ‘mur’ ou sur le ‘non antisémitisme’, pas du tout donneuses de leçons de morale politique. Et que dire quand en plein milieu de l’interview d’un rabbin de retour d’un voyage multiconfessionnel en Israël/Palestine il place ce rap hautement non antisémite : ‘Un demi-siècle de génocide palestinien/Quel Sémite a pu espérer ça/Qui a pu rêver d’extermination massive/Sûrement pas celui qui a vécu la Shoah… Qui, avec les nazis, a passé contrat/Ce n’est pas le petit peuple, ce n’est pas toi et moi/C’est les gros sous déguisés en diaspora bourgeois/Et/Charlatan, recule tes chars et va-t-en’ ”
                      Je continue à penser que Mermet ne donne pas de leçons de morale politique (j’ai même l’impression que vous ne devriez pas trop vous exposer sur ce plan-là) et qu’il laisse l’auditeur seul juge. Mais, à supposer qu’il en donne… Vos camarades du gouvernement et votre président bien-aimé (enfin, j’ai cru comprendre, hein…) en donnent tous les jours dans tous les médias et, malheureusement, couper le son ne suffit pas, ils sont partout. Évidemment, si Mermet donne des leçons de morale sur le “ mur ”, condamné, je vous le rappelle, par ce salopard d’Uri Avnery, dangereux gauchiste et traître à sa patrie, mais aussi par l’avis du 9 juillet 2004 de la Cour internationale de justice (si vous insistez vraiment et avec le sourire, je vous citerai l’extrait du texte pondu par les infâmes antisémites de la CIJ), bref, j’ai bien l’impression que ça ne doit pas trop vous plaire. Vaut peut-être mieux que je ne cite pas la CIJ, finalement… Quant au rap… Si c’est antisémite de dire que les rescapés de la Shoah n’ont certainement pas souhaité que les Palestiniens subissent le sort atroce auquel les condamne le gouvernement israélien, si c’est antisémite de dire que tout ça se résume à des histoires de gros sous… Si c’est antisémite d’évoquer les chars qui flinguent des gamins palestiniens…

                      “ Mais il pouvait se le permettre : il venait juste d’être ‘ blanchi’ - selon vos termes - et savait que plus personne n’allait oser l’ennuyer quels que soient ses excès. ”
                      Vous seriez bien gentille de me citer correctement : je n’ai pas écrit “ blanchi ”, j’ai écrit “ lavé des accusations ”, ce qui est très différent : “ blanchir ” donne à entendre qu’on s’est contenté de badigeonner une couche de cache-misère mais que la saleté reste sous-jacente (c’est d’ailleurs pour cette raison, je pense, que l’on parle de “ blanchir ” la syphilis : si j’ai bien compris, le traitement fait disparaître les symptômes et enraie le mal qui, lui, reste latent) ; “ laver ” rend bien l’idée de l’élimination de la souillure. N’importe comment, le terme exact est “ relaxer ”. Autre chose : vous vous faites une bien curieuse idée du fonctionnement de la justice : à vous lire, il semblerait qu’il suffise d’être relaxé dans une affaire d’appel à la haine raciale ou de propos antisémites pour que l’on puisse commettre un tel délit ou récidiver dès la sortie du tribunal sans être inquiété… Mais bien sûr…

                      “ Quand vous parlez de la prétendue exception Mermet, ou quand vous prétendez que la démocratie actuelle tendrait vers la dictature et que le président serait à la tête des médias (simplement parce qu’on supprime la publicité sur les chaînes publiques ?) ”
                      Ah la la ! Toujours ce petit défaut que je vous signalais l’autre soir : vous lisez trop vite, trop en diagonale, je sais pas, mais trop quelque chose, en tous les cas, parce que la suppression de la publicité sur les chaînes n’a pas de rapport direct avec la mainmise de votre bon président sur les médias : je vous rappelle qu’il vient de s’autoriser à nommer en conseil des ministres les présidents de Radio-France et de FranceTélévisions : autrement dit, on va en revenir à l’ère Peyrefitte, quand le sommaire du journal télévisé s’établissait dans le bureau du Premier ministre ou du ministre de l’Intérieur. Vous devriez prendre un abonnement au Canard enchaîné, cela vous éclairera sur l’état des médias en France. Il y a même, ces jours-ci, un numéro spécial sur Talonnettes Ier et la télé, je vous dis pas.

                      “ il semble vous avoir échappé à vous - comme à Chomski - que du fait même que nous vivons en démocratie nous avons la grande chance de disposer sans la moindre censure de dizaines de quotidiens, hebdomadaires ou mensuels papier régionaux nationaux ou étranger de toute obédience politique allant de l’extrême droite à l’extrême gauche, que nous disposons aussi de centaines de chaînes de radio ou télé en toutes langues, sans compter Internet où se côtoie le pire et le meilleur et sans compter les milliers de livres sur tous les sujets édités chaque année. Et que je sache il est rare en France (comme en général en démocratie) qu’un journaliste ou un auteur soit mis en prison pour avoir diffusé une information. Au point que le vrai problème devient à travers cette profusion d’informations contradictoires où tout est égal à tout de démêler le vrai du faux. ”
                      Ce qui semble vous échapper, c’est le sens de la mesure : “ sans la moindre censure ” ! ? Depuis l’arrivée de Sarkozy au ministère de l’Intérieur, on n’a jamais enregistré autant de menaces et de pressions exercées contre des journalistes, autant de manigances politiques dans les rédactions par le biais de patrons de presse bien en cour auprès de Talonnettes, autant de manœuvres de harcèlement contre des organes de presse sommés de révéler l’identité de leurs informateurs dans des affaires politiques. Franchement, investissez donc dans le Canard, qui a reçu il y a quelques mois la visite d’un juge d’instruction qui entendait, excusez du peu, saisir les ordinateurs de l’hebdomadaire pour retrouver les sources qui l’alimentaient. Mais je vous donne raison sur un point : on a effectivement du mal à démêler le vrai du faux. Certains plus que d’autres. À moins qu’ils aiment se laisser bercer d’illusions. Je vous jure que je ne touche aucune commission sur leurs ventes, mais… Essayez le Canard. Béatrice ou Bardamu vous diront que c’est l’organe d’un groupe de terroristo-anarcho-bolcho-antisémites, mais vous les connaissez : toujours espiègles, ces deux-là.

                      “ A l’inverse, dans les pays totalitaires, la seule source d’information est la source officielle, et les prisons sont pleines de journalistes ou d’intellectuels. Cela peut être dur à entendre pour vous, mais nous sommes encore bien loin de la dictature. Demandez donc aux Chinois aux Cubains ou à ceux qui vivaient sous la coupe de l’URSS ce qu’ils en pensent. ”
                      Ben, qu’est-ce que vous m’apprenez là sur les pays totalitaires ? ! Si je m’étais douté un seul instant… Vous avez d’autres révélations du même genre ? Je me suis laissé dire aussi que la pluie, ça mouille, et que la guerre, c’est vilain, mais j’attends confirmation de votre part. N’hésitez pas à m’assener les chocs les plus rudes, surtout, dessillez-moi les yeux. Je relève quand même deux choses dans ces quelques phrases. Si je n’étais pas persuadé d’avoir en face de moi, en votre personne, un parangon d’objectivité et de pondération, je me demanderais quel est ce manichéisme abscons en vertu duquel les gens de votre bord parviennent toujours à cataloguer leurs contradicteurs dans la catégorie “ Suppôts invétérés des régimes totalitaires ”. “ Il est de gauche ? C’est un copain à Castro, na !” C’est amusant : je me plains du manque de liberté de la presse et vous me renvoyez vers les pays où elle n’existe pas… Un peu de fatigue, peut-être ? La seconde interrogation est celle-ci : quel est cet étrange phénomène d’amnésie qui vous incite à toujours négliger, vous et vos consorts — qui êtes pourtant nantis d’une solide culture politique z’et géographique — à négliger, dis-je (assez chic, non, le “ dis-je ” ?), d’autres dictatures défuntes mais pas depuis longtemps et avec lesquelles on a beaucoup frayé (au hasard, le Chili et tout un tas de pays d’Amérique latine, l’Espagne, le Portugal, la Grèce), ou encore, des démocraties qui ont pourtant une fâcheuse tendance à adopter l’odieux comportement hégémonique que l’on reprochait — à bon droit, je vous rassure, à bon droit — à l’URSS ? Parce qu’enfin ce n’est pas trop démocratique, me semble-t-il (ou alors, je suis vraiment le naïf que vous m’accusez d’être) d’envahir l’Iraq ou l’Afghanistan, de se mêler des affaires des Vietnamiens ou des Coréens, d’intervenir à Saint-Domingue ou à La Grenade, sans parler des coups d’État fomentés en rafale un peu partout en Amérique du Sud et en Afrique par services secrets interposés. Et je ne vous parle pas des mauvaises manières de la Russie, vu que, depuis qu’il est copain avec votre président, Poutine est intouchable…
                      Mais bien sûr que nous sommes “ encore loin de la dictature ” ! (Rigolo, votre “ encore ”, et lourd de sens…) Toujours cette belle fougue qui vous pousse à grossir le trait de temps à autre, surtout dans le camp d’en face… J’ai parlé de “ couleurs de dictature ”, nuance (sans jeu de mots, ou peut-être que si, après tout). Une police omniprésente et de plus en plus ramenarde, la multiplication des bavures policières, l’explosion (plus de 50 %, je crois) des mises en garde à vue en trois ou quatre ans, les rafles de sans-papiers, les atteintes au code du travail combinées à des politiques illusoires de grands travaux, les menaces sur la liberté de la presse, la connivence déclarée entre pouvoir et milieux d’affaires, la crise financière en toile de fond… Si ça ne vous rappelle rien, vous me le dites, hein… Je suis certain qu’en Espagne, du temps de la République, ou au Chili, du temps d’Allende, ou en Grèce, après la guerre civile ou en 1967, une foule de gens disaient qu’on était “ encore bien loin de la dictature ”. Ils n’ont pas dû la voir venir…

                      “ Concernant Béatrice, qui sait se défendre sans avoir besoin de moi ”
                      J’ai failli vous dire “ dans ce cas... ”, mais je suis un garçon poli ; et puis, “ qui se sait se défendre ”, c’est vite dit : si vous entendez par là qu’elle n’a pas son pareil pour tronquer des citations ou nous faire des traductions à la mors-moi-le-dictionnaire, admettons…

                      “ vous avez une curieuse façon d’interpréter ses propos. Quand elle vous rappelle que Chomski est américain, ce n’est évidemment pas pour le disqualifier à vos yeux, mais pour vous faire remarquer que contrairement à ses affirmations que vous relayez avec tant de fougue, ces horribles pays démocratiques qui nous bourrent le crâne plus méchamment que les dictatures n’empêchent aucune opinion de s’exprimer et d’être diffusée largement - y compris les opinions qui appellent à leur destruction. ”
                      Ah ben, mince alors ! Moi qui la trouvais claire, pour une fois : “ (…) j’oserais presque vous rappeler que Chomsky est Américain, donc - selon votre propre logique - suspect a priori ”.
                      Notez, vous n’avez pas tout à fait tort : ces horribles pays démocratiques (ça vous embête si je cite les États-Unis ?) “ n’empêchent aucune opinion de s’exprimer et d’être diffusée largement ”. C’est vrai, chez eux… Mais à l’extérieur, chez les autres, j’ai un peu l’impression qu’ils se gênent moins…

                      “ Pour le reste, j’ai déjà eu l’occasion de dire sur ce site que pour moi, les Staline et autres Pol Pot ou Mao ne sont pas des accidents d’une certaine idéologie qui n’aurait jamais été appliquée comme il faut. Elle porte en elle les germes de la privation de la liberté et de l’oppression des peuples qu’elle prétend libérer. Toute idéologie qui prétend faire le bonheur du peuple malgré lui est forcément oppressive. ”
                      Voilà que vous chipotez encore : Poutine, Franco, Pinochet, les dictateurs au petit pied qui sévissent en Asie centrale et que l’Occident ménage parce qu’ils ont le cul sur une pyramide de barils de pétrole, y sentent le pâté ? On les snobe ? Ce sont les non-accidents de quelle idéologie, ceux-là ?

                      “ J’ai aussi la faiblesse de penser qu’il vaut mieux être ami avec ceux qui prônent la liberté d’opinion et de parole et la démocratie qu’avec ceux que RSF qualifie de ‘ prédateurs de la liberté ’ que ce soient des dictateurs se présentant comme de gauche ou de droite. La marge est étroite. Excusez-moi, mais je pense que ceux qui ont continué pendant des décennies à soutenir les régimes communistes malgré tout ce qu’on savait déjà sur ce qui s’y passait, ceux qui soutiennent aujourd’hui encore Castro ou autres, devraient en effet s’excuser de s’être trompé. Certains l’ont du reste courageusement fait. ”
                      C’est très bien et je n’ironise pas : vous ne vous en êtes pas rendu compte parce que vous avez la tête dans le guidon, là, mais nous sommes d’accord sur plein de trucs, la démocratie, la liberté de parole, les excuses… On attend encore celles de Washington et des capitales européennes pour leur soutien et leur complicité à l’égard des dictatures latino-américaines, grecque, turque, espagnole, etc. Ça viendra. Non ?

                      “ Le capitalisme est certainement une jungle, la démocratie est imparfaite, mais je refuse et je refuserai toujours qu’on me vende comme la panacée un monde où le bien public justifierait l’absence de liberté d’opinion, de parole et d’actes. ”
                      Vous voulez dire, comme aux États-Unis, où, par exemple, on espionne systématiquement les conversations et les correspondances électroniques entre particuliers sous couvert de lutte contre le terrorisme ? Et toujours cette amnésie sélective : dans vos options politiques, je vous avais aussi proposé le PS. Aurais-je touché un point sensible ?

                      • lifka
                        • Posté à 19h08 le 13/12/2008
                        • Internaute 37623

                        Je vois que vos invectives et classifications automatiques vous valent la bonne note de 8 petites boules rouges par vos copains.
                        Il est intéressant de voir que pour vous le PS est à mettre dans le même sac que la « droite dure ». Il est aussi intéressant de voir que vous m’accusez de mal lire mais que vous même ne comprenez manifestement pas ce que vous lisez, puisque vous n’avez pas remarqué que je disais qu’il n’y avait que peu de marge entre les dictatures se disant de droite ou de gauche et que pour moi, Pol Pot = Pinochet = Castro = Mao = Franco.... = des prédateurs de la liberté et des gens qui haïssent la démocratie.
                        Comme il est intéressant que pour vous défendre la démocratie = être copain de Sarkozy. Ca en dit long. Aussi je n’épuiserai pas mes forces à vous répondre.

                        Juste un point tout de même : je lisais le Canard enchaîné alors que vous n’étiez probablement pas encore né. Au fait, existe-t-il un journal équivalent à Cuba ou dans une de ces dictatures que vous semblez préférer à la démocratie ?
                        Et un autre point. Je sais que les USA sont le mal absolu, mais là-bas, je peux écrire dans un journal, dire dans un film ou crier dans la rue que le président est un crétin, et les américains ne s’en sont pas privés du temps de Bush. Essayez donc d’aller faire la même chose dans un de ces pays dont vous et monsieur Chomsky défendez le régime.

                        Il est tout de même grave que vous soyez obnubilé à ce point par la paille qui est dans l’oeil du gouvernement français et des démocraties en général - et que au moins des journaux comme le Canard peuvent ouvertement tourner en dérision - au point de ne pas voir la poutre qui est dans l’oeil de vos amis.

                        PS : les dictatures - de gauche ou de droite - n’ont pas besoin d’écoutes téléphoniques, elles placent des espions au sein même de chaque famille. Au point que même chez soi à table on n’ose pas parler de peur d’être dénoncé par son fils ou par sa femme. C’est un système parfaitement bien rôdé depuis des décennies, depuis les jeunesses hitlériennes, jusqu’aux jeunesses communistes en passant par les pasdaran en Iran. De bons petits espions bien formés je vous assure. Vous devriez demander par exemple à des Roumains qui étaient enfants sous Ceaucescu de vous raconter. Orwell avait bien compris le bon usage des enfants dans les pays totalitaires.

                        • thierry reboud
                          thierry reboud répond à lifka
                          • Posté à 20h25 le 13/12/2008
                          • Internaute 20923

                          Bonsoir Lifka.

                          Si vraiment vous avez lu le Canard avant la naissance de Quinine, alors il y a fort à parier que vous avez très largement passé l’âge de vous offusquer de bouboules rouges : c’est d’une puérilité tout à fait oiseuse.

                          Cela dit, si je fais bref, c’est que vous n’avez manifestement pas compris ? lu ? que Quinine a clairement et à plusieurs reprises indiqué 1) qu’il ne revendiquait aucune solidarité avec les dictatures « rouges » que vous flétrissez et 2) qu’il en dénonçait les méfaits au moins autant que vous.

                          Autant vous dire que votre manie récurrente à y revenir en nous envoyant des tartes à la crème ou au pol-pot finit par vous ridiculiser plus qu’autre chose. Et comme c’est à peu près tout ce que vous ressassez...

                          • lifka
                            lifka répond à thierry reboud
                            • Posté à 23h58 le 14/12/2008
                            • Internaute 37623

                            Je sais que vous faites une fixette sur moi - dois-je me sentir flattée ? - mais en l’occurrence je réponds aux messages qui me sont adressés, et quand je lis ce genre de prose :

                            « Mais bien sûr que nous sommes “ encore loin de la dictature ” ! (Rigolo, votre “ encore ”, et lourd de sens…) Toujours cette belle fougue qui vous pousse à grossir le trait de temps à autre, surtout dans le camp d’en face… J’ai parlé de “ couleurs de dictature ”, nuance (sans jeu de mots, ou peut-être que si, après tout). Une police omniprésente et de plus en plus ramenarde, la multiplication des bavures policières, l’explosion (plus de 50 %, je crois) des mises en garde à vue en trois ou quatre ans, les rafles de sans-papiers, les atteintes au code du travail combinées à des politiques illusoires de grands travaux, les menaces sur la liberté de la presse, la connivence déclarée entre pouvoir et milieux d’affaires, la crise financière en toile de fond… Si ça ne vous rappelle rien, vous me le dites, hein… Je suis certain qu’en Espagne, du temps de la République, ou au Chili, du temps d’Allende, ou en Grèce, après la guerre civile ou en 1967, une foule de gens disaient qu’on était “ encore bien loin de la dictature ”. Ils n’ont pas dû la voir venir… »

                            J’ai tendance à sortir mon révolver. Je pense qu’elle ne peut venir que de quelqu’un qui n’a jamais vécu sous un régime dictatorial et qui en outre connait fort mal l’histoire.

                            Quand la même personne défend becs et ongles Chomsky qui lui affirme que la démocratie est pire propagandiste que les pays totalitaires, alors j’estime être en droit de poser la question. Libre à vous de trouver cela ridicule. Mais comme vous le dites si bien, j’ai dépassé l’âge de me laisser intimider aussi bien par les « bouboules rouges » de quelques analphabètes que par vos méthodes bien rodées de déstabilisation de vos interlocuteurs qui finalement en disent bien plus long sur vous que sur moi.

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