Tribune 10/12/2008 à 12h55

Grèce : une rébellion de la jeunesse liée à l'incurie de l'Etat

Rigas Arvanitis | Sociologue

J’oscille entre la tristesse et la fierté, en regardant les images du soulèvement des jeunes grecs. Soulèvement totalement en dehors de la politique et que tous les partis ont du mal à récupérer. Cette journée du mercredi 10 décembre 2008 sera décisive : les partis d’opposition, la confédération des travailleur (GSEE) et la Centrale des employés du public (ADEDY) ont maintenu l’ordre de grève générale malgré l’appel à l’union nationale du Premier ministre.

Ce qui frappe le plus dans les manifestations de ce lundi à Athènes, c’est la participation massive des écoliers. Ce lundi, et surtout mardi, ils ont manifesté à Athènes et dans les villes de province en masse. Ils se sont réunis devant l’Assemblée nationale. Des jeunes couraient devant le bâtiment du ministère de l’Education et jetaient des ordures et des pierres au-dessus du mur d’enceinte. (Voir la vidéo)


Au moins dix succursales de banques ont été détruites, à Corfou, à Trikala, en Crète. Et même à Rhodes –incroyable-, des destructions et des émeutes ont suivi des rassemblements massifs.

Curieusement, aucun membre des forces de l’ordre, aucune voiture de pompier ne semble s’aventurer dans les rues des villes. Ces manifestations, suivies de violentes attaques de la part de jeunes décidés à en découdre, font suite à une nuit de cauchemar ou voitures et commerces ont flamblé.

Ces émeutiers en cagoule ont vite été appelés « jeunes », pire « jeunes anars » ou « anars-gauchos », alors qu’ils ne sont rien d’autre que des délinquants et n’ont probablement rien à voir ni avec les anars ni avec les jeunes manifestants.

Au-delà des saccages, je retiendrai cette image forte des gamins qui crient leur colère face au mensonge. Cette génération se réveille, pas nécessairement avec l’envie d’en découdre, mais avec une volonté de justice. A la télé, les jeunes demandant que le gouvernement arrête de mentir, que l’on punisse les assassins, qu’on arrête de nous pourrir la tête avec des mensonges. (Voir la vidéo, en anglais)


Ces manifs d’écoliers m’ont ému, surtout lorsque trois jeunes ont mimé la mort du jeune Alexis Grigoropoulos sur les marches du QG de la police nationale. Tous semblent conscients qu’il n’y a pas de changement sans dégâts, surtout face à un gouvernement autiste, plongé dans un immense scandale immobilier. Cette colère est aussi celle de l’exclusion économique d’une génération diplômée à grands frais et avec douleur (un diplôme s’acquiert après de nombreuses heures en frontistirio, écoles privées parallèles).

Comme Petros Markaris, je ne sais pas comment va évoluer la crise actuelle. Je ne peux que constater comme lui que :

« Les jeunes ont une énorme rage parce qu’ils se posent beaucoup de questions quant à leurs études, bouleversées par de multiples réformes, et leur avenir professionnel. Cette rage se traduit par des occupations régulières, chaque année, des écoles, des universités, et par les violences dans les stades. […]

“Ici, les jeunes pensent que le monde politique est gangrené par la corruption, les intrigues et les magouilles. Ils voient que toute la fange politique s’enrichit sans que cette richesse ne profite à la société. Ils sont persuadés que tous les scandales ne seront jamais punis. Leur mot d’ordre est ’tous pourris’. D’où leur violence.”

Absence de référence politique

On peut s’étonner de l’absence de revendication politique. Mais c’est aussi le produit d’un système politique qui n’a rien à offrir. Car si tout le monde s’exaspère du plus mauvais gouvernement que la Grèce ait jamais connu, on rit ouvertement de l’incapacité de “Georgakis” -le petit Georges, Georges Papandréou, le patron mis à mal du Pasok. L’opposition socialiste ne propose en effet plus rien de crédible.

Pour un grec cinquantenaire comme moi qui a grandi pendant la période de la dictature (1967-1973) et pendant la “métapolitefsi” (le changement de régime), il est aussi étonnant d’écouter des petits commerçants qui ont voté autrefois pour la droite la plus dure aujourd’hui s’extasier pour Tsipras, la voix de l’attelage de gauche Syriza, qui rassemble écolos et d’Eurocommunistes ratés.

Deux aspects structuraux expliquent aussi la crise actuelle. D’abord l’absence d’expression politique pour la jeunesse en dehors des partis, qui est redoutable en Grèce car il n’y a pas de milieu associatif vivant.

Cette absence de milieu associatif ne poserait pas de problème, si par ailleurs, les partis reprenaient ces revendications nouvelles en main : l’Europe, l’écologie, l’éducation, l’emploi et surtout le plus grave et le plus important problème de ce pays, la lutte contre le système parallèle et la para-économie.

Seule reste donc la famille. Je connais de nombreux cas de jeunes qui, après avoir fini brillamment leurs études, continuent à travailler dans le business familial. Tel ce mathématicien, fils de pâtissier, que sa mère accompagne en Crète pour finir sa thèse de doctorat en maths et qui, une fois son diplôme en poche, retourne dans la boulangerie paternelle.

Mais contrairement à ce que l’on pourrait croire, c’est une jeunesse mondialisée, entièrement européenne, peu politisée, peu religieuse, très tolérante sexuellement, consommatrice et contente de l’être, assez élégante, certainement plus jouisseuse -dans tous les sens du terme- que celle des pays plus à l’Ouest ou au Nord.

C’est une jeunesse qui est l’exact opposé de la génération précédente, des quadragénaires et quinquagénaires beaucoup plus politisés, assez conformistes dans leur comportement, consommateurs moyens, plutôt religieux et en quête désespérée de la reconnaissance dans le monde.

Ma génération parlait d’aller en Europe pour “voyager à l’étranger” ; on ne disait jamais aller en France ou en Angleterre... On disait toujours “l’Europe”, entité magique. Mais aujourd’hui ça y est : on est en Europe, on est européen on est dans l’euro.

Les jeunes se demandent maintenant : “Ok, ça y est. L’UE c’est un fait, on est dedans. Que nous apporte-t-elle ?”. Qui saura répondre à la question ?

Une gravité sans précédent

L’étincelle de la crise elle-même est spécifique, liée au quartier de Exarcheia. Sans grand rapport ni avec la mondialisation ni avec le reste de la Grèce. Un quartier que le ministère de l’Intérieur a une volonté féroce de “nettoyer”, augmentant les patrouilles de ces corps d’auxiliaires de la police. Les habitants du quartier, d’ailleurs, se plaignent plus souvent de la police que des “anarchistes”.

Plusieurs de ces casseurs, enfin, sont là pour profiter du trouble. Ils sont juste des “koukouloforoi”, terme commode pour désigner un ensemble, qui n’en est pas, de délinquants dont on n’est pas sûr qu’ils soient ni jeunes, ni authentiquement intéressés par la politique. Juste des délinquants.

La tolérance de la police vis-à-vis de ces gens est évidente. Le gouvernement tente de les assimiler aux anars pour justifier de la sorte son inaction et pour pouvoir se targuer de ne pas porter atteinte aux libertés.

Beaucoup d’étrangers se demandent si l’extrême tolérance du gouvernement n’est pas la cause de ces désordres, qui, à mon avis, n’étaient pas prévisibles, ni dans leur ampleur, ni dans le timing.

Quel sera l’avenir ? Personne ne le sait. Pour l’instant, on se contentera de dire que ces jours ont transformé une des références politiques les plus anciennes de ce pays. Les Dékemvriana “évenements de Décembre”, terme qui autrefois qualifiait le début de la guerre civile (1945-1949) signifiera aujourd’hui la rébellion étudiante.

A voir : Les vidéos de Dailymotion sur la crise grecque :


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  • Fa414
    Fa414
    DNP
    • Posté à 13h26 le 10/12/2008
    • Internaute 53999
      DNP

    C’est quoi l’adresse de ton blog ? Merci !

    • Charp
      Charp répond à Fa414
      Employé
      • Posté à 13h30 le 10/12/2008
      • Internaute 60940
        Employé

      Lien

      Mais c’était déjà sur mon profil.
      Pas énormément de neuf, j’ai prévenu, hein ! Surtout de l’analyse.
      Commentaires, même hypercritiques bienvenus ! : -)

  • rigas
    rigas
    sociologue
    • Posté à 16h32 le 10/12/2008
    • Internaute 1087
      sociologue

    @ Charp
    Il n’y a eu aucune violence pendant la manif/sit-in des syndicats cette après midi du Mercredi.

    • Charp
      Charp répond à rigas
      Employé
      • Posté à 16h56 le 10/12/2008
      • Internaute 60940
        Employé

      Cela m’étonne. La première dépêche Reuters sur laquelle je tombe dit le contraire :
      « A l’appel de deux des principaux syndicats du pays, des milliers de personnes s’étaient rassemblées pour manifester devant le parlement. Le défilé, à l’origine prévu pour protester contre la politique économique et sociale du Premier ministre Costas Caramanlis, a vite dégénéré en affrontements violents. »

      Lien

       
      • BobLaMouche
        BobLaMouche répond à Charp
        subversion+construction= (...)
        • Posté à 12h42 le 11/12/2008
        • Internaute 29754
          subversion+construction= (...)

        De toutes façons, quel crédit apporter à ce genre d’information ?

      1 autres commentaires
  • Micka FRENCH
    Micka FRENCH
    Ecossaise, un corps de rêve (...)
    • Posté à 07h33 le 11/12/2008
    • Internaute 4614
      Ecossaise, un corps de rêve (...)

    Des nouvelles de l’Ecossaise...

    Ainsi donc, l’inventeur de la Démocratie se réveille un beau matin et prend de court « l’Europe si tellement beaucoup énormément unie et démocratique »... Un must.

    Une manifestation d’écoliers en France ?

    Et puis quoi encore ? Sous le règne de l’infaillible clairvoyant Vulcain Monsieur Sark du vaisseau spécial « Tout pour l’entreprise » ? Il te mettrait tous ces délinquants organisés en réseaux terroristes de la gauche extrême au trou vite fait. Ainsi que leurs pères, leurs mères, leurs frères et leurs soeurs.

    (Oh Oh, Ce serait le bonheur. Tous avec moi Oh Oh Oh Oh).

    Pourquoi pas un grève générale en plus ?
    « Comme dirait mon voisin : “Je ferais bien grève, mais avec toutes les dettes que j’ai à rembourser”...

    (Je parle des vraies grèves, comme en faisait mon père dans les années 50/60 qui pouvaient durer de deux semaines à trois mois et pendant lesquelles on devait sortir les camions militaires pour transporter tant les travailleurs que les mémères emperlousées)...

    La France a encore de beaux jours (de désinformation, de spéculation et d’arnaques) devant elle...

    Avec les compliments de Micka FRENCH
    Lien

  • Jaime Horta
    Jaime Horta
    Libre penseur
    • Posté à 13h30 le 11/12/2008
    • Internaute 61750
      Libre penseur

    La Grèce c’est comme le reste de tout les états européens, démocratiquement on n’a que le choix entre le capitalisme bourgeois que la gauche appelle ultra ou néo-libéraux, car après la chute du mur le terme capitaliste ça fait ringard, ou bien le fascime rouge.

    Entre le fascime rouge et le capitalisme bourgeois, il se passera comme d’habitude, la grande majorité des gens opterons pour le capitalisme bourgeois.

    Bref, l’extrême gauche sont les idiots utiles du capitalisme, comme d’habitude !

  • MAKNO-
    • Posté à 12h00 le 12/12/2008
    • Internaute 26186

    Solidarité internationale

    Rassemblement a 17h30 devant l’ambassade de Grece a Paris
    ce vendredi 14 décembre.

    Interpeller les autorités Grecs(ambassade,consulats etc..°

    Lien

  • Honorgate
    Honorgate
    Medieval Cyborg
    • Posté à 13h12 le 10/12/2008
    • Internaute 33777
      Medieval Cyborg

    Analyse très intéressante ! Merci ! : -)

    • spartacus1
      spartacus1 répond à Honorgate
      • Posté à 17h22 le 10/12/2008
      • Internaute 26095

      Tout à fait d’accord, analyse très intéressante. J’ai beaucoup apprécié ce passage :
      « On peut s’étonner de l’absence de revendication politique. Mais c’est aussi le produit d’un système politique qui n’a rien à offrir. Car si tout le monde s’exaspère du plus mauvais gouvernement que la Grèce ait jamais connu, on rit ouvertement de l’incapacité de “Georgakis” -le petit Georges, Georges Papandréou, le patron mis à mal du Pasok. L’opposition socialiste ne propose en effet plus rien de crédible. »

      Je crois que l’on peut faire une analogie avec la situation en France. D’autant plus que la presse française cache soigneusement ce qui se passe à Brest (Voir : Lien ).

      • BobLaMouche
        BobLaMouche répond à spartacus1
        subversion+construction= (...)
        • Posté à 12h49 le 11/12/2008
        • Internaute 29754
          subversion+construction= (...)

        Qu’il n’y ait pas d’organisme, mandaté ou non, portant des revendications « officielles » ne veut pas dire que des manifestants n’ont pas d’idées ou de projets politiques motivant leurs actes. N’oublions pas que les médias, c’est le tri sélectif. On ne parle que de ce dont on veut bien parler.

  • talco
    talco
    étudiant
    • Posté à 13h42 le 10/12/2008
    • Internaute 59094
      étudiant

    cet article est un simple témoignage et ne nous apprend pas grand chose de plus sur les évènements en Grèce, à part que ce n’est pas une révolte populaire, que ce sont juste des « emeutes » de « casseurs »... on se croirait au JT de TF1 ou France 2 !
    ce qu’il se passe en Grèce actuellement ne prouve t il pas que lorsque l’Etat est en déliquescence, le peuple est en droit de se révolter ? anars ou non, face à la misère et l’injustice d’hommes politiques censés gouverner pour ceux le peuple, se révolter devient un devoir. (c’est ce que disait la constitution de la 1ere république en 1793 : L’insurrection devient un droit et un devoir (c’est-à-dire qu’elle est éventuellement de fait un droit) quand le gouvernement viole les droits du peuple)

    • tangi
      tangi répond à talco
      perplexe
      • Posté à 14h15 le 10/12/2008
      • Internaute 49400
        perplexe

      « cet article est un simple témoignage et ne nous apprend pas grand chose de plus sur les évènements en Grèce, à part que ce n’est pas une révolte populaire, que ce sont juste des “ emeutes ” de “ casseurs ”… “

      On a pas lu le même article.

      • talco
        talco répond à tangi
        étudiant
        • Posté à 16h45 le 10/12/2008
        • Internaute 59094
          étudiant

        c’est en tout cas mon impression, l’auteur se présentant en tant que sociologue on est en droit d’attendre autre chose que ce simple article qui relate ce qu’il a vu et qui retire toute connotation politique à ce que la masse média appelle des « émeutes » :
        « Ces émeutiers en cagoule ont vite été appelés “jeunes”, pire “jeunes anars” ou “anars-gauchos”, alors qu’ils ne sont rien d’autre que des délinquants et n’ont probablement rien à voir ni avec les anars ni avec les jeunes manifestants.

        Au-delà des saccages, je retiendrai cette image forte des gamins qui crient leur colère face au mensonge ».

        « on a pas lu le meme article », on a pas vu le meme match, ouais bon, ce genre d’argument...

         
        • rigas
          rigas répond à talco
          sociologue
          • Posté à 17h13 le 10/12/2008
          • Internaute 1087
            sociologue

          En m’excusant auprès de talco et des lecteurs, je ne suis pas un sociologue spécialiste de la Grèce. Je suis grec. Et français. Je ne parle pas en tant que spécialiste mais comme un citoyen.

          Je crois que vous n’avez pas lu dans l’article que ce qui vous arrange, sinon vous ne diriez pas que j’ai « retiré toute connotation politique à ce les mass médias appellent des ’émeutes’ “.

          C’est une génération qui refuse le jeu politique traditionnel qui a opposé en Grèce la Nouvelle Démocratie, à droite, le PASOK et le Parti Communiste à gauche. Le billiard à trois bandes est mort. Et la Grèce ne veut pas non plus d’un système bi-partite puisuq’il ne l’a pas approuvé ni dans les élections ni au moment où cela était une option factible. La Grèce est un pays étrange, qui est moderne avec des structures traditionnelles, appartient à l’occident mais fait aussi partie de l’orient, fait travailler ses ouvriers et ses travailleurs de manière intensive –plus même qu’en Europe occidentale de l’ouest– mais prône la jouissance, intègre les étrangers mais refuse de l’avouer... Un tel pays, est un pays qui ne se dit pas rempli de certitudes, et c’est d’ailleurs cette distance à soi qui plaît tellement aux nombreux étrangers qui ont choisi d’y vivre. Et je ne parle pas que des lettrés. Lisez justement Lien que Lien sur les émeutes (le blog étranger sur la Grèce le plus lu).

          • talco
            talco répond à rigas
            étudiant
            • Posté à 17h53 le 10/12/2008
            • Internaute 59094
              étudiant

            votre article est donc bien un témoignage, et je le prend comme tel. ma lecture en est donc subjective et mes coms ne sont que du ressenti. il est possible que j’ai quelque peu caricaturé votre propos, mais mon avis général ne change pas...

            • Network 23
              Network 23 répond à talco
              identité perdue dans mes papiers (...)
              • Posté à 13h09 le 11/12/2008
              • Internaute 23367
                identité perdue dans mes papiers (...)

              Je suis assez d’accord avec Talco. On peut refuser la violence dans les manifs, par principe moral ou par stratégie politique (c’est personnellement l’option que je choisis), de là à nier le caractère d’acte politique de celle-ci en prétextant qu’il ne s’agit que de « délinquants ».

              Vous êtes grec vivant en France : vous savez donc qu’il n’y a pas si longtemps, un certain gouvernement dirigé par un ministre de l’Intérieur aujourd’hui grand vizir a eu à « gérer » (ou, comme vous le croyez possible pour la Grèce aujourd’hui, à « ne pas gérer ») des émeutes « en banlieue ».

              Nombre de commentateurs ont alors dit, tout comme vous aujourd’hui, que ces « émeutiers » étaient de simples « délinquants », niant à leur geste tout sens politique.

              Alors qu’il est évident que lorsqu’on s’enflamme comme cela, il y a un certain malaise social à l’origine, qui explose avec un événement « mineur » (la mort d’un, ou deux jeunes - affaire somme toute quotidienne). Comment refuser de parler d’acte politique ?

              Plus que le désarroi de la jeunesse, il semble que vous exprimiez le désarroi des commentateurs (journalistes, sociologues, etc.), qui ne parviennent pas à comprendre ce qu’il y a de politique dans des manifestations populaires qui refusent de crier des mots d’ordre politique, où les syndicats, les partis, et même les associations ne sont plus écoutés - ce qui mène au désarroi conjoint de tous les acteurs sociaux et politiques mobilisés sur le terrain, qui attendent en vain une mobilisation politisée et consciente de l’être.

              Qualifier juridiquement et politiquement les auteurs d’acte violents de « délinquants », c’est une excuse pour ne pas répondre au problème politique qu’ils posent, voire qu’ils renvoient à la gueule du pouvoir. Ce que vous semblez espérer, en bref, avec tous ces commentateurs, c’est une « conscience de classe » de la part de ces émeutiers.

              Il va nous falloir penser l’acte politique sans « conscience de classe », celui qui prend le relais, des émeutes d’octobre 2005 au que se vayan todos ! de la crise argentine à la Grèce aujourd’hui. Le penser, et non pas le délégitimer. Le penser, pour en comprendre la spécificité, et peut-être ouvrir la voie vers une véritable politisation du mouvement.

              Puisqu’un autre bloggeur parlait de l’Iran et de Foucault, je vous renvoie à l’article d’Olivier Roy sur le soulèvement chez Foucault :

              La révolte met à nu le pouvoir comme pouvoir. C’est pourquoi elle est « grève de la politique ». Le problème de Foucault n’est pas telle idéologie ou tel système politique, mais le pouvoir en lui-même. « Dans l’expression “ gouvernement islamique ”, pourquoi jeter d’emblée la suspicion sur l’adjectif “ islamique ” ? Le mot “ gouvernement ” suffit, à lui seul, à éveiller la vigilance » (p. 781).

              Lien

        • tangi
          tangi répond à talco
          perplexe
          • Posté à 20h46 le 10/12/2008
          • Internaute 49400
            perplexe

          Je vois pas comment on peut dire que c’est du TF1 dans le texte.

          Je ne vois pas on comment on peut lire qu’il ne s’agit « que d’émeutes de casseurs ».

          Et au niveau analyse, si tu n’as rien appris dans cet article c’est que ta connaissance de ce pays est impressionnante.

          • talco
            talco répond à tangi
            étudiant
            • Posté à 01h46 le 11/12/2008
            • Internaute 59094
              étudiant

            « On peut s’étonner de l’absence de revendication politique. Mais c’est aussi le produit d’un système politique qui n’a rien à offrir. Car si tout le monde s’exaspère du plus mauvais gouvernement que la Grèce ait jamais connu, on rit ouvertement de l’incapacité de “ Georgakis ” -le petit Georges, Georges Papandréou, le patron mis à mal du Pasok. L’opposition socialiste ne propose en effet plus rien de crédible. »
            je te prend rien que cet exemple. les coms de la Rue des précédents articles démontrent le contraire, ainsi que des sites tels indymédia ou autres. enfin quoi, des banques, des mac do, autant de symboles pris pour cible montrent le caractère politique du soulèvement populaire !
            le mouvement contestataire est très vif en grece et le quartier d’Athènes anar est en ébullition permanente. ce n’est pas que j’en sais bcp sur ce pays, c’est juste que les coms des précédents articles de Rue89, qui invite à visiter des liens sur les évènements, peuvent bcp nous apporter. ici nous n’avons qu’un témoignage, comme l’avoue l’auteur lui meme, et non d’une analyse de fond... j’ai été loin en comparant cet article à TF1, mais c’est de la provoque, rien de bien méchant !
            bref, on va pas continuer à polimiquer la dessus, ça n’apporte rien au débat...

        5 autres commentaires
      • pablico
        pablico répond à tangi
        À la porte d'un sourd, 
un jour (...)
        • Posté à 12h52 le 11/12/2008
        • Internaute 14278
          À la porte d'un sourd, 
un jour (...)

        en 68 aussi ce n’était qu’une émeute de casseurs...

        mais au fait pourquoi il y a émeute ?
        Pour montrer sa joie de vivre, ou son désespoir.

        Pourquoi il y a casseur ?
        Ils ne sortent pas d’une école de casseurs. IL y a une sorte de spontanéité, même si c’est réprouvable.

        après il y a l’effet de foule...et là cela dérape à tous les coups.

        si les dirigeants européens, s’étaient montrés très très solidaires entre-eux devant la crise, cela aurait été autre chose. (pas la solidarité de façade devant les télés)

        devant une crise mondiale, il va y avoir chômage considérable, dépression et après grosse inflation.

        ... chacun joue dans son coin et ne s’entend pas avec son voisin... suicide assuré.. et troubles sociaux-politiques

        la grèce qui avait en ce moment un pouvoir politique faible saute la première.
        qui va suivre ?

    • BobLaMouche
      BobLaMouche répond à talco
      subversion+construction= (...)
      • Posté à 13h05 le 11/12/2008
      • Internaute 29754
        subversion+construction= (...)

      Au fait c’est quoi le problème avec les anar ? C’est amusant de voir à quel point les journalistes TV ou radio baissent systématiquement la voix quand il s’agit de prononcer le mot « anarchiste », comme si l’opprobre allait s’abattre sur eux...

  • sanxuan
    sanxuan
    préretraité
    • Posté à 13h57 le 10/12/2008
    • Internaute 61964
      préretraité

    les problèmes de ces jeunes sont ceux de toute la jeunesse occidentale ; pas la peine de faire des analyses politiques, sociologiques, psychologiques : c’est tout simplement « logique » : ils n’ont plus d’avenir, ils n’ont plus de repaires, ils sont en désespérance. Il vivent dans un monde ou les relations sociales, les relations entre le pouvoir des puissants, une minorité, et tous « les autres » sont basées sur le mensonge permanent, le mensonge institutionnalisé, le mensonge écoeurant, arrogant et méprisant...que va t’il advenir de leur révolte amorcée en Grèce ? ? ? ?

    • julondon
      julondon répond à sanxuan
      wannabe trouveur
      • Posté à 21h43 le 10/12/2008
      • Internaute 61828
        wannabe trouveur

      Gare aux généralisations. Les jeunes grecs ne sont pas en manque de repères comme vous dites. Le gouffre entre les générations est béant en France, mais ce n’est pas du tout le cas en Grèce. En particulier les rapports parents-enfants n’y sont pas du tout les mêmes (j’en fait l’expérience tous les jours...) et la structure familiale, comme l’écrit Rigas, y fait encore massivement du sens. Par contre les jeunes font face à une société qui ne leur donne pas de places ni de perspectives mirobolantes, en particulier dans l’entreprise. La France est dans le même cas.

    • rigas
      rigas répond à sanxuan
      sociologue
      • Posté à 16h38 le 10/12/2008
      • Internaute 1087
        sociologue

      @ sanxuan
      je ne crois pas que les jeunes « manquent de repères ». Ils manquent de perspectives intéressantes de travail. Ce n’est pas entièrement nouveau ; ce qui est nouveau c’est que ces jeunes n’ont pas les mêmes références politiques, pas les mêmes envies et les même désirs que leur aînés, je ne parle même pas de leurs parents mais de la génération précédente. ce qui est nouveau c’est que les jeunes sont autrement plus exigeant et qu’on les fait courir pour obtenir des diplômes qui ne leur servent plus à grand chose...

      • sanxuan
        sanxuan répond à rigas
        préretraité
        • Posté à 20h49 le 10/12/2008
        • Internaute 61964
          préretraité

        @rigas
        Merci pour le « repères »...
        Je suis d’accord avec vous en partie seulement. Manquer « de perspectives intéressantes de travail » pour moi, c’est aussi manquer de repères pour se construire un avenir.Et de toutes façons pour la génération des « 700 € » (Grèce) ou des « 1000€ » ( Mileuristas, Espagne) de salaire par mois, même avec un travail « intéressant » comment « construire » un avenir ? Et, malgré des salaires souvent meilleurs, ces repères, même leurs parents les ont perdus. Et dire « qu’ils n’ont pas les mêmes références politiques, pas les mêmes envies et les mêmes désirs que leurs ainés » ça me rassure car c’est porteur d’espoirs et, croyez moi, ces ainés vivent, grâce à ces événements, leur revolution par procuration. Ce n’est pas un problème inter-générationnel, c’est un problème de société : celle où nous avons vécu jusqu’içi a créé tellement d’inégalités, d’injustices que beaucoup aimeraient la voir voler en éclats. Pas ceux qui en ont tiré un pouvoir et des profits énormes, bien entendu, mais ils se méfient en suivant ces événements avec attention. Ils trouvent que ces jeunes sont dangereux,imprevisibles et trop critiques. En gros ils sont trop intelligents. Donc il faut modifier leur éducation, celle qui jusqu’içi leur apportait ce merveilleux esprit critique : sciences sociales et politiques, philo, sociologie etc..Les appauvrir intellectuellement ( financièrement c’est déjà fait) pour mieux les dominer, les formater, les diriger, les exploiter. Je trouve intéressant que ce mouvement naisse en Grèce, berceau de notre civilisation..

         
        • julondon
          julondon répond à sanxuan
          wannabe trouveur
          • Posté à 21h58 le 10/12/2008
          • Internaute 61828
            wannabe trouveur

          J’ai plusieurs amis ayant autour de la trentaine et vivant à Athènes. Ils ont des salaires qui vont de 800 à 1200 euros, ils sont diplômés (bac +4 +5), et ils peuvent recevoir des transferts d’argent en provenance de leurs parents ou du reste de leur famille dans des proportions et avec une régularité qui n’existe pas en France. Eh oui en Grèce les parents n’utilisent pas leurs sous pour eux-mêmes, c’est tout pour les enfants. Ils vivent dans un pays où le coût de la vie reste bas, même s’il a sensiblement augmenté ces dernières années. Les loyers à Athènes restent notamment très bas. Avec un salaire de semi-débutant diplômé à Paris on vit moins bien, dans un appart plus petit et plus pourri, et la vie y est moins douce. Rigas dit que la jeunesse grecque est « jouisseuse » et il a raison. Que l’on ne vienne pas me dire que c’est une révolution d’opprimés socialement. Le problème est ailleurs. On va finir par en oublier ce qui a déclenché ce truc...

          • rigas
            rigas répond à julondon
            sociologue
            • Posté à 08h44 le 11/12/2008
            • Internaute 1087
              sociologue

            Oui elle est dans l’incurie de l’état, son autisme. Je n’arrive pas à trouver d’autre explication.

          • rigas
            rigas répond à julondon
            sociologue
            • Posté à 10h21 le 12/12/2008
            • Internaute 1087
              sociologue

            Lire : Une Lienréel en Grèce et aux état Unis (toujours de Kat Christopher - décidemment)

            • julondon
              julondon répond à rigas
              wannabe trouveur
              • Posté à 12h11 le 12/12/2008
              • Internaute 61828
                wannabe trouveur

              Un commentaire ajouté sur le site de Kat est très très bon, je le copie-colle :

              Xenos wrote @ August 24th, 2008 at 15 : 56

              A distinct feature of the Greek labour market (and one that marks it out as economically backward) is a high rate of minimum pay compared with lack of possibility for real career progress. In other words, you get paid just for having a job (which means that kids are massively overpaid) and rarely get paid for the quality of work you actually do. Only those with the openly corrupted positions ceded by personal and political connections get good pay : again, this marks out Greece as being in the « Third World » category for employment practices.

              The saddest thing about all of this is that it punishes employers by giving them mostly uninspired and lazy employees ; and it also punishes employees by failing to reward achievement or effort. The beneficiaries of such a system are the lazy and highly corrupted…We cannot make any comparisons with the USA or developed world.

              Autre commentaire : sur le site du monde, témoignages de jeunes travailleurs à Athènes : Lien

              Le premier parle d’un loyer de 670 euros pour un appart partagé avec sa soeur. 670 euros c’est le loyer pour un beau 80 m2 à Athènes... Pour un appart de colocation avec soeurette, il y en a qui ne se gênent pas. Demandez aux Grecs qui viennent vivre la première fois à Paris ou Londres ce qu’ils pensent des appartements qu’ils trouvent. Pour eux tout est pourri, trop cher, trop petit, sans ascenseur (quelle horreur !).

              Dernier point. Encore une manif qui a valu des condamnations à de la prison ferme à leurs auteurs en Tunisie.
              Lien
              A ceux qui parlent d’oppression, répression, exploitation, jeunesse sans espoir etc. regardez donc dans la direction où c’est vraiment le cas : Maghreb, Moyen-Orient, Chine, Afrique noire, favelas, immigrants dans les pays européens ou aux EU, etc.

        • William Tel
          William Tel répond à sanxuan
          à Lille
          • Posté à 22h04 le 10/12/2008
          • Internaute 24846
            à Lille

          La Grèce est le berceau historique de notre civilisation, elle nous offre aujourd’hui une image de l’avenir qui se dessine pour tous les pays européens.

          Des mouvements de contestation se déroulent en Italie et au Portugal, et ils impliquent eux aussi la jeunesse, ils portent eux aussi sur le système scolaire « réformé » et sont portés par un sentiment d’injustice.

          L’information n’arrive pas à prendre une dimension européenne. La contestation non plus. Il manque une prise de conscience. Il y a pourtant là une identité européenne.

          • julondon
            julondon répond à William Tel
            wannabe trouveur
            • Posté à 10h53 le 11/12/2008
            • Internaute 61828
              wannabe trouveur

            Beaucoup de monde parle de la Grèce berceau de la civilisation ou berceau de la démocratie... et certains tendent à voir dans les événements actuels l’évolution non pas seulement de la Grèce mais de la civilisation et de la démocratie... mais ça ne tient pas.

            Entre l’invention de la démocratie, des mathématiques, etc etc par les Grecs anciens (au pinacle autour de -450) et la Grèce d’aujourd’hui, il y a 2500 ans, dont, dans les 1700 dernières années, 1100 ans d’Empire byzantin et 400 ans d’Empire Ottoman. Ce qui signifie que tout un tas de changements qui ont marqués le reste de l’Europe n’ont pas touché la Grèce : la Renaissance, la Réforme, les Lumières, la Révolution française, les deux révolutions industrielles. Par de multiples traits (et pas seulement la gastronomie ou la musique), la Grèce est plus proche de l’orient (Turquie, Liban...) que de l’occident.

            Après l’indépendance en 1822 la Grèce a sombré dans la guerre civile. Elle a connu un court moment monarchiste, puis un court moment fasciste avec Metaxas pendant les années 30-40 (avec le salut nazi et tout et tout), et un autre avec la dictature des colonels (67-73). Le « père de la république grecque », Vénizélos (qui a sa statue et son nom partout) est venu une première fois au pouvoir grâce à un coup d’Etat militaire, et il a tenté d’y revenir à la fin de sa vie à nouveau par un coup d’Etat (cherchez la cohérence... mais bon De Gaulle est bien arrivé au pouvoir en 58 autrement que par les urnes, n’est-il pas ?)

            La Grèce s’est raccrochée au reste de l’Europe et a calqué ses institutions sur celle-ci en très peu de temps, ce qui en fait aujourd’hui une démocratie « jeune ». Elle est particulièrement populiste, clientéliste, corrompue. L’Eglise est partout dans la vie politique (mais ça change apparemment, en bien, avec le nveau chef de l’Eglise grecque, qui a remplacé Christodoulos, qu’on ne regrettera pas). Elle a encore un parti communiste marxiste léniniste qui n’a pas apparemment entendu parler de la chûte du mur de Berlin...

            En bref c’est très très différent des autres pays européens. Pas de généralisations... ceci ne se passe pas en Allemagne, en Grande-Bretagne, ou en Italie, qui sont de bcp + proches de la France et les uns des autres...

            • William Tel
              William Tel répond à julondon
              à Lille
              • Posté à 22h19 le 12/12/2008
              • Internaute 24846
                à Lille

              « Elle est particulièrement populiste, clientéliste, corrompue » de combien d’autres démocraties européennes peut-on en dire autant ?

        7 autres commentaires
  • adaunis
    • Posté à 14h18 le 10/12/2008
    • Internaute 4255

    Je commencerais par un merci pour cette analyse même si certains points me paraissent critiques, sous toutes réserves :
    « Ces émeutiers en cagoule ont vite été appelés “jeunes”, pire “jeunes anars” ou “anars-gauchos”, alors qu’ils ne sont rien d’autre que des délinquants et n’ont probablement rien à voir ni avec les anars ni avec les jeunes manifestants. »
    Les éléments que j’ai ; ( relations par skype avec des amis) me paraissent moins pertinents que les vôtres !
    Car ces relations représentent autant de diversités sociales, ce qui en fait justement l’intérêt, mais la difficulté à se faire un avis.

    (Entre Kifissia, kolonaki, et exarchia), autrement dit pour les profanes (grosso modo), le XVI éme, le IX éme et le XVIII éme) Parisien.
    J’ai bien dit « grosso et modo » !

    Depuis quelques jours, j’ai entendu tellement de « conneries » sur ce qui se passe dans le Pays de mon coeur et mon âme, que je m’impose le silence, que je troue à la lecture de votre article.
    Votre analyse est globalement en phase, (pour ceux qui l’on lue entièrement) avec l’aspect que je me fait de la situation, et du trouble qui vous assaille !
    Fraternellement votre !

    • rigas
      rigas répond à adaunis
      sociologue
      • Posté à 16h35 le 10/12/2008
      • Internaute 1087
        sociologue

      merci

  • les nouveaux sans culottes
    • Posté à 14h23 le 10/12/2008
    • Internaute 60682
      sans illusions

    apres la grece
    .....la france peut etre
    ça va chier ça c est sur
    car la crise sociale n en est qu a ses débuts...beaucoup seront surpris par le dechainement qui se prépare
    et cette fois çi il n y aura pas que des jeunes de cité..
    moi 60 ans je me péterai bien une vitrine de banque pour apaiser ma colere énorme.

    • Ouko
      Ouko répond à les nouveaux sans culottes
      Citoyen réinformateur .....
      • Posté à 19h52 le 10/12/2008
      • Internaute 55260
        Citoyen réinformateur .....

      @ les nouveaux sans culotte...

      vous devriez faire un tour dans le sud ouest et notamment dans la ville de Lourdes ...

      cela vous ferez du bien ........

      allez en paix...
      cqfd

    • toutife
      • Posté à 20h56 le 10/12/2008
      • Internaute 28714

      moi aussi j’irai dans la rue des que ça pétera en france avec les jeunes car j’ai aussi une énorme colère

    • les nouveaux sans culottes
      • Posté à 09h36 le 11/12/2008
      • Internaute 60682
        sans illusions

      jezifezda

  • les nouveaux sans culottes
    • Posté à 14h28 le 10/12/2008
    • Internaute 60682
      sans illusions

    si autour de la bastille en 1789 il y avait des vitrines de banques de fringues et de bijouteries tu crois gros naif qu elle seraient restées intactes..
    la colere des peuples méprisés est terrible

  • Samael
    Samael
    http://biodiversityconsulting. (...)
    • Posté à 14h50 le 10/12/2008
    • Internaute 58633
      http://biodiversityconsulting. (...)

    Il suffit d’un élément déclencheur pour que la colère se déverse dans les rues. La même chose peut arriver en France ou dans d’autre pays Européen.
    Une bavure ou une provocation...

  • les nouveaux sans culottes
    • Posté à 14h51 le 10/12/2008
    • Internaute 60682
      sans illusions

    Emeute ; Manifestation violente et spontanée résultant d’une émotion collective.

    DONC INÉVITABLE

  • Lunikoff
    • Posté à 14h53 le 10/12/2008
    • Internaute 27466

    Patiemment nous attendons .....notre heure ! ! ! !

    @ bientot dans NOS rues ! !

  • les nouveaux sans culottes
    • Posté à 14h55 le 10/12/2008
    • Internaute 60682
      sans illusions

    c est une manifestation de notre nature humaine sensible et une réaction saine face à l injustice que toute personne intelligente ne saurait condamner.

  • les nouveaux sans culottes
    • Posté à 14h57 le 10/12/2008
    • Internaute 60682
      sans illusions

    comme les enfants du mois de mai qui REVIENDRONS CET AUTOMNE apres l été des 1789

  • les nouveaux sans culottes
    • Posté à 15h01 le 10/12/2008
    • Internaute 60682
      sans illusions

    dis donc camarade Melenchon on t entends pas
    de l audace encore de l audace
    toujours de l audace

  • Orosius
    Orosius
    Chapeau Melon
    • Posté à 15h29 le 10/12/2008
    • Internaute 59095
      Chapeau Melon

    La télévision, l’argent, l’appât du gain, la peur du rejet, de la pauvreté, de l’exclusion causées par les médias, les déceptions politiques et le mensonge omniprésent empêcheront les révolutions bien plus que toute force de répression.

    Nous sommes conditionnés a faire échouer notre propre révolution. Révoltez vous contre vous même, avant de vous révolter contre le système.

    Les rues ne trembleront jamais sous les pas d’hommes qui sont esclaves des médias corrompus et des mensonges gouvernementaux, affligé par la crainte de finir comme ceux qui sont pointé du doigt : « pauvre ».

    L’insurrection ne se fait pas seul, parlez en, hurler le, faites vous comprendre, plutôt que de vous faire entendre.

    Cet article nous montre un mouvement qui est déjà voué a l’échec.
    Mais ce n’est pas une fatalité.

  • julondon
    julondon
    wannabe trouveur
    • Posté à 15h59 le 10/12/2008
    • Internaute 61828
      wannabe trouveur

    « Les jeunes se demandent maintenant : “Ok, ça y est. L’UE c’est un fait, on est dedans. Que nous apporte-t-elle ?”. Qui saura répondre à la question ? »

    - la stabilité des prix et des taux d’intérêts bas... qui a permis le boom économique et l’explosion de la consommation, et en même temps l’endettement massif des ménages

    - en crise de liquidité mondiale, la capacité pour l’Etat d’emprunter encore à des taux bas, ce qui serait impossible sans l’euro ; sans l’euro la Grèce serait dans le cas islandais ou hongrois : la faillite de l’Etat et le recours au FMI ...

    - infrastructures ; la Grèce a tellement bénéficié des fonds structurels, allez quoi ...

    • rigas
      rigas répond à julondon
      sociologue
      • Posté à 17h17 le 10/12/2008
      • Internaute 1087
        sociologue

      On ne parle pas de même chose julondon. Pour un ado de 15 ans l’intégration à l’Europe n’est pas une conquête. C’est un fait. Personne ne tente de revenir dessus. Personne ne le nierai non plus. En termes de perspectives, je pense quils se posent des questions, légitimes du reste. Vous même le dites.

      • julondon
        julondon répond à rigas
        wannabe trouveur
        • Posté à 17h50 le 10/12/2008
        • Internaute 61828
          wannabe trouveur

        D’accord on ne parle pas de la même chose. D’ailleurs je pense que les manifs actuelles n’ont aucun rapport avec la question de l’UE et de ses bénéfices/coûts pour les Grecs.

        Sur la question des perspectives :
        Il y a de meilleures perspectives d’emploi pour un diplômé de Grèce dans d’autres pays de l’UE qu’en Grèce. Je connais un paquet de Grecs partis faire leurs études dans un autre pays européen (grâce à Erasmus...) et qui ne rentrent pas en Grèce, parce que leurs diplômes sont reconnus dans d’autres pays européens et qu’on leur y offre de meilleures perspectives que dans leur pays. Les perspectives d’avenir pour les diplômés grecs, la Grèce n’en donne pas, mais l’UE en a ouvertes pour beaucoup d’entre eux...

  • ovni2
    ovni2
    parlà
    • Posté à 15h47 le 10/12/2008
    • Internaute 56436
      parlà

    un petit « copier-coller » facile à lire :

    « L’extrême-gauche grecque peut nuire à votre santé mentale

    Il y a un ras-le-bol général voyez-vous ? C’est la facture du néo-libéralisme voyez-vous ? Les gens ne veulent plus du capitalisme mondialisé voyez-vous ? Les citoyens aspirent à une démocratie participative dans les territoires, voyez-vous Martine ? Les grecs ne sont pas tous des lop**** voyez-vous, surtout dans la jeune génération ?

    Non, je ne vois pas, et même pas désolé. Ce que je vois, c’est juste de la racaille d’extrême gauche, punks à chiens, anars et compagnie, qui apportent simplement la preuve, une fois de plus, que la gauche a un problème avec la démocratie et l’état de droit.

    Où l’on constate une fois de plus que seuls les bons petits moutons de droite ont intégré l’impératif de renoncer à l’action violente comme moyen d’expression politique : moutonniers, ils le sont par définition puisque le culte du chef et de l’ordre implique par essence le respect de la règle commune. Cette renonciation qui est pourtant à la base du couple démocratie / état de droit. Que ces jeunes qui prétendent critiquer la violence d’Etat par le vol et la destruction de biens appartenant à d’autres citoyens, ne méritent pas d’indulgence ou de compréhension. Que les gentils électeurs de droite bien convenables, qui sont bien coiffés, gentiment favorables à toutes les idées à la mode tout-ça, seront une fois de plus les dindons de la farce, payeront gentiment les dégradations avec leurs deniers chèrement gagnés, se laisseront insulter par les médias sans oser changer de chaine - imaginez qu’on les aperçoive ! Que les grecs qui pensent gagner quelque chose à laisser des crétins jouer à la révolution, et les encouragent par leur passivité, seront les premiers tondus et inaugureront l’échafaud, comme beaucoup de vieux philosophes de salons décatis en 1789.

    Bref, la démocratie est vraiment un système inégal. La gauche n’a pas renoncé à la violence de terrain, et aux discours populistes qui la générent, la manipulent, la canalisent et la justifient. C’est dans son logiciel système depuis la révolution. Seule la droite à renoncé au fascisme en 1945. Si l’on entend le fascisme comme un concept actif et non historique, l’utilisation de la jeunesse bercée de discours populistes pour exercer une violence de terrain permanente afin de supprimer la liberté des individus m’en parait une bonne définition. Ce fascisme de gauche est bien vivant. Il n’est pas l’ennemi de la droite, il n’est pas l’ennemi des classes “possédantes”, il est l’ennemi de la personne libre au profit du groupe. Rien de romantique là-dedans, à moins d’être tombé sur la tête. »

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