Ven, 12/05/2008 - 12:37

Jusqu'où l'Etat americain peut-il s'endetter ?

pierrrrrrr | cadre

La question de la dette de l’Etat américain est inséparable de celle de l’avenir du dollar, pour reprendre l’expression de

Les bons du Trésor (« Treasury bonds ») servent de base de placement pour les investisseurs de long terme, notamment les fonds de pension, mais pas seulement. Mais aussi par les pays eux-mêmes qui, à travers les banques centrales, constituent des réserves de change (principalement des dollars ou des euros destinés à défendre la devise locale si elle est attaquée).

Monnaie de réserve

Il n’est pas envisageable que l’Etat américain ne trouve plus prêteur : ce qui peut arriver à une entreprise ou une collectivité locale n’est pas imaginable, dans le contexte actuel, pour un Etat et encore moins pour le plus puissant et le plus crédible d’entre eux.

En outre, tant que sa devise, le dollar, sera « monnaie de réserve », c’est-à-dire celle qu’on possède quand on ne possède pas sa propre monnaie, une partie de l’épargne mondiale viendra le financer.

Et le raisonnement se boucle : tant que chaque prêteur pensera que les autres prêteurs pensent que l’Etat américain est le plus solide des emprunteurs possibles, le dollar restera la principale monnaie de réserve et donc fera de son émetteur, l’Etat américain, celui à qui on prêtera jusqu’au bout, faisant de lui le plus solide.

Que la dette soit la moins chère possible

Les conditions du prêt dépendent des montants en jeu, mais aussi de ce que ces mêmes investisseurs perçoivent de la santé de l’économie américaine. Si ces derniers anticipent de l’inflation, ou s’ils tablent sur une dépréciation du dollar, ils vont demander un taux d’intérêt plus élevé pour prêter, et s’endetter coûtera plus cher aux Américains.

Rassurer sur la santé de l’économie pour que la dette coûte moins cher : c’est un des objectifs de tout gouvernement, car les Etats ne cherchent pas, dans l’absolu, à ne pas s’endetter, mais à ce que la dette coûte le moins cher possible (et éviter en particulier, comme le souligne

La Chine et le Japon financent les Etats-Unis

Reste la question du dollar. Une grande partie la dette américaine est possédée par les pays étrangers, en particulier l’Asie, dont presque 600 milliards dollars pour la Chine, un peu plus de 500 milliards pour le Japon qui sont aujourd’hui les deux principaux financiers de l’Etat américain.

La faiblesse économique des Etats-Unis devrait se traduire par une baisse de sa devise, les investisseurs étant moins tentés d’en financer l’économie. Cela veut dire que, pour ceux qui ont prêté aux Etats-Unis, notamment en Asie, une moindre rentabilité de leurs prêts antérieurs, ainsi que moins d’exportations (puisque compétitivité accrue des produits américains).

Tous feront le maximum pour que la dette américaine continue à garder sa valeur. Et le meilleur moyen est de continuer de prêter, ce qui dépendra avant tout de la capacité des pays à créer ou trouver de l’épargne.

Merci à Charp, mev60, Pierrrr, Stephanemot, dbussachini, Jonathan-Pedron et Jaycib pour leurs contributions.

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  • flastflood
    flastflood
    Situation
    • Posté à 13h09 le 05/12/2008
    • Internaute 56729
      Situation

    pourquoi la chine et le japon financent encore les usa ?

    ils ont le leadership mondial à portée de mains ! ! !

  • gribouillemoqueur
    • Posté à 14h27 le 05/12/2008
    • Internaute 36141

    Vous oubliez que la dette des EU envers l’extérieur doit être comparée aux actifs à l’étranger détenus par les américains dans d’autres pays.
    Il y a trois choses à noter :
    1) la dette est constituée d’emprunts (en particulier vis à vis de l’Etat Amricain) alors que les actifs prennent souvent la forme de participations dans des sociétés hors du sol américain. Or le rdt d’un emprunt d’Etat offre sur le LT un rdt plus faible qu’une action. Et je ne parle pas du pouvoir de contrôle qui va souvent de paire avec la participation dans une société étrangère. (Le montant de ce patrimoine n’a fait que s’accumuler depuis la seconde guerre mondiale, et il est en plus difficilement estimable et même sous estimé, car les petits ont fait des petits etc...les études prétendent qu’il est considérable, par ex GM et Ford vendent Saab, Opel et Volvo)
    2) Si les américains sont endettés en dollars, les actifs américains à l’extérieur des EU sont libellés en devises étrangères. Une depréciation du dollar améliore mécaniquement la situation nette des EU convertie en dollars. (Il me semble que c’est Samuleson qui le faisait remarquer)
    3) La valeur de la devise américaine, cette montagne de dollars, est assurée par les non résidents qui détiennent ces dollars car un écroulemnt du dollar signifie une baisse de la valeur de leurs actifs en dollars, donc un effondrement de leur patrimoine. Le choix est cornélien : Si vous vendez vos dollars, sa valeur ne peut que s’effondrer alors que si vous conservez vos dollars, il vous colle aux doigts, mais vous préservez au moins une certaines illusion sur sa valeur.
    En conclusion, la valeur du dollar ne dépend pas l’endettement de l’Etat américain mais de l’ensemble du patrimoine des américians dans son ensemble.

    • Nicolas Meunier
      Nicolas Meunier répond à gribouillemoqueur
      économiste
      • Posté à 16h56 le 05/12/2008
      • Internaute 57220
        économiste

      @gribouille moqueur : merci pour vos remarques. Et je vous suis, le dollar ne dépend pas seulement de l’endettement de l’Etat US. Le patrimoine dans son entier joue en effet (mais aussi les flux, les anticipations d’agents non-résidents qui peuvent vendre le dollar sans passer par les Etats-unis, etc). Et, pour le coup, tout à fait d’accord avec votre 3e point qui me semble expliquer pourquoi les Etats-Unis pourront continuer à s’endetter.

      Je tenais cependant a oser quelques remarques sur vos remarques

      1/il me semble qu’en l’occurence, quand vous parlez dette vous pensez « Etat » et quand vous parlez patrimoines vous citez « les agents américains » (Etat,ménages et entreprises), ce qui n’est pas exactement pareil. Je ne connais d’aiilleurs pas de technique permettant de valoriser valablement le patrimoine d’un Etat (sinon quelques titres de propriété à l’étranger)

      2/le rendement à LT des actions est supérieur à celui des emprunts d’Etat ? Vraiment ? : -)

      3/ Il me semble (mais c’est à vérifier) que les USA sont débiteurs nets du reste du monde, et depuis un moment déjà.

      tout cela étant dit, je reste persuadé que, hors cataclysme mondial, l’Etat US pourra s’endetter autant qu’il le voudra, et pendant longtemps. Reste à savoir à quel prix (pour les autres agents de l’économie... et pour le reste du monde).
      NM

  • Jaycib
    Jaycib
    Désagrégé de l'Université
    • Posté à 15h22 le 05/12/2008
    • Internaute 37053
      Désagrégé de l'Université

    Mais à ce train ci, un jour ou l’autre se posera la question d’un substitut au dollar comme monnaie de réserve... Le patrimoine américain n’est pas seulement épuisable, sa composition même laisse beaucoup à désirer. Les actifs industriels se déprécient naturellement (sur une durée allant jusqu’à 30 ans pour les activités les plus traditionnelles mais sur une durée de plus en plus courte s’agissant des activités de haute technologie). Quant aux ressources naturelles, en dehors du pétrole, il y a de quoi s’interroger...

    Je ne crois pas à l’impéritie des titres de dette américains. La crise environnementale en aggravation constante, et qui coûtera très cher aux USA à moyen terme, aura, à mon sens, tôt fait de le démontrer. Cela dit, il faut faire la part des choses : les Américains ont déjà démontré à maintes reprises leur capacité à révolutionner leur mode de production (on l’a bien vu lors de la dépression des années 30). Les années qui viennent vont mettre cette capacité à rude épreuve.

  • morlar
    morlar
    nouvelle nuit du 4 aout
    • Posté à 16h29 le 05/12/2008
    • Internaute 40592
      nouvelle nuit du 4 aout

    Il faut se demander qui crée l’argent est-ce l’État ou les banques privées. Depuis 1973 et depuis surtout le traité de Maastricht article 104, les états sans consultation de leurs citoyens, ont décidé d’un commun accord de ne plus créer la monnaie et de laisser ce pouvoir régalien aux banques privées ! ! !
    Ainsi, on s’étonne que la France et tous les états du monde soient endettés en milliards d’euros. c’est la conséquence de cette ignominie qui figure dans l’article 104 du traité de Maastricht : . Nos chers élus ,de droite ou de gauche, sans consulter le citoyen, ont donné ce pouvoir exorbitant à ces sociétés privées. Or, si l’État créait sa propre monnaie, il n’emprunterait certainement pas à des taux d’intérêt exorbitants. l’État ne créerait que la monnaie dont il a besoin avec un taux zéro de remboursement.
    Vous pouvez vous rendre compte que tous les discours concernant la dette publique sont faux.On nous a berné pendant des années,et les états sur tout le peuple payent cette politique inique.
    À qui payent -on tous ces intérêts exorbitants ? aux grands financiers internationaux qui dirigent en fait ou qui ont une grande influence sur tous les gouvernements du monde. le gouvernement actuel la commission européenne nous inondent, de mensonges. Ils nous disent qu’il faut réduire les dépenses publiques tout en favorisant les bénéfices de ces sociétés privées qui se payent sur la tête de l’État avec la complicité de nos gouvernants.
    Il faut donc un nouveau contrat social une nouvelle constitution afin de repartir sur les vrais bases de la démocratie et pourquoi pas choisir notre assemblée constituante selon un tirage au sort effectué parmi des citoyens volontaires et éclairés. cela permettrait à renouvellement de la classe politique, ces nouveaux constituants écriraient une nouvelle constitution tout en sachant qu’il nous pourrons pas participer au gouvernement sortant de cette nouvelle constitution. ainsi, ces constituants n’aurait pas la tentation d écrire une constitution sur mesure enfin de s’ accaparer le pouvoir.
    tous les citoyens pourraient participer directement au gouvernement et à toutes les instances de l’État avec le tirage au sort. le régime des partis politiques serait mis à bas, fini le clientélisme fini la démagogie enfin la vraie démocratie liberté égalité et de fraternité. nous en aurions fini avec les professionnels de la politique.

    • Nicolas Meunier
      Nicolas Meunier répond à morlar
      économiste
      • Posté à 17h04 le 05/12/2008
      • Internaute 57220
        économiste

      Euh.. à ma connaissance, la Banque de France n’est pas privée, pas plus que la BCE. Que ce soit des institutions hors de contrôle des parlementaires, certes. Mais ce n’est pas la même chose.

      Et puis « nos chers élus » ont consulté les citoyens sur cette indépendance de la BCE, il me semble. Et les citoyens ont dit « daccord », en 1992, malgré les critiques de certains politiques et même (oui) de certains économistes.

      Cela n’enlève d’ailleurs rien a vos propositions faites par la suite.

      • R.L.
        R.L. répond à Nicolas Meunier
        • Posté à 21h59 le 05/12/2008
        • Internaute 29911

        1- Le pouvoir des banques centrales est exorbitant. Donc anti-démocratique !
        2- Vous étiez trop jeune pour vous souvenir des promesses d’un certain Delors qui nous demandait de voter un traité « loin d’être parfait, mais on fera le social après » ? On attend toujours...
        Il faut dire que les socialistes trahissaient leurs électeurs depuis déjà près de 10 ans alors...
        Maastricht : 1ère consultation (et biaisée en plus !) des citoyens sur l’Europe « bâti » sans sa participation. Le traitement du vote de 2005 parachevra la chose...

        Quant à la première pierre, c’est l’ancien employé de Rothschild et son ministre des finances (le roi de l’emprunt indexé sur l’or... notamment) qui avait pondu la loi de 1973 interdisant à l’Etat d’emprunter à la B. de France...
        Quelques mois plus tard, la première crise pétrolière (organisée) débutait...

    • zorbeck
      zorbeck répond à morlar
      • Posté à 07h27 le 06/12/2008
      • Internaute 9110

      « l’État ne créerait que la monnaie dont il a besoin avec un taux zéro de remboursement. »

      Parce que vous croyez vraiment que des prêteurs vont se précipiter vers une monnaie qui garantit 0% d’intérêt ? Le seul cas envisageable serait celui d’une monnaie très forte, dans un pays à inflation nulle entouré d’autres pays à l’inflation galopante.

      Question démagogie, c’est un peu la paille et la poutre. Votre modèle économique, au cas où vous ne l’auriez pas remarqué, c’est l’Albanie autarcique des années 60...

  • morlar
    morlar
    nouvelle nuit du 4 aout
    • Posté à 18h02 le 05/12/2008
    • Internaute 40592
      nouvelle nuit du 4 aout

    Je n’ai jamais affirmé que la Banque de France et la BCE étaient privées mais qu’elles n’avaient plus le rôle de créateur de monnaie. Ce rôle appartient désormais aux banques privées qui créent de l’argent à partir de rien et le facturent aux états donc aux citoyens. En 1992, on nous a vendu Maastricht sans nous expliquer que désormais l’État renonçait à créer son propre argent(article 104).. On a oublié d’avertir les citoyens européens que désormais les états contracteraient des dettes auprès d’organismes privés qui factureraient au maximum leur argent créé de toute pièce. Le contribuable est condamné à payer une dette éternelle.
    L’augmentation de la dette entre 1980 et 2006 est de 913 milliards d’euros alors que nous avons payé 1142 milliards d’euros d’intérêts depuis. Alors que la dette en 1980 était de 229 milliards d’euros, si l’état avait pu créer sa monnaie la dette serait nulle aujourd’hui. Mais aujourd’hui l’argent vient des emprunts d’État via les obligations ou bons du trésor toujours créés par le système bancaire donc des entreprises privées. La banque créée le capital de rien et l’État c’est-à-dire les citoyens( non protégé par le bouclier fiscal) doivent se débrouiller pour payer les intérêts qu’ils trouveront sur la masse monétaire existante.

    • zorbeck
      zorbeck répond à morlar
      • Posté à 07h07 le 06/12/2008
      • Internaute 9110

      Vous oubliez de préciser un point important dans l’exposé de votre solution miracle.

      Si votre réponse à la crise est de faire fonctionner la planche à billets estampillée du sceau de l’Etat garanti 100% national, vous nous proposez exactement ce qui a fonctionné à fond en Allemagne, lors de la période pré-hitlérienne : le moindre lumpen d’alors disposait de millions de marks, mais il fallait une brouette de billets pour acheter un morceau de pain. Faire de chaque citoyen un millionnaire, c’est très beau comme projet, mais ça ne nourrit pas son homme...

  • gribouillemoqueur
    • Posté à 18h21 le 05/12/2008
    • Internaute 36141

    remarques sur vos remarques.
    1) Pour la première remarque : Il me semble préférable de prendre en considération l’ensemble du patrimoine des agents américains et ne pas se réduire à l’Etat pour affirmer que les EU sont en faillite. Cependant les principaux acteurs sur les marchés obligataires restent les Etats trés loin devant les acteurs privés. Donc il est facile d’assimiler dettes des EU avec la dette de l’Etat Américain
    2) Oui, (sauf depuis quelques mois, peut être !)
    3) Les EU sont débiteurs nets mais ne pas confondre les flux avec le stock, je veux dire l’ensemble du patrimoine. Et comme je le disais les actifs des américains à l’étranger sont difficilement évaluables. Autant il facile de suivre des flux sur une année, autant il est difficile de tracer des actifs qui se sont accumulés sur des dizaines d’années.
    Et on pourrait rajouter concernant l’Etat que sa richesse donc aussi sa capacité à s’endetter, est tributaire du patrimoine de ses citoyens sur lesquels il prélève ses taxes.

    • Nicolas Meunier
      Nicolas Meunier répond à gribouillemoqueur
      économiste
      • Posté à 21h32 le 05/12/2008
      • Internaute 57220
        économiste

      En effet. Et remarques sur vos remarques sur mes remarques a vos remarques : -)
      Je vous suis sur à peu pres tout (sauf peut être la question patrimoniale américaine : vous avez raison sur stock/flux, mais, et il faudrait un spécialiste sur le sujet, je crois tout de même que les Etats-Unis sont devenus débiteurs en stock ces dernières années).

      Mais je voulais surtout revenir sur le point 2 : rien n’expliquerait que actions et obligations n’aient pas le même rendement.

      Au contraire, la théorie la plus pure veut qu’il y ait possibilité d’arbitrage entre différents actifs financiers, c’est à dire que les rendements sont comparés et aribitrés, ayant donc tendance à s’égaliser (au moins ceux de liquidité équivalente).

      Pour prendre une vision moins « marchés » des choses, une économie produit, grâce à la croissance de la productivité, un peu plus chaque année. La rémunération du capital provient en gros de ce surcroit de production, plus un peu de cout de disponibilité, plus un cout du risque. La encore, actions et obligations sont juste deux manières différentes de rémunérer le capital.

      Pour revenir à votre remarque, si vous prenez actions d’entreprises et obligations d’Etat, c’est un peu différent puisque les entités qui demandent ce capital ne sont pas les mêmes. Mais, pour simplifier, l’une (les actions) est plus rémunératrice, mais elle est plus risquée : à long terme, les risques se concrétisent (en moyenne) et au total, ca ne peut s’égaliser (à mes yeux en tous cas).
      NM

  • cMoi69
    cMoi69
    Informaticien à Dardilly
    • Posté à 12h55 le 06/12/2008
    • Internaute 26313
      Informaticien à Dardilly

    Débat stérile.. Morlar a raison .. sauf pour le taux0.. évidement que cela devrait être rénuméré.. mais par l’ETAT.. et il a est tout a fait normal d’exiger que la gestion de la monnaie, des prets soit ETATISER..

    La démonstration est faite que le système est foireux mais tout ceux qui espère en profiter de ce système ne veulent pas le voir mourir ou remis en question..
    la machine est juste essouflée, faut pousser un peu et ca repart pour dix ans..

    suis pas expert en économie.. mais je la subis...ainsi que mes enfants et petits-enfants..

    • morlar
      morlar répond à cMoi69
      nouvelle nuit du 4 aout
      • Posté à 14h03 le 06/12/2008
      • Internaute 40592
        nouvelle nuit du 4 aout

      le taux 0,cela veut dire que l’état crée sa propre monnaie et se rembourse lui même,donc pas taux d’intérêt à s’appliquer à lui même.
      bref ca coute rien au contribuable contrairement à ce qui se passe depuis 1973 ! !
      merci

  • apprenti-economiste
    • Posté à 22h37 le 08/12/2008
    • Internaute 61818
      etudiant

    Bonjour à vous tous,

    J’ai suivi la conversation et je me pose une question sur les usa et la fed : l’état américain peut emprunter aupres de la fed grace à l’emission de bons du trésor, chose que les pays européens ne peuvent pas faire aupres de leur banque centrale.

    Lorsque l’état américain emprunte aupres de la fed, qu’est-ce qui détermine la valeur de l’argent alors crée ? S’agit-il de la valeur du bon du tresor que l’état émet et qui sert de contrepartie à l’argent nouveau ou alors s’agit-il du taux d’intéret ?

    Egalement, dans le meme ordre d’idée, je suppose que pour éviter une inflation galopante il y a des limites à ce procédé (sinon l’état américain n’irait pas s’endetter aupres de la Chine). Est-ce la fed qui fixe les limites ou alors l’état qui s’auto-controle ?

    Merci par avance

  • Poppi2
    Poppi2
    Retraité
    • Posté à 20h59 le 25/01/2009
    • Internaute 67167
      Retraité

    Je n’ai pas trouvé jusqu’à présent d’explication vraiment convaincante à cette crise financière et maintenant économique. Tous les spécialistes nous parlent des subprimes. On lit que 2 millions d’Américains auraient perdu leur maison faute de pouvoir la rembourser. A 300 000 Euros par maison, le montant est de 600 Milliards d’Euros. Ce n’est pas rien, mais au moins ces maisons existent, et une partie est tout de même remboursée. Par contre, personne ne nous explique que les délocalisations ont été réalisées en investissant massivement dans des pays à bas coût de main d’oeuvre, avec de l’argent gagné dans les pays occidentaux, car dans ces pays, la rentabilité des capitaux investis était beaucoup plus grande que chez nous. Ceci n’était vrai que si les produits étaient achetés par nous, ce qui a été le cas pendant un certain temps. Etant donné que cela avait l’air de fonctionner, tous les industriels se sont engouffrés dans ce système, certains constructeurs automobiles français allant jusqu’à dire à leurs sous-traitants qu’ils n’auraient plus de commandes s’ils n’accompagnaient pas ces mêmes constructeurs dans ce processus de délocalisation. J’imagine que les banquiers ont dû pousser ces industriels à cela, en ne leur prêtant de l’argent que pour investir dans ces pays à bas coût salarial. Bien sûr, le chômage augmentant, et le pouvoir d’achat moyen diminuant, le système allait se bloquer, alors, on y est allé du crédit à la consommation, avec des intérêts à 20%, diminuant encore par là-même le pouvoir d’achat. Mais maintenant, nous ne pouvons plus acheter ces produits fabriqués à l’étranger, et la rentabilité de ces capitaux investis pour installer ces moyens de production n’est plus bonne du tout, et les banques qui ont prêté ont des créances « pourries », bien plus pourries que les subprimes. Les consommateurs des pays occidentaux ne pourront plus acheter ces produits, les investissements correspondants sont momentanément perdus. Espérons que ces financiers ont enfin compris qu’il faut investir chez nous, produire chez nous, pour pouvoir consommer chez nous. Il faut sans doute aider les pays émergeants, mais à un rythme compatible avec le nécessaire progrès social chez nous. Le Président de la République a dit que l’Etat aiderait les constructeurs automobiles français, mais qu’il fallait ne plus délocaliser ! Espérons qu’il sera entendu, par l’automobile, et par tous les acteurs économiques. J’aimerais avoir votre avis sur ces explications, et si vous pensez qu’elles sont justes, faites-le savoir autour de vous, et demandez de les répandre, de manière qu’elles parviennent, espérons-le aux décideurs.

  • Jonathan-Pedron
    Jonathan-Pedron
    Etudiant
    • Posté à 17h22 le 01/12/2008
    • Internaute 58446
      Etudiant

    En effet il n’existe pas une limite donnée précise.

    Les acteurs extérieur en exigeant des taux d’intérêts, en vendant ou en achetant des bons du trésors américains définissent le coup de la dette pour l’état américain.

    Cependant, certain Etats on définit une limite de dette maximum, c’est le cas de l’Europe avec son pacte de stabilité, les états doivent s’efforcer de se limiter leur dette à 60% de leur PIB.

    De plus, il existe quand même un risque majeur pour l’état américain. Si à un moment donnée un nombre important d’acteur déciderait de vendre leur bons du trésors. Le coup de la dette s’envolerait. Or la Chine a elle seule, à accumulée des milliards de dollars de bon du trésors, pour maintenir le Yuan artificiellement bas. Elle possède aujourd’hui une mini bombe économique, et un moyen de pression important.

  • Jaycib
    Jaycib
    Désagrégé de l'Université
    • Posté à 17h22 le 01/12/2008
    • Internaute 37053
      Désagrégé de l'Université

    C’est comme les vannes du crédit pour les banques. Quand les prêteurs cesseront d’avoir confiance dans la capacité des Etats-Unis à rembourser, personne ne voudra de leurs titres de dette, quel que soit le taux d’intérêt. C’est le sens de la question que j’avais posée à Jacques Mistral à l’occasion du tchat de vendredi. Lui semblait penser que c’était là la grande interrogation de 2009.

  • dbussacchini
    dbussacchini
    Ingénieur
    • Posté à 07h47 le 02/12/2008
    • Internaute 60786
      Ingénieur

    Il n’existe pas de véritables limites à l’endettement de l’état américain, car la FED peut créer de la monnaie ex-nihilo pour acheter des bons du Trésor. Si ma mémoire est bonne, cette possibilité est conditionnée à un vote du Sénat et du Congrès.
    Ensuite il faut relativiser les nouveaux emprunts faits par l’état américain, certains remplacent des emprunts réalisés auparavant par des entités privées, d’autres financent l’achat d’actifs. Donc l’endettement global et l’endettement net augmentent moins que le laisse paraître les chiffres.
    Toutefois, il faut reconnaître qu’il y a un doute par rapport à l’attitude des partenaires économiques des USA, notamment la Chine. L’endettement précédent a été financé par un excès d’épargne de certains pays. Or il est probable que ces pays vont réduire leur épargne et cela pourrait créer des difficultés pour financer la dette.

  • Stephane MOT
    Stephane MOT
    Author & Chief AtoZ Officer
    • Posté à 23h16 le 02/12/2008
    • Internaute 17943
      Author & Chief AtoZ Officer

    In fine, c’est de l’avenir du dollar qu’il est question.

    Si financierement un pays comme la Chine n’a pas interet a voir s’effondrer la valeur de ce qu’elle a investi dans la dette US, il a clairement les moyens d’affaiblir son concurrent americain pour peu qu’il en ait la volonte politique.

  • Charp
    Charp
    Employé
    • Posté à 23h16 le 02/12/2008
    • Internaute 60940
      Employé

    Le fait que la limite de la dette de l’Etat soit non chiffrable objectivement ne signifie pas pour autant que son niveau n’influence pas l’économie : tout l’argent qui entre dans la dette est de l’argent qui ne sera pas investi dans l’économie, ou plutôt qui le sera par l’Etat
    Autrement dit, plus la dette est élevée, plus cela signifie l’intervention de l’État dans l’économie publique.

    D’autre part, elle repose avant tout sur un pari sur l’avenir : la croissance future permettra d’absorber le coût des mesures couvertes par l’endettement. L’endettement est donc fondé sur un acte de foi ou si on préfère un espoir- -car l’analyse est incapable de prévoir l’avenir- dans le retour inéluctable de la croissance, tôt ou tard.
    Or la croissance de ce système économique, depuis son origine, a reposé sur l’entrée progressive dans le marché mondial de nouvelles forces productives, entrées qui devait être de plus en plus grandes à mesure que ce marché augmentait. Le dernier afflux en date est le développement industriel chinois. Aujourd’hui, où le monde entier est désormais intégré dans le système - ou définitiviment exclu par l’appauvrissement maximal (comme en certains pays d’Afrique), cet afflux de nouvelles forces n’existe plus. Le système a épuisé l’essentiel de ses réserves. Il ne peut plus, sous sa forme actuelle, retrouver durablement la croissance (des retours épisodiques restent possibles)

  • mev60
    mev60
    chef d'entreprise
    • Posté à 23h16 le 02/12/2008
    • Internaute 60948
      chef d'entreprise

    Actuellement l’état américain a 40% bons du Trésor dans des pays étrangers, dans ce montant plus de la moitié est dans les mains de la Chine et le Japon .
    La Chine a dans les mains 480 milliards de dollars.
    Le Japon en a 825 milliards de dollars.
    Rien que ces deux pays a eux seul peuvent créé récession de l’économie mondiale, s’il cesse de soutenir le dollar Américain.

    Donc pas de limites à l’endettement de l’état Américain.

  • pierrrrrrr
    pierrrrrrr
    cadre
    • Posté à 23h17 le 02/12/2008
    • Internaute 59436
      cadre

    ne peux t on pas imaginer une réaction en chaine ou l’état américain se retrouve en cessation de paiement.
    on l’a déjà vu tres recemment pour l’etat de Californie qui a fait appel à l’etat federal. pourquoi ca ne monterait pas d’un cran ou l’etat americain ne trouverait pas d’investisseur financant sa dette ?