Mon, 12/01/2008 - 17:48

A partir de quel revenu est-on riche ?

Marie-Sophie Keller | Ex-Rue89 mais toujours fan

La richesse reste un concept très flou : contrairement à la pauvreté, elle n’a pas de définition officielle. Pour la mesurer, il faut combiner un ensemble d’indicateurs plus ou moins précis. Où vous situez-vous sur l’échelle des revenus et des patrimoines en France ? Vous avez été nombreux à participer à l’élaboration de cette réponse. Sachant que payer ou non l’impôt sur la fortune et satisfaire toutes ses envies ne suffisent pas à définir la richesse.

La richesse débute-t-elle à 880 euros par mois ?

Il existe un seuil officiel pour la pauvreté, mais pas pour la richesse. Une première méthode serait donc de définir la richesse par son contraire. En estimant que plus on s’éloigne du seuil de pauvreté, plus on est riche.

L’Insee calcule ce seuil de pauvreté en comparant les niveaux de vie des ménages. Le niveau de vie dépend lui-même du total des revenus d’un ménage (salaires, patrimoine, retraites...), mais aussi du nombre de membres du foyer et de leurs situations personnelles. Car, comme le rappelle dans sa contribution Jérémy_Courel, « un revenu de 30 000 euros annuels n’a pas le même impact si la personne vit seule ou si elle a un mari (j’inverse le cliché) et des enfants à charge sur ce seul revenu ».

Dernière précision méthodologique : l’Insee ne prend pas en compte le niveau de vie moyen, mais médian, c’est-à-dire niveau en-dessous duquel se trouve la moitié de la population. Une simple moyenne ne permettrait pas de mettre en évidence les inégalités entre les plus pauvres et les plus riches.

Le seuil de pauvreté correspond ensuite à 50% de ce niveau médian, selon les normes traditionnelles de l’Insee, ou à 60%, selon les nouvelles normes européennes.

Résultat : si votre niveau de vie est inférieur à 733 euros par mois, selon la norme française, ou 880 euros, selon la méthode européenne, vous êtes officiellement pauvre. C’est le cas de 7% ou 13% des Français, selon le système de calcul adopté.

Mais au-dessus de ce seuil, que se passe-t-il ? L’Insee découpe les niveaux de vie par déciles, des tranches de 10%. On peut donc estimer que les riches, les vrais, sont les 10% de Français se trouvant au plus haut niveau de l’échelle, avec un niveau de vie annuel supérieur à 33 190 euros.

En tout cas, comme le rappelle Jérémy Courel, certains éléments plus subtils ne doivent pas être oubliés, comme les transferts de richesses d’un foyer à l’autre :

« Exemple : un foyer A gagne 60 000 euros annuels, mais aide ses ascendants pour un montant qui avoisine les 15 000 euros annuels et a souscrit un prêt sans apport pour acheter son logement. Un foyer B gagne 45 000 euros annuels mais bénéficie de l’aide de ses ascendants pour 5 000 euros annuels, et a pu souscrire un prêt avec un apport de ces mêmes ascendants pour acheter son logement.

Le foyer B gagne moins mais, par le biais des transferts annuels, a finalement un revenu plus important que A et, pour un logement équivalent, remboursera des mensualités inférieures grâce à un transfert de ressources passé (l’apport pour le prêt). Bref, évaluer les ressources de quelqu’un sans tenir compte du contexte, familial notamment, c’est risquer de passer à côté de choses importantes. »

Riche au Burkina Faso, pauvre à Paris

Les statistiques brutes ne peuvent pas non plus rendre compte d’un autre aspect de la question : la richesse ne dépend pas seulement de l’argent dont on dispose, mais de la façon dont on l’utilise. Comme en témoigne Keldan :

« Je passe mon temps à me sentir fauché, pourtant j’ai un revenu supérieur à 70% de la population. Mais je suis dépensier, et en choses éphémères (les sorties), je ne possède aucun bien immobilier et quasiment aucun mobilier (si ce n’est un bel ordinateur et une grosse collection de livres).

Un de mes amis, lui, se sent riche, car il ne sort quasiment pas, mange pour trois fois rien. C’est un vrai écureuil qui épargne à fond, s’achète une maison, etc., ce qui fait que sa provision d’argent est conséquente. Disons que je me sens riche quand je repense à tout ce que j’ai claqué, et lui se sent riche en contemplant tout ce qu’il a accumulé. »

Dans certains pays, les statisticiens préfèrent d’ailleurs s’intéresser à un seuil de pauvreté « absolue », et non « relative », comme celui de l’Insee : on ne compare pas les niveaux de vie, mais les pouvoirs d’achat, en mesurant la capacité des ménages à acquérir un panier de biens retenus par les chercheurs.

Mais d’autres critères, géographiques par exemple, doivent aussi être pris en compte. La définition de la richesse est toute relative, comme l’illustre Camille :

« Exemple : avec 30 centimes d’euros, je peux manger un plat de riz en sauce au Burkina Fasso, je peux éventuellement trouver une demi-baguette dans certains coins de France et je peux manger un bonbon à Paris (où la demi-baguette est plutôt autour de 60 centimes !). Résultat : avec 30 centimes, je suis riche au Burkina et pauvre à Paris. »

Le« syndrome de l’île de Ré », ou les riches malgré eux

Le fisc nous fournit un autre indicateur. Si vous êtes assujetti à l’Impôt de solidarité sur la fortune (ISF), cette fois-ci, le doute n’est plus permis : vous êtes riche. Pour être soumis à l’ISF, il faut disposer d’un patrimoine supérieur à 770 000 euros. En 2007, c’était le cas de 528 000 contribuables français.

Cet indicateur fiscal réduit considérablement le nombre de riches. Et il est loin d’être parfait, comme le juge rocheclaire :

« On ne peut pas se fier à l’ISF, puisque le bouclier fiscal en a fait sortir quelques uns ! »

L’ISF aurait d’ailleurs fait apparaître une catégorie originale : les riches malgré eux. C’est ce qu’on a appelé le « syndrome de l’île de Ré » : la flambée des prix des terrains aurait fait grimper d’autant le patrimoine de petits propriétaires locaux, et les aurait donc fait passer au-dessus du seuil de l’ISF. Même si le fisc était visiblement le seul à les considérer comme riches.

Jean-Benoît résume ainsi les limites de l’indicateur fiscal :

« Certes, les impôts sont à prendre en compte dans la catégorisation d’autrui dans la case “pauvre” ou “riche”, mais ce n’est pas combien je paye qui est déterminant, c’est combien il me reste. »

« On peut toujours rêver à mieux »

Malgré les efforts de l’Insee et du fisc, la définition de la richesse est donc surtout subjective. Voici celle de Hoshiko :

« Je me suis considérée comme riche le jour où je n’ai plus eu à compter pour vivre. C’est-à-dire le jour où mon salaire m’a permis de m’acheter ce que je voulais (mais je ne suis ni dépensière ni acheteuse compulsive) sans me demander si j’ai assez et où j’ai pu mettre de l’argent de côté. Ça ne veut pas dire que je suis réellement riche, ça veut juste dire que je suis à l’abri des problèmes financiers, s’il m’arrive un pépin de santé par exemple. »

Et pour jjezfm, la richesse commence avec le sentiment de liberté :

« Je dirais qu’on est “riche” dès lors que l’on peut faire des choix. Avec 2 000 euros pour deux, je ne pars peut-être jamais en vacances, je ne vais jamais au resto, mais une fois payé le loyer, les courses, les charges, je peux m’acheter un livre par mois, un jouet et un vêtement pour mon enfant, et aller une fois au ciné. Donc, je me considère comme riche, car en partie libre.

Quand les revenus sont inférieurs aux dépenses vitales (logement, nourriture, énergie, transport, et je passe sur la santé…), alors on est pauvre. Au-delà, on peut toujours rêver à mieux, mais selon moi c’est déjà le début d’une certaine richesse. »

Merci à Jérémy_Courel, Keldan, Camille, Rocheclaire, Jean-Benoît, Hoshiko et Jjezfm pour leurs contributions

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  • ramassis
    ramassis
    (ch'tite racaille)
    • Posté à 21h04 le 01/12/2008
    • Internaute 53313
      (ch'tite racaille)

    « les riches, les vrais, sont les 10% de Français se trouvant au plus haut niveau de l’échelle, avec un niveau de vie annuel supérieur à 33 190 euros »

    N’y aurait-il pas une erreur ?
    (ou un truc que je n’ai pas compris ?)

    33 000 euros pour figurer parmi les 10% de français les plus riches : je demande confirmation ; -)

    • Jérémy_Courel
      Jérémy_Courel répond à ramassis
      Economiste / Statisticien
      • Posté à 11h54 le 02/12/2008
      • Internaute 9262
        Economiste / Statisticien

      Pas d’erreur, voir ici :

      Lien

      La phrase exacte et « précise » serait « 33 000 euros pour figurer parmi les 10% de français dont l’ensemble des salaires et des allocations chômage perçus au cours de l’année sont les plus élevés ». D’où des manques type patrimoine, type de foyer, lieu de résidence etc (ce qui est dans l’article / ou pas) pour parler de « richesse ».

      D’autre part ça montre juste que l’accélération de la différenciation des revenus se fait de manière forte après le dernier décile.

      Le rapport entre le centile le plus riche (pour aller vite) et le décile le plus riche est plus important qu’entre le décile le plus riche et le décile le moins riche.

      • Keldan
        Keldan répond à Jérémy_Courel
        Now future & karpe diem
        • Posté à 17h56 le 02/12/2008
        • Internaute 5164
          Now future & karpe diem

        Nomdidiou ! Mais je suis presque un riche !
        En fait ce n’est pas plus que 70%, mais plus que 80%, vu que je suis au 8ème décile
        (je suis fier de moi, j’ai fait les calculs à l’instinct est ça tombe presque juste :).

        Maudit article, avant je pensais être quelqu’un du peuple, et voilà que je découvre que je fais partie de la bourgeoisie.

        Ô rage, ô désespoir, ô richesse ennemie, je vais devoir brûler mes disques et mes livres de sales gauchistes, porter du Ralph Lauren et m’encarter à l’UMP.

         
        • ramassis
          ramassis répond à Keldan
          (ch'tite racaille)
          • Posté à 23h30 le 02/12/2008
          • Internaute 53313
            (ch'tite racaille)

          « je suis au 8ème décile »

          Attention qd même aux chiffres, Keldan.

          Je crois avoir lu sur le site de l’INSEE que leurs revenus sont calculés en net (après même avoir déduit impôts sur le revenu, taxe d’habitation et autres contributions (CRDS, autres ? faudrait voir exactement la liste).

          Donc ça diminue TRES nettement les valeurs, en comparaison avec des revenus nets imposables. Et encore beaucoup plus par rapport à des revenus bruts.

        1 autres commentaires
    • nipivime
      nipivime répond à ramassis
       ; -
      • Posté à 12h25 le 02/12/2008
      • Internaute 503
         ; -

      Assez d’accord avec ramassis, dont la remarque s’xplique je pense par l’incise « les riches, les vrais ».

      Car la question est sémantique.

      « les plus riches » n’est pas « les riches ».
      On pourrait dire aussi (voir les tableaux signalés par J. Courel) que « 50% des francais gagnent plus de 17 000 euros PAR AN » (soit 1 400 euros par mois). Ils sont incontestablement la moitié la plus riche des français (patrimoine excepté, etc). Mais sont ils pour autant « riches » ?

      Par ailleurs, opposer « riches » à « pauvres » est également ambigu (procédant d’une vision manichéenne, on est soit riche, soit pauvre). Comme le signale F. Krug, le terme « riche » est très complexe à définir (en témoignent les contributions plus bas), c’est le terme « pauvre », en revanche, qui a été à peu près défini (voir notamment les définitions du PNUD, Programme des Nations Unies pour le Développement).

      Est-ce qu’un « non-pauvre » est riche ?
      Tout cela rappelle un peu l’hallali médiatique contre F. Hollande, à l’hiver 2006, parlant de « ménages riches » à 4000 euros par mois.

  • ramassis
    ramassis
    (ch'tite racaille)
    • Posté à 22h03 le 01/12/2008
    • Internaute 53313
      (ch'tite racaille)

    « avec 30 centimes d’euros, je peux éventuellement trouver une demi-baguette dans certains coins de France »

    Je me demande dans quels coins de France on trouve la demi-baguette à 30 centimes.

    Si Camille le dit, c’est sans doute vrai.
    Mais SVP, dans combien d’endroits trouve-t-on ça ?

    Pour info, chez moi (petit département rural de moins de 400 000 habitants, la baguette est à 95 centimes ou plus).

    • Camille
      Camille répond à ramassis
      Mauvais genre
      • Posté à 09h52 le 02/12/2008
      • Internaute 48427
        Mauvais genre

      dans certains villages elle y est encore, et même dans certains banlieues parisiennes, dans certaines grandes surfaces... on trouve encore des baguettes à 70 centimes et des demi-baguettes à 35 centimes (bon ok, 35 plutôt que 30)90 centimes, c’est les prix à Paris... ton département rural semble plutôt cher !

      • ramassis
        ramassis répond à Camille
        (ch'tite racaille)
        • Posté à 23h40 le 02/12/2008
        • Internaute 53313
          (ch'tite racaille)

        Petite précision : la baguette, chez moi, n’est pas moins chère dans les petits villages que dans les (petites) villes. C’est même parfois encore + cher en village.
        Il faut dire que parfois, l’épicier du coin qui fait dépôt de pain dans le village doit prendre sa (petite) marge sur ce que lui a vendu le boulanger du village voisin.
        Petite marge + petite marge = « pas petit prix ».

        Maintenant, les prix que je donne (95 centimes / baguette), c’est dans les boulangeries. C’est vrai que c’est moins cher en supermachés (Leclerc ou autres).

        T’es pas la première à me le dire, que le pain est presque plus cher chez moi qu’à Paris. Des amis parisiens me l’ont dit aussi.

        Par contre, pour se loger, ici c’est BEAUCOUP moins cher.
        (Mais c’est aussi beaucoup moins animé : beaucoup + perdu : -)
        Faut compenser en carburant...

         
        • ramassis
          ramassis répond à ramassis
          (ch'tite racaille)
          • Posté à 23h43 le 02/12/2008
          • Internaute 53313
            (ch'tite racaille)

          « les prix que je donne (95 centimes / baguette), c’est dans les boulangeries »

          N’allez pas penser que les boulangers de chez moi s’en foutent forcément plein les poches.

          Je pense simplement qu’ils vendent beaucoup moins de baguettes en une journée que la plupart des boulangers parisiens (sauf exception).

          • Fongus
            Fongus répond à ramassis
            • Posté à 18h16 le 08/12/2008
            • Internaute 61442

            Juste une petite remarque concernant votre prix de baguette,
            il faudrait préciser si votre baguette est faite maison ou surgelée.
            Cela expliquerait en partie, la diférence de prix.

            A plus.

        2 autres commentaires
  • ramassis
    ramassis
    (ch'tite racaille)
    • Posté à 22h11 le 01/12/2008
    • Internaute 53313
      (ch'tite racaille)

    « “On ne peut pas se fier à l’ISF, puisque le bouclier fiscal en a fait sortir quelques uns !”

    Ironie de l’histoire : le gouvernement UMP, prétextant le ridicule de l’ISF (qui taxe “injustement” de pauvres contribuables de l’île de Ré), a créé le bouclier fiscal (maxi 50% des revenus).

    Et que se passe-t-il ?
    Ce sont les vrais pauvres contribuables de l’île de Ré (aux faibles revenus), qui n’ont pas bénéficié du bouclier fiscal “made in UMP”.

    Les oubliés de l’UMP.
    cqfd.

    Mort de rire.

  • ramassis
    ramassis
    (ch'tite racaille)
    • Posté à 22h14 le 01/12/2008
    • Internaute 53313
      (ch'tite racaille)

    Ce que je constate, c’est que tout l’article parle de la richesse « financière ».

    Mais la richesse de notre vie se calcule-t-elle uniquement en z’euros ? (ou en dollars ?)

    Certains y repenseront peut-être sur leur lit de mort...

  • vol19
    • Posté à 22h43 le 01/12/2008
    • Internaute 13492

    « les riches, les vrais, sont les 10% de Français se trouvant au plus haut niveau de l’échelle, avec un niveau de vie annuel supérieur à 33 190 euros »

    Soit 2765 euros par mois... ce qui permet de nos jours de louer un studio à Paris, voir acheter une « studette » et se serrer la ceinture...ou dans une métropole régionale, louer un trois pièces/ acheter un deux pièces... Un pavillon en zone rurbaine et une bagnole qui coutera cher en déplacement.Quel choix : Espace social et culturel ou Espace physique ?
    10%, les plus riches dites-vous ?
    C’est dans les 1% que la situation commence à changer...

  • Emmanuel M
    Emmanuel M
    Commentateur liberal
    • Posté à 08h53 le 02/12/2008
    • Internaute 39528
      Commentateur liberal

    Définition de merde et article de merde, puisqu’on ne parle que des revenus ?

    Et le patrimoine dans tout ça ? Il compte plus que les revenus. Une personne avec 30000€ annuels propriétaire d’un 100m² à Paris est riche. Une personne avec 50000€ annuels, sans patrimoine, ne l’est pas.

    Mais bon, c’est tellement à la mode de critiquer l’ISF, que même sur Rue89 un article anti-ISF se fait applaudir.

    P.S : j’échange volontiers mon patrimoine avec celui d’un propriétaire sur l’ile de Ré. Je suis même prêt à payer l’ISF qui va avec.

    • azerty69
      azerty69 répond à Emmanuel M
      ExecutieveBranleur
      • Posté à 20h30 le 02/12/2008
      • Internaute 42089
        ExecutieveBranleur

      J’avais apporté comme contribution initiale a cet article : « C’est une question de pauvre que vous posez là, la vraie question est : a partir de quel patrimoine est on riche ».
      ON ne m’a pas publié.
      Bon.
      Pourtant, tout comme vous, je suis sidéré d’un tel manque de lucidité. La richesse financière a très peu avoir avec les revenus mensuels et beaucoup avec le patrimoine.
      Le premier c’est la différence entre un couple proprio sans dette et le même avec un loyer de 1000€/mois.
      Le deuxième c’est un couple qui prend un crédit pour s’acheter une voiture et un autre pour partir en vacance comparé a un couple qui reçoit des dividendes et des coupons pour acheter comptant sa voiture et qui part gratos en vacance dans la maison familiale.

      Les pauvres courent après l’argent.
      Les riches, c’est l’argent qui leur court après.
      Et pour que l’argent vous court après il faut un patrimoine.

      • ramassis
        ramassis répond à azerty69
        (ch'tite racaille)
        • Posté à 23h48 le 02/12/2008
        • Internaute 53313
          (ch'tite racaille)

        « Et pour que l’argent vous court après il faut un patrimoine. »

        Les lois actuelles sont faites pour que ceux qui ont un patrimoine le conservent (voire le développent).

         
        • azerty69
          azerty69 répond à ramassis
          ExecutieveBranleur
          • Posté à 09h21 le 03/12/2008
          • Internaute 42089
            ExecutieveBranleur

          Exact.

          Les revenus du travail sont ultra taxé (50% de charge patronale et salariale sur salaire, taxe de l’employeur, impôt sur sur le revenu...)
          Les revenus du capital sont peu taxé ( 11% de CSG-CRDS et puis... ?) sans compter l’exil fiscal, le bouclier.

          Mais à noter que tous ceux qui ont essayé de taxer le capital s’en sont mordu les doigts. Facile de déplacer des chiffres sur un disque dur d’une banque. Beaucoup plus une usine, des routes, de la logistique, des maison de salariés...

        1 autres commentaires
  • nikomed
    • Posté à 12h40 le 02/12/2008
    • Internaute 37397

    effectivement la question du patrimoine est peu abordée, de même que l’age qui permet eventuellement d’en accumuler
    jusqu’à 30 ans la richesse ne depend pas que de son salaire, mais du patrimoine des parents. si je commence ma vie avec un pret étudiant, une installation personnel et/ou professionel, mon salaire est beaucoup plus amputé que celui qui n’a pas du payer ses etudes, qui a recu son appartement ou sa voiture de ses parents.
    le salaire ne peut être le seul indicatif, même si en cas de salaire confortable, il permet justement de se créer un patrimoine au fil des années.mais les vrais riches sont les gros patrimoines qui en plus peuvent le faire fructifier.(plus facile de se faire de l’argent quand on a de l’argent ...) Quant aux salaires mirobolants, ca ne touche que quelques pour cent des francais, grand patron du Cac 40 et autres stars du sport et show business ....

  • marmotte64
    marmotte64
    Super héros
    • Posté à 13h35 le 02/12/2008
    • Internaute 35594
      Super héros

    Personnellement je trouve l’article très interessant et il permet également de relativiser. Personnellement je me sens riche. Pas parmi lers plus riches mais en fin de compte, je ne pensais pas non plus qu’au niveau des revenus les taux étaient en fin de compte aussi « bas ».

    Je reviens comme d’autres sur cette phrase : « les riches, les vrais, sont les 10% de Français se trouvant au plus haut niveau de l’échelle, avec un niveau de vie annuel supérieur à 33 190 euros ».

    J’imagine qu’il faut utiliser comme critère les données de l’insee : 1 uc pour le premier adulte, 0.5 pour les plus de 14 ans et 0.3 pour le p’tits lutins.
    Moi qui suis marié avec deux enfants ça me fait donc : revenu du foyer / 2.1 ( 1 + 0.5+0.3+0.3).
    Cela permet de confirmer ce que je pensais : Je vie très correctement (sans exagérer toutefois) et je n’en suis pas hyper éloigné (quand même un peu). Cela m’éapprend donc qu’en france, près de 70 à 80 % de la population a des « revenus » qui sont en deça de ceux de mon ménage.

    He ben ça : je trouve ça un peu flippant à vrai dire.

    • deecurl
      deecurl répond à marmotte64
      • Posté à 14h40 le 02/12/2008
      • Internaute 13077

      flippant, c’est un peu la réaction que j’ai eue aussi.

      finalement, rien que pouvoir faire ses courses sans devoir compter ce qu’on met dans son caddie est un luxe.

      mais c’est révoltant aussi : rien qu’habiter dans une ville comme Paris devient quelque chose d’inabordable pour 70% des gens ? ce n’est pas normal du tout.

  • jeanannick
    jeanannick
    marier
    • Posté à 14h22 le 02/12/2008
    • Internaute 60997
      marier

    ont est riche quand on a pas besoin de se lever le matin pour aller travailler

    • marmotte64
      marmotte64 répond à jeanannick
      Super héros
      • Posté à 14h26 le 02/12/2008
      • Internaute 35594
        Super héros

      Ha dans ce cas on est très très riche alors.

  • Pierrrrre
    Pierrrrre
    → → → → → → → le marché autant (...)
    • Posté à 19h19 le 02/12/2008
    • Internaute 23078
      → → → → → → → le marché autant (...)

    On est riche à partir de mon salaire + 1 euro.

  • pascal kanibal
    • Posté à 19h38 le 02/12/2008
    • Internaute 57920

    On est riche quand on ne désire rien. La pauvreté est le désir de ce qu’on ne possède pas, c’est donc une sensation de manque. La richesse est une notion subjective qui ne se mesure pas. En revanche, il existe un seuil de pauvreté matérielle en dessous duquel on ne peut vivre en bonne santé physique. Quel est-il ? Il dépend des pays et des régions. La pauvreté objective est une situation dans laquelle un sujet ne peut satisfaire ses besoins biologiques. Au delà de ce seuil, un sujet est plus ou moins pauvre ou plus ou moins riche en fonction de son désir de posséder des biens.

  • expat
    • Posté à 19h56 le 02/12/2008
    • Internaute 25627

    riche avec 33 100 € par an ?

    Alors a quoi servent les salaire de 20 000€ par mois ou plus ?

    ce qui detruit la vie c’est l’absence d’egalite et de solidarite, c’est de crever la dalle parmis les mangeurs de caviars, etc.....

    Puisque ces 33 100 sont suffisants pour nous rendre riche, pourquoi ne par redistribuer ce qui depasse pour que nous soyons tous riches ?

  • zboubb
    zboubb
    From the slums of shaolin
    • Posté à 22h04 le 02/12/2008
    • Internaute 59569
      From the slums of shaolin

    « la charité du pauvre consiste à ne pas haïr le riche »

  • sarayama
    sarayama
    ingéneur
    • Posté à 23h24 le 02/12/2008
    • Internaute 61100
      ingéneur

    juste une contribution au débat...

    je touche 2700€ par mois (en lissé, car je touche mes primes que sur 6 mois), j’ai 31 ans et je suis une femme (je sais ça joue pas, mais bon, c pur situer... lol), j’ai fait l’acquisition récente d’un tout petit pavillon à la courneuve dans le 93(prix : 205 000€) et j’ai fait le calcul dernièrement, entre cet emrpunt (le seul), les impots, les taxes (habitation, foncier), le téléphone fixe et mobile (je ne suis que rarement hors forfait), l’eau, l’EDF, le gaz, l’essence, l’assurance de ma voiture et de la maison, mes clopes et mes quelques dons aux associations je paye près de 2300€ par mois...

    Il me reste donc environ 400€ par mois, soit environ 13 € par jour, pour manger, m’habiller, mettre de cotés (mdr...), sortir, me faire des cinés, partir en voyage, en we ou autre, alle chez l coiffeur... bref...

    finalement j’ai choisi, je mange à moindre coup, je m’offre des fringues sympas (mais à pas cher) et je fais parfois des voyages... mais le reste...

    je dis pas que je vis mal et je ne veux pas me faire plaindre... mais riche ? ? ? ? non... c clair...

    • azerty69
      azerty69 répond à sarayama
      ExecutieveBranleur
      • Posté à 09h33 le 03/12/2008
      • Internaute 42089
        ExecutieveBranleur

      Je n’ai jamais pu saisir ce genre de propos...

      - ton habitation est fonction de tes revenus. Si tu gagnais 2 fois plus, tu aurais pris un appart 2 fois plus cher et ton reste a vivre serai le même. Cet argument ne tient pas la route.
      - Le téléphone, le gaz, l’electricité... Tu chauffes à 23° l’hiver ou a 17° ? Tu passes 6 ans au tel ou tu attends qu’on te tel... Tu prends des douches de 30 secondes ou des bains de 400 litres ? Et l’essence : tu as une 100ch ou tu prends les transports en communs ? Tu pars en we ou tu restes a la maison... Etc etc.

      Tu es en train de dire : quand j’ai payé 90% de ce qu’une personne dépense il ne me reste pas grand chose. C’est quand même vachement normal ! ! !

      Le propre de l’humain, quelque soi son salaire ( de 800€ à 5000€) est de dire : si j’avais 300-400€ de plus je m’en sortirai mieux (et je pourrai épargner / complainte du pauvre éternel ie du flambeur)

    • Homer555
      Homer555 répond à sarayama
      • Posté à 12h06 le 03/12/2008
      • Internaute 45141

      Avec ce salaire et mon mode de vie, j’économise (mettre de coté sur un compte) 1500€ / mois sans me priver le moins du monde.

  • ramassis
    ramassis
    (ch'tite racaille)
    • Posté à 00h01 le 03/12/2008
    • Internaute 53313
      (ch'tite racaille)

    « Il me reste donc environ 400€ »

    Si tu manges 200€ par mois (nourriture), il te reste quand même 200€ par mois pour sortir et vivre la belle vie.
    C’est pas le cas de tout le monde. Surtout à 31 ans.

    Sans compter que tu vis dans un pavillon à plus de 200 000 € qui, de surcroit, t’appartient.

    Ne te plains donc pas trop.

    Pense à ceux qui doivent faire vivre une famille (2 adultes / 2 enfants), avec 1200 euros nets de revenus par mois + les allocations familiales.
    Ceux-là, ils seraient très contents d’avoir encore un peu de sous pour aller au ciné, après s’être ruinés en clopes achetées au black.
    Mais non : ils n’ont plus rien.

  • Christophe Hénocq
    Christophe Hénocq
    Diverse et variée
    • Posté à 01h06 le 04/03/2009
    • Internaute 71970
      Diverse et variée

    L’exemple du foyer A et du foyer B est à méditer plus d’une fois, et à décliner sur tous les axes avant de répondre.
    ex :
    - comptabilisation ou non des revenus sociaux et des avantages en nature (APL, HLM, logements de fonction, réductions sur les services publics, revenus non imposables, ...)
    - situation familiale (enfants étudiants pas forcément boursiers, parents en situation de dépendance, divorcés payant une pension,...)
    - effort d’accession à la propriété ( eh oui, on n’est pas propriétaire avant d’avoir payé ses 20 ou 25 ans de crédits au prix d’un loyer, avec des charges supplémentaires)
    - investissements économiques et outil de travail (je penses notamment à certains qui se sont endettés à vie pour faire difficilement vivre une PME de 10 employés, et n’y sont pas toujours parvenus)
    - des crédits consommation à 20%, pour ceux qui se sont imaginés qu’ils avaient les moyens de consommer, précisémment parce qu’ils ont confondu revenus et pouvoir d’achat.

    Soyons honnêtes, les pauvres ne sont pas ceux qui ont les revenus ou le patrimoine les plus faibles, car les chiffres sont faussés par nos critères sociaux, nos avantages acquis, nos revenus cachés.
    Les plus riches disposent des moyens d’échapper à l’ISF ou d’en réduire l’impact (investissement dans l’outil de travail, ou dans les oeuvres d’art, voire sous-évaluation de leurs biens). Et il se trouve même que quelquefois, ces moyens d’échapper à l’ISF bénéficient à la collectivité (musées, emplois,...).
    D’autres fortunes constituées sur des marchés parallèlles échappent à tout contrôle et toute mesure (du bas jusques en haut de l’échelle)

    Au delà de tout celà, il me semble qu’il y a une question beacoup plus essentielle :
    La richesse doit-elle continuer à être mesurée en volume de monnaie ? Ou en possibilités et droits d’accès aux besoins humains (santé, éducation, culture, justice, expression, partage,...) ?

  • patdu49
    patdu49
    chomiste du maine et loire
    • Posté à 21h02 le 26/04/2009
    • Internaute 34595
      chomiste du maine et loire

    bonjour,
    en france les 10% les + riches detiennent 46% des richesses totales du Pays
    les 50% les + riches detiennent 93% des richesses
    les 50% les moins riches 7% des richesses
    les 30% les + pauvres se partagent 1% des richesses.

    sources INSEE 2002 (les ecarts se sont encore largement creusés depuis ..)

    du fric il y en a jamais eu autant dans le pays.

    rien que sur les assurances-vie par exemple, c’est 1000 milliards qui dorment et rapportent des intérêts.
    pendant que certains galèrent, d’autres ne savent même plus quoi foutre de leur pognon.

    richesses : actions, comptes épargnes, patrimoines immobiliers, professionnels ..

    cela ne comprend pas bien evidemment : l’evasion fiscale, la fraude fiscale, les abus de biens sociaux, l’argent au black comme les millions d’euros disparus en liquide, dans des valises de la caisse noire de l’uimm ... les paradis fiscaux (donc certains sont français, comme ïle st barthélémy, ou il n’y aucun impot sur vos villas, aucune taxe professionnelle, seuls les fonctionnaires sur place payent des impots ) , les sous estimations des valeurs des patrimoines immobiliers etc ..

  • patdu49
    patdu49
    chomiste du maine et loire
    • Posté à 21h22 le 26/04/2009
    • Internaute 34595
      chomiste du maine et loire

    voici mon budget, je ne me considère pas riche, en tout cas, ça c’est une certitude ..

    revenus 2009 :
    ASS : 14,94€/jour soit 5453,10€/an soit 454,42€/mois
    prime de noel : 200€ soit 16,66€/mois
    prime de solidarité active (normalement en avril 200€) soit 16,66€/mois
    APL 150€
    total : 637,74€

    dépenses :
    crédit de ma ruine : 150€
    EDF sur 12 mois (eau chaude + chauffage) : 90€
    clopes news par 30, environs 3 cartouches de 8 paquets/ mois : 3 x 57,60€ = 172,80€
    nourriture, boisson, papier toilette, shampoing, gel à raser env 150€
    eau : 7,50€
    taxe foncière : 12€
    assurance auto : 10,70€
    abonnement carte bleue et frais bancaires 3€
    téléphonie internet 30€
    total : 626€

    reste 11,74€/jour soit 140,88€/an pour :

    gasoil, réparations voiture, vêtements, sous vêtements, chaussures, linge de maison, changer frigo, ou chauffe eau ou ordi ou taille-haie, ou télé, si tombe en panne, cadeaux de noel, anniversaires, vie sociale (pas venir trop mains vides si je suis invité), timbres, etc ..

    je bénéficie de la CMU (couverture maladie universelle)

    je suis exonéré de la taxe d’habitation

    je me prive d’une assurance incendie.

    je survie dans logement insalubre, non isolé, ni du toit qui est en piteux état (une fois il pleuvait à 30 cms de mon ordi) , ni du sol, ni des murs (vieille maison de mineur tout en ardoises) , je me les caille l’hiver.

    je me deplace avec une épave qui à 377000 kms, en priant de ne pas me faire arreter par les flics lorsque je vais faire mes courses ou que je vais à mes convocs pôle emploi, pour ne pas me faire radier.

    à noter quand quand je travaillais au SMIC, j’etais encore + fauché, car perte CMU, perte APL, perte exo taxe habitation, + frais de routes etc ...

  • Camille
    Camille
    Mauvais genre
    • Posté à 10h17 le 27/11/2008
    • Internaute 48427
      Mauvais genre

    Je propose de relier la perception de sa richesse au pouvoir d’achats, aux besoins, et au lieu de vie.
    Exemple, avec 30 centimes d’euros, je peux manger un plat de riz en sauce au Burkina Fasso, je peux éventuellement trouver une demi-baguette dans certains coins de France et je peux manger un bonbon à Paris (où la demi baguette est plutôt autour de 60 centimes !).
    Résultat : avec 30 centimes, je suis riche au Burkina et pauvre à Paris.
    Autre exemple, je suis très malade, là j’ai pas le choix, ça me coûtera moins cher à Paris qu’au Burkina... et même en étant « riche » dans le sens où je pouvais satisfaire à mes besoins alimentaires, je ne le serai peut être plus...

  • Jean-Benoît
    Jean-Benoît
    pleuw89
    • Posté à 10h17 le 27/11/2008
    • Internaute 28879
      pleuw89

    Attention, l’ISF n’est pas un facteur déterminant de « richesse ». En effet, il faut garder en tête le syndrome de l’Ile de Ré ou encore les familles subissant l’ISF pour ne pas perdre le patrimoine familial suite à un héritage.

    Certes les impôts sont à prendre en compte dans la catégorisation d’autrui dans la case « pauvre » ou « riche », mais ce n’est pas combien je paye qui est déterminant, c’est combien il me reste.

  • rocheclaire
    rocheclaire
    retraitée
    • Posté à 10h17 le 27/11/2008
    • Internaute 50298
      retraitée

    ON NE PEUT pas se fier à ISF, puisque le bouclier fiscal en a fait sortir quelques uns !

    Pour ma part j’ai 680€ de retraite par mois ! Je me considère pas vraiment comme pauvre parce que je bénéficie d’une solidarité familiale et amoureuse et que mon esprit est riche de pensées, de réflexions, de créativité...
    La vraie pauvreté outre les revenus est celle qui vous laisse seul avec vos problèmes ! Et celle là est difficilement comptabilisable

  • jjezfm
    jjezfm
    Internaute
    • Posté à 10h18 le 27/11/2008
    • Internaute 9633
      Internaute

    je dirai qu’on est « riche » dès lors que l’on peut faire des choix.

    avec 2000 euros pour deux, je ne pars peut-être jamais en vacances, je ne vais jamais au resto, MAIS une fois payé le loyer, les courses, les charges, je PEUX m’acheter un livre par mois, un jouet et un vêtement pour mon enfant, et aller une fois au ciné.

    donc, je me considère comme riche, car en partie libre.

    quand on a moins de revenu que ce qu’on a de dépenses vitales (logement, nourriture, énergie, transport, et je passe sur la santé...), alors on est pauvre.
    au-delà, on peut toujours rêver à mieux, mais selon moi c’est déjà le début d’une certaine richesse

  • Di
    Di
    • Posté à 10h18 le 27/11/2008
    • Internaute 8231

    Je ne risque pas de payer l’ISF, loin s’en faut, mais je me sens ’riche’ quand j’arrive à la fin du mois et qu’il reste encore quelques euros sur le compte. Je fais tout pour éviter les découverts (trop chers) et JAMAIS de crédits à la consommation. Si j’ai besoin de quelque chose (pas d’une bague comme celle de Dati, bien sûr, mais d’un nouvel aspirateur ou d’une nouvelle machine à laver par exemple) j’économise jusqu’à ce que je puisse payer cash. Ça fait un peu ’pequenaude’, il paraît, mais je m’en fous, je ne me sens libre que comme ça. Je crois qu’aujourd’hui, on est ’riche’ (par rapport à la majorité de la population) lorsqu’on n’a pas de dettes et qu’on arrive à vivre à peu près convenablement, même sans faire de folies et sans avoir un gros patrimoine. Bon, faut dire aussi que malgré que je me sente ’riche’ par rappport à tant de personnes qui ont moins que moi, je m’appauvris aussi, compte tenu du coût de la vie, puisque je n’ai plus ma propre voiture, comme avant. Deux assurances etc., ça faisait trop dans le budget. Pas grave, comme ça, je me dis que je pollue moins la planète ! : D

    Alors effectivement... tout est relatif !

  • hoshiko
    • Posté à 10h18 le 27/11/2008
    • Internaute 28938

    Perso, je me suis considérée comme riche le jour où je n’ai plus eu à compter pour vivre. C’est-à-dire le jour où mon salaire m’a permis de m’acheter ce que je voulais (mais je ne suis ni dépensière ni acheteuse compulsive) sans me demander si j’ai assez et où j’ai pu mettre de l’argent de côté.
    Ca ne veut pas dire que je sois réellement riche, ça veut juste dire que je suis à l’abri des problèmes financiers si il m’arrive un pépin de santé par exemple.
    La richesse dépend non seulement de votre ressenti mais aussi de où et comment vous vivez : avec le même revenu, on a plus de frais fixes (donc moins d’argent dispo) à Paris qu’en province, a fortiori à la campagne. Et si vous êtes casanier, vous avez plus d’argent dispo que si vous sortez tous les soirs au resto, etc...

  • Jérémy_Courel
    Jérémy_Courel
    Economiste / Statisticien
    • Posté à 12h44 le 27/11/2008
    • Internaute 9262
      Economiste / Statisticien

    Quelques éléments à prendre en compte :

    - Un revenu individuel ne présente guère d’intérêt, il faut raisonner à l’échelle du ménage et tenir compte du nombre de personnes dans celui-ci. Utiliser les UC (unité de consommation de l’INSEE) par exemple. Un revenu de 30000 euros annuels n’a pas le même impact si la personne vit seule qui si elle a un mari (j’inverse le cliché) et des enfants à charge sur ce seul revenu. Evident.

    - Il faut tenir compte des transferts de richesses. Que ce soit des revenus supplémentaires (aide familiale) par exemple ou des dépenses supplémentaires (aide familiale aussi). Et pas uniquement des transferts sur une année donnée mais également de l’ensemble des transferts passés. Exemple pour me faire comprendre. Un foyer A gagne 60000 euros annuels mais aide ses ascendants pour un montant qui avoisine les 15000 euros annuels et a souscrit un prêt sans apport pour acheter son logement. Un foyer B gagne 45000 euros annuels mais bénéficie de l’aide de ses ascendants pour 5000 euros annuels et a pu souscrire un prêt avec un apport de ces mêmes ascendants pour acheter son logement. Le foyer B gagne moins mais, par le biais des transferts annuels, a finalement un revenu plus important que A et, pour un logement équivalent, remboursera des mensualités inférieures grâce à un transfert de ressource passé (l’apport pour le prêt). Bref évaluer les ressources de quelqu’un sans tenir compte du contexte, familial notamment, c’est risquer de passer complètement à coté de choses importantes.

    Il y a d’autres facteurs importants mais il me semble que ces deux là sont indispensables à une étude non biaisée. Le second ayant, de plus, tendance à renforcer fortement les inégalités.

  • Keldan
    Keldan
    Now future & karpe diem
    • Posté à 18h42 le 27/11/2008
    • Internaute 5164
      Now future & karpe diem

    C’est aussi relatif à l’épargne je pense.

    Je passe mon temps à me sentir fauché, pourtant j’ai un revenu supérieur à 70% de la population, mais je suis dépensier, et en choses éphémères (disons diplomatiquement, les sorties), je ne possède aucun bien immobilier et quasiment aucun mobilier (si ce n’est un bel ordinateur et une grosse collection de livres).

    Un de mes amis lui se sent riche, car il ne sort quasiment pas, mange pour trois fois rien et est un vrai écureuil qui épargne à fond, s’achète une maison, etc. ce qui fait que sa provision d’argent est conséquente.

    Disons que je me sens riche quand je repense à tout ce que j’ai claqué, et lui se sent riche en contemplant tout ce qu’il a accumulé.

  • pastous
    pastous
    assistant
    • Posté à 10h26 le 01/12/2008
    • Internaute 60416
      assistant

    Le lien revenu - richesse dénote une approche assez restrictive de la richesse. Point n’est ici l’objet de décliner une quelconque théorie sur la richesse intérieure, mais d’appréhender dans toute sa complexité cette question.
    Prenons l’exemple d’un trader gagnant 20 000€ par mois en septembre, licencié en octobre mais sans attache, ni famille. Il peut tout à fait se retrouver après quelques mois d’errance sur un marché du travail très tendu, forcé par Christine Boutin de dormir dans un foyer d’urgence si l’hiver est un peu rude et la rue moins accueillante. Par contre celui qui bénéficie d’un réseau d’amis, familial dense et solide pourra se retourner vers eux en cas de nécessité.

    A priori un peu niaise, cette approche richesse - lien social me semble néanmoins indispensable dans une France de plus en plus précaire et injuste. Comme le travailleur pauvre, assistons nous à l’émergence de la notion de riche précaire ?

  • Palamède
    Palamède
    citoyen français
    • Posté à 10h27 le 01/12/2008
    • Internaute 56877
      citoyen français

    Le revenu médian n’est pas non plus un indicateur idéal : dans le cas (très hypothétique) d’égalité générale des revenus, personne ne serait pauvre.