A debattre 30/11/2008 à 16h59

DOM-TOM en crise : où en sont les « confettis de l'empire »

Pierre Haski | Cofondateur Rue89

Les territoires et départements d’outre-mer souffrent, entre autres, de la hausse du prix des carburants. Et du silence de Paris.

Un département français bloqué depuis huit jours par un mouvement de protestation contre le prix de l’essence, dans l’indifférence générale ? Cette information serait impensable s’il ne s’agissait d’un département… d’outre-mer, en l’occurrence la Guyane. Imagine-t-on la Gironde ou l’Alsace bloquées huit jours par des barrages sans faire les gros titres et mobiliser partis et syndicats ?

Ce sont des Guyanais qui nous ont alertés, et les témoignages d’internautes ont permis de briser le mur du silence ou plutôt de l’indifférence en « métropole » [je mets des guillemets, je déteste ce mot mais quel autre employer ? ].

Où en sont les DOM-TOM ? Comment font-ils face à la crise, de Cayenne à Nouméa en passant par Mayotte, dans ces « confettis d’empire », selon la formule de Jean-Claude Guillebaud, dont la grande majorité des Français ignorent presque tout ?

Comme dans le cas de la Guyane, ce sont vos témoignages qui peuvent permettre de donner une image complète, non filtrée, de la réalité de cette France des antipodes. Adressez-nous vos témoignages, vos commentaires, et une synthèse en sera faite dans quelques jours, permettant de faire émerger des informations marginalisées ou carrément mises sous le tapis. Vous pouvez laisser votre contribution en commentaire sous cet article, ou l’adresser directement à notre boîte « contact » : contact@rue89.com

Le prix du carburant figure aujourd’hui au cœur des inquiétudes

En attendant, petit tour d’horizon de ces territoires sur lesquels flotte le drapeau tricolore dans l’Atlantique (avec la Guadeloupe, la Martinique, la Guyane, Saint-Pierre-et-Miquelon), l’Océan Indien (avec la Réunion et Mayotte) et l’Océan Pacifique (avec la Nouvelle-Calédonie, la Polynésie et Wallis-et-Futuna), soit quelque 2,5 millions de personnes, loin d’une France « métropolitaine » elle-même en crise et partagée entre indifférence et volonté stratégique de présence.

De Cayenne à Papeete, on se rend compte que le prix du carburant figure aujourd’hui au cœur des inquiétudes et de la colère, dans des territoires dont l’économie est largement sous perfusion « métropolitaine ».

Avec moins de bruit que la Guyane, les Réunionnais avaient protesté fin octobre et début novembre contre des prix à la pompe qu’ils estiment loin de la réalité du marché pétrolier. La question reste explosive et pourrait reprendre le chemin de la rue en cas de déception après la réunion, prévue ce lundi à Saint-Denis, entre le préfet et les distributeurs pétroliers.

Sur les sites réunionnais, on peut lire quelques appels à « tout péter » si les prix ne baissent pas. Combien sont-ils à partager le point de vue « Mooneti », qui écrit sur le site clicanoo.com :

« Nous payons la rançon de la départementalisation. Nous ne serons jamais français à part entière ; loin de la France, nous n’aurons jamais le même fonctionnement qu’un département métropolitain. Je pense que les pouvoirs publics n’ont pas conscience de la gravité de la situation et qu’il est en train de s’installer dans notre île, de façon pérenne, un esprit révolutionnaire. Les manipulations en tout genre ont assez duré.

Quant aux pétroliers, nous savons tous qu’ils ont spéculé et qu’ils ne sont pas à plaindre : leur caisse est pleine à ras bord. Pourquoi les gérants de station, en France métropolitaine, n’ont aucun problème ? Nous attendons une baisse des carburants, sans plus ! »

En Guyane, la crise se poursuivait ce weekend, avec quelque vingt-cinq barrages routiers et la fermeture de l’aéroport international de Cayenne, malgré le « geste » d’Yves Jégo, secrétaire d’Etat à l’Outre-mer, de baisser de trente centimes le prix du carburant dans le département. Le mouvement de protestation réclame toujours cinquante centimes de baisse et a reçu le soutien des partis politiques de Guyane, y compris l’UMP locale qui demande au gouvernement de satisfaire la revendication.

Il a fallu que les Guyanais en fassent beaucoup pour se faire remarquer de Paris, y compris provoquer le report d’un lancement de fusée Ariane sur le site de Kourou… Je ne résiste pas à l’envie de vous proposer de nouveau ce clip de Negus aka Mero, « 1,77 euros », tourné au début du mouvement et qui a aidé à faire connaître la revendication des Guyanais. (Voir la vidéo)


Avec près de 200 000 habitants, la Guyane est un département à part entière, mais ce territoire amazonien, voisin du Brésil, est aussi une vaste zone de non-droit dès lors qu’on touche à l’orpaillage clandestin, comme l’ont montré un film récent, « La Fièvre de l’or », et l’attitude des autorités militaires du département face aux journalistes trop curieux.

Inquiet de la contagion, Jégo a demandé aux préfets de Martinique et de Guadeloupe « d’examiner sans délai les moyens d’obtenir une baisse significative des prix des carburants dans ces deux départements qui pourrait s’appliquer elle aussi, dès le début du mois de décembre ».

Par souci d’économie, les DOM-TOM privés de leurs avantages

Le prix du carburant n’est pas le seul problème sur la table. Le gouvernement, dans sa quête d’économies tous azimuts, vient de supprimer des avantages réservés aux fonctionnaires retraités installés outre-mer, et a fait adopter le plafonnement des avantages fiscaux liés aux investissements dans les DOM-TOM, qui étaient devenue une source majeure de financement, notamment aux Antilles.

Nicolas Sarkozy a reconnu la semaine dernière que cette dernière réforme, prévue dans le budget 2009, « a été vécue douloureusement outre-mer ». Mais il a ajouté qu’il n’était pas juste que de riches contribuables s’en servent pour ne pas payer d’impôts. En s’adressant aux maires d’outre-mer, le président est revenu sur ces réformes impopulaires, et a eu ce cri du cœur quelque peu paternaliste :

« Les choix, c’est justement parce que je vous aime et que je crois en l’avenir de l’outre-mer que je les fais. Le plus gros des réformes difficiles est derrière nous (...) Des réformes positives viendront début 2009. »

Entre une « métropole » qui n’a plus les moyens de ses ambitions et continue de tenir l’outre-mer sous perfusion, et des territoires tiraillés entre des aspirations contradictoires, le gouvernement évolue dans une voie étroite, en cherchant avant tout à éviter les explosions.

Des réformes institutionnelles en chantier

Reste enfin, l’énorme chantier de l’évolution institutionnelle de plusieurs territoires.

Celui de Mayotte, d’abord, qui s’apprête à connaître un grand changement, avec la promesse de Paris de la départementalisation d’ici à 2011 de ce territoire de l’océan Indien qui est à l’heure actuelle une « collectivité territoriale ». Un référendum est prévu en mars 2009 dans l’île.

Sans donner plus de détails, Nicolas Sarkozy a appelé la semaine dernière à « concevoir un modèle de département qui soit respectueux de l’identité de Mayotte ».

Or Mayotte n’est pas un cas simple. Cette île comorienne de 200 000 habitants a voté pour rester dans l’ensemble français en 1975, lors du référendum d’autodétermination des Comores. Les trois autres îles sont devenues indépendantes, mais Valéry Giscard d’Estaing a choisi de séparer Mayotte de ses « sœurs », et d’en faire un territoire français. Début des problèmes…

Depuis, Mayotte vit au rythme de l’arrivée des « kwasa kwasa », ces pirogues en provenance de l’île voisine d’Anjouan, chargées de « clandestins », attirés par le niveau de vie bien supérieur du territoire français et surtout par ses installations médicales. Des centaines de « clandestins » ont perdu la vie dans cette traversée périlleuse et la situation sociale de Mayotte est explosive. C’est la bombe à retardement laissée par VGE en 1975...

En faisant franchir un pas de plus à l’intégration de Mayotte dans la République, le gouvernement n’a pas pour autant de réponse à la question de ses relations avec les Comores et leur misère, et continuera d’expulser à tour de bras les « clandestins » de Mayotte, qui constituent une part non négligeable des 25 000 reconductions à la frontière dont Brice Hortefeux est si fier.

Et il y a bien sûr l’avenir de la Nouvelle-Calédonie, vingt ans après les accords de Matignon qui ont mis fin à une période de trouble dans le territoire situé dans l’océan Pacifique, et dix ans après l’accord de Nouméa qui donnait une feuille de route institutionnelle.

Mais, comme le constatait lors de cet anniversaire Christian Le Goff sur Rue89, rien n’est réglé à Nouméa. Sa conclusion :

« Dans un an, les électeurs calédoniens renouvelleront leur Congrès qui aura la charge de dresser la liste des compétences à transférer et préparer -ou reporter une nouvelle fois ? - l’organisation du référendum d’autodétermination prévu après la fin de cette prochaine mandature. Mais pour l’instant, et ce malgré les accords de Matignon et de Nouméa, aucune solution n’est prévue pour concilier définitivement les deux légitimités du Territoire, celle du premier occupant et celle de la majorité. »

Ce petit tour d’horizon non-exhaustif -on n’y a pas parlé de la Polynésie française ou de Saint-Pierre-et-Miquelon, deux territoires situés aux deux extrémités de cet empire français light- montre néanmoins que la « question des DOM-TOM », si elle n’est pas au cœur de l’actualité des Français, continue de se poser. Il n’est pas inutile, au minimum, que l’opinion dispose d’informations complètes. Et ne se laisse pas gagner par une indifférence qui précède toujours les réveils douloureux.

Article modifié le 1er décembre : la photo a été retirée car elle était prise aux Comores, certes, mais sur l’île d’Anjouan, qui n’appartient pas aux confettis de l’empire… Nos excuses pour cette erreur.

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  • kompaktniki
    kompaktniki
    s'il le savait lui même
    • Posté à 17h25 le 30/11/2008
    • Internaute 60686
      s'il le savait lui même

    Les expulsions de Mayotte se chiffrent à 16000 pour l’année 2007. Elles ne sont pas inclues dans les objectifs Hortefeux des 25000 expulsions, mais sont « en plus ». (Idem pour les expulsions de Guyane par exemple). A elles seules donc, les « éloignements » de Mayotte (dont plus de 2000 mineurs) équivalent à plus de la moitié des quotas de France métropolitaine... Pour finir : sur les 180 000 habitants de Mayotte, on compte plus de 45000 « irréguliers », qui bien évidemment participent à l’économie de l’île (agriculture, maraîchage...)

    • EulChe
      EulChe répond à kompaktniki
      Humaniste hère
      • Posté à 00h04 le 01/12/2008
      • Internaute 26715
        Humaniste hère

      Mayotte, où, depuis quelques mois de véritables rafles ont lieues.

      Il est d’ailleurs intéressant de jeter un oeil sur ce qui se passe sur cette ile de l’océan indien, seule présence française dans le canal du Mozambique mais... présence illégale au regard du droit international. En effet, selon les traités internationaux concernant les décolonisation il est formellement interdit de diviser un territoire.

      L’assemblée générale des Nations Unies, à la demande des Comorres a d’ailleurs condamné la France plus de vingt fois à cause de cette présence. Sans sanction évidemment puisque les sanctions sont décidées au Conseil de Sécurité où la France a un droit de véto. D’ailleurs, si je ne m’abuse la seule fois où la France a utilisé ce droit de véto seule contre tous c’est au sujet... de Mayotte.

      Mais finalement jusqu’en 95 la situation convenait assez aux comoriens qui bénéficiaient d’un droit d’entrée à Mayotte. Seulement le sieur Balladur a alors institué un visa pour aller d’Anjouan à Mayotte, ce qui a créé des clandestins là où il y avait surtout des familles qui allaient d’une ile à l’autre...

      • rmh
        rmh répond à EulChe
        • Posté à 00h59 le 01/12/2008
        • Internaute 13830

        Combien de Français savent, qu’effectivement, la présence française sur cette île est illégale ?

      • Ndjocka
        Ndjocka répond à EulChe
        irrégulier
        • Posté à 13h09 le 01/12/2008
        • Internaute 24567
          irrégulier

        Cher Eulchen, en quoi cette situation convenait-elle au Comoriens, comme vous l’affirmez ? Au contraire, ceux-ci ont toujours revendiqué Maoré (Mayotte) comme leur île, avant et après 95. N’importe quel comorien, au fin fond d’un village, vous dira que Maoré lui a été volé par les Français en 76, et que l’ONU, une fois de plus, fait preuve de bien peu de tenue..

        Massiwa ya atru ma né /
        Ngazidja, Mwali, Maoré, Ndzuani !

        (« Nos îles sont au nombre de quatre / Grande-Comore, Mouéli, Mayotte et Anjouan ! »)

         
        • EulChe
          EulChe répond à Ndjocka
          Humaniste hère
          • Posté à 13h58 le 01/12/2008
          • Internaute 26715
            Humaniste hère

          certes. Je ne nie absolument pas le fait que Mayotte ait été et soit toujours considéré comme comorienne par les comoriens, à juste titre ajouterais-je même.

          Cependant ce n’est pas le cas des maorés qui sont pourtant aussi comoriens. De plus le fait de pouvoir se déplacer d’Anjouan à Mayotte librement a quand même permis de nombreux échanges et rentrée de revenus pour les familles anjouannaises. De fait beaucoup de famille se sont adaptées au fait du roi et ont tenté légitimement d’en tirer un minimum de bénéfice. Jusqu’en 95 où le visa Balladur a radicalisé les choses.

    • Ibride
      Ibride répond à kompaktniki
      mal assis
      • Posté à 05h17 le 01/12/2008
      • Internaute 59337
        mal assis

      Bonjour, je suis intéressé par l’accés d’une information officielle concernant la non prise en compte des expulsions de Mayotte et de la guyane dans le quota des 25 000 reconduites annuelles.
      Un échange (je ne peux parler de discussion avec ces gens) avec un des responsables de la PAF (polices aux frontières) ne laissé pas entendre ce mode de gestion des chiffres.
      En tant que récent résidant sur cette Mayotte (et donc un peu secoué par ce phénomène majeur dans l’équilibre de cette société) je recherche a comprendre au mieux les mécanismes complexes et le poids des enjeux de ce mode de « gestion humaine » déshumanisant et symbolique des perversités politiques (mais aussi représentative des comportements archaïques dans les rapports humains encore manifestent à notre époque « moderne » :
      « nous sommes toujours plus moderne que la veille, mais rien ne prouve que nous sommes plus évolué pour aborder le lendemain avec plus de sens social, sens normalement révélateur d’un chemin d’évolution digne de nos capacités ......)

      Après pour ce qui est de la construction et de l’identité et la gestion actuelles des DOM-TOM ......... juste un peu plus officielle (disons moins caché) un peu plus établi (et encore pas reconnu sur Mayotte) que le dossiers FrançAfrique.

      Merci pour votre dispo dans le souci de faire partager de l’info.

      Ibride

      • kompaktniki
        kompaktniki répond à Ibride
        s'il le savait lui même
        • Posté à 08h48 le 01/12/2008
        • Internaute 60686
          s'il le savait lui même

        notamment sur Mayotte :
        1) Lien
        2) Le Droit des étrangers à Mayotte, Etude Gisti – MDM, juillet 2006
        3) Lien

    • Ouko
      Ouko répond à kompaktniki
      Citoyen réinformateur .....
      • Posté à 20h05 le 02/12/2008
      • Internaute 55260
        Citoyen réinformateur .....

      réponse à Kompak.....

      un pays n’est pas une auberge espagnole ....

      venez chez moi sans autorisation je vous expliquerez ...

      sur ce...

      mdr

  • miremond
    • Posté à 17h32 le 30/11/2008
    • Internaute 34942

    La photo c est ANJOUAN ou MAYOTTE ?

    • Marie-Sophie Keller
      Marie-Sophie Keller répond à miremond
      Ex-Rue89 mais toujours fan
      • Posté à 17h48 le 30/11/2008
      • Internaute 26936
        Ex-Rue89 mais toujours fan

      oups. C’est une manif sur l’île d’Anjouan aux Comores en mars 2008.

      • EulChe
        EulChe répond à Marie-Sophie Keller
        Humaniste hère
        • Posté à 23h54 le 30/11/2008
        • Internaute 26715
          Humaniste hère

        original en effet d’illustrer un article sur les Dom-Tom par une manifestation qui a lieu à Anjouan qui, comme chacun le sait (A part peut être Bob Denard et ses commanditaires), est une ile comorienne...

         
        • Ndjocka
          Ndjocka répond à EulChe
          irrégulier
          • Posté à 13h11 le 01/12/2008
          • Internaute 24567
            irrégulier

          Bien vu !

        1 autres commentaires
    • TARPON
      TARPON répond à miremond
      • Posté à 20h45 le 30/11/2008
      • Internaute 27263

      clic gauche sur la photo et glisser, on fait apparaitre texte et credits

  • kapoios
    • Posté à 17h33 le 30/11/2008
    • Internaute 32992

    « cet empire français light »

    mouais bon...

  • Juan Pablo de Tagéna - bloqué
    • Posté à 17h33 le 30/11/2008
    • Internaute 60349

    Giscard d« Estaing disait naguère que les Dom-Tom étaient les danseuses de la France. C’est vrai qu’ils coûtent très cher à la France ! Je voudrais bien savoir quel est le montant des aides sociales de tous genres qui sont payées par les métropolitains à ces départements. J’ai lu quelque part que depuis la création du RMI, les mouvements indépendantistes ont tous disparu comme par enchantement. D’autre part, on voit affluer vers ces territoires des immigrés ( Comores, Haîti, Surinam...) candidats au régime social français. La France a au moins réussi quelque chose : elle est considérée partout dans le monde comme le Royaume de l’Assistanat. D’autre part, si nous avions gardé nos colonies, aucune ne voudrait accéder à l’indépendance, tellement notre régime social est avantageux : c’est le JACKPOT ! ! Cela dit, le mouvement de revendications guyanais a l’air amplement justifié car l’essence y est vraiment trop chère. Et puis ce sont nos compatriotes : il est juste qu’ils bénéficient des mêmes droits que nous, du même régime social.

    • LeFaun
      • Posté à 17h50 le 30/11/2008
      • Internaute 40635
        Penseur

      Vous qui critiquez les « assistés » des Dom Tom, avez-vous oublié que la plupart de leurs habitants actuels sont des descendants d’hommes et de femmes déportés et réduits au travail forcé et à l’esclavage pendant plusieurs siècles, sans salaire ? Et vous trouvez qu’avec le RMI, qui n’atteint même pas les 400 euros par mois, ils sont coupables de ruiner les français de « métropole » (je hais aussi ce mot) ? Les créoles, dont je ne suis pas, mais je suis de tout coeur avec eux concernant leurs revendications, apprécieront.

      • Juan Pablo de Tagéna - bloqué
        • Posté à 18h59 le 30/11/2008
        • Internaute 60349

        Je fais des constatations, je ne porte aucun jugement. J’ai plusieurs amis antillais que j’aime bcp. Je les considère comme mes compatriotes et je trouve normal qu’ils bénéficient des mêmes droits et avantages que moi. J’aurais pu dire cela de certains départements métropolitains qui eux aussi coûtent cher à la France. Cela ne veut pas dire qu’il ne faut pas les aider. Dernier point : j’apprécie bcp Madame Taubira et en 2002, j’ai failli voter pour elle aux Présidentielles ! Rompez !

         
        • viva zebda
          viva zebda répond à Juan Pablo de Tagéna - bloqué
          Ni maître, ni croquettes
          • Posté à 19h48 le 30/11/2008
          • Internaute 25029
            Ni maître, ni croquettes

          je cite !
          « J’ai plusieurs amis antillais que j’aime bcp. Je les considère comme mes compatriotes et je trouve normal qu’ils bénéficient des mêmes droits et avantages que moi. »

          quel condescendance !

          JPT ; es tu bénévole,ou payé pour épendre ta bave
          ici

        1 autres commentaires
      • Gandijyn
        Gandijyn répond à LeFaun
        • Posté à 09h57 le 01/12/2008
        • Internaute 30465

        Sans doute, il en coûte un peu à la France d’entretenir grassement quelques privilégiés des îles françaises : Infrastructure ? social ? médical ? scolaire ? .../...

        On oublie souvent de dire « combien cela peut-il rapporter » à la France de persister à verser toutes ces petites contributions ?
        Or ? uranium ? produits des défrestations et pêche ? ... Tourisme ?

        Un « hors sujet », mais qui est bien le reflet du résultat de l’occupation de la France sur ces territoires :
        - Lien

        Le « Colon“(-nisateur) a toujours le même refrain, pleure toujours sur ce qu’il a lui-meme induit, dont les révoltes des populations locales (largement justifiées, par nécessité de survie ?).

        Pourquoi payer des ‘octroi de mer’ pour des Kw d’électricité produite sur place ? Idem pour le pétrole ! à qui profite réellement ces taxes ?

    • jyeden
      jyeden répond à Juan Pablo de Tagéna - bloqué
      khmer vert ( age des caverne, (...)
      • Posté à 17h59 le 30/11/2008
      • Internaute 20631
        khmer vert ( age des caverne, (...)

      les danseuses : c’est pas giscard, c’est pompidou qui disait ça

    • anacaona
      • Posté à 18h25 le 30/11/2008
      • Internaute 19962

      Bravo pour ce florilège de lieux-communs... Le plus beau, même si ce n’est pas le plus apparent : « les aides sociales payées par les METROPOLITAINS de ces départements » qui prouve définitivement que vous n’y connaissez rien. Parce que selon vous, les « locaux » ne payent pas d’impôts peut-être ? Heureusement que si, d’ailleurs, parce que les métros ne représentent que 12% de la population guyanaise et que certains touchent le RMI, eh oui, qui l’eut cru ?
      Très pernicieux en tout cas d’opposer les métros (allez, dites-le clairement, les Blancs) et les autres. Et bien non, ce n’est pas comme ça que ça se passe en Guyane. Il y a toutes communautés confondues, des profiteurs et des gens qui se battent à leur échelle pour que ça avance. Humain, trop humain

      C’est décidé, je vais faire une thèse sur « les représentations mentales de la Guyane chez ceux qui n’y ont jamais mis les pieds »

      • agnès93
        agnès93 répond à anacaona
        citoyenne
        • Posté à 18h47 le 30/11/2008
        • Internaute 56448
          citoyenne

        @anacaona
        LE marié 4 mouflets n’est autre qu’un troller-catho, employé-pollueur à plein temps pour maintenir la pression des thèses qui ont permis à son maître d’être au Pouvoir.

         
        • anacaona
          anacaona répond à agnès93
          • Posté à 18h53 le 30/11/2008
          • Internaute 19962

          m.... alors ! Moi qui m’étais bien juré de ne jamais répondre aux provocations des trolls, je viens de me faire avoir ! ! ! la passion m’a fait perdre...la raison. Mea culpa

          • Jonas2
            Jonas2 répond à anacaona
            Les mouches ne me trouveront (...)
            • Posté à 19h40 le 30/11/2008
            • Internaute 19359
              Les mouches ne me trouveront (...)

            Non anacoana !
            Surtout pas de culpabilisation. Juan pedro fait ce travail formidable qui consiste à faire voir clairement qui sont les soutiens de Sarko et les tréfonds de leur idéologie assez rance pour nous rappeler d’autres périodes.
            Il sert à instruire ceux qui n’auraient pas encore compris.

        2 autres commentaires
      • Guyanalive
        Guyanalive répond à anacaona
        Travailleur indépendant
        • Posté à 19h18 le 01/12/2008
        • Internaute 60797
          Travailleur indépendant

        Il parait que les élus de la région Guyane veulent abandonner une partie de leur salaire en signe de solidarité avec la population présente sur les barrages. Ce serait un signe fort de solidarité. Il faut voir si ça se vérifie dans les faits ! !

    • viva zebda
      viva zebda répond à Juan Pablo de Tagéna - bloqué
      Ni maître, ni croquettes
      • Posté à 18h34 le 30/11/2008
      • Internaute 25029
        Ni maître, ni croquettes

      jean pol de la tajine,quel troll tu fais
      petes ton clavier ,ca nous ferra des vacances

    • Ariivaimato
      • Posté à 09h46 le 01/12/2008
      • Internaute 41432
        ...

      Pour information, le RMI n’a pas été mis en place en Polynésie Française, et puis on s’est quand même pris les essais nucléaires dans la tronche (faut croire que c’est plus écologique à Mururoa que sur le plateau du Larzac). Les aides sociales françaises ne suffisent pas à compenser cela.

      D’autre part je peux vous assurer que dans les colonies françaises restantes, on n’efface pas l’esprit d’indépendance à coup de subventions.

      et ne parlons pas de patriotismes s’il vous plait, ce mot me fait mal aux oreilles.

  • Souflette
    Souflette
    Chomage
    • Posté à 17h34 le 30/11/2008
    • Internaute 60688
      Chomage

    Que disent les mouvements indépendantiste de l’ile ? est - ce du petit lait cette crise justement ?

    • a déménagé le 10 décembre
      • Posté à 17h56 le 30/11/2008
      • Internaute 42623
         ? ? ?

      La Guyane n’est pas une île ! ! ! Et les indépendantistes Guyanais auraient du mal à faire une belote (il leur manquerait un 4ème !). De plus il ne sont pas fondés, étant donné qu’il ne s’agit pas d’indiens autochtones mais d’allochtones créoles provenant des Antilles.
      Si par contre, tu parlais de Mayotte, ça va être dur de trouver des indépendantistes... ils voient ce que donnent Anjouan, Mohéli ou la grande Comore !

      « la situation sociale de Mayotte est explosive. C’est la bombe à retardement laissée par VGE en 1975... » il fallait faire quoi ? priver de l’indépendance 3 îles qui la demandaient par référendum démocratique, ou obliger Mayotte à quitter la France alors que une très large majorité s’était prononcé contre l’indépendance ...

      • anacaona
        • Posté à 18h46 le 30/11/2008
        • Internaute 19962

        - « La Guyane n’est pas une île », pour le moment, on est d’accord !

        - « Les indépendantistes guyanais( les 3 qui ne peuvent donc pas faire une belote) seraient des allochtones créoles provenant des Antilles ». J’ai beau retourner ce scoop dans ma tête, je ne comprends pas. Pouvez-vous préciser ?

        - Si je vous suis, il faut être indien autochtone pour avoir le droit de prétendre à devenir indépendant. Effectivement, c’est ainsi qu’a eu lieu l’indépendance des colonies américaines, c’est bien connu ! Honte à mes profs d’Histoire du lycée d’avoir délibérément caché ce pan méconnu de l’histoire coloniale.

         
        • a déménagé le 10 décembre
          • Posté à 13h05 le 01/12/2008
          • Internaute 42623
             ? ? ?

          Je dit simplement que si des personnes sont fondées pour réclamer l’indépendance, ce sont les amérindiens (or, en Guyane ce ne sont pas eux qui réclament l’indépendance).
          Si demain, dans le Limousin, une minorité d’allochtones (ne serait ce que de la région voisine) réclament l’indépendance alors que la majorité autochtones+allochtones ne la souhaite pas : serait ce une situation normale ? ? ?
          Votre professeur d’histoire n’a pas dû oublier de vous dire que les premiers états américains qui ont obtenus l’indépendance ne correspondaient pas (de très loin) à l’ensemble des USA actuels mais à une superficie très inférieure et à l’époque, dans les états qui ont obtenu l’indépendance, la très grande majorité des indiens étaient en dehors de ces quelques états.
          De toutes façons, pour eux colonisation anglaise ou américaine, ça devait être la peste ou le choléra....

          • anacaona
            • Posté à 19h38 le 01/12/2008
            • Internaute 19962

            J’entends bien, mais vous n’avez toujours pas expliqué ce que vous entendez par « allochtones créoles provenant des Antilles ».

            • a déménagé le 10 décembre
              • Posté à 20h25 le 01/12/2008
              • Internaute 42623
                 ? ? ?

              allochtones : différents d’autochtones (donc tous ceux qui ne sont pas amérindiens) !
              provenant des Antilles : en majorité d’origine Guadeloupéenne et Martiniquaise
              Je ne vois pas ce qui était à expliquer...

          • Gandijyn
            • Posté à 22h40 le 01/12/2008
            • Internaute 30465

            Comment pourrait faire les Amérindiens pour manifester une quelconque demande d’indépendance ?
            - ils ont été vaccinés à l’arrivée des colons
            - convertis au Kto qu’ils en perdent leurs traditions (c.f. Tristes Tropiques - reportage récent d’Arte)
            - une grande partie massacrée
            - le reste est alcoolique ou intoxiquée au mercure, savent presque plus pêcher, ni chasser
            - les autres reniflent des relents de propergols
            - les derniers sont embauchés aux environs de Kourou, dont base spatiale ... pour finir dans des clapiers, avec TV dernier cri ( !)

            Nous allons attendre la prochaine incarnation d’un « Claude Levi-Strauss » afin de les empailler pour le musée du quay Branly ? Dans de quelques années, ils feront joyeusement partie de la liste incantatoire des associations de défense (mémoire ?) des « peuples premiers » (Arutam, Shane, ou Root des peuples), si le Conseil des Chamans y pense.

            • a déménagé le 10 décembre
              • Posté à 18h26 le 02/12/2008
              • Internaute 42623
                 ? ? ?

              Bonjour
              mon passage en Guyane date de 17 ans mais je n’avais pas une vision aussi désespérée de la situation (en tout cas vers Awala Yalimapo et St Laurent du Maroni, bien qu’il y ait de l’alcoolisme et de l’acculturation.

              • Gandijyn
                • Posté à 02h29 le 03/12/2008
                • Internaute 30465

                Awala s’en sort mieux que les autres Amérindiens des 7 plateaux de(s) Guyane(s) !
                L’ancien maire, Paul H., ex-représentant du peuple Amérindien, était (est ?) aussi tech sur la Base du CSG. et comme tout bon citoyen, a investi dans un restaurant à Kourou.
                Le village s’en est sorti grâce aux fonds reçu en subvention, les salaires cumulés et, sans doute quelques concessions avec les élus locaux (famille Cast.. et Cie), et aussi par les plages de ponte des tortues luth.

                Simplifié, le reste la Guyane est « contrôlé » par pluieurs clans :
                - Les « Guyanais » (familles créoles anciennes, incrustées dans le Conseil Général et quelques postes de maires, avec des actions limitées - on leur laisse croire qu’ils ont du Pouvoir)
                - Les « Libanais » (pour le commerce et banques)
                - les « Chinois » et « Mhongs » pour le commerce et maraîchage de Cacao depuis VGE ans les années 70 ( ?)
                - Les « Antillais » pour les tertiaire Kourou (secrétariat, gestion, ...)
                - Les « Brésiliens » pour les Charpentes, maçonnerie
                - Les « Saramaka » et haïtien ( ?) pour la Sécurité et entretien des espaces verts (jardinage)
                - les « Surinamiens » pour la survie
                - les Européens, les gras manuel et intellectuels

                Les systèmes mafieux y sont présents, plus visibles qu’en France, car l’accès par route est réduit, et ce dans toutes les communautés, le nombre d’habitants (officiel) limité à 200-250.000h, et plus ou moins accepté (officieusement), dès lors qu’il n’y a pas trop de casse, et tout le monde « se connaît ».

                Derrière se cache les « mariage blancs » (toutes communautés - y’a de l’ingénieur à croquer, la carte de résident, la sécu, l’école, ...), les adoptions facilitées avec le Brésil, la drogue (plaque tournante Brésil, Equateur, Pérou), la recherche de l’or, le transit des pierres semi-précieuses du Brésil, ... deux hôpitaux, véritables « gouffres financiers », monopole en ligne aérienne. Bref...
                Un vrai folklore où il fait bon vivre, tant qu’on se fait pas casser (soi-même ou couple) par jeux ou volontés idiotes (département où à lieu le plus grand taux de divorce)... des agents expat qui reviennent (seul ou accompagnés) à l’aise financièrement car économiseur, ou alcooliques (fêtard n’ayant rien voulu rater de soirées)...

                Il y a eu une thèse en 2006 (à mon avis, intéresante)
                Les métropolitains en Guyane : Une intégration sociale entre individu et groupe culturel
                - Lien

        6 autres commentaires
      • Ndjocka
        Ndjocka répond à a déménagé le 10 décembre
        irrégulier
        • Posté à 13h24 le 01/12/2008
        • Internaute 24567
          irrégulier

        kazhkoad, en 1975, la République Fédérale Islamique des Comores était UN pays composé de QUATRE îles. La majorité de la population, lors du référendum, a réclamé l’indépendance. Vous appliquez, dans votre raisonnement, la methode de l’Etat français qui à l’époque, à choisi arbitrairement, et unilatéralement, d’interpréter les résultats en sa faveur (afin de garder un pied-à-terre dans coin de planète ô combien géostratégique) et de morceler un Etat souverain. Qu’importait la Justice !

         
        • a déménagé le 10 décembre
          a déménagé le 10 décembre répond à Ndjocka
           ? ? ?
          • Posté à 20h53 le 01/12/2008
          • Internaute 42623
             ? ? ?

          Mayotte a voté deux fois contre l’indépendance ! et n’a jamais fait partie de la la République Fédérale Islamique des Comores (qui fait suite à la déclaration unilatérale d’Ahmed Abdallah).
          S’ils ne voulaient pas l’indépendance, suite à une consultation démocratique, on allait quand même pas les obliger ! ! !
          Si je suis votre raisonnement, Mayotte aurait dû devenir indépendante contre son gré (sous couvert de justice) ? ? ?
          LA France a respecté la voix des urnes (elle n’a pas « d’interprété les résultats en sa faveur (afin de garder un pied-à-terre dans coin de planète ô combien géostratégique) et de morceler un Etat souverain » : il n’y avait pas d’état souverain morcelé et pour garder un pied à terre dans un coin stratégique, il n’est pas nécessiare de le garder comme territoire français (cf Djibouti)

          • nanouel
            nanouel répond à a déménagé le 10 décembre
            retraité
            • Posté à 14h35 le 02/12/2008
            • Internaute 60137
              retraité

            ERREUR ! EN 1958, Mayotte FUT LA SEULE ÏLE COMORIENNE A VOTER pour l’indépendance ! On a bien forcé ses habtitants à rester coLonisés. ! ! ! !
            Pourquoi la logique devrait-elle être à géométrie variable ? ? ? Logique de les contraindre en 1958, et illogique en 1974 ? ? ? ?
            la FRANCE avait accepté et SIGNE en 1974 les accords de referendum et s’était engagé à les cnsidérer globalement !
            Elle a trahi sa propre signature ! !
            quelles sont donc les colonies qui ont voté l’indépendance à 100% !

            De plus, revisez votre géographie, les COMORES sont morcelées géographiquement, mais en aucun cas politiquement, sociologiquement, ethniquement !

        2 autres commentaires
  • verythé
    verythé
    (ektoplasme)
    • Posté à 17h38 le 30/11/2008
    • Internaute 57511
      (ektoplasme)

    Pour le financement de la réalisation du film Le Code Noir de Dieudonné :

    ENRICHISSEZ VOUS en
    signant la pétition avant le 01/01/2009 !

    A l’attention de : Comité National de la Cinématographie
    « Suite au boycott par les médias, je lance, en parallèle d’un appel de fond pour le tournage du film LE CODE NOIR, une pétition citoyenne pour faire part au CNC, Centre National de la Cinématographie (NDLR : qui finance en partie un certain nombre de films réalisés en France) de la volonté populaire de voir ce film être financé comme n’importe quel autre. »D.

    SOYONS COURAGEUX : rdv nombreux sur mes opinions.com

  • agnès93
    agnès93
    citoyenne
    • Posté à 17h53 le 30/11/2008
    • Internaute 56448
      citoyenne

    Tout en lisant l’article, je viens de me souvenir des DOM-TOM et de leurs citoyens qui sont aussi français.
    La distance nous sépare totalement de leur quotidien, à en oublier leur existence. Et pourtant...
    Merci pour cet article qui nous relie à la vie de nos concitoyens de la France de là-bas, singulièrement absents de nos écrans en leurs diversités, leurs problèmes et leurs espérances.

  • anacaona
    • Posté à 18h06 le 30/11/2008
    • Internaute 19962

    « Métropole » : je comprends Pierre Haski que ce mot vous hérisse ; à moi-aussi... mais il n’en existe pas d’autre qui dise mieux les liens très particuliers qui l’unissent aux « confettis de l’empire » (soit dit en passant, gros gros confetti, la Guyane, avec sa superficie égale à celle du Portugal » !). Ce terme, issu de la période coloniale a persisté et ce n’est certainement pas par hasard.

    En revanche, si l’on veut parler de la « métropole » comme d’un lieu géographique, et qu’on est enseignant on s’efforce de dire à nos élèves l’Hexagone ou la France hexagonale.

    Et même si on est « Métro », au bout de quelques années en Guyane, on a tendance à dire « la France », sans pour être pour autant forcément indépendantiste. Car on aura beau faire, on aura beau dire (et ce qui se passe en ce moment en est la vivante illustration), la Guyane, ce n’est pas la France...

    • fde
      fde répond à anacaona
      technicien
      • Posté à 10h01 le 01/12/2008
      • Internaute 49800
        technicien

      « Car on aura beau faire, on aura beau dire [...] la Guyane, ce n’est pas la France… »

      Je suis moi-même ultra-marin, et je vous répliquerai que l’outre-mer que je connais est française, de coeur et de culture. Je ne peux certes pas parler pour la Guyane...

      Pourquoi n’est-ce pas la France ? Pour des questions de spécificité culturelle ?

      Ouvrez les yeux. La France est multi-culturelle et métissée maintenant. Et la différences avec l’outre-mer s’estompe.

      • anacaona
        anacaona répond à fde
        • Posté à 11h39 le 01/12/2008
        • Internaute 19962

        Ce que je voulais dire, et le contenu de ma parenthèse (que vous n’avez pas repris) allait dans ce sens, concernait bien davantage la façon dont l’Outre-mer est souvent considéré et traité par l’Hexagone. Cela aussi bien par la classe politique, les journalistes ou le citoyen lambda.Trois exemples :

        - le « je vous aime » de Papa Sarko qui fleure bon le paternalisme d’un autre temps (vous le voyez dire ça aux Franciliens ?)
        - le traitement de la crise en Guyane par la majorité des médias nationaux
        - les contributions de certains internautes sur les blogs des journaux en ligne

        PS Si j’aime tant la Guyane, c’est plus pour la richesse de son immense métissage que pour sa « spécificité culturelle »

         
        • fde
          fde répond à anacaona
          technicien
          • Posté à 12h01 le 01/12/2008
          • Internaute 49800
            technicien

          Pas de PB. On s’est compris. Cette réponse visait juste à lever une ambiguïté.

          « vous le voyez dire ça aux Franciliens »

          Population francilienne qui est elle-même métissée.

          C’est vrai que cette persistance des clichés est sidérante. Et surtout contre productive : si on veut utiliser les avantages réels que constitue le fait d’avoir des morceaux de territoire sur l’ensemble du globe, il faut déjà commencer à les prendre au sérieux... avec des vrais projets et des visées régionales.

          Bien entendu, si la France c’est :
          - l’IDF qui travaille
          - le sud, où il y a vacances perpétuelles
          - le nord glacial (chti’land)
          - les îles cocotier
          - et rien au milieu ou en dehors,
          on ne va pas bien loin...

        1 autres commentaires
  • chemineau paul
    chemineau paul
    citoyen du monde
    • Posté à 18h07 le 30/11/2008
    • Internaute 59858
      citoyen du monde

    La France en a fini avec cette époque où elle possédait un véritable empire colonial. Il arrive même qu’elle ait honte de ses agissements passés dans ces contrées africaines, asiatiques ou océaniques.
    La colonisation de peuples « sous développés » par des peuples « supérieurs » que ce soit pour leur apporter la « civilisation » ou pour leur voler leurs richesses a toujours laissé des cicatrices profondes. Dans la plupart des cas, les peuples d’origine ont réussi à reprendre la main dans leur territoire au prix de grandes souffrance et de bains de sang.
    Mais que doit faire l’occupant quand les liens du temps sont si importants.
    Quelle est la différence entre la colonisation bânie et ce qui se passe à Mayotte ? Les mahorais, d’origines malgaches, comoriennes ou africaines sont une minorité à parler le Français. Le peuple est à 90 % musulman et tente de perpétuer des règles de vie locales que les Mzoungous (les français de métropole) tentent et réussissent petit à petit à « adapter » aux règles de la République.
    Pour exemple, là où certaines familles occupaient le territoire depuis des générations, la nation les chasse au nom du plan cadastral et de l’économie touristique (les « propriétaires » locaux n’existant pas au sens de leurs habitudes ancestrales, les jeunes et leurs familles occupant les espaces vides de grè à grè ne possèdent en général pas de titre de propriété). Alors même que l’île regoge de richesses naturelles pouvant satisfaire une population locale adaptée à un rythme de vie naturel.
    La civilisation amène l’école pour améliorer la transmission des connaissances, elle amène la médecine moderne et financièrement inabordable pour supplanter la médecine naturelle. Elle amène aussi la consomation d’alcool, et bien d’autres besoins de consomation jusques là ignorés.
    Cette même « colonisation » coupe les liens entre les familles qui jusqu’aù référendum de 1975 étaient naturellement dispachées sur l’ensemble des îles des comores.
    La France déploie des moyens financiers énormes pour soutenir une économie locale sans aucune ressource d’exportation si ce n’est la beauté naturelle des paysages rapidement pollués par tous les déchets issus de la « civilisation ».
    Et pourtant, rendre le territoire à ses occupants naturels et la quitter avec toute notre « civilisation » bien et malfaitrice serait un crime tant les peuples locaux sont déjà « intégrés » et avides des paillettes que nous leur offrons.

    • fde
      fde répond à chemineau paul
      technicien
      • Posté à 10h12 le 01/12/2008
      • Internaute 49800
        technicien

      « La France déploie des moyens financiers énormes pour soutenir une économie locale sans aucune ressource d’exportation si ce n’est la beauté naturelle des paysages rapidement pollués par tous les déchets issus de la “ civilisation ”. »

      Pfff...

      Il y aurait des tas d’opportunités pour développer la Guyane, selon moi.

      Déjà la dimension européenne de l’aérospatial ; et n’oublions pas l’étendu du territoire, les ressources naturelles, et surtout son inclusion dans l’espace sud-américain... le géant brésilien...

      Non, ce qui manque ce ne sont pas les opportunités, mais les vrais projets politiques.

      La situation est bien plus difficile pour les îles...

      Pourtant, même dans ce cas précis, je ne comprend pas pourquoi la France ne s’appuie pas un peu plus sur ses territoires ultra-marins pour sa politique extérieure dans ces régions...

  • N.MARECHAL
    • Posté à 18h09 le 30/11/2008
    • Internaute 9175

    Je ne comprends plus très bien... Faute d’information il semblerait qu’au départ, les transporteurs (scolaires notamment) ont fait grève à cause du prix de l’essence.

    Qu’ensuite sous la pression le prix de l’essence est redescendu, mais le mouvement de mécontentement ne concernerait plus seulement le prix de l’essence à présent et que le mouvement serait toujours aussi puissant.

    Vrai ou pas ?

    Le manque d’information sur ces départements est tout simplement incroyable.
    En attendant tout va bien, dormez bien ! ! !

    • kompaktniki
      kompaktniki répond à N.MARECHAL
      s'il le savait lui même
      • Posté à 18h17 le 30/11/2008
      • Internaute 60686
        s'il le savait lui même

      je crois que le manque d’information est surtout valable pour les « grands medias » nationaux. Pour qui veut se donner la peine, il y a tout à lire et à comprendre sur la Guyane, Mayotte, la Nouvelle Calédonie... Des sites internet existent, la presse plus ou moins indépendante également, et puis, il y a des rapports parlementaires, des rapports d’ONG... Bref, c’est toujours pareil : les medias nationaux sont très très peu curieux. Rien de spontané, il faut allez tout tirer soi-même. C’est triste.
      Merci à rue89 pour ce type de reportage un peu décalé - cela avait déjà été le cas sur Mayotte a plusieurs reprises.

      • N.MARECHAL
        N.MARECHAL répond à kompaktniki
        • Posté à 19h01 le 30/11/2008
        • Internaute 9175

        C’est vrai vous avez raison, mais quand même.

        En rentrant d’un grand voyage il y a 15 jours, j’ai voyagé à coté d’une jeune femme des Pays Bas. Entre mon mince journal « le monde » avec des articles assez merdiques et peu argumenté, j’ai pu comprendre que ma voisine, disposait elle d’un vrai journal avec de vrais informations...

        Ca m’a coupé le moral tout net. Imaginez, elle est belle, elle est informée, elle est heureuse, et moi, j’ai un journal sans intérêt, je rentre en France et j’ai Sarko et sa bande. Allez, ça va je rigole … j’aime trop mon pays mais quand même.

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