A débattre 30/11/2008 à 17h06

Les labos pharmaceutiques sabotent les génériques

David Servenay | Ex-Rue89



’Where there’s a will there’s a way’, œuvre de Damien Hirst exposée à New York en février 2008 (Chip East/Reuters).


Certains rapports de la Commission européenne décortiquent magistralement les pratiques de lobbying des grands groupes. C’est le cas du rapport préliminaire sur les ententes et abus de position dominante de l’industrie pharmaceutique, présenté par Nelly Kroes, commissaire à la concurrence. Ou comment les labos utilisent toutes les ficelles pour ralentir la percée des médicaments génériques. Revue des moyens de pressions.

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La Commissaire à la concurrence ne manie pas la langue de bois, lorsqu’elle résume les résultats de l’enquête lancée en janvier 2008 par ses services :

« Si je suis dans une situation privilégiée et que je sais que vous allez entrer dans mon jardin, alors j’essaye de m’entendre avec vous : vous obtenez un peu d’argent et vous restez en dehors de mon jardin. »

Nelly Kroes a de quoi étayer son propos (télécharger son rapport ci-contre). Bruxelles a lancé des perquisitions dans les plus grands laboratoires pharmaceutiques : Pfizer et Merck (américains) AstraZeneca et GlaxoSmithKline (britanniques) ou encore Sanofi-Aventis (français). Le sort de 219 médicaments a été scruté à la loupe sur la période 2000-2007. Objectif : comprendre comment les laboratoires pharmaceutiques se comportent vis-à-vis de leurs concurrents promoteurs des médicaments génériques.

Comme le soulignent d’emblée les enquêteurs, l’enjeu est majeur :

« Le marché des médicaments avec et sans ordonnance a une valeur de plus de 138 milliards d’euros au prix “sortie d’usine” et de 214 milliards au prix au détail, ce qui se traduit en 2007 par une dépense au détail de 430 euros pour chaque citoyen de l’UE. »

Leurs conclusions sont accablantes, dessinant les lignes du parfait petit manuel du lobbying pharmaceutique.

La bataille des brevets : 420 millions d’euros

Premier moyen pour empêcher un concurrent de s’implanter : mener une véritable guérilla procédurale, sur le fondement des brevets qui protègent les nouveaux médicaments. Sur la période, les enquêteurs ont recensé « 1300 contacts et différends, hors juridiction, liés aux brevets et concernant le lancement de produits génériques ». Le nombre de litiges (68) a été multiplié par quatre, pour une durée moyenne de 2,8 années.

La France
mauvaise élève


Est-ce lié au poids de l’industrie pharmaceutique ? En tout cas, la France est cataloguée comme l’un des plus mauvais élèves européens en matière de promotion des génériques : « La part des médicaments génériques varie significativement d’un Etat Membre à l’autre. En valeur, la part des médicaments génériques est la plus forte en Pologne (56%), au Portugal et en Hongrie (tous deux 32%), et la plus faible en Irlande (13%) en France (15%) et en Finlande (16%). »

En clair, les labos cherchent à retarder le plus possible l’arrivée des génériques, à partir de l’expiration des brevets. En multipliant les protections juridiques : un médicament a fait l’objet de 1300 brevets ! En sachant pertinemment que les recours sont dilatoires :

« La majorité des litiges devant les juridictions ont été initiés par les entreprises innovantes (les labos, ndlr). Cependant lorsqu’une décision finale de justice a été rendue, les entreprises de génériques l’ont emporté dans la majorité des cas (62%). »

Cette guérilla coûte des fortunes. Elle est estimée sur sept ans à 420 millions d’euros. Conclusion :

« Les résultats préliminaires de l’enquête montrent que les entreprises innovantes se sont engagées dans des stratégies dites “stratégies de brevet de défense” (“defensive patent strategies”). Les brevets relevant de cette catégorie ont été utilisés principalement dans le but de bloquer le développement d’un nouveau médicament concurrent. »

Le business de l’arrangement amiable

Deuxième méthode, plus subtile, pour amortir l’émergence des génériques : l’arrangement amiable. Là encore, cette pratique tend à se développer :

« Entre 2000 et juin 2008 plus de 200 règlements amiables couvrant 49 médicaments ont été conclus. »

Le rapport préliminaire ne fournit que peu de détails sur le contenu de ces arrangements. Sauf qu’ils incluent en général des accords de licence. Ce qui est certain, c’est qu’ils rapportent pas mal d’argent aux détenteurs des brevets :

« Les paiements directs se sont produits dans plus de 20 règlements amiables et le montant total de ces paiements directs des entreprises innovantes vers les entreprises de génériques a excédé 200 millions d’euros. »

En filigrane, la commissaire à la concurrence suggère que ces « règlements amiables » donnent lieu à d’intenses pressions de la part des labos, y compris entre eux, puisque de grands noms de la pharmacie sont aussi producteurs de génériques.

Interventions sur les autorités et les grossistes

Troisième méthode pour mettre des bâtons dans les roues des fabricants de génériques, les interventions à différents niveaux de la chaîne de commercialisation. Le premier est celui de l’autorisation de mise sur le marché (AMM), présente dans tous les pays de l’Union, surtout ceux qui usent d’un contrôle des prix.

Dans ce cadre, les labos n’hésitent pas à pratiquer des véritables opérations d’intox auprès des agences publiques qui délivrent ces AMM :

« Les entreprises innovantes ont fait valoir dans leurs interventions que les produits génériques étaient moins sûrs, moins efficaces et/ou de moindre qualité. Elles ont aussi soutenu que les autorisations de mise sur le marché et/ou l’obtention du régime de fixation des prix et de remboursement pourraient enfreindre leurs droits émanant des brevets, quand bien même les agences responsables des autorisations de mise sur le marché ne peuvent pas prendre cet argument en compte. »

Or, en cas de litige lié au brevet, les labos n’ont obtenu des décisions favorables que dans 2% des cas. Mieux : après les agences publiques, les industriels mettent tout en œuvre auprès de la chaîne commerciale :

« Enfin, il existe des indices selon lesquels les entreprises innovantes essaient d’influencer la chaîne de distribution (les grossistes) et les sources d’approvisionnement de principes pharmaceutiques actifs nécessaires à la production du médicament en question. »

Le rapport n’en dit pas plus, mais il souligne que les officines sont de plus en plus la cible des laboratoires, qui cherchent ainsi à contrôler directement la distribution de leurs produits.

Les médicaments de seconde génération

« Last, but not least » : la méthode dite des « follow on products ». En Français, les médicaments de seconde génération. Lorsqu’une molécule tombe dans le domaine public, le laboratoire élabore un médicament très proche, mais avec une molécule légèrement modifiée.

Pour la période considérée, cela concerne environ 40% des médicaments susceptibles faire l’objet d’un générique. Et surtout les plus chers. Le modus operandi des laboratoires est alors très simple :

« Afin de lancer avec succès une seconde génération de médicament, les entreprises innovantes entreprennent d’intenses efforts de marketing dans le but de faire passer un nombre substantiel de patients au nouveau médicament avant l’entrée sur le marché d’une version générique du produit de première génération. Si elles réussissent, la probabilité que les entreprises de génériques soient capables d’obtenir une part de marché significative décroît de manière importante. »

Dans le cas contraire, le générique a toutes les chances de s’imposer. Les sommes consacrées au marketing prennent alors tout leur sens :

  • 17% du chiffres d’affaires provenant des médicaments sur ordonnance est investi en R&D, mais seulement 1,5% sur la recherche fondamentale ;
  • 23% du chiffre d’affaires est consacré à la commercialisation et à la promotion.

Tout cela n’est pas sans conséquence pour les budgets publics, puisque la commission relève que les génériques ont permis d’économiser 14 milliards d’euros. Mais que, sans ces manœuvres de l’industrie, la collectivité aurait pu s’épargner 3 milliards de plus.

Réponse du président de la Fédération européenne des associations et industries pharmaceutiques (EFPIA), Arthur Higgins (patron de la branche santé du groupe Bayer) :

Le rapport « surestime le niveau et les raisons des retards dans l’accès des génériques au marché ». C’est « une occasion manquée » de s’attaquer au manque de concurrence entre médicaments génériques. « Nous sommes favorables à un marché des génériques efficace » car ils « dégageront des économies qui pourront être réinvesties ».

Le rapport final est prévu pour le printemps 2009.

Photo : ’Where there’s a will there’s a way’ (« Quand on veut, on peut »), œuvre de Damien Hirst exposée à New York en février 2008 (Chip East/Reuters).

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  • kevangel
    kevangel
    Chercheur
    • Posté à 19h42 le 30/11/2008
    • Expert 24356
      Chercheur

    Allez voir le salaire d’un chimiste et comparez avec celui d’un trader. Ensuite vous pourrez revenir nous raconter, je suis curieux d’avoir votre opinion.

  • papy55
    papy55
    prof. en province
    • Posté à 17h36 le 30/11/2008
    • Internaute 24237
      prof. en province

    Les labos pharmaceutiques ont pressé le citron de la sécu jusqu’à ce qu’il soit sec !

    Ils savent que les assurances privées vont prendre le relai, ils ont donc intérêt à maintenir les prix de leurs produits à leur plus haut niveau et à bloquer les génériques pour avoir le gâteau le plus gros possible à partager avec les assureurs !

    La santé des malades n’est pas leur préoccupation majeure, c’est la santé de leurs finances !

    Que font-ils avec les médicaments qui leur rapportent ?

    Ils ont la même démarche que les constructeurs automobiles, qui renouvellent un peu les carrosseries en n’apportant pas grand chose à la mécanique, ajoutent quelques gadgets, communiquent beaucoup sur les « progrès » en matière d’écologie et de sécurité, organisent l’obsolescence de leurs anciens modèles, tout cela afin de lancer les nouveaux qu’ils peuvent vendre avec plus de bénéfices.

    • FabiendeMénilmontant
      FabiendeMénilmontant répond à papy55
      journaleux - blogueur
      • Posté à 19h29 le 30/11/2008
      • Internaute 14145
        journaleux - blogueur

      @ côté de cela, il y a aussi la sécu qui fait parfois du zèle.

      sur la dizaine de médicaments que je prends en permanence, il n’y en a que quatre que je ne prends pas en générique (un qui n’existe pas en générique… alors que je le prenais en 1969 déjà) et trois autres (un qui n’existe pas encore, et deux qui existent) ; ma spécialiste ne veut pas que, pour cette spécialité, je prenne des génériques à causes des adjuvants.

      la sécu, une fois, m’a appelé pour me reprocher deux médicaments : un qui n’existait en générique que depuis deux semaines (je ne peux de toutes façons pas l’inventer si on ne me le propose pas et il avait moins d’un an en France) et un dont la boîte coûte moins de deux euros (à raison de trois boîtes/mois, sur une facture mensuelle de 235 €, ce n’est pas énorme).

      sujet bien résumé David.

      • Bernard_du_Nord
        • Posté à 08h31 le 01/12/2008
        • Internaute 4766

        « ma spécialiste ne veut pas que, pour cette spécialité, je prenne des génériques à causes des adjuvants. ».

        Effectivement, la même molécule (principe actif) se retrouve dans un générique, mais c’est tout. Le générique n’est donc pas une « copie » exacte du médicament, les excipients sont donc différents (et même différents selon le fabricant du générique) et peuvent donc avoir une interaction avec la molécule active.

        Certains laboratoires mettent d’ailleurs parfois le médicament initial au même prix (et parfois moins) que celui du générique. Alors, comment fait-on pour s’y retrouver ?

         
        • FabiendeMénilmontant
          FabiendeMénilmontant répond à Bernard_du_Nord
          journaleux - blogueur
          • Posté à 11h24 le 01/12/2008
          • Internaute 14145
            journaleux - blogueur

          Il y a aussi d’autres bizarreries dans les prix, Bernard.
          Une spécialité que je prends (AMM de 2002) ne cesse de baisser ses tarifs et coûte actuellement 10 à 20 % de plus que les cinq autres qui existent (et non 30, comme on s’époumone à nous le dire).

          A côté de cela, une autre spécialité que je prends aussi (AMM octobre 2007 ; pas de générique en France) baisse déjà ses prix. Près de 5 % de baisse en huit mois. Ce médicament est vendu dans plein de pays depuis 7 à 8 ans, et en Europe depuis 3 à 5 ans, selon les pays. Il n’y a qu’en France qu’il n’entrait pas. Bien qu’en situation de monopole (en France), il anticipe sur l’arrivée des génériques, lui !

        1 autres commentaires
    • kevangel
      kevangel répond à papy55
      Chercheur
      • Posté à 21h08 le 30/11/2008
      • Expert 24356
        Chercheur

      Vous avez raison, les entreprises pharmaceutiques essaient de gagner le plus possible, mais quelle entreprise ne le fait pas ? Ce qui compte c’est que dans toutes les pratiques dénoncées dans l’article, il me semble qu’il n’y a rien d’illégal.
      Le vrai problème c’est l’inaction des pouvoirs publics et des médecins. Ce sont les médecins qui prescrivent les médicaments et la sécu qui les rembourse, ce sont eux les responsables du faible nombre de génériques. On ne va quand même pas reprocher aux fabricants de vouloir vendre le plus possible, c’est au client de ne pas se faire avoir ! D’ailleurs comment se fait-il que les autres pays consomment plus de génériques, ce sont pourtant les mêmes labos partout. Ne serait-on pas un peu trop des moutons à suivre le marketing des vendeurs bêtement au lieu de garder un esprit critique ?

      • jexiste
        jexiste répond à kevangel
        si, si
        • Posté à 22h11 le 30/11/2008
        • Internaute 53099
          si, si

        Les mêmes labos partout, mais pas les mêmes pouvoirs publics.

        Récemment, les Pays-Bas ont décidé de réagir au marketing trop agressif de fabricants de vaccins :

        Lien

        Le groupe Sanofi-Aventis est à nouveau dans le collimateur.

        C’était juste avant les sabotages de caténaires que la police attribue sans preuve à Julien Coupat et ses amis.

      • sponge bob
        sponge bob répond à kevangel
        chercheur pas trouveur
        • Posté à 23h29 le 30/11/2008
        • Expert 38554
          chercheur pas trouveur

        Vous avez raison, ce sont les médecins qui prescrivent les médicaments : le problème c’est que l’état ne prenant pas en charge la formation continue des médecins, ce sont les entreprises en pharmaceutiques qui se font un plaisir de leur offrir des formations au cours desquelles ils peuvent vanter les mérites de leurs nombreux produits... Les médecins sont responsables en partie, c’est vrai, mais ils sont largement influencés.

         
        • Gandijyn
          Gandijyn répond à sponge bob
          • Posté à 01h18 le 03/12/2008
          • Internaute 30465

          Effectivement, les médecins prescrivent... sur les conseils des labos ! et ils ont tout à gagner car ils touche un % sur les quotas vendus ...
          La plupart des magouilles se négocient lors de colloques à l’étranger, par des cadeaux en nature, du genre « kit de golf complet » pour les moins chanceux ! On peut difficilement imaginer ce que peut gagner la tête du réseau ! à quelques exceptions près, on se croirait dans les systèmes de vente pyramidale, telle Tuperware !

          Certains médecins, après que vous ayez déposé un « nom » à l’INPI, vous harcèlent au téléphone, fax ou e-mails pour vanter le nom de médicaments invendus en France et Europe, pour les refourguer dans les PEVD & PED.... sous couvert d’associations où le nom du médecin appelant devient l’emblême commerciale du « lot » à vendre !
          Il y aurait donc de multiples réseaux de distribution, non contrôlés, au profit des médecins, des commerciaux, des labos... Tout le monde est gagnant. ( ?) les médicaments seraient vendus deux à trois fois ( ?) - à vérifier...

          Cela fonctionne aussi pour autres produits que les médicaments. ar exemple pour :
          - Lien

          et ne pas oublier : Ghislaine Lanctot (Québec) avec
          Lien « La Mafia Médicale’_1
          Lien “La Mafia Médicale’_2

        1 autres commentaires
  • jexiste
    jexiste
    si, si
    • Posté à 18h15 le 30/11/2008
    • Internaute 53099
      si, si

    S’il n’existe toujours aucune preuve de l’implication de Julien Coupat et ses amis dans les sabotages à la SNCF, en revanche il est singulier que leurs démêlés avec les autorités, d’abord américaines, puis françaises, soient parallèles à ceux du groupe Sanofi-Aventis avec la Commission européenne - et l’on rappelle que la mère de Julien fut l’un des cadres dirigeants du groupe au cours de la période de 2000 à 2007.

    Quelques dates :

    Janvier 2008 : debut de l’enquête de la Commission européenne et premières perquisitions, Julien et son amie Yldune se font remarquer lors d’une manifestation aux Etats-Unis :

    Lien

    Juin 2008 : la Commission européenne ouvre une procédure pour obstruction contre le groupe Sanofi-Aventis, et les forces de l’ordre se voient délivrer des mandats de perquisition à l’encontre de Julien et ses amis :

    Lien

    Lien

    Lien

    Ces perquisitions ne sont effectuées que cinq mois plus tard, le 11 novembre 2008.

    Le 19 novembre, Sanofi met un terme à ses litiges brevetaires avec Barr et Teva :

    Lien

    Du 24 au 26 novembre, et juste avant la publication de son rapport préliminaire le 28 novembre, nouvelle vague de perquisitions de la Commission européenne, notamment dans le groupe israëlien Teva, premier fabricant mondial de médicaments génériques, lequel a racheté son concurrent américain Barr au mois de juillet :

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  • brazz
    • Posté à 19h19 le 30/11/2008
    • Internaute 40271

    Moi, sans tomber dans la parano, ce qui me pose problème, c’est la pub de Cetelem sur ce site, proposant aux gens de s’endetter d’avantage... Là aussi on a des choses pas claires !

    • David Servenay
      David Servenay répond à brazz
      Auteur(e) de l'article Ex-Rue89
      • Posté à 21h03 le 30/11/2008
      • Internaute 8946
        Ex-Rue89

      Votre commentaire est un peu elliptique, brazz.

      Que voulez-vous dire ?

  • Anonyme

    bayer a, en toute connaissance de cause, exporté le sang contaminé au japon et chez nous avec l’aval de l’ exécutif américain, Chez nous , ça a donné « responsable mais pas coupable » et aux states...................... rien, business as usual et « contrôle de la population » bien sur.
    la preuve : reportage de msnbc

    A plus

  • chemineau paul
    chemineau paul
    citoyen du monde
    • Posté à 23h32 le 30/11/2008
    • Internaute 59858
      citoyen du monde

    Une société humainement organisée devrait assurer pour tous ses membres la santé, l’éducation, la sécurité, un toit et la nourriture.
    Une société organisée autour du capital et de la finance laisse le soin aux capitaux privés d’exploiter ces besoins fondamentaux lorsqu’ils sont rentables et aux ONG lorsqu’ils ne le sont pas.
    N’est-ce pas d’un changement de société dont nous avons besoin ? Le problème se poserait-il de la même manière si la recherche et les laboratoires étaient nationalisés voire « internationalisés » au même titre que l’ONU ou l’OMC...

  • TARPON
    • Posté à 00h43 le 01/12/2008
    • Internaute 27263

    ce rapport se decline à toutes les sauces ,il suffit de changer « medicaments » par pieces detachees automobiles « par exemple .L’amende infligee à St Gobain recemment montre le travail qui reste à faire dans certains secteurs.

  • Spook 3421
    Spook 3421
    sniper
    • Posté à 05h59 le 01/12/2008
    • Internaute 25586
      sniper

    Tout celà au vu et au su des états...Et après, le gouvernement fait trinquer le bon peuple sans jamais s’attaquer à ces lobbies.

  • marie 75
    • Posté à 10h21 le 01/12/2008
    • Internaute 3563

    émission sur la6 hier soir ... à podcaster (sur officinaux)

    • papy55
      papy55 répond à marie 75
      prof. en province
      • Posté à 11h14 le 01/12/2008
      • Internaute 24237
        prof. en province

      Je confirme, émission très intéressante !

      Edifiant !

  • A déménagé le 25 octobre
    • Posté à 11h09 le 01/12/2008
    • Internaute 33755

    David,
    le choix de votre illustration est un plus-que-parfait !
    Lorsque j’ai vu cette oeuvre de Damien Hirst il y a environ 3 ans, j’ai alors pris conscience du gravissime fétichisme de nos contemporains pour le médoc’. Les chiffres que vous rapportez sont éloquents et illustrent parfaitement cette tendance. Plus que le lobbying pharmaceutique, qui peut aussi être analyser sous l’angle de la bioprospection, et les lobbying en tout genre, c’est ce recours automatique au médoc’, générique ou antibiotique, qu’il faut combattre : c’est LE péché mignon de la médecine occidentale.

    nb : la photo est jolie avec son petit effet flouté et la dynamique de la prise de vue, mais pour bien comprendre ce fétichisme, rien de mieux qu’une parfaite orthogonalité :

  • sarkophage_xyz-
    • Posté à 14h31 le 01/12/2008
    • Internaute 24987

    A mon avis, il y a un problème de droit là :
    ces sociétés risquent quoi ? Une amende. De combien ? Peu importe, moins, 1 milliard ce sera quand mème rentable d’agir ainsi, plus, pas de bol pour le président Salengro qui n’aura pas encore cette année sa montre en or. Et si c’est vraiment significatif, ces sociétés vont faire en sorte de changer un peu leur méthodes pour ne plus se faire avoir.
    Par contre si leur capital était engagé comme la liberté du citoyen l’est quand il enfreind la loi. Considérant par exemple 20 ans de prison maximum donc un an de prison sera converti en 5% du capital lorsque c’est une société qui est en cause.
    Et à partir de ce momment, ils ne vont plus changer les détails mais essayer d’être honnêtes.

  • robindesfoix
    robindesfoix
    cherche une issue
    • Posté à 17h56 le 01/12/2008
    • Internaute 26023
      cherche une issue

    * 17% du chiffres d’affaires provenant des médicaments sur ordonnance est investi en R&D, mais seulement 1,5% sur la recherche fondamentale ;
    * 23% du chiffre d’affaires est consacré à la commercialisation et à la promotion.
    VOUIS mais vous oubliez le telethon qui permet aux laboratoires de financer le marketing et les restaurants avec certains médecins......

  • zénon denon 84
    • Posté à 18h59 le 03/12/2008
    • Internaute 30028
      Bonne

    Et si vous lisiez le mensuel :

    « VOTRE SANTE “
    pub gratuite ,mais je dois vous dire que c’est trés interressant .
    Vous irez de surprises en révoltes régulièrement !
    Mais bon faites-vous ,vous même une idée .
    Allez ,lisez .
    ça vaut le coup .

  • solstice
    solstice
    pigiste
    • Posté à 11h13 le 05/12/2008
    • Internaute 38451
      pigiste

    Mon mari, après un épisode de chômage assez stressant (c’est une évidence), a vu son médecin pour un check up.

    Un peu au-dessus des normes pour la tension et le cholestérol, il est traité depuis 5 ans avec des médocs, parfois génériques, parfois non.
    Le problème est que, si ses analyses et tension sont « normales », le gain microscopique est nul en ce qui concerne sa santé (il n’avait aucun problème et a une bonne hygiène de vie) mais les effets secondaires lui pourrissent la vie : vertiges, suées brutales etc.

    Entre le pharmacien et le toubib, c’est ubuesque : l’un dit que ses vertiges sont dûs aux génériques (ce ne serait pas la même chose, adjuvants ou autres), l’autre dit que, pour sa part, jamais il n’avalerait ce genre de produit (anti cholestérol)...

    Bref, mon mari a tout arrêté, les symptômes désagréables ont disparu, sa tension est à peine au-dessus des standards mais sa vie est de meilleure qualité.

    Bref, labos, toubibs et pharmaciens sont tous d’accord : un bon malade, c’est celui qui ne va pas vraiment mieux. On ne va pas tuer la poule aux oeufs d’or...