Tribune 28/11/2008 à 12h48

L'automobile aux Etats-Unis : une mort annoncée

Bruno Rèbufie | Logisticien



Une Chevrolet vendue avec un crédit à 0% (John Hillery/Reuters).


La crise de l’industrie automobile américaine ne trouve pas ses origines dans la conjoncture économique actuelle ou dans l’impéritie de ses dirigeants. En fait, elle a commencé il y a soixante ans. Comment le pays qui a inventé le marketing et la production de masse en est-il arrivé à sacrifier ce qui a été longtemps considéré comme le fer de lance de l’industrie mondiale ?

Pour comprendre, il faut remonter à l’immédiat après-guerre. L’industrie européenne est alors totalement détruite. Celle des Etats-Unis, elle, est fonctionnelle. Modernisées par l’effort de guerre, les usines automobiles sont en parfait état de marche. L’outil industriel est prêt à fonctionner à nouveau pour le civil, les moyens logistiques sont développés. La population ouvrière masculine rentre au bercail, alors que les femmes sont devenues des agents de production performants pour avoir construit des avions, tanks et obus dans les usines.

Les « big three » -General Motors, Ford et Chrysler- sont déjà présents. En 1948, c’est Ford qui lance le premier vrai nouveau modèle d’après-guerre, dans un marché saturé de marques. Les enfants du baby-boom veulent oublier les affres de la guerre en consommant et en s’amusant. L’envol de l’économie américaine est vertigineux.

Les dirigeants font appel aux gourous du marketing pour vendre toujours plus. Ils inventent des concepts aussi efficaces que la « sursegmentation » des gammes pour couvrir toutes les niches, ou l’engagement dans des compétitions sportives (« Achetez lundi la voiture qui a gagné dimanche »). Le « vieillissement dynamique » (obsolescence planifiée), qui consiste à renouveler toute la gamme chaque année pour susciter l’envie, est pratiquée à outrance grâce au « carry-over » : on garde des dessous techniques démodés que l’on rhabille avec des dessus séduisants.

En même temps, ils mènent une action de lobbying intense pour favoriser l’utilisation de leur production. Le réseau autoroutier américain doit beaucoup à Alfred P. Sloan, PDG de General Motors, grâce à son action auprès du président Eisenhower. L’automobile fait ronfler la chaudière économique. L’United Auto Workers devient un des plus puissants syndicats du pays. Il négocie des avantages sociaux considérables, et ses adhérents font partis des travailleurs les plus privilégiés aux Etats-Unis. Le drame en trois actes peut commencer.


« Nos plus belles années » (1948-1973)

La production automobile américaine progresse d’année en année, même si la guerre de Corée (1950-1953) la fait un temps chuter. Sur le marché, sont présents Ford, General Motors et Chrysler, plus AMC (American Motors Corporation), créé en regroupant les petits constructeurs comme Studebacker ou Nash.

Peu ou pas d’innovations techniques. Le principe du « carry-over » est porté à l’extrême. On continue à vendre des autos techniquement dépassées avec des carrosseries toujours plus grosses et clinquantes.

Deux Européens s’imposent sur le marché. Volkswagen et sa Coccinelle (qui doit son succès à son faible prix, à sa solidité légendaire et à la publicité « Think Small ! “,‘Pensez petit !’) et Volvo. Timide début des Japonais.

Des marges colossales et des actionnaires ravis

Les quatre grands constructeurs américains s’intéressent à contre-cœur aux marchés des ‘subcompactes’ (petits véhicules), en proposant des produits bâclés, voire dangereux. A l’instar de la Corvair, dénoncée par Ralph Nader comme étant ‘dangereuse quelle que soit la vitesse’ (‘Unsafe at any speed’).

La recherche et développement ne représente qu’une faible partie du prix de revient des véhicules, dont la vente génère des marges colossales. Chaque action produit alors un dividende remarquable. Les actionnaires sont ravis. Le retour sur investissement est le plus rapide possible et le bonus de fin d’année notable. General Motors, plus grosse compagnie du monde, symbolise la puissance américaine.


James Dean et Jayne Mansfield se tuent en voiture. Steven Spielberg tourne son premier film, ‘Duel’, une poursuite entre une Plymouth et un vieux camion. L’automobile est une désormais une composante fondamentale de la société américaine. (Voir la vidéo ci-contre)


‘Prends l’oseille et tire-toi’ (1973-1981)

En 1973, la guerre du Kippour et le choc pétrolier tétanisent les Américains. Les files d’attente s’allongent devant les pompes. Le prix de l’essence flambe, au détriment des automobilistes qui roulent en grosses américaines V8. Volkswagen et Volvo augmentent leurs ventes, Toyota et Honda s’imposent avec des voitures économiques et fiables.

A la hâte, les quatre grands Américains vont lancer des productions désastreuses. Des petits véhicules mal conçus et de piètre qualité, comme la Ford Pinto, qui prend souvent feu lors de chocs arrière et tue ses passagers. Ford, connaissant ce défaut de conception, préféra continuer la vente et payer les frais de justice, cela revenant moins cher que l’arrêt des chaînes de montage.

En 1979, le second choc pétrolier, avec la révolution iranienne, conforte les Japonais sur le marché américain. Chrysler ne doit sa survie qu’à l’intervention de l’Etat pour lui éviter la faillite. C’est le président démocrate Carter qui signe l’ordonnance de prêt. AMC est sorti de l’ornière par Renault. En achetant 5% du capital et par un prêt de 135 millions de dollars, la gamme française est américanisée et distribuée outre-Atlantique.


Dans ‘Bullit’, Steve McQueen pilote sa Mustang noire dans les rues de San Francisco (Voir la vidéo ci-contre).
Le film ‘Car Wash remporte la Palme de la meilleure musique à Cannes en 1977.


Crash’ (de 1981 à aujourd’hui)

Chrysler absorbe AMC et ne garde que le logo Jeep, puis fusionne avec Daimler Benz en 1998, avant d’être revendu au fonds d’investissements Cerberus en 2007. Le constructeur réalise l’unique coup marketing de ces trente dernières années avec le monospace Voyager. Le nom Plymouth est effacé en 2001.

General Motors a choisi l’expansion en absorbant ou créant un grand nombre de marques (13 labels, plus des participations chez sept autres). Le groupe est empêtré dans une surcapacité de surproduction, une faible réactivité commerciale, une image de fiabilité désastreuse et des stratégies marketing floues et inadaptées. En 2004, Oldsmobile, la plus vieille marque au monde, est retirée du catalogue.

En 2005, l’agence de notation boursière Standard & Poor’s place General Motors au niveau des pires ‘junk bonds’ (‘titres pourris’). Le constructeur évite de justesse la faillite au prix d’une restructuration drastique. Les pertes s’élevaient à 3,3 milliards de dollars pour le premier trimestre, pour une capitalisation boursière totale de 17,6 milliards de dollars. La vente de sa filiale financière, GMAC, prive le groupe de sa principale source de revenus.

En 2006, General Motors se dégage de Fiat en lui versant 1,5 milliard de dollars. La crise économique de 2008 surprend le géant. Sa gamme est pléthorique mais inadaptée, faite de produits déphasés avec le marché. Les gros pick-up, autrefois gages de rentabilité, deviennent invendables. Face aux Japonais et Européens, le groupe n’a pas de produits réellement compétitifs à proposer, et n’est pas capable de rationaliser sa production ni de réduire efficacement ses coûts de fabrication. En 2007, sa part de marché aux Etats-Unis, autrefois de 50%, tombe à 25%. Toyota lui ravit la place de premier fabricant mondial.

Une survie qui dépend de l’intervention de l’Etat

Ford a lui aussi mené une politique expansionniste coûteuse, en achetant cinq marques, dont il se débarrasse actuellement pour renflouer sa trésorerie. Ses activités aux Etats-Unis enregistrent une perte de 12,7 milliards de dollars en 2006, et sa part de marché y passe de 25% en 1998 à 18,6% en 2007. Bien que Ford gagne de l’argent en Europe, sa branche américaine est au bord du dépôt de bilan.

En 2007, une grève de 107 jours est provoquée par l’UAW, pour le renouvellement du contrat salarial. Le coût horaire moyen d’un ouvrier automobile est élevé, représentant 78,21 dollars chez General Motors ou Ford.

Plus fragiles que Ford, Chrysler et General Motors ne pourront survivre au-delà de fin 2009 sans intervention de l’Etat. La disparition de ces symboles de l’‘American way of life’ serait un séisme sociologique au moins aussi fort que le 11-Septembre, par la remise en cause radicale du modèle sociétal et une rupture économique sans pareille.

Will Smith roule en Audi dans ‘I Robot’, Teri Hatcher en Volvo dans ‘Desperate Housewives’. C’est la fin d’un monde.

Photo : une Chevrolet vendue avec un crédit à 0% (John Hillery/Reuters).

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  • Tyb
    Tyb
    (par ici, par là)
    • Posté à 12h57 le 28/11/2008
    • Internaute 24914
      (par ici, par là)

    excellent article !

  • A déménagé le 8-10
    • Posté à 13h02 le 28/11/2008
    • Internaute 1001
      nc

    Se rappeler la fin des dinosaures.

  • pablico
    pablico
    À la porte d'un sourd, 
un jour (...)
    • Posté à 13h43 le 28/11/2008
    • Internaute 14278
      À la porte d'un sourd, 
un jour (...)

    Comme quoi, si Bush avait signé Kyoto, il aurait donné une direction, et l’industrie automobile américaine, se serait peut-être adaptée, ou commencer à s’adapter..

    Un dirigeant têtu, ignare et conservateur, peut faire beaucoup de mal.. la preuve :

    il n’a pas voulu signer, pour ne pas perturber et détruire son industrie.... bravo.. le court terme avait encore frappé.

    un question se pose : faut-il continuer à élire des gestionnaires, ou commencer à élire des ’visionnaires’ ? ?

  • Tophee
    Tophee
    en haut a gauche
    • Posté à 13h33 le 28/11/2008
    • Internaute 2159
      en haut a gauche

    Un bon article, mais il est faut de dire que les voiture américaines n’ont pas bénéficie de recherche technique. Regarder les voitures de la fin des années 50, début soixante. on y trouve les équipement suivant :

    - Vitre électriques
    - sièges électriques
    - Boites auto
    - directions assistées
    - Climatisation
    - Allumage automatique des phares
    - Mises en route automatique des essuie glaces

    j’en oublie. Comparez avec les europeenne de l’epoque.

    Autre example, de 1960 a 1963, GM a produit un « petit » V8 en alu de 3,5l de cylindree. Il equipait la gamme « compacte », comme l’Odsmobile F85 cutlass. Sur cette voiture, il developait en 1963 la puissance de 185cv.

    GM a revendu la licence a Rover qui l’a installer dans la P5, puis dans toutes ses grosse voiture. Sur la P5 il développait 105cv.Il a fallut attendre la fin des annee 80 pour voir sa puissance revenir a celle d’origine.

    • Bruno Rèbufie
      Bruno Rèbufie répond à Tophee
      Auteur(e) de l'article Logisticien
      • Posté à 21h03 le 28/11/2008
      • Internaute 3870
        Logisticien

      Il est vrai que les voitures US étaient en avance sur les européennes pour les équipements de confort.

      Ceux inhérents à la sécurité, (freins à disques, verres feuilletés, ceintures de sécurité, etc) ne sont pas des innovations US.

      Quand aux innovations technologiques majeures vendues en série, comme la traction avant, ne sont pas américaines.

      N’oublions pas que l’industrie européenne faisait face à une pénurie de matières premières qui a perduré sur des années. Cela ne facilitait pas l’innovation et explique la création de petits véhicules comme la 4CV.

      James Dean est bien mort au volant d’une Porsche speedster ,appelé « Litlle devil » par son conducteur.

    • Croa
      Croa répond à Tophee
      • Posté à 14h53 le 30/11/2008
      • Internaute 34517

      Oui mais,
      - Très peu de tractions avant !
      - Encore quelques moteurs à soupapes latérales !
      - Très peut de moteurs diesels.
      - Beaucoup de ponts rigides.
      - Les derniers pneus à carcasse transversales (parce que les radiaux sont trop souples pour les flancs blancs ; Les pneus à deux gommes moins fiables plaisent encore !)

      Et on pourrait citer bien d’autres retard américains !

  • Lemmy_Nothor
    Lemmy_Nothor
    - Gone fishing !
    • Posté à 13h37 le 28/11/2008
    • Internaute 12434
      - Gone fishing !

    Je trouve que vous allez un peu vite dans votre conclusion. Que les trois grands fabricants soient dans la merde, je vous l’accorde. Et par leur faute, car depuis 74, ils avaient largement le temps de developper des autos moins gourmandes. Tout en developpant les autres.
    Car il y a eu un effort de fait. En 68, un gros V8 brulait presque un litre au deux KM.......en developpant 400 chevaux. Aujourd’hui, ils reussissent a developper 550 chevaux en brulant un litre aux dix KM. Ils se sont bornés a reduire la consommation, mais en augmentant la puissance. Ils n’ont developpé aucune petite voiture qui consomme peu. Au lieu de ça, ils ont acheter les compagnies qui le faisaient , comme Opel par exemple. Mais il n’ont pas apprit.
    Mais je ne pense pas que l’ont peu dire que ces trois la sont finis. Il y aura des gros changements, mais ils survivront.

    Une chose que vous avez oublier dans votre historique après guerre, les trois grands ont commencé à acheter les trains et les services de transports urbains un peu partout aux Etats Unis, et ils les ont laissés tomber en ruine, ceci afin de pousser les ventes de leur produit.

    James Dean est mort au volant d’une Porsche.

    • Bruno Rèbufie
      Bruno Rèbufie répond à Lemmy_Nothor
      Auteur(e) de l'article Logisticien
      • Posté à 21h18 le 28/11/2008
      • Internaute 3870
        Logisticien

      Opel a été racheté, par Général Motors, en 1928.
      A ce titre, le constructeur américain a participé à l’effort de guerre allemand, tout comme Ford.

      En fait, c’est l’action combinée des constructeurs automobiles, du BTP et de la construction qui a façonné le paysage des villes US. L’étalement des villes en de grandes banlieues faites de pavillons individuels reliées au centre de productions par des autoroutes urbaines est la conséquence de ce lobby.

      La déchéance des transports publics est effectivement due aux constructeurs US. L’américain moyen , pour aller travailler, se nourrir, avoir des loisirs se devait d’utiliser la voiture pour ce faire. C’était le grand dessein des big three.

      Rares sont les villes US qui ont un réseau de transport urbain efficace comme le BART de San Francisco ou le métro New Yorkais.

  • Xavier Denamur
    Xavier Denamur
    Restaurateur
    • Posté à 13h57 le 28/11/2008
    • Internaute 48550
      Restaurateur

    Les USA ont eu la volonté du changement en élisant Obama. Sans ce choix, les constructeurs automobiles moribonds par faute de bons choix stratégiques tant sociaux (de la couverture sociale à la fin de la seconde guerre mondiale) qu’industriels (super bien détaillés dans l’article de Bruno Rèbufle) ne pourraient sans remettre. Mais l’arrivée d’Obama et sa volonté de soutenir ses constructeurs en leur insufflant le choix du « vert » comme condition à son soutien devraient leur permettre de revenir sur le devant de la scène internationale. Sous estimer les capacités d’innovation et d’adaptation des américains, c’est oublier un peu vite leur histoire.
    Question : Le problème des retraites et de la couverture sociale en générale dans ces entreprises restant entier Obama prendra t-il une décision radicale sur ce point que Roosevelt avait laissé entre les mains des patrons et des syndicats de l’époque si ma mémoire est bonne ?
    Question posée à Bruno Rèbufle sur son article Lien
    et à Jacques Mistral en Tchat à 16H30 sur l’article Lien

    • Bruno Rèbufie
      Bruno Rèbufie répond à Xavier Denamur
      Auteur(e) de l'article Logisticien
      • Posté à 21h23 le 28/11/2008
      • Internaute 3870
        Logisticien

      Obama est un pragmatique qui aura à répondre à l’équation suivant qui est simple :
      La mise en compétitivité des big three va t’ elle couter plus ou moins cher que le traitement social induit par leurs faillites ? ( Chômage, retraites et assurances maladie à soutenir en lieu et place des constructeurs).

      Y a t ’il de la place pour 3 groupes, qui ont un déficit d’innovation face aux japonais, sur le marché de l’Amérique du Nord ?

  • Jaycib
    Jaycib
    Désagrégé de l'Université
    • Posté à 14h42 le 28/11/2008
    • Internaute 37053
      Désagrégé de l'Université

    C’est effectivement l’histoire de l’effondrement d’un mythe : celui de voitures brûlant 18 l/100 km et pouvant dépendre indéfiniment d’un approvisionnement en essence inépuisable. En ce sens, on ne soulignera jamais assez la collusion entre les compagnies pétrolières et les Big Three.

    La contestation des progrès techniques était constante chez ces derniers – ils ne sont venus aux freins à disque que contraints et forcés, ils ont refusé la traction avant à cause des problèmes supposés des « universal joints », ils se sont cramponnés à leurs transmission à trois vitesses, ils ont toujours privilégié l’esbroufe aux dépens du rationnel. En fait, la « belle américaine » était le symbole même d’un impérialisme sans contrainte : la liberté sans la responsabilité, aux antipodes même de la raison et de la frugalité. Pendant des années et des années, les propriétaires de voitures « étrangères », sauf quand ils étaient étudiants et donc désargentés, se sont fait regarder de travers et questionner ironiquement sur la modestie et le manque de place ou de luxe de leur véhicule.

    Mais comme Lemmy Nothor, je ne crois pas que les logos GM ou Ford vont disparaître pour autant. Il sera dans l’intérêt des fabricants étrangers (japonais, allemands, coréens, les Français étant très peu présents depuis les inexcusables déboires de Renault dans les années 80) de conserver ces logos (après les avoir repris à leur compte) afin de ménager ce qui reste des susceptibilités nationalistes de l’homme de la rue, qui a toujours été poussé à la xénophobie par les Big Three parce que ça arrangeait bien leurs affaires...

    La question est : les Etats-Unis vont-ils pouvoir survivre à l’extinction de l’un de leurs mythes fondateurs ? On peut le supposer, car un autre mythe, celui de la supériorité raciale des blancs, vient lui aussi de s’évaporer sans que cela cause tant de soubresauts que cela.

  • Xavier Denamur
    Xavier Denamur
    Restaurateur
    • Posté à 15h47 le 28/11/2008
    • Internaute 48550
      Restaurateur

    Superbe intervention, je vous rejoins sur tous les points excepté sur celui dans lequel vous avancez que des constructeurs européens ou asiatiques reprendraient ces marques à leur compte. Au delà d’un éventuel coup de volant protectionniste (je n’y crois pas car l’histoire démontre que ce choix a toujours été désastreux et BO et ses conseillers en connaissent sûrement un rayon sur le sujet), il est peu probable que les investisseurs américains laissent filer un secteur qui devrait (c’est ce que je pense) rapidement redéfinir sa stratégie et se tourner enfin vers un avenir durable...
    Ma contribution publiée hier suite va dans ce sens, lisez là et n’hésitez pas à m’interpeller.
    Lien

  • Keldan
    Keldan
    Now future & karpe diem
    • Posté à 16h20 le 28/11/2008
    • Internaute 5164
      Now future & karpe diem

    Sympa l’article, ça permet de mieux comprendre l’évolution de cette industrie qui fait vivre des villes entières.
    Il est quasiment certain que le gouvernement ne lâchera pas ces boites, car cela signifierait des centaines de milliers d’employés sur le carreau et des villes sinistrées (qui sont déjà bien mal).
    Mais je me demande s’il va les mettre sous perfusion sans rien changer en attendant que cela s’arrange, les subventionner pour accompagner leur transition ou bien simplement les maintenir en vie pour les refiler à des boites européennes ou japonaises (voire chinoises...).

    En tout cas, voici encore la preuve qu’une entreprise se doit de rester innovante si elle ne veut pas se réveiller un beau matin et s’apercevoir que c’est le jour de son enterrement.

  • Humain
    • Posté à 16h27 le 28/11/2008
    • Internaute 21387

    Restons calmes,

    Il n’y a pas qu’aux USA ! !

    Ici, c’est pareil !

  • Bruno Rèbufie
    Bruno Rèbufie
    Auteur(e) de l'article Logisticien
    • Posté à 21h44 le 28/11/2008
    • Internaute 3870
      Logisticien

    Je ne crois pas que les trois constructeurs vont survivre. Il devrait en rester un, peut être deux.

    Leur endettement, leur manque de compétitivité, le retard en innovation et produits modernes sur leur propre marché, les charges que constituent les avantages sociaux de leur salariat, le choix de privilégier la rémunération de l’actionnariat plutôt que la R&D et la modernisation de l’outil de production font des facteurs qui ne peuvent que mener à la fin.

    Ne négligeons pas le fait que Toyota, Honda, Nissan, sont présents industriellement sur le continent nord Américain, ainsi que Daimler Benz ou BMW, par exemple. La concurrence est plus qu’ implantée.

    Les japonais sont déjà les références pour les voitures « vertes ». L’automobiliste US a l’habitude d’acheter et de rouler japonais.

    Je ne vais pas me risquer au jeu du pronostic sur les chances de survie de l’un ou de l’autre.

  • affreuxjojo
    • Posté à 14h24 le 29/11/2008
    • Internaute 29421

    Vous abordez rapidement une des raisons des difficultés de l’industrie automobile américaine. Une de ces difficulté me semble être d’ordre culturel, voire mythologique. Le rêve Américain se fonde largement sur une illusion d’espace et de ressources infinis. Un des personnages mythique de l’Amérique est Buffalo-Bill connu pour ses records dans les massacres de bisons abattus en pure perte. Le mythe de la nouvelle frontière, qui n’a pas d’équivalent chez nous, est également tenace : quand nous aurons épuisé les possibilités d’un domaine, pas de problème, nous irons plus loin explorer d’autres domaines.
    Cela explique en partie les raisons de la fuite en avant irréfléchie dans le gaspillage. Différents présidents ont une lourde part de responsabilité. Le dernier en date a refusé de signer le protocole de Kioto en affirmant que « le mode de vie Américain n’était pas négociable.
    Les dinosaures qui n’ont pas su s’adapter ont disparus. Si par fierté nationale les constructeurs américains refusent l’adaptation à un monde de rareté d’énergies et de matières premières, le principe de réalité les fera disparaitre.
    D’autre part j’estime erronée votre réponse à Tophee.
    “N’oublions pas que l’industrie européenne faisait face à une pénurie de matières premières qui a perduré sur des années. Cela ne facilitait pas l’innovation et explique la création de petits véhicules comme la 4CV”.
    Je pense exactement l’inverse. La pénurie de matière première à, au contraite, imposé une plus grande ingéniosité et de nombreuses innovations. Les contraintes externes peuvent être créatrices.

  • Stephane MOT
    Stephane MOT
    Author & Chief AtoZ Officer
    • Posté à 02h04 le 30/11/2008
    • Internaute 17943
      Author & Chief AtoZ Officer

    Le probleme de l’industrie automobile US, c’est qu’elle raisonne en industrie automobile US, pas en termes de services de mobilite adaptes a notre planete.

  • gregouille
    gregouille
    ingenieur
    • Posté à 13h32 le 01/12/2008
    • Internaute 59488
      ingenieur

    Il suffit de se rendre aux Etats-Unis pour remarquer la difference la conception de l’automobile... Peu ou quasiment pas de voitures compactes, fonctionnelles et adaptees a la ville. A la place, on y voit des parkings remplis de SUV (4x4) et autres pickups. Il y a une dizaine d’annees, le gallon d’essence (environ 3,8 litres) valait moins d’un dollar, alors qu’il depasse desormais les 4 dollars ! Le Big Three des constructeurs automobiles americains fait desormais office de dinosaure qui n’a pas su s’adapter aux nouvelles contraintes (prix du brut, emission de CO2).
    Au vue de la gamme proposee par ces 3 poids lourds americains de l’automobile, en decalage flagrant avec les besoins actuels des clients potentiels, je me demande comment il leur sera possible de survivire quand bien meme l’Etat americain leur accorderait cette aide que ces « braves gens » sont venus reclamer... en jet bien evidemment !