Choses vues 27/11/2008 à 17h17

Avec les sans-abri du bois de Vincennes : « On vous fait peur »

Zineb Dryef | Journaliste Rue89

Dans le parc parisien où trois SDF sont morts ces dernières semaines, rencontre avec les deux occupants d’un abri de fortune.

Trois SDF sont morts dans le bois de Vincennes depuis le début du mois d’octobre. Ils sont plus 200 à vivre cachés. Certains sont là depuis plusieurs années. Il y a trois semaines, j’ai rencontré Stéphane et Fabien.

On arrête les coureurs : « Les tentes des SDF, c’est par où ? » C’était le début de l’après-midi, Didier était décédé la semaine précédente, l’information s’étalait partout : « Premier mort de froid, au bois de Vincennes. »

Dans la cabane de Francis


Il y a quelques mois, Six35 avait suivi des « habitants » du bois de Vincennes et ceux qui leurs viennent en aide, dans un documentaire en trois volets, présenté sur Nuesblog. Parmi eux, Francis, mort le 22 novembre.



Il faut d’abord trouver les tentes. Le bois de Vincennes, le plus grande espace vert de Paris, regorge de petites allées, de sentiers à l’écart, d’embranchements isolés.

Au bout de quelques heures, on atterrit devant une grande tente, cachée derrière des arbres. Pas une petite tente Quechua. Une installation de fortune toute en bâches de plastique et bouts de carton.

« Il y a quelqu’un » ? Avec un copain caméraman, on avance précautionneusement autour de la tente comme si l’on craignait d’être braqué à tout moment par un fusil à pompe. Un homme passe la tête entre les grosse bâches en plastique de la tente : « Oui ? »

Il sort, remarque la caméra : « Vous cherchez ? » J’explique : « On est journalistes, on vient faire un reportage sur le bois de Vincennes...le premier mort de froid. » « Ah ? Quelqu’un est mort ? Je ne savais pas. » Il dit « pas de caméra » mais nous invite à entrer.

Un grand blond fume une cigarette à l’intérieur. Présentations. Stéphane et Fabien. Je suis intimidée. D’habitude, les interlocuteurs que rencontre un journaliste parlent parce qu’ils veulent qu’on les écoute : syndicalistes, politiques, artistes, anonymes qui veulent témoigner. Lorsque que quelqu’un est réticent à raconter, il faut le convaincre.

Là, je ne peux convaincre de rien. Dire quoi ? « Racontez moi votre vie pour que les gens comprennent que... » Comprendre quoi ? Tout le monde, vous, moi, savons qu’ils existent. Nous les voyons tous les jours.

Ils rejettent les foyers : trop de violences et de vols

Stéphane époussète un tabouret avant de l’avancer vers moi. Il roule une cigarette. Il a des dreadlocks rousses attachées derrière la nuque, le visage dégagé, de gros cernes sous ses yeux bleus et une dizaine d’années dehors.

Il a délaissé les trottoirs parisiens il y a trois ans pour avoir un endroit à lui. La tente, divisée en deux espaces, peut accueillir cinq à six personnes. Dans un coin, deux couchettes. Celle de Stéphane et celle qu’il réserve aux copains de passage. Sur la caisse autour de laquelle on discute, un thermos de café et un cendrier.

« Je suis juste de passage ici », explique Fabien. Aussi nerveux que Stéphane parait impassible, Fabien fume cigarette sur cigarette et reste debout. Je comprends qu’il se protège ainsi du froid. Lui a du travail de temps à autre. Des « trucs » au black dans des hôtels à Paris qui lui permettent de se payer occasionnellement une chambre. Les deux rejettent totalement les foyers, lieux de violence, de vols. Que possèdent-ils donc de si précieux ? « Nos couvertures. »

Il souffle fort, il pleut, il n’y a pas de bruit. Ils sont tous les deux, totalement isolés. En dehors de la ville, en dehors du circuit des maraudes des associations, loin des autres, comment font-ils ces nouveaux hommes des bois pour survivre ? Qui leur offre une pièce, un café ? Comment se réchauffent-ils loin des métros, des porches et des bouches d’égouts ? La misère à Paris n’est-elle pas moins misérable ?

« Les gens repartent très vite. On leur fait peur »

Stéphane a quitté Paris parce que la rue y est bruyante et humiliante : « Je ne veux plus mendier dans le métro, je me sens mal à l’aise. »

Marre de recevoir des pièces de passants muets, qui gardent le regard baissé pour ne pas voir les crevasses sur le visage, les dents manquantes. Marre des cafés ou sandwiches tendus par des généreux qui évitent soigneusement de toucher la main de l’autre. Marre enfin de sentir la peur qu’il provoque :

« Il y a une dame très gentille. Elle court dans le bois et s’arrête ici pour déposer des choses. Elle ne m’a jamais parlé. Les gens repartent très vite. On leur fait peur. »

Parce qu’on croit les SDF alcooliques et agressifs, Stéphane me répète trois fois qu’il ne boit pas ou peu.

« Au bois, on n’emmerde personne »

Quand il sort, Stéphane glisse son walkman, son minilecteur de DVD portatif et ses conserves dans son sac. Même s’il n’a jamais été cambriolé, il prend ses précautions. Plus que tout, il a peur qu’on mette le feu à sa tente. C’est déjà arrivé à certains ici.

Pour se nourrir, se soigner ou juste parler, il traverse le bois et va au Samu social de Saint-Mandé. Il garde un souvenir lumineux de trois jours passés à descendre l’Ardèche en canoë. C’était cet été, à l’initiative d’une association. Là encore, pour loger le groupe de sans-abris, l’association a du ruser en les faisant passer pour ses employés.

La police ne dit rien, vérifie juste qu’il n’y a pas de problèmes. « Au bois, on n’emmerde personne », commente Fabien. Sauf quand ils meurent.

Les prénoms ont été modifiés.


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  • cheng
    • Posté à 17h35 le 27/11/2008
    • Internaute 49135

    Ils font peur à la société, comme un reflet qui pourrait bientôt être le notre, comme une incarnation de notre crainte de tout perdre, comme une représentation de l’instabilité de notre mode de vie et du vide qui nous attend à chaque faux pas.
    C’est un peu comme un vieux lion ayant perdu son combat contre un jeune rival, il erre à l’écart des siens, rongé par le remords et la rancoeur. Sommes nous des fauves ?
    Et comment forcer ces gens-là à aller dans des centres ? C’est aggraver encore plus leur perte de repères et de stabilité sociale, qui déjà sont bien malmenés voire anéantis...

    • Lohiel
      Lohiel répond à cheng
      http://twitter.com/Lohiel
      • Posté à 17h50 le 27/11/2008
      • Internaute 38391
        http://twitter.com/Lohiel

      c’est exactement ce que me disait une psy de ma connaissance (mais aussi personne fort sage), quand je lui ai demandé : « mais bon sang, pourquoi on fait comme s’il n’existaient pas ? Pourquoi les médias disent-ils toujours Les français ont peur du chômage alors qu’un tas y sont déjà ! » (beaucoup plus que les chiffres officiels, on le sait).

      On dirait qu’une fois exclu du monde du travail, la personne rentre dans des sortes de « ténèbres extérieures » d’où sa voix ne peut plus nous parvenir...

      C’est la peur, m’a-t-elle répondu... et plus y en a, plus les gens encore insérés ont peur de voir ce qui peut leur arriver à la moindre dégringolade... alors ils sont dans le déni, tout le temps. Les exclus deviennent des invisibles.

      Les fragiles, les malades, les vieux, les parents fragilisés par la solitude, les « pas-conformes » sont évacués les premiers... tout le monde se doit d’être hyper-solide pour tenir le coup, d’être « un battant », un « winner »...

      ...mais au fond, nous savons tous bien que dans l’état de délabrement actuel du lien social, où la solidarité familiale se fait de plus en plus rare (même si heureusement, elle existe encore un peu), nous sommes tous très seuls et fragilisés.

      • Au sud de nul part-
        Au sud de nul part- répond à Lohiel
        Situation
        • Posté à 18h48 le 27/11/2008
        • Internaute 57434
          Situation

        Bonjour lohiel.

        Ce que vous écrivez ici est fort juste.

        Cependant, je ne crois pas que la solidraité familiale soit de plus en plus rare ; elle est seulement beaucoup plus difficile à exercer dans certains milieux sociaux. En revanche, elle s’exerce à fond dans d’autres milieux sociaux. On ne peut expliquer sinon comment la solidairité économique passant par l’Etat se délite peu à peu : elle ne touche pas tout le monde de manière uniforme. Elle est en effet remplacée, là ou cela est possible, par un soutien familial qui accroit encore les écarts entre les fameux « destins » de chacun et chacune. Malheureusement, celui qui vit avec un filet de sécurité, parfois, aime bien croire que son filet n’existe pas ou que son effet est négligeable au regard de la seule action individuelle. N’est-ce pas le « mérite » qui fut la valeur première pronée à gauche comme à droite, récemment ?

        A.S.D.N.P

         
        • titysse
          • Posté à 23h17 le 28/11/2008
          • Internaute 60500

          Et cela devient presque drôle quand ceux qui ont toujours vécu avec ce filet tentent de convaincre les autres en tentant d’extirper de leur vie toutes leurs actions et expériences qui font d’eux des personnes qui ont trimer dur (forcément) pour en arriver où ils sont. De nos jours, il semble difficile de d’admettre simplement qu’on a eu une vie simple, sans difficulté majeure et qu’on a profité des efforts des parents qui ont travaillé dur avant nous justement pour que nous leurs enfant ayons moins à faire. Il me semble qu’effectivement ce genre de biais dans la conception de ce qu’on appelle « difficultés » explique pourquoi il est souvent si difficile de ne pas penser « un peu » qu’une personne à la rue l’est parce qu’elle le veut bien...

        1 autres commentaires
      • DBL8
        DBL8 répond à Lohiel
        Retraité
        • Posté à 19h48 le 27/11/2008
        • Internaute 19562
          Retraité

        Il n’y a pas besoin de demander à un(e) psy. pour savoir ça, regardez autour de vous et vous constaterez que les gens sont indifférents aux autres ; une sorte de ségrégation c’est installé depuis plusieurs dizaines d’années.
        Et la crainte de la déchéance est vivace parmi beaucoup.

        Ouvrir les yeux (& pas seulement pour jouir d’un spectacle comme le dessin le fait vois ; ce qui est aussi, hélas, tellement vrai), et ne pas rester indifférent, voilà ce qu’il faut que certains retrouve.

         
        • OISANS38
          OISANS38 répond à DBL8
          retraitée
          • Posté à 09h44 le 28/11/2008
          • Internaute 47327
            retraitée

          D’accord pour l’indifférence, qui ne date pas d’aujourd’hui (ex : Montand et « Vive la crise » et ses jérémiades sur son taux d’imposition et ses pointages pour toucher les indemnités d’intermittent - Gainsbourg , fort applaudi par les « gagnants » de tous bords, brùlant un billet de 5OOfrancs ; qui a pensé à interroger les gens pour lesquels cela représentait un mois de survie ? - c’était le temps où triomphait un racheteur à bas prix et fossoyeur d’entreprises Tapie...). C’étaient des modèles !
          Cet individualisme a pavoisé de plus en plus. Le pire, c’est qu’alors que les situations d’exclusion menacent presque tout le monde, sauf les hyper-priligiés, il s’accentue.

          Mais, pour les non-exclus momentanément, vivre le rapport est difficile. Je ne sais jamais comment me comporter ; parler, oui mais comment savoir le faire sans éveiller la susceptibilité de l’exclus ? Alors, j’essaie, au coup par coup. Quelqu’un a-t-il résolu cette difficulté ? (je veux dire : à part ceux qui consacrent leur vie aux exclus)

          • dahu74
            dahu74 répond à OISANS38
            Déclassé....et alors? ;-))
            • Posté à 12h22 le 28/11/2008
            • Internaute 24292
              Déclassé....et alors? ;-))

            écouter (éviter les questions), sourire, offrir une cigarette, proposer de boire un café au bar du coin
            échanger des propos sur des choses triviales (le temps, le foot, les élections...) comme avec n’importe quel voisin ou collègue de travail
            rassurez-vous, même pour les « professionnels », à chaque nouveau contact c’est un nouveau défi, une remise en cause
            ni naïveté, ni cynisme, de l’humanité et du bon sens !

        2 autres commentaires
      • marie 75
        marie 75 répond à Lohiel
        • Posté à 10h32 le 28/11/2008
        • Internaute 3563

        un 7ème mort à Paris ce matin (dvt un magasin).

    • camarade vitamine
      • Posté à 09h46 le 28/11/2008
      • Internaute 53263

      Oui. D’autant plus que nul n’est à l’abri d’un séisme affectif, d’une tourmente passagère, d’un anéantissement émotionnel, d’une catastrophe financière, d’une maladie traumatique ou mentale, d’un handicap physique, d’une dépendance aux toxiques, etc.

      La culture du plus fort, du plus rapide, du meilleur, de l’homme qui vaudrait des milliards avec ou sans parachutes, engendre le clivage entre les supposés gagnants et les supposés perdants.

      Les « petites gens » sont les personnes qui vivent le « réel terrifiant » sans bénéficier des aménagements fantasmatiques procurés par l’argent, la consumérisation, la puissance guerrière financière et conquérante induits par la pression sociale.

      Les personnes qui « errent en marge » sont celles qui font à défaut le choix du retrait de ce fonctionnement maltraitant de pression sociale. Leurs expédiants les 33 exportent dans du possible immédiat salvateur à court terme.

      « Pour faire société, il nous faut nous rencontrer » a dit, en substance, Bergson. Certes mais ailleurs qu’entre les gondoles morbides des temples consuméristes, hors les murs des foyers mortifères de Nanterre, pas seulement sur les pavés manifestes, et encore moins dans le refuges des religions et autres sectes...

    • monika
      monika répond à cheng
      • Posté à 13h56 le 28/11/2008
      • Internaute 28466

      « il y a une dame qui vient déposer des choses et se sauve ». Je ne pense pas qu’elle ait peur personnellement sinon elle ne viendrait pas et ne ferait pas un pas dans le bois de Vincennes. . Je pense plutôt que c’est une femme très digne et qu’elle ne veut pas mettre les SDF dans l’embarras, car pas facile pour eux de vivre dans ces conditions et cela les mettrait peut être mal à l’aise de contacter cette dame, et cela elle en a bien conscience.

      Difficile de survivre grâce à la charité de personnes très humaines alors que votre propre famille vous ignore parfois.

    • nada
      nada répond à cheng
      • Posté à 18h03 le 28/11/2008
      • Internaute 25026

      SDF = Sale Démocratie Française

      On vote toujours à côté de la plaque ! et c’est les Autres qui en pâtissent

  • zénon denon 84
    • Posté à 17h37 le 27/11/2008
    • Internaute 30028
      Bonne

    « En vérité,la situation présente,qui semble
    calme à qui ne pense pas,est violente ,qu’on
    ne s’y m’eprenne point .

    Quand la moralité publique s’éclipse,
    il se fait dans l’ordre social une ombre
    qui épouvante ... »

    devinez qui a ecrit cela ? et quand .

    ,,,

  • A déménagé le 8-10
    • Posté à 17h40 le 27/11/2008
    • Internaute 1001
      nc

    « Au bois, on n’emmerde personne », commente Fabien. Sauf quand ils meurent.

    Ils emmerdent un peu, quand même. Mais pas assez de monde.

    Et pas les gens qu’il faudrait.

    Récit de votre serviteur en 3 parties :

    Lien

    Lien

    Lien

  • agnès93
    agnès93
    citoyenne
    • Posté à 17h43 le 27/11/2008
    • Internaute 56448
      citoyenne

    Un cinquième SDF vient d’être retrouvé mort !
    Près de 100 000 personnes sont sans abris en France !
    Nous ne pouvons que soutenir les associations (les seuls qui s’opposent au quotidien à cet Etat Tout-puissant) . Oui « Boutin Démission » !

  • patrick du 14-
    patrick du 14-
    de plus en plus naze
    • Posté à 17h44 le 27/11/2008
    • Internaute 40667
      de plus en plus naze

    un fusil à pompe quand même ça me parait fort de café ( termos)

  • agnès93
    agnès93
    citoyenne
    • Posté à 17h46 le 27/11/2008
    • Internaute 56448
      citoyenne

    Après que notre civilisation ait connu les Grands Mouvements Culturels tels que :
    l’humanisme,le baroque,classicisme,le romantisme,le réalisme et le naturalisme,
    le surréalisme,L’existentialisme,Le Nouveau roman ;
    depuis 2002 Le Cynisme a fait son grand retour !

    Je ne parle pas du Cynisme Grec dont
    Diogène de Sinope, qu’on peut considérer comme étant le premier véritable cynique et qui tenait
    au bout d’une laisse... un coq plumé ! (on est bien obligé d’avouer que l’image est en revanche d’actualité ) !
    Non, non, je parle du Cynisme qui s’est impossé à nous comme forme de pensée, du Nouveau Pouvoir,
    décomplexé de toute morale, de toute pudeur, de toute compassion et de toute forme de solidarité !
    Le Cynisme est le Mouvement de la Surenchère du pire, celui que nous vivons aujourd’hui !

    • Jambalaya-
      Jambalaya- répond à agnès93
      Le contenu de ce champ apparaît (...)
      • Posté à 17h55 le 28/11/2008
      • Internaute 25992
        Le contenu de ce champ apparaît (...)

      Conséquence directe de la perte d’influence des religions...

  • patrick du 14-
    patrick du 14-
    de plus en plus naze
    • Posté à 17h56 le 27/11/2008
    • Internaute 40667
      de plus en plus naze

    mais lors de votre petite visite leurs avez vous demander çe qui leurs ferait plaisir, des p’tites choses genre un p’tit groupe electrogène

    • compte supprimé 20
      • Posté à 20h03 le 27/11/2008
      • Internaute 9981

      c’est sur, un groupe électrogène, super utile, pour pouvoir regarder la télé ? ou peut être pour le micro onde ? un costume de père noël ça me semble vachement plus utile et puis ça égaierai les rues et ça plairait aux enfants

  • le soudanais
    le soudanais
    ici et là
    • Posté à 17h57 le 27/11/2008
    • Internaute 16438
      ici et là

    Rien à dire sur le fond de l’article, en revanche 2 petites remarques sur la conception du journalisme aujourd’hui qui transparait à travers cette chronique.

    « D’habitude, les interlocuteurs que rencontre un journaliste parlent parce qu’ils veulent qu’on les écoute. Lorsque que quelqu’un est réticent à raconter, il faut le convaincre. »

    Tout de même, si le journaliste ne rencontre que des gens prêt à lui parler, ça doit énormément limiter les investigations...

    « Là, je ne peux convaincre de rien. Dire quoi ? Racontez moi votre vie pour que les gens comprennent que... »

    Je suis surpris, même pas une petite série de questions préparée à l’avance. Il me semble légitime de s’attendre à ce qu’une personne exclue de la société comme un SDF vivant dans un bois à proximité de Paris renâcle à étaler sa vie au premier inconnu venu.

    • Zineb Dryef
      Zineb Dryef répond à le soudanais
      Auteur(e) de l'article Journaliste Rue89
      • Posté à 18h02 le 27/11/2008
        rédacteur
      • Journaliste 24
        Journaliste

      Ce que je veux exprimer, c’est l’immense difficulté qu’on rencontre lorsqu’on s’entretient avec des personnes marginales ou exclues. Ce n’est pas la première fois que ça m’arrive. Evidemment, on a ses questions, préparées à l’avance etc. Mais je vous assure qu’on se sent souvent assez con. Là, la discussion a pu avoir lieu avec Stéphane et Fabien uniquement parce qu’on est sorti du cadre « journaliste/interviewé ». C’est ce que j’ai voulu souligner.

      • A déménagé le 8-10
        • Posté à 18h43 le 27/11/2008
        • Internaute 1001
          nc

        Surtout que vous avez fait, méthodes actuelles oblige, du journalisme-express. La confiance des gens fragiles ne se gagne qu’avec du temps, beaucoup...

      • comptesuprimé30
        comptesuprimé30 répond à Zineb Dryef
        hestia
        • Posté à 19h04 le 27/11/2008
        • Internaute 54180
          hestia

        @zineb

        La difficulté lorsqu’on rencontre des personnes dites exclues tient au fait( qu’ils expliquent trés bien) qu’ils sont observés comme des animaux.
        Pour avoir travaillé avec des exclus (CHAPSA NANTERRE) les personnes rejetées par la société en ont assez que les journalistes les utilisent pour faire vendre du papier.J’ai souvent entendu cette phrase quand les journalistes venaient : « mais nous ne sommes pas des animaux dans un zoo »

        Demandez leur ?

        Patrick Declerck pour écrire « les naufragés » a vécu avec eux.

        Un autre élément est important : quand on est dans la survie (manger/avoir chaud/dormir) on n’a plus envie de faire des phrases .

        Aimeriez vous en tant que SDF qu’un journaliste débarque dans votre vie et vous pose des questions ?

         
        • Zineb Dryef
          Zineb Dryef répond à comptesuprimé30
          Auteur(e) de l'article Journaliste Rue89
          • Posté à 19h27 le 27/11/2008
            rédacteur
          • Journaliste 24
            Journaliste

          Je suis d’accord. J’ai lu Declerck, son bouquin est sans doute ce que j’ai lu de mieux concernant les SDF d’ailleurs.

          • comptesuprimé30
            comptesuprimé30 répond à Zineb Dryef
            hestia
            • Posté à 19h58 le 27/11/2008
            • Internaute 54180
              hestia

            à zyneb
            merci pour la réponse.
            Qui plus est Patrick Declerck est passionnant à rencontrer ; peut être pourriez vous lui proposer une tribune sur rue89 ?

            à conseiller du même auteur « le sang nouveau est arrivé » concernant aussi les SDF.
            cordialement

            • dahu74
              dahu74 répond à comptesuprimé30
              Déclassé....et alors? ;-))
              • Posté à 12h33 le 28/11/2008
              • Internaute 24292
                Déclassé....et alors? ;-))

              Je recommande chaleureusement « SDF -Crtique du prêt à penser » de Patrick Gaboriau et Daniel Terrolle (tous 2 chercheurs au CNRS)éd Privat
              Une interview de professionnels, qui, comme P decleck, travaillent sur ce « phénomène » de société depuis +15 ans.
              Et aussi le dernier n° de regards croisés sur l’économie consacré à Pour en finir avec la pauvreté (Lien)
              Et bien sûr le rapport de la Fnars « Sortir de la rue » (12/2007)
              Des analyse sérieuses, professionnelles, de la situation ont été établies.
              Des pays ont mis en œuvre avec succès l’éradication de la vie à la rue (GB, DK, NL)
              Nos politiques sont-ils sourds et illettrés ?

        • tropi
          tropi répond à comptesuprimé30
          calisé
          • Posté à 19h53 le 27/11/2008
          • Internaute 12719
            calisé

          il est vrai que le regard de certains est destructeur ! mais,je parlerai là de ma propre expérience, le dialogue est très important ! il permet de montrer que ce n’est pas parce que vous êtes à la rue que vous êtes pour autant une bête sauvage !
          nos écrits(quand on peut écrire !) et nos paroles nous éloignent de l’animalité !

        4 autres commentaires
  • citrouille
    citrouille
    gerboulade permanente
    • Posté à 18h23 le 27/11/2008
    • Internaute 33365
      gerboulade permanente

    J’ai campé l’an dernier pendant 4 semaines avec des SDF-EDQ. Ils ont énormément apprécié qu’on partage leur vie et qu’ils partagent la nôtre. Parler, c’est ce qui leur manque le plus. De l’attention, un sourire, un casse-croute partagé et pas tendu du bout des doigts...C’est pas compliqué.

    • remi86
      remi86 répond à citrouille
      le croquant ...du poitou
      • Posté à 20h15 le 27/11/2008
      • Internaute 16070
        le croquant ...du poitou

      Là je vais etre vache ! c etait un tour operator sdf ou un pokalontas je sais pas quoi ? ! suffit pas de partager pendant un certains temps !
      J ai pas de lecon a donner mais c est pas des kikuyus que tu vas visiter en afrique ! et tu retournes chez toi avec pleins de bons souvenirs !
      qu est ce qu il y a derriere depuis ton safari ?

      • citrouille
        citrouille répond à remi86
        gerboulade permanente
        • Posté à 06h55 le 28/11/2008
        • Internaute 33365
          gerboulade permanente

        Safari. Comique. Vu que j’ai été à l’initiative de l’installation du camp avec un copain faucheur,j’apprécie hautement ta hargne.
        Combien de nuits et de jours as-tu passées avec des SDF, à dicuter avec eux, à faire la soupe pour tous ceux qui voulaient venir la partager, à intervenir auprès de la mairie pour qu’une maison-relai soit créée, à se faire agresser par des nasillons envoyés je ne dirai par qui. Combien de fois as-tu pris le temps de discuter avec eux, quand tu les croises dans la rue ? A continuer à t’inquiéter pour le plus vieux d’entre eux, qui est régulièrement agressé je ne dirai par qui, ses affaires brûlées en pleine ville sans que cela ne gêne grand-monde...
        Rien. Tu n’as pas de leçons à donner ? Alors ferme ta gueule.Moi je n’ai pas de comptes à rendre.

    • Ryze-
      Ryze- répond à citrouille
      Révolté ! !
      • Posté à 10h08 le 28/11/2008
      • Internaute 30038
        Révolté ! !

      Citrouille, c’est juste pour une petite précision : le sigle EDQ ça veut dire quoi ?
      En tout cas, bravo pour ta démarche.
      Cordialement.

      • PIT LE CHIEN
        PIT LE CHIEN répond à Ryze-
        Wouaooouh!
        • Posté à 10h55 le 28/11/2008
        • Internaute 25924
          Wouaooouh!

        EDQ = Les Enfants de Don Quichotte = Les Frère et mère..Legrand = Quai de Jemmapes = les tentes , etc...
        QC = Qu’ils continuent et nous aussi.

  • ALLAIN JULES C@MMUNICATION
    • Posté à 18h28 le 27/11/2008
    • Internaute 18202

    Nom de Dieu !

    Mais pour quel intérêt donc, le gouvernement veut faire le forcing avec ces gens ? De voir un gouvernement incapable de prendre des mesures de réquisition fait pitié. Ces gens ne demandent pas forcément la charité, mais veulent quon soit simplement attentif à leur malheur.

    L’Abbé Pierrre revient, ils sont devenus fous !

    Lien

    • Teberli
      Teberli répond à ALLAIN JULES C@MMUNICATION
      Enseignant
      • Posté à 19h03 le 27/11/2008
      • Expert 48108
        Enseignant

      Ce n’est pas seulement de charité que notre société a besoin mais de justice sociale absolue.

      Comment se fait-il que la misère gagne du terrain ? Ne serait-ce pas à cause d’une théorie géniale et incroyablement vicieuse qui veut que le travailleur paye le patron, qui veut que le patron gagne dix ou vingt ou trente fois plus que le travailleur, que les lois soient faites par les puissants pour les puissants etc.

      Du côté des travailleurs :

      Produire plus pour avoir moins
      Se faire jeter comme un citron trop pressé
      Cacher la misère sous la dignité

      Du côté des responsables de la situation :

      Exploiter plus pour capitaliser plus
      Dégraisser et délocaliser pour gagner plus
      Cacher la fortune dans les paradis du capital
      Montrer l’assurance et l’arrogance du vainqueur
      Expliquer aux victimes que c’est de leur faute, qu’ils avaient les mêmes chances au départ ... enfin presque !

      Quoi, c’est faux ? Y en a qui sont plus égaux que les autres ? Ben, c’est normal, non ? On n’y peut rien ! Ca a toujours été comme ça, vous le savez bien. Comment ça on y peut beaucoup ? La solidarité, l’éducation, les services publics gratuits, des lois justes ? Et puis quoi encore ? Vous seriez pas en train de virer NPA, vous ?

    • Thomas GREDAT
      • Posté à 19h17 le 27/11/2008
      • Internaute 23794

      Ils ont peut-être besoin de charité, sans doute de justice sociale, mais surtout d’espoir. D’envie de vivre, de savoir qu’on peut s’en sortir, parce que ça en vaut de la peine.
      Quand un SDF dit : « Au bois, on n’emmerde personne », ça veut tout dire. Le sentiment d’être de trop.
      Ils ont besoin de savoir qu’ils existent. C’est vrai qu’on ne les y aide pas beaucoup. Mais c’est cela qui leur donnerait l’énergie.

  • Keldan
    Keldan
    Now future & karpe diem
    • Posté à 18h41 le 27/11/2008
    • Internaute 5164
      Now future & karpe diem

    Les seuls dont il faut avoir peur ce sont les clochards qui ont l’alcool qui leur attaquent le cerveau, les keupons perchés ou pire que tout, les junkies en manquent.
    Après, les autres ont plus à avoir peur du reste du monde que l’inverse. Si un clochard me blesse, un tour à l’hosto et je rentre chez moi, et ça guérit. Lui ira peut être à l’hosto, mais trainer dehors avec une plaie ou un bras cassé, ça pardonne pas.

    Mais il existe une bonne raison pour les éviter : le dégout. Je suis pas du genre bégueule, mais il y a quand même une limite à l’odeur qu’on peut supporter. Sans même parler de la crasse ou des puces et des poux (surtout les punkachiens, pour les puces...)

    Et puis je ne les regarde pas parce que ma maman m’a dit que c’était impoli de dévisager les gens. Et que j’aime pas qu’on me regarde. Et lorsque je croise leur regard, ils ont le droit à un traitement égal à celui du reste du monde : indifférence et mépris.

    En fait je suis un mec trop sympa avec les vagabonds, je les traite en être humain. Pas de bol, je suis misanthrope : D

    • compte supprimé 20
      • Posté à 20h05 le 27/11/2008
      • Internaute 9981

      les puces des punkachiens , elles restent sur les chiens ! méfie toi davantage des clodos sans chiens !

  • Juan Pablo de Tagéna - bloqué
    • Posté à 18h43 le 27/11/2008
    • Internaute 60349

    Je crains qu’il soit impossible de réintégrer dans la société certains SDF : il y a chez eux un refus absolu de la vie en société et de ses règles, c’est un choix qu’ils font de vivre ainsi. Mais nous sommes devenus si délicats et si égoïstes que nous ne supportons pas le spectacle de la misère choisie, car nous avons trop peur que ça nous arrive. Il y a dans cette compassion quelque chose de suspect, d’intrinsèquement égoïste ! Nous ne voumons pas être gênés par le spectacle de la pauvreté !

    • vol19
      • Posté à 19h28 le 27/11/2008
      • Internaute 13492

      (1) « nous ne supportons pas le spectacle de la misère choisie »...
      (2)« Nous ne voulons pas être gênés par le spectacle de la pauvreté »
      (3) « il y a chez eux un refus absolu de la vie en société et de ses règles, c’est un choix qu’ils font de vivre ainsi ».

      Une pointe d’humour...votre discours témoigne d’une grande empathie et une grande compréhension vis à vis des processus d’exclusion.
      Pourriez-vous développer quelle « vie en société et de leurs règles » s’agit-il ?
      Celles du trader ?
      C’est le côté paradoxal aujourd’hui, l’éclatement de la société et des conventions homis celles de la production/consommation et de l’autre côté moins de place pour la singularité contrairement aux sociétés anciennes ?

    • Au sud de nul part-
      • Posté à 20h02 le 27/11/2008
      • Internaute 57434
        Situation

      C’est curieux que vous en veniez immédiatement à dire que :

      « Je crains qu’il soit impossible de réintégrer dans la société certains SDF : il y a chez eux un refus absolu de la vie en société et de ses règles, c’est un choix qu’ils font de vivre ainsi. »

      Vous dîtes « Je » : vous parlez à leur place et vous en venez à savoir pour eux. Vous parlez aussi de « choix » : un jour, selon une position abstraite, un homme décide librement de vivre dehors. Et les autres homme non.

      « Mais nous sommes devenus si délicats et si égoïstes que nous ne supportons pas le spectacle de la misère choisie, “

      Ah ? Quel beau sophisme : l’égoïsme ne consiste pas à ne pas vouloir réduire le nombre de sdf, mais à ne pas accepter un choix de vie libre....
      Pour parler (de vous même, en fait) vous dites ‘certains’ sdf : ‘certains’. C’est un terme tellement indéfini qu’il ne veut rien dire du tout.

      Sur 100 000, voire 150 000 sdf, cela veut dire quoi ‘certains SDF’ ? 10, 1000, 10 000... ? Et même si 10 000 sdf auraient un jour ‘choisi’ la vie de ‘misère’ (quand ? Comment ? on ne sait pas...), qu’est ce que cela veut dire pour les autres ? Qu’ils n’ont rien choisit du tout. Votre raisonnement est juste fondé sur une stratégie de diversion : du genre, parlons plutôt de ‘certains SDF’ qui ont ‘choisis’ leur mode de vie...genre, eh oui, brisons les tabous, rendons nous compte que ‘certains sdfs’ sont libres d’être ‘sdf’. On change ainsi bien de sujet.
      C’est commode.

      L’allusion à une ‘compassion’ ‘suspect(e)’, laquelle proviendrait de notre délicatesse moderne, ou d’une supposée sensibilité excessive, expliquerait notre désir ne de pas être ‘gênés par le spectacle de la pauvreté !’. Cela voudrait dire que nous devrions accepter de reconnaître la liberté de ‘certains’ sdf à vivre dans la misère. Ce type d’argumentation marche à tous les coups : il y a des chômeurs qui choisissent librement le chômage ; il y a des femmes qui choisissent librement un mari violent, etc...Même si on octroyait à ce propos la moindre vraisemblance, en quoi celui-ci permti-il de résoudre le problème ? Quel est l’intérêt de parler de Soi pour ne pas parler des milliers de sdf qui n’ont pas ‘choisit’ ne vivre dehors ?

      En réalité, c’est une manière bien signifiante de se raussurer soi-même, justement, que d’évoquer d’abord une figure marginal du SDF, celle de l’être rebelle au ‘règles’ et qui ‘choisit’ selon une conscience libre un mode de vie supposée être vécu en ‘dehors’ de la ‘société’. Cette figure post romantique est une figure construite.

      Comment croire, sans n’avoir jamais fréquenter une majorité de sdf, que le problème majeure se situerait ici, dans une forme de rebellion sociale ? Quel intérêt même recouvre cette manière de déplacer le fait qu’il y a 100 000 sdfs ? Quel est l’intérêt psychique de celui qui parle d’abord ainsi du problème ?

      On polémique alors sur un point de détail -liberté ou non liberté de choix, le libre arbitre...- pour ne pas parler du réel : est-ce que les sdf -dans leur grande majorité- sont satisfaits de conditions de vie et veulent absolument que celles-ci ne changent aucunement ? S’interroger en revanche sur une ‘suspect(e) compassion’, laquelle remettrait en cause un certain interventionnisme social, est bien plutôt le comble du narcissisme. Interrogons nous d’abord sur Nous mêmes... réfléchissons d’abord à l’ambivalence de l’altruisme.... plutôt que de s’occuper concrètement d’un problème social qui se trouve ainsi soigneusement occulté. C’est le recours à une psychologie de bazar, un sous nieztchéisme passe-partout : le ‘spectacle de la pauvreté’ nous dérangerait car nous ne respecterions pas la liberté, et non parce que l’humain éprouverait, parfois, un malaise à pas voir l’un de ses semblables vivre dans un pays riche moins bien qu’un chien de compagnie. Bien sûr. Cela va de soi. C’est une priorité que de s’interroger sur l’ambivalence morale de l’altruisme : les SDF n’attendent que cela.

      A.S.D.N.P

      • vol19
        • Posté à 20h57 le 27/11/2008
        • Internaute 13492

        L’analyse de discours, c’est toujours intéressant :

        L’insupportable « pauvreté choisie » évoque étrangement le terme devenu générique d« immigration choisie »...
        Pauvreté et immigration semblent être liés.

        Le discours de l’égoisme qui sous-tend la compassion vis à vis de la pauvreté et de la pauvreté traduit au fond le mépris.

        -> En fait un discours fachiste, il n’y a pas de ressenti de souffrance par rapport à celle de l’autre, juste de la peur que celà arrive à lui. Au fond, c’est la peur, voire la haine même de sa propre part de fragilité (que chacun dans notre société essaye tant bien que mal de rejeter)... et non pas de la souffrance d’autrui. C’est très différent.

        Oui, mieux vaut les faire disparaitre, leur faire-comprendre de disparaitre. Hitler lui a tout liquidé, malades (avec l’aide des médecins pour les enfants diabétiques), marginaux, handicapés, homosexuels, étrangers (commence par les Juifs, les Tziganes, puis pour après : les Slaves, puis les Latins...)avant de se détruire lui-même et part de son peuple... Ca ne doit pas si bien marcher que çà...

        Entre temps, on cogne sur ce qui est fragile, un pâle moyen d’essayer de lutter contre cette faille en soi-même détestée.

    • Marc de café_bloque
      Marc de café_bloque répond à Juan Pablo de Tagéna - bloqué
      cabot mais pas chien
      • Posté à 10h45 le 28/11/2008
      • Internaute 56893
        cabot mais pas chien

      A Juan Pablo de Tagéna : non, ce n’ est pas de la misère choisie , ou alors pour quelques cas très rares. C ’est souvent une grave impossibilité de s ’ adapter à la société : deux amies ont essayé de loger dans des appartements corrects des SDF et leur ont trouvé des petits boulots. Des mecs très sympas , normaux, « dehors », et qui se sont avérés être de dangereux déséquilibrés dès leur changement de mode de vie . C ’ étaient des schizophrènes qui avaient , nous l’ avons découvert ensuite, un lourd passé psychiatrique. Le plus triste, c ’est l’ attitude des services sociaux, qui ont reproché à mes amies leur initiative.
      Je ne dis pas qu’ il ne faut pas loger les SDF mais que c ’est le rôle de l’ Etat, qu’ il y a un énorme travail en amont, que ce sont des services très spécialisés qui devraient l’ assumer et non des bénévoles. La situation actuelle est scandaleuse à tous points de vue.

      • Juan Pablo de Tagéna - bloqué
        • Posté à 14h24 le 28/11/2008
        • Internaute 60349

        Vous exagérez : on n’a jamais redistribué autant de fric ! 56% de la richesse nationale est confisqué par l’Etat pour être redistribuée ! Pire que dans la russie de Staline ! Et on ose dire que nous sommes dans une société ultralibérale ? Mais où ont-ils appris à raisonner ?

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