13/08/2007 à 10h00

Quand la Chine agite la menace de « l'arme nucléaire » financière

Pierre Haski | Cofondateur Rue89


billet de 100 yuans en perles, par l’artiste Liu Zheng (P.Haski/Rue89)

En pleine tempête bancaire autour de l’immobilier américain, une menace de guerre financière encore plus grave, opposant la Chine aux Etats-Unis, vient d’être désamorcée -pour l’instant. Elle concerne les centaines de milliards de dollars de réserves détenus aux Etats-Unis par l’Etat chinois, et qui pourraient se transformer en arme politique susceptible de déstabiliser l’économie mondiale.

Ce sont les propos d’économistes chinois liés au Parti communiste chinois, parus dans la presse britannique, qui ont sonné l’alarme, provoquant une riposte immédiate de Georges Bush et de son Secrétaire au Trésor, Henri Paulson. Ces économistes s’étaient déclarés favorables à l’emploi de ce qu’ils avaient qualifié d’« arme nucléaire » entre les mains de la Chine : sa possession de 407 milliards de dollars en bons du Trésor américain, et de centaines de milliards de réserves supplémentaires libellées en dollars américains. Au total, 1200 milliards de dollars de réserve en devises.

Une mise sur le marché de ces bons du Trésor ou un retrait massif de dollars par la Banque du peuple chinois (la banque centrale chinoise) aurait un effet dévastateur sur l’économie américaine. Une manière de calmer les incessantes critiques américaines contre la Chine, accusée pêle-mêle de manipuler le cours de sa devise, le Renminbi, d’exporter des produits nocifs, de faire du dumping etc., et menacée de sanctions par le Congrès américain.

Dès le milieu de la semaine dernière, Georges Bush a qualifié cette attitude de « bien imprudente », tandis que son Secrétaire au Trésor, qui vient d’avoir des entretiens officiels à Pékin, soulignait que les deux pays avaient « fait le choix d’une relation économique constructive ». En retour, Pékin a officiellement réagi dimanche en réaffirmant son attachement à ses actifs en dollars. « La Chine est un investisseur responsable sur les marchés financiers mondiaux. Dans la gestion de nos réserves en devises, nous recherchons la stabilité, la liquidité et le retour sur investissement et nous avons une politique stratégique à long terme » à ce sujet, a déclaré un responsable de la Banque centrale chinoise.

Incident clos ? Cette passe d’armes a au moins le mérite de mettre à jour un des aspects les moins connus de la relation sino-américaine : les Etats-Unis ont un besoin vital de ces dépôts chinois, comme hier de ceux du Japon, toujours le premier détenteur de bons du Trésor américain, tandis que les Chinois s’achètent de la sorte une influence dont ils pourraient être tentés de faire usage un jour, en cas de crise majeure. Par exemple autour de la question de Taiwan.

Ces sommes colossales ne servent pas qu’à agiter des menaces de « guerre » : Pékin a commencé à mettre ses réserves en mouvement. La Chine est en train de créer un fonds d’investissement, modelé sur Temasek, le fonds de l’Etat singapourien devenu un acteur actif sur le plan mondial, afin de placer son argent. Premier investissement : 3 milliards de dollars pour nombreuses critiques s’expriment sur l’Internet chinois contre cette incursion de l’argent public chinois au coeur du capitalisme financier. « Oh, dirigeants du gouvernement chinois, ne vous laissez pas abuser par les paroles sucrées de loups déguisés en humains », ironise ainsi un blogueur chinois, en référence à Blackstone. Les détracteurs chinois de cet investissement déplorent que cet argent, produit par la « sueur des ouvriers chinois », aille spéculer à l’étranger au lieu de revenir améliorer le sort de la population chinoise.

Deuxième type de critiques, celle des Etats étrangers qui ont fait le choix de privatiser leurs entreprises, et qui retrouvent comme actionnaire des fonds ... étatiques. Les Chinois ne sont pas les seuls concernés : les monarchies pétrolières du Golfe, la Russie ou Singapour déjà mentionné, ont précédé la Chine sur cette voie. Lorsque Dubaï se retrouve propriétaire du port de New York, cela suscite un tollé aux Etats-Unis... Plus récemment, une véritable inquiétude a commencé à s’exprimer dans les pays occidentaux face à la montée des « Sovereign Wealth Funds » (SWF), ces fonds d’investissement obéissant à des Etats. Une concertation internationale est prévue à ce sujet.

La Chine, nouvel acteur de ce capitalisme financier, en apprend vite les règles. On a vu ces fonds chinois intervenir récemment dans le capital de la Barclays Bank pour peser sur la bataille pour la prise de contrôle de la banque néerlandaise ABN-AMRO. Mais c’est un jeu à haut risque, à la fois financièrement, mais aussi politiquement.

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  • Anonyme

    C’était un peu à prévoir non ?
    Tout cet argent accumulé par la Chine, au lieu de profiter au peuple chinois, est l’arme absolue contre l’occident. Nous n’avons aucune parade, ni l’UE ni les USA, et à moins de faire un krack boursier qui mettrai la planète entière sens dessus dessous, nous sommes cousus.
    Il ne nous reste qu’à faire confiance à la Chine.

    Et vogue la galère, je suis matelot !

    Servais-Jean

  • Anonyme

    ils vont faire péter, c’est ça la stratégie long terme, c’est clair.

    Un peu d’anarchie financière sur cette planète ne pourrait faire de mal qu’aux puissants ; le problème c’est qu’ils ne feront péter qu’au moment où ils seront sur de prendre le contrôle total derrière...

    oui, passe d’arme entre kifkif et bourricot.

  • Le Yéti
    Le Yéti
    yetiblog.org
    • Posté à 11h30 le 13/08/2007
    • Internaute 6095
      yetiblog.org

    Très bon article, très éclairant.

    Gardons-nous des prédictions alarmistes, tout comme de verser dans la méthode Coué pour nous rassurer à bon compte.

    Mais sachons au moins où nous avons les pieds : sur un bien périlleux château de cartes international.

    • Anonyme répond à Le Yéti

      Il semble qu´il manque quelque chose à cette phrase « Premier investissement : 3 milliards de dollars pour nombreuses critiques s’expriment sur l’Internet chinois... »

      Il manquerait pas quelques mots entre pour et nombreuses critiques ?

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    • Ruevalparaiso
      Ruevalparaiso répond à Le Yéti
      • Posté à 11h05 le 14/08/2007
      • Internaute 2323

      Dans beaucoup de pays du monde la Chine est un facteur de stabilité... En Afrique ou en amérique latine comme au Chili par exemple les chinois ont des contrats sur plus de vingt ans pour l´achat de leurs matières premières (cuivre...). Ils investissent à long terme, et dans tous les secteurs, de la recherche, à la production en passant par le transport...
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      • Anonyme répond à Ruevalparaiso

        Facteur de stabilité comme on le vois en Afrique par exemple, nottament entre le Soudan et le Tchad, ou en Asie occidentale, comme en Iran, ou encore le soutien à la Syrie et indirectement au Hizbollah...

        La stabilité d’un Etat ou d’un pays, ce n’est pas la Chine ou le PCC qui en est le facteur, mais ses dirigeants...

        Je deteste la censure, mais la liberté d’expression doit s’accompagner d’une education. Cette liberté d’expression est trop précieuse pour exprimer absolument n’importe quoi comme ce que je viens de lire... à méditer monsieur Ruevalparaiso.

        Je suis fatigué !

         
        • Anonyme

          Les Chinois ne viennent pas en Afrique les armes à la main comme certains.

          Cette leçon d’histoire vaut quelque chose pour vous, certainement.

        • Anonyme

          Depuis que les « Chinois » se sont fait battre à Dien Bien Phu, l’Afrique est plus tranquille et le Niger peut négocier le prix de son uranium ?

          C’est bien ça, Monsieur le dictateur démocrate ?

        2 autres commentaires
    • daniel
      daniel répond à Le Yéti
      daniel
      • Posté à 13h28 le 15/08/2007
      • Internaute 5273
        daniel

      très bon article, oui mais le titre est vraiment fallacieux. On a eu l’impression que la chine a menacé par voie officielle de vendre des dollars, mais non ce sont simplements des économistes chinois sans doute imbéciles (il y en a même en chine) qui l’ont déclaré.

      Tout cela donne l’impression d’alimenter articiciellement la peur de la Chine. L’article cependant ne reflète pas du tout le coté trompeur du titre.

  • Nutmeg
    • Posté à 11h33 le 13/08/2007
    • Internaute 14140

    La puissance croissante de la Chine est-elle aussi inquiétante qu’elle en a l’air ou sont-ce nos préjugés d’occidentaux et la peur de voir les règles du jeu changer (elles ne sont pas terribles les règles actuelles, mais au moins on les connaît) ?
    C’est vrai que la patience, le flegme et l’opiniâtreté des Chinois ont quelque chose de flippant. Quand on voit le harcélement mené sur Taïwan depuis la fin de la guerre (veto contre une admission à l’ONU, pression pour faire exclure Taïwan de l’OMS, rappel incessant et souvent hors-contexte de la politique « d’une seule Chine »), on peut s’attendre à ce type de stratégie dans tous les domaines. L’accumulation méthodique de Bons du Trésor américain participe de cette stratégie. Les Chinois prennent leur temps mais tendent irrémédiablement vers leur objectif de devenir la première puissance du monde (sur les plans économique, politique, militaire... et sportif...). Effectivement, l’UE et les US (et le Japon) semblent bien impuissants.

    • wangpi
      wangpi répond à Nutmeg
      • Posté à 09h06 le 14/08/2007
      • Internaute 12588

      « C’est vrai que la patience, le flegme et l’opiniâtreté des Chinois ont quelque chose de flippant. »

      ces trois valeurs, que n’ont pas les états-unis, n’ont rien de « flippant ».

      elles sont nécessaires, et sans aucun doute plus efficaces que les rotomontades et l’arrogance vélléitaire des usa, pour permettre aux chinois de devenir visiblement ce qu’ils sont déjà essentiellement, la plus importante société du monde.

      et avec tous ses « défauts », elle me semble beaucoup moins « flippante » que les usa, comme patron de la planète.

      • lesailesbleues
        lesailesbleues répond à wangpi
        artiste militant
        • Posté à 09h17 le 14/08/2007
        • Internaute 14211
          artiste militant

        petit grain de sable :

        je mettrais les états unis, la chine et les autres « grand » dans le même panier : la terre.

        Et si ces puissances ne se sont pas aperçu qu’être le meilleur au dépend de ses voisins est lié à leur futur déclin par ce dénominateur commun qu’est notre planète : alors je trouve cette ambition d’un grand aveuglement et oui : quelles que soient leurs qualités, c’est flippant comme objectif.

        En vous remerciant.

  • pom7848
    pom7848
    Emmigré
    • Posté à 11h38 le 13/08/2007
    • Internaute 13588
      Emmigré

    Ça me semble assez douteux quand même... S’ils font sauter les Etats-Unis, les Chinois perdent leurs principaux débouchées. Autant se tirer une balle dans le pied !

    Et puis comment vendre tous ces bons au trésor et ces dollars d’un coup sans provoquer leur perte de valeur immédiate et donc finir par les vendre à vil prix ? Vu le nombre d’actifs, ça représenterait une perte collossale ! S’ils devaient se débarasser de tout ça, les Chinois auraient tout intérêt à les mettre sur le marché très très progressivement...

    Ça sonne plutôt comme des « bruissements de sabre » pour faire entendre et savoir urbi et orbi que la Chine est désormais une puissance avec laquelle il faudra compter.

  • all
    all
    • Posté à 11h56 le 13/08/2007
    • Internaute 9005

    Auxquels il faut rajouter les avoirs en $ possédés par les entreprises privées chinoises et les particuliers, pour lesquels on a peu d’informations.
    Le dollar ce n’est jamais rien que du papier.

    • Anonyme répond à all

      Eh oui, c’est même plus léger que le papier, c’est du vent !
      Ne le dites surtout pas à ceux qui pensent encore que ce modèle économique est celui qu’il faut suivre : ils n’ont pas encore compris que ce grand pays sera le prochain à imploser (cf premières fissures autour des crédits) !
      Dans quelques années (2 ans ? 5 ans ?) la Chine sera la première puissance économique mondiale.
      Comme les Etats-unis n’ont ni les moyens financiers, ni humains pour l’attaquer, il faudra bien se soumettre.
      Il est temps que l’Europe trouve sa troisième voie et ne suive pas aveuglément le modèle anglo-saxon... Il est dommage qu’aucun homme politique et qu’aucun journaliste ne le dise...

  • Servais-Jean
    • Posté à 11h59 le 13/08/2007
    • Internaute 4591
      43

    Une guerre mondiale n’est pas envisageable, mais une guerre financière peut l’être.
    Les moyens de l’éviter serait d’empécher la Chine d’accumuler des fonds : Dollars ou Euros ou de lui faire dépenser les fonds qu’elle possède.
    Comment ?
    Il faut demander à Bush, Brown ou Sarkozy.

  • lucky_luke
    lucky_luke
    informaticien
    • Posté à 11h59 le 13/08/2007
    • Internaute 14212
      informaticien

    Etrange comme on présente de manière alarmiste la montée en puissance de la Chine.

    Les Etats-Unis ne me semblent pas toujours très responsables dans l’utilisation de leur puissance mais on s’en émeut bien moins.

  • Anonyme

    Et le dragon asiatique s’éveille, il fait ses étirements... ND

  • Anonyme

    Ce que je souhaiterais savoir, c’est quels sont les risques réels, disons d’ici novembre 2008.
    Quel serait une des folies entreprises par l’administration Bush pour contrer la Chine ? Tout type d’excuse conviendrait-elle ? Guerre, état d’urgence décrété...
    Car ils ne laisseront jamais le « basculement des pôles » se réaliser, pas sans un baroud d’honneur, je vois mal ces créationnistes laisser faire et perdre le « premier pouvoir » au profit des Chinois...

    Sommes-nous plus proche que jamais d’une troisième guerre mondiale ?
    L’équilibre se faisant autrement, certains vont devoir être remis à une place qu’ils n’imaginaient pas occuper.

    L’arrogance de certains états, de certains chefs d’état, est devenue tellement banale, qu’on ne s’offusque quasiment pas, sauf à petite échelle à tous les coups à portée insignifiante.
    Ce fameux « toujours-plus » est sur le point de faire très, très mal, mais ça n’engage que mon point de vue, celui d’un être parmi d’autres, et qui parfois se sent très seul au milieu de cette arrogance qui est encouragée par tous...

    David.

  • Anonyme

    Je trouve l’article bien imprécis. Qu’est-ce qu’un « effet dévastateur » ? Une « arme nucléaire économique » ? Quelle « alarme » sonnée, quelle peur ? Je ne comprends pas ce que ça provoquerait, ni en quoi précisément consisterait ce geste de la part du gouvernment Chinois.

    J’aimerais que l’article soit plus précis, tout en étant abordable aux non-spécialistes de la monnaie.

    Cordialement,
    JS.

    • all
      all
      • Posté à 12h19 le 13/08/2007
      • Internaute 9005

      Sans vouloir me substituer au rédacteur de l’article, je te réponds que les dirigeants chinois n’accumulent pas les dollars pour les mettre dans un coffre, à l’instar de l’oncle Picsou qui a installé un plongeoir pour patauger dans le papier.

      • journalecrit
        journalecrit répond à all
        • Posté à 13h50 le 13/08/2007
        • Internaute 9364

        Les chinois ont-ils « achetés » des dollars ? En quoi cela consiste-t-il ? Quel a été le bénéfice pour les USA, celui pour la Chine ? Qu’est ce qui change aujourd’hui ? Qu’est-ce qui se passerait si... ?

         
        • Bruno370
          Bruno370 répond à journalecrit
          • Posté à 21h43 le 13/08/2007
          • Internaute 14372

          Le petit coup de main d’un non-spécialiste mais qui s’est fait expliquer un peu :

          Oui, les Chinois ont acheté du dollar. Pas du papier tout bête, mais des bons du Trésor ; le principe est relativement simple, ils prêtent 1 dollar aujourd’hui qui vaudra 1,025 dollar dans un an, 1,050625 (en prenant pour base 2,5% d’intérêts ce qui ne doit pas être loin de la réalité, et en tenant compte des intérêts cumulés - soit les intérêts sur les intérêts antérieurs), etc. La Chine, tout comme les pétromonarchies arabes, en possèdent effectivement un bon paquet. C’est l’étape 1 de mon essai de démonstration, et ça correspond à la situation actuelle.

          Etape 2 (celle postulée par l’article et qui serait une « bombe nucléaire » : la vente massive de bons d’Etat provoque une baisse du dollar par le simple jeu de l’offre et de la demande : offre monstrueuse de bons d’Etat, pas immédiatement couverte par l’offre, d’autant que les acheteurs potentiels sont déjà engagés sur ce marché et s’inquiètent de leur propre situation quant à la valeur de ces bons.

          Etape 3 : les bons du Trésor étant moins demandés, leur rentabilité augmente, pour contrebalancer la faiblesse de la demande. Baisse du dollar face à l’ensemble des autres monnaies (l’Euro et le yen étant en 1ere ligne, soit dit en passant).

          Etape 4 : la hausse des bons du Trésor entraine la hausse des taux d’intérêt (encore une fois pour augmenter l’attractivité du dollar, en offrant une « prime » à cet investissement devenu moins sûr). Les difficultés dans le secteur bancaire américain augmentent, les particuliers vivant à crédit depuis longtemps et leurs prêts, notamment immobiliers, étant indéxés d’une façon ou d’une autre sur le taux directeur de la FED. Faillites personnelles se multiplient, fermeture d’un grand nombre de fonds basés sur les fameuses « subprime » (en français : basés sur la confiance de l’investisseur mondial moyen sur la viabilité financière du prolo américain).

          Etape 5 : les difficultés dans le système bancaire entrainent celles-ci à se désengager de leurs investissements « annexes » (notamment actions) afin de dégager du cash. Chûte des cours des actions dans le secteur de la banque ; manque de liquidités sur le marché des actions ; effet de panique et crack boursier généralisé dans une spirale déflationniste (manque de liquidités et ventes généralisée de tout ce qui ressemble à une valeur indexée sur le dollar, que ce soit un bon du trésor un billet à l’effigie de washington, ou simplement l’action d’une entreprise lambda libellant sa production en dollar - hausse de l’or et des monnaies « refuge » telles le franc suisse, ou l’euro dans une moindre mesure). Des financiers pères de plusieurs enfants en bas âge se défenestrent du 12e étage à Wall Street.

          Ca, c’était pour le scénario catastrophe, celui qui a poussé la FED et surtout la BCE, à injecter un montant astronomique de devises pour contrer la spirale déflationniste. Personnellement je n’y crois pas pour plusieurs raisons :

          - Que ça plaise ou non (et en général, non ^^ ) aux lecteurs de Rue89, le dollar donne le « la » sur la conjoncture mondiale depuis l’abandon de l’étalon-or. Le « privilège exorbitant » des E-U disait papa De Gaulle. Ca n’est pas tout à fait fini, une chûte du dollar étant destinée de façon certaine à toucher l’ensemble des places boursières mondiales. Personne n’a envie d’une récession globale, et les Chinois encore moins que les autres. Il n’y a pas de solution alternative au dollar pour le moment.
          - Quelles que soient les apparences, la Chine n’est pas en position de force. Ses problèmes structurels (légitimité très discutable de ses dirigeants, tensions sociales fortes accentuées par l’enrichissement des élites en place, exode rural peu ou pas contrôlé) autant que sa place récente dans le commerce international (entrée à l’OMC récente et critiquée par les segments protectionnistes des classes politiques occidentales) la rendent vulnérable.
          - La vente massive par la Chine de bons du Trésor provoquerait la baisse de la valeur de ces bons (voir plus haut). Dans quel but ? Que la camelote fabriquée dans les zones économiques spéciales, libellée dans une monnaie arrimée au dollar, perde la moitié de sa valeur ?

          Conclusion (je l’aimerais modeste malgré la longueur du post, encore une fois je ne suis pas un spécialiste- toutes les réactions sont les bienvenues) : la Chine n’a aucun intérêt à un bouleversement du statu quo. Les Américains achètent des produits chinois, favorisant la croissance chinoise. Avec ces devises, les Chinois achètent des bons du Trésor américain, soutenant ainsi la valeur de cette monnaie. Tout le monde se tient par la barbichette, et personne ne lâchera ni ni tirera trop fort - les Américains car il faut bien financer le déficit, les Chinois parce que le retard à combler et la tension interne sont considérables.

        • icare
          icare répond à journalecrit
          Peut ont faire confiance a un (...)
          • Posté à 09h26 le 14/08/2007
          • Journaliste 3039
            Peut ont faire confiance a un (...)

          Tout commence en 1948 quand le général Chang Kai Check se refugie a ile de Formosa (Taiwan) avec l’appui de États Unie via le général Marshall.

          Mao Zedong conscient qu’il ne pourra pas gagné militairement décide de démarrer une guerre économique et ordonne l’achat de dollars en liquidités et en bon du trésor.

          50 and plus tard le résultat et que la chine possèdent « officiellement » plus de 1200 milliards de dollars américain et officieusement environ le double…..

          Contrairement à ce que certains pensent, la Chine ne perdra rien le jour ou elle décide de vendre ces actifs car elle produits du pas cher a petit cout, ce qui n’est pas le cas des États Unis.

          Autre garantie de la Chine est que, si l’ont trouve des produits chinois partout dans le monde le gouvernement Chinois réduits volontairement ces exportation dans 30% des pays du monde ce qui lui laisse de nouveau marches pour demain…

        2 autres commentaires
    • Pierre Haski
      Pierre Haski
      Auteur(e) de l'article Cofondateur Rue89
      • Posté à 15h19 le 13/08/2007
        éditeur
      • Journaliste 9
        Cofondateur

      L’expression « arme nucléaire » a été employée par les économistes chinois cités dans le Daily Telegraph (le lien figure dans l’article). Quant aux effets dévastateurs, je vous laisse juge de ce que pourrait représenter le retrait de quelques centaines de milliards de dollars d’une monnaie vers une autre... Pas besoin d’être économiste pour juger des conséquences destabilisatrices, non ? Et pour que Bush lui-même ait pris la parole sur le sujet, provoquant un démenti du gouvernement chinois, c’est que la menace -celle d’un désengagement massif du dollar de la part de la Chine- est prise au sérieux à Washington. Pour la première fois en effet, ces centaines de millions de dollars en bons du Trésor US sont détenus non pas par un allié comme le Japon, mais un ennemi potentiel comme la Chine, un pays avec lequel, autour de Taiwan par exemple, il n’est pas impossible qu’éclate un jour un conflit armé. Que ferait alors la Chine de ses réserves en dollars ?

    • lesailesbleues
      lesailesbleues
      artiste militant
      • Posté à 09h25 le 14/08/2007
      • Internaute 14211
        artiste militant

      je ne pense pas que l’on puisse effectivement comparer aussi vite les dégâts d’un arme nucléaire et ceux d’une stratégie économique offensive.

      Par contre je désirais juste noté l’aspect civil et/ou militaire des deux domaines.

      je maintiens que lutter contre une énergie prétendu dangereuse est un peu naïf : l’usage lui peut devenir dangereux, l’énergie n’est pas « mauvaise ».

      • Anonyme répond à lesailesbleues

        En ce qui me concerne, je ne suis pas plus effrayé par les aspects financiers que par les aspects militaires de la politique Chinoise. La nouvelle n’a fait peur qu’aux spécialistes mais ils ont testé une arme permettant de détruire des satellites et cela a fonctionné. Par ailleurs, de nombreux incidents concernant des attaques informatiques plus ou moins massives, sans doute coordonnées par un état et dont l’origine se situe en Chine (où l’accès a internet est tout de même extrêmement contrôlé) montre que la Chine se prépare au pire et pourrait inhiber certes l’économie mondiale, mais causer beaucoup plus de dégâts que ça.

        Pas la peine de vendre 1200 milliards de bons du trésor américain pour faire flancher les bourses. Privez les de leur moyens de communication (internet) et de leur datation pour les transactions (GPS) et elles se retrouveront dans le chaos.

        Comme l’a dit un économiste chinois : l’économie de marché n’a plus que 20 ans a vivre. Et le vrais enjeu que M. Rocard a souligné récemment encore est de savoir si nous saurons gérer cela sans faire la guerre.

  • Anonyme

    Dire que l’argent chinois ne profite pas au peuple chinois, c’est quand même malhonnete.
    Vous avez dit vous-même que des centaines de millions de Chinois font sont sortis de la misère, et des centaines d’autres font partie de la classe moyenne.

    • Pierre Haski
      Pierre Haski
      Auteur(e) de l'article Cofondateur Rue89
      • Posté à 15h23 le 13/08/2007
        éditeur
      • Journaliste 9
        Cofondateur

      Je me faisais l’écho de critiques émises en Chine, où les gens comprennent mal que trois milliards de dollars soient investis dans un fonds d’investissement américain quand plus de la moitié des Chinois n’ont pas accès aux soins médicaux. La faiblesse des investissements dans les secteurs sociaux depuis vingt ans est aujourd’hui connue de tous, rendant l’utilisation de ces fonds dans le système financier international difficilement compréhensible pour les citoyens chinois.

      • Anonyme répond à Pierre Haski

        Les dirigeants chinois ont compris qu’ils ont le choix entre distribuer tout l’argent et « fermer la boutique », ou faire fructifier cet argent pour avoir cette croissance et en même temps une petite réduction de la pauvreté (divisez le nombre de personnes sorties de la pauvreté par le nombre d’années écoulées depuis la nouvelle politique de Deng Xiao Ping, vous connaissez le résultat).

        Quand on voit le comportement des acheteurs occidentaux en Chine, qui n’hésitent pas à arnaquer pour quelques centimes d’euro, on comprend que les Chinois ne comptent plus sur leur bonté pour sortir de la misère. (On a vu ça sur Capital, M6)

      • Servais-Jean
        Servais-Jean répond à Pierre Haski
        43
        • Posté à 00h20 le 14/08/2007
        • Internaute 4591
          43

        Je pense qu’en Chine les dirigeants ont une vue beaucoup plus machiavélique de l’avenir. Ce qui les intéresse c’est le monde entier. Ce que l’URSS n’a pas réussit à faire (l’internationnale) les chinois veulent y arriver.
        Il faut savoir qu’en Chine, aussi absurde que cela puisse paraitre, la politique n’existe pas dans les classes populaires.
        Sur le plan intérieur les dirigeants ménagent les classes qui seraient susceptibles de réagir : Classes moyennes et supérieures qui ont le sentiment d’évoluer à l’occidentale. Le reste de la population, ouvriers, employés et ruraux ne sont pas dangereux car on les laisse se débrouiller
        et on leur donne un minimum, ils ont plus qu’ils n’ont jamais eu.
        Le travail d’un milliard d’hommes permet d’accumuler des sommes considérables qu’ils font fructifier.
        Ces sommes gardées chez eux ou placées dans des fonds américains sont en fait deux bombes atomiques
        suivant qu’ils investissent d’un coup ce qu’ils ont en caisse ou qu’ils vendent d’un coup ce qu’ils ont placé.
        Le choc boursier actuel provient du mauvais remboursement des emprunts immobiliers en amérique.
        Je ne pense pas que les sommes mises en jeu dans ce clash dépassent les 500 milliard de dollars. Et regardez les conséquences.
        Il est facile d’imaginer ce que ferait l’injection ou le retrait de plusieurs milliers de millard de dollars au niveau planétaire.

         
        • Anonyme répond à Servais-Jean

          Je vois que vous êtes un adepte du peril jaune.
          Vous imaginez facilement ce que pourrait produire l’explosion d’une bombe atomique, cela n’explique en rien l’intéret qu’aurait les chinois à employer une telle arme.

          Rappelez vous aussi qu’en 1997, la Chine a permis à la crise financière mondiale de passer sans trop de mal. Voyez vous, l’attitude de la chine a plutôt été responsable que le contraire.

        1 autres commentaires
    • Anonyme

      la situation des centaines de millions de chinois sortis de la misère est toutefois encore loin d’être enviable, mis à part des peuples encore plus pauvres, ils pourront se sentir bien une fois que la proportion classe moyenne et « sorti de la misère » sera inversée on pourra parler de progrès.

      • Anonyme

        Le progrès représente le changement et pas un état. Si vous avez été à l’école vous savez ce que s’appelle « les conditions initiales ».

        La Chine, depuis qu’elle était méprisée par les « civilisations occidentales » jusqu’à nos jours, quand elle oblige l’Européen lambda comme vous à s’inquiéter, n’a mis que quelques dizaines d’années.

        C’est déjà un progrès, n’est ce pas ?

      • Servais-Jean
        • Posté à 00h25 le 14/08/2007
        • Internaute 4591
          43

        @ 18h51
        Mais on peut dire la même chose de la France et je crois de tous les pays du monde.

  • Anonyme

    Premier paragraphe : « déstabiliser » sans accent ; deuxième : il manque une lettre à « riposte » et je passe les fautes de typo. Relisez-vous SVP, cela ne fait pas sérieux…

    • Pierre Haski
      Pierre Haski
      Auteur(e) de l'article Cofondateur Rue89
      • Posté à 15h20 le 13/08/2007
        éditeur
      • Journaliste 9
        Cofondateur

      Merci de nous signaler les fautes... la fin du message était inutile...

  • Anonyme

    extraites de Terrorisme et communisme.

    la militarisation du travail

    Sans les formes de coercition gouvernementale qui constituent le fondement de la militarisation du travail, le remplacement de l’économie capitaliste par l’économie socialiste ne serait qu’un mot creux.

    ha ! ha ! ha ! ....

  • Jana
    Jana
    bretonne en Normandie
    • Posté à 13h33 le 13/08/2007
    • Internaute 13372
      bretonne en Normandie

    c’est comment déjà la chanson :

    « je te tiens tu me tiens par la barbichette » ?

    Les « Puissances » et « super puissances » « développés » et « émergents » parmi les états combien ont au pouvoir des individus équilibrés pour envisager une bonne « gouvernance » mondiale ?
    Parfois ils me donnent l’impression de sales vieux gamins restés en cour de récréation..avec des jeux très dangereux...

  • Anonyme

    Gesticulations de tigre en papier qui s’écroulera au premier tremblement de terre social... le PCC est de plus en plus ocntesté en Chine, le PCC à d’ailleurs une trouille bleue des chinois, et un pouvoir qui a peur du peuple qu’il administre ne peut etre une puissance durable.

    Tout ce qu’ils peuvent faire, c’est de la nuisance, diplomatie de nuisance, mais jamais rien de très constructif... un peu comme la Russie. Je trouve donc le PCC bien présomptueux. Et de toute façon, les USA ont bien trop d’alliés economiquement puissants, et un systeme politique bien trop souple, pour vraiment s’écrouler comme on le prevoit. Et surtout, les USA est, contrairement au systeme populaire chinois, un systeme politique qui a l’adhesion du peuple... ce qui est la principale force de ce pays. A la premiere crise de ce genre, les américains sauront faire les sacrifices et les efforts qu’on leur demandera, et d’ailleurs, ils en sont fier.

    Chaque menace cache une faiblesse. Les gens du PCC semblent aussi oublier une donnée objective et très importante : c’est que les USA ont aussi les moyens de couler le PCC en à peine 24h...

    • Anonyme

      Oui effectivement, ce sera plus rapide qu’en Iracq.

      • Anonyme

        Ce n’est absolument pas comparable, d’autant plus que les USA ont gagné cette guerre en à peine 1 mois, la suite n’est qu’un probleme de securité interieur entre des bandes d’agités islamiques et un Etat irakiens qui vas construire sa légitimité avec le temps et le soutien des forces democratiques internationales anglo-saxon... le terrorisme est le residue de gens qui ont deja perdue la guerre.

        Ceci étant dis, comparer l’Irak à la Chine, c’est absolument débile... ce ne sont ni les mêmes sociétés, ni les memes mentalités, ni les mêmes civilisations... mais bon, faut bien dire du mal des USA... c’est la morphine des âmes jalouses.

    • Anonyme

      Certes le PCC n’a pas l’appui populaire mais êtes vous sûrs que le modèle occidental prévaut en Chine ?

      Ne vaut il pas mieux, pr l’occident, d’une Chine sous le joug du PCC plutot qu’une Chine « libre » ?

      Je n’ai personnellement pas de réponse mais je n’oublie pas nos différences culturelles.

      • Anonyme

        Différences culturelles ou pas, ce sont des êtres humains et des etres vivants, rien ne peut se faire sans l’adhesions des peuples, d’une manière ou d’une autre... il n’y a pas de peuples fait pour la dictatures et de peuples faits pour la democratie, c’est un sophisme gauliste ça... surtout qu’en Chine, dans son histoire, l’adhesion d’une population à un systeme ou un gouvernement, c’est quelque chose de très instable qui a toujours fini par briser les pouvoirs rigides, les uns après les autres...

        L’adhesion du peuple, gouverner avec le peuple et non en opposition, en guerre permanence avec lui, ça semble très bien fonctionner au Japon, en Corée du sud et même à Taiwan, là ou la Corée du nord est un zombie et la Chine populaire un geroboame de nytroglycerine...

  • Anonyme

    Et si sous d’apparents désaccords, il y avait un plan concerté entre Américains et chinois. Ce sont peut-etre les prémices d’une escalade qui débouchera sur un conflit quand le crack boursier sera devenu inévitable, une façon de se partager le monde qui sera devenu un chaos financier en s’attribuant chacun une zone d’influence.
    J.C.

  • Anonyme

    Cela est une menace non crédible, n’oublions pas que la croissance chinoise est tirée essentiellement par les exportations, et une croissance « faible » en Chine aurra des conséquences graves dans l’equilibre du pays.

    Bob

    • Bruno370
      • Posté à 21h52 le 13/08/2007
      • Internaute 14372

      Tout à fait exact à mon sens. Les dirigeants chinois sont sur une corde raide, entre méfiance à l’extérieur et tensions intérieures considérables.

      Ce qu’ils peuvent espérer de mieux, c’est le statu quo - une croissance qui reste +/- à 8% et pas trop de vagues ni à l’intérieur ni à l’extérieur ; ce qui ne les empêchera pas de rappeler de temps en temps -et en toute amitié - qu’ils ont leur rôle à jouer sur la scène internationale...

  • Anonyme

    Les Américains aiment vivre à crédit, c’est pourquoi leurs banquiers émèttent des bons du trésor. Au nom des droits de l’homme, ne devraient-ils pas être libres de ne pas honorer leurs dettes !
    Cela rappelle le temps où les Anglais ont fondé Hongkong pour mieux obliger les Chinois à acheter l’opium qu’ils faisaient cultiver par les Hindous.
    Fu Man Chu

  • Anonyme

    D’une première puissance Occidentale, on passerait à une première puissance Asiatique et ça oui, ça nous fait peur d’être dirigé par des Chinois !
    Quelle domination choisiriez vous ? ?

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