20/11/2008 à 16h56

Malgré la main invisible, l'économie dans le pétrin

Hugues Serraf | Chroniqueur

Je ne sais pas de quoi la main invisible est vraiment capable mais ce qui est sûr, c’est qu’elle n’y connaît rien en baguette tradition.

La seule boulangerie à peu près convenable de mon quartier -je veux dire la seule à offrir du pain qui n’ait ni l’apparence ni la consistance ni le goût d’un morceau de vieux carton- ne semble pas être plus fréquentée que ses concurrentes. C’est d’ailleurs assez mystérieux, cette absence d’intérêt des clients pour une baguette de qualité : tout doit vraiment être en train de foutre le camp si même les fans de José Bové qui me servent de voisins se satisfont d’un machin industriel décongelé à la va-vite et vendu au même prix que « the real thing »…

Le plus étrange, c’est que le boulanger le plus incompétent des environs soit quasi-mitoyen du meilleur et que leurs deux établissements reçoivent à peu près le même nombre de visiteurs le dimanche matin. Ça m’intrigue, ça. Ça m’agace même… D’autant plus que j’avais l’impression, avec Steven Kaplan, que les choses s’étaient améliorées sur le front de la miche et de la boule ces dernières années.

Pourquoi payer pareil des produits de qualités diverses dans le même quartier ?

Cet universitaire américain, spécialiste de la grande saga du pain français depuis les origines, s’était même fendu d’un bouquin annonçant « le retour du bon pain “ dans les années 90, confirmant mes propres observations. Après tout, les pains aux céréales, au maïs, aux noix, aux fruits secs, à tout ce qu’on veut, ne se sont pas toujours bousculés sur les étagères du mitron moyen : il y a quinze ou vingt ans, c’était baguette fade, ficelle étique, parodie de ‘pain de campagne’ et basta !

Mais le soufflé a fini par retomber, si j’ose dire. Le pain courant est redevenu dégueulasse même si la variété est restée. Bon, je suppose qu’on y a tout de même gagné au change, puisque l’on peut au moins choisir entre des formes différentes, à défaut de goûts différents… Reste le mystère de ces fans de José Bové amateurs de baguette en bois. Promis : un de ces quatre matins, je fais un micro-trottoir devant la boulangerie la plus abominable de mon boboland parisien et je vous dis quoi…

Deux qui auraient pu s’intéresser à mon histoire d’arbitrage entre bonnes et mauvaises boulangeries d’un même quartier, c’est le duo de ‘number crunchers’ du blog des Econoclastes, Alexandre Delaigue et Stéphane Ménia. Comprendre pourquoi les gens acceptent de payer autant pour des produits de qualités différentes dans le même quartier, c’est tout à fait leur rayon.

Nos comportements les plus anodins réduits à de bêtes mécanismes économiques


Jaquette de ’Sexe, drogue… et économie’ (DR).

Le livre qu’ils viennent de publier, ‘Sexe, drogue… et économie - pas de sujet tabou pour les économistes !’ (Pearson), est en effet bourré de ces micro-études de cas montrant à quel point nos comportements les plus anodins sont susceptibles d’être réduits à de bêtes mécanismes économiques.

Avocats de la liberté d’en griller une où bon leur semble, ils cherchent ainsi à démontrer qu’une loi n’était pas nécessaire pour protéger les non-fumeurs des amateurs de cancer du larynx, la main invisible étant parfaitement capable de s’en charger. Bon, je grossis un peu le trait, là. Mais c’est tout de même l’idée. Leur idée. Pas franchement la mienne.

N’empêche, le bouquin est excellent, pédagogique, plein d’humour et ressemble finalement à toute une littérature de vulgarisation économique sous laquelle croulent les Anglo-Saxons mais que les Français ne connaissent qu’en traduction. D’où l’avalanche de Bill, Bob, Jane dans les études qu’ils commentent ici et là. Définitivement sous influence yankee, ils ne daignent même pas affubler de patronymes bien de chez nous les homo economicus qu’ils inventent eux-mêmes !

Hum, vivement que l’Ecole d’économie de Paris de Thomas Piketty se mette à générer ses propres études à la ‘freakonomics , que l’on puisse enfin décrypter les comportements d’Albert, de Gaston ou de Josyane…

Mais dans l’intervalle (et l’on imagine que ça prendra encore un peu de temps puisque l’intitulé officiel de l’école de Piketty est Paris School of Economics’), le bouquin des éconoclastes est à peu près ce qui se fait de mieux en gaulois dans le texte. N’est-ce pas Bill, Bob et Jane ?

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  • Numerosix
    Numerosix
    Prisonnier dans le village (...)
    • Posté à 17h13 le 20/11/2008
    • Internaute 14499
      Prisonnier dans le village (...)

    En ce moment , la main invisible s’ apprête surtout à nous mettre des pains dans la gueule ..

    • mass0
      mass0 répond à Numerosix
      athée et citoyen du monde
      • Posté à 17h18 le 20/11/2008
      • Internaute 21240
        athée et citoyen du monde

      ou des baguettes au cul.

      • Numerosix
        Numerosix répond à mass0
        Prisonnier dans le village (...)
        • Posté à 17h24 le 20/11/2008
        • Internaute 14499
          Prisonnier dans le village (...)

        Ha, les batards !

         
        • pablico
          pablico répond à Numerosix
          À la porte d'un sourd, 
un jour (...)
          • Posté à 17h45 le 20/11/2008
          • Internaute 14278
            À la porte d'un sourd, 
un jour (...)

          malgré les slips ’fonds souverains’, aides aux banques’ les bourses tombent de plus en plus bas... même avec l’aide de la main invisible..
          vous trouvez cela normal ?

          • Numerosix
            Numerosix répond à pablico
            Prisonnier dans le village (...)
            • Posté à 18h03 le 20/11/2008
            • Internaute 14499
              Prisonnier dans le village (...)

            La Bourse de Paris a plongé vers 16 heures, le CAC 40 chutant de 5,35% à 2.922,71 points, dans un marché affolé par les craintes de récession et de déflation.

            Ha , v’la la déflation qu’arrive , les gars . On va se passer en revue les unes après les autres toutes les horribles pannes économiques qu’ on a appris dans nos écoles ...

            Stagflation , glaglaciation , emplafation, droitdanslmuration, Grossebaffation, cahotisation , pleindanslfion etc etc

            La main invisible va se prendre la main dans le ventilateur à caca..

            • jyeden
              jyeden répond à Numerosix
              khmer vert ( age des caverne, (...)
              • Posté à 18h29 le 20/11/2008
              • Internaute 20631
                khmer vert ( age des caverne, (...)

              ben en parlant de déflation
              pourquoi le prix du gaz aumentait quand le petrole augmentait et pourquoi il ne baisse pas quand le pétrole baisse ?
              curieux non ?

            • pablico
              pablico répond à Numerosix
              À la porte d'un sourd, 
un jour (...)
              • Posté à 19h16 le 20/11/2008
              • Internaute 14278
                À la porte d'un sourd, 
un jour (...)

              nos aïeux quand ils avaient un problème de bourses, mettaient des suspensoirs, pas des petites choses sans effets... ; -) Une vraie politique d’hommes quoi...

              La théorie, c’est quand on sait tout et que rien ne fonctionne.
              La pratique, c’est quand tout fonctionne et que personne ne sait pourquoi. -Albert Einstein-

              on est en mode théorie ou pratique en ce moment de crise ? ? ?

          • Le.conformisme-art.de.la.soumission.au.plus.fort
            • Posté à 19h41 le 20/11/2008
            • Internaute 41160

            Tout est fait pour que ralentisse l’économie. Les banques ne prêtent plus aux entreprises qui vont perdre des marchés donc avoir moins besoin d’employés qui auront moins à dépenser etc,etc,etc... Chercher l’erreur... il n’y en a pas ! Tout le monde dit qu’il ne faut pas que les banques coulent mais les banques ne font plus leur boulot ! elles ne prêtent plus aux entreprises les plus viables avec des carnets de commandes sur 6 mois... Donc celles qui ne sont déjà plus en état n’ont plus qu’à tomber comme des fruits trop mûrs ! et celles qui allaient biens finiront par tomber elles aussi ! Voici le cheminement d’une demande de crédit=> Une PME demande un crédit à une banque => 5 jours après il doit y avoir une réponse qui peut être négative malgré le soutien de la Banque OSEO qui donne sa caution pour 70% du montant emprunté => donc si refus => relance de la demande => toujours négative => le client demande l’aide du médiateur mis en place par le gouvernement qui donne un avis sur ce prêt... Bref ! Que de temps perdu ! tout cela est du à la seule responsabilité des banques qui pense encore aujourd’hui que l’argent se fait dans la finance (la jonglerie permanente ) et pas dans l’économie « classique »... Bref voici le plongeon annoncé de l’économie mondiale...

        5 autres commentaires
      • Ouko
        Ouko répond à mass0
        Citoyen réinformateur .....
        • Posté à 13h23 le 21/11/2008
        • Internaute 55260
          Citoyen réinformateur .....

        réaction au vulgaire masso

        vous pourriez faire l’effort d’être poli et non pas vulgaire ....

        si vous n’avez rien de plus intéressant à écrire ... évitez au moins la vulgarité...

        cqfd

         
        • A déménagé le 8-10
          A déménagé le 8-10 répond à Ouko
          nc
          • Posté à 19h08 le 21/11/2008
          • Internaute 1001
            nc

          « vous pourriez faire l’effort d’être poli et non pas vulgaire... »

          Et toi tu pourrais faire l’effort d’être poli en me répondant quand je t’écris.

          Et donc courageux : -)

        1 autres commentaires
  • tooms4444
    tooms4444
    p'tit con
    • Posté à 14h44 le 21/11/2008
    • Internaute 41634
      p'tit con

    Je dis toujours que la main invisible, on finit inévitablement par la sentir remuer du côté de sa poche revolver...

  • JeanBavedeRage
    JeanBavedeRage
    Acharniste Défroqué
    • Posté à 17h33 le 20/11/2008
    • Internaute 37536
      Acharniste Défroqué

    Il me semble qu’un mecton prof d’eco à toulouse s’évertue
    à pondre des livres sur l’économie. Paraitrait même qu’ils sont pas mal ses bouquins. merdre j’ai zappé son nom. Mignard Pierre je crois...

  • pointilleur des lilas
    • Posté à 17h39 le 20/11/2008
    • Internaute 19285

    Avec un tel article qui ne mange pas de pain, Le père Serraf compte nous rouler dans la farine, et avec un ton décalé, veut « libérer » la « boulange ».
    Je sens qu’on va s’en prendre plein les « miches ».
    Il « vaticine » le Hugues.

  • maxhno
    maxhno
    Intérimaire Bac+5
    • Posté à 17h46 le 20/11/2008
    • Internaute 49425
      Intérimaire Bac+5

    En même temps, la main invisible a tendance à injecter des milliards en publicité pour influencer les consommateurs, des milliards en aides diverses pour fausser la concurrence et des milliards en plans de secours divers quand ça foire...
    Pas si invisible que ça la petite mimine...

  • ysengrimus
    • Posté à 18h10 le 20/11/2008
    • Internaute 12674

    La mise en place de la fameuse mondialisation…

    Lien

    Inexorable…
    Paul Laurendeau

  • Keldan
    Keldan
    Now future & karpe diem
    • Posté à 18h21 le 20/11/2008
    • Internaute 5164
      Now future & karpe diem

    Là je suis solidaire !

    Bon pour le pain, j’en sais rien, car je n’en mange pratiquement jamais ailleurs que dans mes sandwichs, j’ai été traumatisé par mes parents qui me forçait à en manger à tous les repas et par le fait que c’était le seul truc comestible à la cantine.

    Mais j’ai essayé toutes les boulangeries/sandwicheries de la Rue Montorgueuil, Paris 2ème, lieu de référence du « boboland » parisien, et testé toutes leurs quiches lorraine, croque monsieur, hot dog et sandwichs.

    Et bien sur une bonne douzaine d’établissements, j’ai du en garder que deux dans ma liste.
    Et pourtant, les autres ne désemplissent pas à midi, la plupart sont même plus chers, les sandwich moins frais et plus petits, certains osent même vendre des quiches où les lardons se comptent sur les doigts d’une seule main !

    Alors voir ces files d’attentes me donnent qu’une envie : leur jeter un cocktail molotov dessus, car leur existence est une honte au bon goût, un gaspillage d’oxygène et surtout l’horrible possibilité qu’ils puissent reproduire des répliques d’eux-mêmes.

    Aller José, on est peut être pas toujours d’accord, mais je refuse de laisser McDo gagner cette guerre !

  • Waldeck
    Waldeck
    Vivement dimanche 20 mai 2012 ! (...)
    • Posté à 18h25 le 20/11/2008
    • Internaute 36864
      Vivement dimanche 20 mai 2012 ! (...)

    Bonsoir Hugues,

    C’est vrai, il est de plus en plus difficile de pouvoir acheter du pain « basique », à savoir du pain fait avec de la farine, de l’eau et du sel, le tout pétrit et cuit au four d’un artisan / commerçant appelé « boulanger ».

    Pour ne parler que des baguettes, on ne propose plus dans ces boulangeries (je ne parle pas des dépôts de pain en super-marché) que des baguettes labellisées « tradition », « bannette » etc... au prix de 1.15 €

    Les baguettes « basiques » qui doivent être vendues 0.90 € sont introuvables, ou pas assez cuites (genre « panini »)

    Quand vous demandez ce genre d’article, on vous regarde de haut, et si vous demandez un « pain » ou un « batard », on se demande si vous sortez pas d’un film de Pagnol !

    Mais je vais encore vous sembler un peu « rétro » (comme la baguette qui prétend l’être)...

    Et si je vous parle de « bistros » ?

    Vous devez aussi avoir dans votre quartier du 11ème, de ces restos branchouilles, avec leur ardoise amovible, leur nappes à carreaux, leur salade « chèvre chaud », leur 1/2 pichet de côte du Ventou et qui usurpent le nom même de bistro, alors qu’ils ne « font » même pas bar avec leur magnifique comptoir en zinc tout juste utile à accueillir les plantes vertes...
    (la licence « R » suffit !)

    En ces temps libéraux de grande imposture tout est permis, tout est possible avec nos Bobos « droitistes de gauche » !

    (suivez mon regard...)

    • Numerosix
      Numerosix répond à Waldeck
      Prisonnier dans le village (...)
      • Posté à 19h10 le 20/11/2008
      • Internaute 14499
        Prisonnier dans le village (...)

      Et ces boulangeries « tradis » mises en scène comme des musées de l’ histoire du pain ? c’est complètement ridicule !

      Ha, elle est dure not’ vie de bobos à Paris ! Vous vous imaginez pas à quel point les commerçants nous prennent pour des cons , vous zautres les ploucs !

      • Waldeck
        Waldeck répond à Numerosix
        Vivement dimanche 20 mai 2012 ! (...)
        • Posté à 19h16 le 20/11/2008
        • Internaute 36864
          Vivement dimanche 20 mai 2012 ! (...)

        Tiens, #6, tu dois connaitre :

        - « Ce s’ra tout ? Non ! » chanté par Java (Safari Croisière - 2003).

    • Hugues Serraf
      Hugues Serraf répond à Waldeck
      Auteur(e) de l'article Chroniqueur
      • Posté à 21h15 le 20/11/2008
      • Internaute 26641
        Chroniqueur

      Les mauvais boulangers dont je parle sont bien de vrais boulangers, pas juste de vagues dépôts de pain. Mais l’on me fait remarquer quelque part qu’être un bon boulanger est presque sarkozyste, puisque le risque existe d’avoir davantage de clients et donc d’avoir à travailler plus pour gagner plus...Mon expérience prouve néanmoins que ce n’est pas vrai, puisque l’unique bonne boulangerie de mon quartier n’attire pas davantage de monde que les autres.

      • LG240
        LG240 répond à Hugues Serraf
        • Posté à 12h31 le 21/11/2008
        • Internaute 23978

        J’ai lu l’article. J’ai toujours pas compris : pourquoi les gens achètent du pain mauvais et cher si ils ont une boulangerie qui en vend du bon et pas cher à côté ? ! ! ! !

         
        • Hugues Serraf
          Hugues Serraf répond à LG240
          Auteur(e) de l'article Chroniqueur
          • Posté à 15h42 le 21/11/2008
          • Internaute 26641
            Chroniqueur

          Mais moi non plus ! C’est toute la question.

          • PonG
            PonG répond à Hugues Serraf
            rationaliste fondamentaliste à (...)
            • Posté à 16h10 le 21/11/2008
            • Internaute 14407
              rationaliste fondamentaliste à (...)

            Je propose un embryon de réponse :
            Parce qu’à petit feu, on a appris à subir sans moufter. Pire : sans même plus se demander pourquoi on subit et si c’est justifié. Ca me fait penser au cycliste des « Triplettes de Belleville ». Il pédale et c’est tout. On lui a tellement mis dans la tête qu’il était là pour ça qu’il n’y a plus la place pour quoi que ce soit d’autre.
            Et celui-là, vous pouvez être sûr qu’il mangera tous les pains dégueulasses du monde pourvu que la boulangerie soit sur le chemin du boulot et qu’il lui permette de pédaler.

            Avoir perdu la bataille idéologique, c’est aussi ça.

            Si j’ai le temps je développe.

            P.S. : j’espère que vous ferez votre micro-trottoir, je suis vraiment curieux de la réponse. Je fais même un pronostic : ça se situera entre « je me suis pas posé la question » et « je vois pas de différence ».

            Pari.

        2 autres commentaires
      • léo solo
        • Posté à 14h06 le 21/11/2008
        • Internaute 2483

        « Le travail sans qualité » est un excellentissime oui, tissime, bouquin de sociologie.

        On y trouve une étude sur l’actuelle industrie boulangère à NY édifiante à souhait.

        Donc il y a de bon auteurs américains.

        Celui là s’appelle Richard Senett.

        C’est net.

  • Impots-utiles.com
    Impots-utiles.com
    http://www.impots-utiles.com
    • Posté à 18h43 le 20/11/2008
    • Internaute 35603
      http://www.impots-utiles.com

    Sarkozy a sorti de son chapeau par miracle 320 milliards pour sortir de la crise et rassurer les gens.
    Une étude sérieuse et confidentielle a été réalisée à la demande du gouvernement. Si l’état essaie d’emprunter 320 milliards, il ne les trouvera pas.
    Au maximum la parole et les garanties de la France permettraient de trouver 100 à 120 milliards..

    Lien

    Et savez vous comment les actionnaires de Natixis (filiale de l’Ecureuil et des banques populaires) se sont fait rincer de 25 milliards d’euros ?

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  • nemo3637
    nemo3637
    Déchoukeur
    • Posté à 19h30 le 20/11/2008
    • Internaute 44521
      Déchoukeur

    Ce la faisait longtemps que je n’avais pas lu quelques vaticinations. Il faut vraiment n’avoir rien d’autre à faire. C’est comme lire l’almanach Vermot quand on est aux toilettes. Dire tout et son contraire, voilà le privilège du vaticinateur, renégat devenu « libéral de gauche ». Mais toujours aussi dérisoire...avec le même succès.

    • Hugues Serraf
      Hugues Serraf répond à nemo3637
      Auteur(e) de l'article Chroniqueur
      • Posté à 21h09 le 20/11/2008
      • Internaute 26641
        Chroniqueur

      En tout cas, vous n’en loupez pas une, de mes vaticinations ! Finalement, vous êtes un vrai fan dans votre genre. D’autant plus qu’il est plus difficile de me lire aux toilettes que l’almanach Vermot, ne serait-ce que pour de simples raisons pratiques...

    • zphilou
      zphilou répond à nemo3637
      • Posté à 00h52 le 21/11/2008
      • Internaute 23395

      Cool... ! !

      Ca me fait juste penser qu’il me faudra aller me faire vaticiner contre la grippe..... ! !

    • nemo3637
      nemo3637 répond à nemo3637
      Déchoukeur
      • Posté à 03h36 le 22/11/2008
      • Internaute 44521
        Déchoukeur

      Ah j’oubliais de vous dire : faites votre pain vous-mêmes ! Au début c’est un peu long et un peu fastidieux mais, une fois le coup de main pris, cela ne prend que quelques minutes - en deux ou trois fois car il faut faire reposer la pâte. On en fait ainsi une ou deux fois par semaine. Monsieur Séraf a quelques aptitudes en technologie médiatique mais concernant le pain... Je ne sais pas ce que ça donnerait si nous nous retrouvions avec lui dans « Lost » : il nous entrainerait sans doute dans le pétrin !

  • zphilou
    • Posté à 19h47 le 20/11/2008
    • Internaute 23395

    Hum... ! ! !

    Bah....eeuuhhh...Comment dire.... ? ? ? ... ! ! !

    Ben...Bon....La Main est p’tet invisible.....En tout cas, le doigt, j’le sens bien profond au fil des semaines.. ! !

    De quoi.. ? ? ? Sans fondement... ? ? ? ?

    Ben...Viendez-y voir si j’pianote pas debout.... ! ! ! (et rien à voir avec F. Gall... ! ! !)

    Salutations....Crépusculairement arrosées... ! ! !

  • dulconte
    dulconte
    Mordu par un fachogarou
    • Posté à 01h44 le 21/11/2008
    • Internaute 250
      Mordu par un fachogarou

    Pour le pain je vous conseille cette boulangerie, absolument délicieux... OK c’est pas la porte à côté mais un bon pain ça mérite le voyage :)

    Lien

    les pains aux chocolat sont petits mais divin, surtout dans un pays ou les croissants sont plus sucrée qu’une bouteille de coca.

    la baguette coûte 2$15 (pesos hein pas dollars)
    le pain de 500gr 7$
    le pain au chocolat 2$10 j’vous laisse convertir environ 1/4,5

    • parti
      parti répond à dulconte
      punishment park
      • Posté à 10h49 le 21/11/2008
      • Internaute 36257
        punishment park

      ça donne envie dulconte...la bonne journée...ou nuit je sais plus...

      • dulconte
        dulconte répond à parti
        Mordu par un fachogarou
        • Posté à 11h49 le 21/11/2008
        • Internaute 250
          Mordu par un fachogarou

        Journée maintenant on se lève 3 heures après la France :)

  • kutabali62
    kutabali62
    militaire
    • Posté à 11h50 le 21/11/2008
    • Internaute 57719
      militaire

    le pain et la baguette traditionnel sont dégueux pour pouvoir vendre leur pain a toutes les sauces , céréales , lardons et j en passe.
    la nourriture est comme tout , affaire d éducation, si on a mangé du mauvais pain toute sa vie , et bien on continue meme s il y en a du bon a coté de chez vous.je ne sais pas si l economie a de l’influence dans une affaire de gout ou de mauvais gout.
    pour le pain , l euro est passé avant la crise ;

    mais si l etat annonce qu’il lache les banques , que se passe t il ? on va tous y chercher nos économies , pour les mettre sais pas ou ?

    les paroles de jospin « l etat ne peux pas tout » ;
    mais si il peut tout , et surtout maintenant , donc il faut mettre la pression sur ces établissements banquaires ou autres pour leur faire accepter des régles qu’ils refusaient avant ; qu’ils doivent aussi avoir un comportement citoyen ,pas seulement en triant leur ordure a la maison , mais dans la gestion de l’argent des autres ; c est valable pour toutes les sociétés qui vont voir ailleurs si on rase gratis.

    comme les boulangers , les banquiers nous ont concocté des produits a toutes les sauces, trop compliqués , résultat , chez les uns on bouffe dégueux et chez les autres on boit la tasse...
    j vais peut etre ouvrir un salon thé.,

  • tyglouk
    tyglouk
    conseillere immobilier
    • Posté à 12h27 le 21/11/2008
    • Internaute 30520
      conseillere immobilier

    Tiens je vais faire « bondir » tous les boulangers. je suis cuisinier ( conseillere immobiliere c’est ma femme)j,habite en irlande ( cork) .Le bon pain français c’est foutu depuis longtemps, pas nécessairement à cause du savoir faire mais à cause des farines et de tous les additifs qui y sont mis,( source d’ailleurs de nombreuses allergies d’après un rapport sanitaire allemand) la mie ultra-blanche et la bonne croute qui arrache la peau ,ça demande du chimique. Ici en Irlande le marché du bon pain existe, il n’est pas tenu par des français, il se vend cher, il y a une clientèle pour.
    j’apprécie le pain aux tomates séchées et à l’huile d’olive, le pain à la pomme de terre, mon favori, si mouelleux, les pains grecs, indiens etc..etc..
    cela dit je fais mon pain, et selon la qualité de farine il sera soit mauvais, soit correct, soit bon.
    le bon pain vient d’un bon produit de base tout le reste n’est qu’image commerciale. Bon appétit !
    l’économie est sans doute faite avec une mauvaise farine alors ? ?

  • Ouko
    Ouko
    Citoyen réinformateur .....
    • Posté à 13h27 le 21/11/2008
    • Internaute 55260
      Citoyen réinformateur .....

    et si on se mettait tous au régime....

    Cette crise est une excellente occasion pour manger sans excès, boire moins de Champagne en boîte de nuit, et utiliser beaucoup moins son SUV et marcher davantage...

    Au dire d’une copine de jeux , j’ai 5 kilos à perdre au moins ...

    Et puis les journalistes écolos disant que moins de déchets, c’est bon pour la planète...

    Il va falloir tout bouger comme dit la Martine ...

    Et pour certains qui vont se trouver au chômage , ils auront du temps libre ...

    Si tous les chômeurs allaient consulter au moins un fois par jour ce site internet de RUE89...
    Bien plus intéressant que d’écouter la radio ou de regarder la télé ...
    ça les rendrait moins idiot ...

    bref, la situation économique n’est pas aussi dramatique comme certains essayeraient de nous le faire croire ....

    Privilégier la qualité de vie à la quantité...

    sur ce...

  • léo solo
    • Posté à 14h01 le 21/11/2008
    • Internaute 2483

    « Malgré la main invisible, l’économie dans le pétrin. »

    Malgré ou à cause ?

    • parti
      parti répond à léo solo
      punishment park
      • Posté à 18h25 le 21/11/2008
      • Internaute 36257
        punishment park

      ah leo...t’es comme une bonne miche...

      • léo solo
        léo solo répond à parti
        • Posté à 21h55 le 21/11/2008
        • Internaute 2483

        « offrons le globe aux enfants
        comme une boule de pain toute chaude »

        Nazim Hikmet

  • egide
    egide
    Littéral
    • Posté à 09h31 le 23/11/2008
    • Internaute 45067
      Littéral

    Tombeau pour Adam Smith

    C’est attristant de constater à quel point, un préjugé tenace nous empèche d’apprécier l’une des pensées politiques la plus actuelle et la plus moderne qu’ait donnée ce fameux siècle des Lumières.

    La fortune de l’interprétation libertarienne du paradigme de la main invisible du marché qui assure contre l’évidence que l’absence de règles et de lois dans l’économie devenue strictement l’ensemble des affaires privées servirait mieux la prospérité de chacun dans toutes les sociétés ainsi « libéralisées » est incroyablement destructrice.

    Adam Smith, cet écossais merveilleusement intelligent et perspicace s’affirmait terriblement athée et réaliste quand il écrivait que « [l’homme] en poursuivant son intérêt, fait souvent avancer celui de la société plus efficacement que s’il y visait vraiment ».

    On pouvait se douter que cet anti-idéalisme, ce refus raisonné du messianisme et de l’utopie politique était trop franc, trop radicalement honnête et véritablement inadmissible pour tous les radicaux recherchant de conduire les foules en les dominant et en leur promettant des changements qui les serviraient sans que quiconque n’ait besoin de s’activer pour plus de félicité.

    Il était inévitable que les sciences de la gouvernance et de la législation que prônait Adam Smith répugnaient à ceux qui avaient le pouvoir et faisaient tout pour perpétuer leur domination.

    Qui pourrait faire confiance à un penseur qui prévenait que le développement des libertés rendait plus intolérables la misère et les injustices ?

    Adam Smith était un minoritaire. Un homme issu d’une société, d’un peuple dominé et qui cherchait des voies pacifiques pour améliorer le sort de tous.

    En constatant que le cours raisonnablement et prudemment conduit des choses sous la protection de justes lois assurant l’égalité des droits à tous avait une marche invisible bien meilleure que des réformes profondes imposées par abus de pouvoir qui exposent toujours à des inconvénients effroyables et bien pires que le libre fonctionnement de la démocratie.

    Adam Smith, déjà à son époque doutait profondément de l’utopie technocratique qui prétend en appliquant des mesures simplistes gérer la complexité du monde.

    Quoi de plus simpliste et hypocrite que la volonté des néo-conservateurs d’affranchir les échanges de toute règle et de tout droit afin de laisser libre cours aux mains invisibles des dominateurs mégalomanes.

    Quel fantastique hold-up idéologique que de se prétendre smithonian pour nous servir cette fable, ce contresens darwiniste dit de la compétition naturelle appliquée à l’économie !

  • affreuxjojo
    • Posté à 15h45 le 22/11/2008
    • Internaute 29421

    La théorie de la main invisible ne fonctionne pas pour une raison très simple. Pour que chacun ai la possibilité concrète de faire le meilleur choix économique en toute liberté ( ce qui est le postulat de base de néo-libéralisme) il ne suffit pas qu’il ait plusieurs choix possibles, il faudrait également qu’il dispose en permanence de toutes les informations nécessaires. Cela est complètement utopique.
    Les consommateurs américains qui ont choisi « librement » de souscrire des emprunts à taux variables et qui sont aujourd’hui à la rue, n’avaient pas la possibilité concrète d’analyser les termes de ce qu’ils signaient. Il y a dissymétrie complète de l’information entre un simple consommateur et le professionnel qui propose un produit. Les intervenants sont dès le départ en situation d’inégalité. Pour cette simple raison (et il y en a d’autres), le libre marché amplifie mécaniquement l’injustice et l’inégalité. Cette dissymétrie de l’information est d’ailleurs la base de toutes les escroqueries : l’instigateur sait, la victime ne sait pas. Sur ce simple critère, le néo-libéralisme est d’ailleurs lui même une escroquerie.

  • zunidovetoo
    zunidovetoo
    entrepreneur
    • Posté à 22h42 le 22/11/2008
    • Internaute 42536
      entrepreneur

    Ahh, René Girard et sa mécanique du désir, quelle aubaine pour le capitalisme ! Croyez moi, les « invisibles » n’ont pas perdu la main !
    Ils sont bien là, même si la baguette n’est pas leur cœur de métier...

    Pour réagir aux commentaires, souvenez vous de cette petite histoire qui mêle nos amis cachés aux politiques à notre détriment (sego et martine devraient la lire) :

    Il était une fois un petit animal sans poils qui s’est aperçu qu’en récoltant plus de nourriture qu’il n’en avait besoin, il pouvait échanger une partie de son bien contre d’autres types de nourriture, un autre abri, ou encore une connaissance approfondie d’une autre technique de récolte. Cet animal, depuis longtemps convaincu qu’il ne pouvait assurer sa survie qu’en communauté, est aussi un être pervers : il sait que s’il trouve le moyen de prendre suffisamment pour lui tout seul, les autres membres de sa communauté seraient vite à son service, par la corruption matérielle d’un groupe qui deviendrait sa force coercitive, et d’un autre qui par un exemple collectif montrerait aux individus isolés que l’on peut vivre à peu de stock en mettant toute son énergie dans la récolte du maitre…

    Au sein des sociétés humaines, chaque individu souhaite être reconnu par autrui ; c’est très vite de cet autre, c’est de la reconnaissance par cet autre que dépendent sa valeur et sa « réalité humaine’. Hegel, dans la dialectique du maitre et de l’esclave, souligne que cette reconnaissance est l’enjeu d’une lutte entre deux consciences. Celle qui sera prête à risquer sa vie deviendra le maitre et celle qui aura peur deviendra l’esclave. Ce dernier individu devra ensuite gagner sa reconnaissance par le travail. Le citoyen de Hegel, l’homme “ public ”, s’oppose au bourgeois, l’homme “ privé ”, dans une bataille permanente pour bâtir une société civile qui voit au-delà du règne des compétitions des intérêts particuliers.

    Dans ce contexte de crise des modèles capitalistes, Il nous est proposé de partager ce morceau de connaissance, d’héritage intellectuel sur notre société, et de tenter de trouver raison ou pas à ce qui est de l’ordre du privé, du public et de la société, surtout lorsqu’on a toutes les difficultés du monde à accepter ce qui semble être aberrant. Ce qui nous semble immense à concevoir doit impérativement trouver la synthèse du candide à la complexité de cette matière chaotique – au sens mathématique- qu’est l’économie.

    D’abord, précisons : est imaginé secteur public tout ce qui est géré et administré par l’état, et qui ne peut interférer aux choses privées que dans la mesure où son action revêt un caractère dit stratégique ou national, ne pouvant soustraire l’intérêt général aux intérêts particuliers. Parallèlement, le secteur privé est l’expression des échanges de biens et services de chaque individu, assumant pleinement sa liberté d’action dans une société normée par la Loi, et dans la limite du bon fonctionnement des intérêts collectifs, pour un monde qui doit laisser libre cours aux échanges des acteurs d’un système économique libéré, ou plutôt dédouané du joug du Prince, pour plus de connaissance, plus de force et de sagesse.
    Cela, c’est le beau poster d’un monde qui roule, qu’on achète volontiers dans n’importe quel bazar chic et mondain, mais qui ne fait pas état d’un élément fondamental : l’individu est un être humain, dans toute sa dimension freudienne, avec ses pulsions, ses déviances et sa haine larvée, refoulée de l’Autre. On sait que l’administration de la chose publique est soumise au bon vouloir des individus dominants, ces héros de l’évolution au sens hégélien qui risquent et gagnent le droit de vie ou de mort des esclaves dans l’arène. On a certes trouvé que le renouvellement périodique des élites d’état pouvait émousser cette tendance à la spoliation du bien collectif à des fins privées, mais enfin l’équilibre relatif des régimes et l’étanchéité réelle bien que dissimulée des couches socio-économiques font qu’il serait bien difficile pour le quidam d’être coopté dans un système de promotion politique qui a déjà atteint l’absurde dans son fonctionnement.

    Ainsi lorsqu’on parle d’énergie fossile, il nous est tantôt naturel de penser qu’il puisse s’agir d’un bien stratégique, générateur de guerres, négociable entre états seulement, mais il ne nous est pas apparu essentiel de défendre le caractère éminemment collectif de ce bien qu’est le pétrole et de son commerce lorsque deux gouvernements, l’un de gauche, l’autre de droite, se sont entendus sur les modalités de privatisation des entités de gestion de ce commerce, qui aujourd’hui génèrent plus de profits privés par an que le déficit - très stratégique celui-ci - de la sécurité sociale. Nous pourrions avoir le même raisonnement sur l’exploitation de la surface nationale (les autoroutes par exemple), d’abord mue par un élan d’intérêt collectif justifiant toutes les expropriations, tous les sacrifices collectifs et individuels, dans une gestion qui une fois l’équilibre financier trouvé, est elle aussi “ privatisée ” dans l’indifférence – ou plutôt la bienveillance - de tous les partis. De là à penser que nos représentants aux deux chambres ont oublié qui ils représentaient…Mais au fait, pour être tout à fait honnêtes, qui côtoient-ils le plus, avec quelle catégorie sociale dialoguent-ils le plus, nos représentants ? Car enfin, ce sont eux les clefs, les verrous et les prescripteurs des relations entre public et privé !

    D’abord un mot sur l’entreprise privée et la morale collective : aucun rapports entre les deux ne sont possible sans la Loi, tenue par nos élus. L’entreprise privée n’a pas pour vocation à priori d’être morale ou sociale. Elle est d’abord et avant tout au service de son propriétaire, des intérêts particuliers qui la meuvent. Dès qu’un prescripteur se trouve en présence de biens privés puissants désirant accroitre leur puissance, il devient ce mercenaire coercitif, car générateur de loi, s’il perd honneur et probité face à ce qu’on lui présente fallacieusement comme inéluctable.

    Ensuite, comme le dit le philosophe Charles Taylor en marge d’un exposé sur son concept de “ morale épaisse ”, la pensée selon laquelle chaque individu crée seul son identité est un préjugé naïf. Pour lui, la neutralité exigée envers tous les individus par les libéraux dissimule même une forme de domination d’une culture par une autre. Nos représentants politiques garants des biens publics répondent eux aussi à cette règle. Ils ne côtoient plus la plèbe, ne sont plus en contact avec l’intérêt de la rue, mais au contraire constamment exposés par cercles concentriques aux paradigmes persuasifs et exclusifs des puissants.

    Enfin, Machiavel disait au 16e siècle que l’histoire des pouvoirs est l’histoire des dominations par négation de la morale, si bien que lorsque l’histoire politique manifeste la présence et l’efficacité du mal, de la corruption des intérêts privés, il serait suicidaire dans une spirale trompeuse crée de toute s pièces par un environnement puissant et totalement conditionnant de se comporter en homme de bien. Cet homme de droit, dès lors qu’il refuse l’allégeance, va-t-il néanmoins pouvoir organiser un contre-pouvoir, va-t-il résister à ses confrères de parti, aux lobbies persuasifs, à la menace d’une mise à l’écart, d’un arrêt de mort politique si nécessaire par voie médiatique ? Ce qui est parfaitement nécessaire pour un prince, ajoute Machiavel, est de posséder parfaitement l’art de simuler et de dissimuler. Les hommes sont si aveugles, si entrainés par le besoin du moment, qu’un trompeur trouve toujours à tromper. Ainsi pourrait on même imaginer un de ces animaux sans poils trouvant un moyen des plus grossiers qui soient – prêter de l’argent aux gens qui ne peuvent pas rembourser – pour faire plonger des entreprises crédules, utiliser les deniers publics pour mettre “ au chaud ” les actions des malheureux dans une finance mondiale au plus bas, puis récupérer à leur compte les parts sociales ainsi rachetées une fois les marchés stabilisés ; concentration, hégémonie, mat en trois coup… et beaucoup de bluff !

    Mais pour aller dans le sens du penseur ancien, pourquoi ne pas imaginer un être politique, clef de l’impartialité des principes de discernement, de séparation des intérêts publics et privés, qui dissimulera lors de son adoubement auprès des puissants son incorruptibilité, son honneur et son dévouement aux principes de notre république, libre, démocratique et marchande ; pourquoi ne pas imaginer un corps entier d’officiers civils de la république, entièrement dévoués à la cause républicaine, dissimulé dans le costume du VRP politique, marchand de sommeil dans l’image mais ultimement porteur d’un projet politique sain et vertueux, qui sait que lorsque suffisamment d’officiers comme lui auront infiltrés les partis dominants, la donne ne sera plus la même ? Pourquoi pas les membres les plus disposés d’un groupe homogène servant l’idéal républicain, qui se compteraient suffisamment à l’ombre de leur lumière pour décider lors d’un moment privilégié de leur histoire personnelle et collective d’acter, de transformer le mot en acte, de façon rationnelle et coordonnée ?

    Cette conclusion en forme de question cherche la bonne voie ; une interrogation se forme sur l’ensemble des rouages politico-économiques de notre république, de nos républiques, qui sans qu’on les sente glisser, peuvent nous échapper plus facilement qu’on ne pourrait le croire…

    Zuni Dove