14/08/2007 à 00h34

Ce que signifie, concrètement, « la BCE a injecté des liquidités »

Pascal Riché | Redchef Rue89

La Banque centrale européenne (BCE) a annoncé lundi avoir injecté de nouveau 47,66 milliards d’euros, pour détendre un peu l’atmosphère sur les marchés financiers. La semaine dernière, elle avait déjà introduit dans les circuits bancaires 156 milliards d’euros... Les milliards volent, mais que représentent-ils ? Que signifie, concrètement, « injecter des liquidités » ?

Pour comprendre, il faut revenir aux principes de base de la politique monétaire. Ce qui suit se veut éclairant, mais je vous préviens, ce n’est pas toujours très sexy.

Pour commencer, contrairement à une idée reçue, ce ne sont pas les banques centrales qui créent de la monnaie. Ce sont principalement les banques commerciales. Lorsque ces dernières font un prêt, ce prêt atterrit sur un compte de dépôt : c’est de la monnaie.

Pour éviter que le crédit (et donc la création de monnaie) ne s’emballe, il faut que la Banque centrale puisse s’immiscer d’une façon ou d’une autre dans la relation entre les banques et les emprunteurs. Elle le fait à travers un instrument qu’on appelle les « réserves obligatoires ».

Le rôle des réserves

Quand le Crédit Agricole accorde un crédit de 100000 euros à un client, le niveau des dépôts augmente de 100000 euros. Si le taux de réserves obligatoires est de 2%, la banque doit alors conserver, sur un compte BCE peu rémunéré, 2% de ces nouveaux dépôts, soit 2000 euros

. L’ensemble des « réserves » des banques, augmentées des pièces et des billets, est appelé la « base » monétaire. Ou encore, M0 (M zéro).

Si une banque n’a pas suffisamment de réserves pour exercer son activité de crédit comme elle le veut, que peut-elle faire ? Elle va chercher une autre banque qui, elle, dispose de plus de réserves qu’elle n’en a besoin. Elle va emprunter à cette autre banque les réserves dont elle a besoin, en échange d’une rémunération. Chacun y gagne : la première pourra faire son prêt, la seconde est ravie de pouvoir prêter des réserves qui, sinon, ne lui rapporteraient rien.

Le marché interbancaire

Ces échanges sont organisés sur un marché, le marché monétaire « interbancaire ». Sur ce marché s’échangent chaque jour de très grosses sommes, des prêts à court terme : un jour, une semaine, un mois.

Comme sur tout marché, l’offre et la demande se chargent de fixer le prix de la denrée qui y est échangée : si la demande d’argent à court terme (ou « liquidités ») est forte, alors les taux d’intérêt grimpent.

Si les banques se mettent à accorder toutes des crédits, alors elles font face à une pénurie de « réserves ». Conséquence : les taux d’intérêts menacent de s’envoler sur le marché interbancaire. Le risque, c’est qu’ensuite les banques répercutent cette hausse sur leurs clients, et que tout cela ne finisse par freiner la croissance.

La Banque centrale peut éviter ce scénario, car elle est dans une situation unique : elle a le monopole de la création de la denrée qui est échangée sur le marché interbancaire. Les banques peuvent en effet toujours se tourner vers elle pour emprunter les fameuses réserves.

Si la banque centrale veut faire baisser les taux d’intérêts et pousser les banques à accorder davantage de crédits à leurs clients, elle peut donc leur prêter plus de réserves. C’est ce qu’on appelle, dans la presse, « injecter des liquidités ».

Les fameux « appels d’offre »

Comment l’opération a-t-elle lieu ? La BCE procède à des « appels d’offre » sur le marché interbancaire. Elle a proposé ainsi lundi de l’argent, sur un jour, au taux minimum de 4% (le « taux de refinancement » , qui est son principal « taux directeur »). Les banques répondent à cette offre en proposant des taux supérieurs à 4%, afin d’être certaines d’obtenir les liquidités dont elles ont besoin. La BCE examine le niveau de la demande, les taux proposés par les banques, et elle fixe alors un taux au-delà duquel les les « offres » sont servies.

Les liquidités sont alors distribuées. Un peu comme au Mont-de piété, la Banque centrale prend en gage (on dit « en pension ») des titres (bons du trésor, etc.).

Ces appels d’offre, en période normale, ont lieu toutes les semaines. Mais en cas de désordres financiers, la BCE procède à des « appels d’offre rapides » pour injecter ou retirer des liquidités. Dans ce cas, ce sont des opérations à très court terme : des prêts d’un jour.

Si la BCE intervient aujourd’hui massivement, c’est pour contrecarrer la méfiance qui s’est instaurée sur le marché interbancaire. Que se passe-t-il ? Les banques hésitent à se prêter mutuellement leurs liquidités, car elles craignent que certaines d’entre elles aient massivement investi dans l’immobilier américain, et se retrouvent piégées par la crise actuelle des « subprimes ».

Vous êtes toujours là ? Bravo !

Numéro d’équilibriste

Alors vous me direz, quelles conséquences tout cela a-t-il avec la vie réelle ? Elles sont énormes. Si la Banque centrale surestime la crise et facilite une création monétaire trop importante, cela risque de déboucher sur l’inflation (je n’y crois pas du tout, mais bon). Si au contraire elle se montre trop timide dans son action, si elle ne parvient pas à dégripper le marché interbancaire, alors les taux d’intérêt se tendent, les crédits se tarissent, avec le risque de casser la croissance.

La Banque centrale tente de résoudre cette équation, ce qui se traduit par un numéro d’équilibriste : d’un côté elle inonde le marché interbancaire (et elle a raison de le faire), de l’autre elle annonce qu’elle augmentera son taux d’intérêt directeur en septembre, pour contrecarrer l’inflation... Ce grand écart commence à lui valoir des critiques. Ainsi, dans une interview au Monde , Thierry Breton, ancien ministre des Finances, aujourd’hui prof à Harvard, se demande si elle n’est pas en train de devenir « prisonnière de sa stratégie de hausse des taux, à contre courant d’un renversement de cycle économique qui pourrait bien intervenir plus tôt que prévu, en 2008 »...

Les décisions des Banques centrales, dans ces périodes de crises financières, sont capitales. En 1929, la Réserve fédérale américaine avait très mal réagi, choisissant de restreindre le crédit : le krach s’était transformé en crise économique majeure. En 1987, face à un krach boursier plus vertigineux encore, la FED et les autres banques centrales avaient fait l’inverse, ouvrant hardiment les vannes du crédit : l’économie n’avait pas été affectée. Et qui se souvient aujourd’hui du krach de 1987, surnommé à l’époque avec angoisse « le jour le plus bas » ?

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  • Servais-Jean
    • Posté à 02h26 le 14/08/2007
    • Internaute 4591
      43

    Pour bien comprendre il faudrait prendre des notes.
    Mais comme je suis à la retraite et qu’il n’est pas question que je me recycle en banquier, cet article un peu trop technique, parcequ’il se veut complet, me convient parfaitement.
    Donc Merci.

    • Anonyme répond à Servais-Jean

      Enfin des journalistes qui font leur boulot d’explication. N’hésitez pas à reecommencer.

      • Claude PELLETIER
        Claude PELLETIER
        Retraité dans son jardin
        • Posté à 18h43 le 14/08/2007
        • Internaute 10710
          Retraité dans son jardin

        Vous avez raison
        mais tout n’est pas clair pour moi.

        Je ne comprends pas la phrase ci-dessous :

        « ……
        L’ensemble des “réserves” des banques, augmentées des pièces et des billets, est appelé la “base” monétaire. Ou encore, M0 (M zéro).
         »

         
        • Anonyme répond à Claude PELLETIER

          ne pas comprendre « réserves » au sens habituel du terme

          les billets detenus par les banques
          plus la monnaie speciale qu’elle possede (la monnaie banque de france)
          egale l’indicateur Mo

        1 autres commentaires
      • Anonyme

        Merci de cette explication excellente que je n’ai entendu ni à la radio, ni ailleurs.
        Je craignais que ce soit encore de l’argent public de nos impôts. Ce n’est pas le cas.
        Reconnaissance. Paul Maridet 69610 haute-rivoire

      • Anonyme

        Bravo pour l’article
        Bravo pour le commentaire

        Une leçon d’économie + une leçon de journalisme : c’est rare et ça en fait tout le prix

    • Anonyme répond à Servais-Jean

      Il y a un lézard dans votre exposé.

      Les banques ne peuvent préter que ce qu’elles ont et non pas créer in-extenso de la monnaie.

      Et ce qu’elles ont ce sont soit les dépôts des clients, qui ne leur appartiennent pas, soit l’argent qu’elles empruntent à la Banque centrale ( au taux de base) ou ailleurs (au taux interbancaire).

      Janus Simplet

      • Anonyme

        Bien sur que si on peut préter ce que l’on n’a pas.

        C’est le principe même de la création de monnaie par le crédit.

      • Anonyme

        Vraiment simplet ! Il faut relire l’article absolument : ce sont les banques commerciales qui créent la monnaie « ex nihilo », à partir de rien d’où la necessité d’une banque centrale qui peut limiter ce pouvoir exorbitant ou bien mettre de l’huile dans des rouages qui se grippent comme c’est en train de s e produire

         
        • Anonyme

          Je vais fonder une banque, elle se prètera de l’argent. Les comptes seront équilibrés puisque crédit et débit seront équivalents. Elle construira un hôtel, achètera un bâteau et une grosse voiture. A moi la grande vie.

          Non, ce n’est qu’un rêve, seule les banques centrale créent et la monnaie en prêtant l’argent aux banques commerciales. Injecter c’est prêter plus que d’habitude, mais après on récupère et on détruit.

          Janus Simplet

          • Anonyme

            Si vous faîtes cela, il faudra deux conditions que vous ne remplirez pas :
            1. si vous créditez votre compte d’une somme, il faudra que le vendeur imagine que vous puissiez le payer. Or, vous ne le pourrez pas, puisque votre banque (qui n’est que vous-même) devra alors débourser la somme d’argent.
            Une banque commerciale n’est pas dans ce cas. Quand elle doit payer l’achat d’un de ces clients, cet achat n’est qu’un élément. Certains de ses clients reçoivent des revenus, ce qui permet in fine de se compenser.
            2. de plus, si vous voulez vous acheter une voiture, encore faut-il que vous ayez les réserves obligatoires pour payer la banque centrale.

      • Anonyme

        A croire que vous n’avez pas lu l’article que vous contestez !

      • PonG
        PonG
        rationaliste fondamentaliste à (...)
        • Posté à 17h06 le 14/08/2007
        • Internaute 14407
          rationaliste fondamentaliste à (...)

        Si, si j’ai bien compris justement, les banques commerciales peuvent prêter bien plus que ce qu’elles n’ont (en gros 6 fois plus). Donc les banques sont bel et bien créatrices de monnaies (scripturale et pas fiduciaire). Une monnaie provisoire (elle disparait avec la fin du crédit) mais une monnaie quand même puisqu’elle permet d’acheter un bien ou un service.
        Une assez bonne explication se trouve là (un peu orienté mais ça me semble tenir la route) :
        Lien

      • pierrejcallard
        pierrejcallard
        http://www.nouvellesociete.org
        • Posté à 19h33 le 14/08/2007
        • Internaute 3366
          http://www.nouvellesociete.org

        Ciel ! Vous ne pouvez pas être sérieux ! Croyez-vous vraiment que le système ne prête que l’argent des dépots ?
        je souhaite que l’auteur parle un peu de M1, M2 et M3, des produits dérivés et des opérations « hors-bilan »...

        En attendant, le probléme des subprime n’est plus économique, mais social. 7 000 000 d’Américains risquent d e perdre leur résidence principale. Si ce n’est pas réglé, on risque une révolution aux USA.

        Lien

        Pierre JC Alard

         1 autres commentaires
      • Pascal Riché
        Pascal Riché
        Auteur(e) de l'article Redchef Rue89
        • Posté à 08h35 le 15/08/2007
          éditeur
        • Journaliste 7
          Redchef

        Vous vous trompez, Janus. Ce ne sont pas les dépôts qui font les crédits, mais les crédits qui font les dépôts !

        Tout crédit accordé par une banque augmente la masse monétaire en créant un dépôt bancaire de montant équivalent...

    • sderaedt
      sderaedt répond à Servais-Jean
      • Posté à 14h33 le 14/08/2007
      • Internaute 14421

      Bravo pour ces explications ! Enfin un journaliste qui prend la peine de s’adresser aux lecteurs profanes pour les rendre meilleurs lecteurs ! Je travaille dans le milieu bancaire et je trouve cet article bien réussi. A refaire sur d’autres sujets voire celui là !

    • Anonyme répond à Servais-Jean

      bonjour,

      j’ai moi aussi bcp aimé l’article mais une question me tarabuste. Si, d’un côté, la fameuse main invisible de l’ami Milton doit permettre une auto-régulation complète et parfaite des marchés pourquoi faut-il donc alors que dans le saint des saint du capitalisme (le marché inter-bancaire, allez Wéber) l’argent public ou émanant d’organisme public vienne au secours des acteurs privés ?
      Sachant que, au final, nos amis des fonds de pensions, d’investissement ou autres analystes des banques d’affaires continuent de jouer avec les crédits susnommés, susévoqués et là, à priori, susinvestis ?

      • Anonyme

        Parceque, contrairement au dogme libéral, la neutralité de la monnaie en économie est un leurre.

      • Anonyme

        parce que comme le pratiquent tous les unltra-liberaux , et contrairement à leur credo, ils ne jurent que par la privatisation des profits, mais bien sûr par la la mutualisation des pertes !

      • Pascal Riché
        Pascal Riché
        Auteur(e) de l'article Redchef Rue89
        • Posté à 08h32 le 15/08/2007
          éditeur
        • Journaliste 7
          Redchef

        La réponse est dans votre question, non ? (et la main invisible n’est pas celle de « Milton », mais d’« Adam »)...

    • Anonyme répond à Servais-Jean

      Lien

      voilà ce que signifie rue89.

    • Anonyme répond à Servais-Jean

      bonjour,
      je suis d’accord avec le commantaire précédant.
      merci à RUE89 pour ses article.
      Philippe

  • janis.Hese
    • Posté à 02h58 le 14/08/2007
    • Internaute 14084

    excellentes explications des termes techniques d’échanges bancaires qui nous expliquent pourquoi on a failli ou on est en train de froler une crise comparable à celle de 1929.
    Est-il encore vrai que pour se préconiser de telles problèmes en Europe la Deutsch Bank (une des banques les plus imprtantes d’Europe) a d’énormes volumes d’or en Amérique ? Cerla risque d’être encore préoccupant si à cause des « subprime » des banques américaines manquent de cash pour palier au mauvais payeur et se servent.

    • Anonyme répond à janis.Hese

      Extrait d’un article trouvé sur le Web :

      En tonnes, voici les 20 plus importantes réserves d’or de pays dans le monde ainsi que celle du Fond Monétaire Mondial. Notez que pour l’Italie cela inclut la précieuse réserve d’or du Vatican. Richesses du Vatican :

      1 United States 8 133,5
      2 Germany 3 427,8
      3 International Monetary Fund 3 217,3
      4 France 2 892,6
      5 Italy 2 451,8
      6 Switzerland 1 290,1
      7 Japan 765,2
      8 Netherlands 722,4
      9 European Central Bank 719,9
      10 People’s Republic of China 600,0
      11 Spain 493,3
      12 Republic of China (Taiwan) 423,3
      13 Portugal 407,5
      14 Russia 386,6
      15 India 357,7
      16 Venezuela 357,4
      17 United Kingdom 311,3
      18 Austria 307,5
      19 Lebanon 286,8
      20 Belgium 227,7

      Et sur wikipédia :
      Aujourd’hui, la plus grande réserve d’or mondiale se trouve aux États-Unis, il s’agit de la réserve fédérale de New York, pourtant moins célèbre que celle de Fort Knox, dans le Kentucky.

      • Anonyme

        l’or n’a plus grand chose à voir la dedans. Nous sommes au temps de l’argent electronique.

      • Anonyme

        L’or ne joue plus aucun role monétaire depuis 1924

         
        • Anonyme

          Depuis 1974 vous voulez dire

          • Anonyme

            Détrompez vous, lorsque la bourse se plante, tous les cours se tournent vers « la vieille économie », l’or en cours à pris +/- 500 % de valeurs depuis l’explosion de la bulle internet 2001 où on relèguait les « anciennes valeurs » à la poubelle. Vous serez peut-être étonné dans ce cadre que si une banque n’a pas de cash en fond pour ses crédits, elle risque tout bonnement de plonger –> confer crise de 1929 ... De plus pendant longtemps le dollar était rataché à la valeur de l’or.

        • C. Creseveur
          C. Creseveur
          D'actualité, de dessin surtout
          • Posté à 22h38 le 15/08/2007
          • Internaute 7715
            D'actualité, de dessin surtout

          Non. L’or joue un rôle moins important depuis les accords de Bretton woods en 1944, lorsqu’on a choisi d’abandonner l’étalon or pour l’étalon dollar (ce à quoi s’opposait vivement le général de Gaulle, qui pour une fois avait raison : depuis nous ne faisons que soutenir l’économie américaine qui vit à crédit sur le dos de la planète).
          Pour autant il continue de jouer un rôle important de valeur refuge, et la valeur des monnaies reste en partie gagée sur les réserves en or de chaque pays, et sur les réserves en devises.

        3 autres commentaires
    • Anonyme répond à janis.Hese

      bonjour,
      je n’arrive plus à te joindre, ni par mail, ni par téléphone.
      peux tu prendre contact ?
      Merci.
      P. mayot-coiffard.

  • Anonyme

    ’pouvez pas imaginer à quel point je les hais.

    • Anonyme

      Oui moi aussi. Que ces types se construisent des règles (vous a t-on déjà demandé votre avis la dessus ?) puis cherchent à être les premiers à baiser tout le monde en se servant de la vie des gens simples et en se foutant du lendemain, c’est insupportable.

      Nous avons trop donné aux prédateurs.

      • Anonyme

        Et vous a-t-on demandé votre avis sur les regles régissant l’éducation nationale, les réseaux de transports, ou celles du football ? ? ?

        C’est quoi cet « argument » faisant croire que si les 6Md d’habitants de la planete n’ont pas été consultés, alors les regles sont faites pour et par des profiteurs ?

        Jeb

         
        • Anonyme

          disons que ni le football, ni l’education nationale, ni les transports ne jouent avec le prix de mon logement, mon assurance santé ou ma retraite. Ca te fait pas flipper toi, le tout à court terme ?

        • Anonyme

          pour tous ces points (excepté le football !), nous sommes consultés electoralement. Par contre pour les marché financiers...TINA* ! c’est bien le discours dominant depuis Thatcher et Reagen, non ?

          * there is no alternative

        • Anonyme

          Bien evidemment, la crise n’est pas pour tout le monde...il y a belle lurette que ceux qui savent on vendu leurs actifs immobiliers et se sont fait une belle plus value, mais pour cela, il faut des moyens et comprendre comment ça marche. De plus le système est gagnant que si les premiers gagnent. C’est un système pyramidal des plus classique.

          C’est une BULLE, cela signifie bien que les prix ne correspondent PAS à l’offre et à la demande, et que certains l’ont bien cherché.

          Par contre les pauvres types qui voulaient juste avoir un chez soi, en Asie, aux Amériques ou en Europe, à qui on a bien dit qu’il fallait qu’il achètent parce « ça coute aussi cher que louer », et qui vont se retrouver à devoir vendre un appartement à un prix beaucoup plus bas, sont bien dans la mouise.

          Si ce n’est pas une arnaque promue par des prédateurs, qu’est ce ?

        • Anonyme

          en effet faites et pour les profiteurs mettant sur la paille les petits emprumteurs ! !

          Fr@n6

        • Anonyme

          Ah oui Jeb, je confirme : quand la démocratie part les requins arrivent.

        • Anonyme

          Je dois vous avouez que je comprends mal certains d’entre vous : ou avez vous vous que nous étions consulté pour l’éducation ou les transports ? ? Vous entendez par la les programmes politiques de nos chers dirigeants lors des présidentielles ? ?

          Tout nous est imposé, car on ne vote pas a chaque fois pour telle politique de transport (i.e. féroutage & Co) ou telle politique d’éducation (i.e. faut il ou non payer pour les écoles privées). Et on voit bien comment sont traités ces « projets » de société ensuite : les 53% de gus qui ont voté pour Nain 1er doivent se bouffer les rouston de le voir baisser les impots des 1000 ménages les plus riches quand eux devront travailler plus pour... combler le déficit monstrueux que Sarko & Co nous préparent (équilibre en 2010, euh non finalement 2012, avec une croissance annuelle de 2.5% alors que nous sommes infoutus de la faire dépasser les 2%...)

          Et si, cela a des impacts sur nos retraites et notre santé : les régimes spéciaux par exemple, qui prennent de l’argent qui pourrait etre mis dans la Secu par exemple (oui, je sais, je sais faire dans le « spécieux » moi aussi :) )

          Chaque décision influence nos vies, mais pas forcément de maniere directe... Et non, croire qu’on doit etre consulté a chaque fois pour cela est une gageure, pour ne pas dire une connerie (vous vous voyez au bureau de vote tous les dimanche vous ?), sans parler que c’est pas gratuit d’imprimer ses bulletins de vote chez Bolloré.
          A nous de choisir nos représentants come il le faut : nous avons les dirigeants que nous méritons (puisqu’on les choisi) !

          Enfin, pour ceux qui pensent que nous sommes une bande de moutons pret a etre bouffer tout cru par les loups de la finance : que les anes qui achetent leur appart’ car ils pensent faire une belle plus value a court terme achetent aujourd’hui ! Ils sont censés se rencardé avant de faire l’achat le plus important de leur vie, et tant pis pour eux si ils se plantent bon sang ! On ne nous parle jamais des personnes dont le bien a triplé depuis 6 ans (pas vendeur en ouverture du JT de TF1), mais dès qu’il y a un type qui perd des sous, c’est pas de sa faute mais celle des autres... Non, nous ne sommes plus des singes, et on est tous censé avoir un cerveau. On a tous notre libre arbitre que je sache, alors assumons nos choix !

          Jeb

          • Anonyme

            oups ! pas répondu au bon endroit ; -)

            Jeb

        7 autres commentaires
  • Anonyme

    Un des rares articles constructifs sur ce sujet pour les non-profs a Harvard.
    Bravo et merci.

  • Anonyme

    parler de « croissance » dans un monde clos, « fini » et limité dans ses ressources, est un affront à l’intelligence. Le Système actuel est fondé sur cette incohérence. Vite, la crise ! ! !

    • pom7848
      pom7848
      Emmigré
      • Posté à 13h44 le 14/08/2007
      • Internaute 13588
        Emmigré

      Seules les ressources physiques sont limitées (et encore... on peut créer de la valeur à partir de choses recyclées), pas le reste ! On est loin d’avoir écrit tous les romans possibles, il y a encore des tas de mélodies à inventer, des logiciels, etc...

      Ce n’est donc pas une insulte à l’intelligence que de parler de croissance. L’économie n’est pas un jeu à somme nulle fonctionant en vase clos.

    • Anonyme

      Si vous le permettez, le seul affront a l’intelligence que je vois ici est votre post : surestimer sa connaissance sur un sujet tout en se permettant de donner des leçons dessus...

      Jeb

      PS : si, par exemple, vous passez du statut de larve a celui d’entrepreneur, vous créerez de la valeur et participerez a la croissance. Donc rien n’est clos ! C’est cela le principe de création de richesse. Et pour votre gouverne, l’exceptionnelle croissance mondiale actuelle (à laquelle la France ne participe presque pas d’ailleurs) profite a TOUT le monde, y compris et surtout (en ce moment) au pays le plus pauvres.

      Comme quoi...

      • Anonyme

        Votre définition de la richesse est vraiment primaire !

        Allez lire le post de 10h02 le 14/08 à ce propos.

        La création de richesse par le simple fait de devenir entrepreneur ?

        Et si c’est une entreprise de fabrication de crack ? ou un bordel ? C’est toujours de la création de richesse pour vous ?

        La pensée libérale n’a vraiment pas évolué depuis Adams Smith. Celui ci s’était inspiré des connaissances scientifiques de l’époque (l’equilibre statistique de Bolzman) pour sa main invisible, mais alors que la science a avancé depuis, les économistes libéraux en sont resté au même point du quasi-statique. Le chaos et la turbulence, ça existe pourtant, et pas qu’en physique.

        vous continuez a additionner des pommes et des poires.

         
        • Anonyme

          bien d’accord. et la morale dans tout ça ?

          • Anonyme

            Le problème de la morale est secondaire. Ce que je veux dire, c’est qu’un maçon qui plastique des maisons la nuit pour les recontruire le jour participe autant à la croissance que quelqu’un qui participe au creusement du tunnel sous la manche.

            La croissance du PIB, c’est compter tout cela de la même manière : en euros.

        2 autres commentaires
      • C. Creseveur
        C. Creseveur
        D'actualité, de dessin surtout
        • Posté à 22h43 le 15/08/2007
        • Internaute 7715
          D'actualité, de dessin surtout

        La main invisible est un non sens. Le marché ne s’est jamais auto-régulé. Il a toujours fallu le réguler par l’interventionnisme des pouvoirs publics, de tous temps et dans tous les pays.

  • Anonyme

    que repondrait un automate à la question « combien font 8+2 ?

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