tribune 18/11/2008 à 21h29

France-Etats-Unis, malentendus sur la diversité

Ressources urbaines | Agence de presse des quartiers

Obama, la victoire de l’homme-monde, le dépassement du communautarisme ; Michaëlle Jean, d’origine haïtienne, au Canada ; Hugo Chavez (métisse) au Venezuela ; Evo Morales en Bolivie. Longtemps continent de l’éradication des indiens, de l’esclavage et de la discrimination systématique des « minorités », l’Amérique fait volte-face depuis quelques années pour donner des leçons de créolisation à toute la planète.

Car on peut bien parler de victoire de la créolisation qu’évoque Edouard Glissant, ou encore de la brown culture, ce métissage culturel vers lequel tend la planète. En Europe, les spécialistes utilisent le terme d’ère « post-coloniale », pour annoncer la venue de nouveaux rapports entre les anciennes métropoles et leurs périphéries ainsi que les « minorités » qui en viennent.

Obama, c’est une victoire qui signe l’entrée dans une civilisation « post-raciale » aux Etats-Unis : le nouveau Président n’est pas le représentant d’une minorité, ou d’une communauté. L’essentiel de l’Amérique a pu se retrouver dans les valeurs, combats et messages qu’il porte. A savoir : une part d’universel, rien de moins.

L’élection d’Obama est donc aussi une victoire pour tous les Français, car depuis la revendication de la « négritude » telle que l’entendait Césaire (non par opposition aux Blancs, mais comme culture portant aussi sa part d’universel, tout autant que la civilisation « occidentale »), notre pays avait visiblement du mal à trouver un « homme universel » en qui pouvaient s’incarner ces valeurs transcendant une culture ou une couleur de peau spécifiques. La page du communautarisme commence à se refermer aux Etats-Unis. Elle a à peine été ouverte en France. Le sera-t-elle seulement ?

Question sociale et question raciale

Quoi qu’il en soit, cette victoire, meilleure nouvelle d’un XXIe siècle pourtant bien mal parti, doit être bien comprise : thématique oubliée par ceux qui traitent uniquement de la « question sociale » jusqu’à il y encore peu, la « question raciale » connaît là l’un de ces plus éclatants succès.

Mais Obama, tout en reconnaissant qu’il doit une partie de sa réussite à l’« affirmative action », assure qu’il faut dorénavant faire évoluer ce programme pour y intégrer des éléments « sociaux », puisqu’il a certes permis à une classe moyenne noire d’émerger, mais laisse la majorité des Noirs des ghettos incapables de sortir de l’impasse sociale, notamment en échouant dès le lycée.

Et si une culture « afro » mène souvent la danse dans la musique ou le cinéma, plus de 10% de la jeunesse Noire états-unienne croupit en prison.

Il serait ironique que la France reste sourde à cette proposition de modification de l’« affirmative action », modification à la portée considérable, au moment où elle est justement professée outre-Atlantique.

S’inspirer du système américain sans l’importer globalement

Or il existe justement en France quelques programmes qui ressemblent à s’y méprendre à cette « affirmative action » non pas basée sur des critères strictement « ethniques », mais sur des critères géographiques et sociaux, sans doute bien plus adaptés à la situation française, et qu’il faudrait sans doute adapter à bien d’autres secteurs sociaux-professionnels : par exemple les conventions-ZEP de Sciences-Po qui s’appliquent aux quartiers populaires (en ZEP).

Ce type de programme permet de facto à bon nombre d’élèves de couleur de bénéficier de ce « coup de pouce ». Ce qui ne veut cependant pas signifier que la lutte pour la diversité et contre les discriminations ne doivent pas, par ailleurs, être menées avec beaucoup plus d’énergie en France.

Mais espérons que la victoire d’Obama ne servira pas une fois de plus une volonté d’importation globale et aveugle d’un système américain, tel que beaucoup s’en font les chantres, en particulier dans les banlieues (et avec le relais enthousiaste du gouvernement actuel).

Un modèle basé sur le lobbying communautaire, les « statistiques ethniques », la survalorisation de l’entrepreneuriat individuel comme clé de la réussite, la promotion de quelques têtes d’affiches comme cautions d’un système prétendument méritocratique mais surtout massivement inégalitaire, et le mécénat d’entreprise comme substitut à l’action publique sociale…

Faut-il jeter le pseudo « modèle d’intégration républicain » ?

Nombreux sont ceux qui penseront en effet, et en partie avec raison, que ledit « modèle républicain », dont plus grand monde ne sait d’ailleurs exactement à quoi il correspond, est certes généreux, mais qu’il n’a pas tenu ses promesses pour des millions de Français, notamment de couleur.

Certes, l’actualité est cruelle : au moment où Obama terrasse bien des préjugés aux Etats-Unis, le PS se débat dans son pitoyable combat des chefs blancs, et Brice Hortefeux convoque une conférence de ministres européens sur l’immigration… à Vichy ! On s’étonnerait à moins que « La Marseillaise » soit sifflée dans les stades ! En matière de symbole, on est définitivement sur une autre planète par rapport aux Etats-Unis.

Cependant, s’il y a certes plus de citoyens de couleur au Parlement américain qu’au Parlement français, rappelons tout de même que la population noire américaine est présente sur le continent depuis au bas mot trois siècles, et depuis seulement une trentaine d’années en France métropolitaine.

Enfin, n’oublions pas que l’« affirmative action » a existé en France, à partir des années 60, avec le BUMIDOM pour les populations des Antilles (même si la politique de cet organisme peut être considérée comme de la gestion purement néo-coloniale des populations, et non un effort de promotion des Antillais au même sens que l’« affirmative action » états-unienne).

Bien entendu, remettre ces pendules historiques à l’heure n’excuse pas la lamentable situation dans laquelle se trouve la représentation des minorités sur notre territoire.

Soigner les plaies du passé et du présent

Il n’en reste pas moins que la victoire d’Obama est celle d’un pays jeune, c’est-à-dire une démocratie qui soigne vite ses plaies, celles de l’histoire en particulier. La guerre des mémoires y semble plus tempérée que sous nos latitudes, où l’on se bat à coup de lois mémorielles pour faire admettre des évidences historiques.

Où les mandarins du récit national, aveugles à la mémoire des colonies et à leur place dans l’ensemble de l’histoire de la République, se permettent d’agiter le spectre de la « guerre des mémoires » ou de la « concurrence victimaire » à la moindre demande de reconnaissance.

Et guerre des mémoires il y aura bien, si ce n’est plus, si justement on favorise l’omerta historique au nom de la paix des débats.

Les médias, une oligarchie blanche, parisienne, âgée et favorisée

Enfin, nous nous permettrons de décerner la palme de l’hypocrisie à une caste bien établie, celle des faiseurs de presse, qui se permet de donner des leçons de diversité à longueur de journée, notamment à la classe politique ; alors que le moins que l’on puisse dire est que, parmi l’ensemble des professions françaises (mis à part peut-être les gardes-champêtres), c’est sans doute dans les médias que la diversité est la moins représentée.

Une oligarchie blanche, parisienne, âgée et socialement favorisée, particulièrement endogame, verrouille littéralement toutes les rédactions, et ne permet ni au idées ni aux gens issus des quartiers populaires et métissés de travailler à ses côtés. S’il n’en était ainsi, gageons que les Français de couleur se sentiraient un peu mieux traités dans les médias et un peu mieux dans leurs baskets en France.

Oui, les médias sont largement responsables du regard dépréciatif que l’ensemble des Français porte sur leurs concitoyens de couleur (ils sont devenus l’un des premiers lieux de fabrication des opinions). Oui, les médias ont leur part de culpabilité dans la fracture sociale et urbaine qui mine ce pays. La diversité s’est imposée aux Etats-Unis parce qu’elle s’est d’abord invitée dans les médias états-uniens, ce qui a contribué à changer le regard américain sur les Noirs.

Aujourd’hui, et avec raison, les médias hexagonaux réclament une révolution en la matière... chez les autres (notamment les politiques) ! Prenons-les au mot : les médias seront la première Bastille à prendre quand cette révolution viendra. Et, depuis 2005, nous le savons, elle vient !

Kadda Sahnine, Farid Mebarki et Erwan Ruty

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  • Beryl
    • Posté à 02h31 le 19/11/2008
    • Internaute 25737

    La Franceest un pays « structurèlement raciste » pour reprendre la formule d’Angela Davis (il y a trois ans), et le verrouillage maintenu en France par le communautarisme blanc (dont aux deux goulots d’étranglement centraux, mediatiques et politiques) devra sauter, d’une façon ou d’une autre, pour que ce pays cesse d’être borgne...

    Harry Rozelmack, certes, mais seulement le Week-End, et pourquoi pas durant la semaine ? (comme à Congo-Square !)

    L’affirmative action devrait faire l’objet d’un grand débat public. La France n’est pas les Etats-Unis, or, c’est pourtant là qu’il s’agit de prendre des idées.

    Lorsqu’un individu ou un pays ne veut pas changer, la réalité ou l’Histoire de chargent de les traîner par les cheveux, jusqu’à ce qu’ils changent.

    C’est sans doute ce à quoi nous allons assister et nolens volens participer dans les années à venir, car les minorités visibles, comme on le dit pudiquement, ont pris conscience définitivement de leur droit humain à être au diapason de la diversité.

    Dans une ITV, de 1993, Césaire a dit que le racisme en France était alors plus important que dans les années 30... Etant « lucide mais non pas pessimiste », disait-il, d’une façon générale, il répondit ceci (ITV inédite, 7 septembre 2007) :

    Q - Est-ce que la négritude a encore un rôle à jouer ?

    Césaire - Bien sûr... Tant qu’il y aura des Nègres et des Blancs, il faudra bien qu’il y ait une négritude...

    Dans un texte ancien, il a dit aussi : « La négritude ne s’adresse pas seulement aux Nègres, mais aussi aux Blancs... » A savoir qu’il y avait, et il y a encore aujourd’hui, plus que jamais depuis l’élection d’Obama, l’exigence d’une prise de conscience etd’une action commune aux deux races - ce mot étant à comprendre sur le plan culturel et historique, suivant le même Césaire.

    Pour nous rappeler que certains représentants des medias se croient encore au temps de Linné - le classificateur des races biologiques - Eric Zemour, journaliste au Figaro, et ineffable inventeur du fil à coupêr le beurre, a lâché le morceau, récemment, à l’émission On n’est pas couchés, je n’invente rien :

    E.Z. - Il y a une race noire et une race blanche, c’est évident ! ...
    Réaction d’une Antillaise - Alors, nous n’appartenons pas à la même race ?
    E.Z. - Ben non, c’est EVIDENT ! ...

    To be bronzed or not bronzed, that is toujours et encore the question ! ... Et c’est ainsi que votre soeur est sourde, et que la France est un musée Grevin...

    • Venezuela
      Venezuela répond à Beryl
      vit aux Pays-Bas
      • Posté à 02h45 le 19/11/2008
      • Internaute 114
        vit aux Pays-Bas

      Elle est d’origine Africaine.

    • Weatherboy
      Weatherboy répond à Beryl
      v2=notes articles en moins...
      • Posté à 03h05 le 19/11/2008
      • Internaute 38063
        v2=notes articles en moins...

      Beryl, faut quand même pas prendre des cas profonds comme le Zemmour » pour justifier des mots comme « structurellement » ( ?). Ca veut dire quoi « structurellement » d’ailleurs ? Ca ne veut rien dire, et à la limite c’est même complètement absurde comme expression, une évidence : ce ne sont pas les structures qui sont racistes, ce sont toujours des individus, et des individus singuliers. Ce sont eux qui donnent vie dans le réel à la « structure ». Ces gens là sont quand même bien libre de faire ce qu’ils veulent de leur existence, et ce sont bien eux également qui doivent porter la responsabilité de leurs actes (comme Bardamu de ces messages, tiens). Alors les énoncés à base de « la France est », « était » ou « sera » (et oh combien je me fous de ces catégorisation nationales arbitraires), c’est un peu : « le francais porte une baguette sous le bras et mange des grenouilles au p’tit déj“/”.
      Au passage, il y a déja eu une trsè belle réponse écrite sur le cas Zemmour identifié depuis belle lurette, c’était là,
      Lien
      certainement écrit par un “Francais” d’ailleurs. Mais on s’en fout, oui/non ?

      Quand à tous ces délires hystériques qui sortent à la vue de l’élection d’un Obama, sans aucune référence ni au discours politiques, ni aux orientations économiques, ni aux idéologies soutenues, je ne sais pas combien de temps certains mettront à se rendre compte que le problème n’est pas là, mais bon après tout avec toute la vague de marionettes déjà utilisées entre Yade, Rice, Roselmack et Powell qui ont déja platement prouvé que celà ne changeait rien, on peut même douter qu’ils puisse encore le comprendre. Mais bon aporès tout ca fait bien longtemps que la politique n’a plus d’autre objectif que de faire dans le spectacle de marionette (ben si ca continue à force de répondre à ce genre de sujet, je vais l faire moi meme mon article à la Rue :)

    • mamane
      mamane répond à Beryl
      le futur c'était mieux avant
      • Posté à 07h23 le 19/11/2008
      • Internaute 44657
        le futur c'était mieux avant

      100 % d’accord !

      Clap Clap Clap

    • Bardamu
      Bardamu répond à Beryl
      difficile
      • Posté à 10h02 le 19/11/2008
      • Internaute 25491
        difficile

      @ Beryl : il est absurde de s’interdire d’utiliser le terme « race » parce qu’il n’est pas politiquement correct. C’est se cacher derrière son petit doigt.

      Il y a une seule espèce humaine, certes, mais cela n’interdit pas de remarquer qu’il existe des régularités phénotypiques observables.

      En revanche, hiérarchiser ou discriminer à partir de ces régularités phénotypiques est du racisme.

      Ainsi quand on parle de « négritude » ou que l’on donne comme nom à une association : Conseil Représentatif des Associations Noires. Ce racisme est toléré, parce qu’il provient des victimes traditionnelles du racisme, qui nous renverraient en miroir notre propre racisme. Ce serait un racisme « pour de faux ». C’est une très grave faute contre l’esprit de tolérer le racisme des « dominés », comme celui des « dominants ».

      De même, l’éloge de la pureté raciale est raciste. mais l’ode au métissage généralisé est AUSSI raciste.

       
      • monde fou
        monde fou répond à Bardamu
        internaute
        • Posté à 11h03 le 19/11/2008
        • Internaute 42716
          internaute

        Tout à fait d’accord.

        Il y a une manipulation sordide qui est faite par les indigènes de la république et le cran.

        Ils vont introduire la guerre de tous contre tous

      • Beryl
        Beryl répond à Bardamu
        • Posté à 19h06 le 19/11/2008
        • Internaute 25737

        C’est bien pourquoi Césaire disait qu’il était contre un parti de Nègres racistes, et que « le racisme noir est aussi haïssable que le racisme blanc, »,
        « Nègre je suis, Nègre je resterai ! »,
        parce que :

        « Le mot nègre était lancé à la tête comme une injure, alors je l’ai ramassé et je l’ai brandi, Nègre ? ... d’accord, Nègre », et il ajoute « mais il faut approfondir »

        PS - Les Français ne l’ont pas lu, et pour cause. Il est d’ailleurs censuré depuis 1995 au programme du Bac, en terminale littéraire, cf BO du Ministère de l’Education nationale.

      2 autres commentaires
    • Jambalaya-
      Jambalaya- répond à Beryl
      Le contenu de ce champ apparaît (...)
      • Posté à 12h50 le 19/11/2008
      • Internaute 25992
        Le contenu de ce champ apparaît (...)

      « L’affirmative action devrait faire l’objet d’un grand débat public. »

      On attend toujours le grand débat public sur l’immigration de masse !

    • Beryl
      Beryl répond à Beryl
      • Posté à 19h14 le 19/11/2008
      • Internaute 25737

      structurellement raciste, parce que le « préjugé de couleur », comme on disait dans les années30, imprègne la mentalité culturelle française (depuis plusieurs siècles), et qu’un individu, qui n’est aucunement raciste dans son for intime, peut faire le jeu du racisme, en se conformant mécaniquement à la discrimination négative : une actrice noire se verra proposer des rôles relatifs à l’image stéréotypée de sa couleur etc. Les cas de figure abondent. Cela forme une sorte de consensus par défaut, comme l’absence de « diversité » dans les pubs (« les consommateurs sont blancs, à 90% » dixit un responsable de la régie publicitaire - mais quid de la représentation des 10% non blancs ! ! ? ...)

  • Venezuela
    Venezuela
    vit aux Pays-Bas
    • Posté à 02h44 le 19/11/2008
    • Internaute 114
      vit aux Pays-Bas

    Je suis d’accord.

  • marie 75
    • Posté à 09h41 le 19/11/2008
    • Internaute 3563

    Le Temps (suisse)
    A l’ombre d’Obama, les mouvements racistes américains relèvent la tête

    ETATS-UNIS . Depuis le 4 novembre, les sites extrémistes s’activent. Appels à protester dans la rue.

    Luis Lema, New York
    Mercredi 19 novembre 2008 

    L’élection de Barack Obama a été « une tragédie », « le symbole de la perte de nos valeurs fondamentales ». Pour les mouvements racistes et « suprémacistes » américains, l’arrivée d’un Noir à la Maison-Blanche n’est rien de moins qu’un « désastre qui annonce la troisième guerre mondiale ». Mais pour eux, c’est aussi une aubaine : en perte de vitesse depuis la fin des années 1980, les hate groups (« groupes de haine ») connaissent aujourd’hui un regain qui commence à inquiéter les spécialistes. Depuis le 4 novembre dernier, leurs principaux sites internet bruissent d’une activité sans précédent. Et même s’ils restent extrêmement marginaux, ces mouvements revendiquent une très forte progression de leurs membres.

    Déjà perceptible

    A la vérité, cette recrudescence était déjà perceptible avant le dernier scrutin présidentiel. L’arrivée massive d’immigrés mexicains et la mobilisation des illégaux qui tentent de s’organiser pour sortir de l’ombre avaient déjà contribué à réveiller tout ce que l’Amérique compte d’organisations xénophobes d’extrême droite. Selon un décompte tenu par le Southern Poverty Law Center (SPLC), une association basée en Alabama qui lutte contre ce phénomène depuis le début des années1970, ces groupes sont passés aux Etats-Unis de 602 en l’an 2000 à 888 l’année dernière. « Ce sont les groupuscules liés au Ku Klux Klan qui ont connu la plus forte progression », note le directeur du SPLC, Mark Potock. Même si les évaluations restent difficiles, les quelque 150 groupements qui se revendiquent du Klan compteraient quelque 8000 membres à travers le pays.

    Le soir de l’élection, l’ancien représentant de l’Etat de la Louisiane (démocrate puis républicain), David Duke, « ex-sorcier impérial des chevaliers du Ku Klux Klan », s’emportait sur sa chaîne de radio : « Ce président n’est pas notre président ! » S’en prenant pêle-mêle aux Noirs, aux Mexicains et aux juifs (« responsables des guerres étrangères que mènent les Etats-Unis au Moyen-Orient »), Duke voyait pourtant une lueur d’espoir : la prise de conscience que les « Euro-Américains » luttent désormais « pour leur survie ». Le site stormfront.org, l’un des plus populaires du genre dans le pays, retransmettait en direct cette « réaction à chaud » du membre du Ku Klux Klan. En un jour, il aurait accueilli, disent ses responsables, plus de 2000 membres supplémentaires.

    Liens avec les néo-nazis

    Les spécialistes notent que les anciennes frontières autrefois imperméables sont en train de se gommer entre les représentants « suprémacistes » du KKK et les différents groupes néo-nazis qui existent aux Etats-Unis. Longtemps limité aux Etats du sud où il a vu le jour, le Ku Klux Klan serait aussi en train d’essaimer ailleurs, comme au Michigan, dans l’Iowa ou le New Jersey, notait récemment l’Anti-Defamation League, en s’inquiétant également du fait que ces groupes ne consolident pas seulement leur présence sur Internet mais aussi dans la rue où ils tiennent davantage de rassemblements et distribuent ouvertement leur propagande.

    Durant la campagne électorale, deux tentatives d’assassinat contre Barack Obama avaient été déjouées par la police fédérale. Fomentés par des néo-nazis, ces « complots » semblaient l’œuvre de parfaits amateurs. Mais en début d’année, le FBI avait publié un rapport mettant en garde contre la menace d’attentats que pouvait signifier la résurgence de ces groupes d’extrême droite. Selon le Southern Poverty Law Center, 60 tentatives d’attentats auraient été déjouées aux Etats-Unis depuis l’explosion d’un camion piégé à Oklahoma City, en 1995.

    Au-delà de ces menaces, l’une des inquiétudes des associations qui traquent les hate groups est la présence de groupements qui, se donnant une nouvelle respectabilité, réussissent désormais à faire passer leur message plus largement dans l’opinion publique. C’est le cas, par exemple, du Council of Conservatives Citizens. Basée à Saint-Louis, dans le Missouri, cette organisation est l’héritière d’un mouvement « suprémaciste » et ouvertement raciste. Aujourd’hui, à l’heure où le premier président noir va entrer à la Maison-Blanche, elle a adapté son discours, s’en prenant à « la société multiraciale dans laquelle tout est promis à tout le monde ». Elle appelle à protester dans les rues contre Barack Obama, qu’elle accuse, elle aussi, d’être aux ordres des Noirs, des Hispaniques et des juifs.

    • monde fou
      monde fou répond à marie 75
      internaute
      • Posté à 11h45 le 19/11/2008
      • Internaute 42716
        internaute

      Le risque est là :
      A force d’interdire toute discussion censée, d’interdire de mettre sur la table TOUS les défauts TOUTES les mauvaises actions
      des blancs comme des noirs , des occidentaux comme des des non occidentaux....

      ceux qui prônent la haine de soi pour les uns et attisent le ressentiment des autres vont nous coincer entre les communautaristes haineux et racistes attisés semble t’il par l’extrême gauche et les mouvements racistes d’extrême droite.

      Mettons tout sur la table avec honnêteté, rétablissons le débat contradictoire, foutons en l’air la police de la pensée pour contrer ces extrémistes qui poussent à la guerre de tous contre tous et préservons la république , la laïcité pour construire non pas un monde meilleur(c’est une pensée terroriste) mais un monde vivable c’est à dire basé sur une attitude responsable

  • ysengrimus
    • Posté à 23h04 le 18/11/2008
    • Internaute 12674

    Plus que jamais, le racisme se meurt... Mais il y a eu de forts contrecoups. Voyez ce qu’a subit la Gouverneure Générale canadienne Jean, que vous mentionnez, il y a peu...

    Lien

    Il faut s’aligner, et surtout faire acte de ferme solidarité avec nos compatriotes du monde...

    Paul Laurendeau

    • Sacha25
      Sacha25 répond à ysengrimus
      • Posté à 11h49 le 19/11/2008
      • Internaute 24877

      Et une bête blessée est capable de causer des dégats considérables en croyant « assurer sa survie »

  • Bardamu
    Bardamu
    difficile
    • Posté à 23h06 le 18/11/2008
    • Internaute 25491
      difficile

    « négritude » telle que l’entendait Césaire (non par opposition aux Blancs, mais comme culture portant aussi sa part d’universel, tout autant que la civilisation « occidentale »)

    Absurde. cela signifierait qu’il y aurait une culture... noire !

    Rappelons-le, malgré toutes les vaines circonlocutions et protestations d’universalisme qu’on déploie comme autant d’écrans de fumée pour essayer de le masquer, le concept de négritude est fondamentalement raciste.

    • Weatherboy
      Weatherboy répond à Bardamu
      v2=notes articles en moins...
      • Posté à 23h43 le 18/11/2008
      • Internaute 38063
        v2=notes articles en moins...

      Que Bardamu ne soit rien d’autre qu’un des visages du racisme dans sa forme la plus pure, en soit tout le monde s’en fiche.
      Qu’il n’ai jamais lu ni compris Césaire, c’est fort probable et tout le monde s’en fout tout autant.

      En revanche, qu’il ressasse comme un petit perroquet des bouts de phrase en guise d’analyse, auquel on a déja répondu par ailleurs, ca c’est juste la preuve d’un comportement proprement imbécile.

      ->
      Lien

      • Bardamu
        Bardamu répond à Weatherboy
        difficile
        • Posté à 00h07 le 19/11/2008
        • Internaute 25491
          difficile

        Tiens, c’est vrai, votre réponse était justement emblématique : parfait petit écran de fumée pseudo-universaliste pour cacher la marchandise raciste.

        Je l’avais oubliée, comme tant de justifications médiocres qui s’étalent sur Rue89, merci de la mettre à la disposition du lecteur comme parfaite illustration de mon propos.

        P.S. hélas, pour mon malheur, j’ai dû, par obligation professionnelle, me taper les vers de mirliton de Césaire... Funeste souvenir.

        Mais chut, c’est politiquement incorrect de le dire.

  • Jambalaya-
    Jambalaya-
    Le contenu de ce champ apparaît (...)
    • Posté à 00h17 le 19/11/2008
    • Internaute 25992
      Le contenu de ce champ apparaît (...)

    Du communautarisme avec un faux nez républicain pour ne pas trop choquer le lectorat.

    • mamane
      mamane répond à Jambalaya-
      le futur c'était mieux avant
      • Posté à 03h28 le 19/11/2008
      • Internaute 44657
        le futur c'était mieux avant

      c’est quoi le communautarisme ?

      Pouvez-vous m’expliquer cette notion s’il plait ?

      Tout le monde en parle mais personne ne l’a defini.

      • monde fou
        monde fou répond à mamane
        internaute
        • Posté à 11h38 le 19/11/2008
        • Internaute 42716
          internaute

        beaucoup d’exemples très concrets sur
        communautarisme.net

         
        • mamane
          mamane répond à monde fou
          le futur c'était mieux avant
          • Posté à 15h33 le 19/11/2008
          • Internaute 44657
            le futur c'était mieux avant

          je ne veux pas d’exemple mais une définition.

          On défini une chose ensuite on montre des exemples pour illustrer.

          Partir d’exemple pour définir une chose est malhonnete intellectuellement, car ça limite la définition aux exemples.

          On discutera des exemples et non de la définition ou du principe, en quelque sorte. En plus ca limitera la définition qu’aux exemple. Si on ne parle que d’arabes, de noir-e-s et/ou de musulman-e-s [par exemple], on viendra à penser que ça ne concerne ou n’est applicable qu’à ces groupes là.

          J’aimerai vraiment avoir une définition de ce terme, de ce concept. Tout le monde l’utilise, mais je n’ai pas trouvé de définition.

          • Jambalaya-
            Jambalaya- répond à mamane
            Le contenu de ce champ apparaît (...)
            • Posté à 13h01 le 20/11/2008
            • Internaute 25992
              Le contenu de ce champ apparaît (...)

            Tu cherches mal ou alors tu fais semblant de pas trouver.

            Bon aller rapidement, le communautarisme c’est considérer que chaque individu n’existe politiquement, socialement dans la vie de la cité que comme membre d’une communauté. Généralement ces communautés sont ethniques, religieuses, voire même parfois liées aux préférences sexuelles. Bref c’est parceller la communauté nationale, la République, théoriquement une et indivisible, en un patchwork de communautés parfois hostiles les unes ou autres, ou indifférentes.

            De l’autre côté du miroir, le pouvoir politique répondra par des mesures destinées spécifiquement à chaque communauté (discrimination positive, salles de prières dans les établissements publics, menus cashers, hallals ou végétariens dans les cantines, etc...)

            Bref une certaine vision du vivre-ensemble... chacun de son côté !

            • mamane
              mamane répond à Jambalaya-
              le futur c'était mieux avant
              • Posté à 16h10 le 20/11/2008
              • Internaute 44657
                le futur c'était mieux avant

              je veux entendre cette définition de la bouche de ceux qui utilisent ce terme pour comprendre ce qu’ils veulent signifier.

              Et je suis particulièrement heureux que ce soit vous qui ayez répondu, car une autre personne aurait pu avoir une autre définition que la votre.

              Cependant j’ai une ou deux objection à formuler.

              « le communautarisme c’est considérer que chaque individu n’existe politiquement, socialement dans la vie de la cité que comme membre d’une communauté. »

              Effectivement, chaque personne fait partie d’une communauté. l’homme est « un animal social » et il a besoin de ses prochains pour vivre.

              Cependant il est extremement rare de voir des personnes ne faire parti que d’une communauté. Une communauté pouvant être religieuse, ethnique, culturelle, sportive, politique, économique... en faites tout groupe d’individus qui ont un ou plusieurs points en commun et qui via ce(s) point(s) se retrouvent (au sens large), forme une communauté.

              de facto se définir politiquement comme faisant parti « que » d’une communauté est paradoxale, car il y a les autres.

              Et puis où est le mal ? les ouvriers se sont bien regroupé en communauté ouvrière et on formés divers forces politiques via se regroupement communautaire (PCF, LCR, LO, syndicats ouvrier, etc...)

              « Généralement ces communautés sont ethniques, religieuses, voire même parfois liées aux préférences sexuelles. »

              En faites vous donnez une liste de ce qui forme des communautés. l’ethnie, la religion, l’orientation sexuel. c’est intéressant de limité la définition à se genre de groupe.

              Car ces groupes dénoncent les stigmatisations qu’ils subissent. Bref c’est ceux qui se plaignent qui sont le danger.

              religion => vous nous parler des plats Halal ou Cacher. je suppose que vous faites référence aux musulmans et aux juifs. Personnellement, je me demande ce qu’il y a de si terrible à ce que des juif puissent manger cacher, et des musulman halal. ça ne signifie pas qu’ils ne mangeront pas avec d’autre, mais simplement pas la même chose. On oubliera pas que les musulmans luttes contre l’islamophobie.

              orientation sexuelle => vous parlez des homosexuels qui se regroupent et s’organisent pour lutter contre l’homophobie.

              ethnique => c’est les noirs et les arabes qui luttent contre le racisme dont ils sont victimes

              « Bref c’est parceller la communauté nationale, la République, théoriquement une et indivisible, en un patchwork de communautés parfois hostiles les unes ou autres, ou indifférentes. »

              Pour votre information, des groupes hostiles, indifférents ou en accords les uns avec les autres, ça a toujours existé.

              Par exemple, il me semble que les AMG sont assez hostiles au MEDEF.

              Par contre, on peut se demander se que serait un pays ou les communautés seraient effacées. tout le monde penserai au pire la même chose, ou dans le meilleurs des cas de la même facon. tout le monde serait identique dans la tête, et penserait la même chose.

              Je pense que beaucoup de dictature serait satisfaites d’une tel idée de ce que doit être un pays.

              D’ailleurs vous dites « a République, théoriquement une et indivisible ». Si c’est « la » république, elle est déjà une. Et dire que pour qu’elle soit indivisible, les communautés doivent se taire ou être réduit au silence... ça me glace le dos.

              On vit dans un pays libre. Et c’est jouir de cette liberté que j’ai le droit de faire parti de communautés, qu’elle soit religieuse, politique, ethnique, philosophique, associative, etc...

        3 autres commentaires
  • pablico
    pablico
    À la porte d'un sourd, 
un jour (...)
    • Posté à 00h33 le 19/11/2008
    • Internaute 14278
      À la porte d'un sourd, 
un jour (...)

    la créolisation ; Voila un bel argument, un terme juste et qui parle.

  • Alain Pacifique
    Alain Pacifique
    enfin!! ça marche !
    • Posté à 02h03 le 19/11/2008
    • Internaute 24637
      enfin!! ça marche !

    « Oui, les médias sont largement responsables du regard dépréciatif que l’ensemble des Français porte sur leurs concitoyens de couleur “
    carrément, vous n’y allez pas de main morte ! !
    le regard dépréciatif que l’ ENSEMBLE des francais....
    c’est pas un peu éxagéré, ca ?
    en plus, pour ne pas avoir peur des mots il eut été de bon ton de préciser ‘ l’ensemble des francais BLANCS ( ou au moins NON NOIRS )’.
    et puis la ‘ créolisation’ ca sonne un peu communautaire, le ‘ métissage’ m’apparait plus adapté.

    tout n’est pas noir ou blanc !

  • Quixano David
    Quixano David
    xénophile errant
    • Posté à 03h00 le 19/11/2008
    • Internaute 33280
      xénophile errant

    En 1887, il y avait un ministre mulâtre en France : Lien.

  • Infovite
    Infovite
    info-espress.over-blog.com
    • Posté à 06h03 le 19/11/2008
    • Internaute 8783
      info-espress.over-blog.com

    Quelle que soit la couleur... une volonté commune de changer cette société existe déjà depuis longtemps.
    Le terrain social est notre socle commun et les luttes proposent des couleurs porteuses d’Espoir pour toutes et tous sans distinction.
    Les politiques sont toujours en retard !
    Lien

  • Stephane MOT
    Stephane MOT
    Author & Chief AtoZ Officer
    • Posté à 07h37 le 19/11/2008
    • Internaute 17943
      Author & Chief AtoZ Officer

    1) N’oublions pas que si la victoire du 4 Novembre a un caractere historique, ce n’est pas PRIORITAIREMENT en raison de la couleur de la peau d’Obama : Lien

    2) Ce double triomphe expose encore plus cruellement les inacceptables anachronismes de la France :

    - non seulement notre Republique ne justifie pas sa promesse d’egalite (
    Lien obama.html )

    - mais en plus, au moment meme ou l’Amerique se remet dans le droit chemin en tournant le dos aux annees Bush-Cheney, notre democratie menace de renier ses principes fondateurs en s’engageant sur la meme voie suicidaire (Lien )

  • Akaz
    Akaz
    Malfini
    • Posté à 08h46 le 19/11/2008
    • Internaute 30066
      Malfini

    « la créolisation ça sonne un peu communautaire »

    Je me rappelle, qu’à la fin des années quatre-vingt, trois fous martiniquais(un prof d’université gréco-latiniste obsédé par une « sous-langue », un hindouiste indépendantiste coupeur de tête de statues, et un écrivain en devenir) avait parlé d’un truc « la créolité ». Ou comment, aux Amériques, tout n’est déja plus pareil. Le titre ? « Eloge de la créolité ». Un essai formidable. On les a très vite qualifier de bouffons pour salons parisiens (Annie Leroux), un Goncourt et puis s’en va. Pourtant, Obama, dans son discours, dans son « storytelling », ne fait que faire une autre version de leurs récits et essais. Les thématiques, l’espèce de tension et les déchirements internes à l’individu métissé, sans véritable place dans l’ordre du monde tel qu’il est établi(Noir/ Afrique, Blanc/Occident) ou tel qu’on a essayé de le renverser sans vraiment trouver la ligne de fuite(le concept de négritude par exemple), la ressemblance est frappante. Elle est même choquante.
    Ces trois fous, leurs acolytes, et même au fond leur père spirituel n’ont quasiment pas eu de visibilité ici, ils sont exotiques, pas vraiment sérieux ni profonds, limite dangereux. Forcément, ils ont ouvert une porte qui ouvre sur une infinité de possibilités, de situations aussi bien collectives qu’individuelles.
    Il faut lire Eloge de la créolité. Ca peut toujours servir pour un monde en mutation.

    • dulconte
      dulconte répond à Akaz
      Mordu par un fachogarou
      • Posté à 11h04 le 19/11/2008
      • Internaute 250
        Mordu par un fachogarou

      criollo (créole en espagnol) signifie ici simplement métis.
      Pratiquement tous les argentins, même tout à fait blanc se considérent criollo.

      Merci pour se conseille de lecture.

  • patrick du 14-
    patrick du 14-
    de plus en plus naze
    • Posté à 08h52 le 19/11/2008
    • Internaute 40667
      de plus en plus naze

    je comprends pas trops on m’a pas élevé dans des critères comme ça bien sur qu’il y’a du racisme en françe j’en croise tous les jours mais si un gars ou une femme est bon dans son domaine il passe tout ça même si polytechnik lui a pas ouvert ses portes

  • Gotch
    • Posté à 11h14 le 19/11/2008
    • Internaute 15306

    Voici le mail que j’ai transmis à Madame Véronique Maurus, médiateur du journal « Le Monde »

    Chère Madame,

    Nos lointains ancêtres communs, à vous et moi, étaient noirs, et vivaient dans une partie chaude et très ensoleillée d’un continent qui s’appelle aujourd’hui l’Afrique. Quand, prenant de l’assurance, leurs descendants ont mis le pied en Europe et dans les pays plus tempérés, le taux de mélanine a baissé dans leur peau, ce qui leur a donné
    un aspect moins foncé. S’enfonçant dans les régions
    hyperboréennes, une nouvelle génération est devenue encore plus blanche de peau, les cheveux s’adaptant eux aussi à un environnement différent. Il s’agit toujours des mêmes humains, parfaitement compatibles entre eux, juste un petit détail apparent lié au climat les diversifie d’une façon progressive (j’insiste sur le terme : progressif ) de l’équateur aux pôles.

    Armé de ces données, parler de Noirs, de Blancs ou de Bleus n’a aucun sens, puisqu’il s’agit d’adaptation locale à des climats différents de personnes identiques, égales en droits de toutes natures. C’est ce que proclame la Déclaration des Droits de l’Homme. C’est ce que nombres d’ONG enseignent et appliquent dans le monde entier.

    C’est pourquoi vos arguties qualifiées de typographiques me paraissent non justifiées, et frappées d’a priori que je qualifierai de peu recommandables. Je vous cite, dans un courrier adressé à Monsieur Claude Ribbe :

    « Le Monde n’a pas, je pense, m’écrit Véronique Maurus le 17 novembre 2008, toutes les arrières pensées que vous lui prêtez. Sur la majuscule du mot un “Noir”, il se contente d’appliquer la règle typographique en usage pour tous les mots désignant une race, une ethnie ou un habitant (d’un pays, d’une région, et.). On écrit un Noir, un Blanc, un Français, et c... C’est seulement la règle typographique et il n’y a là aucun sens caché. »

    Un Français est un habitant de la France, nous sommes d’accord. Un habitant de la Guadeloupe mérite cette orthographe, entre autres. Pour le reste, il s’agit d’une extrapolation dont je suis persuadé, à la lueur (timide) de mon intervention que vous saurez rectifier la hardiesse à l’avenir.
    Avec mes respectueuses salutations,
    Gotch

    • Bardamu
      Bardamu répond à Gotch
      difficile
      • Posté à 11h26 le 19/11/2008
      • Internaute 25491
        difficile

      « Nos lointains ancêtres communs, à vous et moi, étaient noirs, et vivaient dans une partie chaude et très ensoleillée d’un continent qui s’appelle aujourd’hui l’Afrique »

      Discours absurde. De même que personne ne sait vraiment quelle couleur avaient les dinosaures, personne ne sait quelle couleur de peau avaient nos lointains ancêtres.

      Si je comprends bien votre propos, il est donc interdit de dire d’un Noir qu’il est noir, parce que c’est raciste.

      Ah.

      • Jambalaya-
        Jambalaya- répond à Bardamu
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        • Posté à 12h45 le 19/11/2008
        • Internaute 25992
          Le contenu de ce champ apparaît (...)

        « Si je comprends bien votre propos, il est donc interdit de dire d’un Noir qu’il est noir, parce que c’est raciste. »

        Sauf s’il est président des USA.

      • Gotch
        Gotch répond à Bardamu
        • Posté à 17h33 le 20/11/2008
        • Internaute 15306

        Vous avez compris exactement à l’inverse de mes propos. Si vous voyez un homme, vous pourrez le décrire comme ayant un grand nez, un chapeau élégant, un pantalon bien repassé, une peau assez foncée, et un PC portable à la main. Déjà, dire de quelqu’un qu’il est noir est aussi inexact que de parler d’une femme blanche, car la peau de celle-ci n’a certainement pas la blancheur immaculée des sous-vêtements qu’elle porte. Alors, le qualifier de Noir est d’une part très réductionniste, car on ne réduit pas une personne à une seule de ses caractéristiques, d’autre part c’est le faire entrer de force dans une catégorie où il risque de n’être pas à sa place.

        Alors, dites de quelqu’un qu’il a la peau foncée, si vous voulez, mais ne vous cantonnez pas à cela. Mais ne dites pas de lui qu’il est Noir (avec la majuscule).

  • Sacha25
    • Posté à 12h00 le 19/11/2008
    • Internaute 24877

    Le modèle américain a sens dans le système américain et la culture américaine
    Nous n’avons (pas encore ?) ni le système américain, ni la culture américaine, car nous ommes ce que nous sommes.

    S’en inspirer, pourquoi pas, l’importer ou le copier, certainement pas

    Le système français pourra-t-il réaliser ce qu’ont realisé les américains ? Deux siècles d’histoire permettent de douter fortement que nos institutions (école, administrations, appareils politiques ...) en soient capables

    • Jambalaya-
      Jambalaya- répond à Sacha25
      Le contenu de ce champ apparaît (...)
      • Posté à 12h32 le 19/11/2008
      • Internaute 25992
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      Le choix est assez tranché entre d’un côté le modèle anglo-saxon communautariste, dans lequel l’individu n’existe que comme membre d’une communauté, le plus souvent religieuse ou ethnique, et de l’autre notre bon vieux modèle républicain qui considère, en adaptant les mots de Mirabeau sur l’émancipation des Juifs, qu’il faut tout accorder aux noirs/musulmans/Juifs/asiatiques/français de souche comme individus mais tout leur refuser comme communauté.

  • monde fou
    monde fou
    internaute
    • Posté à 12h25 le 19/11/2008
    • Internaute 42716
      internaute

    Lien

    Je vous invite à lire les résultats d’un aveuglement face aux menaces que peut faire peser une vision angélique de l’immigration quand on empêche l’intégration aux valeurs de la république et de la laïcité dont la conquête a coûté si cher aux anciens.

    Les associations comme les indigènes de la république, le cran… attisent la haine des blancs, de la France qui accueille… .Elles ne veulent surtout pas que les immigrés s’intègrent comme l’ont toujours fait les immigrés car c’est le fond de commerce de leurs projets de pouvoir. Elles jouent les uns contre les autres. On n’a jamais autant parlé de race ..

    Ces associations n’ont jamais dénoncé les pressions et les menaces de morts sur les immigrés qui clament leur amour de la république et de la laïcité.

    Ceux qui naïvement les soutiennent et les élus prêts à abandonner leurs concitoyens à des bandes mafieuses sont des collaborateurs et non des résistants comme ils veulent le croire. ils ne sont pas du côté de la liberté et ils n’agissent pas pour un monde pacifié mais pour la loi du plus fort. Ils vont attiser les haines raciales qui n’existaient pas en France.

  • said sellali
    said sellali
    cadre à nantes
    • Posté à 12h29 le 19/11/2008
    • Internaute 25979
      cadre à nantes

    La situation aux Etats-Unis n’est pas post-racial. C’est se méprendre gravement que d’affirmer cela. Ainsi, les quartiers et territoires sont complètement communautarisés chez les américains et le taux de mariage mixte est dramatiquement bas . Dans notre pays, c’est différent : le taux de mariage mixte est le plus élevé de tous les pays développés et le vivre ensemble est beaucoup plus présents.
    Toutefois, les américains nous surclassent sur le sujet de la représentation des minorités en politiques et la lutte contre les discriminations. Ainsi, leur système politique est plus ouvert-on pratique moins le cumul et on peut faire son trou très rapidement- et ils luttent contre les discriminations de façon plus pragmatique avec de vrais résultats tels que la création d’une classe moyenne noire. Cependant, eux ne font pas tout un tintamarre sur oui où non faut-il des statistiques ethniques. Cela fait longtemps qu’ils ont dit oui avec raison car comment lutter contre les discriminations quand on n’a pas de photographie de la société. En outre, le Canada, la G-B, la Nouvelle-Zélande pratiquent ces statistiques et que je sache, ce ne sont pas d’affreuses dictatures fascistes.
    D’ailleurs, pour moi, c’est bien simple, si nous ne devenons pas plus pragmatique et n’instituons pas un mécanisme qui permettent de photographier la société française devenue multiethnique (arabes, noirs, asiatiques) et multiconfessionnelle, nous perdons notre temps à blablater sur du vent.
    Enfin, donc , pour moi, il faudrait que nous prenions exemple sur les américains quant à la représentation des minorités qu’ils ont et leur façon de lutter contre les discriminations de façon beaucoup plus fortes sans modifier le vivre ensemble beaucoup moins communautarisés chez nous.

    • Bardamu
      Bardamu répond à said sellali
      difficile
      • Posté à 13h38 le 19/11/2008
      • Internaute 25491
        difficile

      Je voudrais bien savoir comment on peut avoir un taux de « mariages mixtes » en France, puisque justement les statistiques ethniques sont interdites...

      Si vous parlez du taux de mariage des Français avec des ressortissants étrangers, tout le monde sait que ces statistiques ne veulent rien dire.

      Par exemple : M. Mohammed, Français d’origine algérienne, va épouser au bled Mlle Fatima, Algérienne.

      Eh bien ce sera comptabilisé comme « mariage mixte », alors que c’est au contraire un exemple parfait de communautarisme.

  • Gévaudan
    Gévaudan
    médecin à Luneville
    • Posté à 12h34 le 19/11/2008
    • Internaute 39682
      médecin à Luneville

    « Et après la Deuxième Guerre Mondiale d’importantes minorités nationales se sont installées dans les pays riches d’Europe et le racisme est devenu un problème de société parce que la société devait les absorber. Il existait deux modèles politiques d’absorption des minorités nationales l’intégration et l’assimilation et l’intégration était pratiquée par les pays qui croyaient que divers modèles culturels pouvaient coexister dans la société civile et qu’il était préférable de ne pas les mélanger et de conserver à chacun ses spécificités alors que l’assimilation était pratiquée par les pays qui croyaient à l’universalisme et jugeaient qu’il existait un intérêt supérieur de la société auquel les spécificités ethniques et culturelles étaient subordonnées. On a cru assez longtemps que le modèle assimilateur était meilleur que le modèle intégrationniste parce que dans les pays qui le préféraient il n’y avait pas de révoltes raciales comme en Angleterre ou en Amérique etc. mais à la fin du siècle l’universalisme est passé de mode quand on a commencé à parler de globalisation et de mondialisation et tout le monde voulait avoir son identité et être fier de sa race mais pas en tant que race mais en tant que civilisation. Et tout le monde voulait respecter ses origines et redécouvrir ses racines etc. » Patrik Ourednik, Europeana, brève histoire du XXe siècle, chez Alllia, 6€10.

  • Jambalaya-
    Jambalaya-
    Le contenu de ce champ apparaît (...)
    • Posté à 13h42 le 19/11/2008
    • Internaute 25992
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    « On a cru assez longtemps que le modèle assimilateur était meilleur que le modèle intégrationniste parce que dans les pays qui le préféraient il n’y avait pas de révoltes raciales comme en Angleterre ou en Amérique etc. »

    Oui et puis un beau jour de Juillet 2005, des bombes ont explosé dans les bus et métro londoniens posés par des islamistes nés en Angleterre.

  • Keldan
    Keldan
    Now future & karpe diem
    • Posté à 18h33 le 19/11/2008
    • Internaute 5164
      Now future & karpe diem

    On vient tous du même pétrin
    Qu’on soit froment ou sarrasin
    Herbe folle ou maïs blé noir
    Du champ voisin ou de nulle part

    © La Tordue, Le Pétrin