Votre porte-monnaie au rayon X 16/11/2008 à 19h21

Xavier, restaurateur, déclare 800 000 euros par an

Sophie Verney-Caillat | Journaliste Rue89

Eco89 a décidé de se pencher sur la question du pouvoir d’achat en inaugurant une nouvelle rubrique : « Votre porte-monnaie au rayon X », qui propose une radiographie des revenus d’une profession, à travers un exemple concret. Après Philippe, 54 ans, berger dans le Limousin pour 200 euros par mois, Xavier, restaurateur à Paris.


Xavier Denamur est un entrepreneur qui a eu du nez. Il règne sur cinq affaires d’une prospérité insolente alors que le secteur de l’hôtellerie-restauration se plaint de subir la crise (lire ci-dessous).

En 1989, âgé de seulement 26 ans, ce garçon plein d’ambitions a investi la rue Vieille-du-Temple, au coeur du Marais, à Paris. Dans ce qui était alors un quartier populaire, il repère un « vieux rade », le nettoie, conserve sa façade « Café bar du Bresil », et adopte les méthodes des grandes brasseries où il avait fait ses classes tout jeune : ouverture de 8h00 à 2h00 du matin, 7 jours sur 7, et service à table de 12h00 à 1h00 du matin.

Son audace lui vaut quelques articles dans la presse internationale, la clientèle anglophone fait connaître son adresse et rapidement, Au Petit Fer à cheval et sa salle de 25 m2 ne désemplissent plus.

Faillites en hausse
L’Union des métiers et des industries de l’hôtellerie (UMIH) a annoncé fin septembre que les fermetures d’hôtel, cafés, restaurants avaient augmenté de 37,5% au premier semestre 2008 en comparaison avec celui de l’année précédente.
En cause, la baisse du pouvoir d’achat, mais aussi l’interdiction de fumer dans les lieux publics qui aurait fait baisser de 20% la fréquentation des bars-tabacs.
Hervé Novelli, secrétaire d’Etat au Tourisme, avait contesté le chiffre des faillites. Selon l’Insee, les faillites dans le secteur auraient augmenté de 11% entre avril 2007 et mai 2008.
L’hôtellerie-restauration emploie 850 000 personnes, quatrième secteur d’emploi français selon l’UMIH. Son chiffre d’affaire global serait de 60 milliards d’euros par an.

Ce boulimique de travail saisit alors toutes les opportunités qui s’offrent à lui : il rachète un premier fonds de commerce. A raison d’une affaire rachetée tous les deux ans, à une époque où l’immobilier était bas, il possède désormais cinq cafés-restos dans un rayon de 50 mètres.

Son chiffre d’affaires a été multiplié par 70 en vingt ans, son bénéfice d’autant. Il dégage près de 800 000 euros de bénéfices, qui sont ses revenus personnels puisqu’il a le statut d’entrepreneur d’individuel.

Xavier Denamur, riverain de Rue89, a accepté de nous livrer l’ensemble de ses documents comptables, les chiffres donnés ici sont issus de son compte de résultat arrêté à fin 2007.


Dépenses : 3 806 496 euros

Les dépenses principales sont les salaires et charges (1 715 415 euros) suivis des achats (1 116 793 euros).

Rue89 a soumis ces comptes à l’oeil de son propre cabinet d’experts-comptables, MDSK Conseil. Michaël Kharoubi remarque que « ce qui frappe c’est la faiblesse du loyer : 183 972 euros, c’est peu. Si on devait investir dans la restauration dans le Marais aujourd’hui, ce serait la principale charge ». A quoi Xavier Denamur répond qu’à « 500 euros du mètre carré à l’année, c’est le prix du marché ».

Dans l’élaboration de son budget, Xavier Denamur se donne une priorité : bien payer ses 38 salariés. « Une masse salariale qui représente 46% des dépenses c’est énorme, d’autant qu’elle a monté de 5% en un an », fait-il valoir.

Dans sa société, les salaires vont de 1615 euros brut mensuels pour un plongeur (à 39 heures) à 5 898 euros bruts pour le chef de cuisine (pour 43 heures) en place depuis 2007. Selon une enquête du journal professionnel L’hôtellerie-restauration, le salaire moyen d’un chef de cuisine serait de 2 688 euros pour 40 h par semaine ; et de 1 508 euros bruts mensuels pour 37 h par semaine pour un plongeur.

« Chez moi, parce qu’ils sont entièrement déclarés, que leur salaire progresse régulièrement, les employés sont fidèles et peuvent construire leur vie », justifie Xavier. Les 22 271 euros versés par an au titre de la formation professionnelle profitent également aux salariés. Ils ont le choix entre plusieurs formations, Anglais, Français, oenologie, hygiène ...


Le Bar des philosophes (Audrey Cerdan/Rue89)

« Le coeur du métier, c’est de donner du plaisir aux gens, c’est le client le vrai patron de la boite, si on veut qu’il revienne, il faut pas se moquer de lui », remarque-t-il. D’où l’importance d’investir sur sa main d’oeuvre. Mais aussi dans les bons produits. Cet autre poste important est étudié de près. « Je négocie bien avec mes fournisseurs, reconnaît-il. Mon marchand de vin, je lui achète tellement de bouteilles (600 à 2 000 selon les fois) que j’obtiens le meilleur prix. »

Jusque dans les détails, il vérifie les matières premières, privilégie les achats de proximité et le frais :

« Un jour un employé de cuisine me dit : “J’ai acheté du boeuf argentin, moins cher que du boeuf français.” J’ai hurlé : “Quel est le coût pour la planète de cette viande ?” Le pain, lui, représente 60 000 euros de dépenses par an, mais la différence entre une baguette de merde et une baguette de qualité est énorme. Idem pour le café. Certes, je le vends 2,50 euros, mais c’est un 100% arabica, et j’offre un chocolat à 70% de cacao et le verre d’eau servi d’office. Ma clientèle cherche la qualité avant tout. »


Recettes : 4 506 821 euros

Avec une marge de 4 (un coefficient multiplicateur de quatre entre le prix d’achat et le prix de vente) en moyenne, Xavier Denamur a des pratiques courantes dans le métier. « Le problème, ce n’est pas la marge, mais de faire venir du monde », explique-t-il d’emblée.

Ainsi, pour le vin, il pourrait acheter un vin au cubi à 2 euros le litre et le revendre 4 à 5 euros le verre : « Le principe, normalement, c’est un verre paie la bouteille. » Exemple : un Côtes du Rhône acheté 3,93 euros hors taxe la bouteille est revendu au verre 4,50 TTC. Vendu à emporter à la Belle Hortense, son enseigne librairie-caviste-bar, il sera facturé 7 euros la bouteille.

Quelque 120 formules du jour sont écoulées en moyenne sur 450 repas servis aux Philosophes et à La chaise au plafond (deux adresses contiguës qui profitent de la même cuisine) :

« Notre formule à 17 euros est un produit d’appel, où l’on a un coefficient de 2, alors que nos concurrents multiplient plutôt par 3 ou 4. On se rattrape sur les boissons, où la marge est de 8 en moyenne, 10 pour le café, 4 pour les sodas. »

Le lobby des restaurateurs demande depuis des années à l’Etat de baisser la TVA à 5,5% pour améliorer leurs marges, assurant que cela leur permettrait d’embaucher du monde. Pour Xavier Denamur, ce n’est pas le problème, comme il l’a expliqué dans une lettre ouverte en ligne sur son site ou téléchargeable sur le site de l’Institut d’Economie Indutrielle.


Bénéfices : 779 316 euros

Au final, au titre de l’impôt sur le revenu, il a déclaré, en 2007, 810 441 euros, en hausse de 35% en un an. Pour 2008, il prévoit encore 10% d’augmentation.

En « patron de gauche », il est très content de payer des impôts, ça lui donne l’impression de « rendre à la société ce qu’elle (lui) a permis d’obtenir ». Ça tombe bien car en 2008, il a payé 312 114 euros d’impôts sur le revenu, puisqu’il est imposé à la tranche maximum (38,51%). A cela, il faut ajouter l’impôt de solidarité sur la fortune, pour la somme de 2807 euros.


Au Bar des philosophes, à Paris (Audrey Cerdan/Rue89)

L’an dernier, il a embauché un DRH, une comptable à temps plein et mis en gérance deux de ses affaires. Christophe Oger, un professionnel qu’il connaît de longue date et sur qui il garde un oeil (en voisin) lui verse environ 10 000 euros de loyer par mois et par affaire pour le Petit Fer à Cheval et L’Etoile manquante.

A 45 ans, il essaie de dégager du temps pour des activités « plaisir » : virées en Bourgogne chez les fournisseurs, animation de son site Internet, de son réseau d’artistes et de voisins...

Et sur le temps qui lui reste, il surveille. Tout. Le personnel, l’hygiène, la satisfaction des clients, le goût des plats. « Si un patron ne tient pas son affaire, dans une petite entreprise comme ça, ça peut vite partir en vrille. »

Il a près d’un million d’euros sur les comptes courant de ses entreprises, ce qui lui donne une certaine tranquillité d’esprit. Mais il assure n’avoir « pas de besoins et que peu de dépenses ». Son appartement de 180 m2 acheté en 1992 à deux pas de ses restos est déjà remboursé, comme la quasi totalité de ses autres emprunts. Et il n’a pas d’enfants.

« Je mange ici, je bosse tout le temps », raconte-t-il pour justifier ses minces dépenses personnelles, autour de 1 500 euros par mois. Lorsqu’il part en vacances, généralement au bout du monde, le patron s’avoue capable de « dépenser jusqu’à 10 000 euros en une semaine » ou de claquer la même somme dans une oeuvre d’art.

Photos : Au Bar des philosophes, à Paris (Audrey Cerdan/Rue89)

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  • 71 réactions
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  • Sacha25
    • Posté à 08h34 le 17/11/2008
    • Internaute 24877

    Pour la TVA des fast food, je ne comprends pas qu’elle soit à 5.5% et je ne comprends pas pourquoi c’est au contribuable d’en être de sa poche. Tout le monde au taux normal

  • Les Chats
    Les Chats
    En grève du zèle contre le (...)
    • Posté à 20h31 le 16/11/2008
    • Internaute 24526
      En grève du zèle contre le (...)

    J’ai visité le site, très sympa et je confirme le personnel à l’air heureux.
    Xavier Denamur n’aime pas que la cuisine et le vin il aime aussi l’architecture.
    Allez sur son site il y a aussi des recettes qui démontre une certaine générosité et une liste des vins .......... mazette ! ! !

    Alors Sophie ? C’était bon je suppose. Veinarde, des enquêtes comme ça j’en veux bien.

  • papy55
    papy55
    prof. en province
    • Posté à 20h32 le 16/11/2008
    • Internaute 24237
      prof. en province

    Et si tout part en vrille, que fait-il ?

    Il accepte de travailler toujours autant (aucun doute, son quotidien est « dingue » !) et gagner des clopinettes pour que ses employés puissent s’en sortir ?

    Il peut encore se permettre de prendre quelques rares vacances et dépenser 10 000 € en une semaine....... !

    Aucun doute, c’est un winner !

    Tout ça fait rêver, mais ce rêve n’améliore pas le sort de 99% de la population !

    • Les Chats
      Les Chats répond à papy55
      En grève du zèle contre le (...)
      • Posté à 21h17 le 16/11/2008
      • Internaute 24526
        En grève du zèle contre le (...)

      Il ne va quand même pas porter le poids de la France sur ses épaules papy.
      Il fait bien ce qu’il a à faire.
      Il faudrait qu’il puisse contaminer les autres patrons, en tous cas dans les relations avec le personnel.

    • Xa_chan
      Xa_chan répond à papy55
      (nippon ni mauvais)
      • Posté à 00h23 le 17/11/2008
      • Internaute 23695
        (nippon ni mauvais)

      Rah ça m’énerve ça, dès que quelqu’un gagne de l’argent, c’est un pourri de profiteur... C’est très français comme attitude : tout le monde veut avoir du pognon, mais dès que le voisin en a plus que soi-même, c’est un salaud.

      Eh bien je suis désolé, mais moi, ce patron, j’aurais plutôt tendance à l’admirer. Comme j’admirerai toujours toute personne qui aura réussi à bâtir sa « fortune » à la sueur de son front et sans (trop) exploiter les autres. Oui, ça c’est un winner, un vrai.

      Et s’il paie bien ses employés, s’il déclare tout aux impôts et les paie sans rechigner, je ne vois pas pourquoi on lui imputerait la mauvaise situation de la population française.

  • vero87
    • Posté à 20h37 le 16/11/2008
    • Internaute 40938

    a ce rythme là , je ne sais pas s’il tiendra jusqu’à 70 ans ! ! !
    mais bon ........... il a les gains qu’il mérite .... tout le monde n’est pas fait pour ce genre de course !

    • tiviski
      tiviski répond à vero87
      tiens, on peut « situer » (...)
      • Posté à 22h55 le 17/11/2008
      • Internaute 59038
        tiens, on peut « situer » (...)

      Pourquoi a-t-il « les gains qu’il mérite » ? Une caissière chez C*******R a-t-elle le salaire qu’elle mérite quand elle gagne à peu près un smic en fin de carrière ? Elle aussi elle doit se lever tôt depuis de nombreuses années, et avoir mal au dos.
      Je ne vois pas comment on peut être un homme si « bien » comme beaucoup l’affirment sans même le connaître (et sans connaître la journaliste), et ne pas être gêné de gagner autant quand tant d’autres vivent dans la misère. Cela doit être la bling bling attitude. Et après on peut se dire de gauche ?

  • Numerosix
    Numerosix
    Prisonnier dans le village (...)
    • Posté à 20h50 le 16/11/2008
    • Internaute 14499
      Prisonnier dans le village (...)

    C’est vrai que les restos ou je vais régulièrement (des petits pas cher , hein , mais ce serait des grands , ce serait pareil) il faut que
    1) la bouffe soit bonne
    2) le patron et donc le personnel soit sympa et pas obséquieux , et qu’ il n’ y ait pas de « turn over » . Y a pas de trop de chômage dans la profession, je crois , donc le personnel qui reste , en principe , se sent suffisamment bien traité . C’est plus agréable pour tout le monde , y compris pour le client . .
    Et si c’est en plus rentable, c’est parfait ..

  • Aviateur34
    Aviateur34
    Pilote viticole.....
    • Posté à 21h09 le 16/11/2008
    • Internaute 57252
      Pilote viticole.....

    Je vais aller voir , cela m’a mis l’eau à la bouche, en plus un taulier de gauche.....

  • Numerosix
    Numerosix
    Prisonnier dans le village (...)
    • Posté à 21h20 le 16/11/2008
    • Internaute 14499
      Prisonnier dans le village (...)

    Je ne sais plus quel patron américain un peu moins pourri que les autres , disait qu’ il décidait ou non de faire affaire avec les gens en fonction de la manière dont ils traitaient les serveurs au restaurant .
    S’ ils étaient hautains et grossiers avec le personnel , il concluait pas les contrats , on pouvait pas leurs faire confiance .
    Ce n’est pas idiot .

  • Xavier Denamur
    Xavier Denamur
    Restaurateur
    • Posté à 21h24 le 16/11/2008
    • Internaute 48550
      Restaurateur

    Bonjour, je viens de prendre connaissance de la mise en ligne de cet article. Je remercie toute l’équipe de rue 89 ainsi que ses internautes pour leurs réactions à venir.
    J’ai accepté de me livrer à rue 89 afin que le plus grand nombre ait accès à un texte que j’ai écrit contre la baisse de la TVA dans la restauration et qui est Lien . Lisez, réagissez et diffusez. Cela vous concerne.

    • AC-89-
      AC-89- répond à Xavier Denamur
      • Posté à 10h01 le 17/11/2008
      • Internaute 39476

      Pourriez-vous mettre ce texte en ligne sur un site internet au lieu d’un machin infesté de flash inutilisable ?

  • Hétérodoxe
    • Posté à 22h18 le 16/11/2008
    • Internaute 28758

    Mince alors ! !

    On peut devenir riche sans courir après l’argent, en étant content de payer son dû à la collectivité et sans se foutre - totalement - de la gueule de ses employés ... et tout ça en s’affirmant de gauche ! !

    C’est un truc à rendre malade un paquet de monde, ça ! !

    PS : La lettre ouverte, c’est une perle ! ! Venant d’un restaurateur, c’est une vraie bombe ... attention au Marin !

    • Xavier Denamur
      Xavier Denamur répond à Hétérodoxe
      Restaurateur
      • Posté à 22h43 le 16/11/2008
      • Internaute 48550
        Restaurateur

      J’ai pas compris « attention au Marin »
      Pas évident, j’ai envoyé fin septembre mon texte en lettre recommandée AR à tous les principaux médias, aux présidents des commissions de finances, aux principaux membres du gouvernement et aux présidents des différents groupes politiques à l’assemblée nationale et aux sénat. Seuls rue 89 , Jean Arthuis et Jacques Cremer ont réagi...
      Français posez-vous des questions...

      • padiran
        padiran répond à Xavier Denamur
        Chroniqueur Grolandais
        • Posté à 23h20 le 16/11/2008
        • Internaute 5159
          Chroniqueur Grolandais

        Salut d’un riverain, bon vivant voir épicurien qui ne peut que se réjouir de lire qu’il existe des patrons de ton espéce. Dans cas, je suis pour la reproduction.

      • Les Chats
        Les Chats répond à Xavier Denamur
        En grève du zèle contre le (...)
        • Posté à 23h52 le 16/11/2008
        • Internaute 24526
          En grève du zèle contre le (...)

        Je ne suis pas étonnée du tout. Les groupes politiques ça veut dire aussi la gauche ou les gauches et qui n’ont pas répondu.

        Mais c’est tous les jours qu’on se demande ce que fait la gauche, des marmottes qui ne se réveilleront que pour les élections comme en ce moment.
        Rue89 les a déjà invité ici et ils ne sont jamais venus, je ne sais pas s’ils ont même répondu.
        Il n’est pas normal qu’aucune personne du pouvoir en place n’ait répondu, ne serait-ce que pour confirmer que votre courrier serait traité ............ dans les plus brefs délais (chanson habituelle)
        C’est dire en France le peu de considération pour les citoyens.

        Pourquoi ne pas réitérer votre appel sur le site du gouvernement ?

        Lien

        Lien

        Justement ils font de la pub pour Internet :

        Lien

        Il y a aussi des sites ou des blogs engagés qui pourraient diffuser votre courrier, à commencer par ceux des riverains.de Rue89.

        Merci à Rue89 de vous donner la parole et de nous faire savoir qu’il existe des gens comme vous, je crois que ce n’est pas pour rien qu’il y a le symbole du ying yang sur votre site.

         
        • Xavier Denamur
          Xavier Denamur répond à Les Chats
          Restaurateur
          • Posté à 13h06 le 17/11/2008
          • Internaute 48550
            Restaurateur

          J’avoue, des non-réponses des ministères ou d’élus X ou Y me sont bien parvenues avec souvent la même rengaine « ... » il a été pris connaissance avec attention de vos préoccupations avant de les signaler à... » Y ou Z, puis plus rien...
          une réponse du député PS Jean-Marc Ayrault qui me remercie de l’avoir « interpellé sur la proposition de baisse de la TVA dans le secteur de la restauration » .... finissant par « Nous ne sommes pas, par principe, défavorables à des mesures ciblées concernant les taux de TVA. De telles mesures sont totalement justifiées, à condition d’être bénéfiques en terme de maintien et de création d’emplois ou de pouvoir d’achat. »
          une réponse du député UMP Thierry Mariani vaudrait d’être publiée,toujours sans avoir aucunement répondu à mon texte si ce n’est par des formules toutes faites ressassées par les lobbies de la restauration pour la baisse de la TVA, il conclu « Cette baisse de la TVA serait en effet une bonne mesure pour notre économie.(...)d’autre part, cette mesure aura un impact positif sur le plan social. »
          une réponse de la Direction Générale des Finances Publiques de Marc Wolf qui se réfugie derrière la réglementation pour justifier que l’application actuelle deux 2 taux TVA dans la restauration n’a rien d’aberrant et de conclure « Les autorités française ont salué cette relance des négociations avec nos partenaires européens sur un sujet majeur qui concerne la vie quotidienne des citoyens européens,... »
          Voilà, j’ai bien reçu ces réponses, c’est maigre pour un sujet à 3 ou 4 milliards par an. Le premier alinéa du Discours de la méthode de Descartes « Le bon sens est la chose du monde la mieux partagée » a encore un grand avenir devant lui...

        1 autres commentaires
      • zénon denon 84
        zénon denon 84 répond à Xavier Denamur
        Bonne
        • Posté à 18h06 le 17/11/2008
        • Internaute 30028
          Bonne

        C Q F D
        Moi ça ne m’étonne pas du tout .
        La réalité dépasse toujours la fiction ; C’est sûr !
        Le malheur,le drame ,la PEUR attire et fait vendre ...
        Parlez de bonheur,de choses simples,
        de travail bien fait ...
        Mon voisin ,compagnon du devoir (charpentier ,)
        me le redisait ,hier soir

  • nemo3637
    nemo3637
    Déchoukeur
    • Posté à 22h56 le 16/11/2008
    • Internaute 44521
      Déchoukeur

    C’est quand même terrible : quand on fera la Révolution j’ai une inquiétude pour certains troquets et établissements sympas, chaleureux.
    Peut-on imaginer leur fermeture ? Impossible. J’espère qu’il ne seront pas trop bêtement « collectivisés ». Quoique j’ai fréquenté, dans le sud-ouest des « cafés municipaux » très chouettes.
    C’est mon côté « petit-bourgeois ». On ne se refait pas.

    • Les Chats
      Les Chats répond à nemo3637
      En grève du zèle contre le (...)
      • Posté à 23h59 le 16/11/2008
      • Internaute 24526
        En grève du zèle contre le (...)

      Mais il cause de quoi nemo ? Il rêve des bolchéviques ? Il voit rouge ? ; -)

  • Homer555
    • Posté à 23h25 le 16/11/2008
    • Internaute 45141

    Mr Denamur, vous devez, par vos activités avoir des contacts avec d’autres entrepreneurs, d’autres dirigeants.

    En général, comment jugez vous leurs pratiques, leur façons de penser ?
    A l’inverse quelle est leur réaction quand ils entendent vos pratiques ?
    Quelle est leur vision de « la France d’en bas » vu en « espion » de l’intérieur ?

    • Xavier Denamur
      Xavier Denamur répond à Homer555
      Restaurateur
      • Posté à 01h18 le 17/11/2008
      • Internaute 48550
        Restaurateur

      Bonsoir Homer555,
      J’ai principalement contact avec mes fournisseurs, en général des artisans, vignerons ou dirigeants de PME, ils ont pour la plupart une véritable passion pour leur travail ce qui les rend sensible à mon discours. Bien que traditionnellement orientés à droite, ils aperçoivent souvent les absurdités des décisions de nos gouvernants trop déconnectés du terrain mais pointent toujours l’absence de propositions percutantes et appropriées des socialistes pour ne citer qu’eux. Peut-on mener une politique sociale sans développer l’économie ? Je ne le pense pas. Et peut-on développer l’économie sans tirer les gens vers le haut ? Je ne le pense pas. Comme je l’avais écrit à Madame Royale avant les élections présidentielles, le grand challenge de demain est socio-éco-logique... Bien sûr, elle ne m’a pas répondu...
      Mon slogan « La culture est une arme de construction massive » éclaire ma vision du monde. J’aime à croire que l’homme ne peut que désirer améliorer sa condition et celle de son voisin.
      Boris Cyrulnick dont je recommande la lecture de son dernier ouvrage « Autobiographie d’un épouvantail » sorti en septembre, m’éclaire tout autant avec son concept de résilience sur la nécessité d’élever...
      Pour finir, je ne sais pas trop faire court, je ne ferai pas de commentaire pour le moment sur les pratiques des patrons en général mais il est temps de sortir de l’archaïsme de la lutte des classes. Je fus salarié pendant près de 10 ans avant de monter ma première entreprise et je n’ai pas changé.. Pourquoi seraient t-ils si différents du reste de la population ?

      • L-escale78
        L-escale78 répond à Xavier Denamur
        en construction
        • Posté à 09h10 le 17/11/2008
        • Internaute 49944
          en construction

        D’accord avec votre slogan sur la culture. Malheureusement les réformes qui nous arrive sur l’éducation vont lui faire mal à cette multi-culture. Sinon vous n’êtes pas le premier patron qui sache garder des valeurs envers leur employés mais cela fait vraiment du bien de pouvoir le lire et de voir que vous vous engagez au delà du simple rôle de chef d’entreprise. Bravo encore et il me reste plus qu’a découvrir vos établissements ;

      • Homer555
        • Posté à 13h47 le 17/11/2008
        • Internaute 45141

        Je partage votre avis dans les grandes lignes.

        Ma vision est qu’il y a 2 moyens de faire fructifier une affaire.
        La première que beaucoup utilisent est de réduire les couts au minimum. C’est d’ailleurs le système de la Grande distribution qui est mon secteur d’activité. Ça passe par des fournisseurs pris à la gorge, des salaires minimums et au pire des délocalisations quand c’est possible. Cela inclus le minimum vital d’investissements afin principalement de simplement suivre la concurrence. Le gouvernement aussi partage cette vision.

        La seconde que visiblement vous avez choisie (mais je reste sur l’avis que vous êtes minoritaire) c’est de parier sur de bons investissements. Ces investissements peuvent être matériel mais aussi de faire fructifier le capital moral/considération de l’entreprise des employés au moyen de bons salaires où d’améliorer la formation pour un meilleur service. Cette méthode demande une gestion de risques/couts qui rebute nombre de dirigeants.

        Là où la première méthode est vite vouée à un cul de sac, la seconde est sans limites. C’est un des paradoxes du monde.

  • Camille
    Camille
    Mauvais genre
    • Posté à 01h08 le 17/11/2008
    • Internaute 48427
      Mauvais genre

    Quelqu’un qui en plus présente le journal de la femme adultère sur son site ne peut qu’être qu’un homme de goût : -)

  • tipoux
    tipoux
    écocitoyen
    • Posté à 05h08 le 17/11/2008
    • Internaute 56930
      écocitoyen

    bonjour,
    un cas à part ? sans doute..

    je salue la franchise de ce restaurateur,et sa réussite bien mérité,avec une politique salariale et humaine qui semble remarquable .
    Car c’est une profession en général ou la règle est l’opacité et tondre le client avec des produits de mauvaises qualités.
    je ne vous parle pas des conditions des salariés dans cette profession.

    Chapeau bas.

  • RETRO
    RETRO
    artiste guitariste/chanteur/ (...)
    • Posté à 08h18 le 17/11/2008
    • Internaute 50175
      artiste guitariste/chanteur/ (...)

    comme quoi ont peu avoir du fric,etre un homme debout ! ,juste ; avec des principes,alors moi je dis chapo bas ! mec si je le pouvais je laverais bien ta vaisselle !
    sans rire c’est rassurant !

  • Sacha25
    • Posté à 08h27 le 17/11/2008
    • Internaute 24877

    J’aime beaucoup :
    « les minces dépenses personnelles à 1500 euros par mois ». Mais c’est vrai que je n’arrive pas à avoir la chance d’être restauraeur

    « En “patron de gauche”, il est très content de payer des impôts, ça lui donne l’impression de “rendre à la société ce qu’elle (lui) a permis d’obtenir” ». Mais c’est vrai que députés et sénateurs ne sont pas des patrons (encore moins de gauche)

  • Phil2922
    Phil2922
    Retraite invalidité
    • Posté à 08h57 le 17/11/2008
    • Internaute 36639
      Retraite invalidité

    Et dire que la TVA est toujours à 19,6%. C’est lamentable... ! !

    Lien

  • azerty69
    azerty69
    ExecutieveBranleur
    • Posté à 09h42 le 17/11/2008
    • Internaute 42089
      ExecutieveBranleur

    C’est très bien qu’un « riche » montre son argent sans détour. Surtout en france...
    Preuve que l’on peut travailler ce que l’on aime et réussir socialement et financièrement.

    Une question, qui me semble très très importante, n’est pas abordée : le commencement de l’entreprise. Commencer à 26 ans à son compte est quasi impossible pour un homme « normal ».
    On a coutume de dire que pour devenir riche en france il faut 3 générations(@). A 26 ans comment obtient-on une mise de fond pour monter un resto à Paris ? (Acheter le bail, les machines, son appart perso, son salaire de départ, les pertes du début d’activité...) Notre restaurateur est-il fils de « pauvre » ou les parents ont-ils pu/du l’aider d’une façon ou d’une autre ?

    (@)
    La 1° génération s’embourgeoise.
    La 2° génération commence sa vie active avec un appart payé par papa et un petit pécule pour monter directement une petite entreprise. (Et si ça rate papa pourra assurer la survie du foyer de la 2° génération)
    La 3° génération transforme avec succès la PME en multinationale.

    Enfin pour aller dans le culinaire, je me réfère au marché. Les bons producteurs de légumes, fruits, et viandes : les prix sont élevés, mais il y a foule et ce sont des affaires qui tournent. Les mauvais aux marchés, ne restent pas longtemps.
    Cependant, la bouffe de merde à Auchan, elle fait du chiffre d’affaire ! ! Alors la qualité, ça paye, si on a le bon public, et ça doit être ça le plus dur.

    • Xavier Denamur
      Xavier Denamur répond à azerty69
      Restaurateur
      • Posté à 13h34 le 17/11/2008
      • Internaute 48550
        Restaurateur

      Je ne tiens pas trop à rentrer dans ce genre de polémique pour cela il y a la TV .
      Vous lirez juste dans mes réactions que j’ai commencé à travailler à 16 ans à l’âge où je fus émancipé, boursier pendant mes études, j’ai toujours travaillé pendant toutes les vacances scolaires et universitaires. Après une maîtrise de géographie à la Sorbonne, j’ai arrêter mes études pour des questions d’éthique et me suis mis à travailler comme un fou pour économiser et acheter ma première affaire ( moins de 150000 euros) avec un crédit bien sûr.
      Mes études m’ont servi dans le choix du secteur du Marais où j’ai tout de suite perçu le potentiel économique , et également la possibilité d’attirer une clientèle sensible au respect des bons produits, à la mixité ( j’ai compté jusqu’à 20 nationalités différentes parmi 60 salariés) et à l’écoute de mes engagements éthiques, philosophiques, esthétiques, sociologiques, politiques pour ne citer que ceux là.

      • azerty69
        azerty69 répond à Xavier Denamur
        ExecutieveBranleur
        • Posté à 14h18 le 17/11/2008
        • Internaute 42089
          ExecutieveBranleur

        Vous avez répondu : « boursier pendant mes études » ! !

        Je ne retire aucunement ceux qui ont réussi avec l’aide de « papa » au début. C’est très très louable. C’est déjà assez dur comme cela.

        Et je suis estomaqué par ceux qui ont réussi vraiment tout seul.

        Prendre des risques sur les sous économisés 1 a 1 avant même d’avoir « assurer » ces arrières (être proprio -sans dette- de son logement essentiellement) : chapeau.

        Sur le 2° point : réussir en faisant de la qualité. Chapeau aussi. Je dois être un aigri ou un désabusé ou un mauvais. J’en étais arrivé a la conclusion :
        - Fais de la merde pour gagner ta vie.
        - Une fois ta vie gagné, fais toi plaisir en vivotant (économiquement) par un travail de qualité qui te donnera du plaisir.

      • Gerry
        Gerry répond à Xavier Denamur
        • Posté à 18h38 le 17/11/2008
        • Internaute 25958

        Une question perso si je peux me permettre, de combien d’heures de sommeil pouvez vous vous contentez par nuit ? ; o)

         
        • Xavier Denamur
          Xavier Denamur répond à Gerry
          Restaurateur
          • Posté à 19h35 le 17/11/2008
          • Internaute 48550
            Restaurateur

          J’avoue avoir eu jeune une condition physique assez avantageuse, coeur de cycliste, muscles de tennisman mais voilà avec des rythmes de 15 à 17 heures de travail par jour 7 sur 7 parfois pendant 365 jours par an pour monter mes affaires, mon corps a aujourd’hui du mal à suivre mes activités et si je dors toujours 6 à 7 heures en me couchant rarement avant 3 ou 4 heures du matin. En revanche, il m’arrive de dormir des jours entiers lors de mes premiers jours de vacances...

        1 autres commentaires
  • brut
    • Posté à 11h24 le 17/11/2008
    • Internaute 25915

    si tout est vrai et je veux bien le croire, c’est un article très instructif sur les pratiques de la restauration et qui donne le moral, un entrepreneur peut gagner largement sa vie sans exploiter ses salariés et voler son client, on aurait fini par l’oublier

  • wiener
    wiener
    trouveur
    • Posté à 14h43 le 17/11/2008
    • Internaute 56491
      trouveur

    Cet article sonne comme une révélation pour moi et je ne peux que féliciter le talent de la journaliste ainsi que l’honnêté de Mr Denamur.
    Mais une révélation en négatif. Je m’étonne qu’aucun lecteur ne soit choqué par les sommes astronomiques (selon moi) que gagne Mr Denamur. Je n’aurais jamais cru qu’un bistrotier individuel puisse gagner autant ! ! ! Tout le monde s’extasie sur son côté cool, de gauche, sympa, engagé.
    Certes, mais quand on voit qu’il gagne bien plus que n’importe quel haut fonctionnaire, homme politique (même notre cher président qui avec moins de 20000 euros/mois fait pâle figure à côté), que l’écrasante majorité des cadres dirigeants des grandes entreprises, des patrons de PME innovantes et de beaucoup d’artistes, créateurs, médecins, avocats, etc.
    Où sont l’innovation, le risque, la création, l’intelligence qui méritent un tel salaire ? N’est-ce pas de la provocation pure de comparer son salaire à celui du berger corrézien alors que ce dernier ne doit pas bosser beaucoup moins, et, qu’à mes yeux il est au moins aussi utile à la société que Mr. Denamur ? ?
    Encore plus instructif pour moi : il paie son chef de cuisine plus que ce que gagne un Professeur d’université ! ! Hallucinant ! ! !
    Là encore, on peut dire que le boulot de chef de cuisine est dur, et qu’il ne doit pas compter ses heures. Mais un bon prof d’université non plus.
    Je suis peut-être en train de découvrir la dure réalité de la vie, mais ça fait peur pour la France, ce beau pays où avec un BEP cuisine on gagne plus qu’avec un doctorat ! ! ! Pays où les rentes de bouche rapportent plus que l’effort intellectuel, où les bonnes vieilles recettes seront toujours plus gratifiantes que la recherche et l’innovation. A moins que chaque artiste ou chercheur se mette désormais à la solde de restaurateurs-mécènes...

    • deecurl
      deecurl répond à wiener
      • Posté à 15h03 le 17/11/2008
      • Internaute 13077

      il y a aussi une histoire d’offre et de demande.

      plus personne ne veut faire un travail manuel, tout le monde fantasme sur le job en costume cravate.

      l’exemple classique : un plombier, un boulanger...gagnent très très bien leur vie.

      c’est aussi le principe du commerçant : le chercheur à un salaire fixe, celui du commerçant à son compte dépend de ses bénéfices qui sont variables. si l’affaire marche, son salaire et celui de ses mployés augmente.

    • Xavier Denamur
      Xavier Denamur répond à wiener
      Restaurateur
      • Posté à 15h20 le 17/11/2008
      • Internaute 48550
        Restaurateur

      Avant de vous répondre, je vous recommande de lire l’article que j’ai écrit contre la baisse de la TVA dans la restauration en lien dans cet article ou sur mon site
      Lien
      Vous y trouverez les premiers éléments de réponses à vos étonnements....

      • AC-89-
        AC-89- répond à Xavier Denamur
        • Posté à 17h57 le 17/11/2008
        • Internaute 39476

        Ce site en flash est inutilisable, peut-on lire ce texte ailleurs ?

         
        • Xavier Denamur
          Xavier Denamur répond à AC-89-
          Restaurateur
          • Posté à 23h51 le 17/11/2008
          • Internaute 48550
            Restaurateur

          Un vieux problème des PC mais vous le trouvez directement en lien sur l’article au paragraphe 2 ou si vous ne voulez pas relire les quinze lignes, le voilà Lien

  • Venezuela
    Venezuela
    vit aux Pays-Bas
    • Posté à 15h02 le 17/11/2008
    • Internaute 114
      vit aux Pays-Bas

    Il existe alors des patrons bien en France.
    Bravo Monsieur.

  • julie chabin
    julie chabin
    artiste
    • Posté à 15h02 le 17/11/2008
    • Internaute 58977
      artiste

    Xavier vient de m envoyer le lien de l’article qui lui est consacré. Lorsque j’étais étudiante j’ai travaillé dans l’un de ses restaurants « la chaise au plafond » et je confirme que ses employés sont heureux de travailler dans ses établissements, de la même façon les clients, qui sont souvent des habitués, sont ravis de passer un moment agréable dans une atmosphère chaleureuse.

  • Jacques Bolo
    Jacques Bolo
    Auteur-Editeur-Libraire
    • Posté à 15h12 le 17/11/2008
    • Internaute 37329
      Auteur-Editeur-Libraire

    1615 euros brut mensuels pour un plongeur (à 39 heures) n’est pas beaucoup mieux que les autres, cela donne 1532 euros pour 37 heures (au lieu de 1508 euros). Si rue89 veut faire un spécial économie, il faudrait aussi savoir faire une règle de trois.

    Par contre, payer 5 898 euros bruts pour le chef de cuisine (pour 43 heures) au lieu de 2 688 euros pour 40 h par semaine, signifie que l’écart des salaires est de 3,7 au lieu de 1,8 entre les employés. Cela revient à dire que Xavier Denamur paye bien ses cadres (mais pas ses petits employés).

    Sur le plan économique, le salaire des cadres est plus significatif (parce qu’ils sont plus nombreux) que le salaire des patrons. Augmenter le salaire des cadres est inflationniste parce qu’ils consomment beaucoup. L’inflation a donc une incidence sur le pouvoir d’achat des petits employés. Au premier chef, les loyers, ou l’achat immobilier (d’où la bulle immobilière), et plus généralement l’impact doit être de 10 à 20% minimum. Le résultat est que le pouvoir d’achat de quelqu’un qui gagne 1500 euros par mois se réduit à 1200/1350 euros, par rapport à 15-20 ans auparavant.

    • Xavier Denamur
      Xavier Denamur répond à Jacques Bolo
      Restaurateur
      • Posté à 15h38 le 17/11/2008
      • Internaute 48550
        Restaurateur

      Avec un salaire brut moyen de 2379.02 par employé, moins de 25 % des salariés en dessous de 2000 euros, je ne pense pas mal payer mes « petits employés. L’exemple de Pulen dans l’article est typique d’un plan de carrière au sein de mon entreprise. J’offre la possibilité de progresser dans l’entreprise tant au niveau salaire que dans les postes en fonction de la capacité du salarié bien sûr.

      • Jacques Bolo
        Jacques Bolo répond à Xavier Denamur
        Auteur-Editeur-Libraire
        • Posté à 16h20 le 17/11/2008
        • Internaute 37329
          Auteur-Editeur-Libraire

        Ce n’était pas une critique de votre politique salariale, mais plutôt une critique d’un point particulier de l’article, ainsi qu’une réflexion économique plus générale (macro), en référence à l’actualité.

        Sur le plan micro-économique de votre entreprise, votre politique caractérise naturellement une entreprise qui marche bien, en phase d’expansion, bénéficiant sans doute du fait que les autres sont en fin de cycle (se sont endormies sur leurs lauriers). Il n’y a rien à vous reprocher sur ce point.

  • mimigen
    mimigen
    dégoutée
    • Posté à 16h20 le 17/11/2008
    • Internaute 58984
      dégoutée

    Il a beaucoup de chance ! ! ! nous sommes restés 17ans dans un petit village en Alsace,17 ans de travail pour les banquiers,a la fin nous n’avions même plus le smic a deux ! ! on a tout arrêté,et vendu en maison d’habitation ! ! A la campagne,les bars resto c’est fini,les gens ne sortent plus,la peur du gendarme,le pouvoir d’achat,l’interdiction de fumer etc...nous la dégringolade a démarré avec la guerre du golfe,et n’a plus arrêté jusqu’en 2006,le seul sursaut positif était la coupe du monde 1998,sinon la galère...nous sommes a nouveau salariés heureux ! ! ! dans ce métier un seul mot d’ordre : emplacement ! ! autour de nous dans les villages,il y avait 36 affaires a vendre ! ! ! ce qui peu montrer le désastre de cette profession,et pour la baisse de la tva,nous on n’y croit pas
    en tout cas bravo a ce monsieur pour son coté humain envers ses employés,ce qui n’est pas toujours le cas....

  • Xavier Denamur
    Xavier Denamur
    Restaurateur
    • Posté à 16h35 le 17/11/2008
    • Internaute 48550
      Restaurateur

    Erreur, l’article ne parle pas de Pulen , il est sur la première photo.
    Embauché comme plongeur en mars 1997, parlant à peine le français, ce salarié, devenu entre temps délégué du personnel, est aujourd’hui serveur et gagne 2698,30 euros brut pour 42,50 heures par semaine sans compter les pourboires bien sûr.
    Pour mon chef de cuisine dont le salaire fait halluciner wiener, il fait partie des deux uniques cadres mon entreprise, l’autre ayant le poste de directeur est entré en mai 1994 comme serveur gagne aujourd’hui 4424.52 pour 42.5 heures par semaine, de repos le samedi et dimanche et finissant tous les jour à 17H fait parti des privilégiés de ce métier mais je peux vous garantir qu’il continue de courir pour satisfaire la clientèle et que durant des années, il s’est toujours donné entièrement pour l’entreprise.
    Pour clore le sujet, mon chef avait commencé en 2003 à travailler dans une brasserie que j’avais créé à Montparnasse pour un salaire d’environ 3000 euros brut, son investissement et ses compétences m’ont vite amené à l’augmenter afin de conserver ce salarié compte tenu de la pénurie de salarié de ce niveau dans nom secteur d’activités. Malgré tout, avec un salaire de plus de 4500 euros, il sera débauché en janvier 2007 par grande entreprise. Après quelques mois d’errements avec des cuisiniers plus ou compétents, je suis retourné voir mon chef avec un salaire et des conditions de travail améliorés qui n’ont rien d’hallucinant compte tenu de son savoir faire acquis certes sans diplôme mais qui vaut bien un bon bac plus 15, son assiduité ( pas une absence en 5 ans) son efficacité ( gérer le personnel de cuisine et les stocks tous en frais) etc ...

    • Gerry
      Gerry répond à Xavier Denamur
      • Posté à 18h33 le 17/11/2008
      • Internaute 25958

      Ne le prenez pas pour une critique personnelle, mais un serveur à 2700 euros par mois, je ne peux pas m’empêcher de trouver ça scandaleux quand je pense au salaire d’un prof, d’un instit, d’une infirmière, etc...

      • Xavier Denamur
        Xavier Denamur répond à Gerry
        Restaurateur
        • Posté à 20h37 le 17/11/2008
        • Internaute 48550
          Restaurateur

        Qu’est ce qui justifie qu’un serveur devrait moins gagner qu’un prof ?
        Bien sûr qu’un prof,(une de mes soeur est professeur des écoles,une infirmière (une autre est infirmière) ou un ingénieur (un de mes frère est fonctionnaire à la DRIRE) devraient être mieux payé qu’ils ne le sont actuellement. Mais pour cela il faudrait que l’Etat joue pleinement son rôle en limitant la fraude sociale et fiscale,qu’il favorise une meilleure redistribution des richesses en veillant à la transparence du marché du travail et de l’économie. Ainsi se donnera t-il les moyens de payer ses fonctionnaires dont le rôle est crucial dans l’élévation de la société. Comprendre que redistribuer ne nous appauvrit pas nécessite un vrai travail d’éducation et d’information que seul un Etat démocratique et éthique pourrait endosser.
        Encore une fois, lisez mon texte contre la baisse de la TVA, il va bien au-delà du simple problème de la taxation des repas dans les bistrots... Des solutions pour améliorer la condition du plus grand nombre existent. Réfléchissez, réagissez, proposez et diffusez !

    • wiener
      wiener répond à Xavier Denamur
      trouveur
      • Posté à 19h15 le 17/11/2008
      • Internaute 56491
        trouveur

      Merci pour ces précisions cher Xavier. Cela ne fait que confirmer mon ignorance totale du secteur de la restauration où, visiblement, dans certains domaines et certains lieux stratégiques, le fric se brasse à la pelle. Sans parler des salaires du public, j’ai fait une grande école parisienne et j’ai des camarades ingénieurs (de Grande Ecole donc) qui travaillent dans des secteurs comme le traitement de l’eau, l’environnement, le BTP, l’agro-alimentaire aussi, avec des Master internationaux en plus, et qui ne gagnent pas encore 3000 euros brut à 30 ans largement passés, et cela, sans démériter ni s’économiser au travail. Ils commenceront à approcher le salaire de votre chef de cuisine (si tout va bien) peut-être vers 40 ans, peut-être vers 50 ans, selon les secteurs.
      Vachement encourageant de faire des études longues, difficiles pour devenir ingénieur (évidemment en dehors de ceux qui font de la finance ou qui atteignent les postes (rares) de dirigeants) !
      A côté de cela, je trouve très bien que des serveurs, des cuisiniers ou des plombiers gagnent bien leur vie. Mais quand on voit que les profs ne peuvent plus se payer d’appartement décent à Paris à cause des loyers, quand on saisit l’ampleur des inégalités de salaire qui augmentent, notamment entre grandes villes et campagne (Merci Rue89 !), on comprend que le futur de la France, c’est de devenir un gigantesque Disneyland pour les touristes du monde entier, régi par quelques Picsou de plus en plus riches, et où seuls les Mickeys se sentiront chez eux.
      Personnellement, ma solution est de m’enfuir tant qu’il en est temps ! ! !

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