A DEBATTRE 17/11/2008 à 18h42

Les pilotes d'Air France sont-ils des « nantis » ?

Sophie Verney-Caillat | Journaliste Rue89


Pilotes d’Air France (Guillaume Grandin/Air France)

Une grève de « nantis » ? Les pilotes d’Air France, qui perturbent fortement le trafic aérien depuis vendredi, ont accepté de dévoiler à Eco89 la réalité de leurs conditions de travail et de rémunération. Certes, « nous sommes bien payés », reconnaissent-ils, avec des revenus de 15 000 euros par mois en fin de carrière. Mais « à 60 ans, on est usés », assurent-ils aussi.

Le mouvement de grève, lancé vendredi par les quatre syndicats de pilotes, a cessé ce lundi 17 à minuit. Mais, prévient-on au SNPL, le Syndicat national des pilotes de ligne (majoritaire), « il n’est pas exclu qu’un autre préavis soit déposé prochainement. D’autant que le Sénat a confirmé dans la nuit de lundi à mardi l’amendement voté le 1er novembre à l’Assemblée nationale ». L’amendement en question, déposé par le député UMP Jacques Myard, porte l’âge limite de cessation d’activité en vol des pilotes de 60 à 65 ans à partir du 1er janvier 2010.

Dans leur mouvement, les pilotes se sont sentis un peu isolés, alors que les nombreuses annulations de vols Air France ont provoqué l’impatience de certains passagers et que le PDG de l’entreprise a jugé cette grève « pas seulement inutile mais dangereuse ».

Comment se déroule la carrière d’un pilote ?

Les pilotes de ligne, après une préparation scientifique aux grandes écoles (maths sup puis spé), intègrent l’une des trois filières possibles. La plus prestigieuse étant le diplôme d’Etat de l’Ecole nationale d’aviation civile (Enac) dont sortent 40 pilotes par an. Puis ils doivent attendre parfois plusieurs années, selon la conjoncture, avant d’intégrer Air France.

Ceux qui ont suivi la « filière cadet » d’Air France, c’est-à-dire dont les études ont été financées par la compagnie, devront rembourser une fois embauchés. Ils se verront prélever à la source de leur salaire une somme qui peut s’élever jusqu’à 1500 euros par mois, sur un salaire de 4000 euros en début de carrière.

Le pilote occupera au cours de sa carrière la fonction de co-pilote (dit « officier pilote ») puis celle de commandant de bord. Ce dernier grade est le « principal acte de carrière : on passe dix mois en formation, on franchit plusieurs étapes avant d’y arriver », explique François Hamant, 41 ans, commandant de bord sur un Airbus A320 moyen courrier, vice-président du syndicat Alter (12% des pilotes de ligne), l’une des quatre organisations qui appellent à la grève.

Mais le second élément important pour la rémunération, c’est le réseau sur lequel le pilote opère, moyen ou long courrier, car à chacun son nombre d’heures de vol et ses avions plus ou moins gros. « A chaque réseau sa pénibilité et donc sa rémunération », confirme François Hamant.

Ainsi, le pilote d’Air France franchit généralement les étapes dans cet ordre : copilote moyen courrier (jusqu’aux limites de « l’Europe géographique », Moscou, Tel Aviv ou l’Afrique du Nord), puis après trois à cinq ans de carrière copilote long courrier, commandant de bord moyen courrier (après dix ans de carrière), et enfin commandant de bord long courrier.

Cette dernière étape est atteinte en fonction des places disponibles et des départs à la retraite. Selon François Hamant, une carrière de pilote dure environ trente ans, dont douze au grade de commandant de bord.

Combien gagne un pilote ?

En début de carrière, un pilote touche autour de 4000 euros chez Air France. Après 18 ans de carrière, ils atteignent les 12 000 euros nets. Comme l’explique Jennifer Jones, 31 ans, représentante syndicale SNPL et déléguée du personnel :

« Notre mode de salariat, c’est un fixe (en général 1400 euros au départ) et un variable (primes de vol en fonction de l’avion : 74 euros par heure de vol sur moyen courrier, 86 euros sur un long courrier). En général on démarre autour de 4000 euros nets. Aujourd’hui, après cinq ans et parce que je suis sur un long courrier (Boeing 777), je suis à 8000 euros nets. »

Le stade ultime, celui de commandant de bord long courrier, concerne environ un quart des 4500 pilotes d’Air France.
François Hamant témoigne :

« En progressant dans l’ancienneté et les machines, on peut terminer à 15 000 euros. C’est une belle rémunération, on en a conscience, mais elle ne veut rien dire si on ne parle pas des conditions de travail. Arrivé à 60 ans, on a accumulé des décalages horaires, de l’ordre de 4 à 5 vols aller-retour par mois et on commence à être usé. La répétition de ces cycles de décalage est une agression pour le corps ».

Les conditions de travail sont-elles bonnes ?

Si l’on ne considère que les 75 à 80 heures mensuelles de vols d’un pilote, on pourrait dire qu’il travaille peu. Mais le temps disponible pour l’entreprise est bien supérieur : il faut être présent 1h45 avant le décollage et une fois arrivé à destination, on est coincé environ quatre jours. Les pilotes témoignent :

« Oui nous sommes des salariés bien payés ! Mais notre responsabilité est énorme, nous sommes responsables sur les plans civil et pénal, directement sur notre nom. »

Cette revendication de s’arrêter à 60 ans, c’est avant tout « la défense d’un acquis social, au nom de tous les salariés », relève le délégué du syndicat Alter. Même s’ils sont conscients que nombre de salariés du privé travailleront jusqu’à 65 voire 70 ans, ils clament que « les législateurs n’ont aucune idée de la pénibilité du métier ».

Les syndicats disent aussi défendre l’emploi des jeunes, puisque si les pilotes restent en poste plus longtemps, cela bloquera l’avancement des jeunes, d’autant que conserver des salariés qui gagnent 15 000 euros nets par mois grèvera sérieusement les comptes de l’entreprise.

Article mis à jour le 18/11/2008 à 11h12 suite à l’adoption de l’amendement relevant l’âge limite de cessation d’activité par le Sénat.

Photo : pilotes d’Air France (Guillaume Grandin/Air France)

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  • Le Yéti
    Le Yéti
    yetiblog.org
    • Posté à 08h07 le 18/11/2008
    • Internaute 6095
      yetiblog.org

    « Qu’est ce qu’on voudrait faire ? Niveler les salaires par le bas ? »

    Dans une politique vraiment sociale de répartition des revenus (à ne pas confondre avec les « richesses », les premiers n’étant que le moyen de se procurer les secondes), 15.000 euros net par mois (soit 180.000 € annuel) me paraît un excellent seuil maximum des appointements d’un individu quel qu’il soit (salarié, patron, footballeur...). Par delà le parcours scolaire, universitaire et professionnel, cette somme est tout à fait suffisante pour très bien vivre à l’heure actuelle.
    En regard, le RMI ne devrait être en aucun cas inférieur à 800 €. Et le SMIC à 1500 € net.
    Faites le calcul à l’échelle du pays, je vous parie que c’est faisable.

    Ceci dit la grève des pilotes ne concernait pas les salaires mais la prolongation imbécile et généralisée de l’âge de la retraite. « Imbécile », parce que nous travaillons déjà beaucoup trop en regard de ce qu’il y a réellement à produire pour satisfaire nos besoins réels ; j’écarte de ces besoins les superflus destructeurs dont on essayait de nous gaver pour alimenter stupidement une machine économique en train, enfin, de péter de partout.

    Il y a quelques mois, on aurait regarder toutes ces propositions avec la bouche en rond, les yeux incrédules et l’index frappant la trempe. Gauchiste ! Utopiste ! Populiste !
    L’ouvrier Renault de Sandouville mis au rancard, les centaines de milliers de personnes (cadres compris) qui vont être jetées dehors dans les semaines qui viennent, les footballeurs - oui même les footballeurs, vous allez voir - vont parfaitement, et sans doute douloureusement, comprendre ce que je veux dire...

    • tooms4444
      tooms4444 répond à Le Yéti
      p'tit con
      • Posté à 10h17 le 18/11/2008
      • Internaute 41634
        p'tit con

      « Faites le calcul à l’échelle du pays, je vous parie que c’est faisable »

      Vous nous avez habitué à plus de volontarisme, cher Yéti. Faites-le donc vous-même : je suis sûr que cela en vaut effectivement la peine.

      Sinon, je suis tout à fait d’accord sur votre analyse de notre productivité. N’oublions pas, d’ailleurs, que cette surproduction se fait au détriment des pays pauvres dont on rançonne les matières premières ou la finance (dette USA = 50% dette mondiale).

    • Jaycib
      Jaycib répond à Le Yéti
      Désagrégé de l'Université
      • Posté à 11h09 le 18/11/2008
      • Internaute 37053
        Désagrégé de l'Université

      Je ne conteste aucun point de ton analyse, le Yéti. Je combats avant tout une politique qui reviendrait à opposer les intérêts des salariés bien rémunérés à ceux des « gueux » du bas de l’échelle. L’idée qui la sous-tend est de diviser pour mieux régner et de tuer dans l’oeuf toute initiative collective visant à nous rassembler.

  • Venezuela
    Venezuela
    vit aux Pays-Bas
    • Posté à 20h00 le 17/11/2008
    • Internaute 114
      vit aux Pays-Bas

    D’accord avec vous Jaycib.
    Le titre est vraiment mauvais !
    J’aimerai bien entendre parler des personnes qui nous ont mis dans cette crise financiere.

  • Phil2922
    Phil2922
    Retraite invalidité
    • Posté à 20h10 le 17/11/2008
    • Internaute 36639
      Retraite invalidité

    J’ai entendu que les ouvriers du livre, gagnant 3 000 euros par mois étaient aussi des nantis. La rémunération des pilotes me semblent justifiée au vu de leurs responsabilités et de leurs régimes de travail décalés. N’oublions pas, qu’il y a aussi les vols de nuit... Les « décideurs actuels » grassement payés n’ont pas les mêmes responsabilités. Ce n’est pas en faisant un nivellement par le bas des salaires que çà ira mieux. A 60 ans, on est cuit (pour le boulot...) et il serait en effet plus profitable de laisser la place aux jeunes... !

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  • hoshiko
    • Posté à 20h25 le 17/11/2008
    • Internaute 28938

    1. L’ENAC, c’est quand même très surfait... demandez à leurs voisins d’en face de l’ENSAE...
    2. Les avions produits actuellement n’ont plus besoin de pilotes. Ni pour décoller ni pour atterrir ni évidemment en croisière. D’ailleurs, souvent le pilote automatique est enclenché tout du long, mais qu’en savent les passagers ? Il arrive de très rares fois qu’un pilote qui soit plus un pilote de F1 qu’un conducteur de bus et sauve les passagers en utilisant son quadri-réacteur comme un planeur (et je dis chapeau !). Mais ce genre d’incident est TRES rare et quand ça arrive la majorité des pilotes ne savent pas s’en sortir.
    3. Les gens ne savent pas que 2/3 des problèmes dans un avion sont d’origine strictement humaine (techniciens ou pilotes). Des simulations de vols ont aussi été faites en introduisant un obstacle à l’improviste et plus de la moitié des pilotes ont « crashé leur avion »...
    4. Alors pourquoi y a t’il toujours des pilotes dans l’avion ? Parce que la majorité des passagers refuseraient de monter dans un avion sans pilote (déjà que certains ont peur dans les métros automatiques !). Et que les syndicats de pilotes sont très puissants...

    Entendons-nous, je ne nie pas la pénibilité du boulot et je n’admets pas qu’un pilote d’avion vole jusqu’à 70 ans (t’as qu’à voir Sharm El Cheikh...).
    En Suède (je crois), à partir de 70 ans, on doit repasser des examens (code, conduite et médicaux) pour conduire... sa voiture (et je trouve ça très bien). Alors un A380...

    • LenaRosemberg
      LenaRosemberg répond à hoshiko
      étudiante
      • Posté à 21h02 le 17/11/2008
      • Internaute 59028
        étudiante

      1. L’ENAC, ce n’est pas UNE mais DES formations. Effectivement, la formation Ingénieur CTI est moins prestigieuse que celle de l’ISAE (et pas ENSAE) et encore c’est discutable car les débouchés ne sont pas exactement les mêmes. Mais les formations contrôleurs ou pilote sont des spécificités de l’ENAC n’existant pas à l’ISAE. D’ailleurs, pour entrer à l’ENAC en tant que pilote, c’est bac+1 qu’il faut, pas bac+2.
      2. Les avions actuels ont encore besoin de pilotes en tant qu’autre système de contrôle et pour détecter les obstacles mobiles au décollage.
      3. Les gens n’ont absolument aucune idée du nombre d’accidents/incidents évités grâce aux humains vu qu’ils ne sont pas évalués. Les facteurs humains, ça s’étudie dans les deux sens.
      4. Entre autres dit dans 2, oui. C’est le sentiment de sécurité qui prime. Toutefois, la tendance n’est pas à la suppression des pilotes mais plutôt au transfert de mission du contrôleur (surchargé) au pilote (qui « s’ennuie »).

      Bref, avant de critiquer, on se renseigne un minimum :)

    • ClaireChar
      ClaireChar répond à hoshiko
      • Posté à 10h23 le 18/11/2008
      • Internaute 16497

      Votre message est consternant
      J’ai eu plusieurs fois l’occasion d’aller en simulateur de vol, d’aller dans le cockpit et je connais de nombreux pilotes et c’est justement parce que 2/3 des accidents sont d’origine humaine que les avions Air France se crashent moins que les charters pourris qui donnent une faible formation à leurs pilotes
      Quant aux simulations vous ites encore n’importe quoi les pilotes Air France remettent régulièrement en jeu leurs « permis » lors d’examens

      près on évitera jamais certains accidents mais n’allez pas non plus dire n’’importe quoi

      Ensuite je préfére effectivement que ce soit un pilote formé à L’ENAC qu’à L’ENSAE qui forme les statisticiens de l’Insee ! ! !

  • TARPON
    • Posté à 20h39 le 17/11/2008
    • Internaute 27263

    « A 60 ans » on est usés » ,sans doute à compter leurs 15000 euros mensuels ? ET Zezette qui se tape Paris Lyon 4 nuits par semaine au volant de son 38t pour 1500 euros ,elle est pas usée ?

  • affreuxjojo
    • Posté à 21h07 le 17/11/2008
    • Internaute 29421

    Cette réforme n’est demandée par personne. Même les compagnies seront perdantes en conservant en activité leur personnel le plus coûteux. A l’heure ou le chômage explose, principalement chez les jeunes, proposer d’allonger les carrières est une des aberrations les plus délirantes de ce gouvernement.
    Le prétexte du déficit des caisses de retraite ne tient pas la route. La population vieillissant il serait logique d’augmenter les taux de cotisations retraites. Les entreprises en ont les moyens. Les entreprises du CAC 40 vont faire en 2008 des bénéfices records. Ces entreprises distribuent à tout va à leurs dirigeants et actionnaire, des stocks-options, des rémunérations énormes, des parachutes dorés et des dividendes. De plus si l’état payait ses dettes aux comptes sociaux, les déficits de ces caisses seraient réglés. L’état en a parfaitement les moyens en diminuant le train de vie de ses « élites » : hauts fonctionnaires ; députés, sénateurs, ministres et les dépenses induites par ces personnes : immobilier, retraites dorées, voitures de luxe avec, chauffeur etc, et en rognant sur les dépenses de communication.

  • YoshiL7
    • Posté à 21h16 le 17/11/2008
    • Internaute 29840

    Depuis qq mois, dès qu’il y a grève, le gréviste est qualifié de nanti... ca semble bien arranger ceux qui aimeraient ne pas voir les gens se mettre en grève... ceux la meme qui disaient il y a peu que les greves, aujourd’hui en France, ne se voyaient plus...

    Ensuite, si on considère que c’est une grève de nantis, peut-etre que ceux que cela dérange sont aussi des nantis pour avoir les moyens de se payer des déplacements en avion... la, je vais me faire taper dessus...

    A la vue des salaires, on pourrait crier scandale en effet... mais peut-etre que c’est aussi avec ces gens la que les salariés pourront éviter ce que ce gouvernement veut proposer pour tout le monde finalement... L’avantage en effet qu’ils ont est que meme en faisant grève, ils peuvent encore remplir le frigo à la fin du mois... ce n’est pas négligeable... et pas donner à une majorité des salariés aujourd’hui... donc ils sont qq peu des nantis en effet...

    Et puis, finalement, si ces gens peuvent encore faire grève, c’est peut-etre aussi qu’ils ont encore des choses à défendre... Quand il n’y aura plus rien à défendre, il n’y aura plus de grève et les salariés auront été mangé tout crus... Il y a donc peut etre un intéret a avoir et avec un certain recul d’oublier le coté « nanti » que les pilotes ont et penser à ce que cela pourrait finalement apporter à tous... Je suis peut-etre trop optimiste...

    Et meme Zezette qui se tape Paris Lyon avec son 38T comme dit Tarpon, certains trouveront aussi à dire que c’est un nanti si ils décidaient avec ses collègues de faire grève...

    Finalement, quand il y a grève, on passe plus souvent de temps à monter le gréviste aux autres catégories en relevant que le premier est plus nanti que le second... du coup, on oublie l’essentiel et on a divisé tout le monde... et certains s’en frottent les mains en attendant !

  • wiener
    wiener
    trouveur
    • Posté à 22h26 le 17/11/2008
    • Internaute 56491
      trouveur

    T’as raison Tarpon ! ! Pour un peu, c’est qu’ils nous tireraient une larme les pilotes d’Air France. Imaginez la galère, cinq années de plus (pour les volontaires) à ... combien déjà ? 180 000 euros par an. Des clopinettes ! ! ! Tout juste de quoi s’acheter une villa au Cap Ferret ou à Saint-Tropez pour passer ses vieux jours ! ! Tout juste de quoi se remettre de son jet lag ! Mon dieu, que la vie est dure !

  • Renaud Vialet
    Renaud Vialet
    Riverain tardif
    • Posté à 22h29 le 17/11/2008
    • Internaute 14699
      Riverain tardif

    Ce qui me choque plutôt, c’est le côté extrêmement corporatiste des pilotes. Un peu moins que les contrôleurs du ciel, me direz-vous ?
    Peut-être.

  • Les Chats
    Les Chats
    En grève du zèle contre le (...)
    • Posté à 23h41 le 17/11/2008
    • Internaute 24526
      En grève du zèle contre le (...)

    « “Notre mode de salariat, c’est un fixe (en général 1400 euros au départ) ‘

    Non ? 1400€ de salaire pour un pilote ? Ils sont payés en prime alors. ça alors ! On en apprend tous les jours.
    Mais les primes ne sont pas prises en compte pour le calcul de la retraite il me semble.

    Même s’ils sont conscients que nombre de salariés du privé travailleront jusqu’à 65 voire 70 ans,’

    D’abord ils ont raison de se battre pour leur profession, perso je ne voudrais pas prendre l’avion dont le pilote aurait 65 ou 70 ans. Une attaque et on saute tous ensemble non merci.

    Ensuite pas question pour nous de travailler jusqu’à 70, pour beaucoup de raisons et surtout place à ceux qui n’ont pas de travail.

  • parousnik
    • Posté à 03h23 le 18/11/2008
    • Internaute 18991

    Personne n’est « nantis » quand il a besoin de gagner sa croute... mais cela me rappelle le début de la campagne de propagande contre les régimes spéciaux des cheminots... campagne qui n’a pas dénoncée les régimes spéciaux des politique et autres valetailles justement... des nantis... vous savez ces qlqs centaines de familles qui s’imaginent que tout leur appartient terres batiments et âmes et oeuvrent pour un retour au servage et avantages du féodalisme...

  • nemo3637
    nemo3637
    Déchoukeur
    • Posté à 04h09 le 18/11/2008
    • Internaute 44521
      Déchoukeur

    De toutes façons ceux qui peuvent encore la ramener ce sont ceux qui en ont encore sous le talon.
    Que peuvent faire les pauvres à part la fermer en espérant trouver ou garder leur emploi ?
    Les cheminots, les pilotes, les fonctionnaires... les voilà donc tous ces nantis, ces symboles de l’injustice, ce pourquoi tout va si mal en France !
    Qu’on paye tous les salariés - justice ! - au lance-pierre et cela ira beaucoup mieux !
    Le chômeur et le smicard pourrront alors, sans être plus riches, retrouver leur dignité et bomber le torse comme sur les affiches du temps du Maréchal.
    Tout comme ces délateurs qui s’intéressent à celui qui a osé reprendre un supplément, sans voir ou sans oser dénoncer les gros lards qui dirigent et qui s’empiffrent sans vergogne.

  • Humain
    • Posté à 08h44 le 18/11/2008
    • Internaute 21387

    Privilèges !

    Les pilotes des entreprises, et les entreprises du CAC 40 vont faire en 2008 des bénéfices énormes !

    Les pilotes ! ? ? ? ? Et alors ! !

    Sous peu de temps ils seront dans l’entreprises Air France-KLM en Hollande !

    Suivons donc les directives de Bruxelles ! !

  • katou5
    katou5
    (esclave de la mode)
    • Posté à 09h09 le 18/11/2008
    • Internaute 52292
      (esclave de la mode)

    Revenons sur la pénibilité du travail, le décalage horaire, stewards et Hôtesses travaillent + que les pilotes, subissent les mêmes décalages horaire et les mêmes contraintes... pour un salaire proportionellement
    bien moindre.

  • Samuel_P
    Samuel_P
    Montélimar
    • Posté à 09h17 le 18/11/2008
    • Internaute 24461
      Montélimar

    ...« à 60 ans on est usés »...

    Sans blagues ? Voilà le genre d’affirmation qui me fait dire que ces gens vivent sur leur petit nuage, bien loin au dessus des réalités de ce bas monde.

    Parce que l’ouvrier -qui touche un salaire dix fois moindre- ne l’est pas, lui, usé à 60 ans ? Et tous les autres, d’ailleurs, c’est du boudin ?

    Parce que à part ces messieurs les députés qui peuvent s’économiser en faisant la sieste sur les bancs de l’assemblée entre deux votes demandant aux citoyens de travailler plus, on est tous usés à 60 ans, et surement un peu plus -psychologiquement parlant- que ces pilotes qui ne doivent pas avoir beaucoup de soucis pour boucler leurs fins de mois.

    Il faudrait quand même que l’on se penche un jour sur la « vraie » pénibilité du travail, celle des « petits » et des « sans grade » qui ne peuvent se permettre ni n’ont les moyens de faire grève à répétition pour se faire entendre.

  • tooms4444
    tooms4444
    p'tit con
    • Posté à 10h10 le 18/11/2008
    • Internaute 41634
      p'tit con

    « à 60 ans on est usés »

    Seraient-ils les seuls, par hasard ?
    Lien

  • Seydou Yéké
    Seydou Yéké
    (nom propre)
    • Posté à 10h58 le 18/11/2008
    • Internaute 52208
      (nom propre)

    J’aime beaucoup les atterrissages de ces « nantis ». Et les hôtesses de l’air, je ne vous dis pas... Cocorico Air France !

  • JIEM 92
    • Posté à 11h21 le 18/11/2008
    • Internaute 30614

    Bonjour,
    Les pilotes d’Air France sont-ils des « nantis » ?
    Pas plus et pas moins que les personnels de la SNCF ne l’étaient…

    Arrêtez de monter tout le monde contre tout le monde, vous faites le jeu des classes dominantes qui pendant ce temps là s’en mettent plein les poches.

  • tchekoulong tchouante serge bruno
    • Posté à 11h40 le 18/11/2008
    • Internaute 55968
      sans emploi

    la reformes du 1er novembre n’a pas vraiment son sens surtout pour la lutte contre le chomage.

  • tipoux
    tipoux
    écocitoyen
    • Posté à 11h42 le 18/11/2008
    • Internaute 56930
      écocitoyen

    les pilotes ne sont pas des nantis non, mais des salariés responsables
    et qui ont compris ou nous entrainerais la retraite à 65,70ans ,dans le mur
    en plus c’est une pure hypocrisie !
    aujourd’hui dans les secteurs automobiles ou industrielles au vu de la crise on fait partir de milliers de salariés à 58 ,59 ans quel cout pour la collectivité ?
    trés trés cher !
    combien met l’état et les entreprises ? trop peu.

    péniblité ? on en parle ? non
    on se fout de nous ...
    je lis ce matin dans la presse ’reformes sociales , Mr Sarkosy est pour le volontariat.
    Je me marre ,ils n’ont jamais été salariés ces gens là !

  • organe_dhonneur
    • Posté à 11h52 le 18/11/2008
    • Internaute 12689

    Pourquoi vouloir absolument donner une connotation à la situation des pilotes d’AF ? C’est ECO89, pas MORALE89 !

    En éco, les pilotes d’AF sont clairement des insiders. Fortes barrières à l’entrée, petit nombre, différence très forte avec le traitement des pilotes français non-AF (les pilotes des compagnies low costs sont pas moins bons mais largement moins bien traités et plus précaires).
    Donc évidemment, 10-15k€/mois est un bon salaire, qui rémunère certes un risque, mais à la fois beaucoup mieux que des pilotes à qualification égale ailleurs en France et pas beaucoup mieux que des pilotes de grosse compagnie dans le monde.

    Ensuite, aujourd’hui, Air France est privé, donc c’est pas l’État/les Français qui payent leurs salaires, ce sont les clients d’Air France. Ce n’est donc pas un problème pour nous, mais pour les clients et pour le management.

    Alors qu’est-ce que vous voulez dire par « nantis », vraiment ? Qu’ils sont coupables de gagner de l’argent ? Qu’ils gagnent trop d’argent ? Mais à quel point de vue ? Pour la compagnie ou parce qu’il est tellement agréable de dénigrer la façon dont les autres vivent ?

    Économiquement, les pilotes d’AF sont très intéressants parce qu’ils sont à l’image du marché du travail français : un coeur compact de CDI de 35 à 50 ans, bien payés, difficiles à virer, bien défendus (même sans rien demander). Pendant ce temps, les outsiders du marché, les 20-30 ans, les moins qualifiés, les vieux, les CDD éternels, gravitent autour en payant la facture de la stabilité des insiders. Mais il n’y a rien pour les représenter ou parler d’eux.

    Non les pilotes d’AF ne gagnent pas « trop » d’argent, mais ils coûtent chers et ils préfèrent que ce soient les stewarts ou les agents au sol qui servent de variable d’ajustement de la conjoncture.

    C’est de bonne guerre, mais c’est pas notre affaire. À moins d’étendre le débat...

  • patrick du 14-
    patrick du 14-
    de plus en plus naze
    • Posté à 12h38 le 18/11/2008
    • Internaute 40667
      de plus en plus naze

    un peu nanti quand même

  • Ouko
    Ouko
    Citoyen réinformateur .....
    • Posté à 13h44 le 18/11/2008
    • Internaute 55260
      Citoyen réinformateur .....

    Scandaleuse grève...

    L’injustifiable grève des pilotes d’Air France, qui contestent une possibilité de prendre leur retraite à 65 ans au lieu de 60 ans, illustre la persistance des corporatismes, qui sont assurés de trouver un soutien auprès de Benoît Hamon et de Martine Aubry.

    est ce étonnant non ? ? ? ! ! ! !

    La mauvais foi irresponsable dans son apanage....

    cqfd

  • Philby
    Philby
    Maître de conférences
    • Posté à 08h34 le 20/11/2008
    • Internaute 40402
      Maître de conférences

    A mon sens, la vraie question que l’on peut se poser à la lecture de cet article (pour ma part, je juge que les pilotes sont sous-payés, eu égard à leurs responsabilités. Quand on monte dans un avion, on confie quand même sa vie au pilote... de la même manière que vous la confiez à l’anesthésiste qui vous endort et au chirurgien qui vous opère) est celle des critères susceptibles de fonder légitimement une rémunération : difficultés pour parvenir à un emploi (études longues et difficiles), responsabilités parfois écrasantes (pilotes, médecins), valeur apportée au fonctionnement d’une entreprise, rareté du poste occupé, pénibilité ? Et je dois en oublier...

    Et c’est peut-être en analysant la question sous cet angle que l’on se rend compte que l’on vit chez Ubu. Il serait facile et démagogique de faire référence aux cas extrêmes, ceux des P-DG incompétents qui quittent leur entreprise avec un parachute en or massif ou ceux des gouvernants de tout poil qui, aussi incompétents fussent-ils, sont protégés par leur immunité pénale malgré une rémunération conséquente (Là, pas question de salaire au mérite !).

    Néanmoins, quelle logique est à l’oeuvre pour tous ceux dont les revenus sont déterminés, d’une manière ou d’une autre, par des tiers et non par le fruit de leur propre travail ? On peut mesurer l’absurdité d’un système en recoupant certains critères :
    Un anesthésiste ou un pilote pourra personnellement être poursuivi en Justice s’il a commis une grave erreur, mais pas le Président de la République qui aura fait plonger l’économie et mis des milliers de personnes au chômage... Etc..., etc... Ils peuvent, les uns et l’autre, bien entendu perdre leur poste, leurs patients, ou ses électeurs, mais c’est un moindre mal, en quelque sorte.

    A vrai dire, les revenus me paraissent extrêmement révélateurs des valeurs portées par une société donnée : on a donc la société qu’on mérite, y compris une société qui rémunère ses financiers (même incompétents) infiniment mieux que ses pilotes, ses médecins, ou ses chercheurs. Et pourtant, au moment de monter dans l’avion, vous souhaitez très, très fort que le pilote soit compétent, au moment où vous entrez au bloc opératoire, vous souhaitez très, très fort que le chirurgien et l’anesthésiste soient compétents, au moment où l’on vous annonce un cancer, vous souhaitez très, très fort que les chercheurs soient compétents... Et pour que ces personnes soient compétentes, il faut qu’elles aient eu des enseignants compétents...
    Avez-vous jamais souhaité que les traders de votre banque soient compétents ? Ah si, j’oubliais, si vous êtes... actionnaire.

    Un post-scriptum : je suis universitaire. Bac +... 11. Je gagne, en fin de carrière, 2900 euros net. Un doctorat de 6 ans de travail acharné ne m’a pas fait gagner un seul euro supplémentaire. Mais, d’un autre côté, je ne peux pas faire mourir mes étudiants, sauf d’ennui.
    Je suis, en revanche (c’est un « je » générique, naturellement), indispensable à la formation du pilote, du chirurgien, du chercheur... et même du trader.

  • athis11
    • Posté à 08h39 le 20/11/2008
    • Internaute 20516

    Etant moi-même ancien CCP à Air france (chef de cabine principal) avec 15000H de vols long courrier dont la moitié pratiquement de nuit, et 25 années de carrière je puis témoigner que ce qui est dit plus haut, est vrai. A la retraite depuis plusieurs années, je n’ai toujours pas réussi à dormir comme tout le monde car pratiquement insomniaque, et j’ai été opéré deux fois d’une hernie discale, maladie professionnelle reconnue chez le personnel navigant commercial. Les gens pensent que nous sommes toute l’année sur les plages au soleil, bronzés et en vacances, qu’ils essayent un peu de faire ce que nous faisons, qu’ils acceptent de travailler même les jours fériés, même la nuit, à Noël, le jour de l’An, disponibles 24/24 ! on en reparlera ! Bien payé ! sans doute, encore que, maintenant les contrats d’embauches ont bien changés, mais bien payés pour de bonnes et justes raisons !