12/11/2008 à 23h00

A la maison, peut-on se déconnecter du boulot ?

François Krug | Journaliste Rue89


Quel est le meilleur endroit de la maison pour travailler ? (Yann Guégan/Rue89).

Un coup de fil de votre chef sur votre portable au milieu de la soirée, un dernier coup d’oeil à vos mails professionnels avant de vous coucher : la technologie a effacé la frontière entre le bureau et la maison. Pour préserver votre vie privée, pouvez-vous refuser ce lien permanent avec votre entreprise ?

En théorie, oui, à condition de ne pas être d’astreinte. Vous êtes donc libre de raccrocher au nez de votre patron, ou d’allumer votre ordinateur uniquement pour lire Eco89. La pratique est évidemment moins simple. Explication de Jean-Emmanuel Ray, professeur à la Sorbonne et spécialiste de l’impact des nouvelles technologies sur le droit du travail :

« Il faut distinguer l’astreinte officielle et l’astreinte officieuse. Soit vous êtes d’astreinte officielle, et vous êtes rémunéré pour cela. Un ascensoriste ou un infirmier d’astreinte peut rester chez lui, mais il a l’obligation de décrocher. Sans cela, il est fautif. Pour les cadres, la subtilité est qu’il n’y a pas d’astreinte officielle. On est dans la télé-disponibilité. »

« On est pris dans la toile »

Une « télé-disponibilité » parfois renforcée par des avantages en nature difficiles à refuser, du forfait téléphonique au BlackBerry, qui repoussent encore plus les limites géographiques du lieu de travail. Mais pour Claire Beffa, directrice du cabinet de conseil en ressources humaines Equilibres, le salarié a son mot à dire :

« Il y a une forte culture du “présentéisme” dans les entreprises. Mais c’est au salarié de fixer les limites. Personne ne l’oblige à rallumer le BlackBerry le soir en rentrant du cinéma. Il faut se poser des questions : où mettez-vous les limites ? Est-ce que ça vaut le coup d’être bouffé par le travail ? »

Peut-être pas, mais a-t-on toujours le choix ? Jean-Emmanuel Ray prend ainsi l’exemple d’un cadre parti en vacances au mois d’août :

« S’il n’écluse pas ses mails jour par jour, ce sera ingérable le lundi de la rentrée. Son employeur ne lui demande rien, mais c’est dans son propre intérêt de consulter ses mails. On est vraiment pris dans la toile, au sens arachnéen. »

Une charte pour en finir avec les mails après 18h30

Certaines entreprises ou administrations commencent à prendre la mesure du problème. Et instaurent des chartes limitant les envois d’e-mails et les appels en dehors des heures officielles de travail. Claire Beffa et le cabinet Equilibres ont ainsi travaillé récemment avec l’Union des caisses nationales de sécurité sociale (UCANSS) :

« Quand le chef envoie un mail à 22h30, la pression est forte pour le salarié. Les supérieurs hiérarchiques, eux, sont au forfait et ont aménagé leur temps de travail. La charte signée à l’UCANSS limite donc l’envoi de mails entre 8 heures et 18h30, les horaires d’ouverture à l’usager. »

Peut-on néanmoins être sanctionné pour ne pas avoir répondu à un appel ou un mail ? Non, assure l’avocat François Denel, du cabinet DBC Avocats :

« Ça ne peut pas avoir de conséquence disciplinaire. Une sanction serait automatiquement annulée par un conseil des prud’hommes. Comment votre employeur peut-il prouver que vous n’avez pas consulté un mail ? C’est différent si des traceurs indiquent si le mail a été ouvert ou non. Il faudrait alors plaider sur les conséquences pour l’entreprise. Le seul fait de ne pas avoir consulté un mail ne suffit pas. Sauf si vous deviez absolument y répondre et que cela a fait perdre un marché, par exemple. »

« Au travail, je suis joignable. En repos, je suis dérangeable »

Les limites de la « télé-disponibilité » ont d’ailleurs été en partie définies par la Cour de cassation en 2004. Un ambulancier d’une société privée, qui n’était pas d’astreinte et profitait de sa pause déjeuner, n’avait pas répondu à trois appels successifs de son patron sur son portable personnel.

La cour avait annulé son licenciement pour faute grave : les appels avaient été passés en dehors du temps de travail effectif, et sur un téléphone n’ayant pas été fourni par l’entreprise.

Pour Jean-Emmanuel Ray, la frontière entre vie professionnelle et vie privée reste cependant fragile :

« Sur mon temps de travail, je suis joignable. Sur mon temps de repos, je suis dérangeable. »

Et vous, acceptez-vous qu’on vous joigne... ou qu’on vous dérange ?

Photos : Quel est le meilleur endroit de la maison pour travailler ? (Yann Guégan/Rue89)

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  • LADEBAT
    LADEBAT
    Spec-acteur
    • Posté à 00h51 le 13/11/2008
    • Internaute 58565
      Spec-acteur

    bonjour, vous-êtes bien sur le répondeur du 06XXXXXX, après votre message, vous pouvez le modifier en tapant #....

  • hgo04-
    hgo04-
    Citoyen Lambda
    • Posté à 07h43 le 13/11/2008
    • Internaute 40134
      Citoyen Lambda

    Pourquoi pas.. mais avec accord et surtout une réponse sonnante... Les heures sup doivent être payées plus, histoire de vraiment gagner plus...

    Mais en premier lieu, la liberté de refuser sans autre contrainte...

  • deecurl
    • Posté à 09h55 le 13/11/2008
    • Internaute 13077

    aucun de mes collègues n’a mon portable. je ne consulte pas mes mails pro chez moi. je m’organise de manière à faire tout mon boulot au bureau pour surtout ne pas y penser chez moi.

    pour l’instant, aucun problème. j’espère que ça va continuer :)

    j’ai bien des chefs qui envoient des mails le dimanche soir, hé bien je les lis le lundi matin. de toute façon je fais des calculs qui nécessitent d’être sur le serveur du bureau pour tourner, à moins de préparer des documents je ne pourrais pas travailler de l’extérieur.

  • Erwan69100
    • Posté à 11h14 le 13/11/2008
    • Internaute 14567

    C’est ce que les habitants des Etats-Unis appelent une « electronic lead » ou laisse électronique. Ne vous laissez surtout pas faire, ne devenez pas une victime consentante, active. Une fois sorti de votre travail, votre vie (la vraie) doit absolument prendre le dessus ! ! !

  • flixp
    flixp
    Aboyeur
    • Posté à 12h35 le 13/11/2008
    • Internaute 34063
      Aboyeur

    Je suis travailleur indépendant. Certains clients m’appellent à des heures indues ou le week-end parfois. Je répond par politesse quand je le peux, mais je leur explique que je ne suis pas disponible. En général ils comprennent et ne le font plus sauf urgence. C’est à chacun de nous de mettre les limites et faire comprendre à notre interlocuteur quelles sont nos disponibilités.

    Parfois, le message passe mal. Le client ne comprend pas. Et cherche en vous demandant une disponibilité sans limite à vous dominer. A ce moment là je mords. Car en fait, au lieu d’une simple efficacité du travail, c’est un réel rapport dominant/dominé qui se réalise via notre souplesse communicative.

    • TARPON
      TARPON répond à flixp
      • Posté à 12h51 le 13/11/2008
      • Internaute 27263

      le petit chef qui perturbe la vie privée de ses collaborateurs n’est pas à sa place ,il prouve ainsi sa desorganisation.Il y a un temps pour tout ,dont un temps pour defragmenter le disque dur et la vie privée ça sert à ça ;
      S’il est evident que pour un cadre responsable ,ses preoccupations restent en fond d’ecran,le viol de sa vie privée car il s’agit de ça par sa hierarchie conduit à court terme à une baisse d’interet puis de performances.
      Il est obligatoire de conserver une frontiere entre vie professionnelle et vie privée.Les deux ont tout à y gagner.

  • Homer555
    • Posté à 13h16 le 13/11/2008
    • Internaute 45141

    Lorsque mon chef m’a demandé mon numéro personnel, sur un coup de sang, pour m’appeler en cas de problème, j’ai simplement refusé. Mes coordonnées font parties des informations que je divulgue à qui bon me semble.

    J’estime que le boulot de la direction, c’est de s’assurer que l’entreprise soit en mesure de tourner même en cas d’absence d’un employé. Si on ne peut pas se passer d’une personne pour résoudre un problème, c’est qu’il y a une grave carence en communication entre employés (rétention d’informations) ou de compétences (un seul employé apte à prendre une décision).

  • marie 75
    • Posté à 13h55 le 13/11/2008
    • Internaute 3563

    les hospitaliers répondent toujours au tél. même s’ils ne sont pas de garde : ils ont le respect du sce public et des patients.
    Les malades passent avant les jours de repos !
    C’est le cas de mon mari.

  • Keldan
    Keldan
    Now future & karpe diem
    • Posté à 14h11 le 13/11/2008
    • Internaute 5164
      Now future & karpe diem

    Cela m’est arrivé de recevoir un coup de fil du boulot alors que j’étais en congés, mais ça toujours été pour des problèmes urgents et très importants, que seul moi pouvait résoudre en cinq minutes au lieu d’y perdre trois jours.
    Une fois tous les six mois ça va, je vais pas non plus faire le salaud et puis ça serait con de laisser mes collègues dans la merde.

    Par contre, leur problème pour me joindre, et qui fait qu’on évite de me joindre en congés, c’est que le matin je décuve et l’après midi je suis déjà défoncé... Ça leur fait toujours bizarre de répéter une question bateau trois fois et d’attendre la réponse pendant trente seconde : D

  • YoshiL7
    • Posté à 14h19 le 13/11/2008
    • Internaute 29840

    Pour certains, l’entreprise fait tout pour que son salarié reste connecté 24/24h 7/7j sur leur boulot... on leur parle de grande famille, et non plus de collègues mais d’amis... alors comment faire pour refuser une demande d’un ami ou de sa nouvelle famille ? De plus, l’entreprise vous fournira une voiture pour ne pas pouvoir refuser un déplacement à tout moment... une carte essence pour pouvoir remplir le réservoir facilement... un téléphone pour rester joignable ou dérangeable à tout moment (combien de personnes osent couper leur tel pro ?)... un PC portable pour faire tout le reste quand on emmène du boulot à la maison ou pour pouvoir accéder à son « bureau » à tout moment... des grands WE de rassemblement pour souder les troupes... on éliera les meilleurs tous les ans... on prendra via tout cela l’ascendant sur le salarié... Meme en colère, le salarié finira par dire que c’est de sa faute... on lui rappellera que si il n’est pas la, il met dans les emmerdes les autres... bref, certains rêvent de tout cela dans leur vie pro, du moins de tous ces accotés, de ces gadgets... ils se sentent peut-etre plus forts, plus reconnus ou peut-etre ont le sentimant de réussite... mais le revers peut faire mal... l’entreprise ne propose pas cela pour l’unique plaisir de son salarié... elle fait que rarement dans le social... la vie perso en prend alors un grand coup avec les conséquences que cela peut avoir... certains n’en revent certainement plus du tout de tout ca... Ne généralisons pas non plus...

  • General Subverciòn
    General Subverciòn
    viva Makhnovchtchina
    • Posté à 16h26 le 13/11/2008
    • Internaute 47117
      viva Makhnovchtchina

    Zombie Zombie ! A l’horizon : le burnout pour les accros au stress...Sidérant ! ! !

  • ah_bon
    ah_bon
    cherchant
    • Posté à 17h43 le 13/11/2008
    • Internaute 54339
      cherchant

    je n’ai pas d’astreinte officielle, et je ne suis pas médecin ou infirmier, donc quand quelqu’un non reconnu appelle sur mon portable le soir, le week-end ou un jour de congé, je laisse passer sur le répondeur. Si c’est mon chef qui me laisse un message (du style « j’ai une question, peux-tu me rappeler »), j’utilise 10 minutes plus tard slydial (slydial.com), qui me permet de laisser un message sur son voice mail de portable sans que son portable sonne (ça ne marche pas avec un téléphone fixe), et bien hypocritement je dis « ah je suis désolé que tu n’aies pas pu me joindre, rappelle-moi si tu peux »), et s’il rappelle soit je refais la même chose, soit j’ignore tout simplement.

    C’est vrai que légalement on peut raccrocher au nez de son patron si on n’est pas d’astreinte officielle, mais si on le fait, on risque fort de se retrouver sur la liste du prochain « plan social », donc on est obligé d’être hypocrite !

    Slydial est un service aux US, mais il doit bien y avoir la même chose en France ?

  • Jean-Benoît
    Jean-Benoît
    pleuw89
    • Posté à 05h01 le 14/11/2008
    • Internaute 28879
      pleuw89

    J’adore les « Entrprise X Staff Contact », cette petite liste dans laquelle chacun peut trouver le numéro de poste du collègue, le numéro de téléphone pro, mais aussi le numéro de téléphone personnel. Quelle joie de savoir que sans mon accord la secrétaire a actualisé le répertoire de la boîte. Ainsi, lorsque je coupe mon protable pro, tout le monde se tourne vers mon perso.

    Heureusement que j’aime mon travail.

  • ducatel
    • Posté à 08h49 le 14/11/2008
    • Internaute 7941

    je suis d’accord avec la pression qui est détaillée dans l’article et les commentaires mais j’y trouve également mon compte : lorsque mon fils a un spectacle scolaire en semaine, je ne prends pas de congés et j’y vais sans aucune mauvaise conscience. De même si je souhaite aller au premier jour des soldes pendant 2 heures. J’y vais sachant que s’il y a une urgence, je peux réagir.
    C’est un exercice individuel de trouver « le bon rythme ». Je releve mes emails quand je suis en vacances, mais dans le même temps j’essaie toujours d’avoir 1 back-up au bureau durant la période afin de faire face aux imprévus. En effet, je suis entièrement d’accord avec les commentaires indiquant qu’une personne n’est pas irremplaçable.

  • Eliott
    • Posté à 09h49 le 18/11/2008
    • Internaute 24550

    Bonjour,

    ces nouveaux outils de communications sont efficaces si on les utilise à bon escient.

    Le mail et le téléphone portable de mon point de vu répond à la théorie de la patate chaude. C’est-à-dire que si on a un problème et en particulier la hiérarchie N+x elle ne peut s’empêcher d’appeler. Bref elle vous donne son problème. A la limite pourquoi pas ? Puisque nous sommes là pour bosser.

    Mais il y a une notion d’urgence implicite, si on vous appelle c’est parce que c’est urgent, et on faisait comment avant ?

    J’ai donc décidé d’utiliser mon portable uniquement sur messagerie, et je prends connaissance des messages 1 à 2 fois par jours. Hors de question d’appeler après les heures de travail (9h-19h). Avant je filtrais les appels mais trop difficile de ne pas décrocher, donc messagerie directement.

    Ma direction certes n’appréciait pas ce comportement, mais après de difficiles discussions je lui ai demandé pourquoi devrais je répondre immédiatement à ces appels, car pour la majorité d’entre eux elle était capable de trouver elle même les réponses, et qu’il n’y a aucune urgence justifiant la désorganisation de mon travail.

    Car il ne faut pas se leurrer lorsqu’on appelle une personne c’est soit pour lui mettre la pression (donc aucun intérêt), ou la majorité du temps lui demander une information qu’on a la flemme de chercher et que généralement on peut trouver seul dans 1/4 d’heure.

    Avec le temps, les personnes ne pouvant vous joindre dans l’urgence prennent l’habitude de faire autrement, et vous on retrouve une vraie maitrise de son temps.

  • Nébuleuse
    Nébuleuse
    Ras les Antennes
    • Posté à 15h27 le 27/11/2008
    • Internaute 51034
      Ras les Antennes

    Intéressant comme article : moi, je me suis fait jeter parce que j’ai refusé de penser à mon dirigeant à minuit le jour du Réveillon.

    Il m’a demandé à mon évaluation 15 jours plus tard, si je l’avais fait, je lui ai répondu que « non »... Lui a précisé qu’il avait pensé à moi ( ? sympa le patron, fallait pas !)...

    Résultat : pas d’annotation sur mon bon comportement sur la feuille d’évaluation, et six mois plus tard à sa nomination au poste supérieur, au placard, et même pire, après, surcharge abusive, passage à l’infirmerie, déclarée en danger, dépression, et licenciement, puis dépression majeure accentuée (à haut risque suicidaire)... et en longue maladie jusqu’en 2012 accordée généreusement par le Médecin Contrôleur de la Sécurité Sociale, sur l’intervention de ma spécialiste que je ne remercierai jamais assez pour être la seule à avoir oser soulever le téléphone pour réellement m’aider. J’en avais les larmes au yeux quand on m’a remis le papier d’acceptation. Je n’étais plus habituée à avoir une aide de quiconque, les syndicats ayant bien « collaboré » à ma perte !

    C’est bien cher payé, le refus de l’embrigadement à outrance, un esclavage qui aliénie la liberté de penser, la liberté d’aimer, la liberté de corps, la liberté sexuelle... D’ailleurs si j’avais dit oui, que me serait-il arrivé ? On se le demande...

  • Blacksad75
    Blacksad75
    Fonctionnaire
    • Posté à 09h56 le 08/01/2009
    • Internaute 65167
      Fonctionnaire

    Je travaille une partie de mon temps chez moi, une partie en entreprise, et une partie au bureau.

    Mon employeur a mis à disposition de mon service des portables professionnels.

    Lorsque mon chef de service nous a demandé de lui remettre nos numéros de portables et fixes personnels, ce fût le clash...

    Il faut faire la part des choses. Je suis disponible sur mon portable professionnel pour n’importe quelle raison lorsque je ne suis pas au bureau, si je n’ai pas posé congé. Mais si je suis en congés, pas question de bosser.

    Je suis d’accord avec ducatel, il faut savoir poser une frontière et s’efforcer à une certaine discipline lorsqu’on travaille en partie à la maison.

    Dernière anecdocte : ma femme est commerciale ; un wee-end un client s’est permi de chercher son numéro de fixe dans l’annuaire et de l’appeler... il s’est fait recevoir...

    Je crois effectivement que les technologies ont évolué, mais aussi les mentalités. Le terme « présentéisme » résume bien les choses, et je le complèterais par celui de « disposéisme » : certains estiment qu’on n’a pas le droit de ne pas être disponible.

  • Forrest Gump
    • Posté à 10h46 le 14/11/2008
    • Internaute 32802

    Je suis commercial, mais passe la plus grande partie de mon temps à mon domicile derrière l’ordinateur, et une autre en déplacement chez les clients.

    J’ai ainsi une très grande liberté d’organisation de mon emploi du temps et ne subis de ce fait aucune contrainte....si ce n’est celles que je m’impose moi-même en travaillant les week-ends quand je suis surchargé, voire pendant les congés.

    Mon bureau étant dans ma maison, la frontière entre les deux est très difficile à établir.

    Mais à choisir, entre cette situation ambiguë et aller travailler à 500 km de mon domicile, au siège de l’entreprise avec mes autres collègues, en ayant de ce fait à me couper de ma famille toutes les semaines, payer les frais de vie inhérents à cette situation, pour uniquement faire la distinction entre le travail et le privé, mon choix est vite fait !

  • deecurl
    • Posté à 10h52 le 14/11/2008
    • Internaute 13077

    Aucun de mes collègues n’a mon portable. Je ne consulte pas mes mails pros chez moi. je m’organise de manière à faire tout mon boulot au bureau pour surtout ne pas y penser chez moi.

    Pour l’instant, aucun problème. J’espère que ça va continuer :)

    J’ai bien des chefs qui envoient des mails le dimanche soir, eh bien je les lis le lundi matin. De toute façon, je fais des calculs qui nécessitent d’être sur le serveur du bureau pour tourner. A moins de préparer des documents, je ne pourrais pas travailler de l’extérieur.

  • flixp
    flixp
    Aboyeur
    • Posté à 10h55 le 14/11/2008
    • Internaute 34063
      Aboyeur

    Je suis travailleur indépendant. Certains clients m’appellent à des heures indues ou le week-end parfois. Je réponds par politesse quand je le peux, mais je leur explique que je ne suis pas disponible. En général, ils comprennent et ne le font plus, sauf urgence. C’est à chacun de nous de mettre les limites et faire comprendre à notre interlocuteur quelles sont nos disponibilités.

    Parfois, le message passe mal. Le client ne comprend pas. Et cherche, en vous demandant une disponibilité sans limite, à vous dominer. A ce moment-là, je mords. Car en fait, au lieu d’une simple efficacité du travail, c’est un réel rapport dominant/dominé qui se réalise via notre souplesse communicative.

  • Homer555
    • Posté à 10h58 le 14/11/2008
    • Internaute 45141

    Lorsque mon chef m’a demandé mon numéro personnel, sur un coup de sang, pour m’appeler en cas de problème, j’ai simplement refusé. Mes coordonnées font parties des informations que je divulgue à qui bon me semble.

    J’estime que le boulot de la direction, c’est de s’assurer que l’entreprise soit en mesure de tourner même en cas d’absence d’un employé. Si on ne peut pas se passer d’une personne pour résoudre un problème, c’est qu’il y a une grave carence en communication entre employés (rétention d’informations) ou de compétences (un seul employé apte à prendre une décision).

  • Jean-Benoît
    Jean-Benoît
    pleuw89
    • Posté à 11h01 le 14/11/2008
    • Internaute 28879
      pleuw89

    J’adore les « Entreprise X Staff Contact », cette petite liste dans laquelle chacun peut trouver le numéro de poste du collègue, le numéro de téléphone pro, mais aussi le numéro de téléphone personnel.

    Quelle joie de savoir que, sans mon accord, la secrétaire a actualisé le répertoire de la boîte. Ainsi, lorsque je coupe mon portable pro, tout le monde se tourne vers mon perso.

    Heureusement que j’aime mon travail.

  • ducatel
    • Posté à 11h04 le 14/11/2008
    • Internaute 7941

    Je suis d’accord avec la pression qui est détaillée dans l’article et les commentaires, mais j’y trouve également mon compte : lorsque mon fils a un spectacle scolaire en semaine, je ne prends pas de congés et j’y vais sans aucune mauvaise conscience. De même si je souhaite aller au premier jour des soldes pendant deux heures. J’y vais sachant que s’il y a une urgence, je peux réagir.

    C’est un exercice individuel de trouver « le bon rythme ». Je relève mes e-mails quand je suis en vacances, mais dans le même temps, j’essaie toujours d’avoir un back-up au bureau durant la période afin de faire face aux imprévus. En effet, je suis entièrement d’accord avec les commentaires indiquant qu’une personne n’est pas irremplaçable.

  • franck38
    franck38
    Ingénieur
    • Posté à 20h29 le 23/11/2008
    • Internaute 59875
      Ingénieur

    Je travaille chez HP, nous sommes precusseur dans la déstructuration du travail ... et dans la préssion aussi ! ON nous donne tous les moyens de travailler à la maison et quelque soit le jour ou l’heure. Bien évidemment la direction refuse de règlementer ce mode de travail malgrés les demandes des syndicats. L’évaluation individuelle qui est directement un facteur de progression salariale (il faut dire que c’est totut a fait possible et de plus en plus courant de ne pas avoir d’augmentation), favorise la compétition entre les employés alors la connection en fin de soirée ou le week end est quasiment le mode normal de travail de chaque cadre.