Enquête 09/11/2008 à 23h09

Comment les écrivains français gagnent leur vie




Amélie Nothomb (Audrey Cerdan/Rue89).


Sujet tabou entre tous, le train de vie des grandes plumes françaises reste un secret bien gardé par les grandes maisons de Saint-Germain-des-Prés. En tout, les écrivains vivant de leurs livres ne sont pas plus de cent cinquante. Une bourse éminemment volatile que nous avons décryptée comme une course cycliste, avec ses stars et ses porteurs d’eau.

Les règles de la course aux à-valoir

Lorsqu’il signe un contrat avec une maison d’édition, un auteur est rémunéré de deux façons : il perçoit d’abord un « à-valoir » sur les droits d’auteur, somme calculée en fonction de sa notoriété, du sujet, de l’audience espérée par l’éditeur. Ensuite, il percevra, un an après la sortie du livre, les droits, soit un pourcentage du prix hors taxe. Le contrat de base, en littérature générale, est le « 8/10/12 » : 8% pour un premier palier de 0 à X exemplaires, 10% de X à Y exemplaires et 12% au-delà. Le contrat devient un « 10/12/14 » quand l’auteur est une star… ou un gros transfert. Le X et le Y variant en fonction de la notoriété de l’auteur et des ventes des livres précédents.


Exemple avec Faïza Guène : le contrat signé avec Hachette Littératures est un « 10/12/14 » depuis son premier livre. La jeune romancière touche 10% entre 0 et 10 000 exemplaires vendus, 12% jusqu’à 20 000, et 14% au-delà.

Entre son premier (« Kiffe kiffe demain », 2004) et son troisième roman (« Les Gens du Balto », 2008), son à-valoir a triplé.

L’à-valoir est un chiffre reconnu comme très réaliste, puisqu’il est calé sur les chiffres de ventes des livres précédents et sur le potentiel du nouveau livre. « Une évaluation qui est la plus saine possible », note-t-on chez Flammarion avant de préciser :

« Ce qui fausse tout, c’est lorsqu’il y a transfert d’un auteur. Car l’à-valoir augmente alors de 30 ou 50%, mais n’est plus calé sur le potentiel de l’auteur. »

Comme sur les grosses transactions du mercato, il faut aussi rembourser le coût du transfert.

L’échappée belle


En avant du peloton, ils sont une douzaine d’auteurs -jamais plus de quinze- à pouvoir prétendre à des à-valoir oscillant entre 1 et 2 millions d’euros par livre. Sans compter la variable de négociation des droits (étrangers, audiovisuels) qui peuvent générer des revenus supplémentaires.

Les qualités indispensables pour en faire partie


Anna Gavalda (Audrey Cerdan/Rue89).

A ce prix-là, il faut avoir derrière soi plusieurs best-sellers (au-delà de 100 000 exemplaires), une vraie régularité dans la production (un livre par an ou tous les deux ans) et dans la qualité des œuvres. Sans oublier ce petit plus de la médiatisation assumée qui fait d’un écrivain un véritable auteur à succès : être râleur, paranoïaque ou passionné d’ufologie...

Ce petit club est réservé à des auteurs professionnels, dont c’est, en général, l’unique activité.


La romancière Fred Vargas à Rue89 (Maé Faure).

La plupart sont des quadras, ayant réussi à créer un style à la fois très personnel et populaire, autour de thèmes qui font écho dans la société.

En résumé, il faut être à la fois original et consensuel. La plupart de ces auteurs ont des agents littéraires pour négocier leur contrat.

Pour les plus gros succès, il faut ajouter à cela les droits générés par les reventes à l’étranger et, en cas d’adaptation au cinéma ou à la télévision, les droits audiovisuels. Ainsi, Jean-Christophe Grangé est-il passé de 2 millions de francs en 1998 pour « Le Vol des cigognes » à 1 millions d’euros pour « L’Empire des loups » en 2003 (source CNC). Tout cela est soumis à impôt et à cotisations sociales (6% des droits perçus).


Marc Lévy (Audrey Cerdan/Rue89).

La short list

L’échappée se compose aujourd’hui d’Anna Gavalda, Fred Vargas et Amélie Nothomb pour les femmes. Avec Christian Jacq, Jean d’Ormesson, Marc Lévy, Michel Houellebecq, Bernard Weber et Jean-Christophe Grangé pour les hommes.

Frédéric Beigbeder flirte avec ce groupe, mais n’a pas été assez régulier pour l’intégrer. D’après les Echos, Guillaume Musso n’en serait plus très loin.

Le peloton


A quelques longueurs, voici le peloton : quelques dizaines d’auteurs, jusqu’à une centaine dans les périodes fastes. Ils se voient gratifiés d’à-valoir évoluant entre 150 000 et 250 000 euros. Selon l’avocat Emmanuel Pierrat, spécialisé dans la propriété intellectuelle et écrivain à ses heures :

« Il faut y inclure tout ceux qui ont eu leur heure de gloire, un gros prix littéraire ou un vrai best-seller et puis qui sont retombés à un étiage moyen. »


« Etiage moyen » signifie des tirages oscillant entre 10 000 et 100 000 exemplaires.

Les qualités indispensables pour en faire partie

Avoir une vraie plume (ou pas) et/ou être capable d’une grande originalité dans le traitement du sujet. En fait, beaucoup d’écrivains sont l’homme (ou la femme) d’un seul livre. Certains se contentent de répéter la même recette, d’autres appliquent la tambouille marketing, efficace mais pas forcément emballante. Certains aussi s’attaquent à des sujets plus sélectifs, moins grand public. Beaucoup ont une autre activité liée à l’écriture : nègre, journaliste, ou universitaire.

Les classements intermédiaires

Quoiqu’il en soit, dans l’ensemble du peloton, 98% des auteurs publiés ont un autre métier. En France, cette seconde source de revenus est elle-même liée à l’écriture (nègre, traducteur, éditeur) ou à la sphère intellectuelle (journaliste, professeur), voire diplomatique (Jean-Christophe Rufin, Yasmina Khadra). Souvent, ces revenus sont les plus importants et vont faire augmenter la « valeur » de la demande.

Par exemple, un journaliste/écrivain people, devenu people grâce aux médias, fera augmenter ses à-valoirs grâce à sa valeur médiatique, plus que par sa valeur littéraire et son potentiel de ventes. Il y a aussi les écrivains qui deviennent « critiques », une fois qu’ils ont acquis quelque notoriété avec leurs livres. On vient leur demander des articles un tant soit peu en rapport avec ce qu’ils ont publié. C’est ainsi que, en fonction de sa légitimité et quel que soit le chemin effectué, un écrivain devient « quelqu’un qui connaît le sujet » (François Bégaudeau, Daniel Picouly).

Autres spécialistes des classements par points, les écrivains « de genre ». Spécialement ceux qui œuvrent dans le polar (Dan Franck). Ils sont très courtisés par les productions pour devenir scénaristes : Tito Topin, auteur de plusieurs romans, est ainsi devenu le « père » de Navarro, avant une grosse colère contre TF1 à la fin de l’exploitation du personnage -dont il avait gardé les droits. Le triomphe des séries « à saisons » coïncide avec l’émergence d’une nouvelle génération d’auteurs : Franck « La Chambre des morts » Thilliez, va ainsi s’essayer à l’écriture d« une grosse série télévisée, avec d’autres écrivains de genre.


Guillaume Musso (Audrey Cerdan/Rue89).

Les nouveaux et les habitués

Dans cette catégorie, on peut distinguer deux types d’auteurs. Les vieux routiers, connaissant toutes les ficelles du métier : Régine Desforges, Max Gallo, Patrick Rambaud, Irène Frain, Tahar Ben Jelloun, Jean-Christophe Rufin... Liste ecclectique qui ne reflète en rien les qualités (ou défauts) littéraires des uns et des autres.

Et les jeunes prometteurs, en quête de carrière : Guillaume Musso en parfait représentant de la génération “je-sais-faire-un-bon-livre”.

La cohorte des excellents anonymes


Ici s’ouvre la longue liste des auteurs obtenant des à-valoir inférieurs à 100 000 euros, mais supérieurs à 20 000 euros. Une pléiade (quelques centaines) qui parvient à draîner un large public. Ils ont l’habitude de publier : des livres pratiques, des livres de jeunesse, mais aussi des romanciers réguliers ayant conquis au fil des années un public restreint mais fidèle. A chaque publication, ils parviennent à écouler quelques dizaines de milliers d’exemplaires, avec des livres ayant une durée de vie plus longue que la moyenne.

Les qualités indispensables pour en faire partie

Faire simple, plutôt court et concret… qualités nécessaires pour les livres dit pratiques. A l’inverse, si l’on prétend à la fiction, la méthode inverse est applicable : faire long, complexe et abstrait. Pas de recette miracle donc, mais la volonté de publier le plus régulièrement possible pour satisfaire ses aficionados.

Le patchwork des auteurs


Le dessinateur Zep (Audrey Cerdan).

Dans cette catégorie, vous trouverez de parfaits inconnus : qui peut citer un auteur de roman de gare sans regarder son kiosque ? Ou alors de vraies vedettes, snobées par les grandes maisons rassemblées autour de la place de l’Odéon. Sans oublier désormais des auteurs de BD qui ont su drainer, au fil des albums, un large public.

Zep, dessinateur, fut en 2006 le plus gros vendeur en librairie avec un tirage de 1,8 million d’exemplaires pour le onzième tome des aventures de Titeuf.

L’autobus


Dans le langage des suiveurs, l’autobus, c’est le groupes des sans-grades qui se rassemblent au pied du col, pour être sûr de ne pas terminer la course hors-délais. La fourchette des à-valoir varie de 2000 à 10 000 euros. Ici, on trouve les fatigués, les plagiaires et les exigeants. Le long cortège de ceux qui refusent tout compromis avec le genre, l’écriture ou le sujet. “La bérézina”, lance Emmanuel Pierrat, ironique, ajoutant que l’autobus regroupe “des milliers d’auteurs”. Parfois très bons, mais évoluant dans un secteur en crise. A l’image de l’excellent écrivain qu’est notre blogueur Francis Mizio, moins enthousiaste sur l’évolution de l’économie du métier :

“Les à-valoir se sont effondrés ces cinq dernières années. Avant, une série noire chez Gallimard, c’était 5000 euros, pour un tirage moyen de 5 à 6000 exemplaires. Aujourd’hui, la moyenne est à 1000 exemplaires. Faites le calcul… Et ne parlons pas de la littérature jeunesse, où les à-valoir ont perdu deux tiers de leur valeur. Le secteur est ultra saturé, donc les ventes sont faibles.”

Cette crise est sans doute aussi la conséquence d’une certaine uniformisation des livres marketés pour le succès.

Les qualités indispensables pour en faire partie

D’abord savoir convaincre un éditeur de vous publier. Faire un livre est toujours un pari risqué pour celui qui accompagne sa conception, sa fabrication et sa diffusion. Il peut être convaincu par :

- une personnalité exceptionnelle (les héros inconnus du quotidien) ;
- une histoire exceptionnelle (un destin hors du commun, un événement historique revisité par un personnage) ;
- un genre exceptionnel (une vraie nouveauté littéraire).

Il y a aussi le coup de foudre, incontrôlable, non pas pour les beaux yeux d’un auteur, mais pour le souffle du récit. Ou le coup de chance.

Une catégorie où il est obligatoire d’avoir un (autre) vrai métier

Dans cette dernière catégorie, vous trouvez de très nombreux journalistes, abonnés aux livres “documents” (la non-fiction, comme disent les éditeurs). Mais aussi des “ghost writers”, des écrivains fantômes, qui prêtent leur plume à ceux qui n’en ont pas. La plupart des livres de témoignages, par exemple, sont écrits par des nègres. Tout comme les brillantes analyses économiques des grands patrons, les biographies des hommes politiques ou les mémoires des artistes. En général, ces gens-là n’ont pas le temps d’écrire. Ils font alors appel aux pros de l’écriture.

Hubert Artus et David Servenay

Photo : Les romanciers Amélie Nothomb, Faïza Guène, Anna Gavalda, Marc Lévy, Guillaume Musso et le dessinateur Zep (Audrey Cerdan/Rue89). Fred Vargas à Rue89 (Maé Faure).

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  • Jaycib
    Jaycib
    Désagrégé de l'Université
    • Posté à 09h26 le 10/11/2008
    • Internaute 37053
      Désagrégé de l'Université

    Très bien, Cyp ! Tu donnes l’adresse de ton site ?

    • compte supprimé 24
      • Posté à 11h15 le 10/11/2008
      • Internaute 8330

      Lien , Jaycib...

      J’en profite pour rajouter que l’écrivain du net, lorsqu’il intervient sur les forums, écrit sur la matière la plus éphémère qui soit : l’octet, qui s’efface d’un clic comme l’a fait Pierre Haski hier sur le fil de discussion de son article sur Nadia Yassine, où une chouette partie de rigolade du dimanche après-midi a disparu soudainement : -(

      L’écrvain du net fait mauvais genre, surtout s’il est comique.

      Dans la foulée, je signale que si vous en avez jusque-là du Prédiseur de la France, vous pouvez aller le marabouter dans mon bloghaus, où nous nous apprêtons à fêter la Saint Nicolas (le 6 décembre) de manière horrifique.

       
      • Jaycib
        Jaycib répond à compte supprimé 24
        Désagrégé de l'Université
        • Posté à 10h48 le 11/11/2008
        • Internaute 37053
          Désagrégé de l'Université

        J’ai vu, Cyp, merci ! Le problème est simple : je n’ai aucune poupée à t’envoyer. Que ça ne t’empêche pas de t’en donner à coeur joie !

        • compte supprimé 24
          • Posté à 13h11 le 11/11/2008
          • Internaute 8330

          Même si tu es très mauvais dessineux, fais un simple dessin, ou un collage rigolo, Jaycib.

          Comme pour un attentat pâtissier à la mode Gloupier, seul le respect du rite importe : -)

      2 autres commentaires
  • adaunis
    • Posté à 14h19 le 10/11/2008
    • Internaute 4255

    cyp, tu prêches pour un « converti », moi en tout cas.
    Effectivement, ils, (les ceusses qui savent), vont se rendre compte un peu tard, que la révolution numérique est passée par là.
    Moi, qui n’ai pas de blog, pour l’exemple, sur mon site, j’ai mis en ligne un premier roman, il y a quelques années, sous forme de roman feuilleton, qui était lu, au point de recevoir des mails qui me disaient (eh ! la suite, quand j’oubliais de mettre en ligne), et je crois plus à la curiosité que l’effet d’annonce.
    J’aime : « Un écrivain ne doit qu’écrire ».
    Qu’importe la « poste héritée ! »

    • compte supprimé 24
      • Posté à 21h10 le 10/11/2008
      • Internaute 8330

      Je suis embêté, Adaunis : d’abord j’ai coquillé en écrivant « Prédiseur » au lieu de « Présideur » en évoquant l’esprit fétide de Sarkolas dans mon second message... et puis tu m’incites à faire un truc pas bien vu, particulièrement sur rue89, où le papotage entre copains est condamné à l’effacette par le grelu de service.

      Mais avec toi je ne résiste pas ; tant pis si je me casse la nénette à ne pas rédiger indigent comme la Nothomb mon moindre postillon, ou vide péteux dévocabularisé à l’instar d’Houellebecq, et que ça ne dure que le temps d’un bref ikebana.

      Ils se rendent pas compte, tu l’as dit ; l’autre jour j’ai entrepris d’écrire à la SGDL (Société des Gens de Lettres, dont je suis sociétaire parce que ça fait chic et qu’en cas de pépin, je peux toujours mettre leur assistante sociale sympatoche en rapport avec la mienne, qui est une couillasse de première) et je suis tombé sur une fille idem coolosse, à qui j’ai exposé à peu près la même chose que dans mon blabla d’ici. Ouiche : ils comprennent, vois-tu. Ils y réfléchissent ; même qu’ils ont un « prix du site multimédia »... et la gonzesse de m’y envoyer. J’ai pas gardé le lien : la lauréate a fait un truc conceptuel chiant de chez chiant et encaissé 3000 € pour ça. Berk.

      Même pour eux, l’internet, c’est multimédia de merde, point à la ligne. Littérature pure et dure ? Sourire gêné. Savent pas quoi répondre. Ils y pensent et s’y penchent, à l’hôtel de Massa mignon.

      J’y ai dit que j’allais sûrement pas renouveler mon adhésion : raquer 40 € par an pour rien de chez rien, à quoi bon ? Je lui ai refilé le lien vers mon site et j’ai vu dans la console d’administration qu’elle avait été y jeter un œil sur trois pages et pendant six minutes. Et puis plus rien.

      Il s’en foutent complètement... mais moi aussi.

      En dix ans d’abstention de cotises, j’économiserai une année de tabac.

      Il est où ton roman ?

  • Absurde
    • Posté à 12h16 le 11/11/2008
    • Internaute 57173

    Ouais, il y a les écrivains du net, les musicos du net, les DJs du net, les slammeurs du net, les cinéastes du net, il y a tout sur ce qu’il te faut sur le net quand tu crées des trucs vachement bien et que tu n’habites pas là où il faut et que tu ne connais pas qui il faut pour concrétiser. Alors c’est bien le net comme support d’expression tous azimuts, pour resserrer sur les écrivains c’est mieux que les fanzines d’il y a vingt ans. On pouvait faire carrière dans les fanzines, y aller tous les mois de sa petite nouvelle et peut-être même faire une compil tous les deux-trois ans pour son p’tit public d’habitués. Sur le ouèbe c’est pareil en moins cher vu que t’as plus les frais d’impression, postaux, d’abonnement. T’as juste à écrire et à porter tes trucs puis à attendre les comms.

    Okay. Mais c’est pas un petit peu frustrant comme démarche d’écrivain ? Je veux bien que l’institution littéraire soit une poubelle, que les revues qui paraissent en librairie soient faites par des cuistres et par des nazes, que le milieu éditorial soit une mafia, qu’il ne se publie que ce qui rapporte entre fils-de et cooptés de service, c’est la pratique courante en France dès que tu touches à l’expression publique.... Mais toi, copain, avec ton art, ton micro-public et surtout le pognon que ça ne te rapporte pas, cette espèce de bénévolat contrit, forcé en tout cas, qui sanctionne la formidable liberté d’exprimer que nous offre le Ouèbe, ça change quoi à ta vie d’artiste ? T’as pas l’impression quelquefois de mouliner dans le vide, tu te sens pas tout con en arpentant une librairie, t’as pas comme la sensation d’être un peu castré de ce qui vraiment fait qu’un écrivain peut être considéré comme tel : le Livre. Car qu’est-ce qui différencie, au fond, un blog d’auteur du blog de mâme Michu qui nous raconte sa liste de commissions ?

    • compte supprimé 24
      • Posté à 13h55 le 11/11/2008
      • Internaute 8330

      Non, ce n’est pas frustrant, Absurde,

      D’abord j’ai du monde dans la salle : entre 600 et 1000 visiteurs chaque jour, depuis des années (j’ai commencé en 2001). J’entends bien par là des visiteurs *uniques*, moteurs de recherches et autres robots spammeurs déduits. Je trouve ça plutôt gratifiant et n’appelle pas ça un « micro public ».

      Côté fric, c’est zéro (ça me coûte 35 € par mois pour la location du serveur), mais je le savais en me lançant dans l’aventure. Je me suis organisé pour : j’ai un métier qui me permet d’écrire (dépanneur informatique à l’atelier).

      Mais quand j’étais publié sur papier, ça ne payait pas non plus : mon dernier petit polar m’a rapporté en tout et pour tout moins de 2000 € (contrat à 7 % et éditeur véreux : Baleine), malgré l’adaptation de la chose en BD. C’est d’ailleurs pour cette raison que j’ai claqué la porte au nez de ces escrocs.

      Ce qui me sidère, par contre, c’est l’indifférence des institutions en charge de la littérature. Combien de gens payés pour ne pas même se rendre compte du phénomène ? Et je ne parle pas de mon cas particulier. Comme je l’écrivais à Adaunis, ils ne font même pas l’effort d’aller nous lire. Parce qu’un blog ou un site d’écrivain n’est pas un simple journal de bord de ménagère : seul le support est similaire.

      Et, non, je ne me sens pas con en allant chez Françoise, notre libraire adorée... sinon que j’ai de fort mauvais yeux et que j’ai bien du mal à lire les caractères imprimés depuis pas mal de temps.

      Le Livre est un objet, quel qu’en soit sa matière. Le débat a toujours eu lieu à ce propos, à toute époque, depuis que l’écriture existe. On ne rédige plus sur des tablettes d’argile, des feuilles de palmier ou du papyrus, que je sache.

      Le même dédain que l’actuel pour la littérature électronique a eu lieu au temps de Gutenberg : Rabelais a eu l’idée géniale de faire colporter ses textes gondolants et subversifs, imprimés sur mauvais papier, et il s’est fait mal voir pour ce faire. Les copistes sur parchemin doivent encore lui en vouloir... comme leurs successeurs se sont moqués des premiers écrivains à la machine (Blaise Cendrars).

      Idem : le site est un objet : c’est le Livre.

      Et dans les livres tu trouveras de tout... comme à la Maison de la Presse du coin ou à la biblioche. De la presse à nichons pour camionneur en passant par les recettes de cuisine.

      Il faudrait simplement qu’un recensement soit effectué, des sites purement littéraires, chose qui n’est pas faite. Là, je serais un tantinet plus satisfait.

       
      • Absurde
        • Posté à 17h27 le 11/11/2008
        • Internaute 57173

        Vrai ce que tu dis, il y a toujours eu une forme d’édition de fortune. Le premier San-Antonio a été publié sur du papier pelure de boucher. On connaît la suite.

        Sur l’institution, ce qui m’étonne c’est que tu en attendes encore quelque chose avec les heures de vol que tu revendiques. L’institution elle en est encore à la littérature Rive-Gauche, l’institution elle est pavée de cuistres planqués et d’administrateurs de carrière qui plutôt que s’intéresser à ce qui essaie de se passer sur place préfèreront claquer de la thune dans des sauteries où des pingouins et leurs poules fardées jusqu’au trou de balle seront conviés à découvrir la poésie hermétique d’un illustre inconnu exporté des Maldives sous des prétextes intello-humanitaires. pour ma part, je ne recherche pas la bénédiction de l’institution. Il est plus à en redouter qu’à en attendre. En fait, moins on a à se colleter avec la SGDL, les Drac et consorts, mieux on se porte. C’est mon sentiment et je le partage.

        Recensement des sites littéraires : le problème c’est qu’il s’en fait tout le temps par toutes sortes de sites et revues qui tous s’affirment détentrices de la Vérité. Tous pratiquent surtout le copinage, et ça ne mange pas de pain vu qu’en-dehors des comme nous (car j’en suis moi aussi) et de ceux qui nous font l’honneur d’accorder à nos petits délires un brin de leur temps, les restes du monde se fichent éperdument de ce qu’il y ait des gens qui ne gagnent pas un traître szloty à passer des plombes devant un clavier, pendant que d’autres amassent des fortunes sur leur image plus que sur leur écriture.

        Je pense surtout aux braves mémées que je croise aux étals des bouquinistes, sur le marché du samedi, dans ma petite ville, et qui empilent dans leurs cabas polars et livres de poche qu’on les voit lire un peu plus loin dans le square ou sur le plan d’eau. Je pense à ce lectorat-là, moi qui n’ai jamais eu d’autre ambition artistique que de distraire, et je me dis que devoir se restreindre (se résigner ?) à ne publier que sur le web, c’est se priver d’un public, de cette rencontre, c’est l’en priver aussi, et c’est là que c’est frustrant. J’ai traîné dans les fanzines, les micro-eds associatives, ce n’était pas viable mais ça restait transportable. Le ouèbe, ça reste ésotérique pour beaucoup. Il y a un modèle éditorial à recréer, je sais que ce n’est rien de le dire et que personne ne s’y collera vu le peu d’enjeu au regard du coût que ça représente, mais bon... ! Le ouèbe, pour la musique (car j’en fais aussi) c’est du sur mesures. Les gens téléchargent ta musique pour l’écouter dans leur bagnole, sur leur lecteur MP3 ou leur petit téléphone, là c’est parfait, on va au bout du projet, on touche le public sans avoir à se soucier des requins du disque et de la Sacem et on a des retours, les sites de diffusion de musique libre foisonnent et ils sont en général faciles à manier tant pour les musicos que pour les utilisateurs. Mais pour ce qui est de la littérature, on n’y est pas. Je publie en revue, là on va essayer de proposer des tapuscrits téléchargeables au format .pdf en se disant que ceux que ça intéresse de le faire les imprimeront pour les diffuser autour d’eux, mais quand je vois à quels écueils se heurte le gars qui a monté sa revue bilingue dans les années 90 et qui l’anime tout seul, ne serait-ce que pour figurer dans l’un des annuaires précités... et pour faire « reconnaître » sa démarche minimaliste au sein d’un petit milieu où les gens sont en concurrence même s’il n’y a pas de véritable enjeu et encore moins de prise de risques, eh bien je me dis que c’est pas gagné pour nous et pour les braves mémées qui vont acheter de quoi lire sur les étals du bouquiniste itinérant de mon marché de petite ville.

        Lien

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        • compte supprimé 24
          • Posté à 20h24 le 11/11/2008
          • Internaute 8330

          Oh, j’en attends pas grand-chose, des bureaucrates en charge de notre engeance, si ce n’est qu’ils nous pondent un tout bête annuaire des sites de création littéraire auquel on puisse se référer.

          Le critère est pourtant simple : il faut que l’écrivain balance la purée en ligne et que ses textes soient accessibles en version intégrale.

          C’est le cas d’Anne Archet et d’Alina Reyes, entre autres.

          Mais c’est encore trop leur en demander... Regarde : même ici, dans un journal totalement sans papier, ils n’en parlent jamais (ou alors j’ai loupé le coche). C’est kif-kif chez Bakchich et ailleurs aussi.

          C’est comme s’il ne s’était rien passé et qu’ils tournaient encore à la rotative. Je vais aller plus loin encore et pousser le bouchon : ils n’ont pas su intégrer le nouveau de la chose dans leur technique d’écriture, ni innover en matière de forum : t’as un article qui pourrait tout aussi bien se trouver dans l’édition papier de Libération, du Figaro ou du Monde, et en dessous t’as une colonne de commentaires comme on peut en trouver partout ailleurs. Les minots branchés sur les jeux en ligne font cent fois mieux. Je vois ça avec mes enfants qui pianotent sur Deezer ou World of Warcraft. Au lieu de rebondir sur les nombreux talents de plume qu’on trouve ici parmi les commentateurs, la rédaction agit comme si nous étions dans une cour de récréation. Ça leur plaît pas : ils saquent. Puni. Effacé. Au coin.

          Par peur du procès ou goût du conformisme, ou je ne sais pas quoi... J’en fais les frais tous les jours ; avant ça me faisait râler et maintenant je m’en tape.

          L’internet est mille fois plus difficile à contrôler que le papier, c’est ça qui leur colle les chocottes aussi. Maîtriser un site comme rue89, c’est chevaucher un lion en rut. Dommage pour une partie du public, tout de même...

          Tu parles des mémés sur les marchés, mais bon, à vrai dire la littérature de et pour bonne femmes, c’est pas ma tasse de thé. J’aime quand ça pulse et que ça réagit. C’est là le point le plus innovant de la littérature en ligne : nous avons une scène où on se prend des tomates dans la gueule ou des fleurs : le public est notre éditeur. Parce que le papier est autiste : sur 30 000 exemplaires vendus de mon premier bouquin, je n’ai eu qu’une seule lettre de lecteur : un vieux schnoque qui m’avait envoyé une bible, que j’ai jetée aussi sec.

          • Absurde
            • Posté à 21h21 le 11/11/2008
            • Internaute 57173

            Ben la bible, tu aurais pu t’en servir pour le début de l’histoire suivante, genre le vieux schnoque est retrouvé mort chez lui, pas de mort naturelle, on retrouve sur son bureau les coordonnées d’un écrivain qui reconnaît avoir reçu de lui une bible... alors que le vieux schnoque était connu pour son athéisme...

            Pour les mémées, c’est fini l’époque où elles lisaient du Delly et du Dekobra. Au marché, je les vois acheter du Stephen King, sérieux. Moi je fais dans la gaudriole, la tranche de fesse et le grotesque décadent. Ce qui pourrait intéresser certaines d’entre elles dont je pressens les penchants libidineux...

            Bon, pour les forums (ou les fora, si on veut vraiment jouer les écrivains), j’y viens, honnêtement, les jours où il flotte et où l’ennui pèse. Ce n’est pas autre chose qu’un passe-temps, un fil de discussion où j’accroche, et tant mieux si ça suit.

            Bakchich, tout ça, il y a belle lurette que je me suis rendu compte que c’est de l’alternatif des grands boulevards. Puis le ouèbe français il est d’abord éminemment parisien, leur vision de l’underground est hyper balisée. Je me demande si ça se passe autrement au Canada ou en Belgique, je n’ai pas eu la curiosité d’y aller voir mais tu sais ce que c’est, quand on se pointe chez eux avec nos oeuvrettes, ils considèrent que c’est parce qu’on s’est fait recaler ici.

            Je te dis bonsoir et te souhaite bonne continuation, cyp !

            • compte supprimé 24
              • Posté à 22h48 le 11/11/2008
              • Internaute 8330

              Je suis un très mauvais romancier, Absurde : j’écris uniquement ce que je vis, je vois ou rêve... ça peut faire des romans, bien sûr, mais si je me fends d’un polar, c’est pour raconter ce que j’ai vécu pour de bon... Je ne lis plus de romans depuis longtemps ; je n’ai pas besoin vu comme je vis.

              Ou alors de la SF, mais la bonne came se fait rare là aussi : là sont les derniers douaniers Rousseau et ça file au delà des petits horizons...

              Je laisse Stephen King aux mamies : d’abord il écrit comme un pied et ses trouilles d’ado sont ridicules. Rien de plus gnangnan qu’une lectrice aux pièces en extase devant Georges Perec ; si : un lecteur boutonneux adulateur de Maurice Dantec.

              Mais ça c’est mes goûts et mes dégoûts, hein...

              J’insiste, quand même : la littérature de l’internet se forge sur les forums, en ce moment. C’est de là que naîtront ses prochains maîtres, dans une ou deux générations, peut-être avant. C’est une période de transition, et pas que pour cela : tout change réellement, je trouve. J’ai attendu ça très longtemps et je suis heureux de pouvoir le vivre, ou du moins d’observer ses prémisses.

              Le parisianisme finira rapidement mouliné, haché menu dans peu de temps aussi par ce phénomène : Paris est un désert culturel depuis au moins trente ans. Tout ce qui est intéressant se passe autour d’elle : dans les banlieues ou au bled. Le Lot est un trou à ploucs, mais pas plus en fin de compte que le Marais de l’ère post-Godenberg et du bar de Jarente fermé à jamais.

              Bonne fin de soirée, Absurde !

              • Absurde
                • Posté à 07h43 le 12/11/2008
                • Internaute 57173

                Salut Cyp !

                Le Lot je connais comme ça, pour y avoir passé quelques jours avec ma compagne à traquer menhirs, dolmens et châteaux en ruines. . Plutôt jolie et riche humainement, cette région. Culturellement je ne sais pas. Les déserts culturels sont légions dans ce pays et ce n’est pas qu’une question de politiques locales, il y a aussi une absence de demande de la part du public, ou quelquefois des bonnes volontés contrées par de mauvaises organisations... et trop souvent une overdose de l’associatif-alibi dont certains se servent aux dépens des couillons qui croient naïvement qu’en ajoutant zéo à zéro ont obtient autre chose que zéro...

                Dantec, Pérec, on est d’accord. C’est même devenu un snobisme de fustiger Dantec... c’est qu’il est habile, ce néo-con-là, il a su se fabriquer son créneau en ménageant la chèvre et le chou tout en réussissant à garder ses distances avec la bouillie mollasse du paysage littéraire franco-français, j’allais dire parisien, tel que décrite dans l’éclairant article ci-dessus.

                Excuse-moi, je n’avais pas très bien saisi le rapport aux forums dans ton précédents post. Là oui, je te suis parfaitement dans l’idée qu’on a là un formidable laboratoire en temps réel. Perso, le ouèbe j’en suis encore à la phase expérimentale. Je ne suis connecté que depuis dix-huit mois (cela tient à ce que je déménage souvent de petite ville en bled de chez bled et que cela s’accorde mal avec les systèmes de câblages antédiluviens par quoi il nous faut passer pour pouvoir nous connecter - alors que le wimax est déjà présent dans certains pays d’Afrique et de l’Est de l’Europe vus d’ici comme des territoires déshérités). Mais d’ores et déjà je me suis servi, d’instinct, de certains forums comme de crash-tests.

                On est d’accord aussi, Cyp, dans l’idée que nous sommes entrés dans une période de transition, et je dois dire que j’aime assez observer de quelle façon chacun se débat dans ce bouillon existentiel. Notre pays résiste à ça en freinant de toutes ses charentaises, selon son antique dualisme politico-politicien, j’allais dire son autisme de classes ; les réacs comme la vieille gogauche, chacun tient à conserver son petit fonds de commerce et quelque part c’est la vieille querelle des Anciens et des Modernes qui se trouve ravivée. Tant mieux : c’est un moteur éprouvé, et le ouèbe, une fois qu’il se sera débarrassé des brides que lui ont posé ceux qui entendent en faire une sombre machinerie cyberpunk, en constituera le booster central.

                Paris et le parisianisme : Delanoë et Sarko en sont les plus efficaces fossoyeurs. Je me marre quand j’entends nos p’tits chanteurs français faire la promo de leurs pitoyables productions, et quand je vois que les petites musiques que je fabrique dans ma cuisine avec un vieil ordi et un clavier de récupe est écoutée et téléchargée par des gens de toutes les générations de l’Asie aux States via l’Australie, le Canada et l’Europe de l’Est... note que ça ne me rapporte pas une thune (entre le pourcentage que prennent les sites et Paypal, ça me coûterait + que ça ne me rapporterait de fourguer mes mixes au tarif réglementaire, et si je signais chez un label quelconque, il me faudrait en passer par l’adhésion forcée à cette mafia de la Sacem), mais cet exemple, il nous démontre quoi, Cyp ? Ce que nous pressentons tous, et contre quoi résistent les Majors de tout ce que tu veux : le rapport à la création s’opère d’ores et déjà directement de l’artiste au public, et l’aspect vénal peut en être exclu. Du moins en sera-t-il ainsi tant qu’on n’aura pas inventé le modèle économique ad-hoc, un modèle débarrassé, en clair, des intermédiaires bureaucratiques qui en constituent le principal frein.

                Je pense à une sorte de paradis fiscal virtuel à l’intention des créateurs. C’est, je pense, ce qui se fera dans l’avenir qui nous guette, pavé de toutes sortes de conflits entre ce qui est appelé à être et ce qui est promis à disparaître.

                Bonne journée à toi, Cyp.

      5 autres commentaires
  • Compte supprimé 15
    Compte supprimé 15
    « LA RUE EST A VOUS »...
    • Posté à 08h03 le 10/11/2008
    • Internaute 57922
      « LA RUE EST A VOUS »...

    Le salaire des écrivains.... RRRRRrrr...pchhhhhh......RRRRRRrrrrr....

    Par contre ! les JOURNALISTES français !

    Comment gagnent-ils leur vie ?

    Quels sont ceux qui peuvent en vivre ?

    Et la multitude des autres qui essayent de joindre les deux bouts ?

    Quelles conséquences sur la liberté de la presse ?

    Lien

    • David Servenay
      David Servenay répond à Compte supprimé 15
      Ex-Rue89
      • Posté à 09h57 le 10/11/2008
      • Internaute 8946
        Ex-Rue89

      Très bonne idée, 57889, nous allons y songer.

      Surtout que la question devrait être dans l’actualité, états généraux de la presse oblige.

      • Compte supprimé 15
        Compte supprimé 15 répond à David Servenay
        « LA RUE EST A VOUS »...
        • Posté à 13h27 le 10/11/2008
        • Internaute 57922
          « LA RUE EST A VOUS »...

        songer ?

        Vous allez « songer » à parler de la liberté de la presse ? ...

        c’est de l’humour noir ?

    • nemo3637
      nemo3637 répond à Compte supprimé 15
      Déchoukeur
      • Posté à 22h32 le 10/11/2008
      • Internaute 44521
        Déchoukeur

      Journaliste ? Souvent un métier de crève-la-faim, où l’on est obligé de passer d’une rubrique à l’autre, de voir ses écrits transformés, d’écrire sur n’importe quoi - regardez ce pauvre Hugues Séraf -, de se voir inquiété quand on dit enfin la vérité... J’en ai connu qui en ont bavé comme ça pendant des années et ce quelquesoit la souplesse de leur échine. Syndiquez-vous les gars et les filles, défendez votre croûte.

  • lesuperdidou
    lesuperdidou
    Saltimbanque
    • Posté à 08h24 le 10/11/2008
    • Internaute 46485
      Saltimbanque

    Pourquoi cet aricle n’est pas à la page culture ?

    • Marie-Sophie Keller
      Marie-Sophie Keller répond à lesuperdidou
      Ex-Rue89 mais toujours fan
      • Posté à 10h38 le 10/11/2008
      • Internaute 26936
        Ex-Rue89 mais toujours fan

      Parce que nous analysons là l’économie d’un secteur, même s’il est culturel. Il s’agit d’étudier le salaire et les modes de rémunération des auteurs et pas le contenu des bouquins. Tout comme ECO89 accueillerait des enquêtes sur le salaire des cadres, des journalistes, des ouvriers, etc.

      • lesuperdidou
        lesuperdidou répond à Marie-Sophie Keller
        Saltimbanque
        • Posté à 14h24 le 10/11/2008
        • Internaute 46485
          Saltimbanque

        Rien à voir avec une quelconque profession. Le » salaire » d’un artiste est indissociable de son moyen d’expression.

  • Zorro est arrivé
    • Posté à 10h11 le 10/11/2008
    • Internaute 53638
      Lecteur

    J’ai entendu dire que les ventes moyennes (hors littérature utilitaire) étaient de l’ordre de 650 exemplaires par livre. Ce qui situe la « gratification » moyenne autour de 1000 euros.
    Qui me confirme, si possible avec des sources précises ? ? ?

    Cyp, j’aime beauoup ton site...

    • Hubert Artus
      Hubert Artus répond à Zorro est arrivé
      Rue89
      • Posté à 13h39 le 10/11/2008
        rédacteur
      • Journaliste 56
        Rue89

      Ce chiffre moyen varie selon les saisons, et les « grosses sorties » de ces saisons. Et ne peut jamais être fiable à 100%. 650, oui, c’est le haut de la moyenne.

  • Stephane MOT
    Stephane MOT
    Author & Chief AtoZ Officer
    • Posté à 10h32 le 10/11/2008
    • Internaute 17943
      Author & Chief AtoZ Officer

    Rien ne vaut la voiture balai.

    Reposant, et vue imprenable sur l’arriere train des galeriens de la route.

    De suffisamment loin pour ne pas se prendre leur crottin dans la tronche.

  • A déménagé le 8-10
    • Posté à 11h17 le 10/11/2008
    • Internaute 1001
      nc

    Tout ce que je retiens de cet article*, c’est que Nothomb porte toujours de galures « Jamiroquai », et que je trouve que le champignon atomique d’Hiroshima, ça suffisait déjà.

    * Naaan, j’rigole....

  • TARPON
    • Posté à 12h33 le 10/11/2008
    • Internaute 27263

    Fred Vargas ,c’est pas le pseudo de Martine Aubry ? Ca explique le tirage

  • mick69
    • Posté à 12h34 le 10/11/2008
    • Internaute 2907

    @ Zorro : voici un article qui parle de ventes moyennes à 600 exemplaires et donne un exemple de vente à 150 exemplaires

    Lien

    • Zorro est arrivé
      Zorro est arrivé répond à mick69
      Lecteur
      • Posté à 18h47 le 10/11/2008
      • Internaute 53638
        Lecteur

      Merci Mick !

      Je pense qu’il serait intéressant d’aborder cette question des ventes moyennes réelles, selon les années, selon les saisons et les genres. OK ?

  • Phil2922
    Phil2922
    Retraite invalidité
    • Posté à 14h20 le 10/11/2008
    • Internaute 36639
      Retraite invalidité

    BHL ne gagne pas assez pour être indépendant, je suis rassuré... !

    Lien

    • nemo3637
      nemo3637 répond à Phil2922
      Déchoukeur
      • Posté à 03h21 le 11/11/2008
      • Internaute 44521
        Déchoukeur

      C’est vrai ça : on pense de moins en moins à ce pauvre BHL. Avec l’âge il ne doit plus pouvoir faire les mêmes fantaisies que dans sa jeunesse. Heureusement qu’il a sa femme qui a, dit-on, pas mal de relations.

  • Le Yéti
    Le Yéti
    yetiblog.org
    • Posté à 11h30 le 11/11/2008
    • Internaute 6095
      yetiblog.org

    QUELQUES PRÉCISIONS

    Dans les critères d’attribution des (gros) à-valoir, celui sur la notoriété de l’auteur (en termes d’impact médiatique, d’appartenance historique à un quelconque jury de prix, etc.) me semble avoir été oublié. Il est pourtant essentiel. C’est ainsi que pas mal de nos gloires littéraires (cherchez donc du côté de l’Académie Française) touchent des a-valoir bien supérieurs à ce que représentent leurs ventes réelles.

    Sans mettre en cause la qualité de l’enquête, j’aimerais savoir combien d’informations recueillies ont pu être réellement vérifiées (copie de contrats, de déclarations officielles de revenus...) Pour appartenir professionnellement depuis longtemps à ce milieu, je peux vous dire qu’il y a souvent des années-lumières entre les affirmations fantasmées et la réalité. À peu près autant qu’entre les faramineux chiffres de vente claironnés et le CA comptable net de retour ; -)
    Il faut bien savoir que ce n’est vraiment pas les départements littéraires servent plus de façade qu’à enrichir les finances des grandes maisons d’édition, au contraire des ouvrages d’éducation scolaire ou des livres pratiques (guides touristiques, livres de cuisine, etc..

    Enfin concernant la remarque de cyp sur la réalité de l’écrivain Internet. Eh bien, je peux vous affirmer que les audiences de certains blogs feraient pâlir de honte bien des chiffres de vente de chef d’oeuvre papier (moyenne de vente d’un livre tout genre confondu : environ 1000 exemplaires ; 650 pour la littérature.).
    Quant à essayer de se rassurer en se disant que contrairement aux livres pérennes, l’Internet est le domaine de l’éphémère, c’est encore raté. La grande majorité des « chefs d’œuvres » de nos rentrées littéraires repartent vers le pilon dès leur troisième mois d’existence.
    Le seul vrai avantage du format livre papier est de permettre l’existence d’œuvres longues (quasiment impossible à lire sur un écran, d’où le crash du fameux e-book).

    • compte supprimé 24
      • Posté à 14h57 le 11/11/2008
      • Internaute 8330

      Salut Yéti !

      L’internet n’est pas si volatile qu’on le claironne un peu partout, c’est vrai.
      Un serveur peut tomber en carafe et voir ses données détruites, mais le papier est combustible. Tout n’est pas archivé, loin s’en faut, mais il existe une réelle prise de conscience du problème par les autorités.

      Par contre, les premiers incunables du net ont été détruits dans l’incendie de magenta.com en 1994. C’était alors l’unique serveur des newsgroups. J’en ai tout de même récupéré la cultissime « Liste » de Nurse Jones, que j’ai traduite et mise en ligne en 2000, et qui s’est écoulée à plus de 100 000 exemplaires depuis (je ne mens pas : c’est le nombre des téléchargement comptabilisés par Webalyzer).

      Elle se trouve ici :

      Lien

      C’est très dur de lire un texte long à l’écran, je le concède... mais en réglant correctement sa luminosité et avec un navigateur correct, on finit par s’y faire très bien... en attendant mieux. Pour moi, c’est pas plus dur que de me taper un Poche mal imprimé en Times corps 9.

      Pour le roman, je ne sais pas (je crois que c’est un genre moribond), mais l’internet me semble idéal pour les formes courtes : nouvelle, poésie et aussi le roman-feuilleton.

      Et puis quel luxe ! On peut enfin s’offrir de belles illustrations.

    • David Servenay
      David Servenay répond à Le Yéti
      Ex-Rue89
      • Posté à 17h20 le 11/11/2008
      • Internaute 8946
        Ex-Rue89

      Vous avez tout à fait raison de pointer, cher Yeti, les limites de cette enquête, qui vaudrait un récit en soi.

      Effectivement, il est quasiment impossible de mettre la main sur des documents comptables originaux sur ce sujet, car chacun observe une prudence de Sioux en la matière.

      Sur les modes de rémunération, le calcul des à-valoir, le pourcentage des droits... etc, l’enquête est recoupée auprès de plusieurs sources et semble très proche de la réalité. Elle s’appuie d’ailleurs sur notre propre expérience (il y a quelques auteurs à Rue89).

      Sur le montant de ces à-valoir, nous n’avons pas été très précis... faute de pouvoir l’être. La plus grande incertitude est celle de l’échappée belle, car les critères de calcul sont, vous le savez, très volatiles. Par définition, ils varient, vite et beaucoup.

      Ces chiffres recoupent ceux donnés par le cabinet GFK, cités dans les Echos (voir lien dans le papier).

      Plus vous descendez dans le peloton, plus les estimations sont fiables, car fondez sur des témoignages directs et d’ailleurs nettement plus réalistes, par rapport aux contraintes économiques du secteur.

      Sur le reste, je souscrits à nos remarques, y compris sur les écrivains du net.

  • Marie33
    Marie33
    dilettante
    • Posté à 12h51 le 11/11/2008
    • Internaute 58343
      dilettante

    Vous allez me trouver mesquine. Amélie Nothomb est certes publiée en France, mais n’en reste pas moins belge. Pas de nationalisme dans ma remarque : sa photo illustre le titre de votre article. C’est une info incorrecte, donc une mauvaise entrée en matière...

  • susannalak
    • Posté à 13h05 le 11/11/2008
    • Internaute 29262

    Christian Jacq, Jean d’Ormesson, Marc Lévy, Bernard Weber et Jean-Christophe Grangé, Guillaume Musso : j’ai la démoralisante impression d’être dans le métro à 9 heures du matin.
    Quand par hasard j’y tombe sur quelqu’un qui lit un livre plutôt que Closer ou Voici, c’est souvent l’un de ces auteurs. Au mieux, « L’élégance du hérisson », un Amélie Nothomb ou un Jean-Christophe Rufin.

    Comme je ne lis pas Guyotat dans le texte, je ne vais pas faire la maligne, mais j’imagine que j’ai le droit d’être un peu navrée.

  • elle-vessia
    elle-vessia
    artiste visuelle
    • Posté à 16h42 le 11/11/2008
    • Internaute 15849
      artiste visuelle

    Très bon l’article sur les écrivains , maintenant j’attends le même genre (une enquête quoi !) pour les « artistes visuels » : leur création, les galeries,les critiques etc... Peut-être pour nous rendre compte que les uns ne sont pas loin des autres ou peut-être pas !
    Je pense que pour ces travailleurs de l’Art les considérations marchandes devraient changer : NON ? ?
    Qui pourrait faire un tel article aussi complet .... ?

  • abraham1
    abraham1
    virtuelle
    • Posté à 19h40 le 11/11/2008
    • Internaute 58415
      virtuelle

    Roman en ligne

    Un roman est publié fragment par fragment en ligne
    LA DEPRESSION NERVEUSE DE MADONNA
    Lien

    merci

  • Czar.
    Czar.
    réac
    • Posté à 20h02 le 11/11/2008
    • Internaute 54172
      réac

    très bon article (pour une fois).

    « 150 écrivains vivant de leur plume ».

    Sachant qu’il y a à tout casser 10 écrivains lisibles en France, ça laisse une belle marge de manoeuvre.

  • tchouf
    tchouf
    Musicien
    • Posté à 00h37 le 12/11/2008
    • Internaute 58435
      Musicien

    c’est marrant de mettre une photo d’Amélie Nothomb pour un sujet à propos des écrivains français, Amélie est Belge ... hé oui ; -)

    • TARPON
      TARPON répond à tchouf
      • Posté à 10h27 le 12/11/2008
      • Internaute 27263

      et en plus c’est le seul vrai ecrivain de la liste.

  • Susanna
    Susanna
    Individu
    • Posté à 10h04 le 12/11/2008
    • Internaute 10099
      Individu

    Je serais moi aussi partante pour un article sur le monde de l’art, en sachant tout de même que le thème est plus complexe, plus pointu et encore plus déprimant.
    Merci pour celui d’aujourd’hui, en tout cas.

  • Coldo
    Coldo
    pas là
    • Posté à 10h53 le 12/11/2008
    • Internaute 40715
      pas là

    Une catégorie d’auteurs oubliée dans cet article, les auteurs de Bandes Dessinées...

    Je pense que des gens comme Uderzo (Astérix), Zep (Titeuf), ou Jean Van Hamme (Thorgal, Largo Winch, XIII), doivent gagner beaucoup plus que ceux que vous avez cités...

  • Flore Balthazar
    Flore Balthazar
    auteur de bédés
    • Posté à 11h23 le 12/11/2008
    • Internaute 58108
      auteur de bédés

    Bien vu : les plus grosses ventes de livres, tous genres confondus, sont souvent des bandes dessinées...

  • berbère
    • Posté à 11h41 le 12/11/2008
    • Internaute 20678

    pous oubliez aussi le cas de l’écrivain publié par un éditeur qui galère sans pouvoir s’offrir un diffuseur et ne sort que des tirages entre 500 et 1000 exemplaires à la fois mais qui peut rééditer le même bouquin 8 ans plus tard. Ce même éditeur a vu deux de ses écrivains gratifies de prix (pas le Goncourt ni le Médicis), et une autre nominée par le prix Méditerranée finalement attribué à Edmonde Charles-Roux, comme si elle avait besoin de çà pour sa notoriété et besoin de ces 50.000 francs -(c’était juste avantl l’euro). Je pense que le cas de cet éditeuret de ces écrivains n’est pas unique.

  • fablyrr
    • Posté à 13h06 le 12/11/2008
    • Internaute 20346

    ce qui m’agace un peu dans ce genre d’article c’est qu’il n’est qu’a l’image de la société bien pensante actuelle ; La littérature blanche est en avan tet les autres oubliées.
    Les littérarture de l’imaginaire, même en tant que microcosme regorge de talents ignorés et souvent bien meilleur que certains auteurs de littérature dite blanche.
    Plus on continue a habituer les lecteur aux standards « qui se vendent » et autre plus ils resteront dans ces clous, or il y a une multitude de littérature dont certaines auraient pu être citées ici ;
    C’est dommage, c’est tout.

  • Canadien_volant
    Canadien_volant
    Waterloo... Morne plaine
    • Posté à 15h08 le 12/11/2008
    • Internaute 39993
      Waterloo... Morne plaine

    Il serait intéressant de comparer la liste des écrivains les plus « rentables » avec celle des écrivains tombés tellement amoureux de l’Irlande qu’ils s’y installent 6 mois par an...

  • Keldan
    Keldan
    Now future & karpe diem
    • Posté à 11h56 le 13/11/2008
    • Internaute 5164
      Now future & karpe diem

    Sympathique article qui va surement motiver la foule des aspirants écrivains : D

    Enfin, c’est comme de nombreuses autres activités, telles que la musique, le développement de softs open source ou la course cycliste, c’est ce qui permet d’épanouir l’âme mais c’est le vrai boulot qui épanouit l’estomac...