Marijuana : les grands espoirs de la recherche médicale
Cet été, des chercheurs britanniques et italiens ont découvert que des molécules de marijuana peuvent détruire un staphylocoque doré résistant à la méticilline (MRSA), qui a récemment infecté sept bébés et quatre employés d’une maternité de Yonkers (Etat de New York), faisant ressurgir le spectre d’une épidémie dans les écoles, ou dans les lieux où elle se développe habituellement, les hôpitaux et les crèches.
Rien ne s’oppose, en théorie, à ce que des composés dérivés du cannabis soient un jour utilisés dans des crèmes pour les patients atteints de MRSA ou d’autres infections résistant aux antibiotiques.
La marijuana serait-elle le médicament miracle ?
Ce n’est pas la première fois que la marijuana apparaît dans le monde de la recherche comme un éventuel médicament miracle. Ces dernières années, des composés cannabiques ou des molécules apparentées ont pu ralentir la progression de tumeurs du poumon chez les souris ou la détérioration des artères cardiaques chez les rats, ou encore augmenter la qualité du sperme chez des fumeurs de tabac.
Les recherches sur les récepteurs de THC et des autres composés cannabiques -et les mécanismes qu’ils activent- ont explosé. Comme les travaux consacrés aux molécules originelles, appelées endocannabinoïdes, qui visent les mêmes sites. Les interactions provoquées par ces molécules ont des effets sur de nombreuses fonctions, de l’appétit à la perception de la douleur.
Ce déferlement scientifique a aidé le cannabis à se débarrasser de son image associée au milieu hippie et à la fumette récréative. Il a aussi ranimé l’espoir que ces molécules (ou d’autres similaires) peuvent avoir un usage thérapeutique pour les fractures du crâne, les inflammations de l’intestin, les allergies de la peau, l’athérosclérose, l’ostéoporose et la maladie d’Alzheimer, entre autres. Pour toutes ces pathologies aux traitements spectaculaires, durs et incertains qui semblent toujours être à l’état adolescent. Les recherches sur les traumas crâniens semblent prometteuses, mais ont eu des résultats cliniques mitigés sur l’homme voire même, pour d’autres, n’ont pas été très loin dans le processus expérimental.
Malgré tout, des signes montrent que l’on parvient enfin à l’âge adulte dans ce domaine. Les pistes les plus prometteuses visent à atténuer la douleur liée à des atteintes nerveuses et à améliorer les symptômes des scléroses en plaques (SEP). Entre 2007 et cet été, plusieurs essais cliniques ont montré que fumer de la marijuana peut soulager la douleur chez des patients souffrant de dégénérescence nerveuse liée au VIH ou à d’autres pathologies. Les composés cannabiques semblent aussi réduire la douleur nerveuse et les spasmes chez les malades de scléroses en plaques. Un médicament appelé Sativex -qui délivre deux composés cannabiques en spray sous la langue- en est maintenant au dernier stade des essais cliniques en Europe pour les patients atteints de SEP. Malgré le battage médiatique, ces découvertes méritent que l’on s’y attarde un peu.
Etudier la marijuana ? Un cauchemar bureaucratique pour les chercheurs
Etudier les ressources de la marijuana peut se transformer en cauchemar bureaucratique. En 1970, le Congrès américain l’a classée en catégorie 1, ce qui signifie qu’elle a un fort potentiel addictif et qu’elle n’est pas « couramment acceptée pour un usage médical ». Compliquant la recherche sur de possibles bénéfices médicaux. Dans les années 80, la Food and Drug Administration (FDA) approuva le Marinol -du THC en prise orale, l’ingrédient le plus psychoactif du cannabis- pour traiter les nausées et vomissements liés à la chimiothérapie.
Plus tard, elle autorisa également le Marinol pour stimuler l’appétit des malades du sida. « Mais le Marinol ne fut jamais complètement accepté par les patients », explique Donald Abrams, professeur de médecine à l’Université de Californie-San Francisco. L’effet était plus lent que la marijuana fumée et encore plus psychoactif (quand le THC arrive dans le sang par le circuit digestif, il est filtré par le foie en molécules psychoactives plus nombreuses). Enfin, le Marinol n’a pas été approuvé aux Etats-Unis dans le traitement de la douleur. Ceux qui souhaitaient alors pousser les recherches plus avant -soit en étudiant la marijuana fumée, soit en développant de meilleurs supports ou en testant le cannabis dans d’autres conditions- n’ont jamais reçu le soutien des autorités fédérales.
En Californie, les autorités locales financent un centre de recherche
Pourtant, certains ont reçu de l’aide de l’Etat de Californie, qui a financé une étude récente sur le lien entre douleur et cannabis fumé. En 2000, l’Etat a même créé le Centre universitaire californien pour les recherches médicales cannabiques, qui sélectionne les projets de recherche selon un protocole proche de celui du National Institute of Health (NIH), les finance et aide les scientifiques à naviguer dans les différentes législations, locale et fédérale. Le centre aide les chercheurs à se procurer des cigarettes de cannabis et s’occupe de contrôler la sécurité des approvisionnements -comme s’assurer par exemple que la drogue est correctement stockée dans des pots fixés au sol, explique le directeur Igor Grant.
Le mouvement a été lent, mais il débouche enfin sur une rafale de publications. Le premier article basé sur un essai clinique, paru dans Neurology en 2007, fut une étude randomisée réalisée sur 50 cas de porteurs du VIH ayant des atteintes nerveuses, qui peuvent entraîner des douleurs lancinantes, brûlantes ou des insensibilités.
Dans le groupe ayant fumé du cannabis chaque jour, 34% des malades ont éprouvé une diminution des douleurs chroniques -« un effet équivalent à l’usage des médicaments utilisés dans ce cas, comme des anticonvulsifs ou des antidépresseurs », précise Abrams.
Deux autres essais cliniques randomisés, publiés en juin et en août, ont montré des effets bénéfiques similaires. L’étude de juin s’est focalisée sur des patients frappés de douleurs en lien avec l’environnement neurologique, y compris des blessures de la moelle épinière. L’étude d’août s’est concentrée sur des symptômes liés au VIH. Les deux établissent que les patients fumeurs de cannabis déclarent éprouver moins de douleur que ceux ayant fumé des cigarettes ordinaires. Ces études sont réduites, mais convaincantes.
Le THC entraîne une diminution de la douleur des scléroses en plaques
Une autre étude récentesuggère que le cannabis peut soulager les douleurs des scléroses en plaques et avoir aussi de l’effet sur d’autres symptômes. Le Sativex, qui contient du THC et du cannabidiol, composé non psycho-actif absorbé par la bouche, est déjà autorisé au Canada pour les douleurs liés au cancer et pour les douleurs nerveuses associés aux scléroses en plaques. En 2007, un essai clinique randomisé sur 189 malades de scléroses en plaques a montré que ceux ayant pris du Sativex déclarent une diminution significative des spasmes musculaires incontrôlés (l’étude a été soutenue par GW Pharmaceuticals, la société britannique qui a développé le médicament).
Les chercheurs sont en train de conduire un ultime essai clinique du Sativex sur des malades atteints de scléroses en plaques dans cinq pays européens. La société a également entamé un essai clinique de phase 2/3 aux Etats-Unis pour des patients souffrant de cancer. Ce médicament présenterait l’avantage de ne pas être fumé ou avalé, il n’introduit donc pas de toxines dans les poumons, comme c’est le cas lorsque le cannabis est fumé. Il pénètre le circuit sanguin rapidement, mais sans passer par le foie, comme le font les présentations orales, ce qui l’empêche d’être filtré plus vite et le rend ainsi moins psycho-actif (GW Pharmaceuticals prétend que les patients prenant du Sativex ne subissent pas d’effet psycho-actif à des doses normales).
Si ces recherches et résultats sérieux se poursuivent, bientôt les thérapies par le cannabis ne seront plus, de fait, clouées au sol.
Photo : de la marijuana médicale délivrée à Los Angeles en 2007 (DR).
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Votez OUI au référendum contre la révision de la Lstup parce qu’elle interdit la plante cannabis.
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* Quelle est la dangerosité du cannabis ? Meta étude.
* 30 Nov 2008 : Pourquoi dire oui à l’initiative populaire et au réferendum contre la révision de la Lstup
* Initiative pro Chanvre « Protéger la jeunesse contre la narco-criminalité »
Chanvre Info > Le Chanvre et la Médecine
Résumé des utilisations du Cannabis dans la médecine
Pour la plupart des gens, le cannabis présente, littéralement, des centaines d’utilisations thérapeutiques telles que :
Asthme :
Fumer du cannabis (ce que l’AMA appèle la « drogue brute ») serait bénéfique à 80% des asthmatiques et prolongerait considérablement leur longévité, par rapport aux médications actuelles toxiques comme par exemple la Théophylline que l’on prescrit aux enfants. Le Dr. D. Tashkin déclara le 12 décembre 1989 qu’« il est connu que prendre quelques bouffées de marijuana peut arrêter une crise d’asthme majeure ». L’utilisation du cannabis par les asthmatiques remonte à des milliers d’années. Les lésions liées au THC pouvant être provoquées par la fumée du cannabis dans les poumons, ne contiennent pas de radioactivité contrairement aux lésions provoquées par le tabac.
Emphysème :
Le Dr Tashkin a utilisé de la marijuana sur des patients souffrant d’emphysème et a admis que cela leur faisait du bien à cause de l’ouverture et de la dilatation des passages
Glaucome :
Aux Etats-Unis, 14% des cas de cécité sont la conséquence du glaucome, une perte progressive de la vision. Le cannabis serait deux à trois fois plus efficace que tous les médicaments actuels dans la réduction de la pression oculaire. Il est sans effets secondaires toxiques pour les reins et le foi, et ne fait courir aucun risque de « mort soudaine » au contraire des syndromes associés aux préparations pharmaceutiques oculaires légales (en goutte) contre le glaucome. La plupart des ophtalmologues de Californie conseillent à leurs patients atteint de glaucome de consommer de la « marijuana de la rue » en sus des médicaments légaux, mais toxiques, qu’ils leurs prescrivent, soit pour ses propres vertus, soit pour en atténuer l’effet des premiers.
Tumeurs :
Prolifération anormale de cellules, aboutissant à une surproduction tissulaire. Des chercheurs de la faculté de Médecine de Virginie ont découvert que le cannabis était un produit d’une grande efficacité dans la réduction de nombreux types de tumeurs, soit bénignes, soit malignes (cancéreuses).
Nausées :
Les traitements de chimiothérapie contribuent à influencer sur le cancer et le sida, mais ils présentent des effets secondaires pénibles, notamment des nausées. « La marijuana est le meilleur agent pour contrôler les nausées dans la chimiothérapie cancéreuse » d’après le Dr. T. Ungerleider, responsable du programme de recherche sur la marijuana et le cancer de 1979 à 1984. C’est également vrai dans le cas du sida et des nausées dues au mal de mer ou de l’air.
Epilespsie, sclérose en plaques, douleurs dorsales, spasmes musculaires :
Le cannabis est bénéfique à environ 60% des épileptiques. L’extrait de cannabis se montre encore plus efficace que le Dilantin (anti-épileptique fréquement prescrit, mais dont les effets secondaires peuvent être graves). « Le cannabis est propbablement l’anti-épileptique le plus puissant connu à nos jours en médecine et peut servir de traitement pour de nombreuses formes d’épilepsie (mais pas toutes) » pouvait-on lire dans Medical World News en 1971. Les crises sont alors moins fréquentes et moins fortes que chez les patients prenant des produits pharmaceutiques. Fumer de la marijuana soulage profondément les personnes souffrant de sclérose en plaques, maladie qui affecte le système nerveux et se traduit par une faiblesse du tonus musculaire, des tremblements, etc. Enfin, le cannabis, fumé ou même appliqué en cataplasme, est aussi le meilleur relaxant musculaire, le meilleur antispasmodique et le meilleur traitement des douleurs dorsales, si l’on excepte la morphine.
Effets désinfectants, antibiotiques et antibactériens :
Les jeunes plants de chanvre, avant bourgeonnement, permettent l’extraction du CBD (acide cannabidiolique). Il existe de nombreuses application antibiotiques des cannabidiols, y compris dans le traitement de la blennorragie (maladie sexuellement transmissible, due au gonocoque). Une étude en Floride en 1900 semble aussi indiquer leur utilité dans le traitement de l’herpès. Eléments acides du tétrahydrocannabinol, les cannabidiols sont inversément proportionnels, en quantité, au THC présent dans la plante, et donc plus acceptables pour les prohibitionnistes parce qu’ils ne permettent pas de « planer ». Pour presque chaque affection susceptible d’être soignée à la téramycine, les dérivés du cannabis ont fait mieux, d’après une étude tchèque conduite en 1952-1955. En 1989, les Tchèques publiaient encore des rapports sur les techniques de culture du chanvre pour obtenir une plante riche en cannabidiols.
Arthrite, herpès, fibrose kystique et rhumatismes :
Le cannabis est un analgésique local. Jusqu’en 1937, presque tous les emplâtres, les cataplasmes de moutarde ou autres, et les onguents musculaires, comportaient des extraits de cannabis. Jusque dans les années 1960, en Amérique du Sud, on traitait les rhumatismes avec des feuilles de chanvre et/ou avec des terminaisons florales chauffées dans de l’eau ou de l’alcool et placées sur les articulations douloureuses. En fait, cette forme de traitement par les simples herbes est encore largement utilisée dans le Mexique rural, en Amérique centrale et en Amérique du Sud, ainsi que par les latinos de Californie, afin de soulager les douleurs de l’arthrite. Le contact direct avec le THC tue le virus de l’herpès, d’après une étude de l’Université de Floride du Sud (Tampa) menée en 1990 par le Dr. G. Lancz, qui avertit néanmoins que « fumer de la marijuana ne guérira pas un herpès ». Cependant, des rapports semblent indiquer une plus grande rapidité de dessiccation et de guérison des lésions après application locale d’inflorescences « fortes » trempées dans de l’alcool à friction et broyées en pâte.
Expectorant :
Le cannabis est le meilleur expectorant naturel pour nettoyer les poumons des goudrons, poussières et phlegmes associés à l’usage du tabac. La fumée de la marijuana dilate effectivement les voies aériennes, les bronches et permet l’admission de davantage d’oxygène dans les poumons. Le cannabis est également le meilleur dilatateur naturel des minuscules conduits menant aux alvéoles pulmonaires, et il peut convenir pour cet usage à environ 80% de la population (les 20% restant manifestant parfois des réactions négatives mineures). Beaucoup de coureurs de fond estiment que l’usage du cannabis nettoie leurs poumons et leur donne une meilleure endurance.
Sommeil et relaxation :
Le cannabis abaisse la pression sanguine, dilate les artères, et réduit la température corporelle d’un quart de degré, ce qui contribue à atténuer le stress. Les personnes qui fument du cannabis le soir disent en général mieux dormir ensuite. Contrairement au Valium, le cannabis ne potentialise pas les effets de l’alcool. On estime que le cannabis pourrait remplacer plus de 50% du Valium, Librium, Thorazine et autres somnifères. Ces neurotoxines délivrées sur ordonnance sont des produits chimiquement voisins des pesticides et du gaz neurotoxique « sarin ».
Stress et migraines :
Le cannabis est le meilleur traitement pour lutter contre le stress. La réaction la plus courante à une « intoxication au cannabis » est un état calme, légèrement euphorique, dans lequel le temps ralentit et où la sensibilité à la vue, aux sons et au toucher est exaltée. Contrairement à l’abus des benzodiazépines, il n’y a pas de danger d’accoutumance maladive. Alors que le tabac contracte les artères, le cannabis les dilate. Les migraines étant le résultat de spasmes artériels combinés avec un état trop détendu des veines, les changements vasculaires induits dans les méninges par le cannabis les font en général disparaître.
Appétit :
Les consommateurs ont souvent (mais pas toujours) une stimulation de l’appétit. Ce qui fait du cannabis un excellent médicament contre l’anorexie. Fumer de la marijuana peut rendre la bouche plus sèche. C’est la meilleure manière de s’assécher le palais de façon non toxique. Cet usage pourrait remplacer les composés hautement toxiques de Probathine (médicament contre l’hyper salivation). Le cannabis pourrait aussi se montrer utile dans le traitement des ulcères peptiques.
Sida, dépression et autres usages médicaux fondamentaux :
L’un des effet bien connu du THC est son côté euphorisant. Les utilisateurs jamaicains reconnaissent ses effets bénéfiques pour la méditation, la concentration, l’élévation de la conscience et la création d’un état de bien-être et d’affirmation de soi. Ce mode d’ajustement des attitudes, renforcé par un meilleur appétit et un meilleur repos représente parfois toute la différence entre « mourir du sida » et « vivre » avec le sida. Le cannabis soulage les petites douleurs, et aussi certaines des grandes et pourrait contribuer au mieux-être des gens âgés, affligés de maux comme l’arthrite, l’insomnie et les infirmités débilitantes. Il leur permettrait de profiter de la vie avec à la fois plus de dignité et de confort.
Comme application médicinale du cannabis, on relèvera la guérison des blessures, la relaxation musculaire, l’effet analgésique, l’effet fébrifuge, et l’aide sans équivalent qu’il apporte lors d’accouchements. Mais il en compte des centaines d’autres.




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