Tribune 08/11/2008 à 13h59

Travail le dimanche : de quel droit l'UMP cite Jaurès ?

Vincent Lecourt | Avocat (dominante droit du travail)



’Non au Travail du Dimanche’ (Tierradentro/Tenuya/Flickr).


Au nom de la liberté de travailler, le député UMP Richard Mallié souhaite abolir les droits des salariés… Citer Jaurès pour défendre les plus forts et écraser les plus faibles n’impressionne pas davantage que la politique de civilisation avancée par notre Président. Eriger la liberté en action politique, c’est aussi devoir la garantir à tous ; ce qu’a oublié Monsieur Mallié.

Les erreurs commises qui servent d’arguments n’ont aucune portée. La Cour de justice des communautés européennes (CJCE) n’a jamais supprimé la spécificité du dimanche. Elle a juste indiqué que l’Europe n’est pas compétente pour imposer à un Etat membre de fixer au dimanche la journée de repos commune au nom de la santé des salariés.

Elle affirme au contraire sans discontinuer que chaque Etat peut définir une journée de repos commune à ses membres en fonction de ses considérations sociales, culturelles et religieuses propres. Elle a refusé d’annuler les dispositions spécifiques protégeant ainsi le dimanche dans plusieurs pays. Le Parlement européen a d’ailleurs adopté à la suite de la décision de la Cour citée par notre parlementaire une résolution visant à fixer le dimanche comme jour de repos commun.

La France a d’autres engagements internationaux qui lui imposent d’instaurer et de faire respecter un jour de repos. Que ce soit un autre jour que le dimanche n’est pas un problème dès lors qu’il s’agit d’une journée de repos commune à la société. Un temps de respiration.

Richard Mallié ajoute encore une dérogation

La proposition de loi de Monsieur Mallié n’assouplit pas ce principe, elle le vide de son contenu, en visant l’ensemble des salariés du commerce et des services au public. Elle rend immédiatement possible le travail du dimanche pour sept à huit millions de salariés au lieu des quelques centaines de milliers qui y sont actuellement autorisés. Elle ouvre également la porte à tous les autres.

Pour ne pas prendre le risque de voir fuir les commerces et les consommateurs, les régions exclues de cette expérience utiliseront les dérogations que l’autorité administrative ne pourra pas leur refuser.

L’amendement autorisant la vente au détail d’ameublement issu de la Loi Chatel du 3 janvier 2008 a profité au bricolage et à l’électro-ménager. Comme le député, le préfet s’est défendu également de toucher au principe alors même que ces secteurs ont été expressément écartés par le Parlement.

La réalité de demain ne sera pas différente de celle d’aujourd’hui si cette proposition de loi voit le jour et ceux, consommateurs, qui auront voulu la liberté se trouveront bien vite de l’autre côté de la barrière.

Le député dénonce les 180 dérogations existantes mais en ajoute encore une. Il n’en supprime aucune, ni celle de l’ameublement votée par erreur, ni celles obsolètes qu’il dénonce pourtant. Il prétend vouloir la sécurité juridique alors même qu’il supprime les mécanismes de contrôle existants.

L’inapplicable droit de refus du salarié

Demain, la journée du dimanche sera bien une journée comme les autres. Les contreparties promises à cette précarité sont autant de leurres. L’accord collectif prévu pourra être remplacé par un référendum. A chaque fois qu’un seul opérateur économique l’obtiendra, chacun de ses concurrents bénéficiera ensuite d’une dérogation au nom de l’égalité de la concurrence. Le préfet ne pourra la lui refuser.

Le droit de refus du salarié est avancé comme l’arme absolue face à l’employeur. Pourtant, le travail du dimanche, bien qu’il soit illégal, est déjà un critère à l’embauche et à la promotion. Il ne résiste pas à des modes de rémunération ou aux limitations de la durée du travail qui imposent économiquement aux salariés de travailler le dimanche.

Quel salarié peut refuser à son employeur de travailler le dimanche quant la crise organise la concurrence entre les salariés ? François Bayrou a d’ailleurs vu un cadre, sous couvert d’anonymat, lui dire qu’il fallait tenir bon contre le travail du dimanche.

Conscient de l’absence de tout effet réel du droit au refus, Monsieur Mallié répond aux salariés que les syndicats en seront demain les garants. Il oublie qu’il les accuse aujourd’hui de vouloir se faire de l’argent sur le dos des entreprises, lorsqu’ils demandent précisément le respect de la loi. Demain, il dénoncera encore leur incurie, lorsque les salariés se plaindront et qu’il sera trop tard.

La majoration salariale est un leurre

La majoration prévue est égale au trentième du salaire mensuel. Monsieur Mallié dit que c’est équivalent au doublement du salaire. C’est faux ! Un salarié qui perçoit 1500 euros pour un temps complet touche un taux horaire de 9,89 euros. La majoration du trentième prévue par Monsieur Mallié est égale à 50 euros. Celle issue du doublement du salaire devrait plutôt revenir à 69,23 Euros si le salarié travaille sept heures le dimanche.

Pire, le trentième n’évolue pas avec le nombre d’heures. Il reste à 50 euros que le salarié travaille huit ou dix heures le dimanche. Alors que pour huit heures le même salaire doublé devrait s’élèver à 79,12 euros, et pour 10 heures à 98,90 euros. Le résultat est mathématique, pas démagogique. Cette majoration n’est pas prévue dans tous les cas.

Le repos compensateur avancé est une hypocrisie. La législation impose un jour de repos au minimum par semaine. Il n’y a là donc aucun avantage concédé au salarié qui voit simplement son dimanche remplacé par un autre jour.

Les réponses aux questions rhétoriques que pose Monsieur Mallié sont faciles à faire.
3000 salariés venus manifester sont bien peu pour entraîner la société toute entière dans une impasse sociale. Un intérêt particulier ne devrait pas prévaloir sur l’intérêt général.

Une mesure à l’effet économique nul

A mon tour de poser une question. Je gage que Monsieur Mallié aura à cœur d’y répondre. A-t-il jamais produit la moindre étude des effets économiques de cette mesure ? Le résultat économique de cette mesure est en effet nul.

Les dix euros par mois de plus dépensés dans le commerce ne le seront plus dans d’autres secteurs et ne seront pas statistiquement dépensés chez les petits commerçants. Même Jacques Attali et sa Commission voulaient faire du travail du dimanche un outil de concurrence déloyale réservé aux petits commerçants des centres villes pour les redynamiser.

Sans compter qu’au niveau social, cette mesure va entraîner un peu plus le délitement de la société, surtout dans les familles les plus défavorisées et dans les zones de la périphérie qui concentrent déjà tous les problèmes.

Devant cette critique, Le secrétaire d’Etat à la Consommation, Luc Chatel, en a été quitte pour affirmer que le travail est un lien social. Quelle ironie ! Que répondre aux salariés qui aspirent à être avec leur famille ou veulent prétendre à d’autres activités tout en percevant un salaire décent ? Jaurès doit se retourner dans sa tombe. D’ailleurs, n’a-t-il pas voté la loi de 1906 instaurant le repos dominical ?

Lire aussi :
Travail le dimanche : la liberté existe-t-elle en France ?
La crise, prétexte idéal pour imposer le travail le dimanche

Photo : ’Non au Travail du Dimanche’ (Tierradentro/Tenuya/Flickr).

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  • Phil2922
    Phil2922
    Retraite invalidité
    • Posté à 14h59 le 08/11/2008
    • Internaute 36639
      Retraite invalidité

    Depuis l’année dernière, quand Sarko citait Jaurès, celui-ci n’arrête pas de se retourner dans sa tombe. D’autant plus que les libéraux proclament, sous couvert de liberté, que le travail du dimanche se fera après volontariat. Où sera t’il quand le patron fera de telles pressions qu’il sera difficile de refuser à moins de se voir licencier... ? ! De plus, à l’embauche, il y aura la question êtes vous prêt(e) à travailler le dimanche et qu’une réponse négative entraînera un retour à la case chômage, avec pourquoi pas, des recommandations négatives de la part de la boîte envoyées à l’ANPE.. ? !

    Oui au repos dominical, ainsi qu’à 2 jours consécutifs de repos dans la semaine pour éviter que le travail, surtout au prix qu’on le lui donne, ne prenne le dessus sur notre bien-être... !

    • kawouede
      kawouede répond à Phil2922
      • Posté à 19h07 le 08/11/2008
      • Internaute 27995

      En même temps, quand Royal arrive en tête des motions du PS, est-ce que Jaurès ne se retourne pas aussi dans sa tombe ?

  • padiran
    padiran
    Chroniqueur Grolandais
    • Posté à 15h34 le 08/11/2008
    • Internaute 5159
      Chroniqueur Grolandais

    Il faut être issu du commerce pour comprendre ce que veut dire « droit de refus du salarié ». Vaste tarte à la crême ce « droit » n’existe pas. Les nombreuses sollicitations, contraintes et autres pressions font que le salarié n’est pas en mesure de refuser de travailler le dimanche. Il faut être particulièrement de mauvaise foi pour appeler cela une liberté

  • babayaga
    babayaga
    musique du monde
    • Posté à 16h09 le 08/11/2008
    • Internaute 7147
      musique du monde

    Jean Jaurès haranguant la foule au Pré St Gervais

    Quand revivrons-nous ces grands élans politiques qui permettent de renverser les montagnes de mauvaise foi ?

  • compte désactivé 2
    • Posté à 16h13 le 08/11/2008
    • Internaute 29938

    Pour avoir bcp lu Charles Péguy, je sais que ce grand monsieur socialo, le susdit Jaurès, a toujours vécu dans les quartiers chics de Paris et qu’il refusait de se mêler au Peuple. Je n’ai aucun respect pour Jaurès !

  • bonbon rose
    bonbon rose
    à croquer
    • Posté à 16h23 le 08/11/2008
    • Internaute 52604
      à croquer

    La notion de liberté rejoint celle de la transparence chère au coeur de notre super président, pardon, son altesse Nico 1er :
    - il augmente son salaire (en toute transparence, je le dis et je vous emmerde)
    - il double le salaire des contractuels de l’Elysée (je le fais en toute transparence et je vous emmerde)
    - il fait flamber les crédits de fonctionnement de l’Elysée (c’est transparent et je vous emmerde).
    ’Je vous emmerde’ ça veut dire ’je fais ce que je veux’ mais aussi ’je le revendique et j’ai l’intention de continuer’.
    Et la masse bêlante des ministres suit.

  • skalpa
    skalpa
    actif et militant ?
    • Posté à 16h48 le 08/11/2008
    • Internaute 7181
      actif et militant ?
    • babayaga
      babayaga répond à skalpa
      musique du monde
      • Posté à 17h23 le 08/11/2008
      • Internaute 7147
        musique du monde

      MdR ! c’est vrai que les chevaux travaillent le dimanches pour la plus grande joie des turfistes ;))

  • thierry reboud
    • Posté à 16h55 le 08/11/2008
    • Internaute 20923

    Je suis toujours estomaqué par ces députés UMP qui passent leur temps à se goberger d’un soi-disant pragmatisme contre l’idéologie, et qui n’ont manifestement pas la moindre idée de ce qu’est la réalité réelle. Mallié est très emblématique de cette variété d’élus du peuple.

    Leur rhétorique repose sur une vision pour le moins idéalisée des relations sociales, celle qui s’appuie sur l’axiome fantasmatique du Nous sommes tous sur le même bateau. Dans la réalité réelle du travail salarié, nous en sommes encore et toujours au rapport de force. Dès la fin des années 70, Krazuki notait que l’envolée du chômage serait utilisée comme moyen de pression : la suite a démontré que, sur ce point au moins,il ne s’était pas trompé.

    L’écoeurant de cette affaire (qui n’est que l’une des multiples remises en cause des garanties sociales), c’est que les élus et l’Etat viennent au secours de ceux qui disposent déjà de la position la plus solide dans le rapport de force. Ce n’est pas que je sois surpris, mais ça énerve quand même.

    • parti
      parti répond à thierry reboud
      punishment park
      • Posté à 22h46 le 08/11/2008
      • Internaute 36257
        punishment park

      c’est comme l’histoire d’un parachute doré...je saute de pas trés haut pour me retrouver dans un lit de soie...quel courage...

  • lesuperdidou
    lesuperdidou
    Saltimbanque
    • Posté à 17h44 le 08/11/2008
    • Internaute 46485
      Saltimbanque

    « ...de quel droit l’UMP cite Jaurès ? »
    Niko-la-Kame nous prend bien pour des cons.

  • Commandant Bubulle
    • Posté à 18h13 le 08/11/2008
    • Internaute 40891

    Le fait que des politiciens de l’UMP souhaitent que les magasins ouvrent le dimanche est tout à fait compréhensible. En effet, notre Président étant celui du pouvoir d’achat, nous nous sommes tellement enrichi depuis qu’il est au pouvoir que nous ne savons pas quoi faire de notre argent. Il faut donc que les magasins ouvrent le dimanche pour que nous puissions dépenser toutes les richesses que nous avons accumulées.

  • pauvre caissiere
    pauvre caissiere
    caissiere supermarche
    • Posté à 21h29 le 08/11/2008
    • Internaute 25408
      caissiere supermarche

    français réveillez vous .......
    ce gouvernement va nous réduire a l esclavage,ils s en mettent plein les poches .réagissons .il faut les mettre dehors .ils se servent de la crise pour nous bouffer le peu d acquis qu il nous reste .encore 3ans et nous seront que des pantins avec juste le droit de fermer sa gueule ceux qui ont voter pour ce guignol devrait etre condamne pour crime contre l ouvrier .LUTTONS .....

  • jissé
    jissé
    Ingé retraité
    • Posté à 21h33 le 08/11/2008
    • Internaute 23393
      Ingé retraité

    Et y’aura plus person de « libre » le bien( ?) nommé « Jour du Seigneur » pour aller à la messe !
    Et verser son obole à la quête !
    Récession et chômage dans les fabriques d’hosties.

    Travaillez plus, vous donnerez et boufferez moins.

    Nom de diou, qu’en pensent Ste Boutin et le curé de polytechnique ?

    Lien

  • chris 13
    chris 13
    entre le marteau et l'enclume
    • Posté à 23h51 le 08/11/2008
    • Internaute 56739
      entre le marteau et l'enclume

    J’aimerai bien avoir le sentiment des vendeurs de la zone commerciale de Plan de campagne dans les bouches du rhone (région dont M.Maillé est député UMP) quand on va leur expliquer qu’au lieu d’avoir le lundi et le mardi matin de repos ,leurs jours de travail seront répartis sur au moins 6 jours.’( dans le cas d’une ouverture 7 jours sur 7)
    M.Maillé s’empresse toujours de dire que les travailleurs de Plan de campagne veulent pouvoir travailler le dimanche , mais il oublie vonlontairement (et les journalistes qui nous proposent des reportages sur cette zone commerciale aussi) de préciser que les commerces ouverts le dimanche sont FERMES le lundi toute la journée et le mardi matin.Ca fait un jour et demi de repos consécutif mieux que n’importe où ailleurs .Qu’en pensent les travailleurs ? Revenir sur cet avantage ,y sont ils vraiment préparés et en ont-ils vraiment conscience ?
    Je connais des gens qui travaillent sur cette zone ,ceux qui travaillent le dimanche ne veulent surtout pas qu’on change leur organisation et leur « presque » 2 jours de repos consécutifs.Alors M.Maillé qu’en est -il réellement ? Il faut dire la vérité et toute la vérité ! ! !

  • Anonyme

    DU NIVEAU DE TOLERANCE :

    C’est juste une phrase qui vous attrape, et vous trotte dans la tête. Une phrase prononcée par Patrick Doutreligne, de la fondation Abbé-Pierre. Evoquant dans « Politis » les Enfants de Don Quichotte, à l’occasion de la sortie du film des frères Legrand, il explique qu’avec leur action de décembre 2006 ils ont créé un choc salutaire, et ce pour une raison simple : Notre niveau de tolérance était en train d’augmenter. Emmaüs, la Fondation Abbé-Pierre, le Secours catholique : les associations qui ont rejoint alors les Don Quichotte, à force de gérer des structures d’accueil pour SDF et de s’asseoir à la table de négociation des ministères, avaient fini par s’institutionnaliser. Au fond : par s’y faire, à la misère. Notre niveau de tolérance était en train d’augmenter.
    Et l’on se dit brusquement que c’est bien de ça qu’il s’agit aujourd’hui, mais pas seulement pour la misère : pour TOUT. Des choses qui nous auraient choqués, indignés, blessés voilà deux ans, on les laisse passer. On baisse la garde. On s’habitue. De temps en temps, dans un sursaut, on se dit que si ça continue on va finir comme les Italiens : LOBOTOMISES. Car cinq années de Berlusconi ne leur ont pas suffi, ils en ont redemandé, l’ont réélu, les voilà maintenant assistant aux pitreries quotidiennes du télébonimenteur, et seul sont projet fou de supprimer 200.000 postes d’enseignants a provoqué un sursaut, fait descendre récemment dans la rue 2 millions de manifestants.
    On s’habitue. Le martèlement sarkozyste et la cour qui lui lèche à grand bruit les talonnettes. Sous des apparences faussement décontractées et modernes, le manque total d’humour, que prouve l’affaire des poupées vaudoues. Cette perpétuelle autocélébration de soi, tel un catcheur en tournée permanente sur tous les écrans. La tête qui enfle et les mots pareillement, qui n’ont plus guère de rapport avec le réel. Ainsi, on passe un PACTE MORAL avec les banques. Un PACTE MORAL ! Pas étonnant qu’elles s’assoient dessus ! On invite les banquiers à faire preuve de solidarité. C’est à se rouler par terre ! Mais nous restons stoïques, à peine un sourire accablé, nous rentrons la tête dans les épaules, on a vu pire non ? Et on verra pire. Cet entêtement dans l’erreur : à peine le krach a-t’il déboulé qu’aussitôt IL FAUT POURSUIVRE LES REFORMES DE PLUS BELLE.. Les réformes ? Cogner sur les services publics, virer massivement des profs, privatiser La Poste (tout en disant contraire), ect. Cette tentation bonapartiste, je suis l’homme providentiel, à moi l’Europe….Et ce krach à l’occasion duquel ministres et experts se déchaînent en chœur, entonnant les mêmes rengaines qu’avant. Même le pape de la finance américaine Alan Greenspan reconnaît aujourd’hui avoir fait une erreur en croyant que le sens de leurs propres intérêts, notamment chez les banquiers, était la meilleure protection qui soit. Mais EUX, ministres et experts sarkozystes, continuent leur bonhomme de chemin, comme DES POULES A QUI ON A COUPE LA TETE.
    Un PACT MORAL avec les banques….
    Notre niveau de tolérance est en train d’augmenter.

    Jean-Luc Porquet – Le Canard enchaîné.

    • chris 13
      chris 13
      entre le marteau et l'enclume
      • Posté à 01h49 le 09/11/2008
      • Internaute 56739
        entre le marteau et l'enclume

      effectivement c’est tout à ca.Au cours d’un repas entre amis hier soir c’est exactement ce que je me suis dis. Tout le monde parle de la crise,tout le monde s’indigne des millions trouvés pour les banques comparés au trou de la sécu .Mais je me suis rendue compte que tous mes invités autour de la table étaient résignés malgré l’indignation. » les autres ils auraient fait pareil. » « de toutes facons ils auraient fait la meme chose des réformes. »
      J’ai eu l’impression qu’on était fait comme des rats et qu’il faut subir puisqu’on a plus confiance en personne et qu’on ne peut rien y faire.
      Et malheureusement j’ai bien peur que la grande révolution ne soit pas pour demain .Avec tous mes hotes résignés (4 couples de 30 à 52 ans) j’ai eu peur .Le grand sursaut c’est pas encore pour demain .Je pense que les gens ne sont pas encore assez dans la galére meme si autour de la table tout le monde connaissait quelqu’un touché par les premiers effets de la crise.( un frére un licencié de la camif,un intérimaire sans mission,ralentissement dans le batiment,un ami au chomage technique chez arcelor mital,une soeur agent immobilier qui ne vend plus rien et peut etre meme des arret d’unités produisant de l’essence chez Total). Et bien rien pas de sursaut pas envie de se bouger pour défendre les droits qu’il nous reste ,pas envie de manifester son ras le bol pourtant bien réel ,aucune solidarité entre travailleurs rien .Les bras m’en tombent.Et je me dis qu’on est pas sorti de l’auberge, La lobotomisation des masses a fonctionné.Tous et surtout ceux qui ont voté pour Nicolas Sarkozy ont l’impression de s’etre fait avoir une nouvelle fois ,la rupture tant attendu n’y est pas ,mais leur seule réaction « attendre » je ne sais pas quoi. Désespérant...

      • Homer555
        Homer555 répond à chris 13
        • Posté à 13h29 le 09/11/2008
        • Internaute 45141

        Ma question est que voulez vous faire ?

        Voter ? Je fais partis des gens qui pensent que voter c’est désigner qui sera le roi à la place du roi. Certains maires restent des politiques qui veulent améliorer la qualité de vie de leurs concitoyens. Notez que c’est à l’échelon du maire qu’on trouve encore des indépendants (sans partis politiques), mais pas d’amalgame.... A partir du député, c’est obligatoirement des carriéristes à la recherche de meilleurs indemnités, d’avantages divers... Alors les candidats à la présidentielle... je ne vous explique même pas leurs motivations (Membre du conseil d’état A VIE pour 63000€/an ?)

        La constatation que la progéniture de nos dirigeants se prépare à prendre la relève suffi à me conforter dans le fait que : Non, n’importe quel citoyen ne peux pas être élu président. Les Nantis réagissent comme une meute se protégeant et se plaçant les uns les autres. Les partis politiques représentent ces meutes avec le chef que tous le monde suit, les lieutenants et les jeunes qui rêvent de prendre une place... C’est juste qu’il y a plusieurs meutes qui se battent pour la charogne.
        On vois où ça à mené Coluche de taper la fourmilière en 81.

        La manifestation ? Des manifs, nos politiques en voient 10 par jour. Ça dure 3H et il faut dévier le convoi présidentiel. Voila tout.

        Le blocage général du système ? Dans le monde où on vit, si vous n’êtes pas un nantis, vous avez juste de quoi vivre avec le fruit de votre travail (c’est fait pour...). Combien de jours de blocage de la France tiendrez vous sans être harcelé par votre banque le mois suivant ? 2-5-10 ? Dans l’histoire, les assiégés qui crèveront de faim c’est nous. Et puis qui sera notre messie qui pensera à la France avant lui ? Parce que si on bloque la France juste pour désigner un nouveau roi avant l’heure, c’est inutile.

        Vous avez d’autres idées ?

         
        • Anonyme répond à Homer555

          Vous avez d’autres idées ?

          Certainement pas me faire tordre le cul toute ma vie et celles de mes enfants aussi !

          Les barricades s’élèveront et tous les moutons suivront...

          • Homer555
            • Posté à 13h51 le 09/11/2008
            • Internaute 45141

            Si vous le dites...

        • chris 13
          chris 13 répond à Homer555
          entre le marteau et l'enclume
          • Posté à 16h04 le 09/11/2008
          • Internaute 56739
            entre le marteau et l'enclume

          Mais mince alors ,il faudrait arreter d’etre aussi fataliste sinon il ne va rien rester des acquis sociaux que nos grand -parents ont obtenus de haute lutte.Surtout que certains ne se privent pas d’augmenter leurs priviléges en nous supprimant les quelques acquis qu’il nous reste.
          Relisez Zola ! Eux aussi il fallait qu’ils vivent ils avaient aussi des factures et pourtant ils ont lutté et merci à eux.Si on n’y prend pas garde tout va partir en éclats.
          Alors c’est sur nos manifs avec trois mecs qui se battent en duel ,ca fait pas sérieux et cela donne à penser à notre président qu’on n’est pas si nombreux à ne pas etre d’accord avec sa politique.Si on était 2 à 3 millions dans la rue à crier notre désapprobation ,cela aurait déjà plus de gueule et donnerait un signal au gouvernement.
          Ce n’est pas parce que 53% des votants ont élus M.Sarkozy qu’on lui a donné un chéque en blanc.Les francais qui sont d’accord pour le travail du dimanche dans leur grande majorité sont d’accord pour ouvrir les magasins tant qu’ils ne sont pas concernés, ils n’y travaillent pas.Diviser pour mieux régner c’est la force du gouvernement .Pendant qu’on se bat entre nous, il continue le travail de déréglementation.

          Quand on vote on n’est plus écouté.Aprés les présidentielles, les régions sont presque toutes passées à gauche ,les mairies aussi ont plus ou moins basculées.Mais le gouvernement n’en tient pas compte donc il ne nous reste plus que la rue pour dire stop et ne pas tout accepter.Quand les italiens se déplacent en masse ,ca fait désordre et ca donne à réfléchir.Actuellement notre gouvernement teste notre seuil de tolérance et je pense qu’il est aussi surpris que moi des couleuvres qu’il arrive à nous faire avaler.Beaucoup n’y comprenne rien ,beaucoup pensait faire parti des heureux bénéficiaires du paquet fiscal .J’ai meme des amis commerçants qui se demandent toujours où sont les exonérations et les réductions promises pour eux rien a changé.
          Je pense qu’il est temps de se faire entendre et si le seul moyen c’est de descendre dans la rue alors il faut se bouger mais en masse ! ! ! Il faut au moins essayer avant de dire que ca ne marche pas.

          • Homer555
            Homer555 répond à chris 13
            • Posté à 17h09 le 09/11/2008
            • Internaute 45141

            Ne vous y trompez pas, je suis entièrement d’accord.

            Au stade où nous en somme, je pense qu’on à atteint une copie de la monarchie royaliste avec quelques différences sans importances. La dernière fois qu’on a été confronté à ce type de gouvernement, il y a eu une révolution.

            Nous ne sommes plus à l’époque de Zola. Un seul article dans l’aurore pouvais soulever des foules. Nous sommes bloqués rien que par le fait que l’offre médiatique est bien plus importante, donc divisée. Les grands médias sont quand à eux soit subventionnés soit dirigés par un ami du gouvernement. La presse n’est plus indépendante. On obtient donc que de petits groupes de contestataires mis dans l’incapacité de communiquer efficacement. On les musèles... La seule voix facilement accessible est celle des nantis qui nous expliquent que « tout ça c’est pour vous ».

            Je suis d’accord sur l’idée de faire entendre notre voix mais. Quel moyens avons nous ? Réfléchissez bien, le système est bien ficelé... toujours entre nantis bien sur. En tous cas, les 3 moyens que j’ai cité plus haut me paraissent obsolètes et contrôlés par un moyen ou un autre par les nantis. Quels moyens avons nous de créer ce nouvel élan ?

            A la limite, une levée de boucliers de tous les syndicats sans exception et au nom de tous. Un appel général quoi. Mais je dis à la limite car mon état d’esprit m’a appris à n’avoir qu’une confiance très limité dans les syndicats qui pour moi profitent aussi de l’afflux d’argent pour qu’ils restent sages.

            Mon rêve reste une république où les élus DU PEUPLE (un tant soit peu de mixité dans le pouvoir bordel ! Assez des énarques et polytechniciens !), serviront les intérêts de la NATION. En remerciement, nous les indemniserons, ce qui leur permettras de vivre correctement. Mais pas de rivaliser avec les grand patron en se servant dans l’argent du peuple !
            Pour ça, pour moi, il faut retirer 2 principes.
            1/ Que les élus ne soient plus maitres du portefeuille de la France. Il y a un pays dans le nord (je sais plus lequel dsl) où les élus doivent justifier leurs dépenses pour un remboursement. Que dirais les français si on leurs présentait une note de frais pour « organisation d’un cocktail à destination du gotta » ? Dépense urgente et incompressible ou pas ?
            2/ Empêcher la politique partisane qui n’est qu’une version moderne de la loi du plus fort. Comment voulez vous classer la population française en seulement 6 courants si ce n’est en regardant le pouvoir de leurs portefeuille ? Il faut un gouvernement pour tous, sans penser à tous bout de champs à idée de droite, de gauche, plaire au chef du parti... Toute ces considérations ne sont qu’un frein à l’avancée.

        4 autres commentaires
  • egide
    egide
    Littéral
    • Posté à 02h58 le 10/11/2008
    • Internaute 45067
      Littéral

    Souvent les évolutions des moyens du commerce sont le signe d’une transformation sociale et économique d’une société.

    La numérisation des échanges a totalement bouleversé le commerce de détail.

    Les majors français de la distribution sont en retard et c’est le cœur de leur métier qui est largement entamé par les distributeurs high tech qui vampirisent le marché de détail des produits à fortes marges et grignotent inexorablement les bénéfices des grandes surfaces physiques.

    Cette concurrence est très difficile à parer et menace l’infrastructure commerciale dense des points ventes qui constellent les espaces urbains.

    Chaque fois que des notables sont menacés dans leurs activités économiques, les élus conservateurs se mobilisent pour aider leur clientèle politique au besoin par des aides directes ou indirectes, subventions ou mesure de défiscalisation.

    Si ça ne marche pas, on modifie les règles du commerce au détriment de l’un ou l’autre des partenaires les moins stratégiques politiquement selon l’élu conservateur.

    Le consommateur salarié est la victime idéale des parades règlementaires que les élus conservateurs légifèrent pour protéger leurs soutiens des conséquences néfastes pour eux de la nouvelle donne économique.

    Malheureusement, ce genre de manœuvres dilatoires se terminent mal.

    Le retard technologique et la complexité des nouvelles contraintes répugnent aux directions en difficulté qui n’ont ni la culture pour proposer des solutions ni le quitus des conseils d’actionnaires pour investir afin de se moderniser

    D’où le recours au protectionnisme discriminatoire socialement.
    Gageons qu’au mieux, ces mesures qui pèsent lourdement sur les salariés à leur détriment, leur conserveront à court terme un emploi encore plus fragilisé et aux conditions d’activité dégradées.

    Au final, on peut craindre, non seulement une défaite des gestionnaires français mais une déroute supplémentaire sur le front de l’emploi.

    On ne sait définir le fond démagogique qui poussent des conservateurs à citer celui qui fut probablement leur pire ennemi pour donner un tour social à leurs tentatives de plus en plus désespérées pour sauver la notabilité.

    Ignorance ou cynisme ? Je penche pour l’ignorance.
    Qu’on ne s’y trompe pas, une élite totalement larguée, incapable de penser la modernité, qui bricole les lois pour survivre et se dé-responsabilise c’est vraiment pas une bonne nouvelle.