A débattre 07/11/2008 à 16h04

Dati veut exclure les juges du surendettement : attention danger

Conso.net"
Florent Pommier | Journaliste

Si le projet de Rachida Dati aboutit, les juges n’auront plus de droit de regard sur les décisions des commissions de surendettement, ce qui peut jouer contre les personnes concernées.

Les chiffres parlent d’eux-mêmes : les juges, dont le rôle est crucial dans le processus de traitement du surendettement en France, ne chôment pas. Près de 183 000 nouveaux dossiers ont été déposés en 2007 auprès des commissions de surendettement de la Banque de France, 779 000 cas ont été traités entre juillet 2003 et juin 2008 (voir le baromètre du surendettement de la banque de France).

Désencombrer les tribunaux

Actuellement, les juges doivent homologuer toutes les propositions des commissions (rééchelonnement, remboursement partiel, effacement partiel ou total des dettes des particuliers) et trancher en cas de contestation.

Qui compose la commission de surendettement ?


Une commission de surendettement est composée de six membres : le préfet, qui la préside, le trésorier-payeur général, le directeur départemental des services fiscaux, un représentant local de la Banque de France, un représentant des organisations de consommateurs, un représentant des établissements de crédit et des entreprises d’investissement.

Mais ils pourraient bientôt ne plus avoir à le faire dans la majorité des dossiers, comme l’a proposé, le 29 octobre, la ministre de la Justice Rachida Dati. Elle souhaite que les commissions de surendettement n’aient plus besoin de l’homologation finale du juge pour que leurs décisions s’appliquent. C’est une rupture.

Pour justifier cette mesure, la garde des Sceaux évoque l’encombrement des tribunaux provoqué par la multiplication, depuis cinq ans, des plans de rétablissement personnel (PRP), procédure de « faillite civile » en faveur des ménages dont la situation financière est « irrémédiablement compromise » (selon les termes de la loi du 1er août 2003).

Le nombre des PRP a quasiment doublé entre 2004 et 2007 -passant de 15 000 à 28 000-, provoquant un allongement du délai moyen de convocation à l’audience d’ouverture de la procédure : environ cinq mois actuellement. « Trop long », tranche la ministre. A terme, les juges garderaient la main sur les PRP, mais ne pourraient plus contrôler le travail des commissions de surendettement pour les cas plus classiques.

Des risques pour les consommateurs

Plusieurs questions sont soulevées par ce projet : n’est-ce pas un danger de supprimer le contrôle judiciaire avant une décision de cette importance ? Les accords finalement conclus dans les commissions risquent d’être plus défavorables qu’aujourd’hui sur le plan économique et moins respectueux des règles. Les consommateurs en pâtiraient.


Fiche juridique sur le surendettement.

L’association nationale des juges d’instance estime aussi qu’il y a un risque de déséquilibre si les commissions de surendettement prennent seules les décisions. Anne Caron-Deglise, membre du bureau de l’association nationale des juges d’instance et conseillère à la cour d’appel de Paris, plaide ainsi :

« Il faut un regard du juge sur les conditions de négociations du rééchelonnement des dettes. Nous devons vérifier si les propositions sont conformes aux textes. Aujourd’hui, nous recadrons les choses en cas de souci. »

Et de conclure : « On ne peut pas être d’accord avec Mme Dati ».

Ne faut-il pas en profiter aussi pour réduire le délai de dix ans des plans de remboursement ? Ce délai est souvent jugé trop long, car il empêche les ménages de reprendre rapidement pied dans la vie économique. Certains spécialistes préconisent un échelonnement sur cinq ans.

Publié initialement sur
Conso.net
  • 6328 visites
  • 20 réactions
Vous devez être connecté pour commenter : or inscrivez-vous
  • TARPON
    • Posté à 18h02 le 07/11/2008
    • Internaute 27263

    Ce n’est pas ce que Dati a dit,on en est loin :
    le lien est dans l’article,je cite :
    Ces évolutions pourraient aboutir à la mise en place d’un système gradué de traitement des dossiers de surendettement :

    - pour les mesures classiques de surendettement (report, rééchelonnement, suspension, effacement partiel des dettes) : les mesures seraient adoptées par la commission. Il n’y aurait plus besoin de l’homologation du juge.

    - pour l’effacement total des dettes sans liquidation : la commission formulerait une recommandation et le juge serait chargé de l’homologation alors qu’aujourd’hui il agit seul.

    - enfin, pour l’effacement total des dettes avec liquidation des biens du débiteur : la commission devrait saisir le juge qui procéderait alors à la liquidation.

    Dati a supprimé des tribunaux ,pas des juges .mais sur ce point j’aurais aimé qu’elle supprime plus de tribunaux ,cela ne sert à rien de multiplier les notes de chauffage.

  • pablico
    pablico
    À la porte d'un sourd, 
un jour (...)
    • Posté à 19h10 le 07/11/2008
    • Internaute 14278
      À la porte d'un sourd, 
un jour (...)

    à force de rogner, rogner, on va finir par se faire justice soi-même ?
    la défense du faible, de la veuve et de l’orphelin va se faire comment ?

    • la champenoise
      la champenoise répond à pablico
      • Posté à 23h04 le 07/11/2008
      • Internaute 27942

      Elle s’en moque bien : il faut libérer des juges pour que les plaintes en justice du président soit jugées le plus vite possible !

  • Les Chats
    Les Chats
    En grève du zèle contre le (...)
    • Posté à 21h04 le 07/11/2008
    • Internaute 24526
      En grève du zèle contre le (...)

    « Elle a supprimé des tribunaux d’instance et maintenant elle constate que ceux qui restent sont encombrés. Elle pouvait pas y penser avant ? »

    Mais elle y a pensé ! (Le nombre des PRP a quasiment doublé entre 2004 et 2007 -passant de 15 000 à 28 000) ça ne pouvait aller qu’en augmentant. Tout est bien ficelé, cette Dati est comme son patron, la casse et le mépris des français.

  • zphilou
    • Posté à 16h43 le 07/11/2008
    • Internaute 23395

    Et hop.. ! ! !

    Mine de rien..un tour de verrou en plus sur la France d’en bas.. ! ! !

    Ca va mal finir... ! !

    Rectif : Il est grand temps que çà finisse mal.. ! !

    Plein l’cul... ! ! ! (Mince, Crotte de zut, un peu plus et j’étais mal élevé.. !)

  • Schmann
    • Posté à 17h12 le 07/11/2008
    • Internaute 56065
      -

    Au bord du gouffre, criblé de dettes, sans entrevoir de sortie à court terme, sans aucunes solutions proches, naissent cauchemars, hantises, et désespoir. Le moral s’en ressent tous les jours, l’orgueil n’est plus, disparait au profit du mal de vivre.
    Quand la mécanique du crédit s’emballe, et qu’on contracte un crédit revolving à 20 % pour rembourser une dette à 7 %, c’est l’expression même d’un détresse.

    Depuis 5 ans les processus sensés garantir le minimum des 30 % de solvabilité n’est plus appliqué, la mode du revolving est de retour avec pour arguments pas de justificatifs à apporter quelque soit la somme empruntée. Le remède s’avère être pire que le mal. La dette augmente et le taux avec.

    Le recours judiciaire est alors la seule alternative sur laquelle ces êtres humains fondent leur espoir. Nous espérons tous l’indulgence, la compréhension et éventuellement le pardon.

    Plusieurs avis sont nécessaires, une seule commission ne peut logiquement statuer seule par un premier avis sur une situation selon des barêmes pré-établis
    C’est ces mêmes barêmes, qui sont bafoués à l’extérieur par les sociétés de crédit.

    J’enrage, car je connais cette situation, j’enrage car trop d’être humains connaissent cette situation. Et que nous partageons tous le sentiment d’être minables, d’être fautifs.

    Le suicide existe madame Dati et pour des raisons bien moins terribles...

  • Flo de Kaw
    • Posté à 18h08 le 07/11/2008
    • Internaute 12079

    La commission de surendettement a été un garde fou de premier plan pour empêcher la ruine financière et sociale des familles. Mais ce n’est pas tout. Elle a été surtout le garde fou des institutions financières qui craignent cette commission plus que tout. Une banque n’a aucun avantage à ce que ses débiteurs passent par ces commissions : ses intérêts sont renégociés, les échéances re-étalées… raison pour laquelle les institutions financières sont si frileuses avec nous, pauvres français.
    Mais d’un autre côté, si les américains avaient eu ce genre de commission, car je parie que ce n’est pas le cas, la crise des subprimes aurait-elle existé ?
    Je suis inquiète de cette mesure qui donnera plus de poids dans la négociation aux créanciers. Dans un premier temps elle fragilisera les familles en difficulté. Par la suite, les banques apprendront à ne plus la craindre et n’empêcheront plus les ménages de se sur-endetter, voire les y pousseront.

    • tangi
      tangi répond à Flo de Kaw
      perplexe
      • Posté à 22h13 le 07/11/2008
      • Internaute 49400
        perplexe

      En l’occurence pour les crédits immobilier au US c’est « facile » : une fois que la maison est saisie vous ne devez plus rien.

      Ce qui d’ailleurs, a une conséquence notable, c’est qu’on exagère vu d’ici les conséquences sociales de ces saisies subprime : vous êtes en loc, vous prenez un crédit pour acheter, ne pouvez plus le rembourser, on vous saisie votre maison, vous ne devez plus rien, vous retournez en loc.

      Bien entendu, je caricature. Mais pas forcément tant que ça. La situation est notamment certainement très différente si vous avez déjà remboursé depuis 10 ans ; là vous perdez beaucoup. Mais alors ce n’est plus le cas des subprimes.

  • Absurde
    • Posté à 19h00 le 07/11/2008
    • Internaute 57173

    Hého, faudrait arrêter de se lamenter ! Qui oblige quiconque à s’endetter sur trente ans pour un pavillon en parpaings bâti en deux mois, et qui sera bon à démolir une fois qu’il sera fini de payer ? Sans compter que vous passez tout de même pas mal d’années à régaler rien que les intérêts ? Et qui oblige quiconque à s’offrir des conneries coûteuses (télés à écran plat, ordis superpuissants, SUV craignos et autres Panzers à cerceaux sur la calandre) qui deux ans plus loin ne vaudront pas la moitié de ce qu’elles auront coûtées ?
    Le crédit ? OK à condition de faire selon ses moyens et de cultiver assez de jugeotte pour s’éviter de tomber à pieds joints dans tous les pièges à cons qui nous sont tendus par des armées de pros de l’escroquerie à tempéraments. Les jolies cartes distribuées par tous les hypers, avec des « réserves d’argent » comme si on vous en faisait cadeau, l’obsession de la carte bleue qui dématérialise le fric, le besoin névrotique de faire comme le voisin qui s’est payé ceci ou cela qui tellement rutile, ou pire, acheter quelque chose qui rutile encore plus, quitte à bouffer des pâtes Aldi à tous les repas ! J’ai des copains qui ont vu partir leur femme dans d’autres bras pour des histoires de crédit sur une baraque, j’ai dans mon entourage des familles qui ont explosé à cause d’accumulations de crédits sur tout et sur n’importe quoi, plus de vacances, plus de loisirs, mais des traites pour la bagnole, la maison, le quad de l’aîné, le scoot de la cadette, la piscine pour en jeter un max, la super-télé géante à son surround pour se taper Patrick Sébastien le samedi soir vu que le cinoche et les sorties-restau étaient devenues inaccessibles.

    Jouer à ce jeu-là et venir se plaindre ensuite que les dossiers traînent et que la Dati (qui ne sera plus bientôt qu’un mauvais souvenir parmi tant d’autres) va supprimer je ne sais quels juges spécialisés dans le blanchiment de conneries qui n’auraient jamais dû être commises, excusez-moi mais c’est un peu léger à l’heure où tant de gens ont à peine de quoi se nourrir et se chauffer !

    • tangi
      tangi répond à Absurde
      perplexe
      • Posté à 22h20 le 07/11/2008
      • Internaute 49400
        perplexe

      C’était peut être vrai dans les années 80, dans la grande majorité des cas ça ne l’est plus maintenant. Les cas que vous donnez existe certainement, mais plutôt à la marge.

      Le plus souvent le surendettement correspond à un accident de vie (chomage, accident ou maladie) touchant des personnes socialement fragile (famille monoparentale ou avec un seul actif, ou encore deux actifs mais un en temps partiel,etc).

      Votre commentaire est peu charitable ; et même un peu choquant au su des situations dramatiques qui existent.

    • aumusee
      aumusee répond à Absurde
      en direct de l'élysée Montmartre (...)
      • Posté à 23h36 le 07/11/2008
      • Internaute 6663
        en direct de l'élysée Montmartre (...)

      Vous avez raison, mon bon monsieur.
      Quel dommage que ceux qui se sont endettés ne possèdent pas votre capacité exceptionnelle de raisonnement et de jugement.
      Vous parlez comme un livre, mais vous raisonnez comme la couverture.

      • Absurde
        Absurde répond à aumusee
        • Posté à 08h00 le 08/11/2008
        • Internaute 57173

        Je ne juge personne, je ne prétends pas avoir les qualités que vous me prêtez, les cas que je rapporte ne datent pas des années 80, ils sont pas si isolés qu’il y paraît. La bulle immobilière s’est gonflée sur une filouterie mise en place par des chaînes de pseudo-agents immobiliers du genre Era consistant à faire croire à des petits employés qu’ils allaient devenir des propriétaires par le sortilège du crédit à la consommation. Pour un peu plus que le prix d’un loyer, coco, tu seras un vrai proprio. Sans faire état des risques que cela supposait de s’engager sur des crédits allant jusqu’à vingt, trente ans... Quand les taux ont grimpé, passant du simple au double selon les officines de crédit, que s’est-il passé ? Il a fallu recourir aux crédits-relais pour faire face. Et si entretemps l’un des petits employés s’est retrouvé sur le carreau, et que d’autres crédits étaient en cours pour la bagnole ? La mécanique infernale était enclenchée.

        Ce qui est en cause ce ne sont pas les naïfs qui se sont laissés envoûter par les jolies promesses d’acquisition à cédit d’un statut social en même temps que de jolies choses autrement hors de leur portée. Bien sûr il y a cet éternel prétexte de se dire en signant pour le crédit d’une baraque, d’une belle bagnole ou d’un super lecteur DVD HD à son surround, qu’au moins on bosse pour quelque chose. Le 4X4 pour faire comme le voisin quand on n’a que les moyens raisonnables d’un Kangoo, je vous prie de croire que ce n’est pas de la légende dans certaines régions. Je l’ai vu dans le Var, où il y a une véritable dictature du paraître, où le brave père de famille qui est petit artisan, fonctionnaire, ou simplement chauffeur-livreur, « se doit » de s’afficher au volant de pareil char d’assaut s’il ne veut pas passer pour un loser auprès du voisinage. Et à côté de ça il y aura la moto de grosse cylindrée, le quad pour les gosses, la seconde voiture pour Madame, surtout pas une occase, et la télé géante pour épater quand on reçoit. Ce n’est pas une couverture de bouquin que je vous décris là. Ce sont des petites vies de petites gens que des petits malins ont convaincu qu’à partir de deux mille balles ils pouvaient vivre comme avec vingt mille. Moins la réalité qui leur est retombée tôt ou tard sur le coin de la gueule.

        Un cas particulier ? Celui d’un copain. Elle et lui fonctionnaires, 1200 € de traitement chacun, trois enfants. Pas beaufs du tout, plutôt des babas attardés. Ils ont fait construire dans un village un peu reculé des Alpes-Maritimes où il fait assez froid l’hiver. Crédit sur trente ans judicieusement conseillé et mis en place par Era. Comme c’était loin du boulot de monsieur et de madame, il leur fallait « de bonnes voitures », un 4X4 japonais pour lui, un break Fiat pour elle. Mais de l’occase, on est restés sages. De l’occase, mais à crédit. Hé oui, près d’un salaire sur deux partait déjà dans le crédit de la baraque, où il y avait encore pas mal de trucs à finir. Comme le 4X4 consommait trop, monsieur a acheté une moto Virago pour se rendre à son travail pendant la belle saison. Une occasion là encore, et à crédit. Comme il fallait bien s’occuper le soir vu qu’on était loin de la ville, on est allé acheter à Carrefour une grande télé avec décodeur surround et lecteur DVD ad-hoc. Un autre petit crédit de rien du tout, du genre « qu’on ne voit pas passer ». Ensuite ç’a été le fuel pour pouvoir se chauffer. Puis la taxe foncière a déboulé avec la taxe d’habitation et la facture d’eau, particulièrement coûteuse dans cette région où pour disposer de l’eau courante, la Lyonnaise vous demande de vous acquitter d’un abonnement forcé de cent cinquante euros (à l’époque) en plus de votre conso. Puis ç’a été les cours de judo du petit, soixante kilomètres aller-retour un soir par semaine après le boulot à bord de l’une ou l’autre des voitures, puis l’aînée a demandé à prendre des cours de danse. Idem, un second soir par semaine, pas le même. Le problème c’est qu’il fallait aussi se payer une mutuelle, la redevance télé, de quoi manger de temps en temps, de quoi fumer et l’entretien des deux bagnoles. C’est comme ça que madame, pour faire des économies de chandelle, est allée trouver le meilleur copain de monsieur qui s’y entendait en mécanique, et c’est comme ça que qu’une overdose de crédits a causé des dégâts collatéraux au sein de deux familles de petits employés. Pour avoir eu la naïveté de prendre le crédit à la conso pour une version moderne de l’ascenseur social.

        Vous en pensez ce que vous voulez, moi je n’en pense rien. J’achète selon mes moyens et je n’ai pas de visite d’huissier de prévue.

         
        • Macbeth
          Macbeth répond à Absurde
          Employé
          • Posté à 10h42 le 08/11/2008
          • Internaute 42646
            Employé

          Il n’y a pas grand chose à en penser, si ce n’est que de nombreux citoyens manquent d’une sorte d’éducation à la consommation ! Tout n’est pas qu’une affaire de « milieu », mais en même temps l’éducation des familles comptent aussi... Et on a pas tous la même.
          Il n’en reste pas moins que CE QUE VOUS DECRIVEZ a permis AUSSI à la France de connaître une certaine CROISSANCE.
          C’est parce que tant de ménages s’endettent, tandis que d’autres épargnent à tout va, que des grands groupes embauchent des vendeurs, des caissières et que des chaines de production (quant elles sont encore en France), produisent ! ! !
          S. Royal dans sa contribution au PS indique qu’elle souhaite l’interdiction des crédits revolving, et peu importe qu’on la soutienne ou non sur le reste, peu importe sa personne, cette solution radicale : je la préconise également ! (Leurs taux, que la plupart des gens sont incapables de vraiment comprendre, sont prohibitifs.)
          Ces crédits sont un piège pour beaucoup de ménages aux revenus trop faibles (même dans les classes moyennes), puisque soit les revenus sont trop faibles et les aides trop basses face aux multiples coûts de la vie, soit les revenus sont moyens mais il n’y a presque plus d’aides sociales ! (Hormis les A.F...).

          Si tout le monde avait acheté SELON SES MOYENS, la France compterait peut-être un million de chômeur de plus et serait entrée en récession depuis longtemps, cher Monsieur...

          Inutile donc de regarder de haut ces « endettés » qui ont permis à la France de durer jusqu’à aujourd’hui ; aujourd’hui où tout se casse la gueule parce que c’est le système lui-même de redistribution des richesses qui est en cause, et non l’irresponsabilité de certains ménages ! ! !

          PS : Sarkozy nous annonçait qu’avec le bouclier fiscal, les hauts revenus allaient consommer plus... Je ne sais pas vous, mais moi j’en rigole encore ! (Ah si... Ils achètent des apparts en Floride actuellement, entre autre. C’est pas ça qui va relancer l’économie nationale.)

  • YoshiL7
    • Posté à 19h24 le 07/11/2008
    • Internaute 29840

    Au lieu de vouloir réformer cela, elle ou ils devraient plutot se pencher sur la question du « pourquoi » on en arrive à telles situations... qu’est ce qu’il faut mettre en place pour enrayer tout cela... on garderait un peu de justice dans notre pays et on désengorgerait les tribunaux ensuite vu que ca semble etre le seul argument (bien pauvre et plein de conséquence finalement) pour mettre en place cette nouvelle réforme..

  • tangi
    tangi
    perplexe
    • Posté à 22h07 le 07/11/2008
    • Internaute 49400
      perplexe

    La loi du 08 février 1995 avait supprimé les procédures judiciaires afin de désengorger les tribunaux.

    La loi du 29 juillet 1998 rétablissait l’intervention du juge d’exécution notamment en cas de contestation des conclusions de la commission de surendettement par les créanciers.

    La loi Borloo de 2003 généralisait l’intervention des juges d’execution.

    La loi Dati de 2008 va réduire ou supprimer les procédures judiciaires pour désengorger les tribunaux ?

    La boucle est bouclée. Finalement la seule question c’est le nom du ministre qui pondra la loi après Dati...

    Mais bon, faire et défaire, c’est toujours travailler...

  • aumusee
    aumusee
    en direct de l'élysée Montmartre (...)
    • Posté à 23h38 le 07/11/2008
    • Internaute 6663
      en direct de l'élysée Montmartre (...)

    Cela dit, elle a raison mame dati.
    Si on supprimait tous les tribunaux, qu’il n’y ait plus de juges, ça ferait bien des économies.
    Et notre garde des sceaux (à champagne) pourrait enfin se la couler douce en n’ayant plus de contestataires.

  • Macbeth
    Macbeth
    Employé
    • Posté à 08h22 le 08/11/2008
    • Internaute 42646
      Employé

    Eh bien, me voilà peut-être d’accord, pour une fois, avec une décision de l’actuelle ministre de la justice... Plusieurs gestionnaires de dossiers de surendettement à la BDF m’ont en effet déclaré que dans plus de 90% des cas, le juge ne faisait qu’homologuer les plans proposés par les Commissions. Problème : ils le font dans un délai très long, durant lequel les débiteurs sont laissés seuls face à leurs créanciers (même si cela empêche les procédures d’huissiers puisque ces dernières nécessitent un jugement, (sauf pour l’huissier du trésor public !), au moins en attendant que le juge statue).
    Cependant, il faudrait savoir si, dans les 5 ou 10% des cas où les juges ne suivent pas les recommandations de la Commission de surendettement, ils vont effectivement dans le sens des débiteurs ou bien vont dans celui des créanciers lorsque ces derniers s’opposent à un plan proposé par la Commission...

    A noter : pendant les mois où les débiteurs attendent la décision du juge, les intérêts (même les plus élevés, comme pour les crédits revolving), continuent de courir ! ! ! (Sachant qu’étant surendetté, les débiteurs sont censés donner ce qu’ils peuvent, mais évidemment pas les mensualités nécessaires à faire baisser toutes les dettes et tous les crédits et qui plus est, ils doivent le faire en ne privilégiant pas l’un ou l’autre des créanciers, demande express de la Bque de France). Résultat : parce qu’un créancier a contesté les recommandations de la Commission (parfois un peu sévères, effectivement, à l’encontre des débiteurs mais avec souvent des baisses d’intérêts notables, voir des plans avec 0% d’intérêt à rembourser), le débiteur se voit avec un endettement supérieur encore à celui qu’il avait lorsqu’il a déposé son dossier, tout simplement parce que le juge n’aura pu examiner les recommandations de la Commission avant des mois et des mois !

    Enfin, réduire des plans sur dix ans ? ... C’est un peu léger que d’affirmer cela sans dire ce que l’on a en tête : ces plans élaborés par les Commissions sont censés laisser un « reste à vivre » suffisant aux familles, et si les dettes sont élevées mais la solvabilité avérée après restructuration et élaboration d’un plan, une durée de huit ou dix ans peut permettre de laisser un peu plus de marge aux familles (ménage seul ou à plusieurs) ; parce que si l’on doit limiter à 5 ans les plans, d’accord... Mais que dans ce cas, que cela aille avec davantage d’effacement partiel des dettes ! Autrement, cela aboutira à ce que les Commissions revoient le mode de calcul du « reste à vivre » à laisser aux ménages à la baisse ; et pour le coup, cela pourrait aboutir à 5 années d’un enfer à peu près semblable à celui que vivent déjà les familles surendettées avant le dépôt d’un dossier de surendettement.

    PS : le nombre de juges est notoirement insuffisant en France, ne serait-ce qu’en comparaison avec l’Allemagne ! Donc, mon commentaire n’exonère pas R. Dati des critiques que je suis souvent amené à faire à son encontre. Si elle veut vraiment « aider » les ménages surendettés, qu’elle ne permette plus aux créanciers de contester les décisions de la Commission avec renvoi devant un juge, mais le permette pour les débiteurs qui jugeraient que le plan proposé est trop difficile à tenir...

  • ICIDEMAIN
    ICIDEMAIN
    indépendant
    • Posté à 09h32 le 08/11/2008
    • Internaute 43498
      indépendant

    En dehors de la polémique R DATI, faut il un juge pour homologuer tous les plans ou uniquement dans les cas les plus extrèmes, le fond du débat comme certains l’ont signalé repose sur la prévention des particuliers. Or dans ce domaine on ne propose rien.

    Souvent, le consommateur est seul face à une conseillère-er commercial(e)d’une enseigne, d’une banque etc. Pourquoi ne pas mettre en place un numéro vert de PREVENTION qui en garantissant l’anonymat si l’appelant le souhaite, permettrait à ce dernier de faire le point sur sa situation tout en s’abstenant de la commenter et en lui communiquant si besoin des coordonnées d’organismes qui pourraient l’aider à se responsabiliser si il le ressent.

    Cela permettrait à beaucoup, c’est mon avis, de ne pas subir l’endettement ou de rester passif face à une situation de surendettement probable et du coup éviterait bien des drames et par voie de conséquence désengorgerait le bureau du juge !

  • marie 75
    • Posté à 10h07 le 08/11/2008
    • Internaute 3563

    La France ?
    Le pays où la démocratie avance ... à reculons !

  • DANJOU
    DANJOU
    La france inquiète
    • Posté à 10h41 le 08/11/2008
    • Internaute 32845
      La france inquiète

    Afin d’écarter le contrôle indispensable des juges, dans les affaires de surendettement, Rachida DATI aurait-elle reçue de ces sociétés spécialisées dans l’usure, des consignes particulières de nature à leur permettre de récupérer leur chiffre d’affaires sur les plus pauvres de notre société de consommation ? Car lorsque les juges annulent tout où partie de la dette des consommateurs, ces sociétés crient au scandale ! On leur enlève le pain de la bouche ! Surtout du pain à 20% d’intérêt !

    Ces sociétés de crédit qui ont pignon sur rue, dont certaines en quête de caution moralisatrice, donnent même dans le sponsoring sportif, vivent exclusivement de l’usure si possible à 20%, pratiquée en toute légalité au pays des droits de l’homme et de la solidarité, avec pour cible, une clientèle familiale dans la difficulté financière. Le top sont celles qui ne peuvent plus boucler les fins de mois ; elles ne résistent pas à l’appel de la propagande télévisée , parfaitement élaborée.
    Seule, la justice parvient pour le moment, en « effaçant » en partie où en totalité, l’ardoise des surendettés, à donner à ces sociétés qui vivent sur la faiblesse des consommateurs, un coup d’arrêt à leur hégémonique cupidité financière ; une façon aussi de leur signifier des risques qu’elles prennent en voulant à tous prix, faire du fric avec les pauvres !
    Dans ces cas particuliers, on ne prête qu’aux pauvres !

    Notre Rachida ci-devant ministre-par-la-grâce-du-prince n’aurait-elle pas d’autres chats à fouetter ? Le désengorgement des prisons par exemple ? Un projet sérieux et durable de réinsertion des détenus ? Un apaisement serein dans le fonctionnement et les relations de la justice et de ses fonctionnaires avec le pouvoir autocratique du clan SARKO ?

    A quand une information d’état, télévisée, sur les dangers des crédits à la consommation ? N’est-ce pas Madame DATI ? ?