02/11/2008 à 14h33

Sœur Emmanuelle, auteur érotique, réhabilite l'onanisme

Camille | Mauvais genre


Sœur Emmanuelle en 2002 (Charles Platiau/Reuters)

J’ai beaucoup hésité sur le titre de cette note, j’avais pensé à « Sœur Emmanuelle : même froide, elle est chaude », quitte à expier mes péchés en me faisant flageller. Car si sœur Emmanuelle a dit dans son ouvrage posthume que la chair restait un des péchés les moins graves, elle n’a pas dit si les titres scabreux avaient de l’importance au moment du Jugement dernier. Mais comprenez-moi, un peu d’empathie s’il vous plaît, si sœur Emmanuelle devient écrivain érotique à titre posthume, que nous reste-t-il à nous pauvres mécréants ? Quelques extraits de « Confessions d’une religieuse », sorti quelques jours après son décès, pour bien comprendre :

« Comment et à quelle occasion ai-je commencé à me masturber, je ne m’en souviens pas. Je pensais que ce n’était pas bien, puisque je le faisais en cachette et plus volontiers à l’école, où je me croyais plus en sûreté. Mais la maîtresse s’en aperçut et prévint ma mère. Un jour, les joues en feu, je me trémoussais en classe et subitement je l’ai vue me regarder sévèrement à travers la vitre de la porte. Elle m’expliqua ensuite que c’était vilain pour une petite fille et que je ne devais plus recommencer. Mais c’était devenu une habitude et je n’étais guère accoutumée à obéir. Quand l’assaut du désir m’assaillait, seule quelque présence étrangère avait le pouvoir de m’arrêter, sinon je m’avouais impuissante devant l’avidité du plaisir. »

« Mon âme s’évadait d’une chair prête à devenir l’amante possédée et possessive. Je me sentais soudain libre, libre : corps, cœur, volonté », écrit-elle. Elle admet son attirance pour la sensualité, pour le sexe, pour la chair. La réhabilitation de la sexualité par sœur Emmanuelle ? Voila de quoi me réconcilier avec l’église.

Avant le XVIIIe siècle, la masturbation ne posait pas de problème à l’Eglise

Mais j’avais déjà dit que le commandement du Christ, « Aimez-vous les uns les autres » ne devait probablement pas être compris purement métaphoriquement. Et pour cause... En deux mille ans (pour faire simple) de chrétienté, on compte à peine plus de deux cents ans d’interdits réels de la masturbation.

Thomas Laqueur dans son ouvrage « Le Sexe en solitaire : contribution à l’histoire culturelle de la sexualité, Gallimard, 2005 », consacre une centaine de page à expliquer, comme le dit Françoise Blum, qu’avant le XVIIIe siècle, on ne parlait pas de l’onanisme. Le sujet ne faisait pas débat et n’inquiétait personne.

La domestication de cette infime partie de nos plaisirs est advenue peu avant la Révolution française. La position officielle de l’Eglise a toujours été la condamnation du plaisir en dehors du cadre reproductif, mais la masturbation n’a intégré le corpus des interdits (sodomie, homosexualité, etc.) qu’assez tardivement, à la suite de médecins laïcs (tels que le docteur Tissot, qui a popularisé cette idée en 1712), de la perte de la substance séminale, qui conduirait à perdre son énergie vitale, d’où le nom probable d’ailleurs de « petite mort ».

Cette idée que l’on se vide de sa substance en éjaculant n’est d’ailleurs pas propre à la culture chrétienne, puisque de nombreux ouvrages asiatiques proposent des méthodes pour hommes pour jouir sans éjaculer, afin, précisément, de ne pas perdre son énergie.

« Les frères me demandaient si je pensais à des femmes en porte-jarretelles »

Pour autant, à partir du milieu du XVIIIe siècle, l’Eglise commence à se préoccuper un peu plus des plaisirs sexuels hors mariage, y compris solitaires. Ainsi, on voit apparaître à cette époque les cages de chasteté pour jeunes hommes et jeunes femmes, les techniques de lange de bébés pour éviter qu’ils ne se touchent, l’obligation en début du XIXe siècle de dormir avec les mains sur les draps et les couvertures pour pouvoir surveiller les actions des uns et des autres.

De nombreux pensionnaires d’internats dans les années 50 peuvent raconter les différentes règles visant à leur interdire une sexualité sans leur expliquer de quoi il retournait. Par exemple, un ancien pensionnaire, aujourd’hui sexagénaire, explique :

« A confesse, les frères me demandaient si je pensais à des femmes en porte-jarretelles, alors que je ne savais pas ce que c’était, ou si je me mettais un doigt dans l’anus, comme si je pouvais avoir eu ces idées là avant qu’il ne me les souffle. De toute façon, j’étais absout après confession, donc je recommençais tous les jours, et ça me faisait quelque chose à dire. Ça m’a fait bizarre après de me masturber sans me confesser, j’avais pris l’habitude que les deux aillent ensemble. »

Ce témoignage, se rapproche de celui de sœur Emmanuelle par l’acceptation de la masturbation, grondée comme un pêché véniel. Finalement, dans une période où l’Eglise catholique tente, à travers notamment l’encyclique Deux Carita Est, de relier officiellement l’amour sensuel et l’amour oblatif, peut-être la masturbation est-elle en train de redevenir une affaire privée.

L’histoire ne s’est pas encore penchée sur le cas de ces hommes et femmes d’Eglise qui deviendraient écrivains érotiques à titre posthume, mais nous n’en sommes qu’aux prémices. Amen...

Confessions d’une religieuse de sœur Emmanuelle - éd. Flammarion - 414p., 20€.


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  • Kamikanaze
    Kamikanaze répond à jexiste
    Bombe virtuelle
    • Posté à 00h03 le 07/11/2008
    • Internaute 56132
      Bombe virtuelle

    Mince, jexiste, il y a eu passage du rouleau « censure », effectivement !

  • Mon-Al
    Mon-Al répond à Jacques Arbres
    roturière : -)
    • Posté à 19h40 le 02/11/2008
    • Internaute 24219
      roturière : -)

    Flute, moi qui mangeait tous les matins les corn-flakes de ce type ! ! ! ! Je vais changer de marque vite fait ! ! ! !

  • lesuperdidou
    lesuperdidou
    Saltimbanque
    • Posté à 19h44 le 02/11/2008
    • Internaute 46485
      Saltimbanque

    « ...car elle bande encore... ! » (air connu)

  • Al-Ice
    Al-Ice
    -_-'
    • Posté à 20h51 le 02/11/2008
    • Internaute 54790
      -_-'

    Si ça se répand, les hommages vibrants rendus à Soeur Emmanuelle sur sa tombe ressembleront plus à des petits canards qu’à des mélopées...

    en tout cas, je l’admire :)

  • ysengrimus
    • Posté à 21h30 le 02/11/2008
    • Internaute 12674

    Important, quand on joue ce jeu délicat, de se donner une solide distinction conceptuelle entre érotisme et pornographie...

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    Paul Laurendeau

  • liberté_ en sursis
    liberté_ en sursis
    chercheuse de trèfles à quatre (...)
    • Posté à 21h32 le 02/11/2008
    • Internaute 54823
      chercheuse de trèfles à quatre (...)

    Afin de vous masturber tranquillement et sans culpabiliser,et là ,je m’adresse davantage aux cathos :
    faites vous débaptiser !
    Oui,tout est possible,vous avez le droit de vous faire rayer comme étant baptisé !
    Informez vous et bons plaisirs solitaires !

    soeur Emmanuelle,j’espère que là où tu te trouves,tu t’éclates à fond ! Tu le mérites.

  • Charles Mouloud
    Charles Mouloud
    Bras gauche de la Vénus de (...)
    • Posté à 21h42 le 02/11/2008
    • Internaute 12542
      Bras gauche de la Vénus de (...)

    Que le premier qui a réussi à jouir en se masturbant sur une photo de soeur Emmanuelle se dénonce !

    • Numerosix
      Numerosix répond à Charles Mouloud
      Prisonnier dans le village (...)
      • Posté à 22h00 le 02/11/2008
      • Internaute 14499
        Prisonnier dans le village (...)

      -Gérontophile, j’ai honte au fil...
      -Raccrochez , c’est une horreur !

    • Kamikanaze
      Kamikanaze répond à Charles Mouloud
      Bombe virtuelle
      • Posté à 22h08 le 02/11/2008
      • Internaute 56132
        Bombe virtuelle

      N’y a-t-il pas « déviance » par rapport au sujet ?

      Camille ne demande pas qui l’a fait en contemplant notre Soeur !

      D’ailleurs, y a-t-il besoin d’un « support » physique ?

      • Charles Mouloud
        Charles Mouloud répond à Kamikanaze
        Bras gauche de la Vénus de (...)
        • Posté à 18h35 le 03/11/2008
        • Internaute 12542
          Bras gauche de la Vénus de (...)

        Déviance, non, mais déviation sûrement , car les voies du seigneur sont ..... !

         
        • Numerosix
          Numerosix répond à Charles Mouloud
          Prisonnier dans le village (...)
          • Posté à 19h01 le 03/11/2008
          • Internaute 14499
            Prisonnier dans le village (...)

          ...Impénétrables ( de lapin ) ?

          • Kamikanaze
            Kamikanaze répond à Numerosix
            Bombe virtuelle
            • Posté à 00h09 le 04/11/2008
            • Internaute 56132
              Bombe virtuelle

            Oh le numéro de six et de Mouloud ! ! ! !

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        2 autres commentaires
  • Panama
    Panama
    enseignant
    • Posté à 22h28 le 02/11/2008
    • Expert 49071
      enseignant

    J’avoue être très sceptique sur la thèse défendue (très brillamment, il est vrai) par Thomas Laqueur, non dans les détails mais dans l’idée que l’interdit sur la masturbation daterait seulement du XVIIIe siècle.

    Ce qui me paraît juste dans son propos est que le vocabulaire pour parler de la sexualité s’est fixé, en effet, au XVIIIe siècle, et que ce fut, en effet, au nom d’une vision « hygiéniste » de la morale. C’est à la même époque, on le sait, qu’apparaissent, sur la même base médicale, les théories racistes.

    Dans les textes des moralistes plus anciens, on trouve fréquemment une expression générique pour désigner certaines fautes sexuelles : on parle de « péché contre nature ». Or le lecteur a les plus grandes difficultés pour savoir si l’on désigne ainsi l’homosexualité (en tant qu’acte), la bestialité (accouplement avec un animal), la masturbation, voire l’onanisme au sens propre, qui est le fait d’éjaculer volontairement hors du vagin. Ce n’est pas alors la notion (moderne) de santé qui est normative, mais la notion (grecque) de nature, dont l’usage à partir du Moyen âge permit de sortir du flou engendré par le vocabulaire moins conceptuel et plus imagé de la Bible ou des Pères de l’Eglise.

    La thèse de Laqueur repose sur le présupposé (hérité de Foucault) que ce qui n’est pas nommé n’existe pas. Puisque le mot même de « masturbation » n’existe pas, par exemple, au Moyen âge, on en conclut que celle-ci n’était pas interdite.

    Pour l’instruction des lecteurs, je signale tout de même un intéressant passage de la fameuse lettre Ad splendidum nitentis, adressée par le pape Léon IX à saint Pierre Damien, en 1054, et qui parle, comme d’une doctrine bien connue, de la réprobation encourue par « ceux qui font jaillir la semence, soit par leurs propres mains, soit entre eux, ou qui l’ont répandue entre les cuisses » (qui vel propriis manibus vel invicem inter se egerunt semen, vel etiam inter femora profuderunt). C’est plus classe en latin.

    • Camille
      Camille répond à Panama
      Auteur(e) de l'article Mauvais genre
      • Posté à 22h35 le 02/11/2008
      • Internaute 48427
        Mauvais genre

      Votre capacité à dire des trucs intelligents sur mes articles ne cesse de m’étonner. Merci pour ce commentaire. C’est amusant parce qu’un journaliste de la rue et moi avons eu ce dialogue sur « l’onanisme est-il la masturbation ? »

      • Panama
        Panama répond à Camille
        enseignant
        • Posté à 09h05 le 03/11/2008
        • Expert 49071
          enseignant

        Restons dans le registre médiéval : Simile generat sibi simile. Le semblable engendre son semblable. Pas d’autre explication à la propension de vos articles intelligents à susciter des commentaires… dont l’intelligence dépend tout de même du regard bienveillant qui se pose dessus ; -)

        L’onanisme tire son nom d’Onan, personnage biblique qui « répandit sa semence par terre » (Genèse 38,9). Dieu le fit mourir « car il avait fait une chose détestable ». On en conclut que son crime fut de pratiquer le retrait (coitus interruptus), technique anti-conceptive bien connue.

        À la vérité, c’est un peu trop simple, car à lire le texte, on voit qu’Onan avait été sommé par son père Judas de susciter une postérité à son frangin, Er, fort méchant lui aussi, et qui était mort avant de donner un fils à sa femme Thamar. Onan coucha donc avec Thamar, mais refusa, en usant du stratagème sus dit, de lui permettre de concevoir : Onan ne voulait pas d’un fils qui serait légalement celui de son frère. Alors, fut-il puni pour avoir pratiqué l’onanisme, ou plutôt pour avoir manqué de grandeur d’âme et de générosité ?

        Selon moi, ce serait encore trop moralisant, et pas du tout dans le style de la Bible. Car la suite de cette histoire haute en couleurs, c’est que la pauvre Thamar, déjà veuve, et toujours point mère, hantée par son désir de maternité, finit par faire le trottoir (je passe quelques épisodes savoureux). Elle tombe enceinte. Judas, beau-père un peu vieux jeu, voulut faire brûler cette femme qui déshonorait sa famille. Jusqu’à ce que l’adorable Thamar lui révèle… qu’il était lui-même le père. Et donc le client. Avec des preuves irréfutables.

        Deux jumeaux naquirent. L’un d’eux fut un ancêtre du Christ. Et l’on comprend alors, alors seulement (longtemps après, en lisant la généalogie du Christ) pourquoi il était si important dans l’histoire que Thamar pût concevoir, et pourquoi Onan avait décidément été bien couillon. En refusant de donner une postérité légale à son frère, il laissa filer l’occasion de compter le Messie dans sa postérité naturelle. C’est une morale beaucoup plus savoureuse, beaucoup plus ironique, beaucoup plus juive, en somme, que celle des professeurs d’hygiène du XVIIIe siècle…

         
        • Camille
          Camille répond à Panama
          Auteur(e) de l'article Mauvais genre
          • Posté à 13h25 le 03/11/2008
          • Internaute 48427
            Mauvais genre

          Dire que je ne savais pas tout ça ! Je vous assure, vous allez finir dans la rue (69)

          • Kamikanaze
            Kamikanaze répond à Camille
            Bombe virtuelle
            • Posté à 15h05 le 03/11/2008
            • Internaute 56132
              Bombe virtuelle

            C’est un livre à lui tout seul, Mr Panama... que dis-je une Bible ! ! !
            C’est peut être le chapeau ?

          • Panama
            Panama répond à Camille
            enseignant
            • Posté à 22h42 le 03/11/2008
            • Expert 49071
              enseignant

            Vous savez, ce truc qu’on tient dans la main et qui donne du plaisir, voire vous envoie au ciel, ce truc qu’on appelle un livre… j’en ai beaucoup usé dans ma jeunesse. Maintenant, aveugle et sourd, je répands partout des semences de science. Mon père m’a déjà prédit qu’à ce rythme je finirai à la rue. Et même pas sur Eco89 (il aurait préféré, je pense). C’est la 69 que j’aime, j’y ferai le trottoir encore s’il n’y reste plus un réverbère, quand même les clebs iront pisser ailleurs, et on se racontera nos meilleurs coups avec les vieilles copines…
            En attendant, c’est encore un sacré boulevard plus joyeux que la foire du Trône, avec que du beau linge, des milords, des braques, quelques vieilles dames indignes, et Camille en patron. Un coin de paradis, quoi.

            • Kamikanaze
              Kamikanaze répond à Panama
              Bombe virtuelle
              • Posté à 00h11 le 04/11/2008
              • Internaute 56132
                Bombe virtuelle

              C’est joliment dit !

        • Nonosse
          Nonosse répond à Panama
          Musiciste
          • Posté à 21h01 le 03/11/2008
          • Internaute 52462
            Musiciste

          Jésus serait donc un arrière petit fils de p*** ?

          Voilà qui change ma vision du bonhomme.

          • Kamikanaze
            Kamikanaze répond à Nonosse
            Bombe virtuelle
            • Posté à 13h27 le 04/11/2008
            • Internaute 56132
              Bombe virtuelle

            Oh, Nonosse, si Dieu nous a donné un « sexe », c’est pour s’en servir !

            Et puis, il est si prévoyant qu’il a pensé à nos moments de « solitude »...

            Le Christ avait bien « apprécié » Marie-Madeleine... et puis les p**** sont d’utilité publique !

            Voici une ode à sa gloire sur un site qui lui est consacré...

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        6 autres commentaires
    • jexiste
      jexiste répond à Panama
      si, si
      • Posté à 13h21 le 05/11/2008
      • Internaute 53099
        si, si

      Pour vous remettre les idées en place et vous ouvrir quelques pistes de réflexion :

      Lien

  • kingbee47
    kingbee47
    musicien
    • Posté à 22h37 le 02/11/2008
    • Internaute 55612
      musicien

    Dixit ’Soeur Sourire’ : Dominique nique nique ! Et si ça ne va pas, allez dans une patisserie et tapez vous : une religieuse ! ! ! !

  • carassol
    • Posté à 23h28 le 02/11/2008
    • Internaute 32657

    POur compléter le texte de Panama, pour beaucoup de prédicateurs et écrivains du Moyen Age, le mariage n’est toléré que pour deux raisons : la procréation et éviter d’autres tentations de chair. « J’ai recherché et obtenu le plaisir de la chair avec trop d’ardeur. J’ai très peu pensé à la procréation, ce bien pour lequel le mariage a été institué » (Confessionale - Tosemondt). La chair, oui mais juste dans le mariage, et encore, dans un objectif reconnu. Et Lambert : « Il faut regarder comme considérables les attouchements sur soi même » Et cent autres citations entre le MA et la Renaissance. Et l’amour, toujours « dans le vase » formule ressassée pendant des siècles.
    Je ne connais pas ce Laqueur, mais il n’a pas dû lire les auteurs de ce temps, de Denys le Chartreux à Bernardin de Sienne.

    • Camille
      Camille répond à carassol
      Auteur(e) de l'article Mauvais genre
      • Posté à 19h17 le 03/11/2008
      • Internaute 48427
        Mauvais genre

      Après avoir fait pas mal de recherches pour cet article, j’aurai quand même tendance à être d’accord avec l’analyse de Françoise Blum quand elle dit qu’avec 100 pages, il a laborieusement tenté de faire exister la masturbation avant 1712... On doit pouvoir retrouver quelques textes mais globalement, ce n’était pas une préoccupation publique grave à l’époque. On doit pouvoir retrouver quelques textes de ci de là mais une encyclique, un texte émanant d’en haut, des témoignages qui ont eu un écho fort au delà de l’endroit où ils ont été écrits ?

      • Panama
        Panama répond à Camille
        enseignant
        • Posté à 23h11 le 03/11/2008
        • Expert 49071
          enseignant

        Ça donne envie d’explorer une autre hypothèse : celle de prendre au sérieux ces moralistes à col cassé, ces hygiénistes en redingote, et de croire avec eux que la masturbation s’est réellement développée et répandue au XVIIIe siècle, en même temps que le commerce, l’apparition du marché, et le goût du confort.

        Qui sait si quelque affinité secrète n’unit pas le capitalisme et l’onanisme, si la « main invisible » de Smith et les hantises de Malthus n’ont pas conspiré à donner l’idée que le plaisir qu’on se donne à soi-même est finalement le plus démocratique, voire qu’il pouvait constituer une source intarissable de revenus, dès lors qu’on produirait en série les images et les spectacles destinés à y inciter ?

        On comprendrait alors pourquoi les moralistes du temps passé n’auraient pas eu à se préoccuper outre mesure d’une activité que leurs contemporains jugeaient infiniment moins attirante que le commerce des ribaudes, des filles de ferme, des marquises ou des nonettes, qui pensaient spontanément que leur vit était fait pour les cons, que la femme était le présent de l’homme, qu’ils étaient des moitiés et non des individus. Car, manifestement, les mêmes moralistes n’avaient de cesse de rappeler que la sexualité avait pour seul cadre légitime les liens sacrés du mariage, et la répétition même de ce rappel suggère assez qu’on ne les entendait guère. Peut-être que les hommes d’alors aimaient trop les femmes, et les femmes trop les hommes, pour qu’ils songeassent à satisfaire autrement un désir à ce point partagé ?

        Enfin, je dis ça, je dis rien. C’est juste une hypothèse qui me traverse l’esprit.

         
        • Camille
          Camille répond à Panama
          Auteur(e) de l'article Mauvais genre
          • Posté à 00h42 le 04/11/2008
          • Internaute 48427
            Mauvais genre

          Vous ne feriez pas là du mauvais esprit ?

          • Panama
            Panama répond à Camille
            enseignant
            • Posté à 09h35 le 04/11/2008
            • Expert 49071
              enseignant

            Moi ? Vous n’y pensez pas !

        • jexiste
          jexiste répond à Panama
          si, si
          • Posté à 18h08 le 05/11/2008
          • Internaute 53099
            si, si

          Bien d’autres avant vous ont bâti des tas de théories fumeuses pour justifier des comportements qui n’étaient que les leurs et se rassurer à leur sujet : oui, je suis normal, c’est l’autre différent de moi qui ne l’est pas ou se trompe.

          Faites une analyse, apprenez l’introspection, ça ne vous fera pas de mal.

          Vous rejetez l’autre et méprisez les femmes.

          La peur d’aimer ?

          Un petit problème avec maman ?

          • jexiste
            jexiste répond à jexiste
            si, si
            • Posté à 20h55 le 05/11/2008
            • Internaute 53099
              si, si

            Nota :

            Depuis que j’interviens sur cet article, j’observe qu’un riverain naze consciencieusement chacun de mes commentaires à peine qu’il est émis.

            Je lui tire mon chapeau pour son sens du dialogue.

        4 autres commentaires
  • adrienbail
    adrienbail
    Sciences Po
    • Posté à 00h30 le 03/11/2008
    • Internaute 45379
      Sciences Po

    « Deus » Caritas est est la bonne formule

  • carolusmagnus
    • Posté à 08h02 le 03/11/2008
    • Internaute 22802

    Doux Jésus ! Toutes ces questions sur la sexualité ne seraient pas un problème pour l’église si un jour un censeur imbécile (comme le sont tous les censeurs) ne s’était pas avisé de tronquer l’un des commandements du Christ. Car celui-ci n’avait pas dit (je le sais, j’y étais) : « Aimez-vous les uns les autres », mais « Aimez-vous les uns SUR les autres », ce qui change tout.Car contrairement à ce qu’on affirme, le Christ était une fine braguette. A part ça, qu’est-ce qui est le plus grave pour un curé : la masturbation ou la pédophilie ?

    Lien

  • flastflood
    flastflood
    Situation
    • Posté à 09h25 le 03/11/2008
    • Internaute 56729
      Situation

    ONAN croit pas ses oreilles ! ! !
    A tout prendre la tradition d’Onan est elle pire que la tradition de Noé ?

  • bartok79
    bartok79
    ravi de la crèche
    • Posté à 11h11 le 03/11/2008
    • Internaute 57643
      ravi de la crèche

    Pour la canonisation, c’est foutu !
    Elle avait pourtant le choix dans la date.

  • morova
    • Posté à 12h16 le 03/11/2008
    • Internaute 24254

    voir l’abbe jean meslier sur wikipedia (je voudrais que le dernier des rois fut etrangle avec les boyaux du dernier pretre) il aimait les bonnes de cure mais des jeunettes 25 ans il refusait les vieilles de 45 et plus et il ne croyait pas aux evangiles et toutes les conneries qu’enseigne l’eglise et tout les cul benis en general et c’est pour toutes les religions pareil meslier par ses ecrits a precede la pensee anarchiste chapeau bas le cureton .... respect !

  • Cocoricooo
    Cocoricooo
    Chômeur ayant fauté
    • Posté à 13h18 le 03/11/2008
    • Internaute 54582
      Chômeur ayant fauté

    « qui conduirait à perdre son énergie vitale, d’où le nom probable d’ailleurs de “ petite mort ”. » : le conditionnel est de trop, on y meurt effectivement, mais l’on ressuscite très vite.

  • batou
    batou
    enseignant-chercheur
    • Posté à 13h34 le 03/11/2008
    • Expert 53075
      enseignant-chercheur

    L’orgasme solitaire dans les églises, ca existe, et même à Rome qui plus est :

    L’« extase de Sainte Thérèse » de Bernini (XVIIeme siècle) : yeux mi-clos, bouche entre-ouverte et corps à l’abandon.

    Détail :

    Evidemment, ça n’a pas manqué de faire jaser à l’époque.

    (images : wikimedia commons)

    • Kamikanaze
      Kamikanaze répond à batou
      Bombe virtuelle
      • Posté à 15h10 le 03/11/2008
      • Internaute 56132
        Bombe virtuelle

      Les religieuses sont mariées (à Dieu)... Cela doit être la « main divine » qui les conduit !

      Ceci dit, j’ai connu par relations une « assistante sociale » qui avait eu la révélation : avant de prononcer ses voeux, elle s’est offert un voyage « dit de noces » selon elle aux Etats-Unis.

      « Mariées à Dieu » : ces pratiques sont presque l’essence de la fidélité.

      Cette soeur s’occupait beaucoup d’enfants africains, quand l’un mourait dans ses bras, elle trouvait cela merveilleux : il avait rejoint Dieu ! Nous sommes dans un monde de relativté.

      ’L’extase de Sainte-Thérèse’ : beaucoup vont l’envier !

    • jexiste
      jexiste répond à batou
      si, si
      • Posté à 16h33 le 03/11/2008
      • Internaute 53099
        si, si

      Il est aussi difficile de trouver la figure d’une femme de tête dans ces eaux-là que dans celles de l’extrême-gauche.

    • Panama
      Panama répond à batou
      enseignant
      • Posté à 23h40 le 04/11/2008
      • Expert 49071
        enseignant

      je ne veux pas jouer systématiquement les Jojo-la-science, mais il faudrait arrêter de croire qu’on découvre le pot-aux-roses en rapprochant la mystique et la sexualité. Pour ne prendre qu’un exemple, dans la Bible, le même mot hébreu sert à désigner le rapport sexuel (« Adam connut sa femme Eve ») et la connaissance de Dieu (« vous connaîtrez que je suis Yahvé, votre Dieu »). Et Rabbi Joseph Gikatila, au XIIIe siècle, de remarquer : « Il va de soi que si la chose ne comportait pas une grande sainteté, la relation n’aurait pas été appelée une connaissance ».
      Le débat ne commence pas quand on fait le rapprochement (tout le monde le fait, et depuis toujours), mais quand on s’interroge sur le sens à lui donner.

    • egide
      egide répond à batou
      Littéral
      • Posté à 10h38 le 06/11/2008
      • Internaute 45067
        Littéral

      Transverberation

      On voit le chérubin, un ange qui transperçe de sa flèche dorée le cœur de Thérèse d’Avila.
      Elle écrit sa vision :

      Je voyais près de moi, du côté gauche, un ange incorporé ... Il est si rare que je voie les anges ainsi ...
      Il était petit et très beau ...
      Je voyais cet ange qui tenait à la main une pique toute d’or, dont la pointe de fer, je crois, dardaient des flammes.
      Il me semblait, quand il la plongeait en moi, qu’elle traversait mon cœur ...
      La douleur était si vive que je gémissais longuement ...
      La suavité incomparable que procure ce tourment est tellement excessive que toute mon âme refuse d’en désirer la fin ...
      La souffrance est spirituelle. Et le corps n’y est pas soustrait, bien au contraire, et tant parfois.

      La transverbération de Thérèse d’Avila, c’est le propre de la jouissance féminine.

      Comment comprendre qu’elle est vraiment seule et qu’elle jouit pourtant avec une atroce intensité, psychiquement et physiquement. Tout son corps est érogène jusqu’à l’incandescence et se dilate littéralement.
      La poitrine enfle, le cœur se blesse, il se fend de l’indicible plaisir de l’explosante fixe, rude de la dé-personnalisation aboutie, ce moment de pure tranquilité, cet abouchement à l’infini comme une dispersion.

      Elle se consume d’amour pour elle, pour l’Autre, idéal d’amour, cet objet impossible du désir, ce manque, ce vide absolu dans lequel elle s’anéantit.

      Cette extase orgastique n’a rien à voir avec la jouissance phallique. Cette jouissance totale, cette consomption charnelle aux feux du plaisir le plus intense, tue, tout simplement, celui ou celle qui l’éprouve souvent.

      Car cette jouissance indépassable, l’acmé de ce désir est accessible non seulement à des femmes mais à quelques hommes aussi. Disons à certains d’entre eux.

  • marie 75
    • Posté à 15h32 le 03/11/2008
    • Internaute 3563

    La soeur Emmanuelle, tout comme l’abbé pierre, ne sont pas des « faux-culs ».
    Avec eux, la vie, comme la chair, n’étaient pas catho-concon.
    L’ordre de la charité !

    • Pseudo
      Pseudo répond à marie 75
      Enfin libre : -)
      • Posté à 15h54 le 03/11/2008
      • Internaute 25947
        Enfin libre : -)

      Et pourquoi pas l’ordre de la Jarretière ?

      P.S. Honi soit qui mal y pense !

    • Kamikanaze
      Kamikanaze répond à marie 75
      Bombe virtuelle
      • Posté à 16h27 le 03/11/2008
      • Internaute 56132
        Bombe virtuelle

      De toute façon, la loi du silence fera toujours qu’on n’en saura pas plus sur l’activité réelle de ceux qui ont choisi comme sacerdoce le « retrait » du monde.

      Je crois que Gandhi en était arrivé aussi à considérer que conserver sa « semence » lui permettait de garder plus d’énergie.

      Quand on voit le rythme de vie en établissement monacal : 6h du matin... etc..., il faut encore de l’énergie pour être soeur : moments d’épluche patates, et autres : jardinage, entrecoupés de prières !

      Je ne pense pas que le célibat ne leur serve à grand chose... Ce serait moins d’hypocrisie par rapport à la réalité de leur vie sexuelle !

  • Marc Gelone
    Marc Gelone
    On rigole...On rigole...
    • Posté à 15h45 le 03/11/2008
    • Internaute 47883
      On rigole...On rigole...

    Il lui manquait plus que ça, à la pauvre vieille : se retrouver en soeur qui se branle idole de l’Union des Athées... : o)

  • pegaze
    pegaze
    ingé
    • Posté à 16h05 le 03/11/2008
    • Internaute 25303
      ingé

    chez l’homme l’onanisme réduit les risques de cancer de la prostate ^^

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