Emploi : Sarkozy fait du cher avec du vieux
Pompier-Sarko est de retour. Après les discours de Toulon et d’Annecy consacrés à la crise financière, et alors que les plans sociaux se multiplient, le président de la République ne pouvait pas ne pas monter au créneau. Pour ses annonces en faveur de l’emploi, il a choisi Rethel, dans les Ardennes, au cœur de la « France qui souffre », celle-là même auprès de qui il avait rôdé, il y a deux ans, son fameux slogan de campagne « travailler plus pour gagner plus ».
Resteront de ce discours de Rethel le recyclage de mesures déjà engagées et le retour à un coûteux traitement social du chômage.
Retour du traitement social du chômage
On en annonçait 50 000 contrats, il y en aura le double. C’est l’outil classique de politique conjoncturelle, utilisé largement par la gauche, mais dont Sarkozy avait mis en cause l’efficacité durant sa campagne pour l’élection présidentielle. Surtout, ces 100 000 contrats s’ajouteront aux 230 000 déjà inscrits dans le projet de loi de finances 2009 et pourraient coûter 150 à 200 millions d’euros supplémentaires. François Fillon annonce déjà la nécessité de voter une loi de finances rectificative.
Le contrat de transition professionnelle (CTP), dispositif d’accompagnement réservé aux licenciés économiques, et déjà expérimenté sur sept sites, sera étendu aux bassins d’emplois « les plus touchés par les difficultés économiques ».
Ce CTP permet aux chômeurs, pendant un an maximum, de toucher 80% de leur salaire brut et de bénéficier en contrepartie d’un suivi personnalisé pour retrouver un emploi. Pour Etienne Wasmer, économiste du travail et prof à Sciences Po, cela « relève d’une logique fondamentalement mauvaise car il consiste à aider des gens dans des poches où il n’y a pas d’emploi, mieux vaudrait les aider à être mobiles et qualifiés, ce serait une vision de plus long terme ». Etienne Wasmer propose plutôt d’utiliser les fonds du CTP « pour payer la moitié ou les deux tiers de l’écart entre l’ancien salaire et le nouveau salaire des gens qui reprennent courageusement un emploi moins payé ».
Enfin, une mesure qui devrait faire grincer les syndicats : la possibilité, offerte aux petites et moyennes entreprises, de recruter des CDD sans restriction pendant une période limitée. Au motif qu’« un CDD en plus c’est un chômeur en moins ».
La fusion Assedics ANPE
Le « guichet unique de l’emploi » doit être opérationnel l’été prochain, a confirmé Nicolas Sarkozy, et non en janvier comme prévu initialement. C’est que, comme le fait remarquer un haut fonctionnaire de Bercy, cette fusion « est sans doute la plus grosse réforme de service public du quinquennat ». Ce haut fonctionnaire pronostique que « l’efficacité sur l’emploi de cette fusion risque de ne pas se voir avant plusieurs années ».
Malgré ces réserves, Nicolas Sarkozy s’appuie sur la promesse que dès septembre, « l’entretien unique sera généralisé » et que « toute entreprise ayant déposé une offre depuis plus d’un mois doit être contactée par un conseiller » pour espérer un service public de l’emploi plus efficace.
Les emplois de demain et la « levée des freins »
On avait dit que le Président annoncerait des mesures en faveur de la création d’emploi dans des secteurs en expansion comme les services à la personne, le numérique ou l’environnement.
Au lieu de cela, il a remis le paquet sur le travail du dimanche, pour lequel un projet de loi est prêt. « Il faut que les parlementaires s’en saisissent sans tabou », a insisté le Président, persuadé que nombre de Français sont prêts à travailler le dimanche « sur la base du volontariat » et afin d’être payés 50% de plus. Bref, le retour du « travailler plus pour gagner plus ».
Pour les services à la personne, il s’est contenté d’annoncer le versement anticipé du crédit d’impôt auquel on a droit, l’année suivante, lorsqu’on emploie quelqu’un à domicile. Idée saugrenue censée répondre dans le même temps à la crise de la presse (sur laquelle des Etats généraux se tiennent en ce moment) : la proposition d’un soutien pour le portage de la presse à domicile qui serait selon lui « un vrai plus pour les abonnés et un soutien précieux au secteur de la presse ».
►A lire aussi : Les réactions des politiques et des partenaires sociaux.
Photo : Nicolas Sarkozy à Rethel le 28 octobre 2008 (Philippe Wojazer/Reuters).
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Si il n’y a pas de boulot, pas d’intérim... et vu que l’interim s’écroule,et comme souvent l’interim est privilégié avant le CDD... on ne fera certainement pas plus d’embauche en CDD...
Faire du CTP à tout va... encore faudra-t-il etre concerné... licencié économique + bassin d’emploi très touché... si la première condition va etre facile, la seconde sera plus au bon vouloir de qui décidera de la chose... mais encore faudra-t-il qu’on puisse financer des formations, un encadrement etc... pour arriver à ce qu’un salarié puisse se reconvertir... sans lui imposer une reconversion dans un secteur précis qui ne l’intéresse pas plus parce qu’on décide pour lui... ou qui n’est pas plus porteur que ce que l’on veut nous faire croire... De plus, il semblait que le budget 2009 prévoyait une forte baisse des budgets pour le travail...
Emploi de demain... c’est surtout l’emploi d’aujourd’hui qui inquiète les gens...
Faire un CTP pour un emploi de demain quand il n’y a personne pour vous former ou vous recruter dans votre bassin d’emploi... ca ne servira qu’à vous exclure un temps des stats du chomage... et peut-etre que d’ici un an, la crise passée, vous serez recaser avec un peu de chance... et on vous oubliera...
Le portage de la presse... job d’avenir donc ? quelques heures par semaine, levé à 4h du mat pour trois sous... dimanche inclus... et peut-etre même en CDD ou en contrat aidé pour couronner le tout... l’avenir radieux et prospère donc ?
Le contrat aidé... malheureusement, nombreux sont ceux qui n’ont jamais réussi à s’en sortir de ces contrats... qui finalement ne les ont jamais menés vers un emploi stable et durable... mais qui les ont bien gardés dans la précarité...
« Pour les services à la personne, il s’est contenté d’annoncer le versement anticipé du crédit d’impôt auquel on a droit »... a t il osé dire que son gouvernement proposait d’augmenter le plafond de cette niche fiscale pour les plus riches ? de 12000 à 12400 euros/an voire 15000 si la demande est acceptée...
Pour le travail le dimanche, c’était du 100% il y a peu, on en est plus qu’à 50%...et comme cela ne sera pas inscrit dans le droit du travail, ce sera donc 0% de plus sur le terrain... et le volontariat, il n’y a que celui qui n’y est pas confronté qui peut croire qu’on peut encore etre volontaire dans une entreprise...
Bref, on a l’impression qu’il fallait faire un discours pour dire d’en faire un. On nous propose donc un programme : travailler toujours plus dans la précarité, toujours plus longtemps et toujours moins payés...
Et, on sait qui va payer pour qui finalement... il n’y a pas eu de milliards de mis en place la... et en attendant, on apprend que plus de 7000 foyers les plus riches de France ne payent pas d’impots sur le revenu...




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