Votre porte-monnaie au rayon X 26/10/2008 à 17h18

Philippe, berger pour 200 euros par mois

Sophie Verney-Caillat | Journaliste Rue89

La baisse du pouvoir d’achat est depuis quelques temps l’un des soucis principaux des Français. Eco89 a décidé de s’y pencher en inaugurant une nouvelle rubrique : « Votre porte-monnaie au rayon X », qui propose une radiographie des revenus d’une profession, à travers un exemple concret. Aujourd’hui, Philippe, 54 ans, berger dans le Limousin.



Philippe, 54 ans, berger dans le Limousin (Audrey Cerdan/Rue89)

Philippe est éleveur de moutons dans le Limousin, à une vingtaine de kilomètres de Brive-la-Gaillarde. Sur sa petite exploitation de 24 hectares, il élève 170 moutons. Il a commencé comme berger à l’âge de 22 ans « appelé par le goût de la liberté », mais si c’était à refaire, il renoncerait : « Je ne pourrais pas manger. »

A 54 ans, il est toujours animé par la même passion, mais a appris à n’avoir besoin de rien. « Le seul luxe qui me reste, c’est le bonheur d’être dans mes prés », et ce même si c’est dès 7h30 du matin, et jusqu’à 20 heures le soir, voire la nuit en période d’agnelage. Pour ce père de trois enfants* :

« Le samedi et le dimanche ça n’existe pas et les vacances, c’est quand, par chance, un de mes enfants accepte de venir garder l’exploitation pendant une semaine. »

S’il vit à peu près, c’est grâce à la pension militaire de son épouse. Car son exploitation lui rapporte la somme « ridicule » de 200 euros par mois.


Recettes : 1941 euros par mois

Contrairement à ce que l’on pourrait imaginer, la vente des animaux lui rapporte 1152 euros par mois, loin des 1941 euros qui composent l’ensemble de ses revenus. Il cède 150 agneaux dans l’année à sa coopérative, au prix de 82 euros par animal, à quoi on peut ajouter également des ventes occasionnelles à des particuliers, pour 90 euros par bête. Les primes représentent donc plus de la moitié de ses revenus : « Enlevez-les et il n’y a plus d’éleveurs en France. » Ces primes, aussi diverses que complexes, s’élèvent à 789 euros par mois au total.

Comme il vit en « zone Piémont » (moyenne montagne), il reçoit une indemnité compensatoire de handicap naturel (ICHN) de 114 euros par mois. S’il était en haute montagne, il toucherait plus, car les conditions de vie sont encore plus difficiles.


La femme de Philippe nourrit les agneaux (Audrey Cerdan/Rue89)

Vient ensuite la prime à la brebis, fixée par Bruxelles qui lui permet de toucher 14 euros par an pour chaque brebis du troupeau : 198 euros par mois.

Il touche également le droit à paiement unique (DPU), une aide européenne versée en fonction de la surface et de l’historique de l’exploitation et qui s’élève dans son cas à 1300 euros par an, ce qui fait 108 euros par mois. « A Bruxelles, ils ont trouvé ce truc là pour encore compenser le manque à gagner des autres primes qui ont baissé. »

Pour « tenir debout », Philippe a également entamé il y a deux ans un contrat d’agriculture durable (CAD), qui lui permet de gagner 3559€ par an, soit 297€ par mois, pendant cinq ans. Pour cela, il s’engage à entretenir des lisières de bois, à limiter le nombre d’animaux par hectare et le recours aux engrais : « Ça n’apporte pas de label, comme le bio mais ça me permet de vivre, tout simplement. »


Dépenses : 1740 euros par mois

Les dépenses sont élevées, et certaines se sont accrues dernièrement. Alors Philippe gère tout ce qu’il peut lui-même, avec l’aide de sa femme. Nourrir les animaux, les soigner, entretenir les prés, faucher, emballer le foin... Le berger doit acheter des céréales pour compléter l’alimentation au foin, ce qui a un coût mensuel de 373 euros :

« Avec la flambée du prix des matières premières, les céréales, la base alimentaire pour mon troupeau, ont cru de 100 euros par mois en une seule année. »

De plus, n’étant pas propriétaire d’assez de terres pour nourrir son troupeau toute l’année, il lui faut en louer. Ce qui lui coûte 83€ par mois. Il est aussi obligé de faire appel à un vétérinaire pour soigner son troupeau, réaliser les vaccins, les visites de contrôle obligatoire et autres traitements... ce qui lui alourdit encore ses charges de 70€ par mois.

Philippe doit également rembourser les emprunts pour la bergerie et le tracteur, et payer une partie des terres de l’exploitation : au total, cela fait 516 euros chaque mois. Le montant des factures d’électricité et d’eau s’élève à 83 euros. Les diverses assurances pour les terres, les bâtiments, les deux tracteurs et le troupeau se chiffrent à 175 euros par mois pour toute l’exploitation. Le gasoil lui coûte 83 euros par mois en ce moment, une hausse de 40% en un an.

En tant qu’exploitant agricole, il est affilié à la sécurité sociale du régime agricole et rural, la Mutualité sociale agricole MSA, pour 237 euros par mois.



La bergerie de Philippe, dans le Limousin (Audrey Cerdan/Rue89)


Gains : 200 euros

Comment élever ses gains mensuels, qui plafonnent désespérément à 200 euros ? Philippe ne voit pas de solution. S’il avait une plus grosse exploitation, de 1000 moutons par exemple, il devrait aussi avoir un salarié, des bâtiments... « Et beaucoup de soucis en plus. Ce n’est plus du tout la même agriculture… ni la même vie. » Si son métier et son cadre de vie lui plaisent, il a la triste impression de travailler pour « entretenir le paysage ». La coopérative à qui il vend ses moutons à 5,5 euros le kilo revend la viande 8 à 10 euros le kilo à la grande surface, où elle se retrouve entre 15 et 25 euros :

« C’est tellement facile de remplir son caddie. Le consommateur ne pense pas aux agriculteurs qui travaillent pour remplir leurs assiettes. Il ne pense pas à tout le carbone rejeté dans l’atmosphère, ni au fait que si on supprimait les subventions, dans dix ans il n’y aurait plus d’élevage ovin en France. »

Il rêve aujourd’hui à ce que l’agriculture soit déclarée « d’utilité publique » : « On fait manger les Français ! »

*L’une d’entre eux n’est autre qu’Audrey Cerdan, photographe qui travaille pour Rue89 et a réalisé ces photos de son père et de son exploitation.

Lire aussi la rubrique Votre porte-monnaie au rayon X

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  • tOrDrE L¤RdRe
    tOrDrE L¤RdRe
    chien de talus
    • Posté à 21h17 le 26/10/2008
    • Internaute 50571
      chien de talus

    prépares-toi à pire, ce gars vis bien par rapport à moi...

  • argiope
    argiope
    chatouille ou pique, c'est selon
    • Posté à 20h49 le 26/10/2008
    • Internaute 34103
      chatouille ou pique, c'est selon

    Il y a deux façons d’être riche :
    - avoir beaucoup d’argent
    - avoir peu de besoins.

    Combien de façons y a-t-il d’être heureux ? Ou déprimé ?

  • pierrejcallard
    pierrejcallard
    http://www.nouvellesociete.org
    • Posté à 22h54 le 26/10/2008
    • Internaute 3366
      http://www.nouvellesociete.org

    J’ai moi aussi la nostalgie du naguère, mais ce qui est remarquable, ici, ce sont les trésors d’ingéniosite de la collectivité qui viennent porter main forte a la détermination de l’individu pour préserver un mode de vie tout aussi désuert que l’éclairage à l’huile de baleine.

    On peut se mobiliser et faire que son revenu passe de 200 à 300 ou même 400 euros par mois, mais il y a des centaines de situations semblables quui ne correspondent plus à la dynamique économique d’aujourd’hui et que l’on conserve par respect du folklore.

    Il faut comprendre qu’il est humain de faciliter la transition vers autre chose, mais que la transition doit avoir lieu. Je serais curieux de savoir combien coute a faire fonctionner tous ces programmes qui lui permettent de survivre. On ne pourra pas avoir indéfiniment des bergers à 200 moutons en France et espérer qu’ils vivront comme un Francais souhaite vivre. En Anatolie, oui - et encore, pour combien de temps ? - mais en France, non.

    Il a le droit de devenir poete ou anachorete, mais il doit comprendre qu’il devra changer ou sera marginal. Exeunt.

    Pierre JC Allard

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    • ShredBluZ
      ShredBluZ répond à pierrejcallard
      Ingénieur Agronome
      • Posté à 10h45 le 27/10/2008
      • Internaute 50286
        Ingénieur Agronome

      Il ne s’agit pas ici de nostalgie du naguère. Il ne faut pas envisager ce métier sous cet angle-là car c’est devenu tout le contraire, contrairement à ce qui demeure dans l’imaginaire collectif. Qui plus est, cet homme possède 200 brebis sur 27 hectares, c’est quand même un système extrêmement intensif qui est très éloigné de ce qui pouvait exister dans le passé (i.e. avant-guerre).

      « il y a des centaines de situations semblables qui ne correspondent plus à la dynamique économique d’aujourd’hui et que l’on conserve par respect du folklore »

      Il y a juste que c’est ce folklore-ci qui te nourrit. D’autre part, la niche économique dont tu parles si bien (tu dis dynamique mais c’est la même chose) est maintenant occupée par les intermédiaires de production (semenciers, alimentation animale, coopératives, et surtout, surtout ... la grande distribution) qui ne se gêneront pas pour te faire bouffer de la merde importée de Chine pleine de pesticides et d’antibiotiques si ça leur remplit les poches. Alors plutôt que de considérer que ce mec accomplit un acte désuet d’un point de vue économique, pose-toi la question de savoir la cause de cette situation. L’agriculture est un domaine tellement complexe qu’il est difficile d’en faire une analyse sectorielle, c’est un peu la limite de l’article, après à nous de lire entre les lignes et d’envisager, à partir de sa situation économique, sa situation sociale et environnementale et là on pourra peut-être se permettre de juger en disant « effectivement, c’est incohérent ». Pas avant.

       
      • pierrejcallard
        pierrejcallard répond à ShredBluZ
        http://www.nouvellesociete.org
        • Posté à 16h17 le 27/10/2008
        • Internaute 3366
          http://www.nouvellesociete.org

        ShredBluz : Vous etes ingenieur agronome. Vous savez bien que, quelles que soient les analyses qu’on fasse, on ne sort pas de la réalité que l’apport du travail du berger ne peut être valorisé qu’en ajoutant au prix final de l’animal. Bien sûr, on peut partager autrement le prix final, mais a la limite, il sera toujours incongru de penser que regarder paître les moutons - je simplifie, évidemment - peut être une activité humaine raisonnable dans une société de haute technologie, à moins que le mouton ne devienne un produit de grand luxe, inabordable au consommateur moyen. Il faut choisir. Ce n’est pas le choix qui est incohérent, l’incohérence est de vouloir une chose et son contraire.

        Pierre JC Allard

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      1 autres commentaires
  • pablico
    pablico
    À la porte d'un sourd, 
un jour (...)
    • Posté à 18h33 le 26/10/2008
    • Internaute 14278
      À la porte d'un sourd, 
un jour (...)

    encore un sacrifié de la productivité négative, la loi du marché, et la loi des grandes surfaces.

    • pierrejcallard
      pierrejcallard répond à pablico
      http://www.nouvellesociete.org
      • Posté à 16h25 le 27/10/2008
      • Internaute 3366
        http://www.nouvellesociete.org

      @ Publico : En effet. Mais on ne regle rien en disant que la nature humaine est autre qu’elle n’est. Il faut mettre en place un systeme qui en tienne compte, tout comme de l’état des technologie et qui conduise a une société sur laquelle nous faisons consensus. Pour l’agriculture - un volet de l’utilisation des ressources naturelles - voir le lien.

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      Pierre JC Allard

  • sabrina
    sabrina
    NounouOgg ascendant Vimaire
    • Posté à 18h46 le 26/10/2008
    • Internaute 24259
      NounouOgg ascendant Vimaire

    « C’est tellement facile de remplir son caddie. Le consommateur ne pense pas aux agriculteurs qui travaillent pour remplir leurs assiettes. »

    Si j’y pense. Ça n’est pas le consommateur qu’il faut condamner, la plupart n’ont même plus les moyens de manger du mouton, voire de la viande tout court.
    Par contre, ce qui est indécent, c’est les 15€ de marge que se font les distributeurs. (3 fois ce que gagne le producteur)
    Je préfère payer directement 15€ au producteur en achetant à l’exploitation, une vraie reconnaissance de son travail... facile quand on vit en Bretagne comme moi, sans doute plus compliqué quand on vit en région parisienne !

    • Numerosix
      Numerosix répond à sabrina
      Prisonnier dans le village (...)
      • Posté à 18h50 le 26/10/2008
      • Internaute 14499
        Prisonnier dans le village (...)

      Ce qui est aussi absurde , c’est que le mouton australien est moins cher chez le boucher alors qu’ il a parcouru 20 000 Km .
      La mondialisation , c’est VRAIMENT n’ importe quoi , la plupart du temps ..

    • Homer555
      Homer555 répond à sabrina
      • Posté à 21h09 le 26/10/2008
      • Internaute 45141

      Déjà il reste pas mal de zones d’ombres dans ces marges. Pour moi il manque la partie abattage. La grande surface n’achète pas l’animal vivant, donc elle ne l’achète pas à 10€/Kg à la coopérative mais plutôt 13€ à un abattoir.

      Ensuite parler de marge sans parler de couts c’est idiot. La grande surface doit payer ses bouchers (qui ne vivent pas au smic), ses appareils, énergies (électricité, frigorifique...), retraitement des déchets et le transport. Il n’y a pas 15€ qui vont directement dans la poche du proprio de la GD non plus. Pour rester crédible faut pas abuser.

      Enfin le consommateur... Peut être êtes vous une exception ? Je ne juge pas. En tout cas, la grande majorité des gens s’attache grosso merdo à 2 valeurs.
      1- Le temps et l’énergie passée à l’approvisionnement. En gros hors de question de crapahuter en ville pendant 3H dans chaque boutique pour chercher de quoi manger.
      2- Le prix. Rien à foutre de la provenance, de l’éthique, de l’écologie. Un filet de panga vietnamien ou un mouton australien se vendront 100X plus vite que l’équivalent français 2X plus cher à coté.
      Je le rappelle encore, la GD suit les consommateurs, pas l’inverse. Le jour où les consommateurs voudront des produits de bonnes qualité sans regarder le prix, c’est ce qui sera en vente. Pour l’instant, ces gens vont dans les boutiques, en amap... mais représentent une minorité.
      Je me doute que c’est parce que les gens n’ont ni le temps ni l’argent. N’empêche, il faut se demander pourquoi les grandes surfaces ne sont pas vide de clients.

      • TToon
        TToon répond à Homer555
        les financiers à la lanterne
        • Posté à 17h50 le 27/10/2008
        • Internaute 53284
          les financiers à la lanterne

        Oui, enfin bon, les consommateurs sont autant victimes que coupables dans l’affaire.

        Il ne faut pas oublier que le libre arbitre est tout de même le principal ennemi des grands groupes alimentaires et des grands distributeurs.

        1. des modes de production obscurs. Qui aujourd’hui connait réellement les modes de production. La prise de conscience est toute récente et l’information reste malgré dissimulée : pesticides, sel, huile trans, lieu de production inconnu (pour les légumes, la viande étant tracée à présent), etc, etc. Les gens ne sont pas stupides au point de bouffer volontairement de la merde. Mettez donc un parent au courant des techniques mortifères des grands groupes, et vous verrez quels produits ils achètera au final.

        2. Lessivage incessant des esprits et manipulation. La pub est là pour vous faire bouffer de la merde en vous convainquant qu’il s’agit d’un graal alimentaire. Voir par exemple le packaging, les pubs pour enfant, les pseudo produits du terroir, les merdes estampillées « grand chef » etc, etc... Les aliments des grandes surfaces n’ont aujourd’hui plus aucun gout ni aucune saveur, sauf à acheter les yeux de la tête des ptits légumes que des blaireaux vous vendront sous plastique avec la bonne étiquette « qualité ». Faut pas oublier les nombreuses études comportementales des distributeurs en la matière (chacune des grandes enseignes a des super ou hyper marchés d’entrainement, sans parler, et ça on le sait peu, de toutes les caméras planquées dans les supermarchés pour décortiquer les comportement des acheteurs)

        3. Le lobbying des grands groupes qui jouent à fond la carte de la mondialisation. Les premiers ennemis des AOC, AOP, et du savoir faire artisanal protégé (et donc de la protection du label qui va avec), ce sont les grands groupes. Dernièr combat en date à l’assemblé : le calandos. Ces putains de connards pressent les députés de virer la nécessité d’un lait cru dans le camembert pour avoir l’AOC. On croit rêver.

        4. Une pression à toujours plus bouffer (de la merde, cela s’entend). Mouarff, voila t’y pas qu’en occident on meurt d’obésité, que le cholestérol est sans doute une des premières causes des accidents cardio-vasculaires. On s’empiffre comme des goinfres. A qui la faute ? A la stupidité du consommateur, ou au mec qui t’as poussé à bouffer toujours plus de merde à l’aide de discours pubesques lénifiant ?

        Bref bien entendu que tout le consommateur est coupable. Mais pour l’instant, force est de constater qu’on le prive autant que possible de son libre arbitre. Mais je reste convaincu d’une chose, et cela reste du domaine de la foi j’en conviens aisément. Informez objectivement les gens de la merde dans les assiettes et de l’impact que cela a sur leur santé, et vous pouvez être sûr que du jour au lendemain, les grands groupes alimentaires et la grande distribution en prendront plein la face.

         
        • Homer555
          Homer555 répond à TToon
          • Posté à 13h55 le 28/10/2008
          • Internaute 45141

          C’est vrai, j’ai tendance aussi à oublier que je suis de la partie et que je connais quelques « secrets » que tous le monde ne connait pas. Mais faciles à trouver si on cherche. Les crevettes sont plongée dans du colorant pour les rendre plus roses, les mères panga dopées à l’œstrogène humain pour la pondaison, les escalopes gavées à l’eau avec des aiguilles... J’arrête, y’en a qui ont déjà des nausées :)

          Je suis d’accord avec votre discours. Notamment, je sais que les Allemands refuse en masse les crevettes colorées parce qu’ils sont informés. Chez eux le scoop alimentaire à la télé c’est le sport national.

          Il y a juste la dernière phrase... Comme je l’ai indiqué dans le premier message, je reste persuadé que si les consommateurs sont informés des pratiques de fabrications et refusent d’acheter la merde, les groupes alimentaires et la GD changeront leurs pratiques. Simplement parce qu’il en va de leurs survies. Comme je l’ai dit ils ne font que suivre les consommateurs. Même si ce n’est pas dans leurs intérêts immédiats d’utiliser des produits chers.

          Mais qui sera notre zorro qui nous informera des dangers qui nous guettent ? Je ne vois personne...

          PS : Bon aller je continu, Colorants des PQ cancérigènes, beurres « facile à tartiner » coupés à l’eau, aspartame (remplaçant du sucre) dangereux pour la santé... hi hi hi.

          Bon, je laisse 2 liens à connaitre et que je ne me lasse pas de diffuser, en gras les additifs dangereux :
          Lien
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          Connaitre ces tableaux, c’est déjà un grand pas vers la santé. :)

        1 autres commentaires
    • Czar.
      Czar. répond à sabrina
      réac
      • Posté à 21h26 le 26/10/2008
      • Internaute 54172
        réac

      ah ben ça ma bonne dame quand on voit c’qu’on voit, hein.... et pis qu’on entend c’qu’on entend hein.... ah ben moi si je serais au pouvoir, hein c’est pas les gens des brureaux, hein... enfin bon j’en dis pas plus mais j’en pense pas moins, hein...

      Si on pouvait récolter tous les baltringues qui ont des avis à deux balles sur tout, non seulement on règle la faim dans le monde mais on atteindrait vite le risque d’obésite générale.

      C’est sûr que le supermarché, c’est que de la marge, parce que lui paye pas son loyer (et parfois même l’amortissement des murs s’il a agrandi et n’est pas proprio du terrain), ses charges, son personnel, l’électricité, la casse (ben oui le connard qui prend pas pour le soir même le pack de yahourt à DLV de dans une semaine). En plus, les supermarchés, ils ne payent même pas la marchandise à une centrale d’achat, ils ne payent ni le transport, ni le stockage (cher pour le frais).

      C’est pour ça que tous les patrons de supermarchés possèdent des îles dans le Pacifique, idiote.

      modif : grillé par homer. Bien vu ça me gonfle ces raisonnements simplistes à deux balles. Comme de baver sur les céréaliers puis beugler parce que la farine a pris 5 cts. Les animaux, ça mange pas des yahourts aux dernières nouvelles. Si les céréaliers reçoivent les primes les plus importantes, c’est parce qu’ils sont la base du système agricole : laissez les tomber et tout s’écroule par-dessus.

      • sabrina
        sabrina répond à Czar.
        NounouOgg ascendant Vimaire
        • Posté à 15h31 le 27/10/2008
        • Internaute 24259
          NounouOgg ascendant Vimaire

        Il n’empêche que cet homme n’a pas les moyens de vivre décemment de son travail et que la plupart des gens n’ont plus les moyens d’acheter de la viande de qualité... c’est peut être simpliste comme raisonnement, mais c’est symptomatique d’un problème non ?
        Le patron de carrefour ou leclerc, je vais pas pleurer sur son sort... j’ai déjà plus de considération pour la caissière qui fait des horaires de m... pour un salaire de m.... . Les bénéfices de ces grandes surfaces ne sont tout de même pas tombées du ciel. C’est le résultat de la pression mise sur les producteurs, les salariés...

        Alors au lieu de prendre les gens de haut et de les insulter, essayez de proposer des solutions... pour moi, limiter les intermédiaires entre le producteur et le consommateur et est une...

         
        • Czar.
          Czar. répond à sabrina
          réac
          • Posté à 12h30 le 28/10/2008
          • Internaute 54172
            réac

          déjà quand on est capable de conbfondre prix de vente et marge, on comprend comment mieux comment on peut parler de « marges faramineuses ».

          La différence substantielle entre le prix de la matière première et le prix de vente est dû au fait qu’il existe de nombreux intermédiaires nécessaires à l’architecture de consommation (quand on consomme du poisson de mer à Annecy ou de la viande à Paris alors qu’il n’y a aucune terre d’élevage avant d’atteindre la Bourgogne ou la Normandie) faut bien imagtiner qu’il ya des gens qui le livrent et CA ça coûte de l’argent.

          Le patron de carrefour est salarié d’une multinationale, le patron d’un Leclerc ou d’un Intermarché est un indépendant, responsable de la survie de son point de vente. Il tire de ses marchandises 10% de marge, comme n’importe quel autre acteur économique et avec ça il doit payer des loyers hors de prix (40% de hausse depuis 2003), ses charges diverses et ses caissières (oui aussi celles qui sont infoutues de pas se planter en rendant la monnaie et qui se mettent en arrêt-maladie au pied levé pour un oui ou pour un non).

          Mon père, l’un de ces exploitateurs ignobles, se paye royalement 1900 euros par mois pour 70 heures de boulot hebdomadaire et il en a un peu marre d’entendre des ratés gueuler « là l’exploitation alors qu’ils ont le cul bien tranquille à faire leurs 35h avec le salaire qui tombe chaque mois).

          S’ils sont exploités, Pourquoi est-ce qu’ils ne créent leur boite pour voir ?

          j’ai une grosse idée de la réponse.

          PS pour les caissières mal payées, rassurez-vous, y en aura plus dans dix ans.

        1 autres commentaires
  • Irfan
    • Posté à 18h52 le 26/10/2008
    • Internaute 30779

    Un article succinct, mais extrêmement intéressant. Merci pour cela.
    Par contre, Philippe ne pourrait-il pas s’arranger avec sa coopérative pour effectuer des regroupements d’éleveurs, voire, en s’alliant à d’autres coopératives, remettre au goût du jour l’assolement, ses bêtes pouvant paître gratis sur les champs inusités de tels propriétaires, en échange d’autres services ?
    Et pourquoi ne pas essayer d’obtenir le label « bio », qui correspond à un usage limité des antibiotiques (2 fois par an, de mémoire), entre autres mesures visant à limiter les intrants ? Cela semble ne pas être loin de sa méthode d’exploitation.

    En tout cas, les inégalités touchent de plein fouet certains agriculteurs, comme souvent les « petits ». Les Beaucerons super-subventionnés qui cultivent du maïs à 1000L d’eau le kilos sur plusieurs milliers d’hectares n’ont pas à s’en faire, ni les compagnies agricoles américaines. Encore moins, évidemment, ceux qui distribuent les produits agricoles.
    Par contre, le vigneron du Languedoc, le maraîcher normand, l’éleveur choletais ou limousin, oui.

    Continuez ce genre de portraits, s’il vous plait =).

    • reveric
      reveric répond à Irfan
      Rillard
      • Posté à 21h36 le 27/10/2008
      • Internaute 31706
        Rillard

      mon éleveur est pauvre mais mon boucher est riche.
      Mon pêcheur est pauvre mais mon poissonnier est riche.
      mon prothésiste est pauvre mais mon dentiste est riche.
      mon tailleur de chemise est pauvre mais mon revendeur de fringue est riche.
      je cherche l’erreur.
      se regrouper en coopérative ? et pourquoi pas en corporations qui évitaient ou éviteraient peut être de se faire plumer dans le beau monde du commerce sur la base du « marché » libre et « concurrentiel ».
      mais les corporations sont elles compatibles avec le marché libre et concurrentiel à la sauce ultra libérale éclairée ?
      Bref le commerce c’est le commerce et ça fait des siècles que ça dure.
      les gros nique les petits. les intermédiaires se gavent.
      personnellement je n’achète plus possible en direct.

  • athénaïs
    • Posté à 18h57 le 26/10/2008
    • Internaute 30637

    j’espère quand même qu’on va faire autre chose qu’opposer els catégories de citoyens entre elles dans cette rubrique.
    « c’est tellement facile de remplir son caddy. le consommateur etc... »

    Et bien non, ce n’est pas si facile. ni pour Philppe, le berger, ni pour Jacqueline, caissière en grande surface, payée à coups de lance pierre, traitée comme un kleenex et vivant là où elle peut....

    La vie de ce berger a l’air difficile et il a raison, les berges doivent servir à autre chose qu’à entretenir le paysage. Cette image me rappelle d’ailleurs celle des indiens d’amérique qui dansent aurtour du feu pour amuser les touristes.

    Cependant, le conssommateur est dans le même camp que lui.....il ne s’en sort pas non plus, si cet homme vit avec 200 euros par mois, j’en connais qui travaillent pour les autres, qui leur donnent toute leur énergie et leur intelligence et qui habitent dans leur voiture car ils n’ont pas les moyens de se loger !

    Il me semble, non, je suis sûre que les bergers et les salariés auraient tout à gagner à se rapprocher.....

    • papy55
      papy55 répond à athénaïs
      prof. en province
      • Posté à 20h56 le 26/10/2008
      • Internaute 24237
        prof. en province

      L’allusion au consommateur qui remplit facilement son caddie et qui ne pense pas aux difficultés de l’agriculteur, m’interpelle également, ce qui semble être une des raisons des difficultés de Philippe le berger, alors, qu’avant tout, c’est peut-être le système de distribution qui devrait être remis en cause !

      La grande distribution est devenue, au fil des ans, une formidable machine à enrichir une minorité, sur le dos des producteurs et des consommateurs.

      En fait, la concurrence, qui devait tourner à l’avantage du consommateur, est devenue une machine à créer de la fausse monnaie....(de la valeur boursière !), alors l’économie réelle des plateaux du Limousin.... !

  • azerty69
    azerty69
    ExecutieveBranleur
    • Posté à 19h08 le 26/10/2008
    • Internaute 42089
      ExecutieveBranleur

    Je n’y crois pas...

    Parler d’argent (comme de sexe) est impossible. Trop de mensonges, de frustrations, d’approximations, de faits biaisés...
    Une chose est sur, personne ne veut faire ce genre d’agriculture (la petite), donc effectivement, ça doit être dur et mal payé, et on ne le fait que si ce métier est une passion, un sacerdoce, un mode de vie.
    Néanmoins, ces gens vivent, et on ne vit pas avec 200€ / mois. Donc qq chose cloche.

    j’en connais un de petit paysan qui « survit ». A l’entendre « raler », comment fait il ? Il ne compte pas comme nous :

    - un smicard en ville paye loyer, electricité, voiture, bouffe... sur son salaire de smicard de ville.
    - Mon petit paysan. Pas de loyer, c’est une maison de fonction, une voiture de fonction, edf-gdf de fonction... Dans son salaire qu’il annonce comme misérable, il a déjà enlever loyer, voiture, nourriture (il s’auto nourrit a 80%) qui font parti des frais de sa « petite entreprise ».

    Alors certes il « annonce » un petit revenu, mais ça reste bien au dessus du smicard des villes en terme de « pouvoir d’achat », même si rapporté au nombre d’heure travaillé c’est pas terrible.

    Donc a nuance.

    J’ai bien peur que vous faites dans le sensationalisme.

    • thierry reboud
      • Posté à 19h38 le 26/10/2008
      • Internaute 20923

      L’article précise que s’il vit à peu près, c’est grâce à la pension militaire de son épouse. J’ai bien peur que vous ne l’ayez pas lu attentivement.

      • Alain Pacifique
        Alain Pacifique répond à thierry reboud
        enfin!! ça marche !
        • Posté à 06h30 le 27/10/2008
        • Internaute 24637
          enfin!! ça marche !

        tout à fait Thierry ! ( j’ai pas pu résister ! ;) )
        non seulement Azerty69 n’a pas bien lu, mais il compte de facon approximative. quand il énumère les frais auxquels ce paysan n’est pas soumis, il ajoute , « il s’auto nourrit à 80 % “. mais s’il s’auto nourrit c’est par son travail, donc ca n’est pas gratuit.
        M’enfin ! !

      • azerty69
        azerty69 répond à thierry reboud
        ExecutieveBranleur
        • Posté à 10h34 le 27/10/2008
        • Internaute 42089
          ExecutieveBranleur

        J’ai très bien lu. Mais ce berger n’est pas le seul berger en france et tous ne se font pas « entretenir » par leur conjoint. Généralement, une exploitation est familiale. Si lui gagne 200 euros, un couple gagnerait 400 euros ? ? ?

        Non seulement j’ai lu attentivement, mais en plus j’ai réfléchi a ce que j’ai lu.

        Dénoncer le monde impitoyable comme une fois de gauchiste inébranlable, ne sert pas a grand chose.

    • Homer555
      Homer555 répond à azerty69
      • Posté à 20h19 le 26/10/2008
      • Internaute 45141

      Au contraire !

      L’article se contente de dresser un portrait revenus - couts de l’exploitation en laissant volontairement de coté l’aspect train de vie du berger. Les limites de l’article sont très bien respectées.

      De cette manière on se rend compte de se que rapporte ce métier et non pas des revenus totales du foyer de ce berger. On se doute bien qu’il n’est pas un célibataire en location de la même manière qu’on se doute bien qu’une caissière ne possède pas de Rolls.

      Le train de vie est de toute façon un cas particulier pour tous le monde.

    • A déménagé le 27-01-2012
      • Posté à 21h01 le 26/10/2008
      • Internaute 19993
        nc

      « Néanmoins, ces gens vivent, et on ne vit pas avec 200€ / mois. Donc qq chose cloche. »

      Si si on peut y arriver. Tout dépend de ce qu’on a a payer. C’est sûr pour s’acheter des produits de consommation — voiture, ordinateur…— c’est pas possible. Mais pour vivre, manger, se vêtir on peut y arriver à la campagne.

      « Pas de loyer, c’est une maison de fonction, une voiture de fonction, edf-gdf de fonction… »

      Un petit paysan en France il a pas une vie de luxe.
      Il a un beau cadre de vie, il mange les légumes de son jardin. Pour ça il n’est pas à plaindre. Mais ça prend *énormément* de temps. Vivre de son jardin ça prend un temps fou !
      Entre faire tourner l’exploitation, entretenir son cadre de vie (prés, pâturages…), faire pousser sa bouffe, la récolter, et la mettre en conserve ou autre, c’est pas un mi-temps qu’il lui faut, mais une solide foi en sa passion.

      Un petit agriculteur vit chichement. il peut pas avoir un super macbook et un écran LCD dernier cri. Il vit mais c’est tout.

      À mon avis smicard ça doit pas être forcément mieux, mais bon il a un peu vacances, moins de 40 h de boulot par semaine je pense.

      Ce qui me choque le plus, c’est de voir comment sont considéré les petit exploitant :
      — Ils ont un boulot plutôt dur physiquement,
      — qui paye pas son homme,
      — ils auront quasiment pas de retraite après 70 – 75 ans,
      — leur métier et leur savoir-faire pourtant à la base de toute la civilisation disparait progressivement

      et par dessus le marché les citadins se contrefoutent de leurs sort.

      « Alors certes il “ annonce ” un petit revenu, mais ça reste bien au dessus du smicard des villes en terme de “ pouvoir d’achat ” »

      pouvoir d’achat c’est bien pouvoir acheter des biens de consommation style voiture, ordinateur, téléphone portable-qui-prend-des-photos ?
      Pas sûr que les petits exploitants participent beaucoup à la société de consommation… je suis même convaincu du contraire.

    • jean.pierre
      jean.pierre répond à azerty69
      • Posté à 23h26 le 26/10/2008
      • Internaute 27384

      une maison de fonction ? diable comme vous y allez ! ..........

      vous le voudriez dans une roulotte ?

      une voiture de fonction ? un c15 tout pourri dont raffole les bleus vous appelez ça une voiture de fonction ?

      l’électricité ? ben il la paye comme tout le monde..........

  • compte désactivé 2
    • Posté à 19h22 le 26/10/2008
    • Internaute 29938

    Il est heureux, c’est l’essentiel !

  • jl schmitt
    jl schmitt
    professeur de mathématiques à (...)
    • Posté à 19h36 le 26/10/2008
    • Expert 25041
      professeur de mathématiques à (...)

    Votre exemple est un peu extrême.
    Mon fils travaille pour un groupement en Ariège. Il garde 2000 moutons de mi-mai à mi-octobre. Ils le payent 1500 euros par mois + prime de précarité, congés payes, le nourrissent, assurent deux héliportages.
    Ces éleveurs ne vivent pas comme des traders mais ils vivent convenablement car ils ont un autre mode de vie que les urbains.
    Bien sur, il faudrait une meilleure distribution. Certains font de la distribution directe mais c’est difficile avec toute la réglementation.

    C’est un travail dur mais il permet de vivre.

    JL

    • soungourouba
      soungourouba répond à jl schmitt
      flatié
      • Posté à 19h52 le 26/10/2008
      • Internaute 22118
        flatié

      Cet exemple n’est pas extrême du tout, les moutonniers sont sans doute ceux qui trinquent le plus actuellement parmi tous les paysans. On ne peut pas comparer un éleveur comme Philippe, berger de Piémont avec 160 brebis, avec un salarié comme votre fils, qui est embauché par DES éleveurs uniquement l’été pour garder en estive, et qui est si « bien » payé parce que l’état subventionne fortement ces bergers transhumants (entre autre suite aux histoires de loup, ours, etc...).

    • jean.pierre
      jean.pierre répond à jl schmitt
      • Posté à 22h42 le 26/10/2008
      • Internaute 27384

      votre fils est salarié d’un groupement ! completement différent de l’éleveur.....

  • Nicolas Brousse
    Nicolas Brousse
    Etudiant à Paris
    • Posté à 19h57 le 26/10/2008
    • Internaute 118
      Etudiant à Paris

    Ce que je reproche à cet article, c’est son manque d’originalité. Pourtant, Rue89 et Eco89 prônent une révolution de l’information. Cet article est parfaitement adapté à être retranscrit au JT de Jean-Pierre Pernaut, mais pas à Eco89. Certes, Sophie est allée sur le terrain : elle est allée à la rencontre d’un berger et a voulu savoir comment il vivait avec si peu. Elle est revenue à Paris, a ensuite rédigé l’article et l’a publié. Mais ne serait-pas un peu rapide ? Je m’explique.« Tous » les médias, aujourd’hui, vont à la rencontre de je ne sais combien de Français qui ont des difficultés financières. Nous, internautes d’Eco89, venons ici pour chercher une originalité dans l’information proposée par le site. Bref, nous venons nous mettre à l’abri de la banalisation des médias actuels. Sauf que, quand Eco89 va à la rencontre d’un berger pour connaître son salaire et son malaise, je préfère très sincèrement aller voir un reportage signé par la rédaction de TF1 du JT de 13 heures qui a l’habitude d’aller quotidiennement prendre la température financière des Français. Le malaise, on le connaît. Il est bien là. Mais allons au-delà ce que les autres font habituellement.

    • Houvaton nouveau compte
      • Posté à 09h21 le 27/10/2008
      • Internaute 39856

      « Allons au-delà ce que les autres font habituellement. »

      Oui mais ce n’est pas dans la ligne éditoriale de rue eco89 et des autres medias. Cet article nous présente un vie paysanne à vomir alors que le Philippe pourrait être heureux s’il arrêtait de se conduire en esclave assisté, certes en pleine nature.
      Jamais rue eco89 ne présentera et nous amenerait à refléchir sur les films de Pierre Carles dont voici un extrait sur Dailymotion :

      Lien

      VOLEM RIEN FOUTRE AL PAïS !

      Oui c’est parfaitement possible mais ... (voir la fin de la vidéo pour comprendre, voir les autres vidéos du film aussi : c’est vraiment génial et les medias ne nous raconte que des conneries)

  • affreuxjojo
    • Posté à 20h06 le 26/10/2008
    • Internaute 29421

    L’élevage de mouton est particulièrement touché par la concurrence. En Australie ou en Nouvelle-Zélande la laine est le produit principal des élevages de mouton et, faute de débouchés, la viande est considéré comme un sous-produit (le contraire exact de la France). Cette viande (et d’autres) arrive à des prix très inférieurs au seuls prix de revient en France.
    Des éleveurs arrivent à se sortir de cette situation en mettant sur pied des ventes directes à la ferme. Cela suppose des investissements en chambre froides et un certains nombre de tâches supplémentaires : prospection, vente au détail. Cela suppose aussi des débouchés proches, généralement une grande ville. Il existe une demande pour la viande biologique, mieux vendue, mais la reconversion et l’obtention du label exigent plusieurs années. L’intérêt de la vente directe pour l’éleveur est de récupérer pour lui toutes les plus-values faites le long de la chaine : découpe, vente au détail.

  • Lize
    Lize
    Curieuse-chercheuse
    • Posté à 20h17 le 26/10/2008
    • Internaute 51710
      Curieuse-chercheuse

    Totalement d’accord avec Athénaïs.

    Dans le même ordre d’idée, je ne comprends pas pourquoi les agriculteurs ne s’organisent pas entre eux pour vendre directement leurs produits. Ils le font lors d’opération coups de poing. Mais cela doit être possible de créer de vrais réseaux. Le problème, ce sont les intermédiaires. supprimons les le plus possible. Multiplions les style coopératives ; multiplions les ventes directes.

    Dans cette société marchande, les créateurs -et j’oserais la comparaison, dans l’agriculture comme dans la culture- sont les plus méprisés et les moins payés. Les marchands se sont emparés de tout. A nous, à vous de les concurrencer sur leur terrain et de redonner un sens au prix des choses.

    • Pierrrrre
      Pierrrrre répond à Lize
      → → → → → → → le marché autant (...)
      • Posté à 21h33 le 26/10/2008
      • Internaute 23078
        → → → → → → → le marché autant (...)

      « ....je ne comprends pas pourquoi les agriculteurs ne s’organisent pas entre eux pour vendre directement leurs produits.... »
      ► produire est un métier,
      vendre aux consommateurs est un autre métier :
      amener la marchandise dans divers étalages, gérer les stocks, respecter les règles sanitaires, générer du marketing, éviter les invendus ou les ruptures de stock.... les agriculteurs peuvent toujours réussir un coup grace à la publicité faite par les médias et le laisser faire des inspecteurs fiscaux et sanitaires, mais ils ne pourraient perdurer ce genre d’actions.
      Nous sommes dans un système libéral ouvert à toute initiatives, et certaines originales fleurissent par des système de distribution directes,
      mais qui restent ponctuelles et marginales par rapport au défit industriel consistant à harmoniser production et vente des produits à 60 millions de consommateurs.

      • Numerosix
        Numerosix répond à Pierrrrre
        Prisonnier dans le village (...)
        • Posté à 21h49 le 26/10/2008
        • Internaute 14499
          Prisonnier dans le village (...)

        Vendre de la MERDE aux consommateurs , oui , ça , sur que c’est un métier différent

        Mais vous allez me rétorquer que c’est toujours mieux que le massacre des koulaks par Staline en URSS dans les années 30 , hein, mon Pierrrrrounet ?

         
        • Pierrrrre
          Pierrrrre répond à Numerosix
          → → → → → → → le marché autant (...)
          • Posté à 09h57 le 27/10/2008
          • Internaute 23078
            → → → → → → → le marché autant (...)

          « ....Vendre de la MERDE aux consommateurs ... »
          ► S’ils achètent, pourquoi pas ?
          Les vrais responsables de la qualité de ce qui se vend, ce sont les acheteurs,
          comme les vrais responsables sur la démagogie de programmes politiques sont les électeurs et leur infantilisme.

          Souvent, un produit est conçu pour être vendu, et non pour apporter satisfaction (l’important est de vendre, aprés on verra......)

          Comme un programme politique est souvent conçu pour gagner des élections, et non pour gérer un pays (l’important est d’être élu, aprés on verra....)

        1 autres commentaires
    • azerty69
      azerty69 répond à Lize
      ExecutieveBranleur
      • Posté à 10h44 le 27/10/2008
      • Internaute 42089
        ExecutieveBranleur

      Ne parlons pas de paris, c’est un autre problème.

      Tous les agriculteurs vivant a moins de 50 km d’une grande ville (hors paris donc) peuvent vendre en direct. Il suffit d’aller sur le marché pour s’en rendre compte.

      Néanmoins, pour vivre sur un marché, il faut faire de bons produits. Et là vous vous apercevez que le paysan qui rale mais qui fait la même bouffe immonde qu’a auchan mais 2 fois plus cher il survit pas lgtps au marché. En revanche celui qui fait de bons produits et les vends 2 fois plus cher, il y a la queue a son étal.

      Comme tous les petits commerces. On les entend raler, mais le peu qui travaille vraiment et qui font autre chose que d’assaisonner des produits semi industriels n’ont aucun problème.

      • Homer555
        Homer555 répond à azerty69
        • Posté à 12h26 le 27/10/2008
        • Internaute 45141

        C’est simple pour le maraicher, mais pour l’éleveur c’est toute une histoire.

        Il sera déjà quasi obligé de déléguer l’abattage avec le nombre de normes dans ce domaine.
        Ensuite, il reste encore l’investissement d’un système froid autant pour le stockage sur place (chambre froide) que pour le transport (Camion frigorifique) sans compter l’investissement en énergie supplémentaire pour créer ce froid.
        Il faut prendre le temps d’aller sur les marchés, or les bêtes demandent une attention constante, sinon à quoi bon les bergers ? Comme dit dans l’article, éleveur c’est de 5H à 19H.
        Il faut certaines compétences en boucherie parce que pour le commun des mortels, un bout de viande ressemble à un bout de viande. Peu de gens achètent une bête complète.
        Enfin, comme le souligne pierrre, vendeur c’est un métier, c’est pas une impro. C’est pas si simple de capter et conserver des clients.

        Non, tous les agriculteurs ne peuvent pas vendre en direct.

  • hagalma
    • Posté à 20h24 le 26/10/2008
    • Internaute 8451

    Intéressant, mais pas sans le témoignange des autres internautes venant enrichir, nuancer, voire critiquer un propos forcément unique, singulier.
    L’article s’ouvre sur une remarque concernant le souci des français, « depuis quelques temps », relatif à la baisse du pouvoir d’achat. Le « depuis quelques temps » est un peu étonnant, un euphémisme peut-être, s’agissant d’un constat qui est de mode depuis une quinzaine d’année. Le modèle de réussite sociale, au sens identificatoire, intégre massivement la notion de l’argent gagné par le fait d’entreprendre, de créer une entreprise, d’avoir l’esprit d’entreprise. Je rappelle ici la figure de réussite que constitua, bien avant Sarkozy, Tapie. Mais aussi l’acteur Yves Montant, faisant l’apologie de l’argent issu du travail, et la critique de l’assistanat et de l’Etat providence. Le « depuis quelques temps » ne me parait pas tant procéder d’une baisse toute factuelle, même si réelle, du pouvoir d’achat du fait de l’envolée du pétrole, que d’un échec du modèle promu depuis toutes ces années comme étant indépassable, unique, le dernier possible (souvenez-vous de Devedjian exultant sur la victoire idéologique de la droite !). Quand on dit que « depuis quelques temps » quelque chose ne va pas, il y a souvent à entendre que c’est profondément que quelque chose ne va pas, et que le temps s’est arrêté, qu’il n’est plus créateur depuis. Ca n’est pas qu’une affaire d’argent, mais aussi de désir par rapport à un modèle. En panne plus plusieurs millions de français...

    • Pierrrrre
      Pierrrrre répond à hagalma
      → → → → → → → le marché autant (...)
      • Posté à 20h59 le 26/10/2008
      • Internaute 23078
        → → → → → → → le marché autant (...)

      « ....échec du modèle promu depuis toutes ces années comme étant indépassable, unique, le dernier possible... »
      ► si vous parlez du prétendu echec du modèle libéral,
      donnez nous rien que pour rire, un autre modèle qui lui, aurait réussi !
      allez.. dites nous.

      • Numerosix
        Numerosix répond à Pierrrrre
        Prisonnier dans le village (...)
        • Posté à 21h57 le 26/10/2008
        • Internaute 14499
          Prisonnier dans le village (...)
  • cassino
    cassino
    Auteur
    • Posté à 20h54 le 26/10/2008
    • Internaute 25023
      Auteur

    Les consommateurs intoxiqués par la pub sont largement responsables de la situation de ce berger. Les grandes surfaces nous martellent depuis des années qu’elles sont moins chères, on ne se nourrit plus, on achète de la merde moins chère. Ma viande, je l’achète à un arabe sur le marché, elle est excellente, moins chère qu’en grande surface et elle est achetée directement dans la Drôme aux paysans. Il faut consommer moins cher afin d’acquérir un maximum de biens inutiles, souhaitons que la crise qui se profile fasse très mal, afin de nous faire un bon lavage de cerveau, nous en avons grandement besoin.

  • Pierrrrre
    Pierrrrre
    → → → → → → → le marché autant (...)
    • Posté à 20h55 le 26/10/2008
    • Internaute 23078
      → → → → → → → le marché autant (...)

    Lorsqu’on voit les exploitations en Nouvelles Zélande, avec des moutons ..par millions de têtes.. on se dit que les 170 moutons de notre berger ne lui permettront pas de vivre, malgré la prime européenne destinée à compenser la faiblesse de ses revenus.

    Mais en fait, ce berger a son utilité, au dela des quelques moutons qu’il apporte à notre alimentation.
    Sa vraie fonction, c’est celle de jardinier de nos paysages.
    Sans lui, les villages seraient encore plus silencieux qu’ils le sont actuellement,
    les champs seraient en friche, les chemins inexploitables, et la vie à la campagne serait sans vie.
    C’est pour cela que notre berger devrait, non pas être aidé, subventionné, mais payé, rémunéré afin que la collectivité participe à cet entretien qu’il effectue de nos paysages de France.
    Le payer pour entretenir autour de son champ des chemins débroussaillés...

    On paye bien les artistes, on les subventionne pour cet air de fête qu’ils apportent dans nos théatres et dans nos salle des fêtes,
    des jardiniers pour que pelouses et arbres de nos jardins soient bien taillés,
    pourquoi ne rémunerrerait-on pas nos paysans pour cette vie qu’ils entretiennent au fond des plaines et des montagnes de France ?

    Un truc à trouver afin de favoriser le berger du bout du Causse, plutôt que le céréalier de la Brie qui n’a pas besoin de ça pour vivre.

    • tOrDrE L¤RdRe
      tOrDrE L¤RdRe répond à Pierrrrre
      chien de talus
      • Posté à 21h27 le 26/10/2008
      • Internaute 50571
        chien de talus

      c’est bien, continu comme ça le caillou et tu va virer à gauche. T’as raison, moi aussi j’suis pour le salaire universel...
      Peu mieux faire, mais en net progrès : 10/20

      • Numerosix
        Numerosix répond à tOrDrE L¤RdRe
        Prisonnier dans le village (...)
        • Posté à 22h02 le 26/10/2008
        • Internaute 14499
          Prisonnier dans le village (...)

        Il vire pas à gauche , il a la nostalgie de la doulce campagne française du temps du Maréchal ...

         
        • tOrDrE L¤RdRe
          tOrDrE L¤RdRe répond à Numerosix
          chien de talus
          • Posté à 22h45 le 26/10/2008
          • Internaute 50571
            chien de talus

          Il a trop écouté Carte de séjour....Douce France cher pays de mon enfance....

        1 autres commentaires
    • TARPON
      TARPON répond à Pierrrrre
      • Posté à 23h37 le 26/10/2008
      • Internaute 27263

      On devrait dresser les loups à garder les moutons.

      • kk
        kk répond à TARPON
        au vert
        • Posté à 08h58 le 27/10/2008
        • Internaute 13480
          au vert

        Il me semblait que c’était déjà le mode de fonctionnement de nos sociétés

  • nemo3637
    nemo3637
    Déchoukeur
    • Posté à 21h23 le 26/10/2008
    • Internaute 44521
      Déchoukeur

    Des coopératives existent. C’est une bonne idée mais de toutes façons la concurrence est insoutenable. Il y a quand même une autre façon de voir les choses : c’est ce que rapporte à la société l’établissement d’un berger qui participe par son travail à la sauvegarde de l’environnement, à la vie d’une région.
    Beaucoup de gens, pour diverses raisons valables, perçoivent un revenu sans travailler (retraités,allocataires, boursiers...). On a le RMI. On parle d’un RSA. Pourquoi un agriculteur qui travaille, qui participe à la sauvegarde du bien de la communauté, ne percevrait-il pas une allocation complémentaire si ces revenus sont insuffisants pour vivre ?

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