A debattre 23/10/2008 à 00h47

TV : « Les Infiltrés », un mode d'enquête en terrain glissant


Nous aimons bien David Pujadas, mais en apprenant le nom de sa nouvelle émission - « Les Infiltrés »-, nous avons eu comme un doute. Le concept : un journaliste s’infiltre dans un milieu, pour y exposer, en caméra cachée, la réalité de dysfonctionnements. Peut-on vraiment faire de l’enquête, en télé, d’une telle façon ? Efficace, la première émission n’a pas dissipé notre doute.

Elle a été diffusé mercredi soir, en deuxième partie de soirée. Thème retenu : l’état (cata) des maisons de retraite.

Un air de 24 heures chrono

Le décor du plateau est impressionnant. Au centre d’une sorte de salle de contrôle tapissée d’écrans, qui sont autant d’yeux portés sur la société française, big brother Pujadas introduit fièrement son sujet :

« L’une de nos journalistes s’est infiltrée dans une de ces maisons de retraite, comme stagiaire aide-soignante... elle s’est fondue dans le décor. »

Le reportage s’appelle « une maltraitance ordinaire ». Carole -la journaliste- a travaillé « plusieurs semaines » dans un établissement public non identifié. On la voit fixer sa micro-caméra sur une ceinture, contre sa peau. Son équipe la suit dans une autre voiture. Elle est la héroïne, on se croirait dans 24 heures chrono. Visages floutés, plans mal cadrés, propos sous-titrés : la suite est plus vague, mais choc.

Une série de scènes stupéfiantes de vérité

La fausse stagiaire s’offusque en voix off qu’on lui demande de laver une malade le premier jour : « en principe, en stage d’observation, je ne peux pas faire la toilette ». Elle commente : « Les règles d’hygiène, ici, il y en a pas ou peu. »

Le « stage » est de plus en plus choquant : des veillards qui ont droit à une toilette de 15 minutes, qui ne sont pas douchés pendant 15 jours, qui mangent une bouillie en guise de petit déjeuner... Des médicaments qui trainent sur les tables, des médecins qui se fichent des malades. Une dame complètement isolée qui constate que personne ne vient jamais la voir : « J’sais bien qu’on est plus utile à rien, mais on n’est pas des chiens. »

L’impression de réalisme est stupéfiante, rappelant à chaque minute la solitude et la souffrance des résidents.

La secrétaire d’Etat fait mine de découvrir la situation

Retour en plateau, second spectacle, tout aussi stupéfiant. La secrétaire d’Etat à la Solidarité, Valérie Létard, s’indigne : « C’est scandaleux, mais c’est une situation isolée. » Elle annonce qu’elle va demander au procureur de la République l’ouverture d’une « enquête administrative et judiciaire », comptant sur la coopération de France 2. Pujadas savoure son refus : taratata, l’émission « n’a pas pour but de dénoncer des personnes, mais de dévoiler un système ».

Les professionnels, sur le plateau (une aide-soignante syndicaliste, un infirmier, un représentant des directeurs d’établissements) prennent le contrepied de la secrétaire d’Etat : ce qui a été montré dans le film vaut pour les trois-quarts des établissements, cette situation n’a rien d’exceptionnel, elle est le fruit de budgets indécents, d’effectifs trop maigres, de formation insuffisante... Valérie Létard se liquéfie. Le plateau fonctionne, Pujadas est à son affaire.

Le masque ne peut pas être un principe journalistique

Ce mercredi, l’émission « Les infiltrés » se termine de façon plutôt honorable, mais au final nous l’avons plus écoutée que regardée. La télé floutée, même avec les meilleures intentions, ce n’est jamais très haut de gamme.

La qualité d’une enquête repose sur le nombre de ses sources, plus que sur son caractère unique ou spectaculaire. La caméra cachée, déontologiquement très « limite », est toujours un aveu de faiblesse de l’enquêteur, surtout si elle se double d’une usurpation d’identité. N’ayant pas réussi à atteindre l’information « à la loyale », il doit enfiler un masque et tromper.

Lorsqu’il est impossible de faire autrement pour extraire et exposer une information cruciale, la dissimulation de sa qualité de journaliste peut se justifier (et de ce point de vue, pour leur première émission, David Pujadas et Capa avaient pris soin de choisir un thème idéal). Mais on entre sur un terrain extrêmement glissant lorsqu’on fait du masque un « principe » : aujourd’hui le principe d’une émission, demain le principe d’un profession ? Pujadas se défend. (Voir la vidéo)

Pour la suite, la chaîne annonce, entre autres, l’infiltration d’un journal people -il s’agirait de Closer. Avantage : par contraste avec cette « victime » là, les infiltrés apparaîtront sans nul doute, sur le terrain de la déontologie, comme des anges.

David Servenay et Pascal Riché

La réaction du SNJ qui réclame l’arrêt de l’émission
L’avis du président du CSA, estimant que le procédé n’est « a priori pas condamnable ».
► La querelle entre Jean-Michel Aphatie et Daniel Schneidermann : ping, pong et ping).
► Ce que dit la Charte des devoirs professionnels des journalistes français de 1938.
► Et la Déclaration des droits et devoirs des journalistes signée à Munich en 1971.

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  • Tonin
    Tonin
    Kimchi Connection
    • Posté à 06h22 le 23/10/2008
    • Internaute 55069
      Kimchi Connection

    Grandnun,

    Concernant ton argumentation. D’une manière générale et sans parler de la qualité même de cette émission, tu ne peux pas légitimer une chose sous prétexte qu’il en existe des pires.

    Par ailleurs, bon nombre dans notre société (dont moi) n’accepte toujours pas les caméras sur la voie publique et autres émissions violant l’intimité.

    • Ouzbek
      Ouzbek répond à Tonin
      • Posté à 10h37 le 23/10/2008
      • Internaute 25716

      Finalement le problème semble être cette caméra (cachée ou pas).
      Il me semble que le travail de Gunther Walraff, journaliste allemand, qui s’est glissé dans la peau d’un autre pour mener ses enquêtes a été unanimement félicité (je me rappelle notamment de son livre « tête de turc » où il se fait embaucher dans un macdo).
      Quand c’est à l’écrit tout va bien, bravo. Quand c’est télévisé tout va mal, c’est honteux.
      Je sais bien que la télé est une boite à con mais ce qu’il faudrait distinguer le débat sur le fonds (est-ce que le propos est valable ou non ?) et sur le forme (est-ce que la télé est un média valable ou non ?).
      « Droit de savoir », c’est pas la forme le problème, c’est le fonds...
      Sinon, est-ce que ça choquerait autant si c’était au cinéma façon Mickael Moore ?

    • siko
      siko répond à Tonin
      capitaliste révolutionnaire
      • Posté à 12h17 le 23/10/2008
      • Internaute 38962
        capitaliste révolutionnaire

      Je ne vois pas en quoi cette caméra aurait violé la vie privée de qui que ce soit. Le sujet est la maltraitance des vieux dans les maisons de retraite et il me semble que le montage ne reprend pas d’autres éléments que ceux-ci.

      On ne voit pas la remarque raciste de deux infirmières en train de discuter de l’actualité du jour, ou de leurs avis politiques, par exemple.

      Non, on ne voit que ce qui est lié à la maltraitance des vieux, c’est quand-même normal que de montrer ce scandale. Si des personnes sont montrées dans des situations déshonorables pour elles, elles n’ont qu’à s’en prendre à elle-même, du moins si cela touche au sujet.

      Conclusion : Je suis totalement pour ce genre de caméras cachées, du moment que l’on ne s’incruste pas dans des cadres réellement privés (famille, amis), que le sujet soient assez grave pour devoir être dénoncé et qu’enfin le montage ne reprennent que des images qui servent au sujet et qui n’attaquent pas les personnes sur des sujets extérieurs au sujet initial. Il ne s’agit pas de faire des attaques personnelles, mais bien de rendre compte d’une situation.

    • pablico
      pablico répond à Tonin
      À la porte d'un sourd, 
un jour (...)
      • Posté à 13h02 le 23/10/2008
      • Internaute 14278
        À la porte d'un sourd, 
un jour (...)

      cette émission est super.

      C’est l’œil de Caïn moderne, celui qui va (peut-être) faire naitre des remords, faire se poser des questions d’étiques et de déontologies.

      c’est un audit ’sauvage’ et surprise, non complaisant.

      cela rejoint les photos, et films sur les arrestations, ou l’on peut remarquer l’état et la valeur de la déontologie des policiers.

    • pablico
      pablico répond à Tonin
      À la porte d'un sourd, 
un jour (...)
      • Posté à 13h03 le 23/10/2008
      • Internaute 14278
        À la porte d'un sourd, 
un jour (...)

      duplicate error... désolé

       1 autres commentaires
    • Grandnun
      Grandnun répond à Tonin
      Selon l'adage de St Thomas...
      • Posté à 13h08 le 23/10/2008
      • Internaute 56749
        Selon l'adage de St Thomas...

      Certes , mais personnellement je ne suis pas choqué par la méthode de la camera cachée, dans la mesure ou cette manière montre ici une réalité qu’il serait difficile d’appréhender autrement...Le pb c’est que tu sois pour ou contre l’omniprésence des cameras partout dans ta vie , on ne t’a pas demandé ton opinion , celà existe déjà...Pire on te l’impose insidueusement , alors si c’est pour dénnoncer un scandale et , je l’espère , faire avancer les choses, bien dans ce cas j’approuve .

    • pierrejcallard
      pierrejcallard répond à Tonin
      http://www.nouvellesociete.org
      • Posté à 19h22 le 23/10/2008
      • Internaute 3366
        http://www.nouvellesociete.org

      @ Tonin : « tu ne peux pas légitimer une chose sous prétexte qu’il en existe des pires.... “ Non. Mais il faut accepter le moindre mal. Le pouvoir de nuire de l’individu est tel, dans une societé complexe, qu’il faut accepter une surveillance. Et si on surveille l’individu... surveillons bien aussi l’État est ses pouvoirs.

      De toute façon. on n’y échappera pas. Gérons la transparence.

      Lien
      Lien

  • ron-ron
    • Posté à 11h06 le 23/10/2008
    • Internaute 37198

    Hmmm ...

    1) « On montre la vie des gens jusque dans leur intimité »
    Si vous parlez des diverses émissions de télé réalités (la suite le laisse supposer), il y a quand même des nuances énormes.
    D’une part, ces émissions sont scénarisées à l’extrême. Si elle s’appliquent à reproduire « la vie de gens ordinaire », elles ne montrent rien de l’intimité, ou du moins pas plus que n’importe quel téléfilm bas de gamme sur les mêmes sujets.
    Par ailleurs - surtout - les personnes participant à ces émissions en connaissent les conditions, savent ce qui sera montré, sont payées pour s’afficher, et sont parfaitement consentantes.

    2) « on décide d’éliminer chaque semaine des candidats apprentis chanteurs »
    Là encore, rien n’est laissé au hasard. Là encore, les dits chanteurs savent parfaitement à quoi s’attendre. Quant à leur notoriété de courte durée, elle leur rapporte plus en un an que ce que touchera, par exemple, un fonctionnaire moyen en une vie.
    S’il doit y avoir quelque chose de choquant, ce n’est pas le principe de ces émissions mais la bêtises de ceux qui les regardent, et qui les financent.

    3)« personne n’est choqué par le concept de client “ mystère ‘ , ces persones désignées par vos employeurs venus pour tester vos compétences professionnelles à votre insu …’
    Ah bon ?
    Cependant, là encore, le principe est largement différent. Et je doute que si l’état envoyait dans ses hôpitaux des personnes chargées d’en vérifier la qualité, cela choquerait.
    Le gros souci de cette émission est quelle dénonce auprès de gens qui de toute façon n’y peuvent rien et n’y feront rien (nous sommes français, nous avons laissé passé des situations infiniment pire)dans le seul but de faire de l’audimat et du profit.

    Un esprit malin pourrait même aller jusqu’à dire que ces pseudo-reportages et témoignages étaient préparés à l’avances avec des candidats volontaires, voire rémunérés.
    Bien sûr, je ne m’y risquerai pas. L’univers de la télévision est bien trop pur pour se livrer à de tels artifices.

    Quant au gouvernement, il y a bien longtemps que ce ne sont plus ‘les problèmes de nos vies’ qui l’intéressent. Et il y a bien longtemps que nous continuons à voter pour eux. En l’occurrence, le plus amusant est sans doute que, vu la répartition des votes par classe d’âge, ceux qui vivent au quotidien la rigueur des maisons de retraites sont ceux qui votent pour un gouvernement qui aggrave leur situation.

    • Grandnun
      Grandnun répond à ron-ron
      Selon l'adage de St Thomas...
      • Posté à 13h27 le 23/10/2008
      • Internaute 56749
        Selon l'adage de St Thomas...

      Mes arguments que vous reprenez successivement et commentez sont là pour illustrer le fait d’une certaine passivité Française face à des phénomènes empiétant insidieusement notre espace vital et réduisant chaque jour notre liberté de choix au nom de la sacro sainte collectivité , et au renoncement de tout esprit critique...Le phénomène de client « mystère “ est bien une méthode de flicage à votre insu et cette prtaique qui est largement répandue contribue en un sens à analyser les lacunes et améliorer les résultats escomptés...

      Un reportage mené dans des conditions normales n’aurait rien donné dans la meseure où le nécessaire aurait été fait pour cacher l’inacceptable...

      Je suis obligé de subir au quotidien des messages omniprésents aussi infantilisants qu’oppressants du style : fumer tue , consommez 5 légumes par jour ( à quel prix ?) , buvez modérément , ne dépassez pas les vitesses , pissez droit....etc..etc...

      Le mêmes qui s’érigent en donneurs d’ordres , qui pénalisent , taxent , décident pour vous et moi de ce qui est bon ou pas doivent être à même de vous garantir un avenir plus radieux que ce que nous avons vu hier...

      Et ce n’est pas en haussant les épaules , se disant ‘ tous les mêmes , tous pourris , tout est truqué et connu d’avance que les choses avanceront ...

       
      • ron-ron
        ron-ron répond à Grandnun
        • Posté à 18h36 le 23/10/2008
        • Internaute 37198

        Ai-je jamais prétendu l’inverse ?
        Le flicage, s’il reste du domaine « privé », c’est à dire à usage et dans l’intérêt des seuls intéressés, n’a pour moi rien de choquant. Je ne dévierai pas plus du sujet.
        Il commence à y avoir des soucis lorsque l’on entre dans la dénonciation.

        Quant à vos autres exemples ... Votre commentaire les présente autrement, ou du moins les avais-je interprétés autrement. Bien.
        Nul j’espère n’osera contester votre opinion. Bien des programmes (télé réalité par exemple)n’ont pour seul but que [d’aboutir à la perte d’esprit critique, etc.]. ce à quoi j’ai fortement envie de vous répondre qu’il en est de même pour n’importe quel jeu télévisé, match de foot, téléfilm ou journal télévisé.

        Là où je m’éloignerai en revanche, ce sera dans la différentiation de ce programme avec les habituels. Dénoncer des faits scandaleux, les 13h et 20h en ont fait leur pain béni. Je n’ai pas d’autres exemples en tête. Sera-ce parce qu’il n’y en a aucun ou parce qu’il y a des années que j’évite le plus possible, désabusé, ce média ... J’ai bien sûr une préférence pour la 2nde hypothèse, mais vous me faites douter. L’exemple du journal suffira : Qui oserait prétendre que le JT a pour vocation de développer l’esprit critique ? La critique ?

        Je ne peux qu’être d’accord quant à l’efficacité d’un reportage classique (à moins d’imposer sa présence à l’improviste - impossible à priori). Je doute simplement de l’utilité de cette dénonciation, et, surtout, du fait qu’elle s’inscrive dans un nouvel état d’esprit, visant le développement intellectuel plutôt que la publicité. Il y a bien longtemps que c’est su : Il faut toujours laisser au peuple l’illusion de sa liberté (je n’ai plus la citation exacte ni sa source en tête).

        J’éviterai également d’entrer dans une digression sur les donneurs d’ordres et les messages omniprésent. Je partage votre point de vue. J’ajouterai simplement que dans les messages, il y a : « vivez longtemps », qui justifie d’ailleurs tout les autres. Si votre but n’était pas d’amener à cette réflexion, ou si vous n’avez pas encore fait le lien ...

        Enfin ... Ce n’est pas comme ça que ça avancera, non. Pour le moment, j’aimerai déjà que ça arrête de reculer (aucune accusation cachée ne se cache là-dedans - garanti, sans ironie).

      1 autres commentaires
  • péchou
    péchou
    Etudiant élève ingénieur
    • Posté à 06h09 le 23/10/2008
    • Internaute 50509
      Etudiant élève ingénieur

    Je suis assez d’accord avec ce que nous dit Pujadas, mais pour moi le problème est que, une émission sérieuse, encadrée et bien réalisée, ne serait-ce même que sur 7 épisodes, ne peut-elle pas donner des idées à d’autres « journalistes » bien moins consciencieux et plus adeptes du voyeurisme qui fait vendre que du journalisme d’enquêtes ?

    Est-ce la nouvelle étape de la « télé-réalité » ?

  • Corsaire du Peuple et de la Raison
    Corsaire du Peuple et de la Raison
    il parait qu'il faut penser (...)
    • Posté à 06h10 le 23/10/2008
    • Internaute 46482
      il parait qu'il faut penser (...)

    On est simplement face à un problème de faiblesse lexicale, on ne peut appeler cette pratique du journalisme.
    Il faut juste lui trouver un nouveau mot qui la distingue du journalisme traditionnel.
    Cela la légitimera (car on ne peut nier le bénéfice d’une telle pratique) sans entacher le journalisme tel que nous le connaissons et le souhaitons.

  • hagalma
    • Posté à 06h24 le 23/10/2008
    • Internaute 8451

    Et quand l’Elysée, en pleine crise idéologique (dont ils nous disaient avoir gagné la bataille) polarise sur la Marseillaise, c’est pas de l’infiltration médiatique ? Pujadas infiltrera-t-il l’Elysée ?

  • KIKI21000
    KIKI21000
    retraité
    • Posté à 07h16 le 23/10/2008
    • Internaute 53190
      retraité

    Comme souvent il y a deux lectures de cette émission ; une simpliste où l’on « bout » devant son téléviseur et une seconde qui demanderai du courage à nos pleurnichards de service (gouvernement et parlement) afin de créer une table ronde, pas un grenelle je me méfis des modes, pour légiférer rapidement sur les problèmes des maisons de retraite à commencer par les manques chroniques de moyens tant financiers que de personnels.

    Une telle émission ne m’apparaît pas contre les chartes des journalistes, celles de 1936 et de 1971. Toutefois si des journalistes sérieux des moins porté sur l’étique pourraient jouer les cameramen paparazzi.

  • Clearstream75
    • Posté à 07h42 le 23/10/2008
    • Internaute 45227

    Compliquée cette affaire de caméra cachée...

    J’ai du mal à adhérer car, comme le souligne justement l’article, porter un masque quand on est journaliste, c’est un aveu d’échec.

    Cette émission est une défaite du journaliste. Une défaite les armes à la main, mais une défaite quand même.

    Un journaliste devrait avoir le temps d’enquêter assez longtemps pour mettre au jour, par des témoignages, des interviews, des dossiers, des chiffres, bref, des preuves, ce genre de pratiques.

    Là, c’est un constat d’échec d’une profession. Les rédactions n’ont pas ou ne donnent pas les moyens à leurs journalistes d’enquêter.

    Certes, la finalité est la même : montrer les dysfonctionnements des rouages de la société, mais là, la déontologie journalistique en prend un sacré coup. On est pas loin de rendre tout le monde paranoïaque.

    On n’a que le journalisme qu’on mérite : flicard et délateur. Tout en même temps. Les pires actes sont toujours commis avec les meilleures intentions du monde... Et je ne doute pas une seconde que David Pujadas en soit sincèrement animé, mais il ne maîtrise pas les conséquences de ce « journalisme » là.

    • Sylap
      Sylap répond à Clearstream75
      Citoyen
      • Posté à 10h19 le 23/10/2008
      • Internaute 40810
        Citoyen

      bien sûr, bien sûr sauf que pour le sujet d’hier (les maisons de retraire donc), il y a déjà eu moult reportages et interviewes qui dénonçaient ce qu’on a vu sans AUCUN effet.
      Alors si le fait de voir les conditions déplorables (que tout le monde connait donc) dans lesquelles ce boulot est fait permet de faire remuer le derche des décideurs alors tant mieux. Je vois pas ce qu’il y a de choquant ou dérangeant dans ce type d’émission (et je ne pense pas être un voyeur en puissance).
      Pour ceux qui s’indignent en prédisant que de vilains petits canards pourraient faire de même à des fins peu avouables, j’ai envie de dire : ça existe DÉJÀ. Ça s’appelle TF1 ! :)

    • orties
      orties répond à Clearstream75
      • Posté à 00h19 le 24/10/2008
      • Internaute 35738

      Si un journaliste avait demandé l’autorisation de faire un reportage dans une maison de retraite, même la pire de France, les personnes âgées auraient été nourries, lavées, soignées, le ménage fait, les soignants prévenants etc...
      Autrement dit, ce journaliste aurait cautionné un faux.
      C’est là qu’il y aurait eu un échec.

      Quelqu’un faisait allusion aux personnes qui auraient pu être reconnues : si elles montraient aux pensionnaires le respect qui leur est dû (je fais allusion à tout un ensemble de comportements, allant des soins au ton employé avec eux), elles n’auraient rien à redouter.

      Il ne faudrait évidemment pas abuser de ce procédé, mais cela me paraît justifié sur un sujet aussi grave surtout lorsqu’il fait l’objet de déni (je ne parle évidemment pas des victimes ou de leurs familles).

      Il ne s’agit pas de dénoncer telle ou telle personne, mais tout le système, du ministre responsable qui refuse d’apporter les fonds nécessaires, au soignant parfois non motivé (il est là parce qu’il n’a pas trouvé « mieux »), en passant par les administrateurs qui sont censés faire des miracles avec rien et qui n’ont pas toujours la compétence et le désintéressement nécessaires.

  • skalpa
    skalpa
    actif et militant ?
    • Posté à 07h48 le 23/10/2008
    • Internaute 7181
      actif et militant ?
  • ADB
    ADB
    observateur
    • Posté à 08h07 le 23/10/2008
    • Internaute 54107
      observateur

    Ce qui me dérange d’une façon générale, ce sont les conséquences du soi-disant anonyme sur les gens interviewés. Dans ce cas précis, la ministre a tout de suite été certaine qu’elle (ou ses services) retrouverait le lieu (alors que la situation est généralisée). C’est beaucoup plus grave dans certaines autres enquêtes reportages, par exemple sur des dissidents qui risquent l’emprisonnement, voire la vie, s’ils son reconnus, ou chez nous certaines personnes qui dénoncent des choses, où l’on voit qu’on peut facilement les reconnaître quand on gravite autour d’eux. Ces gens ont certainement demandé à ne pas être reconnus, et pourtant on voit qu’il y a plein d’élements pour qu’ils le soient. La responsabilité des journalistes est énorme et je ne pense pas, sauf exception, qu’ils s’inquiètent beaucoup du devenir de leurs témoins. Ils estiment seulement avoir fait leur boulot et même avoir protégé leur source en cachant leur visage. Tout ça pour avoir de l’image, de l’info... Combien ont perdu leur boulot, leur liberté... ? Oui, j’aime être informée. Mais pas à n’importe quel prix. Ce genre de pratiques est finalement fréquent, et l’inconscience ou l’inconséquence des journalistes inquiétantes...

    • solstice
      solstice répond à ADB
      pigiste
      • Posté à 11h41 le 23/10/2008
      • Internaute 38451
        pigiste

      Effectivement, le droit à l’anonymat est respectable sauf que, dans ces cas, il y a manifestement maltraitance.

      J’ai été bien plus choquée, j’ai d’ailleurs écrit pour la seule fois de ma vie à France 2(*), par un reportage d’Envoyé Spécial qui expédiait (au mieux) en prison une journaliste, un chauffeur de taxi, leur famille et tous ceux qui avaient aidé à cette réalisation qui a valu une récompense à l’équipe. Cela se passait au Turkménistan et oui, là, les images volées ont tué...

      Il y a des limites mais, lorsque les reportages « officiels » sont caducs, il faut aller chercher l’info qui dérange : ici, ce sont les victimes qui ont droit à la lumière, c’est donc utile si cela s’accompagne d’un travail journalistique derrière (je n’ai pas vu l’émission).

      (*) qui n’a jamais répondu, bien sûr

  • kkadim
    kkadim
    service public rhone alpes
    • Posté à 08h23 le 23/10/2008
    • Internaute 24768
      service public rhone alpes

    moi j’attends une émission de ce type sur les coulisses de l’informations, une bonne petite caméra cachée pour montrer la connivence entre le pouvoir politique, mais aussi économique, et les petits messieurs aux ordres qui se drapent de la toge du journaliste, et dont monsieur pujada est l’un des représentants.
    encore un fabuleuse émission qui « dénonce » une fois de plus, comme toujours, les « scandales » des pauvres, des faibles. rien de bien nouveaux, rien de bien risqué, sauf pour deux ou trois infirmiéres et aides soignantes qui se retrouveront à la porte.
    Il y a un semaine une émission sur TMC : « chomage, RMI, Sécu : enquête sur la France qui fraude ».

    • clive
      clive répond à kkadim
      • Posté à 11h07 le 23/10/2008
      • Internaute 27908

      Une caméra cachée à une réunion du « siècle » ? ...

  • Goldored
    • Posté à 08h26 le 23/10/2008
    • Internaute 25741

    Et vive le journalisme qui ne dit rien, ne dénonce rien et ne dérange pas le système !

    • clive
      clive répond à Goldored
      • Posté à 09h22 le 23/10/2008
      • Internaute 27908

      Et pourquoi perdre son temps en investigations sur le terrain et infiltrations pas très déontologiques quand on peut aussi bien travailler avec internet et un téléphone...

  • Phil2922
    Phil2922
    Retraite invalidité
    • Posté à 08h46 le 23/10/2008
    • Internaute 36639
      Retraite invalidité

    On regrette souvent la diminution du journalisme d’investigation. Mais celui-ci ne s’est il pas perdu parce que les « décideurs » ont toujours réussi à mettre dans leurs poches les journalistes les plus teigneux.. ?

    Je n’ai pas vu la première de Pujadas, mais d’après ce que j’ai lu, elle était plutôt réussie car elle a réussi à déstabiliser la Secrétaire d’Etat à la Solidarité. Par contre, ce serait dommage que du personnel de la maison de retraite soit inquiété, connaissant les possibilités techniques pour déflouter. Il faudra, à l’avenir prendre plus de précautions.

    Pujadas, je vous propose de faire « Les Infiltrés » dans une banque française et ensuite d’inviter sur le plateau Christine Lagarde, ça pourrait être intéressant... !

    Lien

  • Numerosix
    Numerosix
    Prisonnier dans le village (...)
    • Posté à 08h50 le 23/10/2008
    • Internaute 14499
      Prisonnier dans le village (...)

    C’est important , l’hygiène :

    -Qu’est que t’as , à te gratter comme ça ? T’as attrapé des morpions ?
    -Non , je crois que je me suis choppé des poujadas infiltrés ...

  • septentrion
    septentrion
    _/) _/) _/)
    • Posté à 08h49 le 23/10/2008
    • Internaute 51560
      _/) _/) _/)

    D’un autre côté faut pas rêver !
    Je vois mal le reportage qu’on aurait pu avoir si le caméraman avait dit « Bonjour c’est France2, c’est pour filmer dans la maison de retraite et constater s’il y a des dysfoncfonctionnements. »

    • athica
      athica répond à septentrion
      • Posté à 09h43 le 23/10/2008
      • Internaute 19170

      Complétement d’accord avec vous mais rue89 n’a pas l’air d’envisager les choses comme ca : genre on prends un rdv 1 mois avant, on arrive pour faire notre reportage, tout est propre et bien rangé, tout le monde est gentil, on nous offre le café et les croissants et après on commence a faire notre boulot de journaliste... Vous n’êtes pas des ministres mais des journalistes !

      • Sylap
        Sylap répond à athica
        Citoyen
        • Posté à 10h22 le 23/10/2008
        • Internaute 40810
          Citoyen

        d’ailleurs une des aides soignantes (ou infirmière je ne sais plus) a dit à la journaliste que les inspections de la DDASS étaient prévues un mois avant et que bien sûr tout était nickel le jour J. Pourquoi en serait-il autrement pour des journalistes ? ? (surtout la télé)

      • neocampagne
        neocampagne répond à athica
        http://neocampagne.wordpress.com
        • Posté à 11h58 le 23/10/2008
        • Internaute 56549
          http://neocampagne.wordpress.com

        Septentria, athica : tout à fait d’accord. Je crains malheureusement que, en se pointant en tant que journaliste, on n’ait pas accès à la réalité.
        Pour ma part, j’aime assez l’idée du journaliste infiltré. Dans l’histoire, tous ces reporters qui se sont fondus dans le décor pour mieux témoigner des réalités, je trouve que c’est une des plus belles manières de pratiquer le métier (mais pas la seule). On a d’ailleurs un exemple récent avec Fabrizio Gatti qui s’est fait passer pour un clandestin et on a sorti « Bilal sur la route des clandestins »,un gros pavé passionnant.
        Pour ma part, je n’ai jamais travaillé masquée mais, par contre, je fais souvent des reportages dans des univers que je connais bien, où j’ai ma place, où je suis concernée, avec une certaine empathie avec les concernés. Et je trouve que, loin de compromettre mon travail, cela apporte de la profondeur, de la vérité. Bref, recopier des communiqués, c’est pas mon truc.

      • David Servenay
        David Servenay répond à athica
        Ex-Rue89
        • Posté à 12h31 le 23/10/2008
        • Internaute 8946
          Ex-Rue89

        J’aimerai bien savoir où vous avez lu ça, athica ?

        D’ailleurs, notre production quotidienne n’est pas vraiment faite de « tiens, prenons rendez-vous pour faire notre reportage tout propre ».

         
        • siko
          siko répond à David Servenay
          capitaliste révolutionnaire
          • Posté à 14h47 le 23/10/2008
          • Internaute 38962
            capitaliste révolutionnaire

          Je pense pas qu’elle s’attaque spécialement à RUE89, mais plutôt à l’argumentation de l’article.

        • athica
          athica répond à David Servenay
          • Posté à 08h59 le 24/10/2008
          • Internaute 19170

          Je ne m’attaque pas spécialement à vous, ne tombez pas dans la paranoïa ! Je pense juste qu’on ne peut pas être objectif lorsque l’on entre dans un endroit (hôpital, maison de retraite, prison, école...) par la grande porte avec le directeur qui vous tient la main en vous faisant la publicité de son établissement. Parfois la fin justifie les moyens et on se rend compte des réalités en étant petite souris.

  • clark kent
    • Posté à 09h07 le 23/10/2008
    • Internaute 16327

    purée pour une fois qu’on a du journalisme denquete et ensuite des reactions à chaud. Pour moi ce n’est pasdu voyeurisme car si les cameras etaient visibles le personnel aurait été trop doux et aimant (ca me rappellerait les reportages de TF1 à 13H).
    Ma compagne a travaillé dans une maison de retraite, et me confirme les methodes mais en meme temps je peux comprendre une chose : le manque de moyens et de personnels COMPETENTS.

    Sinon j’aime l’emission les prchaines seront sur les magazines peoples (aie aie je suis sur qu’il fera sa meilleure audience)

  • tOrDrE L¤RdRe
    tOrDrE L¤RdRe
    chien de talus
    • Posté à 09h10 le 23/10/2008
    • Internaute 50571
      chien de talus

    Perso, la méthode ne me choque pas (exception faite de la mise en scène plateau/bouffonnerie télévisuelle soulante) tant qu’elle ne prétend pas péter plus haut que le niveau de la dénonciation, reste à des journalistes de plus haute volée de fournir des travaux d’explication voire d’organiser du débat plus constructif, tout cela n’est pas incompatible.
    Là où je suis particulièrement circonspect c’est plutôt concernant les sujets abordés par Pujadas qui à mes yeux est un passe-plats notoire...mais bon le vent tourne et nombre de petits perroquets des média vont devoir se refaire une virginité.

  • journaliste
    journaliste
    journaliste
    • Posté à 09h22 le 23/10/2008
    • Journaliste 56762
      journaliste

    Albert Londres ... faut oser se comparer à lui. Ça donne un idée de son ego ...

  • la champenoise
    • Posté à 09h27 le 23/10/2008
    • Internaute 27942

    Crier au scandale parce que les journalistes ont fait leurs investigations en n’affichant pas leur qualité professionnelle est d’une rare hypocrisie.
    Qui peut croire qu’il y aurait les mêmes images et propos si les journalistes avaient annoncé la couleur ? Cela aurait plutôt été dans le style « je suis très contente de travailler le dimanche » (cela ne vous rappelle rien ?)

    • lyones
      lyones répond à la champenoise
      grand-mère en colère
      • Posté à 09h45 le 23/10/2008
      • Internaute 15046
        grand-mère en colère

      100% d’accord avec vous champenoise ; il faut savoir ce qu’est la détresse de ces gens en fin de vie, maltraités, brutalisés, achevés à petit feu et qui finissent par mourir parce qu’ils ne veulent plus vivre cela ; les indignations vertueuses sont faciles et satisfaisantes intellectuellement, mais la réalité est là ! la façon dont une société traite ses vieux est le reflet de son humanité ! une phrase à méditer par tous « j’ai été ce que vous êtes, vous serez ce que je suis » !
      Merci pour eux Pujadas !

      • orties
        orties répond à lyones
        • Posté à 00h28 le 24/10/2008
        • Internaute 35738

        C’en est à un point tel que je crois que je préfèrerais me flinguer le jour où je ne pourrai plus envisager autre chose que la maison de retraite (pourvu que je sois encore assez lucide !)

         1 autres commentaires
  • Cosette
    Cosette
    Délinquante amoureuse
    • Posté à 09h35 le 23/10/2008
    • Internaute 33774
      Délinquante amoureuse

    Pujadas ou un autre je m’en fout !

    Il fallait dénoncer un jour ou l’autre ce qui se passe dans les maisons de retraite (ou ailleurs).
    Qu’on apprécie ou pas le procédé des caméras,tant pis !

    On a vu dans la suite un inspecteur de la DDASS,faire une visite ou tout le monde était prévenu.....tout était beau,tout était propre....

    C’est épouvantable et insoutenable de voir ce qui se passe.
    Je veux bien croire qu’il y ai un manque de personnel,de moyens,etc....mais le coté humain il est ou ?
    On a laissé un monsieur mourir,ça n’a gêné personne,même les pompiers n’avaient pas l’air surpris !
    Les gens qui travaillent là,ont eux même des parents qui finiront peut-être dans ce genre de « mouroir ».

    C’est écoeurant et scandaleux de laisser faire ça !

    Parce que apparemment tout le monde le sait....

    Quand à la ministre : quel cinéma,une « mauvaise “ actrice !

  • Tyb
    Tyb
    (par ici, par là)
    • Posté à 09h41 le 23/10/2008
    • Internaute 24914
      (par ici, par là)

    Je n’ai pas trop d’illusion sur le contenu de l’émission mais cette levée de bouclier me laisse complètement songeur...

    Les journalistes luttent (pour ceux qui luttent) aujourd’hui à armes totalements inégales non seulement contre les agissements qu’ils essayent de découvrir mais en plus contre leur hiérarchie.

    Quand on pense à Denis Robert, on peut difficilement condamner ce genre de reportage, et personnellement ça me refait penser au fameux reportage de Günter Graff sur les travailleurs turcs dans les fermes en Allemagne..

    Maintenant je me doute qu’on va assister là à un truc bien racoleur qui s’arrêtera à la surface des choses, mais je ne vois vraiment pas pourquoi on devrait rejeter cette méthode en bloc.

  • patrick du 14-
    patrick du 14-
    de plus en plus naze
    • Posté à 09h44 le 23/10/2008
    • Internaute 40667
      de plus en plus naze

    j’ais regardé j’ais trouvé ça pas mal, on n’avait déjà u droit a une émissions de çe genre l’année dernière sur les maisons de vieux plus hard que ça ,là ça a l’air d’être l’ordinaire avec toubib bon a rien et personnel n’importe quoi, bref faut pas être vieux et pauvre

  • newf
    newf
    essaye de s'en sortir
    • Posté à 09h45 le 23/10/2008
    • Internaute 47996
      essaye de s'en sortir

    J’adore çà les journalistes qui jouent les vierges effarouchées en brandissant la déontologie et qui vont ensuite se précipiter sur les chiffres d’audience pour voir s’il n’y a pas un créneau porteur.
    L’émission d’hier soir n’avait rien de délateur car elle touchait un sujet qui concerne toutes les personnes qui doivent faire un choix pour leurs parents. D’ailleurs le principe de l’émission a été légitimé par la secrétaire d’état elle-même qui a reconnu que les contrôles en maison de retraite étaient faussés du fait que les directeurs étaient prévenus à l’avance. Donc si les journalistes avaient sorti leur carte de presse, sans nul doute que l’image de l’accueil des personnes âgés en France aurait été toute autre.

  • jjezfm
    jjezfm
    Internaute
    • Posté à 09h48 le 23/10/2008
    • Internaute 9633
      Internaute

    je n’aime pas les « gags » en caméra cachée, ni les coup-de-fils sur rire et chansons : filmer (ou écouter) quelqu’un à son insu pour s’en moquer, c’est débile et sans intérêt.

    Mais là, a priori, ça ne me choque pas. Je vous rejoint quand vous dite « N’ayant pas réussi à atteindre l’information “ à la loyale ”, il doit enfiler un masque et tromper.
    Lorsqu’il est impossible de faire autrement pour extraire et exposer une information cruciale, la dissimulation de sa qualité de journaliste peut se justifier »

    En effet, il y a des tas de cas où les infos essentielles ne peuvent pas être obtenues « à la loyale ».

    Ceci étant, je n’ai pas regardé l’émission qui sentait le voyeurisme, et le thème de la suivante me confirme ce doute.

  • lesako
    • Posté à 09h58 le 23/10/2008
    • Internaute 6479

    A quand une émissoin de ce genre au Conseil des Ministres ? Les Infiltrés est d’une laideur consternante.

  • marie 75
    • Posté à 09h59 le 23/10/2008
    • Internaute 3563

    Emission dure mais passionnante !
    Il nous aurait fallu la même - dans le service de Patrick pelloux - lors de la canicule de 2003.
    Loin du journalisme couché et poli.

    Qu’est-ce-qu’une enquête ?
    Si c’est « Bjr, dans 3 sem. je passe entre 15 et 16h faire un reportage sur les conditions de vie des pensionnaires de votre maison de retraite... », ça ne sert à rien.
    A toutes fins utiles, je signale avoir enseigné au CFPJ.

    Ma mère est dans ce type d’institution (très âgée, a perdu tous ses repères, ne s’exprime plus et demande des soins permanents).
    Une anecdote :
    Je suis passée en août, en semaine - à la mauvaise heure - cad : pas un dimanche et un peu tôt : 13h et non à partir de 15h et jusqu’à 17H.
    J’ai découvert que ma mère avait la diarrhée depuis plus d’une semaine, j’ai dû appeler le médecin...pour qu’on la réhydrate d’urgence (perfusion).
    Je n’ai pu voir personne de la direction : et c’est fort habituel !
    Sa chambre n’avait pas été faite depuis plusieurs jours (cf la trace que mon doigt faisait en passant sur la commode).
    le personnel qui était là ne pouvait rien me dire :
     » je n’étais pas là, cette semaine ; je suis en remplacement ... : des gens parfaitement incompétents et exploités, un balai à la main ...)
    L’omerta règne...
    C’est (pour les familles) : « paye (très cher) et ferme ta gueule ! »
    Quant au médecin qui a fini par se déplacer, il m’a simplement dit « Il y a pire que cet endroit ! ».
    Il s’agit d’un médecin de la « région » et non un médecin de la structure. Ceele-ci n’en possède pas. Une infirmière (et ça tourne... pour 80 lits !).

    Donc ...
    Je pense que cette émission et sa technique d’enquête est du journalisme utile pour -enfin - établir un état des lieux de ces établissements.
    Qu’ils continuent sur d’autres endroits, puisque l’Etat en fait rien !
    Ce n’est tout de même pas Apathie (hier sur canal+) et ses confrères couchés qui vont nous faire une leçon de déontologie...

    il aurait été fort utile que le monde des traders ait été « infiltré » ... nous n’en serions peut-être pas là !

    • tOrDrE L¤RdRe
      tOrDrE L¤RdRe répond à marie 75
      chien de talus
      • Posté à 10h57 le 23/10/2008
      • Internaute 50571
        chien de talus

      Apathie est au journalisme ce que JM Sylvestre est à l’analyse économique.

    • Ludik69
      Ludik69 répond à marie 75
      toxico de l'info
      • Posté à 15h32 le 23/10/2008
      • Internaute 48785
        toxico de l'info

      « il aurait été fort utile que le monde des traders ait été “ infiltré ” … nous n’en serions peut-être pas là ! »
      Je suis d’accord a 100% avec vous.
      Comme dit l’auteur de l’article la camera est un aveu de faiblesse .. Ce qui veux dire que si nous faisions un reportage conventionnel sur les maisons de retraite on aurai forcement un résultat plus orienté.

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