A debattre 23/10/2008 à 11h23

Un collège peut-il porter le nom d'un écrivain réactionnaire ?

Zineb Dryef | Journaliste Rue89

L’écrivain Kléber Haedens aura un collège à son nom à la Garenne-Colombes dans les Hauts-de-Seine (92). Le conseil général, à majorité UMP, a voté pour ce choix de Philippe Juvin, maire UMP de la ville.

Verts, PS et PC se sont prononcé contre, en accord avec le MoDem qui a condamné la décision, qualifiant Haedens d’auteur de « la mouvance maurrassienne, nationaliste et royaliste ».

Kléber Haedens était-il un de ces affreux qui, comme Céline, ne mérite pas de voir son nom sur une plaque ? Il est d’abord un écrivain oublié.

A juste 30 ans, Kléber Haedens publie une érudite « Histoire de la littérature française », commandée par l’éditeur René Julliard. Le jeune critique littéraire publie son oeuvre majeure en 1943. En 1988, Le Quotidien de Paris salue sa réédition, préfacée par l’académicien Michel Déon :

« Kléber Haedens n’a exclu personne, même pas les vieux auteurs grincheux et ennuyeux, de la fête à laquelle il nous convie. Il réussit à faire revivre les morts en les revêtant du corps glorieux de leurs brillantes années. »

Philippe Juvin, maire de la Garennes-Colombes, en a fait son livre de chevet : « C’est une histoire subjective écrite par un anarchiste littéraire. Il avait des passions littéraires. »

Kléber Haedens : « bougrement, joyeusement » réactionnaire

L’un de ses projets pour le futur collège est de le faire figurer en bonne place dans le programme scolaire. Ce qui lui a valu les foudres du MoDem :

« Cet ouvrage met notamment en cause la pensée des philosophes des Lumières, qui ont inspiré la Révolution et les fondements de notre République. Philippe Juvin, qui décrit sur son blog cette “Histoire de la littérature française” comme “le premier des tous les livres”, souhaiterait d’ailleurs que cet ouvrage soit distribué à tous les enfants entrant en sixième pour ’développer leur esprit critique’ ! »

Qui choisit le nom des écoles ?


La municipalité propose une liste de noms. Le maire peut décider seul ou faire voter le conseil municipal. Le conseil général se réunit et tranche.

Une attaque qui agace le maire amoureux des lettres : « Mais sur le plan politique, il n’y a rien, il n’a jamais rien écrit de politique. » Et de défier ses adversaires de trouver un passage qui pose problème. « J’ai cherché, fait des enquêtes. Il n’y a rien. Ils n’ont jamais lu Kléber Headens. » (Ecouter le son)

Réac, Kléber Haedens ? « Bougrement. Et joyeusement. Réactionnaire de tempérament, d’instinct, par refus d’être dupe (...) Haedens, à l’image de Daudet [Léon, écrivain et polémiste d’extrême-droite, ndlr] s’impose comme un lyrique mais d’un lyrisme distinct du polémiste, plus en retrait, boudant au fracas politique », écrit Eric Vatré, spécialiste des figures maurrassiennes, dans le « Quotidien de Paris » en 1986.

Maurras, « l’amant de la beauté pleine et entière »

Maurrassien, Kléber Haedens ? Copain de Maurice Blanchot, de Drieu la Rochelle et d’autres écrivains de droite, il était proche de Charles Maurras, a collaboré à plusieurs publications d’extrême-droite, notamment à L’Action française où il tenait la rubrique culturelle. Kléber Haedens écrit du chef de file des nationalistes et monarchistes de l’époque :

« Maurras n’est pas seulement le défenseur de l’intelligence et de la raison, l’ennemi intrépide de la bêtise, il est aussi l’amant de la beauté pleine et entière. »

Philippe Juvin, sur la défensive,assure que pendant la guerre, Haedens a servi de « boîte aux lettres » à Pierre de Bénouville, écrivain, homme politique et résistant (ex de L’Action française). Ajoute qu’à la Libération, le chroniqueur littéraire, fou de rugby, jouait au tennis avec Jacques Chaban-Delmas :

« Vous imaginez Chaban-Delmas, général de la Libération, jouer au tennis avec un type qui aurait fait des choses horribles pendant la guerre ? Tout ça est décalé. »

Certes, Kléber Haedens avait de mauvaises fréquentations, mais jamais il ne s’était attiré de telles foudres de son vivant. Il a obtenu le prix Interallié pour « L’été finit sous les tilleuls » et le prix de l’Académie française pour « Adios ». Dans les années 80, un prix Kléber-Haedens avait été fondé par la fondation Mumm. Parmi les lauréats, Antoine Blondin.

Un mastodonte hédoniste, cultivé, provincial

Ses livres, romans et recueils d’articles ou de pensées, ont étés réedités après sa mort, et certains sont encore disponible à la vente. Son « Histoire de la littérature française », érudite et indocile, éreinte quelques monuments. De Victor Hugo, Kléber Haedens écrit :

« Son théâtre, construit sur l’indigente pensée qu’il est urgent de marier le grotesque et le terrible, le bouffon et le sublime, semble avoir été inventé par un spadassin de mélodrame en délire. On l’excuse en disant que les vers sont beaux. Ce n’est pas vrai. »

Plus loin, il célèbre Gérard de Nerval, Max Jacob, Corneille, Malraux, Théophile de Viau et témoigne ainsi de son grand amour de la lecture. Qu’il transmet merveilleusement au lecteur.

Ses portraits parus dans la presse ou dans la biographie qui lui a été consacrée par Etienne de Montety - directeur du Figaro littéraire - racontent un mastodonte hédoniste, cultivé, provincial, fou de rugby, d’écriture et de dîners avec ses copains.

Peut-on avoir été un mastodonte hédoniste, cultivé etc. et avoir été monarchiste et nationaliste ? Oui. Peut-on avoir été brillant et d’extrême-droite ? Oui. Et les écrivains Georges Bernanos, Maurice Blanchot et Maurice Barrès ont bien des établissements scolaires à leur noms.

Rectifié le 23/10 à 13h03. Titre changé, pour tenter de mieux qualifier le positionnement politique de Kléber Haedens (cf. commentaires).

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  • Numerosix
    Numerosix
    Prisonnier dans le village (...)
    • Posté à 12h07 le 23/10/2008
    • Internaute 14499
      Prisonnier dans le village (...)

    Moi, ce que je supporte pas , c’est les colleges ou lycées Coluche, ou Jacques Prévert , ou Georges Brassens .
    C’est insulter la mémoire des ecrivains , ou artistes , ou poetes qui etaient visiblement POUR L’ ECOLE BUISSONIERE ...

    Numerosix

    Ancien éléve au lycée Paul Lapie à Courbevoie ( 92)

    (Comme les autres lycéens Je n’ ai jamais su qui etait ce Paul Lapie car on en avait tous scrictement rien à foutre )

    • CrocMignon
      CrocMignon répond à Numerosix
      Fan de Carla et fane de carotte
      • Posté à 12h49 le 23/10/2008
      • Internaute 47510
        Fan de Carla et fane de carotte

      Paul LAPIE (1869-1927) occupe une place singulière dans le paysage intellectuel des années 1900. Universitaire au carrefour de plusieurs disciplines, il est co-fondateur de l’Année sociologique (1898) avec Emile Durkheim et Célestin Bouglé : il participe à l’autonomisation des sciences humaines par rapport à la discipline mère, la philosophie. Il contribue au lent processus de démocratisation de l’école républicaine et laisse à ce titre une image très positive dans le monde enseignant.

      Voilà, voilà, trouvé en quelques secondes sur notre bon vieux ouèbe.

      • A déménagé le 8-10
        • Posté à 13h10 le 23/10/2008
        • Internaute 1001
          nc

        Et pandanlag’ à NumberSix, qu’avait pô dû écouter son prof.

        Mias p’têt’ que le prof avait pô dû passer l’info sur Popaul à ses gnards. Salaud de prof !

        Bon, NumberSix, pour vot’ punition, me recopierez cent fois ça :

        Il dit non avec la tête
        Mais il dit oui avec le coeur
        Il dit oui à ce qu’il aime
        Il dit non au professeur
        Il est debout
        On le questionne
        Et tous les problèmes sont posés
        Soudain le fou rire le prend
        Et il efface tout
        Les chiffres et les mots
        Les dates et les noms
        Les phrases et les pièges
        Et malgré les menaces du maître
        Sous les huées des enfants prodiges
        Avec des craies de toutes les couleurs
        Sur le tableau noir du malheur
        Il dessine le visage du bonheur.

        Le Cancre, Jacques Prévert

  • Charles SABATIER
    • Posté à 12h20 le 23/10/2008
    • Internaute 3499

    ODIEUX !
    Comment avez-vous pu, tous oublier dans vos souhaits de baptême de l’instrumentalisation de la pensée une UNIVERSITE Bernard Henry l’Hermitte.....Ce délinquant en col blanc !

    • nicobé
      nicobé répond à Charles SABATIER
      amurakamien
      • Posté à 12h27 le 23/10/2008
      • Internaute 55976
        amurakamien

      C’est vrai qu’un lycée Coluche, c’est un peu comme si on avait un Trésor Public Bernard Tapie ou un centre de la CIMADE Charles Pasqua...
      Quant à Béhachelle, Charles, vous avez raison, le pire n’est jamais sûr mais il faut l’imaginer !
      Moi j’étais dans un lycée Zola et, comme dans Germinal, on se les pelait (bein oui, il y avait déjà des économies de chauffage à l’époque !)

  • marie 75
    • Posté à 12h23 le 23/10/2008
    • Internaute 3563

    Mélanger Bernanos et Maurras marque une preuve de méconnaissance d’un sujet, dans lequel je vous laisse patauger.
    Relisez ou plutôt lisez Bernanos et après ...
    réécrivez votre « final ».

    Bernanos...
    Brillant et d’extrême droite ?
    Avez-vous même parcouru quelque texte de Bernanos ?
    Savez-vous que le plus beau texte contre la guerre d’Espagne et Franco a été écrit par Bernanos.
    Cet ouvrage, les grands cimetières sous la lune, existe en poche. N’hésitez pas à vous informer !
    Connaissez-vous son action, durant la deuxième guerre Mondiale ?
    A toutes fins utiles, je vous informe que De Gaulle aurait voulu le nommer ministre, mais les « honneurs », ce n’était pas dans son projet de vie.
    Mais ... la révolte, Si !
    ––––––––––––––

    Revenons à vos moutons UMP, flirtant avec Maurras.

    Barrès et sa colline inspirée, Blanchot et son Espace littéraire ... Bof ! ! !
    Kleber Haedens ... les élèves penseront qu’il s’agit là d’une marque de pneus.
    Son histoire littéraire ... pourquoi pas en BD, pour les maternelles de la Garenne-Colombes ?

    Quant à Philippe Juvin, qu’il retourne aux urgences de l’UMP (et de son hosto) afin de récolter de quoi s’acheter un nouveau livre de chevet.
    Si Kleber Haedens était un grand nom de la littérature française, cela se saurait...
    Mais ne le dites pas à Juvin ... il se prend pour un homme cultivé !
    Talonetto se prend bien pour le roi du monde !

    • Czar.
      Czar. répond à marie 75
      réac
      • Posté à 14h24 le 23/10/2008
      • Internaute 54172
        réac

      Vous pourriez commencer par relire les vôtres : Bernanos était à l’Action française, même s’il s’en est éloigné au moment de la guerre d’Espagne (après avoir pris parti pour les nationalistes dans un premier temps).

      Il était maurrassien comme nombre des premiers résistants : le fameux colonel Passy, chef des services secrets de la France libre, D’estiennes d’Orves, l’un des premiers martyrs de la Résistance (il a inspiré à Aragon l’une des deux figures de « celui qui croyait au ciel et celui qui n’y croyait pas »).

      Maurras a d’ailleurs été extrêmement réservé vis-à-vis de la collaboration, par anti-germanisme foncier qu’il n’a jamais renié, même durant l’Occupation.

      Contrairement aux chantres de l’Europe unie sous la botte allemande tels que Paul Marion, responsable de la propagande vichyste après avoir été celui de celle du PC, Doriot ex dirigeant du même parti ou Laval, ancien maire socialiste d’Aubervilliers.

      Ceux qui ont fait le choix de résister en 1940 étaient des individualités fortes. Le fait de n’avoir pas appartenu au courant dominant à l’époque les a sans doute un peu plus préparé à la rupture que la chambre de Front populaire qui a voté les pleins pouvoirs à Pétain dans un casino de Vichy, le 10 juillet 40.

      • marie 75
        marie 75 répond à Czar.
        • Posté à 17h48 le 23/10/2008
        • Internaute 3563

        Bernanaos a coupé « très sec » avec Maurras et les maurrachiens.

        Ses textes contre le franquisme et la bourgeoisie sont parmi les plus violents de la littérature française.
        C’est pourquoi Franco avait envoyé, contre lui, une escadrille pour l’abattre. C’est en se réfugiant dans un bosquet (avec sa moto) qu’il a échappé aux tirs.
        Fallait-il que son opposition soit de poids.

        Je connaissais ses « amours » de jeunesse.
        Néanmoins, je ne classerai pas parmi les auteurs d’extrême droite.
        Le plus grand polémiste du XXème...
        Le plus grand pourfandeurs des médiocres...
        Il nous manque un auteur de cette trempe.

        Relisez un « cahier maurassien » (il en suffit d’un) pour vous rendre compte de la pauvreté de la pensée maurrassienne.
        Ensuite, reprenez des discours UMP et faites une analyse comparée : vous y trouverez des pensées copiées-collées.
        Ce sont les mêmes clichés, les mêmes tics, le même mépris pour la Démocratie.

         
        • Czar.
          Czar. répond à marie 75
          réac
          • Posté à 19h26 le 23/10/2008
          • Internaute 54172
            réac

          vous mélangez tout : Bernanos a effectivement rompu avec le Maître de Martigues au moment de la guerre d’Espagne, ça n’efface en rien son héritage intellectuel la formule « Hitler a déshonoré l’antisémitisme » lâchée après la finde la guerre lors de la découverte des camps démontre si besoin en était sa filiation intellectuelle.

          En quoi cracher sur la bourgeoisie c’est être anti-AF ? S’il fallait une preuve que vous ne connaissez rien à l’Action française, vous l’étalez : Maurras méprisait au plus haut point la bourgeoisie et l’esprit bourgeois.

          Je ris encore à imaginer qu’en pleine guerre, avec des moyens aériens dérisoires, d’où le laissez faire de Franco envers la Légion Condor allemande car il en avait cruellement besoin, celui-ci mobiliser rien qu’une escadrille poour liquider un écrivain, de grand talent certes, parce qu’il avait décidé de changer de camp.

          C’est plus Bernanos que vous nous racontez, c’est BHL stoppant seul de ses bras nus Karadzic dans les ruines sanglantes de Sarajevo....

          Il est évident que Maurras qui a été le penseur le plus influent de la fin du XIXème et de la première moitié du XXème siècle en France, ne devait avoir qu’une analyse « pauvre ». Un autre « pauvre » écrivain, Gide je crois écrivait dans les années 20 qu’un jeune n’avait à son époque d’autre choix que de s’engager pour Lénine ou pour Maurras.

          je ne parle pas même du style pour lequel le Maître de Martigues, s’est vu attribuer un qualificatif qui lui est propre : l’atticisme, pour souligner la finesse de son écriture.

          Maurras méprisait la démocratie, le « moyen pour les poux de dévorer les lions » comme l’écrivait Clémenceau, mais avec un talent dont vous ne vous risqueriez pas à risquer la comparaison

        1 autres commentaires
  • clive
    • Posté à 12h28 le 23/10/2008
    • Internaute 27908

    Un lieu public doit il porter obligatoirement le nom d’une personne ?

    - rue de la Butte aux cailles - rue pente rapide - rue des cinq diamants - cité Vert-Bois...

    C’est pas mieux ?

    • A déménagé le 8-10
      • Posté à 13h18 le 23/10/2008
      • Internaute 1001
        nc

      Oui aux noms comiques :

      Rue du Chat qui pelote

      Rue Tartifume

      Rue Roselyne Bachelot

    • Pierrrrre
      Pierrrrre répond à clive
      → → → → → → → le marché autant (...)
      • Posté à 13h50 le 23/10/2008
      • Internaute 23078
        → → → → → → → le marché autant (...)

      « ....Un lieu public doit il porter obligatoirement le nom d’une personne ?
      - rue de la Butte aux cailles - rue pente rapide - rue des cinq diamants - cité Vert-Bois…
      C’est pas mieux ? .... »

      ► Absolument d’accord.
      Nombre de particuliers habitent dans des rues comportant des noms de personnes qu’elles exècrent :

      Un réfugié des pays de l’Est dans une rue Lénine,
      Un Pied Noir dans une avenue De Gaulle,
      pourquoi pas un juif dans une rue Goebbels ?

      Il s’agit d’une atteinte grave aux libertés individuelles,
      comme une tâche qu’on oblige certains à porter à leur adresse personnelle.

      Les noms des rues doivent être neutres,
      faire référence à l’endroit où elles sont,
      un nom de terroir,
      voir le nom d’une personne historiquement rattachée à cet endroit...

      mais on voit les municipalités les moins respectueuses du droit à la différence, imposer par noms de rue et d’établissements publics, leurs icones politiques.
      (En général, municipalités de gauche, du Front National, et municipalités gaullistes.
      Les autres préservant les rue de la Poste et les place de la Mairie

      C’est un moyen de propagande par utilisation abusive de services publics.
      Ce qui me choque le plus, c’est surtout que nous trouvons tous cela normal, ce qui est bien la preuve que nous sommes loin d’une conscience des agressions subies par nos libertés individuelles.

  • flixp
    flixp
    Aboyeur
    • Posté à 12h28 le 23/10/2008
    • Internaute 34063
      Aboyeur

    Ce que je trouve le plus odieux dans une grade partie des commentaires postés ici où généralement dans les déclarations publiques est cette volonté à vouloir faire parler les morts. S’en suit quelques exemples :

    C’est à Toulon me semble t’il qu’une rue porte le nom d’un des assassins de Chateau Royal. Cela n’émeut pas grand monde, pourtant il a une rue.

    C’est un jeune résistant communiste que l’on rappelle à nos bons souvenirs dans une attitude de profond nombrilisme

    C’est un Céline dont on s’évertue à encenser les textes mais à rappeler son probable antisémitisme.

    C’est un Bernanos qui préférerai rester dans l’oubli plutôt que d’être comparé à un Maurras

    Dernièrement j’ai bien failli comprendre que Garcia Llorca n’avait rien de révolutionnaire et pire n’était même pas de gauche.

    Merde ! laissez donc les morts tranquilles et occupez donc de vos vies.

  • Tyb
    Tyb
    (par ici, par là)
    • Posté à 12h40 le 23/10/2008
    • Internaute 24914
      (par ici, par là)

    Y’a bien un stade Lénine à Malakoff...

  • Valdo Lydeker
    Valdo Lydeker
    journaliste, auteur
    • Posté à 12h46 le 23/10/2008
    • Journaliste 7922
      journaliste, auteur

    En effet, l’article amalgame dans une confusion totale droite et extrême droite. je ne crois pas qu’on se soit jamais formalisé qu’un établissement scolaire porte le nom de Paul Claudel ou François Mauriac ! Je trouve en revanche justifié de débattre du bien-fondé de cette sanctuarisation d’un obscur de droite extrême qui n’a pas laissé de traces marquantes dans la littérature...

  • Zineb Dryef
    Zineb Dryef
    Auteur(e) de l'article Journaliste Rue89
    • Posté à 12h53 le 23/10/2008
      rédacteur
    • Journaliste 24
      Journaliste

    Bernanos était controversé. Il a flirté avec l’Action Française, comme beaucoup à l’époque. C’est ce qui est reproché aujourd’hui à Haedens.

    Vous pouvez lire l’article de Philippe Lançon de Libération au sujet du « problème Bernanos » : Lien

    • flixp
      flixp répond à Zineb Dryef
      Aboyeur
      • Posté à 13h09 le 23/10/2008
      • Internaute 34063
        Aboyeur

      Ce n’est pas parce que Bernanos a flirté avec l’action française qu’il faille le comparer à Maurras. Comparons le comparable. Maurras n’a pas écrit cette oeuvre majeure qu’est « Les grands cimetières sous la lune ». Maurras n’a pas fait le revirement politique de Bernanos, ni Mea Culpa.

      • A déménagé le 8-10
        • Posté à 13h16 le 23/10/2008
        • Internaute 1001
          nc

        Très juste. Les gens qui naissent à droit et meurent à gauche sont suffisamment rares pour qu’on ne le salue pas.

        Surtout s’ils ont le talent d’un Bernanos.

        Au passage, je recommande le dézinguage du duo MH-BHL par Lançon dans Charlie (oui, je sais, Val...). Terminé par ce coup de pieds aux cultes de ces messieurs :

        « ...il faut s’appeler Molière pour pouvoir agrandir un homme en le réduisant à son vice le plus profond - ici, la vanité ».

      • Zineb Dryef
        Zineb Dryef répond à flixp
        Auteur(e) de l'article Journaliste Rue89
        • Posté à 13h17 le 23/10/2008
          rédacteur
        • Journaliste 24
          Journaliste

        Mais où lisez vous une telle comparaison ? Je souligne juste que des établissements scolaires portent son nom alors même qu’il est aujourd’hui encore un personnage polémique. Pour être plus claire : certaines écoles portent des noms de personnages controversés. A titre personnel d’ailleurs, un collège Bernanos ne me pose aucun problème.

         
        • flixp
          flixp répond à Zineb Dryef
          Aboyeur
          • Posté à 13h31 le 23/10/2008
          • Internaute 34063
            Aboyeur

          Pardon, je pensai que c’était un raccourci lié à la polémique récente concernant Bernanos dans l’article cité plus loin par vos soins.

        • MartineB
          MartineB répond à Zineb Dryef
          conceptrice-rédactrice
          • Posté à 14h31 le 23/10/2008
          • Internaute 56127
            conceptrice-rédactrice

          Je comprend votre raisonnement. Ceci dit, Louis-Ferdinand Céline était un immense écrivain, et à ma connaissance, aucun établissement scolaire ne porte son nom, y compris à Courbevoie où il est né.
          Avec Haedens, auteur nettement moins connu, on se trouve face à un problème un peu différent : pourquoi Philippe Juvin est-il allé chercher cet écrivain qui n’a aucun lien avec La Garenne-Colombes, et qui n’est guère connu ? Le choix me semble davantage être celui de l’homme politique que de l’homme de lettres. A travers son Histoire de La Littérature Française, Kleber Haedens a écrit un manifeste de la pensée nationaliste. Et lorsqu’on songe que Philippe Juvin souhaiterait que ce livre soit remis à tous les enfants garennois entrant en sixième, parce qu’il s’agit « d’un ouvrage écrit par un esprit libre et anticonformiste, plus apte à developper l’esprit critique que le Lagarde et Michard », on frémit.

          • Panama
            Panama répond à MartineB
            enseignant
            • Posté à 15h57 le 23/10/2008
            • Expert 49071
              enseignant

            « cet écrivain qui n’a aucun lien avec La Garenne-Colombes ». Pardon, mais justement il y a une fameuse marque de pneus qui s’appelle « Kléber-Colombes »…

            En revanche, il me semble vraiment abusif de faire de l’Histoire de la littérature française de Kléber-Haedens un « manifeste de la pensée nationaliste » ! Soit vous ne l’avez pas ouverte, soit vous êtes persuadée qu’un écrivain réac est forcément un doctrinaire du nationalisme, ce qui est vraiment naïf.

            • MartineB
              MartineB répond à Panama
              conceptrice-rédactrice
              • Posté à 20h04 le 23/10/2008
              • Internaute 56127
                conceptrice-rédactrice

              Juste un extrait de ’Une Histoire de La Littérature Française ». Ca concerne Maurice Marrès : « Barrès, en affirmant sa personnalité dans la trilogie du culte du moi, libérait les individus, sans toutefois les livrer à l’anarchie, car il leur révélait bientôt, avec le Roman de l’énergie nationale, le sens de la tradition, des ancêtres, de la terre natale enrichie par la présence des morts. Ainsi l’individu, après une exploration magnifique de son univers intérieur, trouvait-il son épanouissement logique dans la société nationale. A l’aube du XX° siècle, Barrès inventait le nationalisme qu’il éclairait de tous les prestiges de l’intelligence et du frémissement d’un incomparable langage ».

        4 autres commentaires
  • pierre eau
    pierre eau
    animateur
    • Posté à 13h01 le 23/10/2008
    • Internaute 46608
      animateur

    Entendu sur France Culture à propos de Baudelaire : « La société et les médias ont un penchant naturel à gauche. Heureusement il y a la littérature pour compenser. »

    Manifestement ce Haedens est un bien plus un littéraire qu’un politique, alors réactionnaire surement mais « de droite » ? c’est beaucoup dire.
    Je vais tenter de m’expliquer en disant que la réaction pour un écrivain est bien plus une affaire de tempérament que de conviction ou d’idéologie. Ce qu’il y a de plus précieux dans les livres c’est souvent ce tempéraments de vieux bougre provincial, un peu misanthrope mais foutrement hédoniste et qui sert d’antidote au consensus fleur bleu dont nous assomme à longueur de journée les esprits mous et sans originalité.

    Il faut être un brin réactionnaire pour écrire la citation que vous donnez sur le théâtre d’Hugo. Mais quel style ! j’aurais aimé l’avoir écris.

    Quant au sujet de l’article (son nom donné à un collège) je remarquerais que :
    1 de nombreux établissement portent le nom de personnalités colonialistes, antisémites ou ayant soutenu des systèmes totalitaires.
    2 pour une fois que des élus UMP s’intéressent à la culture sans se référer aux pepoles amis du président...
    3 J’ai au moins appris le nom d’un écrivain qui m’a l’air sympathique et dont j’essaierais de me procurer le livre.

  • Zineb Dryef
    Zineb Dryef
    Auteur(e) de l'article Journaliste Rue89
    • Posté à 13h03 le 23/10/2008
      rédacteur
    • Journaliste 24
      Journaliste

    Droite, extrême-droite... pour quelqu’un qui a milité à l’Action Française dans sa jeunesse, qui a défendu Maurras etc. « extrême-droite » ça colle. Mais après Haedens a pris ses distances avec la politique pour se consacrer à la littérature uniquement. Alors faut-il le classer dans la case « extrême droite » ? Réactionnaire est sans doute le plus approprié. On modifie donc le titre. Merci pour votre vigilance.

    • Kipple
      Kipple répond à Zineb Dryef
      Exilé
      • Posté à 13h21 le 23/10/2008
      • Internaute 49880
        Exilé

      Je pense, que dans ce genre d’articles, il conviendrait de définir ce que vous entendez par réactionnaire, qui est avant tout une notion plurielle et complexe, et non une simple « étiquette ». La notion, lorsque replacée dans son contexte historique, perd beaucoup de son sens, et la légitimité de l’article prend un coup lorsque vous avez changé à juste titre son titre.

      Beaucoup de grands hommes de la République ont fait des erreurs dans leur jeunesse (ex : militer à l’Action Française) cependant leur contribution n’en est pas amoindrie.

      • Czar.
        Czar. répond à Kipple
        réac
        • Posté à 16h31 le 23/10/2008
        • Internaute 54172
          réac

        « des erreurs de jeunesse (ex : militer à l’Action française) »

        Bien plus grave que rédiger des odes aux assassinats du Guépéou comme Aragon ou d’avoir été un pur Stalinien comme Sartre ou Picasso.

        L’Action française est la première à avoir montré le danger hitlérien pendant que les moutons briandistes bêlaient encore au mythe pacifiste, et la seule à avoir défendu les thèses du jeune colonel de Gaulle sur la création de divisions blindées pendant que la gôche hurlait au risque putschiste.

    • MartineB
      MartineB répond à Zineb Dryef
      conceptrice-rédactrice
      • Posté à 13h35 le 23/10/2008
      • Internaute 56127
        conceptrice-rédactrice

      Hadens a pris des distances toutes relatives avec l’extrême droite !
      Dans les années 60 on le retrouve au ’Nouveau Candide’, une publication financée par des fonds secrets pour défendre l’Algérie FRançaise, et il faisait partie de l’OAS.
      Jusqu’à sa mort il est venu se recueillir chaque année sur la tombe de Charles Maurras !

    • dem92
      dem92 répond à Zineb Dryef
      Cadre
      • Posté à 17h35 le 23/10/2008
      • Internaute 56812
        Cadre

      MartineB l’a déjà dit : ce n’est pas que dans sa jeunesse !
      Et surtout, au delà des étiquettes droite, réactionnaire, c’est avant tout un royaliste convaincu, adepte de Maurras et anti républicain.
      Dans le cas qui nous occupe, il ne s’agit pas d’une rue ( que l’on peut fouler au pied ; -) ), mais d’un collège de la République affublé du nom d’un anti républicain constant.

  • kelio
    kelio
    consultant
    • Posté à 13h15 le 23/10/2008
    • Internaute 46550
      consultant

    LOL !

    Et une place ou un métro peuvent ils porter le nom du pire dictateur génocidaire du monde ? ? ? ? ? ? Staline, ça vous embête pas ? ? ?

    Faut pas exagérer ! Un staline a objectivement était le meurtrier d’une partie de l’humanité ! et votre réactionnaire (c’est vous qui le dite !) a juste l’opinion partagé par plus de 50% des français !

    Mais je vois que le stalinisme par la pensée unique n’a pas encore disparu ! Une seule pensée et tous pareils ! Ils sont beaux nos gaucho...

    • sigismund
      sigismund répond à kelio
      autre/ne se prononce pas
      • Posté à 13h32 le 23/10/2008
      • Internaute 910
        autre/ne se prononce pas

      ... il ne s’agit pas de la place Joseph Staline, il s’agit de la place de la bataille de Stalingrad... Colossale nuance...

  • sigismund
    sigismund
    autre/ne se prononce pas
    • Posté à 13h20 le 23/10/2008
    • Internaute 910
      autre/ne se prononce pas

    arg grillé sur le coup de la rue Paul Déroulède à Nice... Mais ce qui est encore plus dérangeant dans ce cas, c’est que même en se cantonnant au strict domaine littéraire, il s’agit d’une faute de gout impardonnable... Paul Déroulède était NUL, absolument nul, il est le pire exemple du nationaliste sur de lui et de son talent, typiquement belle-époque... Il a une place de choix dans le dictionnaire de la betise, de Guy Bechtel et Jean-Claude Carriere.

    Un choix tel que celui-ci n’est forcement pas neutre... La politique est plus arbitraire que le bon gout...

    • sefero49
      sefero49 répond à sigismund
      Soldat mugissant
      • Posté à 16h23 le 23/10/2008
      • Internaute 12260
        Soldat mugissant

      @ sigismund :
      « arg grillé sur le coup de la rue Paul Déroulède à Nice »

      Désolé...
      Mais ça me fait plaisir de ne pas être le seul à l’avoir remarqué...En général, ceux à qui j’en parle me répondent « Ha, bon ! ! »
      Ça prouve au moins que Déroulède n’a pas laissé un grand souvenir dans la littérature française.

  • MartineB
    MartineB
    conceptrice-rédactrice
    • Posté à 13h23 le 23/10/2008
    • Internaute 56127
      conceptrice-rédactrice

    Bonjour,
    Merci pour votre article qui pose une vraie question : peut-on donner à un collège public le nom de quelqu’un qui, sa vie durant, a contribué à diffuser la pensée nationaliste maurassienne, profondément antirépublicaine et antidémocrate ?
    Vous citez dans votre article le sort que Kleber Haedens réserve à Hugo. Il faudrait aussi parler de la condescendance avec laquelle il traite Voltaire (un conservateur à la plume brillante et aux idées superficielles), ou l’Esprit des Lois de Montesquieu (« un ouvrage intelligent que les découvertes des années suivantes déclassent »). Sans parler de Rousseau (« L’Emile et le Contrat Social sont les drapeaux fanés des Nouvelles Anarchies »).
    A l’opposé Haedens exalte Rivarol, Maurice Barrès, Léon Daudet, et fait preuve d’une quasi tendresse envers les écrivains collaborationnistes inquiétés à La Libération. Une seule citation à ce sujet, à propos de Drieu La Rochelle « à l’hiver 1940, il s’engagea dans la politique de collaboration avec l’Allemagne. Lorsqu’il réalisa l’étendue de son erreur, il eut la délicatesse de ne pas se renier ». La délicatesse en question consiste à s’être suicidé pour ne avoir à affronter des juges « dont il imaginait sans peine la bêtise et la cruaté ».
    Voici résumée l’oeuvre de Kleder Haedens : ceux qui croient en la démocratie, la séparation des pouvoirs sont des sots ou des naïfs. Les véritables génies, eux, ont compris que le salut réside dans la révolution nationale de Maurras. Ce n’est pas pour rien que Haedens a collaboré à une publication de propagande Vichyste, Compagnons, destinée à « promouvoir l’esprit et la révolution nationale de Philippe Pétain ».
    Peu importe le talent réel ou supposé de Kleber Haedens. Peu importe son attitude pendant la guerre. Philippe Juvin nous dit qu’il a contribué à l’effort de résistance de Pierre de Bénouville. Possible et même probable. De Bénouville appartenait à la même mouvance nationaliste et royaliste (il fut proche des cagoulards avant-guerre, nous dit Wikipedia). Ils s’étaient connus à l’Action FRançaise. Ca crée des liens.
    Le problème avec Haedens, c’est que l’on retombe toujours dans ces milieux là. Les mouvements nationalistes et royalistes (Front National compris) se sont élevés en masse contre l’initiative du MoDem Garennois qui voulait mettre des bâtons dans les roues à l’« effort de mémoire » souhaité par Philippe Juvin. Pensez ! Il fallait bien qu’ils se mobilisent pour sauver ce Kleber Haedens dont ils recommandent la lecture formatrice à leurs futures élites... (Une Histoire de La Littérature Française fait partie des livres recommandés pour l’université d’été des jeunes royalistes !).
    J’ajouterai une dernière information à votre article. En effet le MoDem Garennois continue à se mobiliser contre le nom de Kleber Haedens pour le second collège de sa ville. Une pétition est en ligne sur leur site Lien. Courez vite la signer, si vous êtes de ceux qui pensent, comme moi, que les valeurs républicaines ne sont pas seulement mises en danger lorsque des gosses de banlieue sifflent la Marseillaise dans les stades...

    • pierre eau
      pierre eau répond à MartineB
      animateur
      • Posté à 13h39 le 23/10/2008
      • Internaute 46608
        animateur

      Merci pour vos précisions. Je regrette un peu d’avoir qualifier plus haut Haedens de sympathique. Je me demande si je dois revenir sur mon jugement ou si « par délicatesse » je ne vais pas aller me suicider.
      Je maintiens pourtant que sa phrase, non pas sur Hugo mais sur son théâtre, fait plaisir à lire.

      • MartineB
        MartineB répond à pierre eau
        conceptrice-rédactrice
        • Posté à 14h06 le 23/10/2008
        • Internaute 56127
          conceptrice-rédactrice

        Pas de problème. Haedens a une belle plume, comme d’autres écrivains de cette mouvance. Le problème c’est quand on commence à voir au service de quoi elle est mise !

         
        • mechante langue
          • Posté à 15h34 le 23/10/2008
          • Internaute 28480

          « Le problème c’est quand on commence à voir au service de quoi elle est mise ! »

          Au service de quoi ?

        1 autres commentaires
    • mechante langue
      • Posté à 15h15 le 23/10/2008
      • Internaute 28480

      Bof le Modem essaie d’exister médiatiquement , cest tout . Il utilise tous les pretextes meme ceux sans interet pour faire parler de lui . C’est un peu comme l’histoire de la laicité avec un modem qui reproche a Sarko de recevoir le pape (alors que Bayrou la reçu officiellement a Lourdes), mais qui lui a demandé quelques jours plus tot de recevoir officiellement le Dalai Lama
      Lien

    • Panama
      Panama répond à MartineB
      enseignant
      • Posté à 17h02 le 23/10/2008
      • Expert 49071
        enseignant

      Je retire le commentaire plus haut où je me demandais si vous aviez vraiment lu cette Histoire de la littérature française : manifestement c’est le cas, et je vous prie de m’excuser.

      Ce qui rend cette histoire un peu pitoyable, c’est que Kléber-Haedens est vraiment un auteur mineur, qui plaît à une certaine droite (celle qui lit des livres — ce n’est pas forcément la pire…) en raison de son histoire personnelle beaucoup plus qu’à cause de son œuvre proprement dite, qui peut déplaire aux uns ou aux autres, mais qui ne mérite pas la censure.

      Cela dit, je trouve que vous y allez un peu fort. On dirait que la république est en danger parce qu’un collège va peut-être recevoir le nom d’un écrivain de droite. Mais franchement, le nom d’un collège n’est pas un programme politique. Les gosses se foutront de Kléber-Haedens comme ils se foutent d’Elisa Lemonnier, d’Henri Sellier ou de Jean-Marie Guyot (pour prendre au hasard quelques noms de collèges publics voisins).

      Il faut arrêter d’être obsédé par la « conscientisation » politique des enfants, à coup de « mémoire », de « souvenir » et autres guy-môqueries. Qu’on leur donne le goût du savoir, l’envie de lire et de découvrir, et ils seront libres et heureux.

      • MartineB
        MartineB répond à Panama
        conceptrice-rédactrice
        • Posté à 17h33 le 23/10/2008
        • Internaute 56127
          conceptrice-rédactrice

        Et quand le maire de la ville en question dit qu’il souhaite que l’ouvrage principal de Haedens, Une Histoire de La Littérature Française, soit offerte par le Conseil Municipal à tous les enfants entrant en sixième, parce qu’il s’agit d’une oeuvre écrite par un esprit ’libre et anticonformiste, bien plus apte à développer leur esprit critique que le Lagarde et Michard’, vous ne trouvez pas qu’il y a problème ?
        Bien sûr, et bien heureusement, Philippe Juvin est à côté de la plaque car cet ouvrage n’intéressera pas les enfants. Reste ce qui peut s’apparenter à une tentative d’endoctrinement...

         
        • Panama
          Panama répond à MartineB
          enseignant
          • Posté à 19h27 le 23/10/2008
          • Expert 49071
            enseignant

          Je ne trouve pas ça très fin de la part du maire, certes, mais je doute que cette mesure soit adoptée. Cela dit, si on commence à traquer les « tentatives d’endoctrinement » à l’école, on va avoir du boulot. La manie de trier entre les « bons » et les « mauvais » auteurs a la vie dure, il me semble, et je n’aime pas plus une école qui veut à tout prix former des gentils citoyens bien-pensants que celle qui voulait former de valeureux petits soldats.

        1 autres commentaires
      • dem92
        dem92 répond à Panama
        Cadre
        • Posté à 17h57 le 23/10/2008
        • Internaute 56812
          Cadre

        Le MoDem de La Garenne Colombes propose le nom de Jacques Tati, qui a vécu dans cette commune et qui ferait un lien avec le passé cinématographique de cette dernière.
        N’est-ce pas agréable l’idée de croiser Mr Hulot dans les couloirs ? ; -)
        Lien

    • noemielubitsch92
      noemielubitsch92 répond à MartineB
      houlà
      • Posté à 12h30 le 25/10/2008
      • Internaute 56862
        houlà

      CQFD ! Merci MartineB !
      si nous étions dans un match de foot, je dirai 1 partout, la balle au centre et on reprend. Mais bien que nous soyons en République, donc dans un système démocratique, nous sommes à la Garenne-Colombes, le terrain de jeu d’un homme qui a des ambtions (pour lui, pas pour sa ville ni son département ... pardon, il a en a pour sa région : lire article du figaro d’hier) : donc, on continue à jouer sans s’occuper des buts marqués, puisque le Maire, grand érudit devant ses électeurs, dit ce qu’il faut penser et est sûr de son bon droit (pardon là aussi,plutôt sûr de son pouvoir) . Et pour ma part, je mets au Panthéon de mes écrivains préférés Montesquieu et Voltaire, qui s’ils n’ont pas toujours au raison, ont eu le mérite de me faire réfléchir, notamment sur ce que doit être une société, une démocratie.
      Dans l’attente utopique de vrais débats à La Garenne-colombes, bon week-end à tous (une heure de plus ... pour réfléchir ?)

  • sigismund
    sigismund
    autre/ne se prononce pas
    • Posté à 13h28 le 23/10/2008
    • Internaute 910
      autre/ne se prononce pas

    De plus, pour extrapoler le débat : « un artiste a-t-il obligation de sainteté ? ». Cette manie de décortiquer les biographies pour y trouver les plus petites zones d’ombre... Tout comme ce livre anglais sorti il y a quelques temps sur la sexualité de Kafka...

    Reproche-t-on à Victor Hugo son passé réactionnaire, alors qu’il a été un fervent partisan de la restauration dans sa jeunesse, et écrit des choses édifiantes comme « Ode sur le rétablissement de la Statue d’Henri IV » ?

    Quand David Bowie demanda à Brel l’autorisation de reprendre « Amsterdam », celui-ci lui aurait répondu : « je ne donne pas mes chansons à un pédé »... A quand l’article « un collège peut-il porter le nom d’un chanteur homophobe ? » Brel est né en 1929, avec l’univers mental et social qui va avec, on ne peut pas lui demander d’être au diapason de tous les combats d’avant-garde de son époque...

  • nestor
    • Posté à 13h41 le 23/10/2008
    • Internaute 8475

    la vérité d’un jour n’est pas celle du lendemain , pour moi un écrivain est bon ou mauvais mais pas réac ou bien pensant . Céline est le plus grand écrivain du xx ème siècle et pourtant c’était un salaud . Haedens fait partie de cette école des « hussards » ( Nimier , Blondin ) qui a son charme .

    • MartineB
      MartineB répond à nestor
      conceptrice-rédactrice
      • Posté à 14h10 le 23/10/2008
      • Internaute 56127
        conceptrice-rédactrice

      OL, mais si l’on part du principe qu’une école, un collège, un lycée doivent être porteurs des valeurs de la République, peut-on concevoir que le nom de ces écrivains nationalistes serve à baptiser un établissement d’enseignement ?

  • Phil2922
    Phil2922
    Retraite invalidité
    • Posté à 13h54 le 23/10/2008
    • Internaute 36639
      Retraite invalidité

    Peu importe le nom de leur collège, les gamins auront toujours l’impression d’aller au chagrin avant d’aller à celui de leur travail s’ils ne pointeront pas à la plus grande entreprise de France : l’ANPE

    Tant qu’il ne mette pas de collège au nom de BHL... !

    • dem92
      dem92 répond à Phil2922
      Cadre
      • Posté à 17h55 le 23/10/2008
      • Internaute 56812
        Cadre

      Il faut aussi voir quelle alternative est proposée. En l’occurence le MoDem de La Garenne Colombes propose le nom de Jacques Tati, qui a vécu dans cette commune et qui ferait un lien avec le passé cinématographique de cette dernière.
      Là au moins, en allant au collège, on pourrait s’attendre à croiser Mr Hulot ! !
      Il était également proposé « Collège des Champs Philippe » en référence au quartier (où il sera implanté) et au « Collège Les Vallées », autre quartier de cette ville.
      Lien

  • Bardamu
    Bardamu
    difficile
    • Posté à 20h27 le 23/10/2008
    • Internaute 25491
      difficile

    Oui, oui.

    Baudelaire était férocement antisémite et politiquement d’extrême-droite : il faut l’exclure d’urgence des manuels scolaires. Et je ne parle même pas de Voltaire : lisez les passages révoltants de Candide !

    Le Lycée Louis le Grand célèbre un odieux tyran, à débaptiser d’urgence !

    Un autre maurrassien, proche de l’Action française dans sa jeunesse, c’est le général de Gaulle. A ostraciser de toute urgence ! No pasaran !

    Allez, au suivant ! On les pend par le croc à nobles et on les passe à la trappe à nobles ! Merdre de merdre !

    Comme c’est beau tous ces fantasmes de purification idéologique... Ce zèle rafraichissant de la police de la pensée toujours aussi vigilante...

    Mais je comprends la rage impuissante de tous nos Trissotins bien-pensants : le style, comme le libertinage, a toujours été de droite.

  • litrondelnefaitpasleprintemps
    • Posté à 14h21 le 23/10/2008
    • Internaute 31455

    Pour le commentateur qui fait référence à Paul Lapie et qui se fiche du nom de son établissement. Cela témoigne d’une culture défaillante...
    Qui était Paul Lapie ? un recteur d’académie. C’était aussi un disciple d’Emile Durkheim sociologue français qui s’est intéressé à la question de la mobilité sociale par l’école. Si l’ancien élève de Paul Lapie de Courbevoie avait fait des sciences économiques et sociales. Il l’aurait sans doute appris... Encore faut-il que ce soit un enseignement considéré comme utile à tous les citoyens et donné à tous les élèves de 2ndes.
    Cet exemple montre qu’à travers le nom d’un établissement on entend promouvoir un idéal républicain. La Garenne-Colombes pourra t’elle s’enorgueillir d’avoir un établissement scolaire qui porte le nom de celui qui fut « le plus dévoué » des anciens secrétaires particuliers de Charles Maurras, l’ami et collaborateur de Xavier Vallat (ex-commissaire aux questions juives du régime de Vichy), et l’un des membres de l’OAS ? Ah, j’oubliai... ce n’est pas un modèle pour les jeunes : Roselyne Bachelot compte-t-elle s’appuyer sur le collège qui porte le nom d’un poivrot pour promouvoir la lutte contre l’alcoolisme des jeunes ?

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