Décryptage 21/10/2008 à 17h38

Banques : un sauvetage qui ne dit pas son nom

François Krug | Journaliste Rue89

Les banques françaises assurent qu’elles n’ont pas besoin de se renflouer. Pourtant, elles viennent d’accepter de bon cœur une aide d’urgence de 10,5 milliards d’euros. Officiellement, cette recapitalisation n’est pas destinée à les sauver, mais à relancer l’économie réelle.

Le gouvernement va renforcer les fonds propres des banques, mais sans en devenir actionnaire. Il interviendra au moyen de dettes « subordonnées » : les banques lui verseront 8% d’intérêt par an, mais ne le rembourseront qu’après avoir réglé leurs autres créanciers. Un endettement de long terme donc, pas si éloigné d’un apport en capital. Et Bercy précise d’ores et déjà que l’opération pourra être renouvelée en 2009.

Calculée proportionnellement à l’activité des banques, l’enveloppe se répartit ainsi :

Crédit Agricole : 3 milliards
BNP Paribas : 2,55 milliards
Société Générale : 1,7 milliard
Crédit Mutuel : 1,2 milliard
Caisse d’Epargne : 1,1 milliard
Banque Populaire : 950 millions

La semaine dernière, le Crédit Agricole était pourtant catégorique : il n’avait « pas besoin de lever du capital », puisqu’il était en pleine santé et qu’il avait déjà augmenté son capital de 5,9 milliards d’euros pendant l’été. La banque n’a pas répondu aux demandes d’interview de Rue89.

Deuxième bénéficiaire du dispositif, BNP Paribas passe pour la banque française ayant le mieux résisté à la crise. Celle-ci lui a même permis de faire de bonnes affaires, comme le rachat d’une partie de la banque belgo-luxembourgeoise Fortis, pour 14,5 milliards d’euros. Pourquoi, alors, accepter une aide de l’Etat ? Pour la bonne cause, répond une porte-parole :

« Il s’agit de financer l’économie réelle, accorder des crédits supplémentaires aux PME. Pour cela, nous avons besoin de fonds propres supplémentaires. Sur le marché interbancaire, actuellement, les choses sont un peu bloquées pour se refinancer. »

L’objectif affiché du dispositif est effectivement de relancer l’économie réelle. En échange de son apport d’argent frais, l’Etat impose à chacune des banques d’augmenter de 3 ou 4% le montant de ses crédits aux particuliers, aux entreprises et aux collectivités locales.

Paradoxe, donc : nos banques seraient en très bonne santé, mais elles ne peuvent pas remplir une de leurs missions essentielles sans l’aide du gouvernement. Celui-ci leur impose d’ailleurs une seconde contrepartie : l’adoption de règles éthiques dans la rémunération de leurs patrons.

En position de force, l’Etat tente donc d’imposer à la fois aux banques des objectifs financiers et des règles de fonctionnement interne. Comme un actionnaire à part entière.

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  • pablico
    pablico
    À la porte d'un sourd, 
un jour (...)
    • Posté à 19h28 le 21/10/2008
    • Internaute 14278
      À la porte d'un sourd, 
un jour (...)

    en Angleterre, l’état devient actionnaire, mais là c’est aider, subventionner les actionnaires des banques..
    ce qui n’est pas pareil.. ce qui est pour moi encore un scandale, un espèce de tout petit parachute doré pour chaque actionnaire.

  • alain69
    • Posté à 09h05 le 22/10/2008
    • Internaute 21342

    Bien vu. Les banques ne sont pas des philanthropes.
    Regardez la publicité que fait actuellement le Crédit Agricole sur sa carte de paiement mixte qui offre une possibilité d’obtenir un crédit au taux avantageux de 17,50 % !
    Aider la consommation, c’est bien, pratiquer quasiment l’usure, c’est très mal !

    • marie 75
      marie 75 répond à alain69
      • Posté à 09h24 le 22/10/2008
      • Internaute 3563

      une citation utile :
      celle de Vincent Auriol, de Muret Haute garonne, ministre de Léon Blum : « Les banques je les ferme, le banquiers je les enferme. »

  • Humain
    • Posté à 18h01 le 21/10/2008
    • Internaute 21387

    Un prêt à 8%, mais après les autres créanciers ! !

    Pourquoi donc ne pas entrer dans le capital des banques, ce qui serait la meilleure façon de pouvoir (avec un bulletin de vote en assemblée générale) vérifier ce qui s’y passe ?

    Comment dans ces conditions inciter les banques à prêter aux PME ?
    J’aimerais que l’on m’explique ! !

    Pourquoi ce terme d’économie « réelle » ?
    Pour mieux nous voiler les faits ! ! ? ?

    Car les PME sont « dans » l’économie, alors que les banques sont dans l’économie virtuelle !

    Sinon cela pourrait ressembler à un parachute doré pour les banques elles-mêmes.

    (Observons également que les directeurs de l’Ecureuil ont eux été soit mis à la retraite soi mutés... Je ne nomme pas ceci une sanction !)

    • Croa
      Croa répond à Humain
      • Posté à 09h45 le 22/10/2008
      • Internaute 34517

      « J’aimerais que l’on m’explique ! ! »

      Voilà :
      Sarko est un homme de la finance, les banquiers ses (vrais) amis. Effectivement il « voile » ses intentions.

      à propos des bases du système voir cette vidéo :
      Lien

      Concernant l’Ecureuil, ce sont des fusibles qui ont sautés car les vraies responsabilités sont politiques. Normal que la sanction soit modérée sinon les « punis » pourraient parler ! (Les missions des caisses d’épargnes ont changées, ce ne sont plus des services publics, depuis 2001 en ce qui concerne l’Ecureuil. Cette évolution n’est même pas terminée.)

  • Hatamoto
    Hatamoto
    Vendeur de temps de cerveau (...)
    • Posté à 18h02 le 21/10/2008
    • Internaute 29766
      Vendeur de temps de cerveau (...)

    C’est génial les banques vont pouvoir faire des profits ! ! !
    Ouf, moi qui avait peur que leurs actionnaires soient obligés de faire la manche ...

    • marie 75
      marie 75 répond à Hatamoto
      • Posté à 22h04 le 21/10/2008
      • Internaute 3563

      avec 800 millions d’euros, Sarko et son très cher UMP permettaient de boucler ler budget des hôpitaux francais.
      Avec un milliard ... on aidait la Santé Publique ...

      Mais avec 10 milliards ... que de bénéfice pour les banques (leurs actions ont remonté ce jour)...
      Mais quel bénéfice pour l

    • marie 75
      marie 75 répond à Hatamoto
      • Posté à 22h11 le 21/10/2008
      • Internaute 3563

      avec 800 millions d’euros, on sauvait l’hosto public...
      Avec 1 milliard, on aidait notre sce de santé public.

      Mais avec 10 milliards ... Sarko et l’UMP aident les banques (elles sont remontées à la bourse, ce jour)... et le système capitaliste (’comme on diait sous la guerre froide)...
      MAIS ...
      quel bénéfice pour la France et les Français ? ? ? ? ? ? ?

      Le fric filé à Tapie sauvait l’Education Nationale...

      Mais Sarko fait des choix ...
      Cet homme n’a de régalien que dans ses choix de luxe à l’Elysée.
      Le général payait ses sandwiches, quand il partait pour Colombey.
      Sarkozy de Nagy bosca ne sait que tendre des additions.
      TT va TB, dit l’UMP !
      Vaste programme !

  • Jaycib
    Jaycib
    Désagrégé de l'Université
    • Posté à 18h02 le 21/10/2008
    • Internaute 37053
      Désagrégé de l'Université

    « En échange de son apport d’argent frais, l’Etat impose à chacune des banques d’augmenter de 3 ou 4% le montant de ses crédits aux particuliers, aux entreprises et aux collectivités locales. »

    C’est bien peu, semble-t-il, en tout cas trop peu pour faire une grande différence dans la situation de pénurie de crédit actuelle.

    Etant donné que l’Etat se fera rembourser (quand ?) les obligations subordonnées des banques (au taux mirobolant présumé de 8% !), il est évident que les liquidités apportées par l’Etat bénéficieront beaucoup moins aux particuliers, entreprises et collectivités locales qu’aux clients des banques ayant contribué à « toxiciser » le marché (dont de grosses entreprises possédant encore des actifs pourris, voire des fonds spéculatifs) ! On sera donc repartis pour un tour. A quand le prochain « apport d’argent frais » ?

    Quant à l’Etat quasi-actionnaire, j’ai bien peur qu’il se comporte en quasi-actionnaire fainéant – autrement, pourquoi ne pas opter pour la solution d’une recapitalisation avec présence de l’Etat au CA ? Au moins, le gouvernement britannique a tenté de se donner les moyens de sa politique par des prises de participation au capital. En France, me semble-t-il, on est plus près d’un don effectif aux banques. En tout cas, c’est ce que la solution des obligations « subordonnées » laisse entrevoir...

  • Anonyme

    Bonsoir, allez directement a la source !
    Counterparty risk * Q2 2008 (€ m) 2007 (€ m)
    Société Générale 473,329 487,959
    Credit Agricole 383,995 364,178
    BNP Paribas NA 597,578
    Natixis NA 202,928
    Barclays 460,423 352,133
    Deutsche Bank 1,138,090 1,193,131
    Credit Suisse 277,362 331,807
    UBS 652,972 757,271
    * European banks - outstanding trading positions with Lehman
    Source : JPMorgan estimates, Company data

    banque des règlements internationaux , jamais entendu parler ?
    C’est la banque centrale des banques centrales et elle est , bien sur, entiérement privée
    Voici le dernier rapport
    Derivatives : 600 Trillions de dollars ( 1 trillion fait 1000 milliards )
    Lien

    A plus, a la soupe populaire si vous ne faites rien
    Commencez ici :
    Lien

    • clive
      • Posté à 18h56 le 21/10/2008
      • Internaute 27908

      Ceux qui sont allés voir le blog de P. Jorion savent que c’est aujourd’hui mardi que les comptes en faillite de Lehman Brothers sont présentés, et qu’on connaîtra l’ampleur du désastre.
      Le plan Paulson est dimentionné pour cette échéance.
      La version « encourager le crédit » ne tient pas bien sûr.

  • marie 75
    • Posté à 18h44 le 21/10/2008
    • Internaute 3563

    Qd on pense que voici QQ jours la Lagarde disait que tt allait TB...
    Et Sarko L’UMP qui veut jouer avec les fonds souverains.
    L’allemagne a dit : non !

  • marie 75
    • Posté à 18h49 le 21/10/2008
    • Internaute 3563

    ml’avis des belges (le soir) :

    10,5 milliards d’euros pour six banques françaisesRédaction en ligne

    mardi 21 octobre 2008, 12 : 26 

    Vantées jusqu’à présent pour leur solidité, les banques françaises encaisseront finalement 10,5 milliards d’euros du guichet public mis en place par le gouvernement mais il s’agit surtout, selon celui-ci, de soutenir une économie en récession. La répartition des fonds
    Le Crédit Agricole recevra 3 milliards d’euros, BNP Paribas 2,55 milliards d’euros, la Société Générale 1,7 milliard, le Crédit Mutuel 1,2 milliard, la Caisse d’Epargne 1,1 milliard et la Banque Populaire 950 millions, , a annoncé ce lundi la ministre française de l’Economie et des Finances, Christine Lagarde. Cet apport de fonds est rendu indispensable pour que ces banques soient « en mesure de financer correctement l’économie », a précisé la ministre à l’issue d’une réunion avec les dirigeants de ces banques. Egalement présent, le gouverneur de la Banque de France, Christian Noyer, a souligné que les banques françaises n’étaient pas sous-capitalisées.
    Les titres des grandes banques françaises s’envolaient mardi matin en Bourse après l’annonce lundi soir de cet apport d’argent frais, et gagnaient jusqu’à 13 %, marquant le soulagement des marchés.

    Le gouvernement et la Banque de France ont pourtant expliqué que les banques françaises restaient solides et que l’argent du contribuable ne servirait qu’à les aider à accorder plus de crédits aux consommateurs et aux entreprises.

    « Le but de l’opération ce n’est pas de recapitaliser les banques, (…) mais d’accompagner le financement de l’économie et la mise en place de nouveaux crédits », a dit le gouverneur de la Banque de France, Christian Noyer. Il faut que les banques soient « en mesure de financer correctement l’économie », a affirmé la ministre des Finances Christine Lagarde.

    « Dans l’intérêt de ses clients et de ses actionnaires, BNP Paribas a décidé de participer à ce plan à hauteur de 2,55 milliards d’euros », a sobrement commenté mardi le groupe bancaire. Outre BNP Paribas, le Crédit Agricole va recevoir 3 milliards d’euros, la Société Générale 1,7 milliard, le Crédit Mutuel 1,2 milliard, la Caisse d’Epargne 1,1 milliard et la Banque Populaire 950 millions.

    Le 6 octobre, BNP Paribas avait repris les activités en Belgique et au Luxembourg de Fortis, la banque belgo-néerlandaise au bord de la faillite, pour environ 15 milliards d’euros.

    L’Etat n’entrera pas au capital de ces banques, mais prêtera ces fonds aux banques françaises. Ils seront débloqués avant la fin de l’année et pris sur l’enveloppe de 360 milliards d’euros consacrée au soutien des banques dans le cadre du plan d’action européen.

    Cette opération de soutien aux banques traduit aussi l’inquiétude du gouvernement de droite face à la situation économique de la France. Le pays est en récession et le chômage devrait augmenter fortement dans les prochains mois.

    Privé de marges de manoeuvre budgétaires, le Premier ministre François Fillon veut à tout prix éviter un tarissement du crédit qui limiterait la consommation et mettrait à genoux les Petites et moyennes entreprises (PME).

    François Fillon cherche à mettre en place un cocktail de mesures de stimulation de l’économie. Il a annoncé lundi un plan de soutien de 5 milliards d’euros pour les collectivité locales, et assuré que les banques s’étaient engagées à accroître leurs crédits de 3 à 4 % en rythme annuel.

    Parallèlement, Christine Lagarde reconnaissait qu’il était « très probable que la croissance n’atteigne pas 1 % » en 2009. Cette prévision de 1 % figure au projet de budget pour l’année prochaine, qui a été adopté le 26 septembre et qui était présenté lundi à l’Assemblée nationale. Le Fonds monétaire international (FMI) ne prévoit que 0,2 % de croissance l’an prochain.

    Le gouvernement craint des répercussions brutales sur le chômage qui a déjà subi, au mois d’août, sa plus forte hausse depuis 15 ans.

    Le président Nicolas Sarkozy doit annoncer jeudi un plan d’action en faveur de l’emploi.

    Le chef de l’opposition socialiste François Hollande a appelé à une relance des emplois aidés, c’est-à-dire financés en partie par l’argent public. « La droite a perdu la bataille idéologique sur le libéralisme. Son erreur, c’est de croire que seul le capitalisme financier est la cause de la crise », a-t-il estimé mardi

  • jma14
    • Posté à 19h14 le 21/10/2008
    • Internaute 31729

    « mais sans en devenir actionnaire. »
    Ils nous prennent vraiement pour des c...

    « l’Etat impose à chacune des banques d’augmenter de 3 ou 4% le montant de ses crédits aux particuliers, aux entreprises et aux collectivités locales. » De quelle manière ? Comment vont-ils contrôler ?

    « Celui-ci leur impose d’ailleurs une seconde contrepartie : l’adoption de règles éthiques dans la rémunération de leurs patrons. » Lesquelles ? Et comment vont-ils contrôler ?

    « En position de force, l’Etat tente donc d’imposer à la fois aux banques des objectifs financiers et des règles de fonctionnement interne. Comme un actionnaire à part entière. » Lesquels ? Comment vont-ils contrôler ?

    On est déjà en train de se faire avoir par nos chères politiques (de tout bord).

  • papy55
    papy55
    prof. en province
    • Posté à 19h30 le 21/10/2008
    • Internaute 24237
      prof. en province

    La Bourse ne s’y trompe pas d’ailleurs, toutes les cotations des Banques concernées sont en forte hausse aujourd’hui !

    Et pas de nationalisations !

    J’espère que des moyens identiques (et bien réels, pas des déclarations de bonnes intentions !) vont être déployés pour les particuliers dans la mouise, ceux qui ne peuvent rembourser leurs crédits, ceux qui perdent leur boulot...... !

    Et tous ces gens à l’abri du bouclier fiscal....ou exilés de même type, vont-ils « participer » à l’effort national ?

  • Dany-de-montreuil
    • Posté à 20h31 le 21/10/2008
    • Internaute 8897

    Moi j’aimerais juste qu’on m’explique où l’état français va chercher ces milliards qu’ils vont donner aux banques. Je croyais que c’était les banques qui « fabriquaient » l’argent.
    Est-ce qu’effectivement ils ne nous prendraient pas pour des demeurés ? Est-ce que tout ça ne serait pas juste un jeu d’écritures comptables ?

    • Le Yéti
      Le Yéti répond à Dany-de-montreuil
      yetiblog.org
      • Posté à 22h41 le 21/10/2008
      • Internaute 6095
        yetiblog.org

      @ Dany-de-montreuil

      Moi j’aimerais juste qu’on m’explique où l’état français va chercher ces milliards qu’ils vont donner aux banques.

      Cherche pas, mon vieux. Tout ça est pure illusion, invention stupide et désespérées de sales mômes affolés.

      CE FRIC N’EXISTE PAS ! De la poudre aux yeux de perlimpinpin qui n’abusent que les couillons.

    • guydebourg
      guydebourg répond à Dany-de-montreuil
      (économiste)
      • Posté à 19h59 le 26/10/2008
      • Internaute 57049
        (économiste)

      Dany de Montreuil a parfaitement raison, ce sont les banques qui fabriquent l’argent (cf. mon commentaire sur l’article de Jean Matouk). Il est dit que ces 10 milliards sont empruntés sur le marché par une société de participation créée à cet effet par l’Etat. Donc qui va prêter ces 10 milliards à cette société de participation ? Réponses possibles :

      1. des banques étrangères ou des fonds souverains étrangers ou de riches étrangers qui apporteront par exemple des dollars lesquels seront apportés par les banques à la banque centrale européenne, laquelle leur donnera à la place des euros.

      2. Les banques françaises elles-mêmes qui en contrepartie recevront des obligations de cette société de participation, obligations garanties par l’Etat français, donc de quaité AAA+. Donc les banques françaises détiendront des obligations de très bonne qualité. Ces obligations de très bonne qualité pourront leur permettre d’emprunter à la banque centrale européenne.

      Donc aussi bien dans le cas 1 que dans le cas 2, la BCE créera de l’argent si nécessaire.

      Enfin cas 3 : de simples particuliers ou entreprises françaises qui ont de l’argent à placer et recevront 4% garantis par l’Etat.

      De toute façon Dany de Montreuil a raison on prend les Français pour des demeurés

  • Carmagnole
    Carmagnole
    retraité de l'Education (...)
    • Posté à 20h33 le 21/10/2008
    • Internaute 44234
      retraité de l'Education (...)

    Avec la crise sont apparus des termes étranges !
    Voici ce que dit le linguiste A.Rey :
    « Subprimes,actifs toxiques,etc...Personne ne sait vraiment ce que cela veut dire.Quelques unes savent et se servent de ces expressions pour,un peu comme des médecins avec la terminologie médicale,endormir,impressionner et agir sur le malheureux pékin. »

    « Economie réelle...cette expression m’a sauté à la figure...car elle supposerait,et c’est assez monstrueux,que l’économie peut ne pas être réelle avec la finance.Qu’il y aurait donc DEUX CAPITALISMES.UN MAUVAIS qui est en train de s’effondrer et UN BON qui est l’économie réelle. »
    Analyse pertinente...qui confirme ce que je pense. Pour tenter de colmater les « brèches du bateau capitaliste » les idéologues (malheureusement largement relayés par la majorité des médias !) inventent des mots pour créer un écran de fumée en espérant retarder le plus longtemps possible la prise de conscience par les peuples de la nature de ce système.

    Ils sont tellement paniqués que leur sémantique devient ridicule.

    D.Ferrand,directeur de la conjoncture et des perspectives au centre d’analyses et prévisions Rexecode ( ouf ! n’en jeté plus ! ! !) :

    « Contrairement à ce qu’on croit,le pouvoir d’achat ne cesse de progresser.Les Français ne l’ont pas ressenti ainsi en raison de la FLAMBEE SIMULTANEE DES PRIX. » ? ? ? vous avez compris ?

    H.Monet,économiste à la Société Général :

    « On peut avoir assez facilement ( ? ? ?) soit une panne de l’économie,soit une récession en 2009. » CHOIX CORNELIEN ! ! !

  • daryo
    daryo
    Juriste
    • Posté à 21h13 le 21/10/2008
    • Expert 37402
      Juriste

    Il est clair que les banques françaises n’ont pas souffert de la crise de la même manière que les banques anglaises ou américaines.

    Tout simplement parce que les banques françaises sont prioritairement des banques de dépôt. Ce qui fait leur faiblesse à l’international, mais leur force en cas de crise.

    Je reste convaincu que le bilan des banques est globalement positif, et que l’état, en faisant cette opération de com’ a fait une injection forcée de capitaux pour contraindre les banques a continuer les prêts auprès des collectivités locales et des PME, qu’elles aillent bien ou mal d’ailleurs.

    Il ne faudrait pas qu’à la récession s’ajoute un refus de la part des banques d’accorder des prêts, même déraisonnés, a nos petites entreprises françaises, ou à nos collectivités territoriales dont les comptes sont au plus mal.

    • Le Yéti
      Le Yéti répond à daryo
      yetiblog.org
      • Posté à 22h35 le 21/10/2008
      • Internaute 6095
        yetiblog.org

      « Il est clair[sic] que les banques françaises n’ont pas souffert de la crise de la même manière que... »

      Qu’est-ce qu’il ne faut pas entendre comme conneries ? ...

  • delalo
    delalo
    Anti A.G.C.S
    • Posté à 21h20 le 21/10/2008
    • Internaute 26064
      Anti A.G.C.S

    bilderberg vient nous achever... l’organisme chargé de gérer la recapitalisation de nos banques est par Michel camdessus ex directeur du FMI (entre 87 et 2000) roi des recettes désastreuse préconisées au pays en en difficultés en échange de pret.... et le pire c’est que l’etat frannçais n’est pas actionnaire majoritaire de cet organisme il n’a que 34 % juste de quoi bloquer...les actionnaires majoritaires sont des banquiers ! ! ! elle pas belle la vie.... de banquier.
    Lien

    • Croa
      Croa répond à delalo
      • Posté à 09h59 le 22/10/2008
      • Internaute 34517

      Le lien n’a pas l’air de fonctionner

  • Le Yéti
    Le Yéti
    yetiblog.org
    • Posté à 22h33 le 21/10/2008
    • Internaute 6095
      yetiblog.org

    « FINANCER L’ÉCONOMIE RÉELLE »

    Combien on parie que l’« économie réelle » va rester en plan ?

    Combien on parie que les banques ne pourront jamaisrembourser cette manne fantomatique dont elle n’avait, paraît-il, « pas besoin » ? Même pas en payer les intérêts.

    L’argent lui-même est désormais devenu un vulgaire instrument de communication (« restaurer la confiance », tu parles !) totalement vidé de son sens. Et, plus grave, de sa valeur.

  • chourave
    • Posté à 22h37 le 21/10/2008
    • Internaute 29660

    Si l’etat veut relancer l’economie il peut tres bien preter ou subventonner directement les entreprises. Il pourra choisir les secteurs qu’il souhaite favoriser. Passer par l’intermédiaire des banques présente aucun interet en tout cas rien concernan la lisibilité.

  • jpbe
    • Posté à 23h13 le 21/10/2008
    • Internaute 41264

    tout cela est fort « amusant » ; en effet j’entendais sur france info entre 19 et 20 heures un obscur membre d’une quelconque organisation ou d’un quelconque syndicat des banques expliquer que tout cet argent était tout benef pour l’état puisqu’il « sera » remboursé à plus moins long terme avec intérêt et il donnait des chiffres. Admettons et le gouvernement de pousser des cocoricos car ça ne coûterait rien aux contribuables !

    Et comme beaucoup de gens gobent les infos comme les vaches ruminent béatement j’ajouterai qu’il ne faut pas oublier qu’au-delà des contribuables publics il y a les contribuables privés car ayons un peu de bon sens : je ne suis pas d’une intelligence remarquable mais j’ai un minimum de bon sens et donc je pousse leur (pas la mienne) logique au bout ! Aussi si je me mets à la place d’un banquier et que je dois rembourser de tels prêts faramineux il faut bien que je me pose la question de savoir où je vais récupérer tout ce pognon pour assurer mes échéances ! Non ? Je me trompe ?
    Et comme il est beaucoup plus facile de « piquer » 1000 euros à chacun de mes 10 000 000 clients en étalant plutôt que de récupérer 10 000 000 sur 1000 clients ça passera sans problème et l’état aura trouver dans les banques un excellent agent privé du fisc pour faire illusion sur le « zéro » coût pour le contribuable public ! ...
    En attendant j’ai comme l’impression que vont valser les étiquettes des prix des commissions, frais de dossier et autres coûts du crédit !
    Bon faut voir le bon côté des choses en amputant un peu plus le pouvoir d’achat de mes clients je préserve le mien et celui de mes actionnaires : faut quand même pas déconner !

    En attendant on continue à vivre à crédit qu’il soit garanti ou pas (comme les comptes) par l’état ! D’ailleurs c’est du pipeau car le jour où l’état devra rembourser c’est que tout ira vraiment mal (c’est pour bientôt !) et donc que cet argent ne vaudra vraiment plus grand-chose !

    C’est la fuite en avant ! courage fuyons ! Tous aux abris financiers !

    Tiens et pourquoi pas une troisième guerre mondiale ? Y-avez-vous pensé ? quelle en sera le prétexte, où va-t-elle démarrer, comment ? ...Iran, moyen-orient ? Y’a plein de pétrole à piquer là-bas ; Russie qui se défend pour ne pas se faire encercler tout doucement par l’occident « américain » qui convoite ses gigantesques réserves de matières premières ? Et si la chine et l’Inde s’y mettent ? etc. tout ça bien secoué avec le problème de la surpopulation pourrait-il devenir explosif ?
    Et puis la menace possède un énorme avantage : classique tout le monde tourne son attention vers cette menace.

    • kkadim
      kkadim répond à jpbe
      service public rhone alpes
      • Posté à 07h58 le 22/10/2008
      • Internaute 24768
        service public rhone alpes

      votre conclusion tombe à point mon cher jpbe : une bonne guerre, je la sens venir depuis quelques années , c’est lent, sournois, mais on nous y prépare en doiuceur.
      mais là encore ce seront les mêmes qui paieront : la masse DONNE son sang aux fumeux « champs d’honneur », les autres VENDENT les canons.

  • NIC Espace
    NIC Espace
    consultant / poete
    • Posté à 00h25 le 22/10/2008
    • Internaute 56641
      consultant / poete

    Le gouvernement aligne 360 Milliards d’euros potentiellement empruntés sur le dos des jeunes générations pour... sauver le management des banques.
    Car en terme de crédit, on voit depuis des semaines que c’est le « credit crunch », et que les banques sont bien décidées à faire payer aux autres acteurs économiques leurs prises de risques. Le plan n’a visiblement rien changé sur ce sujet. Alors au lieu de jouer à la dinette avec les banquiers, Sarko et Fillon ont 360 milliards de raisons de virer les dirigeants, nationaliser les banques (au moins temporairement) et donner mandat aux nouvelles équipes pour réouvrir les vannes du crédit (raisonnable, mais vital).
    Si Sarko était moitié aussi courageux qu’il le prétend, si le gouvernement n’était pas constitué d’énarques, polytechniciens et HEC copinant depuis des années avec les élites bancaires, il l’aurait fait depuis 15 jours.
    Pour plus d’info, je vous invite à venir voir « nicespace.fr ».
    Allez, courage !

  • NUL DE CHEZ NULS 1°
    • Posté à 01h33 le 22/10/2008
    • Internaute 44322
      retraité

    QUELQUES QUESTIONS STUPIDES MAIS ESSENTIELLES
    -1- Qui sont les bénéficiaires de la Crise ?
    -2- À quoi et à qui cette Crise a-t-elle servi ?
    -3- À quoi les États servent-ils ?
    -4- Qui les États servent-ils ?
    -5- À quoi les Banques servent-elle ? (à part faire du Blé ?)
    -6- Qui contrôle les Banques Centrales ?
    -7- Qui contrôle la FED ?
    -8- La FED est-elle une entreprise privée ? Dirigée par qui ?
    -9- Comment peut-on accumuler du Capital ? (à part les impôts, les taxes et l’endettement pour les intérêts, le Loto).
    -10- L’Argent : c’est quoi ?
    -11- À combien évalue-t-on la richesse du monde ?
    -12- OÙ se trouve-t-elle ?
    -13- Qui sont ces Investisseurs capables de prêter aux États des sommes aussi impressionnantes ?
    -14- Qui domine la marche du monde ? Les Investisseurs ou les États ?
    -15- Que veulent les Investisseurs, que veulent les États ?
    -16- Ont-ils la moindre capacité d’offrir une perspective à l’humanité ?
    -17- Ont-ils une quelconque capacité culturelle à penser un Avenir autre que le CHAOS ?

    Si nous avons la réponse à ces questions, nous pourrons comprendre quelque chose à ce qui se passe et envisager des propositions.
    Merci

  • Humain
    • Posté à 01h52 le 22/10/2008
    • Internaute 21387

    Réponse à « chez les nuls »

    Questions 1 à 17 : Faire de l’argent au détriment de tout ce qui ne permet pas de faire de l’argent.

  • Humain
    • Posté à 01h54 le 22/10/2008
    • Internaute 21387

    Par ailleurs pour récupérer les fonds... Mais c’est fort simple ! !
    (Je me place ici du coté de la banque)

    Le principe général est le suivant :
    Mieux vaut prélever 1 euro à 2 millions de pauvres…
    … plutôt que prendre 100 000 Euros à 10 riches !

    Il est plus rentable de faire payer les pauvres, qui sont plus nombreux, que de faire payer les riches.
    D’autant que les riches sont assurés par le fameux bouclier fiscal, de ne pas payer plus

    (Et d’autant que les pauvres râlent, mais finissent toujours par payer ! Comme ils en ont l’habitude)
    Les quelque riches assujetis seront exonérés grace au fameux bouclier fiscal.
    Alors que les parachutes dorés existent maintenant pour les banques
    C’est génial !

    Il y a de quoi être en colère…

    Bon ? Et alors ?
    A part en parler à Dominique Strauss Kahn je nbe vois pas de solution !

    • jpbe
      jpbe répond à Humain
      • Posté à 00h18 le 23/10/2008
      • Internaute 41264

      Humain a dit :
      « A part en parler à Dominique Strauss Kahn je nbe vois pas de solution “ !

      Là t’en demande trop car il va te répondre qu’au lieu de causer tu ferais mieux de lui passer une capote.......

  • nemo3637
    nemo3637
    Déchoukeur
    • Posté à 03h56 le 22/10/2008
    • Internaute 44521
      Déchoukeur

    A part verser des milliards de liquidités aux banques et soutenir à bout de bras le marché boursier que croyiez vous qu’allait faire l’Etat ?
    Ce n’est pas une question de droite, de gauche, de « bons » ou de « méchants » leaders, mais la base même du système capitaliste tout entier qui est en cause, ne produisant plus que de la finance.
    « Ils » sont tous d’accord, de gauche, de droite, du centre ou d’ailleurs pour continuer dans cette voie de la financiarisation car c’est la seule plausible pour sauver, rafistoler, ledit système.
    Continuez à rêver car le cauchemar (réel) de la récession économique sera un thriller inédit.
    Vous avez connu la crise boursière ? Ne ratez pas la crise économique !

  • kkadim
    kkadim
    service public rhone alpes
    • Posté à 07h40 le 22/10/2008
    • Internaute 24768
      service public rhone alpes

    simple rappel : la poste est privatisée, entre autre, au motif qu’il lui faudrait renforcer son capital de 3 milliards, que l’Etat n’aurait pas....
    enfin c’était l’explication avant l’effondrement du systéme bancaire.

  • levraidebat
    • Posté à 11h18 le 22/10/2008
    • Internaute 25720

    Sauf que, justement, il n’en deviendra pas actionnaire ! Quel drôle de choix, sûrement dicté par l’idéologie.

    Pour la même somme, l’Etat aurait pu contrôler plus étroitement ces banques en entrant au conseil d’administration et en se rémunérant sur les dividendes. Il suffisait d’acheter des actions, et non des obligations.

    Le Système semble encore englué dans ses vieux réflexes libéraux anti-étatistes, les yeux encore pleins d’étoiles bruxelloises.

    Il faudra changer, et vite ! Le changer sûrement !

    Lien

  • marie 75
    • Posté à 12h25 le 22/10/2008
    • Internaute 3563

    Romandie News Texte
    BOURSE/Francfort : le Dax creuse ses pertes
    Francfort (AWP International) - La Bourse de Francfort s’enfonçait dans le rouge mercredi en cours de séance, l’indice vedette Dax cédant plus de 3% dans la foulée des places américaine et asiatiques.

    A 11H52 (09H52 GMT), le Dax perdait 3,23% à 4630,11 points, après avoir ouvert en légère baisse de 0,93%.

    Mais il s’est vite enfoncé dans les premiers échanges, à la suite de Wall Street où le Dow Jones a cédé 2,50% et le Nasdaq 4,14%, et de la rechute des places asiatiques, parmi lesquelles Tokyo a terminé sur un plongeon de 6,79%.

    Les marchés restaient très inquiets quant à la répercussion de la crise financière sur les résultats des entreprises, redoutant une récession de grande ampleur.

    A Francfort, presque toutes les valeurs étaient dans le rouge, notamment les financières. La banque Hypo Real Estate sauvée par deux fois de la faillite dévissait de 12,14% à la même heure, à 5,21 euros. L’assureur Allianz perdait 6,82% à 68,49 euros et le réassureur Munich Re 4,31% à 88,23 euros.

    Le constructeur automobile Daimler lâchait lui 6% à 24,59 euros : il doit publier ses résultats pour le troisième trimestre jeudi et les analystes craignent un nouvel avertissement pour 2008.

    Plusieurs autres valeurs industrielles étaient à la peine comme Siemens (-4,86% à 47,56 euros) ou le spécialiste de la potasse K+S (-5,35% à 33,82 euros).

    Exception, Volkswagen, toujours totalement à rebours du marché, gagnait 2,86% à 249,70 euros.

    rq

    (AWP/22 octobre 2008 12h14)

  • robindesfoix
    robindesfoix
    cherche une issue
    • Posté à 13h56 le 22/10/2008
    • Internaute 26023
      cherche une issue

    c’est bien connu les banquiers français sont des mécènes, a ton encore besoins d’une quelconque explication a cette gigantesque ENCULERIE
    l’état de giscard possédait une flottille d’avion renifleur celle de sarko des milliard en veux tu en voila pour sauver tous ces banquiers.

    avec tous l’argent que les gouvernements on trouvés ces derniers mois pour sauver leurs petits copains on pourrait éradiquer la famines pour mille ans
    mais cela fait 2000 ans que l’on raconte a ceux qui meurent de faim que l’on ni peut rien que c’est inéluctable.....
    il n’y a pas un jour ou je ne regrette pas que le diable soit un conte pour faire peur aux petits enfants
    comme j’aimerais voir tous ces enfoirés en file indiennne devant la porte de l’enfer, mais malheureusement l’enfer c’est eux et il est bien reel et cela se passe sur la terre ! ! ! ! !

  • le persan
    le persan
    FINANCIER
    • Posté à 15h20 le 22/10/2008
    • Internaute 28089
      FINANCIER

    Un plan de recapitalisation des Banques évidemment

    Remettons en perspective toutes les mesures déjà prises par le Gouvernement pour tenter d’y voir plus clair sur la base de seules considérations techniques, sans a priori politique ou idéologique.

    La dernière annonce concerne l’émission par 6 Banques de 10,5 milliards € de TSSDI (titres super subordonnés à durée indéterminée) qui seront souscrits par la SPPE. Cette souscription s’impute sur l’enveloppe de 40 milliards € décidée par le Gouvernement pour la recapitalisation des Banques, et dont on ne sait pas à cette date si elle sera intégralement consommée. S’ils ne sont pas des actions, ces titres peuvent cependant être comptabilisés dans le calcul du ratio de solvabilité (Ratio Tier 1) des Etablissements financiers. Il est évident qu’aujourd’hui il n’existe aucun marché pour le renforcement des fonds propres des Etablissements financiers. Suite à ces émissions souscrites par la puissance publique, l’amélioration du ratio de solvabilité serait de l’ordre de 50 points de base pour chacune des Banques bénéficiaires ; à titre d’exemple, le Tier 1 de la BNP passerait de 7,6% à 8,1%. L’objectif est de rapprocher nos Etablissements financiers des Banques anglaises qui, à l’issue des recapitalisation publiques, devraient atteindre un ratio de 9%. Les autres Banques européennes sont pour beaucoup en plus mauvaise posture. Le recours à des titres de dettes plutôt ne diluera pas les actionnaires, contrairement au choix britannique, et n’aura pas de conséquence sur la politique de dividende ; en conséquence, il est espéré que le cours des valeurs bancaires françaises bénéficiera rapidement d’un avantage comparatif appréciable face à leurs concurrentes européennes. La place financière parisienne en sortirait renforcée par rapport à la City. En outre, comme l’indique le Président de la Fédération nationale du Crédit Agricole, ces ressources offriront aux Banques françaises les moyens de participer au « match de la consolidation bancaire européenne » ( le grand marché des fusions-acquisitions). En résumé, renforcement de la place financière de Paris, consolidation des Banques françaises sur le marché financier européen, et capacité à participer activement à la redistribution des cartes dans la restructuration du paysage bancaire européen sont les grandes retombées espérées et attendues de ce plan. Le débat qui a été mené sur la rémunération de l’apport de l’Etat ( intérêt des obligations du Trésor à 5 ans et plus, augmenté de 20 points de base et de 5 fois le « credit default swap » de chaque Banque bénéficiaire, soit 8% au total en en moyenne ) est anecdotique lorsqu’on prend en considération les conditions particulières auxquelles obéissent les titres de dettes super-subordonnés (voir dans tout bon lexique des produits financiers).

    L’annonce précédente concernait une enveloppe maximale de 320 milliards € destinée à garantir le crédit interbancaire. Aucune information n’a encore été donnée sur son utilisation, mais nous devrions en savoir plus dans les prochains jours. Cette garantie publique sera accordée en contrepartie d’actifs apportés en collatéral par les Banques. Ces actifs devront être sains selon le Ministère de l’économie, mais comme il s’agit concrètement de portefeuilles de prêts aux logements, à la consommation, aux collectivités locales et aux entreprises présentant le meilleur risque, la qualité de ces actifs ne sera constatée qu’ex post. Le taux de sinistre sur les fonds de garantie, auxquels s’assimile ce dispositif public, est de l’ordre de 3 à 5% pour ceux qui maîtrisent le mieux leurs risques ; au vu de la composition du collatéral demandé par Bercy, il n’est guère imaginable d’obtenir un ratio de sinistre plus favorable. L’Etat assumera donc financièrement les défauts de paiement sur ces actifs ; les fonds propres des Etablissements bancaires bénéficiaires de la garantie n’en seront donc pas affectés, ni le ratio Tier 1. Le coût de la garantie publique est faible ( OAT à 5 ans et plus, augmenté de 180à 190 points de base, soit de l’ordre de 6%) au regard de l’avantage qu’il procure aux Banques en matière de garantie de leur solvabilité.

    Qu’en est-il du côté du financement de l’économie ? Le président de la Fédération bancaire française, Georges Pauget, vient de rappeler à juste titre sur le plan des mécanismes économiques que « les banques ne sont pas un instrument de relance de l’économie mais d’accompagnement ». Il est donc vain d’attendre de la consolidation des Banques qu’elle permette de résoudre le problème de la récession, voire d’éviter la dépression. L’examen des dernières mesures annoncées le confirme.

    L’apport de 10,5 milliards € en TSSDI a été conditionné par l’Etat à l’engagement par les 6 Banques d’accroître de 3 à 4% l’an leur volume d’encours de prêts aux « ménages » et aux entreprises, objectif modeste au regard des résultats antérieurs. Les observateurs ont relevé qu’en 2007 l’encours de prêts aux ménages a cru de 9 % et celui des crédits aux entreprises de 13 à 14% ; il est également noté que le crédit immobilier s’effondre depuis septembre et pourrait atteindre – 20% à fin 2008 en raison du relèvement des taux d’intérêt consentis par les Banques, actuellement au-dessus de 5%. L’exigence de retour des Banques à la solvabilité de leurs opérations se traduira plutôt par un durcissement des conditions de crédit que par un accroissement de leur activité de prêts. Ce n’est qu’ex post qu’on constatera si les Banques auront respecté leur engagement de croissance en volume de leurs encours et elles pourront toujours arguer de la dégradation de la situation des candidats emprunteurs pour justifier une performance inférieure à celle annoncée. Le Président de l’une des 6 Banques bénéficiaires vient en outre d’annoncer que pour les prêts aux entreprises accordés en contrepartie du plan, il demanderait la garantie de la banque publique pour les PME, Oseo ; la contrepartie à l’apport financier de 10,5 milliards € exigée par les Pouvoirs publics ne serait ainsi satisfaite que moyennent la garantie publique accordée aux Banques pour leurs opérations de prêt.Ce n’est pas des Banques qu’il faudra donc attendre qu’elles remplissent un rôle contra-cyclique.

    Pour le financement des PME, une convention a été signée le 21 octobre entre les banques françaises et l’Etat pour rendre opérationnel le plan de soutien de 22 milliards € annoncé début octobre. Concrètement, ce plan se décompose en 5 milliards de prêts supplémentaires apportés par Oséo (financés pour 3 milliards par l’Etat et 2 milliards par la Caisse des Dépôts) et 17 milliards € venant des fonds d’épargne réglementés : 7,5 milliards provenant du livret de développement durable (LDD) et 9,5 milliards provenant du livret d’épargne populaire (LEP). Les banques pourront conserver 100 % des dépôts sur le LDD au lieu de 90 % et 30 % du LEP au lieu de 15%. Ce plan ne se traduit donc par aucun engagement à risque supplémentaire des Banques en faveur du soutien à l’économie ; elles devront simplement affecter une ressource de dépôts auxquels elles n’avaient pas accès pour financer des opérations conformes auxobjectif de ce type de livrets.

    Pour le financement des collectivités locales, jusqu’à présent 4 Banques étaient présentes sur ce marché ( Dexia, Crédit agricole, Caisses d’épargne, Société générale), mais elles ont sensiblement réduit leurs engagements ; de plus les taux offerts sont passés de 4 à 6% en moyenne, quand elles ne proposent pas aux collectivités locales de produits de type Subprimes comme Dexia l’aurait semble-t-il fait d’après les élus. Aucun effort n’a été demandé aux Banques, même pas à Dexia dont c’est le métier principal en France et qui vient de faire l’objet d’une recapitalisation publique. En revanche, il a été demandé à la Caisse des dépôts, qui s’était retirée de cette activité au profit de la CAECL devenue Dexia, de se substituer aux Banques à hauteur de 5 milliards € prélevés sur les dépôts du Livret A.

    En résumé, les différentes mesures annoncées visent bien à la recapitalisation des Banques en vue de les consolider sur le marché financier européen. En revanche, en s’en tenant aux mesures annoncées, le soutien au financement de l’économie reposera sur l’Etat, via sa garantie où à travers les structures publiques dont il est garant en dernier ressort –donc indirectement sur le contribuable en raison de l’accroissement de la dette publique - et, pour des montants très importants, sur la mobilisation de l’épargne des français (LDD, LEP, Livret A).

    Il est difficile d’affirmer catégoriquement que la récession sera très profonde, même si de nombreux clignotants sont au rouge vif. Les mesures annoncées suffiront-elles pour faire face à la récession ? A l’évidence non. La question posée est alors double : les français (comme beaucoup d’autres) seront-ils simplement inviter à se serrer la ceinture dans un système maintenu en l’état ? Tout nous y invite. Ne serait-il pas nécessaire de mener des réformes profondes de l’ensemble des circuits économiques et financiers allant au-delà de tous les discours entendus et convenus depuis des 2 décennies ? Le monde de la finance, qui tient le haut du pavé dans les discours économiques, estime que le business florissant pourra reprendre sans avoir à réformer les orientations économiques mais en transférant seulement à la société les charges de l’ajustement le temps qu’il est nécessaire ; en somme l’économie moderne va de crise en bulle et de bulle en crise, le tout étant de bien « externaliser » les centres de pertes. C’est une question qui dépasse le strict raisonnement économique ; elle est d’ordre politique. Mais faute de propositions alternatives concrètes, adaptées à la situation et tenant en même temps tous les bouts de la chaîne économique et sociale, elle n’affleure pas dans le débat public.

    • Counch
      Counch répond à le persan
      Citoyen en résistance en (...)
      • Posté à 19h10 le 22/10/2008
      • Internaute 23248
        Citoyen en résistance en (...)

      @LEPERSAN

      Je crois qu’il n’y a personne pour lire ton post qui m’a l’air super bien construit. Moi, j’avoue, j’ai pas lu, j’ai lacher à la 1ère ligne quand tu dis : je cite : « l’émission par 6 Banques de 10,5 milliards € de TSSDI (titres super subordonnés à durée indéterminée) qui seront souscrits par la SPPE) » Et puis de-ci de là, je vois quelques Sigles en lettre capital. Des %, des dépots, des garanties, des prises de participations, des apports en capital, des bulles, des fonds d’épargne règlementés, des fonds propres. (ah parce qu’il y en a aussi des sales...).

      Et pourtant je vous jure, j’adore les maths et la physique, et depuis le début de cette crise, je cherche à comprendre, j’essai d’ajouter tous ces sous de les soustraires, de me faire une vision générale. Bref, j’essaye d’être pragmatique ! !

      bo ! ! ! ! y arrive pô...j’parles pô la langue. J’dois et’ trop con ! ! ! !

      • le persan
        le persan répond à Counch
        FINANCIER
        • Posté à 19h56 le 22/10/2008
        • Internaute 28089
          FINANCIER

        Cher COUNCH

        J’ai essayé de décrire assez précisément le montage retenu dans les différentes mesures annoncées car la presse n’en a fait que des présentations très générales en reprenant essentiellement les phrases de la communication gouvernementale. Ceci étant, il me paraît important que le public connaisse bien le détail technique de ces opérations et la lecture qu’en font les professionnels de la finance.

        Je vous concède aisément que cela n’est pas facile pour un non-professionnel ou un non-familier de ces questions. Il aurait été intéressant que la presse spécialisée fasse ce genre d’analyse (mais je doute qu’elle le voudrait, vu le contenu...) ou que la presse quotidienne aille plus au fond du sujet, s’intéresse aux détails et les traduise dans un langage accessible à une bonne partie du lectorat mais sans dénaturer le fond. De ce point de vue, il y a une cruelle lacune. Je profite donc des libres colonnes numériques de Rue 89, mes propos pouvant bien sûr toujours faire l’objet de contestations soit politiques de la part de tous, soit techniques de la part d’autres professionnels.

        Enfin, sur le fond, il me semble essentiel qu’il soit connu -et vérifiable - que le plan de recapitalisation des Banques n’a nullement pour objet de soutenir l’économie comme il a été annoncé.

         
        • Counch
          Counch répond à le persan
          Citoyen en résistance en (...)
          • Posté à 20h07 le 22/10/2008
          • Internaute 23248
            Citoyen en résistance en (...)

          Mais 1+1 ne fait-il pas 2 en économie ? ? ?

          • le persan
            le persan répond à Counch
            FINANCIER
            • Posté à 20h20 le 22/10/2008
            • Internaute 28089
              FINANCIER

            Non, ça peut faire un résultat négatif et même abyssalement négatif ou faire un résultat colossalement supérieur à 2, mais pas infini - c’est pourquoi les financiers finissent toujours par se planter : on appelle ça l’explosion d’une bulle spéculative. Une toute petite goutte de justice dans un océan d’inégalités et d’injustice.

            • Counch
              Counch répond à le persan
              Citoyen en résistance en (...)
              • Posté à 20h37 le 22/10/2008
              • Internaute 23248
                Citoyen en résistance en (...)

              Mais le monde n’est-il pas régit par les lois de la physique ? ? ?

              • le persan
                le persan répond à Counch
                FINANCIER
                • Posté à 20h43 le 22/10/2008
                • Internaute 28089
                  FINANCIER

                Mais qui a dit que les lois de l’économie étaient semblables aux lois de la physique ? Des économistes de l’école libérale. Ne les écoutez pas. D’ailleurs ils se sont plantés à chaque bulle spéculative.

                • Counch
                  Counch répond à le persan
                  Citoyen en résistance en (...)
                  • Posté à 20h59 le 22/10/2008
                  • Internaute 23248
                    Citoyen en résistance en (...)

                  Donc, si je comprend bien , on essaie de faire tourner un monde qui n’obéit à aucune loi de la physique dans un monde qui lui ,est régit par ces lois et on pense sincèrement que ça va fonctionner.

                  Moi, je vous assure, dans notre monde à nous, lorsque l’on essaye de faire rentrer un gros rond dans un petit carré, ça marche pas. On a beau essayé, ça marche pas. Ah si pardon ! ! ! Avec une bonne illusion d’optique, ça peut marché, ça vous rappelle rien ça ? L’illusion...

                  C’est 2000 ans d’histoire de l’argent qu’il faut réinventer et non pas essayer de rafistoler les 20 dernières.

                  @LEPERSAN ceci n’est pas une attaque perso...

                  • le persan
                    le persan répond à Counch
                    FINANCIER
                    • Posté à 22h44 le 22/10/2008
                    • Internaute 28089
                      FINANCIER

                    @ Counch

                    J’ai bien compris que ce n’était pas une attaque perso puisque malgré mon job, je ne pense pas défendre la poule aux oeufs d’or des bonus, stock options et golden parachutes.

                    Si vous abordez la question sur le plan métaphysique, je vous répondrais également que le gros rond de notre confusion mentale a, en pure théorie mathématique , beaucoup de mal à rentrer dans le carré du monde. Pourtant c’est ce qui se passe tous les jours ! Donc il y a beaucoup d’illusions, dont - comme vous le remarquez justement - le marché, et en bon financier j’ajouterais que la super illusion, c’est le marché parfaitement concurrentiel, sans oligopoles, sans rentes de situation, sans asymétrie d’information, sans choix irrationnels et non-mu par les instincts les plus primaires : l’avidité sans bornes et la rapacité à s’approprier les biens, le travail et la dignité (ça se vend aussi) des autres. Je n’ai pas encore vu de solutions simples pour résoudre ces problèmes là et qui ne les recréeraient pas un peu plus loin sous une forme finalement peu différente.

                    • Counch
                      Counch répond à le persan
                      Citoyen en résistance en (...)
                      • Posté à 23h48 le 22/10/2008
                      • Internaute 23248
                        Citoyen en résistance en (...)

                      La solution n’est que trop simple.
                      Quelle est le but de l’argent si ce n’est l’échange ?
                      L’argent n’est pas un produit mais un moyen d’échange. Penser le contraire, c’ est oublier ses origines.

                      A partir de là, il ne suffit qu’a définir la valeur des choses, ou des services. Et celà n’est pas le rôle de la finance mais plutôt de la politique et des hommes.

                      Ceci n’est pas de la métaphysique mais il s’agit plutôt de revenir à un point fondamental : nous vivons dans un monde réel... palpable...

                      Personne en ce bas monde n’est capable de donner une explication scientifique du système économico-financier dans lequel nous vivons. Et pourtant, la solution est si simple.
                      Celui-ci ne peut s’expliquer pour la bonne et simple raison qu’il est asurde ! !

                      A bientôt.

                      • le persan
                        le persan répond à Counch
                        FINANCIER
                        • Posté à 00h21 le 23/10/2008
                        • Internaute 28089
                          FINANCIER

                        Le problème, c’est que la valeur des choses est définie par la préférence que nous leur donnons et, comme vous le dites, ce nous, ce sont les hommes et la politique. Si la finance perturbe apparemment le processus de valorisation des biens, c’est que politiquement et résultant du jeu des affrontements entre groupes sociaux, la société l’admet, comme l’illustre la victoire électorale du néo-libéralisme dans un nombre croissant de pays au cours des 2 dernières décennies. Nous vivons donc dans un monde palpable et réel et si nous ne sommes pas satisfaits de la valeur donnée aux biens et aux personnes dans notre société, il faut, à travers l’action politique, changer les critères d’évaluation.

                        Je suis d’accord avec vous pour considérer qu’il n’y a pas d’explication scientifique du système économico-financier dans lequel nous vivons ; c’est le pur produit de l’histoire et de la dynamique conflictuelle entre les individus et groupes sociaux et cela n’a rien de naturel.

                        Ce système n’est cependant plus incompréhensible si on l’envisage de ce point de vue : la capacité de certains à s’approprier le maximum de richesse collective au détriment de tous les autres et à mettre en place les mécanismes de conservation de leur patrimoine - qu’on soit en régime néolithique, monarchique, féodal, capitaliste ou communiste. Evidemment, là ça se corse !

                        A bientôt

  • pbardet
    pbardet
    Analyste/Programmeur
    • Posté à 18h23 le 22/10/2008
    • Internaute 56713
      Analyste/Programmeur

    J’ai plutôt l’impression que c’est le capitalisme qu’on sauve.
    Autant on a été rapide à condamner le socialisme ou le communisme, autant le capitalisme ne peut pas faillir. Cela doit marcher. À tout prix.

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