Decryptage 15/10/2008 à 22h49

Avec la crise, Marx redevient capital

François Krug | Journaliste Rue89



Jaquettes du ’Capital’ de Marx (DR).


Depuis le krach, les ventes du « Capital » explosent. Le pavé de Karl Marx n’est pas encore un best-seller, mais cent quarante ans après sa parution, il fait un retour en force dans le débat public. Jusqu’à devenir le livre de chevet d’Alain Minc.

« Marx est de nouveau à la mode », se félicite dans un quotidien allemand le patron de la maison d’édition berlinoise Karl-Dietz-Verlag. Chiffres à l’appui. En 2005, il n’avait vendu que 500 exemplaires du « Capital ». Cette année, il en a déjà écoulé 1 500.

L’économie industrielle britannique du XIXe siècle à la mode ?

« Le Capital » à la mode ? « Vous me l’apprenez, s’étonne-t-on chez un de ses éditeurs de ce côté-ci du Rhin, les Presses universitaires de France (PUF). Mais si c’est vrai, c’est une très bonne nouvelle. » Et vérification faite dans les comptes de la maison, la nouvelle est effectivement vraie.

Jusqu’ici, les PUF vendaient une cinquantaine d’exemplaires du livre 1 du « Capital » par mois. Mais en juillet, 94 ont trouvé preneur. Et passé août, mois creux pour l’édition universitaire, la tendance s’est accélérée : 117 en septembre, et 150 prévus pour octobre.

Marx ne peut pas encore rivaliser avec Amélie Nothomb, qui a vendu 140 000 exemplaires de son dernier roman en moins de deux mois. Mais ces chiffres ne sont pas négligeables pour une maison de la taille des PUF. Et pour une critique en plus de 1 000 pages de l’économie industrielle au XIXe siècle.

Gallimard et Flammarion, qui ont récemment réédité « Le Capital » en poche, n’ont pas donné suite à nos sollicitations. Mais selon les estimations d’Edistat, le coffret intégral chez Folio (deux volumes et 3 000 pages) s’est vendu à 1 552 exemplaires depuis juin. Flammarion aurait écoulé 117 exemplaires de son édition de poche sortie fin août, dont près d’un quart rien que la semaine dernière.

Qui achète aujourd’hui « Le Capital » ? Dans sa préface, Marx avait lui-même défini le profil de ses lecteurs :

« Je suppose naturellement des lecteurs qui veulent apprendre quelque chose de neuf et par conséquent aussi penser par eux-mêmes. »

Coup de gueule : quel article ici a remis en question le capitalisme ?

Penser par eux-mêmes, plutôt que de subir une pensée dominante diffusée par les médias. Y compris par les meilleurs sites web, comme en témoigne le coup de gueule que nous a adressé un riverain, nemo3637 :

« On a eu droit, de début septembre à aujourd’hui, à presque tous les poncifs de la pensée libérale -à de rares exceptions près. On ne demande certes pas aux journalistes de tout savoir, mais on peut leur demander quand même d’aller puiser leur information à des sources diverses et de pouvoir réellement informer pour susciter un vrai débat, avec tous les éléments en main. Quel est l’article ici qui a remis en question le capitalisme lui-même et son économie ? »

Notre riverain nous renvoie à une interview d’Immanuel Wallerstein dans Le Monde. Le sociologue américain y fournit une longue et passionnante analyse historique. Et il se montre effectivement moins timoré qu’un journaliste :

« La situation devient chaotique, incontrôlable pour les forces qui la dominaient jusqu’alors, et l’on voit émerger une lutte, non plus entre les tenants et les adversaires du système, mais entre tous les acteurs pour déterminer ce qui va le remplacer. Je réserve l’usage du mot “crise” à ce type de période. Eh bien, nous sommes en crise. Le capitalisme touche à sa fin. »

Capitalisme pur contre capitalisme dévoyé : une vision sarkozienne

« Capitalisme » : depuis la chute des régimes communistes d’Europe de l’est, ce mot avait presque disparu du vocabulaire, éclipsé par « libéralisme » et « mondialisation ». Aujourd’hui, même Nicolas Sarkozy n’hésite plus, comme dans son discours de Toulon, à en user et abuser. Mais avec une définition qui ne convaincrait peut-être pas Marx :

« Le capitalisme, ce n’est pas la primauté donnée au spéculateur. C’est la primauté donnée à l’entrepreneur, le capitalisme, c’est la récompense du travail, de l’effort et de l’initiative. Le capitalisme, ce n’est pas la dilution de la propriété, l’irresponsabilité généralisée. Le capitalisme, c’est la propriété privée, la responsabilité individuelle, l’engagement personnel, le capitalisme, c’est une éthique, c’est une morale, ce sont des institutions. C’est d’ailleurs le capitalisme qui a permis l’essor extraordinaire de la civilisation occidentale depuis sept siècles.

“ La crise financière, que nous connaissons aujourd’hui, mes chers compatriotes, n’est pas la crise du capitalisme. C’est la crise d’un système qui s’est éloigné des valeurs les plus fondamentales du capitalisme, qui, en quelque sorte, a trahi l’esprit du capitalisme. Je veux le dire aux Français : l’anticapitalisme n’offre aucune solution à la crise actuelle. Renouer avec le collectivisme qui a provoqué dans le passé tant de désastres serait une erreur historique.”

Alain Minc en seul et vrai disciple de Marx

Mais le marxisme s’est trouvé un défenseur dans l’entourage du président. Alain Minc, qui expliquait pourtant à notre journaliste Sophie Verney-Caillat que le capitalisme “est notre oxygène”, se considère en effet aujourd’hui comme le seul et vrai disciple de Marx. Du moins, à en croire un échange étonnant avec Jean-Michel Aphatie à propos de parachutes dorés, le 7 octobre sur RTL :

Minc : “ Ecoutez, si la bourgeoisie n’est pas capable de traiter elle-même ce problème, pour employer un mot marxiste, pour ne pas dire les patrons… ”

Aphatie : “ Ah oui, dans votre bouche : ‘si la bourgeoisie’ ! Effectivement… ”

Minc : “ Mais je suis le dernier marxiste français à certains égards... ”

L’essayiste avait peut-être lu la correspondance de Marx, qui écrivait en 1867 que son livre était “certainement le plus terrible missile qui ait encore jamais été lancé à la face des bourgeois (y compris les propriétaires fonciers).” Et Alain Minc le sait bien : mieux vaut être du côté de celui qui tire le missile que de celui qui le reçoit.

Photo : jaquettes du ’Capital’ de Marx (DR).

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  • mamouth
    mamouth
    incognito
    • Posté à 23h40 le 15/10/2008
    • Internaute 51090
      incognito

    Alain Minc marxiste et Sarkozy reprenant des bribes de « Weber pour les nuls »... c’est d’autant plus drôle que ni l’un ni l’autre n’ont l’air de réellement comprendre ce qui se déroule sur les marchés et que l’expression « crise du capitalisme » telle que la définit Wallerstein cerne bien. Le problème vient peut être justement de ce qu’on manque un peu de gens « qui veulent apprendre quelque chose de neuf et par conséquent aussi penser par eux-mêmes », ces derniers temps...

  • Jaycib
    Jaycib
    Désagrégé de l'Université
    • Posté à 00h01 le 16/10/2008
    • Internaute 37053
      Désagrégé de l'Université

    Encore faudrait-il, non pas simplement lire Marx, ce qui est une tâche ardue qu’on ne peut mener à bien en une semaine et sans l’aide de personnes bien informées, mais encore donner à penser ce qui, chez Marx, permet de comprendre les événements actuels (en complétant si possible ses enseignements par ceux des disciples ou des critiques de Marx).

    C’est ainsi, par exemple, que l’on pourrait indiquer en quoi la caractérisation de l’impérialisme capitaliste selon Lénine (l’appropriation violente des ressources naturelles des économies non intégrées au mode de production capitaliste) se distingue de celle de Rosa Luxemburg, pour qui le vice premier du capitalisme tient à sa proprension à dépendre de prêts internationaux à ces mêmes économies non- ou sous-développées, naturellement incapables de les rembourser.

    C’est évidemment un énorme débat qui n’aura sans doute pas lieu sur Eco89 ou Rue89 faute de temps (car l’actualité nous devance constamment !).

    Mais il serait en tout cas urgent de tirer au clair la différence entre la réflexion de Marx et celle de prétendus « penseurs » qui, en fait, s’éloignent complètement de son analyse pour proposer des schémas de production soit irréalisables, soit franchement réactionnaires. (Beaucoup de fascistes ont débuté leur carrière politique en endossant la critique impitoyable du capitalisme que Marx a incarnée pendant plus d’un siècle...)

    Minc est impayable ! Il faut dire qu’il a eu de nombreux prédécesseurs dans ce genre de loufoquerie – par ex. des profs de fac ou des chercheurs ( ?) prétendant ne trouver en Marx que de multiples données empiriques échappant à toute systématisation.

  • Le Yéti
    Le Yéti
    yetiblog.org
    • Posté à 00h15 le 16/10/2008
    • Internaute 6095
      yetiblog.org

    MANQUE D’IMAGINATION

    Que le bon vieux Capital de Karl Marx revienne en vogue en cette période de déconfiture du capitalisme, témoigne pour le moins, hélas, d’un solide manque d’imagination de la part de ceux qui voudraient aujourd’hui trouver des solutions à notre dramatique crise de civilisation.

    • nidieunimaître
      • Posté à 07h30 le 16/10/2008
      • Internaute 34536

      Oui et non. Il est également nécessaire de connaître les « anciens » pour proposer des choses nouvelles.

    • pablico
      pablico répond à Le Yéti
      À la porte d'un sourd, 
un jour (...)
      • Posté à 13h31 le 16/10/2008
      • Internaute 14278
        À la porte d'un sourd, 
un jour (...)

      la loi de la jungle est la loi ’divine’, puisque naturelle, le plus fort a raison et impose sa loi même si elle est bête et méchante, même si elle est meurtrière, même si elle fait des ravages.

      la « loi des hommes’ qui essaye de mettre de l’ordre là dedans, ne tient jamais longtemps, puisque basée sur un concept.

      concepts vécus (non exhaustifs) :

      on a eu les républiques antiques, les théocraties, la royauté théocratique, les républiques bourgeoise en passant par un empire, et des républiques gaullistes ou l’on a mixé un capitalisme-social... sans compter le communisme(marxisme dévoyé par la loi de la jungle) ailleurs et le capitalisme pur et dur, le libéralisme, la dictature.

      mais percevrons à trouver une loi-concept à peu près juste même si elle ne dure qu’un temps….car la loi de la jungle, souvent masquée, revient malheureusement toujours au galop. (chassez le naturel et il revient au galop)

  • violeta
    violeta
    psy
    • Posté à 00h25 le 16/10/2008
    • Internaute 34895
      psy

    vous ne trouvez pas que la rue devient déserte ? ....

    Un bien étrange pari est lancé : le capitalisme est il parvenu à sa fin ? Si c’est le cas il aura vécu et implosé de lui même par ses excès et non pas par des volontés majoritaires ramollies par l’appât du gain. S’il perdure c’est bien parce que tous (et les petits aussi) courent comme des fous après la spéculation. Je m’explique cette faiblesse générale mais je ne la pardonne pas, vu les conséquences irréversibles qu’elle engendre.

    Et Minc en remet une couche : » si les États avaient fait en 1929 ce qu’ils font aujourd’hui hé bien » ose t-il avec un air de potache faussement courageux « Hitler n’aurait probablement pas existé ! » Et toc ou « na ! », il nous ressert « le pire » pour qu’on la boucle. Facile de considérer le terreau du capitalisme comme extérieur aux horreurs qui s’installent -dès lors- sur notre planète et de dire que nous n’avons qu’une SEULE SOLUTION : c’est de le soigner activement à chaque fois qu’il s’enrhume car sinon il y le grand méchant loup qui va encore faire plus de mal que lui ! ... Comme s’ils étaient étrangers les uns aux autres ! Non mais, nous ne sommes pas si sots ! Les plus grosses fortunes se sont crées lors d’échanges commerciaux avec l’Allemagne de 1939, demandez vous pourquoi ? Le malheur enrichit, Il n’y a qu’à voir aujourd’hui l’état des pays en voie de développement écrasés par la DETTE et les matières premières qui sont détournées des pays où sévit la GUERRE. A qui cela profite-il ?

    MARX revient ? Il n’est jamais parti, ce sont les gens qui se sont détournés.

  • Anonyme

    1911 Cartoon by Robert Minor has Wall Street embracing Karl Marx. Certain avait compris bien avant les autres.
    Lien
    A plus.

  • libalise
    libalise
    Travailleur indépendant
    • Posté à 01h21 le 16/10/2008
    • Internaute 55384
      Travailleur indépendant

    N’oubliez pas Prouhon !

    « La propriété c’est le vol ! »

    Qui dit mieux ?

    • Anonyme répond à libalise

      Bonjour, moi, donne moi ta montre et je te donnerai l’heure !
      A plus

  • nemo3637
    nemo3637
    Déchoukeur
    • Posté à 03h46 le 16/10/2008
    • Internaute 44521
      Déchoukeur

    Ce serait certes intéressant d’approfondir la pensée de Marx, de commenter son interprétation par Lénine, Staline ou Trotsky. Mais est-ce bien l’enjeu en ce moment ? Ne serait-ce pas plus utiles se servir des expériences concrètes du passé, de celles qui prétendaient édifier un nouveau modèle, pour élaborer, proposer aujourd’hui quelquechose de nouveau, qui ne soit pas justement la réplique du Goulag ? Y a t-il une place pour un projet anti capitaliste et libertaire ? Ce n’est parce que certaines de ces expériences du passé, complaisamment montrées par les partisans du capitalisme libéral, ont tourné au cauchemar qu’il faut systèmatiquement s’interdire de proposer des utopies.

  • Le Yéti
    Le Yéti
    yetiblog.org
    • Posté à 07h46 le 16/10/2008
    • Internaute 6095
      yetiblog.org

    « KRACH 1995-2008 : Dire la vérité au peuple »

    Il n’y a pas que Karl Marx ! J’ai mis le titre de ce commentaire en italique et entre guillemets, car il n’est pas de moi mais d’un certain Jacques Cheminade. Je ne partage pas totalement à l’identique tous ses propos, toutes les solutions qu’il suggère, mais force est de constater que son analyse est d’une puissance étourdissante. Et prémonitoire quand on constate que certains de ses propos datent de la campagne présidentielle de 1995.

    PS : il me semblerait intéressant que Rue 89 ou sa petite sœur Eco 89 mettent en valeur, un peu mieux que dans ce modeste commentaire, les analyses de ce monsieur. (On en trouve encore Lien ou Lien).
    Encore une fois, nulle question pour moi de verser une quelconque hagiographie idolâtre. Mais dans ce monde pris de folie suicidaire, toute tentative de compréhension un tant soit peu raisonnée me paraît mériter détour.

    • Jaycib
      Jaycib répond à Le Yéti
      Désagrégé de l'Université
      • Posté à 10h24 le 16/10/2008
      • Internaute 37053
        Désagrégé de l'Université

      Mon cher Yéti

      Ne sois pas si enthousiaste au sujet de Jacques Cheminade, ancien candidat à la présidence de la république, et représentant en France de Lyndon H. LaRouche, du U.S. Labor Party, lequel a commencé sa carrière comme dissident trotskyste (dans deux groupuscules successifs) et occupe aujourd’hui une place plus ou moins à l’extrême-droite de l’échiquier politique américain.

      Les textes de Cheminade te plaisent ? Ce n’est pas un mauvais gars personnellement, mais un utopiste qui a fait certaines bonnes lectures et d’autres beaucoup moins bonnes. C’est un énarque diplômé d’HEC et ancien du Quai d’Orsay. Il a été recruté par LaRouche dans les années 70 alors qu’il était conseiller commercial à l’antenne de l’ambassade de France à New York. Je ne pense pas qu’il ait été partie prenante aux turpitudes politiques (réalignement sur les positions des pires réactionnaires, y compris des néo-cons) de LaRouche, car il résidait à l’écart en France. Pour une raison ou pour une autre, Cheminade a refusé de reconnaître l’évolution ultra-droitière de son mentor, et cultive son minuscule jardin à Paris. C’est dommage qu’il ait bousillé une carrière qui aurait pu être beaucoup plus brillante comme représentant d’une nouvelle gauche internationaliste en France.

      Cf. mon précédent post, où j’indique que l’heure est venue de distinguer les dignes héritiers de Marx de ceux qui s’en sont dangereusement éloignés.

    • A déménagé le 25 octobre
      • Posté à 11h39 le 16/10/2008
      • Internaute 33755

      J’appuie entièrement les propos de Jaycib et je vais compléter.

      « Mon cher Yéti »,

      tu te méprends sur le compte de Cheminade.
      Cela fait plusieurs fois que je post un compte rendu sur ce personnage et son association.
      Dans une de mes démarches citoyennes, je les ai infiltrés et étais en relation avec la MIviludes.
      J’ai plusieurs fois vu sur ton site des références à eux qui me laissèrent un gout fortement amer. Bien que ton amour pour la justice se transforme parfois en foudre, point de haine dans tes propos. Quant à eux je ne dirai pas la même chose : je te prie de prendre de tes distances, ils ne te méritent pas.

      J’aurai de la tendresse mêlée de compassion pour eux, s’ils ne trainaient pas quelques casseroles et pas des moindres : suspecté de meurtre et accusé d’escroquerie. Si les bons sbires de Cheminade passent par ici, qu’ils viennent s’en défendre, qu’ils viennent en discuter, on va se marrer... ou plutôt pleurer. je pense notamment à Berti, soi-disant chercheur, qui post souvent ici et ne répond jamais. Ces gens fuient le débat.

      Cheminade a des airs angéliques. Mais nombreux sont les démons qui l’habitent.
      J’ai quelques questions pour lui :

      1. Pouvez-vous, Monsieur Cheminade, nous éclairer sur la disparition de Jerry, étudiant anglais de confession juive et fraîchement recruté à la sortie d’une bouche de métro parisien par Michel ( ?) individu canadien dont la femme a des crises de transe lors de vidéoconférences de LaRouche ? Il fut retrouvé nu et mort sur les routes d’Allemagne non loin de votre Institut Schiller. Selon la police allemande, il aurait été percuté par deux voitures.

      2. Pouvez-vous nous donner la liste des 512 maires ayant déposé des signatures pour votre accession à la candidature à la présidentielle de 1995 ?

      3. Pouvez-vous nous expliquer comment vous aller « javeliser les tuyaux de canalisations afin de repousser la Peste qui revient à grand pas » ? Je cite un de vos associés, et si vous voulez, je balance l’écoute téléphonique...

      4. Pouvez-vous nous expliquer pourquoi un de vos aide-conférencier ferment la porte à clé pour le jeu des questions-réponses à la fin des vidéoconférences de Lyndon LaRouche ?

      5. Pouvez-vous nous expliquer la pertinence d’un retour à la machine à vapeur ? Et pouvez-vous nous donner votre point de vue sur un retour au Bel Canto, chant soi-disant le plus noble et qui devrait remplacer tout autre musique ?

      6. Pouvez-vous expliquer le grand désarroi qui habitent vos cadeptes, leurs états d’angoisses généralisés, leur attitudes sectaires qui refusent les avis des autres ?

      Si vous répondez à ces questions, je serai ravi de pouvoir vous en poser d’autres...

      @ Le Yéti, à bon entendeur...

    • nemo3637
      nemo3637 répond à Le Yéti
      Déchoukeur
      • Posté à 13h45 le 16/10/2008
      • Internaute 44521
        Déchoukeur

      Même les pires des fachos ont eu des critiques pertinentes à propos du capitalisme. Je partage les opinions des internautes au sujet de Jacques Cheminade. Je salue au passage la haute tenue des commentaires - dont ceux du Yéti -, dans l’ensemble, leur pertinence, même si je ne suis pas toujours d’accord avec eux. On voit nettement que la critique avance, que finalement on y voit plus clair.
      Cela dit combien de gourous allons-nous citer avant de passer à l’action ?

      • A déménagé le 25 octobre
        • Posté à 14h36 le 16/10/2008
        • Internaute 33755

        Oui, comme Hitler qui fustigeait la couardise des français au lendemain des accords de Munich...

        Bref, comme le disait Diderot (en des termes plus justes), Dieu n’a pas créé de chef ni de serviteur, alors je ne veux recevoir ni n’édicter de lois...

        nb : j’ai remarqué que sur Eco89, ça castagne ou cherche des noises beaucoup moins voire pas du tout. Est-ce la couleur dominante du bleu ? ..

  • nidieunimaître
    • Posté à 07h53 le 16/10/2008
    • Internaute 34536

    J’ai vu plusieurs de ses vidéos et ses propos sont intéressants. Cependant, n’était-il pas facile de prévoir ce qui allait se produire dès 1989 ? Il n’y avait qu’à voir l’euphorie des dirigeants occidentaux lors de la chute du Mur -euphorie légitime- pour savoir à quelle sauce nous allions être mangés ! Plus d’opposition au capitalisme ? Un boulevard s’ouvrait à eux !
    il ne faut pas être diplômé de grandes écoles pour comprendre que la spéculation est nuisible. Il suffit juste de feuilleter un bouquin sur la crise de 29 pour le savoir. La spéculation poursuit toujours le même objectif : enrichir une minorité. Seuls les produits (en l’occurence les produits dérivés) changent. La prochaine bulle est déjà dans les cartons. Vu que le gouvernement vient de consacrer une enveloppe de 570 millions (si mes souvenirs sont bons) à un centre de recherches sur les nano-technologies, m’est avis qu’il faudra lorgner de ce côté pour faire des affaires !

    • Le Yéti
      Le Yéti répond à nidieunimaître
      yetiblog.org
      • Posté à 07h56 le 16/10/2008
      • Internaute 6095
        yetiblog.org

      @ nidieunimaitre

      « La prochaine bulle ... »

      Z’auront pas le temps !

  • Pépé61
    Pépé61
    Enterré vivant
    • Posté à 08h37 le 16/10/2008
    • Internaute 31199
      Enterré vivant

    Wouahou, Minc relisant le Capital, et pouquoi pas Siné rejoignant les témoins de Jehovah ? Vraiment, ça va mal sur tous les fronts.

  • Carmagnole
    Carmagnole
    retraité de l'Education (...)
    • Posté à 09h56 le 16/10/2008
    • Internaute 44234
      retraité de l'Education (...)

    Que les thuriféraires du libéralisme « redécouvrent » Marx est le signe « d’une panique idéologique » ( comme écrivait Marx,en dernier ressort la réalité s’impose !) mais aussi de « l’allumage » d’un contre-feu à la prise de conscience des peuples sur la réalité du capitalisme...donc attention à ne pas se faire piéger une fois de plus !
    Quand à la déclaration de Sarkozy ... » le capitalisme c’est une éthique,c’est une morale... » il a simplement omis ( ou occulté ) de préciser ...dans l’intérêt de qui ? Pour lui venir en aide je lui conseille la lecture de « Capitalism and Freedom » de Milton Friedman,chantre du capitalisme et inspirateur des politiques US .

    page 133 il écrit :
    « L’opinion selon laquelle les dirigeants des compagnies auraient une responsabilité sociale autre que celle de SERVIR LES INTERÊTS DES ACTIONNAIRES dénote une méprise fondamentale de la NATURE ET DES CARACTERISTIQUES DE LA LIBRE ENTREPRISE ET DU LIBRE MARCHE. »

    A coup sûr ce Monsieur a lu Marx ! ! ! !
    Avec lui pas de langue de bois ! La réalité du système dans sa cruauté !

    • Jaycib
      Jaycib répond à Carmagnole
      Désagrégé de l'Université
      • Posté à 11h08 le 16/10/2008
      • Internaute 37053
        Désagrégé de l'Université

      Carmagnole

      En effet ! Mais Friedman n’est que l’un des interprètes de cette « pensée » toute dévouée à l’augmentation de la « valeur » apportée aux actionnaires. Sa vision des choses l’a temporairement emporté. Elle est discréditée par la crise d’aujourd’hui.

      Dans les années 80, Jimmy Goldsmith, ancien propriétaire de l’Express, ne disait pas autre chose. J’ai assisté à un débat entre lui et deux grands patrons américains (dont le PDG de General Electric), qui étaient verts de rage, car à l’époque la conception friedmanienne n’était pas encore victorieuse. Eux avaient une vision plus équilibrée des choses : responsabilité de l’entreprise envers la communauté, nécessité de l’augmentation des salaires, etc.

      Goldsmith lui-même a connu par la suite son propre chemin de Damas, car il s’est tout soudain converti à l’écologisme, ayant été convaincu (par qui ?) de la nécessité d’une culture capitaliste frugale face à la dévastation de l’environnement.

      Minc n’est ni d’un camp ni de l’autre. Ce n’est qu’un opportuniste et un imposteur.

    • A déménagé le 25 octobre
      • Posté à 13h05 le 16/10/2008
      • Internaute 33755

      Une lecture actuelle de ces propos est possible. Il suffit d’aller consulter les comptes rendus d’Assemblée Générale des multinationales et les speech de leurs présidents destinés à leurs « chers actionnaires ».

      Je vous invite à le faire via google. C’est très simple. Tapez « assemblée générale » + « pdf » + « le nom de l’entreprise ». C’est édifiant.

      J’ai découvert ceci en faisant des recherches sur Syngeta et Monsanto.

      Exemple :
      « … L’avenir auquel nous faisons face, ouvre de vastes horizons à Syngenta, en tant qu’entreprise d’agribusiness. Je serais ravi que vous continuiez de contribuer avec intérêt au développement dynamique de notre entreprise.
      Nous allons exploiter notre stratégie et notre force innovatrice pour générer en permanence des plus-values dans votre intérêt, chers actionnaires. Je vous remercie de la confiance que vous accordez à Syngenta ! » Heinz Imhof, ancien président de Syngenta, AG de 2006.

      Traduction : Michel Serres dans son livre la « Guerre du Monde » nous interpelle sur l’extrême dangeurosité de la realpolitik. Un pays qui n’a pas d’eau et en demande à un autre, se voit envoyer de fringants diplomates qui leur rétorque l’impossibilité d’une telle aide. Pourquoi ? cela va à l’encontre de la stratégie commerciale et de l’intérêt de leurs multinationales ! C’est-à-dire que l’on se bat contre nous mêmes, contre les piliers de notre civilisation.
      Cet exemple est une version à plus large échelle du passage que je cite plus haut.

      Effectivement, en blindant les terres des produits de Syngenta, cette entreprise accroitera sa production donc ses rentrées d’argent, tout cela grâce à la bienveillance des pouvoir politiques. Tout heureux, son président l’annonce à ses chers actionnaires : « exploiter notre stratégie »... sous entendu de lobbying ! Quid du principe de précaution et des avis scientifiques sur les produits de syngenta, pesticides et OGM ? à la trappe car cela va à l’encontre de leurs intérêts. Et il le dit, ce monsieur, à ces actionnaires : tout faire pour « dégager des plus-values dans votre intérêt »... Mais de quel intérêt parle-t’il, de quel bénéfice ? celui de l’âme civilisationnelle ou du portefueille. Du portefeuille, bien évidemment ! Le but financier écrase le bien-être, renvoie l’âme de notre civilisation aux orties, dépouillent notre coeur qui est dénué de tout sens stratégique ! Résultat ? nous nous battons contre nous-même, nous nous auto-déclarons la guerre, nous érigeons le masochisme comme culture du « progrès » car nous laissons faire la sacrosainte libre entreprise libérer le marché ; la responsabilité sociale est réduite au néant.

      Ici le capitalisme n’est pas en question, mais l’ultra-libéralisme. On peut très bien satisfaire les besoins de notre âme en redirigeant, réorientant les objectifs des entreprises. Le capital et son utilisation doivent être remis en adéquation avec nos besoins primaires, ceux qui renforcent en permanence les piliers de notre civilisation, pas les poches des actionnaires et les comptes en banque d’une poignée d’individu.

  • Albufera
    Albufera
    Observateur.
    • Posté à 10h22 le 16/10/2008
    • Internaute 29241
      Observateur.

    C’ est au prix de mille contorsions intellectuelles que les économistes lisent dans Marx l’ explication des rouages de l’ économie contemporaine (la financiarisation de l’ économie actuelle lui était inconnue : sa théorie de la valeur et de la formation des prix ne peut plus s’ appliquer. Quid de la baisse tendantielle du taux de profit ?) : la pensée économique s’ illusionne en utilisant les mêmes concepts théoriques d’ un bout à l’ autre de l’ histoire économique alors qu’ ils recouvrent une réalité tout à fait différente dans le temps (qu’ est-ce qu’ une rente au XIX et au XX ème ?). Le présent n’ est-il pas au contraire le triomphe des penseurs des équilibres du marché, de sa transparence, de la concurrence pure et parfaite alors qu’ internet nous permet de comparer les prix d’ un même produit sur toute la planète ? Marx redevient pertinent dans son analyse sociale du capitalisme peut-être parce que la condition des salariés redevient ce qu’ elle a été au XIX siècle avec un antagonisme entre riches vivant du capital et pauvres vivotant de leur travail (c ’est le retour du salaire de subsistance), la classe moyenne et intermédiaire disparaissant. Et si on relisait les Misérables ?

    • KIKI21000
      KIKI21000 répond à Albufera
      retraité
      • Posté à 18h01 le 16/10/2008
      • Internaute 53190
        retraité

      Le talon de fer de Jack London est une très bonne vulgarisation de Marx et des idées socialistes (le vrai),

      Pour ceux qui se lancent dans « le capital » bon courage !

    • Jaycib
      Jaycib répond à Albufera
      Désagrégé de l'Université
      • Posté à 18h25 le 16/10/2008
      • Internaute 37053
        Désagrégé de l'Université

      Pour Albufera :

      Marx n’avait peut-être pas anticipé la financiarisation du capitalisme, mais sa disciple Rosa Luxemburg (« L’accumulation du capital », jadis publié par Maspero) l’a par contre parfaitement comprise. Ce livre est un chef-d’oeuvre de lucidité et de compétence mathématique (que Marx n’avait pas).

      La financiarisation est la preuve de la baisse tendancielle du taux de profit (c’est expliqué par Luxemburg). Quand on ne parvient plus à dégager des marges suffisantes de la production (car il y a toujours des emprunts à rembourser...), on cesse de produire et on investit dans les « produits » financiers ad nauseam.

      La rente est inchangée. Les capitalistes le comprennent très bien. Si on appliquait leurs propres préceptes comptables (amortissement des biens fonciers, immobiliers et des équipements sur diverses périodes données et toujours FINIES), on déprécierait la valeur de ces biens progressivement jusqu’à ce qu’elle arrive à zéro (ce qui ne limiterait pas nécessairement leur valeur d’usage). C’est ce qu’ils font, et ils ne laissent que des déchets ; par contre cela NOUS est interdit par la logique du marché, avec la pénurie de logements qui gonfle artificiellement les prix d’achat et/ou de location. Je ne vois pas où est l’évolution par rapport à la critique de Marx.

      Et enfin, pour ce qui est de la critique sociale de Marx, je ne vois rigoureusement aucune différence avec le XIXème siècle. Les « agents » ont changé, les salariés des entreprises industrielles sont ailleurs (Chine, Inde, Brésil, etc.), mais l’accumulation primitive subsiste, les agriculteurs sont obligés d’aller chercher leur maigre pitance dans les usines... et le « lumpen-prolétariat » fleurit, si je puis dire, plus que jamais. La réserve de main-d’oeuvre (=chômeurs) est la plus importante de l’histoire. Et ainsi de suite.

      Je chercherais plutôt des poux (vu l’abondante chevelure de Marx !) dans son calcul de la plus-value, rendue difficilement perceptible par son utilisation ambiguë du mot « profit », qui n’a rien à voir. La plus-value (surplus généré par la production) existerait dans n’importe quel système non statique. Le problème des capitalistes n’est pas qu’ils accaparent les profits, mais qu’ils prennent abusivement possession de la plus-value, ce qui ruine les salariés et réduit à néant les possibilités d’investissements productifs. Les capitalistes s’en servent pour leur propre consommation (lucre, luxe et placements financiers, pour augmenter exponentiellement le luxe, etc.), c’est bien là le drame.

  • gw-n
    gw-n
    prof
    • Posté à 11h27 le 16/10/2008
    • Internaute 55994
      prof

    Episode 1

    Tout a commencé par une douce matinée de printemps lorsque le soleil sort de sa langueur hivernale et que les traders de Wall Street troquent la doudoune Armani pour la veste de trois-quart Hugo Boss.
    C’était une belle journée, des gazouillis de rouges-gorges, une petite rosé qui mouille les pieds lorsque l’on coupe à travers à travers la pelouse pour gagner sa voiture au sortir de la maison, et des banquiers qui accordent des prêts à tout un tas de petits ménages américains désireux de devenir propriétaires comme dans la pub de Freddie Mac.
    Mark et Tweedy sont un ménage d’une trentaine d’années, lui, ouvrier chez un sous-traitant de General Motor et elle, assistante comptable pour la ville de Lim Our. Tous les deux souhaitent faire l’acquisition d’un de ces récents pavillons de banlieue afin d’y élever leurs deux enfants et de leur offrir un cadre de vie plus agréable que celui des tours grisâtres de 15 étages avec pour seul distraction la supérette de la dalle qui ne s’est pas faite braquée ce mois-ci.
    Cela tombe rudement bien, plusieurs entrepreneurs viennent de faire construire des lotissements de maisons avec jardinets, et malgré des tarifs avoisinant les 350 000$ pour 120m², les publicités des banques fleurissent pour inciter les ménages à devenir propriétaires en empruntant un montant égal au prix de leur future acquisition s’ils acceptent la prise en hypothèque de leur logis en cas de défaillance dans les remboursements.
    Alléchés par les perspectives d’une vie plus rose et malgré des revenus somme toute modestes (2600$) sur lesquels 800$ seront chaque prélevés pour rembourser leur emprunt, Mark et Tweedy ont signé les yeux fermés sans prendre le soin de lire les lignes imprimées en tout petit qui suivent la mention : prêt à taux variable 1,1%* (*le taux d’intérêt peut varier en fonction de blablabla chute marché immobilier blablabla hausse des taux directeurs blablabla mais en aucun cas il ne peut dépasser les 10% [ouf]).
    Alors ça y est, le ver est dans le fruit, c’est même un ténia tellement il va détruire des milliards de $. Les banques américaines ont financé les promoteurs immobiliers alors que les prix des logements augmentaient et elles ont accordé des crédits à tout un tas de ménages dont le souhait le plus cher (quel humour n’est-ce pas) est de devenir propriétaire alors même qu’au moindre soubresaut économique ils seront des centaines à ne pas pouvoir payer leurs mensualités et des milliers dès lors que leur crédit à taux variable sera revu à la hausse.
    Mais peu importe, que des ménages soient dans l’incapacité d’honorer leur mensualités puisque les banques récupèrent les maisons, des maisons qui entre-temps sont censées avoir pris de la valeur puisque les prix des logements suivaient une courbe ascendante et tant pis s’il faut parfois expulser les propriétaires temporaires. C’était cela le pari, un pari sur une hausse continue de l’immobilier pour récupérer les logements et les revendre plus chers (et donc se faire encore plus de blé qu’avec un simple crédit et qui plus est avec ceux qui disposent du moins de pognon dans la société).
    [entre temps, les banques ont bien essayé de fourguer quelques crédits revolving, vous empruntez 300 000$ pour acheter une maison de 300 000$ mais au bout de 6 mois la maison est estimée 320 000$, dans ce cas la banque vous propose une petite rallonge supplémentaire de 20 000$ histoire de s’offrir un home cinéma dolby surround stereo ou pourquoi pas une petite piscine].
    Mais le printemps s’achève et l’été s’annonce pourri car plutôt pour financer leurs nouveaux crédits immobiliers, les banques ont commencé à titriser leur créances, c’est-à-dire à revendre les créances qu’ils ont sur les ménages à d’autres sociétés (assurance, sicav, fonds de pension autres banques) qui souhaitent investir dans l’immobilier en leur faisant des packages (tiens ! je te vends une créance de 100 000$ qui doit en rapporter 115 000$, allez prends c’est de la bonne j’te dis !).
    Dans le même temps, les banques ont pris des assurances sur les cours de l’immobilier afin de se protéger d’un éventuel krach.

    la suite existe, si ça vous intéresse je vous la livre

  • chinchilla1967
    • Posté à 12h35 le 16/10/2008
    • Internaute 50756
      plate

    Jean-Claude Juncker est mort

    Alors qu’il jetait l’ancre en vue des Bahamas, son yacht, le Luxeenbourge, a été frappé de plein fouet par l’ouragan qui dévaste actuellement le Guatemala. Le navire, long de 666 mètres a disparu corps et biens. Poussés par la famine des pêcheurs qui bravaient le grain ont découvert et rapporté un costume Hue Bogosse qui lui aurait appartenu. On est également sans nouvelles de Nicolas Sarkozy qui une fois n’est pas coutume n’avait pu résister à l’appel du large.

  • jck
    jck
    • Posté à 12h47 le 16/10/2008
    • Internaute 27688

    Pour ceux qui veulent en savoir un peu plus, je signale le séminaire Marx de Paris I La Sorbonne, ouvert au public, tous les samedi à partir du 18 Octobre.

    * 18 octobre 2008 | Michael Löwy • Kafka, la politique, le socialisme

    * 25 octobre 2008 | Domenico Losurdo • Nietzsche, le rebelle aristocrate

    * 8 novembre 2008 | Catherine Samary • Des contradictions des sociétés dites « socialistes » aux débats sur d’autres « modèles » : propriété sociale, État,marché

    * 15 novembre 2008 | Luciano Canfora • Peut-on critiquer la démocratie ?

    * 22 novembre 2008 | Bernard Gainot • Esclavage, abolitions, luttes armées dans les colonies françaises

    * 29 novembre 2008 | Sophie Wahnich • La longue patience du peuple

    * 6 décembre 2008 | Nicolas Tertulian • Heidegger/Lukács, quelle ontologie ?

    * 13 décembre 2008 | Jean-Claude Bourdin • Marx historien de la France moderne

    * 17 janvier 2009 | Alain Bihr • La reproduction du capital

    * 31 janvier 2009 | Olivier Neveux • Usages de Brecht

    * 14 février 2009 | Paul Bouffartigue & Sophie Béroud • Travail et précarisation

    * 21 février 2009 | André Tosel • Pourquoi s’intéresser à l’histoire des marxismes ?

    * 28 février 2009 | Yves Schwartz • Production, travail et activité

    * 7 mars 2009 | Guillaume Sibertin-Blanc • Subjectivité révolutionnaire et inconscient lutte de classes

    * 14 mars 2009 | Nicole-Edith Thévenin • Psychanalyse et marxisme

    * 21 mars 2009 | Jean Bourgault • Tours et détours de l’idéologie : la conception de l’action politique chez Sartre

    * 28 mars 2009 | Gilbert Achcar • Marx est-il orientaliste ?

    * 4 avril 2009 | Emmanuel Barot • Réalisme et cinéma militant

  • chinchilla1967
    • Posté à 13h28 le 16/10/2008
    • Internaute 50756
      plate

    Quand meme bizarre que cette crise arrive juste au moment où Sarkozy, le plus pro américain des présidents européens arrive au pouvoir. Le renflouement a été quasi instantané.

  • luis_jagnel
    luis_jagnel
    Enseignant
    • Posté à 14h16 le 16/10/2008
    • Expert 53603
      Enseignant

    Marx à la mode ?
    Peut-être qu’alors, beaucoup de ceux qui s’en réclament vont prendre la peine de le lire, et ne se contenteront plus du Manifeste, qui n’a, théoriquement, guère plus de valeur qu’un tract.
    Ils verront à quel point il est difficile d’appliquer les remarques du Capital, aussi intelligentes soient-elles, au monde d’aujourd’hui.
    Le mérite et la subtilité du Capital ont beau être universellement acquis, le philosophe doit être réadapté pour rester pertinent si l’on veut appliquer ses préceptes, et ce n’est pas une mince affaire (notamment parce qu’il faut d’abord le lire, et ça va demander beaucoup de patience et d’énergie !).

  • nemo3637
    nemo3637
    Déchoukeur
    • Posté à 15h03 le 16/10/2008
    • Internaute 44521
      Déchoukeur

    QUELLE SOLUTION FACE A LA CRISE ?

    Prémisses :
    On n’est pas forcément d’accord d’emblée sur les bases sur lesquelles je développe mon analyse et un projet ici. Cette analyse prend en compte la lutte des classes et les projets récurrents des salariés pour s’organiser en alternative au système capitaliste. Je ne suis pas « braudélien » même si Fernand Braudel reste pour moi, en tant qu’historien, un maître à penser. Même chose pour Chomsky, nouveau Socrate, dont l’analyse du système me semble présenter des faiblesses. La sociale-démocratie (PS et PC), qui a eu son « heure de gloire » à l’époque keynesienne, sans autre proposition que l’étatisme, n’existe plus. Les « socialistes », il y a peu de temps encore, envisageaient d’ailleurs avec raison, de changer le sigle de leur parti.
    Quant à l’extrème-gauche, si les analyses de la crise actuelle paraissent pertinentes et prémonitoires – voir le site du CCI -, les remèdes s’arrêtent au Programme de Transition de Léon Trotsky – à lire tout de même et à prendre en compte – qui date de 1938, voire à la collaboration de classes et à un électoralisme conduisant à l’impuissance.
    Marxiste, je me rattache donc plutôt au courant libertaire issu de la Première Internationale, sans dogmatisme, me différenciant des anarchistes quant à la conception et à l’attitude à avoir face à l’Etat, mais intéressé par leurs pratique « alternatives » : coopératives, mutuelles, fédéralisme organisationnel, anarcho-syndicalisme, autogestion... Ce qui compte pour moi c’est la pratique plus que les discours.
    Au passage, la moitié de ma famille a subi le totalitarisme soviétique et mon grand-père est mort en paria dans la rue, sans soin, dans une ville d’Ukraine. Merci à l’avance, donc, pour les leçons concernant le totalitarisme soviétique – qui n’est qu’un capitalisme d’état.

    Aujourd’hui, plus que jamais, dans la plupart des luttes des salariés, que ce soit en Europe et ailleurs, c’est la démocratie et l’action directes qui sont mises en avant. Toute décision est prise en assemblée générale. Quand c’est important on veut participer aux décisions et les délégués doivent être révocables. Les syndicats institutionnels, souvent débordés, s’en inquiètent.
    La sociale démocratie ne peut suivre un tel développement car sa vision est au contraire hiérarchisée, centralisée et étatique - c’est ce qui produit la bureaucratie.
    Une Révolution supposerait donc,dans un premier temps, au niveau de l’Etat, la neutralisation des forces de répression, de façons à ce que puissent s’organiser librement des comités, des conseils ou des syndicats sur les lieux de travail .
    Les capacité de production sont aujourd’hui énormes grâce à la mécanisation et peuvent être , même avec une diminution du temps de travail humain, en se débarrassant des lois du marché, facilement mis en adéquation avec les besoins de la population.
    Parallèlement sont constitués des fédérations de consommateurs.
    Les travailleurs, tout comme les consommateurs sont fédérés à l’échelon local, régional, international.
    Un conseil,de la production et de la consommation à différents échelons, collecte les informations, les offres et les demandes. Il n’a qu’un caractère consultatif. L’important est d’obtenir une production suffisante pour satisfaire les besoins, et être le plus en adéquation avec ceux-ci sans les lois du marché. Cette organisation est « légère » car s’appuyant sur les technologies modernes de communication.
    Les échanges doivent être progressivement démonétarisés. C’est ce qui permet entre autres choses,d’assurer un revenu pérenne à tous, notamment aux retraités (habitat, transport, santé, loisirs...)
    Il faut se méfier des ruptures trop radicales en voulant « tout casser ». Comme dirait Chomsky, l’état est une cage, certes, mais une cage qui nous protège des requins. Son abolition ne peut se faire que par une substitution progressive. Le libéralisme, lui aussi veut moins d’état, plus de liberté ; mais cette liberté là, nous savons bien que c’est la liberté du renard dans le poulailler. Si le terme « dictature du prolétariat » évoque des mauvais souvenirs, il faut néanmoins se défendre contre ceux qui voudraient saboter l’économie, attenter par la violence et la destruction à la société nouvelle. Il faut garder des institutions comme la Sécurité Sociale, les Caisses de retraites, les caisses d’allocations familiales etc. Il suffit de les adapter vraiment aux besoins, de les renforcer parfois, de les améliorer. Une telle organisation, aussi incroyable que cela puisse paraitre, nait naturellement, quand les prolétaires - il faudrait définir ce que l’on entend par là - ont la possibilité de s’organiser, comme cela a pu être le cas en Argentine en 2002. L’expérience des lip, en France, limitée, trop partielle, reste encore un exemple.
    L’expression démocratique, quelque soit la critique, doit être encouragée, car c’est la seule façon de regénérer la société.
    La solution repose donc sur une réappropriation de tous les moyens de production par la collectivité, sur la base de la démocratie directe, la fin de l’économie de marché, la satisfaction des besoins par une relation directe et démocratique entre ceux qui produisent et ceux qui consomment. Le moyen reste toujours la grève générale expropriatrice et gestionnaire car bien évidemment les patrons – à part ceux, rares sans doute, qui s’intégreront au mouvement – et les capitalistes défendront la propriété jusqu’à leur mort.
    Dans un tel schéma où est la place des politiciens et des bureaucrates ? Dans le bac à sable, avec leurs copains, au fond du jardin…

    Nemo3637, le 04/10/2008 – article censuré par Rue89, diffusé sur quelques sites « militants ».

    • orties
      orties répond à nemo3637
      • Posté à 16h07 le 16/10/2008
      • Internaute 35738

      Très intéressant, mais il faudra être vigilant pour ne pas retomber dans les bras des vieux démons.

      Accessoirement, vous parlez de « L’expérience des lip, en France, limitée, trop partielle. »
      Il me semble qu’elle s’est terminée (trop vite) mais ma mémoire est peut-être défaillante. Qu’en est il ?

    • Jaycib
      Jaycib répond à nemo3637
      Désagrégé de l'Université
      • Posté à 16h16 le 16/10/2008
      • Internaute 37053
        Désagrégé de l'Université

      Je n’ai pas à me prononcer sur la « censure » (plutôt un refus, me semble-t-il, de la part de Rue89), mais sur les châteaux en Espagne, il y aurait beaucoup à dire.

      Une révolution se construit avec des forces vives, et notamment des leaders. Or des leaders, il n’y en a pas (plus ?). Il suffit d’examiner la situation de la gauche et de l’extrême-gauche (« anticapitaliste ») en Europe pour s’en convaincre. Il est permis de supposer que des leaders neufs feront surface à un moment ou à un autre, mais je n’y crois pas du tout personnellement – les deux dernières décennies ont démobilisé tout le monde, pas seulement les partis existants, mais aussi et surtout les personnes. On est devenu individualiste, désolidarisé, désorienté, sans solutions de rechange. Là se situe le noeud du problème, généré par la domination idéologique du capitalisme, à laquelle plus personne ne propose d’alternative crédible.

      Alors les solutions fondées sur des « modèles » historiques connus ne correspondent plus à rien. A mes yeux, il n’existe qu’une alternative au bordel mortifère ambiant :

      - Convaincre les classes productives (et leurs alliés des services) que la croissance est toujours possible, mais au prix d’une refondation de l’industrie sur la base d’une attaque générale des problèmes enviroonnementaux. Cela ne se fera pas en un jour.

      - Tout programme fondé sur des alternatives à la croissance économique se traduira par un échec, car personne ne voudra régresser au point de se retrouver simplement en phase avec l’« état de nature ». Le repli sur soi, le corporatisme, les expérimentations autogestionnaires dans un monde globalisé seront toujours, de ce point de vue, des échecs, et des plus cuisants (à supposer qu’ils puissent même voir le jour).

      - Il faut donc élaborer des programmes de relance de l’économie avec des alliés que beaucoup rejettent pour l’instant (entrepreneurs ayant une vraie compréhension du monde dans lequel nous vivons, banquiers mutualistes (eh oui !), vastes populations actuellement ou potentiellement engagées danbs la production de services socialement nécessaires, y compris beaucoup qui ne se sont jamais auparavant imaginées alliées à la classe ouvrière, d’ailleurs très minoritaire en Occident).

      - Cette politique d’alliance devra être souple, bien adaptée aux nécessités du moment, et ne pourra être menée que par des personnes à l’esprit large et tolérant. Elle correspond plus ou moins au point de vue historiquement considéré comme « menchevique », mais avec une vista ancrée dans une solide compréhension des enjeux mondiaux. Ca n’a jamais été fait dans le passé. Et il n’y a pas de recettes pré-existantes. (Attac a bien tenté de s’atteler à cette tâche, mais sans succès pour cause de querelles byzantines et d’egos surdimensionnés ; ces problèmes ne manquent jamais de se poser dans une période de domination IDEOLOGIQUE du capitalisme. Tel est malheureusement le fardeau que nous devons porter aujourd’hui...)

      C’est comme cela que je conçois une lecture féconde de Marx dans la présente conjoncture critique.

      Je répondrai à toute critique constructive, naturellement.

      -

      • nemo3637
        nemo3637 répond à Jaycib
        Déchoukeur
        • Posté à 19h23 le 16/10/2008
        • Internaute 44521
          Déchoukeur

        « Le repli sur soi, le corporatisme, les expérimentations autogestionnaires dans un monde globalisé seront toujours, de ce point de vue, des échecs, et des plus cuisants (à supposer qu’ils puissent même voir le jour). “

        Que pensez-vous des mouvements sociaux et des expériences qui ont lieu en ce moment en Amérique Latine ?

  • Rastakouer
    • Posté à 15h41 le 16/10/2008
    • Internaute 18978

    Et voila, on fait tout pour quitter un dogme nocif, pour mieux basculer dans un autre du même genre.

    A quand l’équilibre ?
    Un libéralisme moderne et donc modéré, contrôlé par les représentants du peuple, vigilants et informés ? Oh ça y est, ça me reprends, je divague....

  • orties
    • Posté à 15h50 le 16/10/2008
    • Internaute 35738

    Alain Minc défenseur du marxisme ? Laissez moi rire.

    Ce qui a le plus nui à la théorie de Marx, c’est le mauvais usage qui en a été fait. Ce retour aux sources est donc une bonne chose.

    Je suis tout à fait d’accord avec nemo3637 : le minimum, pour un journaliste, surtout s’il veut parler du capitalisme, du libéralisme et du marxisme - et, à plus forte raison, animer un débat - ce serait de se plonger dans les classiques et d’essayer de les comprendre.

    Parce qu’il n’est pas d’un abord facile, Marx.

  • isnogood
    • Posté à 16h16 le 16/10/2008
    • Internaute 39364

    Marx ou le capitalisme ne sont que des « modèles » d’économistes.

    Marx c’était le capital et le travailleur, aujourdhui c’est le propietaire et le locataire......

    L’analyse, la modélisation « globale “ permet de remettre en causes les dogmes et d’ouvrir le débat vers des solution pratiques.

    Ainsi La mondialisation n’existe pas ! .

    Le propos d’un fou ? ou un autre regard ?

    La crise en est la conséquence.....

    Les ‘ difficultés ’ économique ne sont pas apparues avec la Chine, ce n’est donc pas ‘ la mondialisation ’ la raison.

    La Chine veut s’équipe , très bien et alors ?

    La mondialisation permet d’expliquer au peuple qu’aucun contrôle n’est possible et qu’il lui faut courber l’échine.

    La dissolution de la propriété est la véritable raison de la crise.
    Celle ci a été organise par le monde financier en transformant la propriété en service a durée déterminé : la location.

    Un locataire doit travailler (donc un travailleur !) pour vivre, le propriétaire a plus de temps libre grâce a son capital, les 35 heures allaient dans ce sens.

    Prenons la famine, un pays appartient aux habitants, propriétaires ils gèrent les sols afin d’avoir la subsistance.
    En utilisant le sol pour la monoculture pour l’exportations ils sont devenus locataire de leurs sols ! .

    L’occident c’est équipé, les machines remplace le travail de l’homme qui n’a plus qu’a siroter sur la plage.
    Malheureusement la gauche n’avait pas compris que c’était le bonheur sans croissance, l’enfer économique du ‘capital’ dans un système a 10% minimum.

    C’est avec l’envole de la productivité, dans les années 1980, que la dissolution de la propriété a été organisé : le gâchis.

    Pour assurer le maintient de son niveau de vie, le travailleur , le service publique doivent verser l’impôt a la finance.

    Petit exemple pratique, mon imprimante laser que j’utilise encore a été fabriquée en 1986 ! 22ans... elle a faillit mettre le fabricant sur la paille.... Heureusement il a trouvé une astuce pour l’extraire du monde réel ! .

    Même l’écologie a été détourné, le développement durable c’est une imprimante légère de 5 ans de durée de vie.... Dans le même temps (22ans) c’est environ 5 fabrications, 5 lots de déchets ultimes, et évidement 5 factures du ‘ locataire ’. Le produit durable ne fait pas partie de l’écologie de droite (ni de gauche !).

    La faute a la ‘ mondialisation ’ parce qu’avant cette imprimante (ou le reste) était fabriquée en France... l’argumentaire ‘ pro ’ mondialisation ! .

    Une des caractéristique du financier c’est de voir juste devant sa porte, le locataire doit payer oui mais comment ? .

    Et si il paye pas, il est a la rue et c’est la crise.... nous y sommes ! .

    Sans entrer dans les détails, observer l’Asie et la Chine, ils ont l’attitude de propriétaires...

    Il n’y a que deux solutions : rester locataire et accuser le dieu mondialisation de nos malheurs ou bien devenir propriétaire ! .

    Une révolution ? , oui comme celle de 1989 : le droit a la propriété, une revendication des ‘ serviteurs ’ du seigneur inscrit dans la déclaration des droit de l’homme, le serviteur ne pouvait posséder des biens immobiliers ....

    Isnogood

  • chinchilla1967
    • Posté à 16h38 le 16/10/2008
    • Internaute 50756
      plate

    Sarko et Paulson ont fait du bouche à bouche à la grosse limace mais on dirait qu’elle est bien crevée cette fois-ci...Trop vieille, trop de drogues...

  • dt_ytsejam_dt
    dt_ytsejam_dt
    Frouze en Suisse.
    • Posté à 17h08 le 16/10/2008
    • Internaute 39847
      Frouze en Suisse.

    La référence récurrente à Marx et aux théories économiques et sociales qu’il a formulées en ces temps de crise n’est pas sans poser un certain nombre de problème pour moi. En fait, je trouve surtout le raccourci un peu… benh court justement. En fait, ce qui me gène c’est que l’on puisse supposer que seules les deux voies existes qui sont celles du Capitalisme d’un coté et du Marxisme de l’autre…A vrai dire, si Marx nous était contemporain, je ne suis absolument pas sur qu’il nous suivrait dans la voix de ce dualisme un peu manichéen. Marx, en son temps fondit sa critique du Capitalisme sur une étude précise, concrète et contemporaine du système qu’il entendait dénoncer. A travers l’observation du développement de l’industrie dans la seconde moitié du XIXeme, Marx base l’ensemble de son approche sur la description du Système Capitaliste de Production. Dans ma compréhension, le fondement de l’analyse Marxienne (J’utilise ce terme pour ne pas employer Marxiste mot devenu un peu fourre tout) repose sur le principe que la Valeur d’une Marchandise est constituée avant tout par le Travail Humain, nécessaire à sa fabrication. Marx consacre les premiers chapitres de son livre à ce concept de base et tout le reste de ses théories en découle. Par exemple, Marx démontre d’autant plus facilement les problématiques posées par la division du travail dont une des conséquences est bien que la Valeur Travail d’une marchandise se trouve ainsi répartie sur plusieurs individus, les dépouillant donc, chacun individuellement d’une partie de cette même valeur. En fait, à l’époque, l’opposée exacte de cette division du travail n’est rien d’autre que le pur Artisanat où, un seul individu va être à l’origine de l’ensemble des actions de productions pour créer le bien. Dans ce cas là, la valeur du bien sera effectivement bien constituée par le Cout des Matières Premières + le Cout du Travail de l’artisan, et par ailleurs, le Cout des Matières Premières pourra être aussi ramené au Cout du Travail qui fut nécessaire à leur acheminement vers l’Artisan (Extraction, Transport…). Ce que dénonce, entre autre Marx, c’est que la Division du travail aurait artificiellement apporté d’autre facteurs de valeur : le Capital (représenté par le Cout des Machines nécessaires à la production) ET le Cout de mise en place de l’Organisation du travail (La division du travail impliquant effectivement une Organisation comportant des Acteurs non-directement productifs mais dont le rôle est de faire fonctionner cette organisation). Dans le contexte de profonde mutation de l’époque, l’analyse de Marx est juste dans la description du transfert du « pouvoir » des propriétaires de « l’Art » (du savoir faire artisanal…) vers les propriétaires du « Capital » (nécessaire à l’acquisition des machines). Elle est juste dans la vision des « injustices » que ce transfert est susceptible de créer au travers des déséquilibres de pouvoirs induits. Et surtout elle est juste tant que l’on considère qu’effectivement la Valeur Travail doit être le fondement de la Valeur de la Marchandise…Tout le reste en découle, la Mise en Commun des moyens de production par exemple, n’est ni plus ni moins que l’inversion des Pouvoirs (Le Capitaliste « dépouille » le Travailleur de la Valeur Travail en la « Socialisant » à travers la Division du Travail / Le Marxiste « dépouille » le Capitaliste (propriétaire des moyens de production) de la Valeur Cout des Moyens de Production en la « Socialisant » à travers leur mise en commun).
    Le problème reste cependant que cette analyse reste éminemment non seulement d’une économie productiviste mais aussi d’une économie de moindre technologie.
    D’une économie productiviste dans le sens où le travail étant la seule source de création de valeur seule une production continue est susceptible de maintenir cette création de valeur ce qui peut impliquer la prédominance de l’Offre sur la demande ou tout au moins la déconnection de l’Offre à la demande. Or, cela ne pose pas de problème lorsque la demande est fonction des seuls besoins puisque les acteurs doivent satisfaire cette demande pour survivre, il y aura permanence de cette dernière. Le problème est que, qu’on le veuille ou non, nous sommes à présent dans une demande de désirs, c’est-à-dire qu’au-delà de leurs besoins « vitaux », les acteurs cherchent à satisfaire des besoins d’apparence plus secondaires et par là même plus difficilement identifiables et quantifiables.
    D’une économie de moindre technologie d’autre part car la Division du Travail décrite par Marx et source selon lui de la spoliation de la Valeur Travail est à présent devenue indispensable de part la complexité technologique des Marchandises Produites. Aujourd’hui, personne n’est capable par son seul travail, de produire la plupart des biens de consommations courant. Pire, la part de l’intervention mécanique dans la production est beaucoup plus importante qu’avant impliquant de facto un accroissement de la Valeur Moyen de Production dans la Valeur de la Marchandise.
    Dès lors, deux réflexions me viennent.
    D’une part le recours aux principes Marxistes d’organisation de la société passe par un changement radical de l’ensemble de nos modes de fonctionnements actuels et notamment, en poussant à l’extrême, par l’abandon de la « Consommation de Désirs » d’une part et l’abandon de la mécanisation y compris lorsqu’elle à permis l’exécution de taches pénibles voir dangereuse.
    D’autre part, il y a un grand écart entre les dangers du Capitalisme tels que les concevaient Marx et ceux auxquels nous devons faire face aujourd’hui. Il est ainsi particulier par exemple de voir que ceux qui considèrent que la « Financiarisation » de l’Economie est l’alpha et l’Omega de nos problèmes actuels se réfèrent à Marx pour résoudre ce problème puisque ce Concept était bien étranger au propos de Marx…Il maque, je crois une étape au raisonnement.
    Dès lors, si l’on considère que le système actuel doit être changé, repensé, réorienté la référence à Marx me semble uniquement pertinente dans une optique d’inspiration quand à la méthodologie d’analyse des dysfonctionnements, d’exposé des problématiques et de proposition d’axes d’améliorations,…qui reste admirable chez lui. En revanche, elle me parait moins pertinente, voire contre-productive, si elle consiste à simplement vouloir reproduire à l’identique ses théories. O tempora, O mores…

  • didine75
    didine75
    VEGAN pour ne pas tuer d'animaux
    • Posté à 17h11 le 16/10/2008
    • Internaute 48782
      VEGAN pour ne pas tuer d'animaux

    J’adore le titre de l’article : bien trouvé : -)

    Il est clair que ce n’est pas « La Richesse des Nations » d’Adam S. qui est best-seller à l’heure actuelle !
    Il serait d’ailleurs intéressant de voir si ses ventes baissent... ?

    « La main de Smith est invisible car elle n’existe PAS » J. Stiglitz

  • chinchilla1967
    • Posté à 18h02 le 16/10/2008
    • Internaute 50756
      plate

    Le KRACH 40 baisse de 6 % ce soir....Le Low Jones l’a un peu aidé...

  • chinchilla1967
    • Posté à 20h33 le 16/10/2008
    • Internaute 50756
      plate

    Ah et si tout cela etait fait pour affaiblir la Russie ? Qu’en pensez-vous ?

  • theodore-perier
    theodore-perier
    fonctionnaire
    • Posté à 20h37 le 16/10/2008
    • Internaute 52874
      fonctionnaire

    Il n’y a pas que Marx à opposer au capitalisme. J’ai découvert il y a quelques années une autre vision de l’organisation de la société : l’économie distributive de Jacques Duboin (qui a été banquier…).
    Le principe est de séparer la valeur travail de la valeur revenu. La valeur monétaire d’un produit disparaîtrait dès l’acquisition du bien de consommation. Le travail serait remplacé par un « service social », Comme le principe du service militaire obligatoire, ce service social serait donc aussi obligatoire, mais il serait dissocié du revenu.
    Il n’est pas aisé de comprendre ce concept tant nous sommes aliénés par l’idée qu’il faut gagner sa vie en travaillant.
    Cela vaut ce que ça vaut, mais je pense qu’il y a là une idée à creuser.
    Pour plus de précisions :
    Lien

    Il existe aussi un autre concept : « la monnaie temps », c’est à dire que la valeur d’un produit représenterait le temps nécessaire pour le fabriquer en comptabilisant toutes les étapes nécessaires à sa fabrication (coût -en temps- de l’extraction des matières premières + coût -en temps- de la transformation de ces matières première + coût -en temps- de l’usinage, + coût -en temps- du façonnage etc. en n’omettant pas le coût -en temps- de la bureautique pour concevoir et administrer ce produit). Cette notion de monnaie temps, donnerait la véritable valeur des choses. On saurait exactement le temps qu’il faut pour construire une maison, fabriquer une bicyclette ; ce serait une valeur qui ne pourrait que diminuer avec l’augmentation de la productivité.
    En plus, cette valeur en temps de la monnaie interdirait toute spéculation puisque le temps est immuable. On ne peut pas acheter du temps avec du temps (oublions l’objection de la relativité d’Einstein qui n’est pas valable à l’échelle humaine).
    Elle aurait aussi un autre avantage, elle donnerait la possibilité de mieux organiser la production puisqu’elle permettrait de connaître par avance le temps qu’il faut pour produire. Elle éliminerait aussi de facto les unités de production peu performantes.
    Prenons un exemple : si le prix d’une bicyclette est de 180 unités de monnaie temps, et que l’unité choisie est la minute, on saurait tout de suite qu’il a fallu 3 heures d’équivalents minutes pour la fabriquer. C’est donc une valeur qui représente réellement quelque chose.
    Une autre idée à creuser.

    Je pense que cette monnaie est compatible avec l’économie distributive de Jacques Duboin.

    Je lance un concours d’idées ?

  • Anonyme

    évidemment, c´est plus facile de relayer les mensonges dictés par le pouvoir et ses chiens de garde plutôt que lire le Capital, ou n´importe bouquin, ou réfléchir tout simplement au monde qui nous entoure.
    un formidable article qui oublie de citer la lutte des classes mais surtout pas Alain Minc.

  • Pierrrrre
    Pierrrrre
    → → → → → → → le marché autant (...)
    • Posté à 20h52 le 16/10/2008
    • Internaute 23078
      → → → → → → → le marché autant (...)

    « .....En 2005, il n’avait vendu que 500 exemplaires du “ Capital ”. Cette année, il en a déjà écoulé 1 500..... »

    ► effectivement, c’est pendant les incendies qu’on rève de noyade.

    • Jaycib
      Jaycib répond à Pierrrrre
      Désagrégé de l'Université
      • Posté à 17h37 le 17/10/2008
      • Internaute 37053
        Désagrégé de l'Université

      Marx est au programme des départements d’économie de la plupart des universités américaines de renom (Le Capital, Théories de la plus-value). Ce n’est pas le cas des business schools, bien sûr (Wharton, Harvard, Yale, etc.), qui, elles, ont leur propre agenda.

      On ne s’engage à rien simplement en lisant Marx... et ce n’est pas parce qu’on le lit qu’on le comprend nécessairement. N’est-ce pas, Pierrrrre, qui à coup sûr n’a pas dû le lire à cause de son prisme idéologique qui déforme tout.

  • chinchilla1967
    • Posté à 21h18 le 16/10/2008
    • Internaute 50756
      plate

    Tout cela est fait pour couler la Russie...J’en suis sur maintenant ! A qui profite le crime ? ? Et qu’on ne sorte pas de vieilles raisons debiles comme la rivalité juifs-wasps dans le sacrifice de Lehmann Brothers...L’Europe et les Etats Unis sont deja tirés d’affaire, la Russie, elle, commence juste a sentir la terre se derober sous ses pieds. Alors, à qui profite le crime ?