15/10/2008 à 14h55

Economie : la crise temporaire est finie, retour à la crise permanente

Hugues Serraf | Chroniqueur

Ouf. Tout est bien qui finit bien. Nous allons pouvoir reprendre une inactivité normale…

Je ne suis plus très loin de faire une overdose de « retour de l’Etat » et de célébration lyrique de « l’économie réelle ». D’abord parce que, au moins chez nous, l’Etat n’est jamais vraiment parti, mais surtout parce que je n’ai pas la moindre idée du périmètre de cette fameuse « économie réelle ».

Bon, j’ai entendu le discours de Nicolas Sarkozy au salon de l’auto la semaine dernière, et je subodore qu’il s’agit d’une référence aux chantiers navals, à la production laitière et à la vente de baguettes aux six céréales -« vraies » choses fabriquées par des « vraies » gens aux mains calleuses et au visage buriné.

Mais quid de la banque, de l’assurance, de l’informatique, du tourisme ou même de l’information ? C’est encore du réel réel tout ça ?

Des bulles qui se dégonflent, il y en avait déjà eu dans le passé

Tout le monde semble s’être réveillé altermondialiste, ce matin. La preuve aurait été faite, une fois pour toutes, que la spéculation financière était diabolique, que toutes ces histoires d’échanges immatériels étaient une impasse et qu’il fallait à nouveau se concentrer sur ce « qui ne ment pas », comme disait l’autre

J’espère toutefois que le rebond boursier et le retour d’un minimum de confiance aideront à remettre les choses en perspective. Plus de régulation des marchés, davantage de transparence dans leur fonctionnement, un meilleur contrôle des traders fous et de leurs patrons, de vraies sanctions en cas de dérive, no problemo.

L’idée que la faillite du concept même de capitalisme vienne d’être évitée à coups de milliards d’euros, en revanche, me parait un poil exagérée. Des bulles qui se dégonflent, il y en avait déjà eu dans le passé et il y en aura d’autres.

Et d’ailleurs, puisqu’il existe une économie « irréelle », les milliards de brouzoufs brandis par Brown, Sarkozy ou Merkel sont tout aussi virtuels que les zillions de dollars engloutis ces dernières semaines par le CAC ou le Dow Jones.

On le lit ici ou là, le bordel peut très bien durer encore un peu

Non le gouvernement français ne va pas vraiment consacrer 360 milliards d’euros au sauvetage des nos banques en puisant dans les livrets A de nos RMIstes. Il garantira juste les prêts interbancaires des établissements qui en feront la demande et sera rémunéré pour ça.

Si ça se trouve, il n’aura rien à garantir du tout : il suffit simplement qu’il soit prêt à le faire, à la Paulson, pour rassurer ceux qui ont besoin de l’être.

Cela dit, l’intervention des Etats ne signe pas la fin de nos ennuis. La croissance ne va pas immédiatement repartir à la hausse parce qu’une poignée de leaders européens l’aura décrété. Le chômage ne va pas non plus se mettre à fondre parce que la Société Générale est désormais à l’abri de la faillite : on le lit ici ou là, le bordel peut très bien durer encore un peu.

La seule vraie certitude, en fait, c’est que nous Français en serons exactement au même point une fois le film terminé et les lumières rallumées. Nous serons sortis de la crise temporaire pour revenir à notre crise permanente -au réel, quoi !

C’est presque dommage : les crises temporaires sont tout de même un peu plus rigolotes à commenter.

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  • lesuperdidou
    lesuperdidou
    Saltimbanque
    • Posté à 15h10 le 15/10/2008
    • Internaute 46485
      Saltimbanque

    Il est peut-être temps maintenant d’exiger la démission de Lagarde.

  • pablico
    pablico
    À la porte d'un sourd, 
un jour (...)
    • Posté à 15h23 le 15/10/2008
    • Internaute 14278
      À la porte d'un sourd, 
un jour (...)

    le temporaire dans une crise, on sait que cela va passer, on s’en fiche quand on a un peu de recul.

    Mais le permanent..là, cela va être une autre histoire.

    on s’habitue au permanent, qui n’est plus une crise, mais devient une maladie chronique.

    si je comprend bien l’article, on va vivre avec une maladie chronique. Est-ce bien raisonnable ? , quand on sait qu’une maladie pourrit une vie, casse le moral et a toujours une issue fatale.

    UN ESPRIT SAIN DANS UN CORPS SAIN. n’est plus un but à atteindre ?
    cela va être remplacé par un esprit malingre, tortueux , peureux, dans un corps malade.

    belle civilisation, et humanité en perspective.

    • Hugues Serraf
      Hugues Serraf répond à pablico
      Auteur(e) de l'article Chroniqueur
      • Posté à 09h09 le 16/10/2008
      • Internaute 26641
        Chroniqueur

      En fait, je ne dis pas que nous allons vivre avec une maladie chronique mais que nous vivons déjà avec une maladie chronique : si l’après-crise promet chômage élevé, déficits des comptes sociaux et publics, croissance atone, quoi de neuf ?

  • marie 75
    • Posté à 15h28 le 15/10/2008
    • Internaute 3563

    la procession des « crève la faim » se met en place.

    Les banquiers se frottent le bedon.
    « enrichissez-vous » ... c’est fait !

    St Précaire, priez pour nous !

  • PANCH
    PANCH
    Cadre
    • Posté à 15h30 le 15/10/2008
    • Internaute 49993
      Cadre

    En trois clics sur boursorama on constate que finalement que le CAC vaut aujourd’hui 0.5*CAC d’il y a 12 mois.

    Mais ce qui apparait c’est qu’il n’y a pas eu une chute brutale mais continue finalement.

    Et tous on attendu que Lehman Brother tombent pour parler de crise.

    Mais en janvier la chute était déjà réelle comme le montre ce graphe :

    Lien

    Ce qui n’ont rien prévu (ou alors consciemment tout caché pour tirer des bénéfices) sont vraiment des cons (ou nous prennent vraiment pour des cons).

    Quand à la garantie de plus de 300 millions d’euros associé au fond de 40 millions d’euros dégagé par le gouvernement, il aura permis de calmer la bourse 2 jours. Très cher payé finalement :

    Lien

    Attention demain vos euros ne vaudront pas plus que le roubles d’antant !

    Optez pour le yuan.
    OK c’est cher à l’achat mais bon... on verra dans 20 mois !

    • Zorro est arrivé
      Zorro est arrivé répond à PANCH
      Lecteur
      • Posté à 15h58 le 15/10/2008
      • Internaute 53638
        Lecteur

      N’enterre pas le rouble et le franc suisse !
      Et s’il te reste des vieux Marks, garde-les précieusement pour dans dix ans...

  • PANCH
    PANCH
    Cadre
    • Posté à 15h32 le 15/10/2008
    • Internaute 49993
      Cadre

    le premier lien « chie » : cliquez sur ’historique’ une fois la page à la semaine éditée.

  • PANCH
    PANCH
    Cadre
    • Posté à 15h42 le 15/10/2008
    • Internaute 49993
      Cadre

    Lien

    4 pages * 20/25 titres en baisse sur 12 mois entre -10% et -80 %

    Lien

    2 titres en hausse sur 12 mois 7 et 8 %

    TOUT VA BIEN ! ! ! !
    ON ACCELERE LES REFORMES ! ! ! !

    entre temps y en a qui se sont bien sucré ; -)

    VIVE LES FRAISES ! ! ! !

  • flixp
    flixp
    Aboyeur
    • Posté à 15h48 le 15/10/2008
    • Internaute 34063
      Aboyeur

    Après la crise financière, voici la crise économique en d’autres termes.

  • Humain
    • Posté à 15h54 le 15/10/2008
    • Internaute 21387

    Effectivement un truc très marrant est le retour à l’économie « réelle » ! !

    Comme dit dans l’article, on a vraiment l’impression que nous étions dans un jeu vidéo.

    Il faudrait que Pujadas et Arlette Chabot lisent quelques post de rue89 et de Eco89.

    Séquence amusement :
    Ecoutez Christine Lagarde (Ecole de Chicago), et écoutez Strauss Khan (Ecole aussi de Chicago)... et comparez les avec Royal, Parisot, Hollande, Bayrou et autre.... Là nous sommes dans le réel !

  • Zorro est arrivé
    • Posté à 15h56 le 15/10/2008
    • Internaute 53638
      Lecteur

    « La seule vraie certitude, en fait, c’est que nous Français en serons exactement au même point une fois le film terminé et les lumières rallumées. »

    Faux.
    Nous allons nous retrouver très bientôt en un point situé beaucoup plus en aval. Ça, les amuseurs publics qui nous dirigent ne le disent surtout pas, il ne faut pas effrayer la plèbe.

    Le mythe du « pouvoir d’achat » ne sera plus qu’un lointain souvenir. On appellera probablement ce proche passé : les « années folles ».
    Paupérisation et décroissance subie sont sur les rails et plus rien ne les arrêtera. Ce n’est pas Nostradamus qui vous prédit ça, mais le simple examen sensé de la situation.

  • nidieunimaître
    • Posté à 16h32 le 15/10/2008
    • Internaute 34536

    En parlant de permanent, je dois avouer que je peux goûter à quelques changements depuis que la crise économique -la réelle, pas celle des boursicoteurs- a débuté. J’ai noté que, depuis un mois, je n’entends plus ronronner la nuit les deux usines qui sont situées à 5 kilomètres de chez moi.et, depuis une quinzaine de jours, je n’entends plus le trafic autoroutier (l’autoroute est à trois kilomètres) ni les bruits de pots d’échappements dans la petite ville voisine. Au départ, je me suis dit que c’était passager mais ça dure, ça dure... C’est agréable de sortir à 22 heures et de ne plus rien entendre. Je n’entends plus que les bruits de la forêt qui est située à 500 mètres de mon domicile. Comme quoi, les crises peuvent avoir du bon parfois...

  • Pépé61
    Pépé61
    Enterré vivant
    • Posté à 16h59 le 15/10/2008
    • Internaute 31199
      Enterré vivant

    Eh oui, la crise, ou plutôt ses conséquences ne vont pas tarder à se faire sentir. On le sent déjà dans le budget TRANS-PA-RENT de l’Elysée, que Lefebvre va venir rapidement défendre sur toutes les antennes. L’exemple vient toujours d’en haut. Dès qu’il aura expliqué aux USA comment il va falloir organiser le capitalisme financier, notre mégaprésident que toute la planète nous envie, va se pencher sur le secours populaire et les restos du coeur afin de les recapitaliser. Il va aussi sauver, voire créer des milliers d’emplois, comme à Gandrange et à Sandouville : la gendarmerie mobile manque cruellement d’effectis. Entre 2 entretiens avec les parents des futures victimes d’horribles faits divers, la remise en ordre du comportement footbalistique, il va pouvoir se consacrer à son ultime objectif : liquider ce qui reste du parti socialiste et tuer le Modem dans l’oeuf. Parce que 2012, il faut quand même y penser.

  • marabbeh
    marabbeh
    au comptoir du café du commerce
    • Posté à 17h30 le 15/10/2008
    • Internaute 20412
      au comptoir du café du commerce

    Si la crise a été évitée (j’en doute, mais bon...), les affaires vont reprendre comme avant. Les banquiers vont peut-être faire un peu plus attention à leurs réserves. Mais je leur donne entre 3 et 6 mois pour reprendre leurs mauvaises habitudes et ils vont nous faire une nouvelle bulle financière d’ici quelques années.

    Donc finalement j’espère que la crise n’est pas finie, que les politiques reprennent vraiment la main et qu’on nous concocte un nouvel ordre financier.

    • Zorro est arrivé
      Zorro est arrivé répond à marabbeh
      Lecteur
      • Posté à 18h09 le 15/10/2008
      • Internaute 53638
        Lecteur

      Nous sommes passés d’une crise systémique à une crise d’organisation majeure et planétaire.
      La « suprématie » des États-Unis et, derrière, de tout le monde occidental est en train de voler en éclats sous vos yeux. Ouvrez-les, bon sang ! On est dans l’HISTOIRE jusqu’au cou, pas dans un reportage de « Gala » ! ! ! !

      Tous nos dirigeants sont condamnés à finir dans les poubelles de l’Histoire, comme les rois fainéants et les derniers empereurs romains décadents.

      Ça, au moins, c’est réjouissant !
      Après le tout à l’égo, le tout à l’égout...

  • Humain
    • Posté à 18h15 le 15/10/2008
    • Internaute 21387

    La crise financière n’est pas terminée.

    Mais il nous faut le temps de voter et fabriquer les parachutes dorés non plus des dirigeants, mais des banques elles memes ! !

    « L’argent est une chose trop importante pour être confiée aux banquiers »...

    La phrase est de moi, hé oui...

    Mais il ne faut pas pour autant confier son argent à des financiers :
    Lagarde ou Krugman (prix nobel et grand libéral) sont là pour nous le rappeller !

  • Le Yéti
    Le Yéti
    yetiblog.org
    • Posté à 21h48 le 15/10/2008
    • Internaute 6095
      yetiblog.org

    « LA CRISE TEMPORAIRE »

    De quelle crise temporaire parle donc Hugues Serraf ? De la crise financière ? Qui serait finie ? Ho ho ho !

    Ce soir Lien ( « La réaction des places boursières [lundi 13 octobre] ? Je ne lui donne pas une semaine. On parie ? »), rechute brutale des marchés boursiers (CAC 40 à - 6,82 %)

    Pour ma part, je maintiens avec encore plus de conviction mon analyse première : cette crise financière n’est que le prélude d’une très profonde Lien, qui nous mène irrémédiablement à la fin du système capitaliste basé sur une croissance exponentielle devenue meurtrière, et secoué par des perversions destructrices comme la spéculation financière effrénée.

  • affreuxjojo
    • Posté à 20h51 le 15/10/2008
    • Internaute 29421

    Mr Serraf
    Encore une fois, l’insinuation douteuse et le rapprochement fielleux. Après le parrallèle PC-FN et l’amalgame NPA-Témoin de Jéhovah, voila le dérapage associant Alter-mondialisme et Pétainisme. Comme d’hab vous n’assumerez rien. Une seule devise : « soyons flous, et courage, fuyons ».
    Si vous n’avez « pas la moindre idée du périmètre de cette fameuse économie réelle », évitez d’abordez la question. cela pourrait vous évitez de vous exprimer sur des questions qui vous dépassent et, à partir de là, de déraper dans l’insulte.

    • Hugues Serraf
      Hugues Serraf répond à affreuxjojo
      Auteur(e) de l'article Chroniqueur
      • Posté à 09h20 le 16/10/2008
      • Internaute 26641
        Chroniqueur

      Je n’associe pas les alters et le pétainisme. Je constate simplement que le discours glorifiant « l’économie réelle » – soit les gens qui fabriquent quelque chose de solide susceptible de vous faire mal en vous tombant sur le pied – est une vieille lune de l’idéologie française. Et je dis que cette vieille lune, lorsqu’elle est placée en opposition aux activités de services (généralement présentées comme parasitaires) est essentiellement réactionnaire. Par ailleurs, ne pas savoir ce qu’est le périmètre de l’économie réelle est évidemment une construction réthorique permettant d’exprimer le contraire. Mais c’était peut-être trop « flou » pour vous. Ah, et de quelles insultes parlez-vous ? 

  • Carmagnole
    Carmagnole
    retraité de l'Education (...)
    • Posté à 21h27 le 15/10/2008
    • Internaute 44234
      retraité de l'Education (...)

    Un seul commentaire à la lecture de cet « article »...profond cynisme et mépris pour ceux qui sont les vrais victimes de cette crise...les peuples !

  • re-belle
    re-belle
    mère au foyer
    • Posté à 22h01 le 15/10/2008
    • Internaute 24966
      mère au foyer

    pendant ce temps la bourse sait jouer du yo-yo ! ! ! ...
    et nous notre moral prend une pente vertigineuse, sachant que d’une façon ou d’une autre on va mettre encore une fois la main dans nos poches déjà belle est bien trouées ! ! ! ...

  • Zoup
    Zoup
    En rappel par rapport au système (...)
    • Posté à 22h33 le 15/10/2008
    • Internaute 37009
      En rappel par rapport au système (...)

    Et voilà, c’est reparti comme avant. Droit en direction du mur.
    J’espérais que cette fois serait la bonne, qu’il n’y aurait pas besoin d’aller jusqu’aux catastrophes écologiques et que ça s’arrêterait à la catastrophe économique. Mais non, on recommence comme si de rien n’était, qui prenant ses bénéfices, qui rachetant des actions à bon compte, qui rigolant bien du cadeau des contribuables en ramassant sa mise.
    Ce n’est pas tout, loin de poser des règles à ce capitalisme destructeur, on entend encore pressuriser la masse laborieuse et achélémiste en faisant en sorte, comme s’il s’agissait d’un privilège, qu’elle puisse s’endetter encore et encore, pour nourrir les charognards, en lui permettant « d’accéder à la propriété ».
    Bon, tant pis. Les prochaines crises ? Elles coûteront beaucoup plus cher : afflux massif de réfugiés économiques, écologiques, tempêtes, ouragans encore plus nombreux, montée du niveau des océans, etc. etc.
    Mieux aurait valu que tout s’écroule maintenant que de recevoir la violence du choc encore plus fort demain.

  • nemo3637
    nemo3637
    Déchoukeur
    • Posté à 22h43 le 15/10/2008
    • Internaute 44521
      Déchoukeur

    Il ne nous manquait plus que quelques vaticinations au ras des paquerettes. Décidemment Hugues Séraf fait tout dans cette boite : conseiller hot-liner, économistes, analyste politique.... Assez d’exploitation ! Solidarité avec notre camarade qui plus que jamais, doit avoir le droit,dans tous les coins, de vaticiner à son aise.

  • bigpala11
    bigpala11
    vue sur mer
    • Posté à 08h46 le 16/10/2008
    • Internaute 56070
      vue sur mer

    et quid du prix du gaz, qui , nous a-t-on dit, était indexé sur le prix du pétrole qui n’arrete pas de baisser sans qu’il n’y ai aucune répercution sur celui du gaz ?

    • moulinette
      moulinette répond à bigpala11
      Peintrice Illustrateuse
      • Posté à 10h08 le 16/10/2008
      • Internaute 12255
        Peintrice Illustrateuse

      Oui !
      Quid du prix du gaz ?
      Il descend quand ?

  • moulinette
    moulinette
    Peintrice Illustrateuse
    • Posté à 10h05 le 16/10/2008
    • Internaute 12255
      Peintrice Illustrateuse

    Les marchés...
    La « main invisible » leur file des baffes, pendant que « le pied invisible » leur botte le train.
    « Ils » le méritent, visiblement !

  • chinchilla1967
    • Posté à 11h30 le 16/10/2008
    • Internaute 50756
      plate

    Probleme : avec quoi on paye ? Nos économies ne produisent finalement qu’assez peu de produits viables par rapport à ce qu’elles prétendaient. Nous n’avons plus d’esclaves à disposition, alors avec quoi va-t-on payer ? Du pain, oui, des bagnoles, non. Des tours immenses, non. Pour loger qui ? Ce qui est apparu au grand jour pour les américains, à savoir qu’ils ne foutaient rien en réalité ou en tous casqu’il ne gagnaient rien, hé bien ça va arriver ici avec un peu de retard. Nou ne gagnons pas assez pour relancer cet espece de limace dopée qu’on appelait économie.

  • chinchilla1967
    • Posté à 11h39 le 16/10/2008
    • Internaute 50756
      plate

    En conséquence on peut tabler sur un repli protectionniste généralisé (Obama, la Chine etc...), la fin de la globalisation grotesque et un retour à des économies en rapport avec le réel : on bossera et on gagnera en rapport avec la valeur réelle de ce qu’on produit. Les banques n’auront pas de sitot les 30 ans de reaganisme pour reconstituer ces mega-bulles. Les mega-projet debiles vont rejoindre les armoires. Politiquement ça devrait rebattre les cartes également.
    Alternative : une méga-bulle sur l’exploitation minière de la Lune !

  • chinchilla1967
    • Posté à 11h45 le 16/10/2008
    • Internaute 50756
      plate

    Derniere possibilité : tout cela est orchestré depuis les paradis fiscaux par les etats eux-mêmes pour traire les peuples à volonté, pour leur bien...

  • marie 75
    • Posté à 13h30 le 16/10/2008
    • Internaute 3563

    Jeudi 16 octobre 2008 13 : 19
    LeTemps.ch, agences

    13 : 19 Il n’y « aura pas de programme de relance généralisé » de l’économie en Europe malgré le risque de récession, a déclaré jeudi le président de l’Eurogroupe Jean-Claude Juncker à l’issue d’un sommet des dirigeants européens.

  • Hors-cases
    Hors-cases
    Chômeur surdiplômé trop vieux
    • Posté à 15h25 le 16/10/2008
    • Internaute 42258
      Chômeur surdiplômé trop vieux

    Je ne suis d’accord que partiellement avec la notion de « crise permanente » par opposition à « crise temporaire ». En effet, je crois que c’est ce que veulent nous faire croire tous les détenteurs (ou qui le croient) de pouvoir -politique, économique, financier, juridique, médiatique, etc. ; et, le système mondial nous a tous plus ou moins impliqué dans ces pouvoirs. Même les partis dits de « gauche parlementaire » ont accepté depuis ~1/4 de siècle la notion de participation aux décisions et donc à la responsabilisation qu’elles impliquent. Il se trouve que tout un chacun a réagi en parlant de crise ; certains la comparant à celle de 29, d’autres à celle de 87, d’autres encore à celle de 1907. Tous les économistes ont leur analyse et la plupart, leur solution ; la démarche la plus courante étant : les financiers américains ont joué avec le feu en émettant des produits financiers toxiques (les re-financements de prêts à taux variables) qu’ils ont disséminé à travers les places mondiales, puis le pouvoir politique fédéral a « lâché » la banque Lehman-Brothers tout en « donnant » 85 G$ à l’assureur AIG, enfin, une semaine d’atermoiements plus tard a racheté avec l’argent des contribuables (eux-mêmes endettés et en quasi-faillite ; cf. des suicides ont déjà eu lieu avec ce motif annoncé aux USA) pour « officiellement » 700 G$ (réellement le double d’après plusieurs officiels, dont le FMI) les « créances toxiques » détenues par les banques américaines ; il s’en est suivi un manque de liquidité par défiance des banques entre-elles et une contagion au monde entier. Nous en étions là le week-end dernier ; tout le monde saluait le réformateur Sarkozy - seul dirigeant ayant la volonté et quelques moyens avec Gordon Brown et J.C. Trichet - de contrer le mouvement. Mais le problème reste entier : ce n’est pas une crise, comme il en est déjà survenu capable d’être traitée par des réformes (ce qu’on déjà ressenti certains) mais un phénomène à cause et à conséquences bien plus vaste qu’il faut traiter par des mesures révolutionnaires (même si le mot fait peur) ou encore un faisceau de réformes profondes visant à une re-fondation complète du système accompagnée d’un planning strict (analogue à un plan de guerre) qu’il est nécessaire de mettre en oeuvre de suite. Nous avons cependant plusieurs handicaps : 1)- les dirigeants n’en sont pas convaincus dans leur ensemble (cf. ce qui vient de se passer à Bruxelles au Conseil Européen) ; 2)- rien que pour la France : la droite ne comprend plus son chef, la gauche ressort les thèmes socialistes sans comprendre les tenants et aboutissants, les économistes annoncent plusieurs motifs d’inquiétude (immobilier en Espagne, caisses vides donc Etat sans moyens si les appels de fonds des financiers arrivent « trop vite », patronat réclamant des allégements et des moratoires, syndicats réclamant du pouvoir d’achat, etc.) ; 3)- le Président Bush est discrédité (en fin de mandat et sans autorité ; cf. Plan Paulson) ; 4)- l’Asie (Japon, Corée, Chine, etc.) n’a pas réagi pour diverses raisons ; 5)- les pays émergents ne sont associés à rien, pas même informés ; 6)- les pays pauvres ne réagissent que par les organismes internationaux pour réclamer des moyens humanitaires ; ce que les riches préoccupés par d’autres pb ne peuvent fournir... chacun peut se faire sa liste et changer l’ordre. Il n’en reste pas moins que les problèmes sont là et qu’il va bien falloir se dépêcher de se mettre d’accord sur une analyse mondiale (avec des variantes suivant les sensibilités socio-politiques) pour pouvoir lancer la bataille ensemble ; à moins que nous préférions les uns et les autres attendre que ceux qui ont les moyens de continuer à profiter du système actuel (cf. l’article sur « le yacht de Bernard Arnault) accentuent l’ampleur et la gravité du phénomène.

  • marie 75
    • Posté à 15h53 le 16/10/2008
    • Internaute 3563

    Huit banques mutualistes européennes se prêtent de l’argent
    CRISE FINANCIÈRE | Huit banques mutualistes européennes, dont la Raiffeisen suisse, ont conclu un accord pour se prêter mutuellement jusqu’à 15 milliards d’euros. Cette mesure vise à « redonner confiance au secteur bancaire ».
    ats | 16.10.2008 | 12 : 24

    Cette initiative qualifiée de « majeure » a été prise par les huit membres d’Unico, un groupement européen de banques mutualistes, qui représente 21% du marché de la banque de détail en Europe et quelque 110 millions de clients dans plus de 40 000 agences.
    Unico regroupe la première banque française, Crédit Agricole, l’allemande DZ BANK, l’italienne ICCREA, la finlandaise Pohjola, la néerlandaise Rabobank, l’autrichienne Raiffeisen Zentralbank ainsi que Raiffeisen Switzerland.

    Unico « a pris la décision de réintégrer le marché du financement interbancaire européen », celui où les banques se prêtent de l’argent, explique le communiqué.
    Ses membres se sont mis d’accord « pour se prêter mutuellement de l’argent et rouvrir des lignes de crédit bancaire non garanti » avec des durées allant jusqu’à trois mois, ajoute le communiqué, précisant que ces lignes « devraient être comprises au total entre 10 et 15 milliards d’euros ».

    « Il s’agit d’un pas en avant d’autant plus significatif que les grandes banques européennes ne se prêtent quasiment plus que de l’argent au jour le jour et que toutes les autres formes de prêts à maturité (durée, NDLR) plus longues ont cessé d’exister », souligne le communiqué.

  • affreuxjojo
    • Posté à 21h12 le 16/10/2008
    • Internaute 29421

    Mr Serraf
    Merci de me répondre.
    Plus personne ne prétend que l’économie réelle consiste uniquement à produire des objets matériels, ni que cette économie serait contradictoire avec une économie irréelle qui ne produirait, elle, que des biens immatériels. Je considére que l’éducation, l’information, la santé, la banque font partie de l’économie réelle en ce sens que ces activités sont également productrices de richesses.
    Un banquier avance des fonds à un chef d’entreprise qui investit et développe son activité, satisfait ses clients et embauche. Un formateur apprends son métier à un éléve. Un pays producteur de matière première échange avec d’autres pays des biens (matériels ou immatériels, aussi bien des produits manufacturés que des logiciels, par exemple). Pour moi dans tout ces cas on est dans l’économie réelle celle qui, tout simplement, produit des richesses. On reste également dans une logique d’échange qui, potentiellement, profite à tous.
    La ou se pose un problème c’est le dévelloppement récent de marché financiers sophistiqués, déconnectés de l’économie réelle en cela qu’il permettent l’enrichissement de quelques initiés par l’appauvrissement du plus grand nombre. Par des ventes à termes(effet de levier) et par des systémes de couvertures contres les risques, des spéculations ciblées sur une monnaie peuvent ruiner l’économie d’un pays : la misère pour ses habitants, la fortune pour les spéculateurs (voir la crise majeure dans les pays asiatiques il y a une dizaines d’années). Dans ce genre de situation la finance ne joue plus son rôle. Elle n’accompagne plus l’économie mais la détruit. C’est en cela que la finance devient parfois parasitaire de l’économie réelle. C’est cela qui est dénoncé par ceux qui parlent de l’économie irréelle.
    Vous semblez vous trompez d’époque en rapprochant cette critique des dérapages financiers actuels( qui me semble pertinente) et des idéologies du passé (sur la terre qui ne ment pas, par exemple). Se voir jeter Pétain a la figure pour la critique de certaines pratiques financières actuelles est effectivement insultant.

    • Hugues Serraf
      Hugues Serraf répond à affreuxjojo
      Auteur(e) de l'article Chroniqueur
      • Posté à 13h52 le 17/10/2008
      • Internaute 26641
        Chroniqueur

      Je ne partage pas votre point de vue sur la question de la spéculation, qui serait en soi déconnectée de l’économie réelle et contribuerait par définition à l’appauvrissement du plus grand nombre. La spéculation, c’est la recherche du profit. Encadrons simplement les moyens de cette recherche de profit mais n’en faisons pas le problème de base. Une entreprise dont l’activité est internationale qui se couvre contre les risques de change, elle spécule et a bien raison, même si ce n’est qu’un exemple. En outre, je ne jette Pétain à la figure de personne. Je me borne à constater la permanence d’un discours (qui précède d’ailleurs Pétain dans une civilisation où l’idée de l’argent et de l’enrichissement est toujours un peu douteuse).

  • affreuxjojo
    • Posté à 01h24 le 18/10/2008
    • Internaute 29421

    Il y a, parait-il, deux limites à la communication. Soit on partage des convictions tellement semblables que, finalement, on a rien à se dire. Soit on est porteur de convictions tellement opposées que l’on se retrouve dans l’impossibilité de se comprendre.