Marseillaise sifflée : le revers de l'identité nationale
Bien sûr, c’est pas bien de siffler la Marseillaise... Mais peut-on réellement traiter les événements qui se sont produits mardi soir au Stade de France uniquement sur le registre de l’indignation et de la sanction ?
La mobilisation politique est impressionnante, jusqu’à Nicolas Sarkozy qui a bouleversé son emploi du temps de crise financière mondiale pour convoquer à l’Elysée le patron du foot français.
François Fillon, d’ordinaire plus posé, était prêt à risquer l’émeute à Saint-Denis en estimant qu’il aurait fallu annuler le match. Et la palme de l’énormité va à Bernard Laporte, qui estime que la France ne doit plus rencontrer d’équipes des pays du Maghreb dans le stade de la capitale.
Pas une voix pour s’interroger sur les raisons de cet incident, au demeurant prévisible, comme vous le diront tous les habitués du Stade de France. En particulier ceux qui ont vécu les France-Algérie et France-Maroc. Dans le 93, il se disait que les Tunisiens ne pouvaient pas faire moins, question d’honneur dans les cités...
Mais surtout, personne pour faire le lien entre le sort réservé à l’hymne national et le débat faussé sur l’identité nationale. On est pourtant au cœur du débat... On ne peut pas stigmatiser et mépriser en permanence et ne pas en récolter les fruits de temps en temps. Sous la forme extrême d’émeutes, ou celle, soft, de sifflets symboliques.
L’intégration de personnalités issues de l’immigration au sein du gouvernement n’aura pas été une audace annonciatrice d’un vrai virage. Comment aurait-elle pu après une campagne passée à labourer les terres du FN ? La version « identité nationale » de Brice Hortefeux est génératrice de refus tout aussi identitaires.
Les citoyens ont des droits -et des devoirs, dont celui de respecter la République et ses symboles. Mais les citoyens, tous les citoyens, ont besoin de se sentir partie intégrante de cette République. On est encore loin du compte.
Et ce n’est pas par l’indignation qu’on résoudra un problème existentiel pour une partie des Français et vital pour la cohésion du pays.
Pierre Haski
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Votre Edito me fait plaisir.
Voici ce que j’avais écrit en commentaires de la vidéo. Je viens d’ailleurs de constater qu’elle a été supprimée. Je m’étais fait la même réflexion (en termes, évidemment moins choisis, mais je ne suis pas journaliste).
« Je ne partage pas la position de F. Fillon. Plutôt que d’agir sur le moment, mieux vaudrait agir en amont pour éviter que cet hymne français soit hué. Mieux vaudrait essayer d’analyser les raisons de ces réactions (qui ne devraient pas exister). Ca n’est pas les idées qui manquent :
réaction aux contrôles au faciès,
réaction aux expulsions des étrangers,
réaction à la “ bonne entente ” entre nos Gouvernants respectifs (au mépris du respect des Droits de l’Homme en Tunisie),
réaction aux suicides des jeunes en prison
réaction aux promesses non tenues dans les banlieues,
etc…
Alors interrompre un match, déclencher une émeute, je ne pense pas que cela arrangerait quelque chose, sauf à dire “ vous voyez bien ce sont des sauvages ” renforçons la répression. »
Ceci dit, je n’avais pas pensé à la compétition entre communautés en termes de manifester son mécontentement, après tout, ils sont victimes des mêmes traitements.
Je ne dis pas néanmoins qu’ils ont eu raison, simplement que je peux comprendre leurs réactions.
Mauvais point pour le Ministre de « ....... et de l’Identité Nationale et de l’Intégration ». A force d’avoir un Ministère avec un nom à rallonges, il n’a pas pu aller jusqu’à la fin.




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