L'Edito 12/10/2008 à 23h19

Crise : un ultime « quitte ou double » des Européens

Pascal Riché | Redchef Rue89

A la sortie de la réunion des responsables des pays de l’Eurogroupe, dimanche soir à Paris, un journaliste belge a demandé à Nicolas Sarkozy : « N’êtes vous pas en train de jouer à quitte ou double ? » Le Président s’est animé : « On ne joue pas ! Ni à quitte ni à double », car ce qui est en cause, ce sont « les emplois et l’épargne des européens, la défense de nos idées et de nos convictions ».

Les annonces
de l’eurogroupe


Les pays de la zone euro s’engagent à fournir à leurs banques des garanties de financements et des apports en capitaux :
► Les pays s’engagent à fournir les capitaux nécessaires, ou à faciliter l’apport de capitaux privés.
► De nouvelles garanties publiques, jusqu’à fin 2009, seront apportées aux emprunts de moins de cinq ans.
► La Banque centrale européenne pourra élargir le choix des actifs qu’elle accepte en contrepartie de ses prêts aux banques.
► Les normes comptables des banques européennes seront assouplies (comme décidé par l’Ecofin).
Chaque Etat fera des annonces nationales lundi. Prochain sommet européen : mercredi et jeudi.

On comprend bien le sens de la question de notre confrère : depuis une semaine, les réunions s’enchaînent, sans aucun résultat, malgré des annonces de plus en plus énormes. Il y a eu le G4 (les pays européens du G8) le week-end dernier, puis une réunion de l’Ecofin mardi, un G7 à Washington vendredi, un G20 samedi, un sommet de l’Eurogroupe dimanche... Pendant ce temps, la tourmente financière n’a cessé de s’aggraver.

Certes, Nicolas Sarkozy et ses collègues sont bien obligés de « jouer », puisqu’ils ont choisi comme terrain celui de la psychologie : il s’agit de stopper la panique, restaurer la confiance en inondant les banques de liquidités et en les blindant de garanties sur les financements qu’elle reçoivent ou accordent.

Mais ces mesures ont-elles du sens alors que les Etats ont en face d’eux des partenaires d’un jeu dont ils n’en comprennent même plus les règles ? Des banques qui n’ont plus aucune confiance en leur propre fonctionnement (elles ne se prêtent plus d’argent entre elles) et des marchés « qui ont cessé de fonctionner comme des marchés » pour reprendre l’expression de Sarkozy. Comment jouer dans ces conditions ?

« Ce ne sont pas les marchés qui décideront en dernière analyse », a déclaré d’un ton martial Nicolas Sarkozy, dimanche soir. Il a raison sur un point : les Etats ont plus de pouvoir que les marchés, ce sont des pouvoirs immenses… pour autant qu’ils décident de les utiliser. Mais pour cela, il faudra renoncer au jeu psychologique, et se résoudre à confisquer les cartes d’un adversaire devenu incapable de les utiliser.

Si l’accord qualifié d’« historique » trouvé au sein de l’Eurogroupe et les décisions qui seront annoncées ce lundi ne débouchent que sur un surcroît de chaos, il faudra alors se poser sérieusement la question, déjà soupesée, de la nationalisation d’un système défaillant.

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  • I.P
    I.P
    Flat4
    • Posté à 00h13 le 13/10/2008
    • Internaute 25391
      Flat4

    Tais toi et consomme.

  • marie 75
    • Posté à 08h39 le 13/10/2008
    • Internaute 3563

    une info belge, sur le « climat » européeen :

    Sarkozy accuse la Belgique d’organiser des fuites vers la presse
    Confirmer Accord des 15 pour recapitaliser e…Les mesures décidées par l’Eurogro…« Il y aura des responsables qui de…Crise : les dernières 48 heures(Belga) - Le président français Nicolas Sarkozy a accusé dimanche soir, en marge du sommet de l’Eurogroupe à Paris, la Belgique d’avoir organisé la fuite vers la presse du projet de déclaration finale de la rencontre.

    Interrogé par un journaliste français qui lui demandait pourquoi les conclusions du sommet ne faisaient pas référence à un superviseur européen en dépit des demandes belges, le président français s’est montré tout d’un coup accusateur.

    “Je sais que la délégation belge a organisé la fuite du projet des conclusions. Au besoin, je pourrais même vous donner le prénom de la personne qui a rendu publique la quatrième version des conclusions”, a-t-il.

    Nicolas Sarkozy a indiqué que cette quatrième version, qui avait en effet circulé parmi la presse, n’était toutefois pas la dernière version. Selon le président français, pas moins de 7 versions auraient été rédigées dimanche lors de la rencontre des quinze chefs d’Etat et de gouvernement des pays ayant l’euro pour monnaie.

    Par cette réplique, le chef de l’Etat français a fait savoir qu’il n’était clairement pas amusé de cette fuite, même s’il n’a pas fourni la preuve de ces accusations envers la Belgique.

    Dans le courant de la journée de dimanche, le porte-parole de l’Elysée avait déjà fait part de sa grande irritation à la porte-parole du ministre des Finances, Didier Reynders.

    En soirée, le président français a donc décidé d’étaler publiquement son agacement, faisant ainsi de cette affaire un “mini-incident” diplomatique.
    cf l’écho (belge)

  • marie 75
    • Posté à 09h57 le 13/10/2008
    • Internaute 3563

    et ceux-là : on les fait « dégueuler » ?
    Fortis hors ctation ce matin, je crois....

    Gueuleton d’enfer pour Fortis : 150.000€ pour 50 convives à Monaco
    50 courtiers indépendants ont été invité vendredi 10 octobre par la bancassurance belgo-néérlandaise Fortis dans le plus luxueux hotel de Monaco pour une note de 150.000€. Drôle d’idée après avoir été sauvé des eaux par BNP et le Bénélux !

    L’Hôtel de Paris, à Monaco. Crédit : FlickR CC / The Anti-ZIM
    Réunis ce midi sous les lustres en cristal qui éclairaient les assiettes luxueusement agencées par le chef Alain Ducasse, aucun doute que les 50 invités de Fortis se sont studieusement penchés sur la crise financière. A 150.000 euros le déjeuner pour ce groupe, ils avaient plutôt intérêt ! Frappée de plein fouet par la tempête financière, la société d’assurance belgo-néerlandaise s’est vue proposer le rachat de 75% de ses activités bancaires belges, 100% des assurances et de 66% de ses activités luxembourgeoises par le français BNP Paribas. Comme nous l’apprend le quotidien belge De Morgeen, une cinquantaine de traders ont été invités dans la salle Empire de l’Hôtel de Paris, le plus chic et coûteux établissement de Monaco, 3 étoiles au guide Michelin. Quand le CAC 40 dévisse de 8% par jour, il faut bien ça ! « 

    “ Nouer des relations plus étroites ” avec les traders
    Interrogé par RTL, Philippe Landrin, directeur chez Fortis, cet événement commercial a pour but de “ nouer des relations plus étroites ” avec les courtiers partenaires. A 3.000€ le convive, il faut espérer qu’ils goûtent les nouveaux produits d’épargne, même si ces activités professionnelles ne représentent que 0,1% du chiffre d’affaires .
    cf marianne2

  • bloozmarch
    bloozmarch
    indocile heureux
    • Posté à 23h41 le 12/10/2008
    • Internaute 15731
      indocile heureux

    Hélas, il a raison, ils ne jouent pas, je parle de ceux qui se croient nos dirigeants parce qu’ ils ont té élus, ce sont ceux à qui au nom d’ une idéologie,(libéralisme, loi du marché, une expression qui rappelle, un peu tard, la loi de la jungle) ils ont laissé tous les pouvoirs, le droit de refuser toute transparence, tout contrôle,qui ont joué, et qui vont continuer le plus longtemps possible à jouer, vec notre argent, notre travail, nos libertés.

  • Tepi
    • Posté à 00h02 le 13/10/2008
    • Internaute 38393

    Oui, la question ne se pose même pas : un Sarkozy (ou une Royal) est tout à fait incapable de toucher à l’organisation de l’économie réelle.

    Je ne l’imagine pas organiser les mesures de protectionnisme européen et de relance de l’économie réelle qui sont pourtant les seules issues à cette crise (sauf pour les spéculateurs et les rentiers, bien sûr).

    Cela contredirait l’article des droits fondamentaux de la Constitution européenne qui consacre la liberté de circulation des capitaux comme valeur suprême de l’Union.

  • Humain
    • Posté à 00h13 le 13/10/2008
    • Internaute 21387

    « Oui, effectivement la question ne se pose même pas :

    Un Sarkozy (ou une Royal, ou un Strauss Khan ou Delanoé...) est tout à fait incapable de toucher à l’organisation de l’économie »

    (reprise modifiée, ici, du post de Tepi)

    • marie 75
      marie 75 répond à Humain
      • Posté à 09h45 le 13/10/2008
      • Internaute 3563

      celui qui est au pouvoir ? ? ? C’est bien Sarko !
      Dc les réf. à qq d’autre sont hors circuit ...

  • Humain
    • Posté à 00h16 le 13/10/2008
    • Internaute 21387

    Pourquoi parler d’économie « réelle »....

    L’économie à toujours été « réelle ».... Nous ne sommes pas en train de jouer au monopoly ! !

    Lorsque les dirigeants du monde parlent d’argent ils parlent de « notre » argent »... Pas de « bouts de papier » !

    Nous sommes dans le « réel »....

    • Gandijyn
      Gandijyn répond à Humain
      • Posté à 03h21 le 13/10/2008
      • Internaute 30465

      Hé hé, le frisson dans la salle... le chef de tribu avait la crête hérissée ! ... c’est qu’il faudrait prendre des gants pour poser ce genre de question au « Monarque temporel de l’Europe » !
      La seule différence : c’est que votre réalité « argent », sueur, courbatures, stress d’être viré n’importe quand selon l’humeur d’un boss invisible .... EUX, ne sont pas dans cette réalité !
      Les représentants des différents gourvernements (CEE, Europe, US, Asie, Moyen-Orient, Monde) viennent de s’apercevoir qu’il y a des humains (bas peuple), qui remplissaient paisiblement et volontairement, crachaient toutes leurs petites économies, sur des Giga-Méga-comptes... et que ces humains, bon gré mal gré, râlent, rechignent quand ils demandent des comptes... ce qui est justifié.

      à 10 centimes €uro près, on vous « emmer.... », et vous devez justifier par vos tickets de caisses, vos bilans comptables, entrées et sorties !
      Des milliers de milliards de dollars s’envolent, sans trace, et sans justifications, sans responsable, surtout pas EUX : vous venez de gâcher leur petite sauterie qui durait depuis plusieurs décennies, un peu trop facilement. Et il est fort probable que ces « jeux » privés, réservés à ces élus (choisis ?), voient modifiés quelque peu le système pyramidal du « monopoly caviar »...

      Vous devrez travailler (beaucoup) plus, pour gagner plus, pour remplir (beaucoup) plus ! ... (juste une petite nuance de diffusion et d’interprétation d’une petite dépression) :)))
      Il est à craindre que cela change (beaucoup) pour nous, et en aucun cas, rien pour EUX, c’est « génétiquement virtuel » , ILS vont continuer à « jouer » et garanti, le double, ce sera pour EUX :)))

    • Numerosix
      Numerosix répond à Humain
      Prisonnier dans le village (...)
      • Posté à 07h53 le 13/10/2008
      • Internaute 14499
        Prisonnier dans le village (...)

      C’est quoi l’ économie réelle ?
      Les ouvriers portugais qui construisent des immeubles de bureau et les ouvrières chinoises qui montent des ordinateurs pour ces bureaux ou des traders vont venir trader , en dehors du fait que ça permet aux portugais , aux chinois et aux traders de bouffer , c’est de l’ économie réelle ?

      ( tiens je vais poser la question à Eco89 )

      • Sophie Verney-Caillat
        Sophie Verney-Caillat répond à Numerosix
        Journaliste Rue89
        • Posté à 23h16 le 13/10/2008
          rédacteur
        • Journaliste 50753
          Journaliste

        Votre question est ouverte à contribution, j’invite les gens qui se posent des questions sur l’économie réelle à participer ! (en rubrique questions-réponses)

    • Lapin Bleu
      Lapin Bleu répond à Humain
      Journaliste n°89910
      • Posté à 15h53 le 13/10/2008
      • Journaliste 42116
        Journaliste n°89910

      Salut Humain,

      Pourquoi parler d’économie « réelle »…

      –-> C’est un concept méthodologique fort pratique pour en définir un autre : l’économie financiarisée, la sphère immatérielle, l’argent-dette. Celles-là sont dites « irréelles » car basées sur aucune production de valeur véritable (ni en biens, ni en services).

      L’économie à toujours été « réelle »…. Nous ne sommes pas en train de jouer au Monopoly ! !

      –-> Bien-sûr que oui, l’économie a toujours été réelle (et reste co-substantielle à l’Homme). La Finance par contre, est bien devenu un Monopoly depuis 25 ans...

      Lorsque les dirigeants du monde parlent d’argent ils parlent de « notre argent »… Pas de « bouts de papier » !

      –-> Ben... Un peu des deux, non ? Les sommes qui transitent actuellement, du type plan Paulson à 700 milliards, sont bien de l’irréel par exemple !

      Nous sommes dans le « réel »…

      –-> Nous oui. Quel plaisir ! Notre humble potager devient plus réel que tout l’argent de tous les milliardaires...

  • Le Yéti
    Le Yéti
    yetiblog.org
    • Posté à 00h34 le 13/10/2008
    • Internaute 6095
      yetiblog.org

    « QUITTE OU DOUBLE » ?

    Non, vraiment vous croyez encore qu’on en est là ? Ça n’est jamais que la mille et unième fois, depuis quelques jours, quelques semaines, que nos puissants en déroute nous ressassent leur volonté de rester unis séparément, d’interdire la faillite des banques au prix de la leur (et surtout de leurs concitoyens), de garantir tous les dépôts des épargnants sans avoir d’autre moyen que l’injection massive et pathétique de monnaie de singe dans des tuyaux percés... C’est quitte à mort et débandade sur tous les tableaux, leur histoire, oui !

    Comment ne pas voir que nous sommes entrés de plein-pied dans « une période de chaos politique durant laquelle les acteurs dominants, à la tête des entreprises et des États occidentaux, vont faire tout ce qu’il est techniquement possible pour retrouver l’équilibre, mais il est fort probable qu’ils n’y parviendront pas. »

    Ces derniers mots sont d’Immanuel Wallerstein, fondateur et ancien dirigeant de Centre Fernand-Braudel pour l’étude de l’économie des systèmes historiques et des civilisations de l’université de l’État de New York, et dont Le Monde vient de publier une passionnante interview sous le titre : Lien@2-1101386,50-1105714,0.html|Lien].

    Allez, bonne nuit à tout le monde (elle risque d’être longue !).

  • touk
    touk
    Retraité
    • Posté à 00h34 le 13/10/2008
    • Internaute 24844
      Retraité

    En voilà qui vous donnent le conseil du jour
    journal des finances le 11 octobre

    « Nous revenons sur la nécessité de se constituer un matelas de liquidités à hauteur d’environ 30 % du portefeuille. Cette poche “ sécuritaire ” vous permettra de mieux résister à la baisse et surtout de disposer de ressources suffisantes pour saisir les opportunités d’achat qui ne devraient pas tarder à se présenter en Bourse.
    Donc rien n’a changé, comme hier, prêter, emprunter, garantir, monter des bons coups, faire des bénéfices, des bénéfices, des bénéfices.....

  • Unstern
    • Posté à 00h37 le 13/10/2008
    • Internaute 26295

    @ Le Yéti

    Bonsoir

    Pour une discussion de l’interview de Wallerstein, on peut lire un intéressant article de Jean Zin « La fin du capitalisme, vraiment ? »

    Il est d’accord sur le fond avec Wallerstein, mais avec quand même d’importantes nuances.

    Lien »

    • Le Yéti
      Le Yéti répond à Unstern
      yetiblog.org
      • Posté à 01h18 le 13/10/2008
      • Internaute 6095
        yetiblog.org

      @ Unstern

      Lu l’article de Jean Zin (merci pour l’info). Bof, les « nuances » de Jean Zin me paraissent un tantinet tirées par les cheveux. Il mégote juste un peu sur les délais de la chute, mais n’argumente guère, et n’est donc pas vraiment convaincant, sur certaines affirmations un peu faciles du genre : « le capitalisme mondial qui a encore de beaux jours devant lui. » ( ? ? ?)

      Pour ma part, j’estime que la prochaine étape de la chute du système, après celle désormais avérée des structures financières, sera celle de la paralysie de la machine économique mondiale. Celle-ci est déjà en cours. En France : entreprises (PME) et collectivités régionales privées de subsides par les banques, chute brutale de la consommation (secteur immobilier et automobile en premier lieu, mais pas seulement), explosion du chômage (dès octobre/novembre)... Cette seconde étape devrait vraisemblablement s’achever au plus tard à la mi 2009. Au plus tard !

  • Jana
    Jana
    bretonne en Normandie
    • Posté à 00h50 le 13/10/2008
    • Internaute 13372
      bretonne en Normandie

    en complément :

    « La fin du capitalisme, vraiment ? »

    Lien

    Tout ce cirque financier, les gesticulations politiques, les mises en scène de la peur pour jouer petit bras, peuvent être, pour chaque citoyen , l’occasion de mettre carte sur table sur son rapport à l’argent.

    L’argent : un outil, un moyen à répartir, ou une fin en soi, qui aujourd’hui donne la pétoche à tous les boursicoteurs, grands ou petits, requins ou piranha de paradis fiscaux

    Joyeuse semaine à tous les lecteurs...

  • Jaùsep
    • Posté à 00h57 le 13/10/2008
    • Internaute 37396

    Les états me paraissent sous la menace de la finance, et incapables de prendre des décisions drastiques empêchant cette hémorragie qui va rapidement et durablement déstabiliser les sociétés.

    Le libéralisme montre ici l’étendue de ses perversions, un système auquel les mentors trouvaient foultitudes de synergies et prétendument générateur de paix et de richesse.

    Les richesses se sont établies sur la ponction de ressources à l’étranger, dilapidant l’espoir de tout essor de régions pauvres tel le continent africain.

    Aujourd’hui, ces ressources ne nous sont plus disponibles. Nous sommes bel et bien arrivés au bout d’une histoire, saurons-nous en écrire une autre ?

    • nemo3637
      nemo3637 répond à Jaùsep
      Déchoukeur
      • Posté à 04h57 le 13/10/2008
      • Internaute 44521
        Déchoukeur

      « Nous sommes bel et bien arrivés au bout d’une histoire, saurons-nous en écrire une autre ? »

      C’est maintenant l’enjeu. On sait que ce système touche à sa fin mais saurons-nous faire pencher la balance pour en construire un autre « plus égalitaire et redistributif » ?

      « Je crois qu’il est tout aussi possible de voir s’installer un système d’exploitation hélas encore plus vioent que le capitalisme, que devoir au contraire se mettre en place un modèle plus égalitaire et redistributif » dit encore Wallenstein.

      Il ajoute néanmoins quelque chose que j’ai déjà écrit dans un commentaire et qui me parait important :

      « Nous sommes dans une période, assez rare, où la crise et l’impuissance des puissants laissent place au libre-arbitre de chacun : il existe aujourd’hui un laps de temps pendant lequel nous avaons chacun la possiblité d’influencer l’avenir par notre action individuelle »

      Il faudrait à présent en France, qu’on puisse exprimer, à travers les médias, des utopies de réorganisation. Pour l’instant, à part « Le Monde » en date du 12 octobre, on est loin de pouvoir publier ou diffuser de tel projet tant est écrasant le poids de la pensée unique.

      On peut s’inspirer du socialisme issu du mouvement ouvrier, sans qu’il soit une référence automatique à la sociale-démocratie, à Staline ou à Lénine.

      Il va falloir faire comprendre que se révolter contre un ordre injuste, vouloir construire quelquechose de nouveau, ce n’est pas automatiquement vouloir édifier le goulag.

      • Jana
        Jana répond à nemo3637
        bretonne en Normandie
        • Posté à 13h18 le 13/10/2008
        • Internaute 13372
          bretonne en Normandie

        @ nemo 3637

        « Il faudrait à présent en France, qu’on puisse exprimer, à travers les médias, des utopies de réorganisation »

        Ce n’est pas totalement utopique.
        Il y a beaucoup de réalisations concrètes pour construire d’autres rapports à l’économie, en la « décollant » de la folle financiarisation.

        Il serait intéressant d’en faire l’inventaire pour résister au « défaitisme » ambiant.
        Je pense qu’il reste beaucoup à inventer entre l’enfer des paradis fiscaux ou la menace de l’enfer du goulag effectivement.
        Ni le grand soir, ni le paradis sur terre, juste la vie ensemble à poursuivre, construire, à inventer, à rêver... mais les pieds sur terre pour bien suivre, surveiller, les circuits de l’argent.

         
        • nemo3637
          nemo3637 répond à Jana
          Déchoukeur
          • Posté à 14h02 le 13/10/2008
          • Internaute 44521
            Déchoukeur

          Le problème en France c’est que l’on croit faire preuve de sagesse en se coulant dans le moule de l’organisation de la société telle qu’elle est. Il faut être « raisonnable ». Et c’est cette ligne de la pensée unique qui anime à peu près tous les médias. Noam Chomsky - non pas que je partage exactement sa vision de la crise actuelle d’ailleurs - a donné plusieurs interviews depuis le mois de septembre. Ils ont été publié dans la presse anglo-saxonne mais pas en France. On préfère publier Alain Minc et Jean Matouk.
          La question n’est pas de jouer avec des mots ou des idéaux mais de construire autre chose, de faire des propositions concrètes, de vouloir agir personnellement sur le terrain. Et il ne suffira pas de « surveiller les circuits de l’argent ».

        1 autres commentaires
  • dulconte
    dulconte
    Mordu par un fachogarou
    • Posté à 02h57 le 13/10/2008
    • Internaute 250
      Mordu par un fachogarou

    it’s the end of the world as we know it, comme chantaient les R.E.M dans les année 90 :

    et j’me sens bien comme eux...

  • alain69
    • Posté à 07h43 le 13/10/2008
    • Internaute 21342

    La Banque est un métier trop sérieux pour le laisser aux mains des spéculateurs, des magouilleurs, etc...
    Il faudra bien réglementer l’activité et le fonctionnement des marchés de capitaux au niveau mondial et tordre le cou aux paradis fiscaux dans lesquels les montages financiers les plus scabreux voient le jour, sans aucun contrôle, sans aucune impunité.
    Après le G4, le G7, le G20, l’Eurogroupe, une conférence mondiale « chapeau » s’impose avec le FMI comme chef d’orchestre pour que le monde reparte du bon pied.

  • nidieunimaître
    • Posté à 08h37 le 13/10/2008
    • Internaute 34536

    Oh quel joli package ! Et que vont-ils faire lorsque les 45000 milliar ds des CDS vont leur péter à la gueule ?

  • Carmagnole
    Carmagnole
    retraité de l'Education (...)
    • Posté à 09h01 le 13/10/2008
    • Internaute 44234
      retraité de l'Education (...)

    Où est « la tolérance zéro » si chère à Sarkozy et à tous les godillots de l’UMP pour sévir contre les délinquants de la finance ? En ce domaine c’est « Touche pas à mes copains » ! ! ! confirmant sa déclaration à l’université du Medef de Jouy-en-Josas :

    « La pénalisation de notre droit des affaires( ! ! !) est une GRAVE ERREUR.Je veux y mettre un terme. »

    source,« Les Echos » du 31/08/2007.

    • marie 75
      marie 75 répond à Carmagnole
      • Posté à 09h48 le 13/10/2008
      • Internaute 3563

      merci de reprendre les « essentiels » de l’UMP !

      Sarko nous prend pour des billes ! ! !
      Et son petit frère Oliver Sarkozy, ponte financier US, il l’a oublié ?

  • lesuperdidou
    lesuperdidou
    Saltimbanque
    • Posté à 09h12 le 13/10/2008
    • Internaute 46485
      Saltimbanque

    Souvenez-vous : chez Poutine c’était « cuite ou rouble » !

  • Servais-Jean
    • Posté à 09h13 le 13/10/2008
    • Internaute 4591
      43

    Ah ces belges, s’ils n’existaient pas il faudrait les inventer.

  • hagalma
    • Posté à 09h49 le 13/10/2008
    • Internaute 8451

    Sarkozy ne quiite pas, il double...

  • patrick du 14-
    patrick du 14-
    de plus en plus naze
    • Posté à 09h59 le 13/10/2008
    • Internaute 40667
      de plus en plus naze

    le banco , le banco

  • moulinette
    moulinette
    Peintrice Illustrateuse
    • Posté à 10h06 le 13/10/2008
    • Internaute 12255
      Peintrice Illustrateuse

    Finalement, c’est cool, « l’Etat-Providence », surtout si c’est la providence des rentiers, des spéculateurs et de tous ceux qui n’ont qu’une idée... Fuir l’impôt.

    Je n’entends pas un mot de la part de tous ces gens (je ne sais comment les appeler : capitalistes, exploiteurs, fiscalement boucliérisés...) pour fustiger comme à l’habitude cette saleté inique, inutile, mille fois critiquée, ce monstre : l’Etat-Providence.

    Quelque chose m’échappe, dans tout ça !

  • marie 75
    • Posté à 10h41 le 13/10/2008
    • Internaute 3563

    « Les “petits actionnaires” de Fortis remboursés en 2014
    Le gouvernement (...)belge) vient de faire connaître les modalités d’octroi du coupon qui permettra aux “petits actionnaires” de bénéficier des éventuels plus-values et dividendes découlant des titres BNP Paribas. Chaque titulaire de ce coupon recevra le 1er juillet 2014 une part d’un fonds créé par le ministère des Finances.
    Bruxellesl (L’Echo) - Le gouvernement a publié ce dimanche, par voie de communiqué de presse, les modalités d’octroi aux “petits actionnaires” du holding Fortis d’un coupon qui leur permettra de bénéficier des éventuels plus-values et dividendes découlant des titres BNP Paribas.

    L’État fédéral, premier actionnaire de BNP Paribas (11,7%), va créer un fonds auquel il affectera une partie de la plus-value éventuelle et des bénéfices qu’il tirera de sa participation dans BNP Paribas.
    Fortis, de son côté, a procédé ce week-end au détachement d’un coupon sous forme électronique, permettant ainsi d’apporter un élément de preuve quant à la détention d’actions Fortis à la date du détachement du coupon.
    Chaque titulaire d’un coupon recevra le 1er juillet 2014 un part du fonds.
    Ce coupon pourra être échangé auprès de l’Etat selon les modalités suivantes :
    - seules les personnes physiques, de nationalité belge ou résidant en Belgique ou ressortissant d’un pays de l’Union européenne, pourront effectuer la demande
    - pour un maximum de 5.000 coupons
    - en apportant la preuve qu’il avait l’action en sa possession au 1er juillet 2008.

    La valeur maximale de chaque part sera égale à la différence entre 10 euros et la moyenne des cours de clôture des 5 premiers jours à partir de la reprise de la cotation.
    Par ailleurs, le gouvernement examinera la possibilité d’une cotation en bourse des parts du fonds.

    Enfin, une procédure sera mise en place, en concertation avec les banques, permettant aux personnes concernées de faire leur déclaration par le biais de leur banque ou auprès d’un point d’enregistrement désigné par le SPF Finances. La procédure fera l’objet d’un arrêté royal.

    Dans le détail, le fonds sera constitué de la différence entre, d’une part, la valeur des actions BNP Paribas établie à la date de l’assemblée générale de BNP Paris décidant de la distribution des dividendes 2013, à laquelle s’ajoutent les dividendes perçus par l’Etat jusqu’à cette date et, d’autre part, l’investissement consenti par l’Etat dans Fortis (9,4 milliards d’euros auxquels s’appliquent un taux d’intérêt de 4,11%) augmentée d’une prime de risque de 2% par an et des éventuelles pertes supportées par l’Etat dans le cadre de la reprise du portefeuille d’actifs structurés de Fortis.

    Aucune décision n’est encore intervenue sur la reprise de la cotation du titre Fortis, qui, selon la CBFA, devait avoir lieu après un communiqué de presse de Fortis »
    cf l’écho...

    (...)2014 .... et à la Trinité ? ? ? ? C’est quand ? ? ? ?

  • actimem
    • Posté à 10h46 le 13/10/2008
    • Internaute 26918

    C’est de l’acharnement thérapeutique de mafieux en agonie.

    Pour comprendre, je vous livre ce lien instructif qui dit ce qui ne se dit pas :
    Lien

    Le système est KO. Dans le temps, on expropriait les pays voisins ou lointains pour résoudre le problème. Aujourd’hui, ce sera difficile à faire passer ... dans l’opinion.

  • jma14
    • Posté à 10h51 le 13/10/2008
    • Internaute 31729

    « Des banques qui n’ont plus aucune confiance en leur propre fonctionnement (elles ne se prêtent plus d’argent entre elles) »
    Quand on est soit-même un voyou, il est naturel de considérer également son concurrent comme tel.

    Je m’interroge sur toutes ces annonces. Comment se fait-il que les montants annoncés par seulement deux pays de l’EU (allemagne et royaumes-unis) dépassent déjà le montant du plan paulson ?
    Est-ce dernier qui est sous évalué ? Où se sont les pays EU qui sur-évalue le budget ? Pourquoi ? Est ce que nos chères journalistes pourraient faire l’addition des budgets de l’EU et donc rapprocher ces chiffres là ?

    • nidieunimaître
      nidieunimaître répond à jma14
      • Posté à 13h36 le 13/10/2008
      • Internaute 34536

      Je ne suis pas journaliste mais je crois savoir, en fouillant un peu sur le net, que les sommes en jeu rien que pour les subprimes seraient de l’ordre de 5000 milliards et non 1400 milliards comme annoncé vendredi dernier par Strauss-Kahn. Mais c’est peut-être encore loin du compte. Une autre catégorie de contrats seraioent affectés, les CDS ou contrats financiers bilatéraux, pour un montant évalué à 45000 milliards de dollars. Pour l’instant, personne n’en parle, car leurs effets ne vont commencer à se faire sentir qu’avec le ralentissement de l’économie. Mais on peut également se poser la question quant aux mesures prises : baisse des taux des banques centrales, injections de liquidités, rachat d’actions de banques privées afin de les nationaliser : tout cela a un coût que le contribuable va payer via les impôts et l’inflation (celle-ci devrait d’ailleurs s’accélérer) En gros, on nous dit de reprendre nos esprits alors que le niveau d’endettement des états va exploser. Et ensuite, on nous reparlera du trou de la sécu ou comment ces sal...ds de travailleurs profitent du système en se faisant rembourser leurs soins !

  • lesuperdidou
    lesuperdidou
    Saltimbanque
    • Posté à 10h57 le 13/10/2008
    • Internaute 46485
      Saltimbanque

    Comment avec tant de fric peut-il y avoir autant de pauvres ?

  • anti_Tsarcosy
    anti_Tsarcosy
    etudiant
    • Posté à 11h00 le 13/10/2008
    • Internaute 35242
      etudiant

    Quoi ! !
    La révolution n’aura pas lieu !
    Moi qui avait déjà sortit drapeau, plan d’attaques des différentes bâtiment à prendre, et projet de disposition de barricades.
    Et voilà que ce matin on m’apprend que tout va bien, que la bourse monte de 6%, et que le capitalisme c’est bien.
    Décidément tout va trop vite !

  • Thomas GREDAT
    • Posté à 12h41 le 13/10/2008
    • Internaute 23794

    Il a été question de nationalisation partielles, soit. Mais quelle est l’une des mesures préconisées par ce plan de sauvetage ? La recapitalisation des banques en difficulté.
    Recapitalisation ?
    Ils n’ont rien compris.

  • dt_ytsejam_dt
    dt_ytsejam_dt
    Frouze en Suisse.
    • Posté à 13h02 le 13/10/2008
    • Internaute 39847
      Frouze en Suisse.

    Pour poursuivre dans mon analyse personnelle de la Crise actuelle, tout en rebondissant sur les propositions de l’EuroGroup pour sortir de la crise et en amortir les effets, je voudrais évoquer la composante « bancaire » de la crise. Tout d’abord parce que le problème majeur auquel nous sommes confronté aujourd’hui reste bien dans l’assèchement des liquidités carburant de notre système, avec d’une part des banques exsangues et au bord de la faillite et d’autre part d’autres banques qui, comme en toute crise, se referment sur elles même, à l’abri de leurs murailles. Comme je l’ai déjà développé, l’urgent est bien, pour les Etats, de réamorcer la pompe…avant que de songer à mettre en place les solutions pour qu’elle ne se tarisse plus. J’affirme, en écrivant ceci, la nécessaire prédominance du rôle de l’Etat dans la thérapeutique à mettre en place parce qu’à la réalité économique de la faillite de certains acteurs et des risques d’effet domino, se superpose une crise de confiance, un reflexe autistique, que seul l’Etat peut débloquer. Parce que si l’on y réfléchit, les décideurs passés, ceux qui avaient les clés du camion et l’on emmené droit dans le mur, ont clairement démontrés leur incapacité à conduire le dit camion. Non pas qu’ils n’avaient point le permis de conduire ni les capacités techniques de le faire, mais plutôt que leur aspiration au toujours plus les à conduits à des excès de vitesse relevant de l’irresponsabilité la plus totale. Ils sont donc, si je puis me permettre, responsables d’avoir eu une conduite qui, elle, ne l’était pas. Il apparait dès lors que, pour essayer de ramener ce qui reste du camion au garage pour le faire réparer mieux vaille le confier à un autre chauffeur. Ce préambule étant fait, il convient ensuite de s’assurer que cette intervention de l’Etat ne soit pas (ou pas trop) préjudiciable à l’exercice par l’Etat de ses autres responsabilités et bien sur il faudra veiller à ce que, une fois la crise passée, une fois le Camion réparé, on ne redonne pas le volant à ceux qui furent responsable de l’accident…à tous le moins assurons nous qu’ils repassent leur permis et subissent ensuite quelques temps de conduite accompagnée.
    Pour être concret, l’intervention de l’Etat doit avoir deux buts. D’abord de réinjecter des liquidités en recapitalisant les Etablissements Financiers en difficulté, ensuite en rassurant les acteurs afin que le système puisse repartir. Le deuxième élément peut être réalisé à « moindre cout » à travers les systèmes de garantie des dépôts et des créances par l’Etat. Garantie qui, à l’instant où elle est mise en place ne coute RIEN. Seule la réalisation de la Garantie, en cas de défaillance des acteurs demandera un effort financier. Dans ce cas, comme dans celui de la recapitalisation des Etablissements Financiers en difficulté, il convient de le faire au mieux des intérêts de l’Etat. Et là, pour moi, une seule solution : NATIONALISATION. En effet, une intervention de l’Etat avec en contrepartie la prise de part de Capital de l’Etat dans l’établissement concerné, offre de nombreux avantages. En premier lieu, elle donne la possibilité à l’Etat de « prendre les commandes » et ainsi de décider du nouveau chauffeur. En second lieu, elle est aussi Sanction, puisque les propriétaires (actionnaires) coupables d’avoir laissé le véhicule dans des mains dangereuses (voir d’avoir incité le chauffeur à un comportement irresponsable), se verront ainsi « dépossédés » de leur bien à un prix très bas. Enfin, le plus gros avantage de cette solution reste dans la possibilité future laissée à l’Etat, au moins de récupérer sa mise (qui en fait est la notre…à nous contribuables qui payons des impôts) voir même de réaliser quelques belles plus values à plus ou moins longue échéance.
    Mais ceci fait, encore conviendra-il de mettre en place les actions nécessaires pour que de telles crises ne se reproduisent plus. Pour cela, il convient de bien analyser ce qui à conduit à cette crise et notamment à cette crise bancaire. Une première analyse, basée d’une part sur l’origine première de la crise et les fameux Subprime et d’autre part sur l’ampleur de l’impact de cette crise sur le reste des marchés, nous invite à nous interroger sur l’importance de l’endettement dans le fonctionnement de notre système actuel. D’ailleurs certains ne se privent pas de fustiger l’endettement comme le pire de tous les maux et d’appeler à la fin pleine et entière du recours à la dette. Cette attitude, comme toutes les postures extrémistes, me semble bien évidemment extrémiste. Parce que l’endettement en lui-même n’est pas le problème, c’est sa surconsommation et son utilisation contre nature qui sont à l’origine de la crise. L’Endettement est même indispensable et ce, pour faire simple, pour au moins deux raisons. La première est bien évidemment que seul l’endettement peut soutenir la croissance. En ayant déjà beaucoup parlé je ne reviendrais pas sur le pourquoi la croissance est nécessaire (Croissance démographique, Amélioration continue des conditions de vie….) mais si on accepte cela on ne peut qu’accepter l’endettement. Par contre, la limite entre l’utilisation courante et normale d’une part et la dérive irrationnelle et incontrôlée d’autre part tient bien dans la réalisation courante et normale de la croissance d’une part et une dérive irrationnelle et incontrôlée de cette même croissance d’autre part. C’est donc cette « Croissance Folle » qu’il convient de maitriser afin de garder l’endettement dans les limites du « bon usage ». Je reviendrais sur ce sujet dans un prochain post.
    Au-delà de soutenir la croissance, l’endettement est plus simplement nécessaire dans le mécanisme même de l’économie d’entreprise, ne serait-ce qu’à cause de la non-simultanéité des flux. Pour simplifier je reprendrais mon cas Airbus favori en schématisant à l’extrême…Si Airbus met 6 mois pour fabriquer un avion, il va donc recevoir USD 100 M dans 6 mois MAIS entretemps il aura du : Payer ses fournisseurs ET payer ses employés. Airbus doit donc supporter l’apport en trésorerie nécessaire à la fabrication de l’avion…et là seules 3 solutions s’offrent à lui :
    - Ne payer ses fournisseurs et ses salariés que lorsqu’il aura lui-même reçu le règlement de la vente de son avion. Mais là, les stupides et inacceptables (je plaisante, je plaisante…) lois encadrant le travail obligent un employeur à payer ses employés régulièrement (au moins mensuellement)…quand à régler les fournisseurs à 6 mois cela ne ferait que déplacer le problème de trésorerie vers ses mêmes fournisseurs.
    - Demander à son client de le payer à la commande…mais là encore cela ne fait que déplacer le problème vers le client qui lui ne pourra percevoir les produits de l’utilisation de l’avion qu’une fois celui-ci livré et mis en service.
    - Emprunter le montant nécessaire à faire face à cette période de 6 mois.
    Exemple simplifier à l’extrême mais qui montre bien l’utilité de l’endettement pour les entreprises.
    L’endettement lui-même n’étant pas en cause, c’est bien dans son utilisation abusive qu’il faut chercher les causes du problème et par là même les solutions. Or, à mon sens, une utilisation abusive de l’endettement est constituée par la combinaison de :
    - la recherche permanente du toujours plus (plus de consommation pour les individus et plus de profit pour les établissements financiers),
    - une absence totale de rapport au risque,
    Dans le cas précis, les volontés des uns (devenir propriétaires) et des autres (Vendre des crédits pour augmenter les profits) se sont rejointes pour le pire lorsque la notion de gestion de risque fut évacuée au profit de la seule recherche de la satisfaction des désirs des acteurs. J’aborderais le domaine beaucoup plus vaste de la recherche du toujours plus dans une autre contribution pour ne parler que de l’absence de rapport au risque.
    Dans le cas d’espèce, le Risque est (pour l’emprunteur comme pour le préteur) constitué par le Non-Remboursement de la dette. Or, ce risque va dépendre d’abord et essentiellement de la capacité de l’emprunteur à faire face à la dette et à ses charges. C’est une capacité présente mais surtout future puisque le remboursement, par essence s’étale dans le temps. D’ailleurs, plus la durée d’endettement est longue plus le risque est élevé. Le premier des éléments de saines gestions des risques consiste bien à essayer de s’assurer, au moment de la mise en place du prêt, de la capacité future de l’emprunteur à faire face à ses obligations. Cette approche d’estimation du risque étant bien du rôle des DEUX parties, avec même une prépondérance du rôle du prêteur qui est au final celui qui matérialisera le risque en acceptant de prêter la somme en question. Je pense donc qu’il faut légiférer en la matière en imposant aux établissements financiers de n’ouvrir un Crédit que :
    - dans la limite d’un ratio légal d’endettement,
    - après collecte ET vérification des justificatifs apportés par l’emprunteur.
    A défaut, l’organisme financier se verrait condamné (abandon de créance + amende) de même que l’emprunteur si il était avéré qu’il a fourni des Faux en justificatifs.
    Mais, la capacité de l’emprunteur à faire face à ses charges dépends aussi de l’évolution de ces dernières et là, il convient d’encadrer sévèrement tout prêts à taux variables avec au minimum :
    - interdiction formelle des Prêts à Taux d’appel (ex- 0% d’intérêts les x premières années)
    - stricte encadrement des taux variables (Limitation des Indexations sur les seuls Taux des Banques Centrales ET limitation des mark-up).
    De même, un peu en lien avec les deux points ci-dessus, je propose une stricte limitation (voir une interdiction pure et simple) des Prêts dits de refinancement qui ne font que rendre le problème exponentiel.
    Ce premier encadrement, au niveau des Crédits eux-mêmes doit aussi se coupler avec un encadrement des Etablissements financiers. En effet, les Etablissements Financiers gèrent le risque de façon globalisée qui n’est pas la somme des risques individuels de chaque ligne de prêt. En effet, la probabilité que l’ensemble des emprunteurs soient défaillant en même temps est…faible. En conséquence, il n’est pas besoin de couvrir l’ensemble du portefeuille contre le risque de défaillance (ce qui couterait trop cher et rendrait donc le recours au crédit inabordable). Il est donc envisageable de ne couvrir qu’une partie de son portefeuille…reste là aussi à rester dans les limites du raisonnable. Un cas pratique de cette approche est la capitalisation même des banques par rapport à l’ensemble des créances en portefeuille. Pour faire très très simple si une banque ne prête que l’argent dont elle dispose vraiment, son risque devient relativement faible puisque pour se retrouver en situation de faillite il faudrait que l’ensemble de ses débiteurs soient défaillant dès l’origine du prêt…Cela ne pouvant arrivé, le risque de cette banque n’est qu’à hauteur de la proportion de défaillance couplée à l’âge moyen des dettes au moment des défaillances. De plus, dans ce cas, le taux d’intérêt sert à couvrir les frais de structures, assurer une marge ET couvrir les risques puisque pour un prêt de 100 j’aurais disons perçu 110 que je peux répartir comme suit : 100 de capital initial remboursé, 5 de frais de structures, 3 de marges et 2 « d’assurance »…et donc, si au final j’ai moins d’une défaillance sur 50…je m’en sors sans dommage. On pourrait donc dire que si on limite le montant « prêtable » aux montants des dépôts on a aucun risque…certes….mais on reste avec un problème de taille…Les dépôts proviennent des particuliers et des entreprises qui, si ils ont besoins d’investir les utiliseront en priorité avant que d’avoir recours à l’emprunt afin de financer cet investissement (par mesure de simplification j’écarte les notion d’arbitrages et d’effet de levier sur lesquelles je reviendrais plus tard)…Donc le fait même d’avoir recours au crédit laisse à entendre que les besoins en crédits sont supérieurs aux dépôts….La nécessaire Croissance étant passée par là…Tout le jeu reste alors de savoir quelle doit être la limite dans le bilan d’une banque entre ses Créances d’une part et ses actifs d’autres parts. Et là je proposerais une stricte limitation dans un rapport à déterminer afin de réaliser l’équilibre entre Risque d’une part (tendre vers le 1 : 1) et liquidité d’autre part (plus de besoin en crédit que de dépôt donc tendance vers le 1 : X).
    Le dernier élément de limitation des risques réside dans la mutualisation de ces derniers. Toujours partant du principe de faible probabilité de défaillance simultanée, plus vous avez de ligne de crédit différentes, moins vous avez de risques…D’où l’existence des instruments (les fameux produits dérivés) permettant de regrouper les créances dans des titres négociables permettant le transfert du risque à un étage supérieure. J’ai déjà développé cette partie dans mon article sur la spéculation, et je dirais donc seulement qu’il faut (encore une fois) veiller à ce que ces produits ne soient pas détournés de leur usage initial. Pour cela, il faut réaffirmer le rôle des organismes de contrôle des marchés financiers (SEC, AMF….) et l’obligation faite à ces organismes d’analyser et approuver l’ensemble des instruments financiers disponibles.
    Pour résumé, je propose :
    - le strict encadrement du Crédit (particulièrement vers les particuliers),
    - la limitation du montant des Créances à une proportion raisonnable des actifs,
    - le strict encadrement des Produits Dérivés basés sur la Dette.
    Toutes mesures visant à assurer, ni plus ni moins, la bonne relation au Risque de la part des acteurs, afin que la recherche du toujours plus reste bornée par une juste approche de ces risques et la mise en place des outils de gestion des risques appropriés…Disant cela, je ne fait qu’affirmer l’échec de la Gouvernance d’entreprise telle qu’elle devrait être puisque j’affirme la nécessité de légiférer…Un peu comme pour la Ceinture de Sécurité, il semble bien qu’il faille un système coercitif afin que d’obliger les acteurs à la plus élémentaire prudence. Dans le cas de la Gouvernance d’entreprise, constater son échec c’est aussi constater l’incapacité des « propriétaires » du camion à s’assurer que le chauffeur (les dirigeants) le conduise de façon adéquate pour remplir sa mission (livrer des marchandises) tout en préservant l’actif (Le Camion). C’est aussi constater l’incapacité du Gendarme (l’Etat) à constater les infractions (excès de vitesse…alcoolémie)…C’est surtout préparer le sujet de ma prochaine réflexion sur la Gouvernance d’entreprise justement.

  • nidieunimaître
    • Posté à 13h47 le 13/10/2008
    • Internaute 34536

    DSK, sors de ce corps ! ! !

  • Zorro est arrivé
    • Posté à 14h18 le 13/10/2008
    • Internaute 53638
      Lecteur

    Méthode Coué ou méthode coulée ?
    La suite au prochain épisode, d’ici quelques jours/semaines.
    Hedge funds, à vous de jouer ?

  • Zorro est arrivé
    • Posté à 14h21 le 13/10/2008
    • Internaute 53638
      Lecteur

    Et surtout, n’oubliez pas ce que disait Lao Tseu : « les caisses sont vides » !
    Ou elles ne l’étaient pas et ils mentaient.
    Ou elles l’étaient et ils mentent.
    Dans tous les cas, ils ne disent pas la vérité. ; -)

  • lancienz
    lancienz
    libre penseur
    • Posté à 16h20 le 13/10/2008
    • Internaute 53994
      libre penseur

    Voilà pourquoi vous vivez et vous trimez : WWW. BANKSTER.TV

    LA CREATION MONETAIRE NOUS APPARTIENT

    Extrait de Bankster : Tout argent « naît que dès lorsqu’il est emprunté’. L’argent n’existe pas jusqu’à ce que quelqu’un l’emprunte. C’est de “l’argent basé sur une dette’, par conséquent ce n’est pas vraiment de l’argent puisque le véritable argent est basé sur une substance – l’or, l’argent, etc. Si l’‘ argent ’ naît que dès lors qu’il est emprunté, alors cela signifie qu’il n’existe pas. Ainsi, où est l’‘ intérêt ’ ? Il n’existe pas. Comment peut-il être payé ? Il ne peut pas être payé parce qu’il ne fait pas partie de ce qui est créé. Il n’existe simplement pas. La monnaie que nous employons est basée sur notre futur travail que les gouvernements (politiciens) ont promis aux banquiers. De futures générations sont déjà contraintes à payer une dette qui n’existe pas. Pour comprendre L’Argent Dette, nous vous proposons de visionner un documentaire animé, dynamique et divertissant, de l’artiste et vidéographe Paul Grignon qui explique les effets magiques mais pervers du SYSTEME ACTUEL D’ARGENT-DETTE avec une bande son française et des termes compréhensibles par tous !

    99% de la population ignore encore le processus de création monétaire. Ainsi lorsque vous l’aurez assimilé à votre tour, soyez certain de bien faire la distinction entre les répercussions privées et publiques de ce système. Utiliser un systeme d’argent dette pour nos investissements privés, nous le faisions à notre insu jusqu’a maintenant. Le fait que les états européens aient décidé d’abandonner récemment le droit régalien des peuples de battre leur monnaie et ceci sans leur consentement est autrement plus inquiétant. (A noter tout de meme que d’un point de vue privé, l’absence de pleine divulgation et d’égale contrepartie sur le contrat de prêt bancaire peut apparaitre comme frauduleux)

    Extrait de FauxMonnayeurs.org : Depuis 1973 et en application depuis 1974, puis entériné par l’article 104 du traité de Maastricht et finalement transposé dans l’article 123 du traité de Lisbonne, l’Etat a supprimé le recours à l’émission de bons du trésor (emprunt d’état, exempt d’intérêts) puis s’est interdit toute création monétaire en interdisant tout recours à l’emprunt auprès de sa banque centrale à travers le traité européen et ceci pour tous les états européens. Cet état de fait, malicieusement déguisé, rend tout investissement ‘hors de prix’. Ainsi nous sommes assis sur une montage de dettes artificielles dont les conséquences sont dramatiques : Diminution générale du pouvoir d’achat, extension de la pauvreté et misère absolue pour une majeure partie de la population terrestre. Comment peut-on perdre à ce point le plus élémentaire bon sens pour vouloir légitimer le fait qu’un Etat paye un intérêt à un système bancaire privé pour l’usage de sa propre monnaie, qu’il pourrait émettre lui-même, sans intérêt ?

    La réponse(hypothèse actuelle) semblerait se situer dans le fait que bon nombre de haut fonctionnaires, ministres ou anciens ministres siègent ou ont siégés au conseil d’administration de banques privées (voir aussi ’le choix de la défaite’ sur notre page videos). Nous voila dans un esclavagisme moderne grâce à la haute trahison de nos élus qui cherchent désespérement des solutions ‘pansements’ aux conséquences du SEUL problème qu’ils ont eux même instauré par décret dans le plus grand silence et sans la moindre concertation ils ont vendu TOUS nos biens, nos propriétés, nos corps et ceux de nos enfants a des banquiers privés.

  • chourave
    • Posté à 14h43 le 17/10/2008
    • Internaute 29660

    Plutot quitte ou perd

    Si la manoeuvre reussit, l’Etat ne perd rien, dans le cas contraire il perd sa mise ; charge au contribuable de rembourser.

    Esperons que sarko a un carré d’as dans la main, le bluff ne durera pas longtemps.