11/10/2008 à 22h30

A Marseille, l'académie recrute des profs par petites annonces

Rémi Leroux | Rue89


Pages petites annonces du quotidien La Provence du mardi 7 octobre. Vestner France Ascenseurs recrute « Technicien d’Ascenseur H/F » pour un poste dans la région de Marseille. Un peu plus bas dans la colonne, on cherche un conducteur de travaux ». Entre les deux, cet encart :

« L’académie d’Aix-Marseille recrute Enseignant(es) ds les disciplines suivantes : sciences médico-sociales, biotechnologie, technologie, mathématiques, allemand, sciences physiques, génie civil...

Niv. licence mini exige.

C.V. à adresser à : Rectorat, Académie d’Aix-Marseille, division des Personnels enseignants »

Un lien internet renvoie également vers le site de l’Académie, pour celui ou celle qui souhaite obtenir plus d’informations ou « formuler sa candidature ».

Comment faut-il lire cette petite annonce ? Pour le rectorat d’Aix-Marseille, il n’y a là rien d’exceptionnel :

« A la rentrée, chaque académie est obligée de s’assurer que son volant de contractuels ou de vacataires est suffisant, notamment en cas d’absences longue durée pour remplacer les enseignants titulaires.

Ce sont des ajustements auxquels nous procédons tous les ans. Il ne s’agit en aucun cas de postes d’enseignants titulaires... »

Au ministère de l’Education nationale, on précise que ces ajustements sont laissés « à l’appréciation de chaque recteur d’académie ».

Mais ce qui surprend, c’est que ces « ajustements » portent sur des matières « généralistes » comme les mathématiques ou l’allemand, ce type de recrutement étant traditionnellement réservé à des matières bien spécifiques.

1 200 postes en moins dans l’académie depuis 2003

Pourquoi alors ce besoin soudain de profs de maths ? Pour le syndicat d’enseignants Snes Aix-Marseille il n’y a là aucune surprise. Laurent Tramoni, secrétaire académique, détaille :

« Depuis la rentrée 2003, l’académie d’Aix-Marseille a perdu 1 200 postes, l’équivalent de 25 collèges supprimés. On veut nous faire croire que ces contractuels ne sont là que pour assurer des remplacements. On a surtout l’impression que ce sont les profs de demain. » (Ecouter le son)

Depuis plusieurs années, les syndicats dénoncent le net recul des postes ouverts aux concours d’enseignants dans de nombreuses disciplines et déplorent la substitution des titulaires de zones de remplacement (TZR) -des profs certifiés- par des vacataires.

Une enseignante d’histoire-géo d’un lycée du centre-ville de Marseille rappelle :

« Ce qui fait la différence, c’est que les enseignants titulaires ont passé des concours, ont été sélectionnés sur leurs compétences et ont été formés pour enseigner. Les autres non. »

La tendance s’accélère mais surtout, elle prend de nouvelles formes. Pour Laurent Tramoni, la petite annonce passée par le rectorat d’Aix-Marseille est symptomatique de cet état de fait :

« C’est la première fois que le rectorat lui-même recrute des personnels pour assurer des remplacements dans un grand nombre de disciplines. On a vraiment l’impression que l’essentiel, c’est qu’il y ait quelqu’un en face des élèves. »

On connaissait déjà le recrutement d’instituteurs au smic via l’ANPE. Laurent Tramoni passe en revue les « trois nouvelles façons de recruter des enseignants » : (Ecouter le son)

Outre l’embauche par petites annonces, les établissements font donc appel aux « collègues » fraîchement retraités. Une pratique de plus en plus fréquente, comme cela a été le cas cette année au lycée Thiers, fleuron de l’enseignement public marseillais.

Voir le document

(Fichier PDF)

Au début de l’été, le proviseur a fait partir un courrier dans lequel il tente de faire vibrer la « fibre pédagogique » de ses anciens collègues :

« Vous avez choisi (ou le système a choisi pour vous...) de faire valoir vos droits à une pension de retraite. En vous enviant tout de même un peu, nous ne vous oublions pas et je me suis interrogé pour savoir si vous ne ressentiez pas un brin de frustration, la fibre pédagogique qui vit toujours en vous n’arrivant plus à s’exprimer.

C’est pourquoi je m’adresse à vous aujourd’hui. En un mot : seriez-vous prêt à nous aider -nous, c’est vos collègues en activité, l’administration du lycée, mais surtout les élèves et leurs parents- dans une projet de soutien scolaire en classe de première (...) Nous aider bénévolement, cela va sans dire. »

Des BTS contractuels en techno ?

Plus grave selon le syndicat majoritaire chez les profs : le recours aux étudiants bac+2 sortant de BTS pour assurer des enseignements. Là encore, c’est l’Académie d’Aix-Marseille qui a initié la démarche en faisant appel « au vivier des lauréats du BTS de la session 2008 » pour répondre au besoin de contractuels et vacataires en technologie au collège.

Au ministère de l’Education nationale, tout en prenant soin de ne pas dévaloriser la matière, on peine quelque peu à justifier la démarche. Au Snes, on estime qu’il s’agit tout simplement « d’une négation de la qualification des enseignants, d’une négation de l’enseignement », alors que c’est tout le système de formation, à travers notamment les Instituts universitaires de formation des maîtres (IUFM), qui est aujourd’hui menacé.

Bien au-delà du cas de la petite annonce du Rectorat d’Aix-Marseille, Laurent Tramoni déplore « une volonté idéologique de démantèlement du service public ».

Selon lui, « les économies réalisées par la suppression d’1 poste de fonctionnaire sur 2, c’est des queues de cerise dans le budget de l’Etat ». (Ecouter le son)

Et qu’en pense le recteur de l’académie d’Aix-Marseille, Jean-Paul de Gaudemar ? Chargé par le ministre de l’Education nationale d’élaborer « le nouveau lycée général et technologique », il poursuit la concertation des différentes représentants du monde éducatif, moins le Snes-FSU qui a quitté ce jeudi la table des discussions.

Le rapport Gaudemar pourrait être remis d’ici la fin du mois d’octobre, pour une communication du ministère à la rentrée des vacances de la Toussaint. Par petites annonces ?

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  • violeta
    violeta
    psy
    • Posté à 22h59 le 11/10/2008
    • Internaute 34895
      psy

    sauvons l’école ! ! !

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    il y a dans ce pays des gens qui ont compris ce que les gouvernants sont en train de détruire et d’autres qui roupillent de leur sommeil profond de con-sommateur abusé.

    Le jour où ils devront « faire la manche », ce sera trop tard pour tous !

  • Compte supprimé le 4 janvier 3
    • Posté à 23h12 le 11/10/2008
    • Internaute 41144

    Des petites annonces pour recruter des profs dans certaines disciplines, ça se fait depuis une bonne vingtaine d’années, et j’ai moi-même été recrutée à bac + 2 il y a BEAUCOUP plus longtemps que ça.

    • Desiderio
      • Posté à 23h36 le 11/10/2008
      • Internaute 24791

      Cela se faisait en effet, mais dans des disciplines très techniques et professionnelles où on a un faible niveau de remplaçants disponibles (allez trouver un prof pour des cours sur matériaux textiles ou pour de l’optique dans l’académie sous 48 heures), or là je vois des appels pour des professeurs de matières générales : maths (c’est vrai que cela ne se bouscule pas aux concours), allemand (mais on est en PACA et pas en Alsace ou Lorraine où les profs d’allemand sont en manque d’heures à effectuer). Moi, j’ai commencé comme maître-aux, recruté par dossier avec bac+5 et niveau exigé bac+3, il y a justement un peu moins de 20 ans. Or j’avais un statut pas forcément très juste (pas d’indemnités chômage par exemple), mais un peu meilleur que celui des contractuels (pas de congés payés sauf le prorata des heures effectuées, pas d’indemnités de suivi et d’orientation, aucune prime, pas d’heures sup, limitation à 120 heures consécutives durant un trimestre, etc.) Vous ne connaissez pas le statut de ces précaires et vous ne devriez pas vous exprimer en leur nom, surtout si c’est pour dire qu’avant c’était exactement pareil.

      • kestiontoi
        kestiontoi répond à Desiderio
        travailleur forcé
        • Posté à 19h54 le 12/10/2008
        • Internaute 30798
          travailleur forcé

        « On a vraiment l’impression que l’essentiel, c’est qu’il y ait quelqu’un en face des élèves »

        Combien l’Etat va-t-il économiser en employant des vacataires au lieu de titulaire qui ont reçu une formation ?

        « Or j’avais un statut pas forcément très juste (pas d’indemnités chômage par exemple), mais un peu meilleur que celui des contractuels (pas de congés payés sauf le prorata des heures effectuées, pas d’indemnités de suivi et d’orientation, aucune prime, pas d’heures sup, limitation à 120 heures consécutives durant un trimestre, etc.) » (Desiderio)

        Que va devenir un pays qui brade sont Education nationale ?
        Pourquoi Mr Darcos s’attaque-t-il à la maternelle alors que l’Allemagne cherche à augmenter la qualification de l’encadrement des jeunes enfants ?
        Les apprentissages dans les premières années ne conditionnent-ils les années suivantes ?
        La lutte contre l’échec scolaire ne dépend-elle pas de la qualité des enseignants et du nombres d’élèves face à ceux-ci ?
        Qu’est-ce qui est le plus coûteux, un système éducatif performant ou une formation professionelle qui essaie d’augmenter les compétences des chômeurs sous qualifiés ?

      • Compte supprimé le 4 janvier 3
        • Posté à 21h16 le 12/10/2008
        • Internaute 41144

        Je ne m’exprime au nom de personne d’autre que le mien, mais je connais très bien la situation des précaires de l’EN et ce que je dis est parfaitement vrai. J’ai vu recruter des profs par petites annonces dans des collèges, pour des matières enseignées en collège.

    • marcelo
      • Posté à 16h01 le 12/10/2008
      • Internaute 24677

      Avec quel stautut et dans quelles condiions finacières avez-vous été rétribuée ( vacatair, intérimaire ... ?
      Etes-vous encore dans l’enseignement ?

      • Compte supprimé le 4 janvier 3
        • Posté à 21h22 le 12/10/2008
        • Internaute 41144

        Je suis entrée dans l’enseignement comme MA 3 en septembre 1968, avec (ce que l’on appelait alors) un DUEL (= le DEUG d’aujourd’hui), j’avais 19 ans, j’étais étudiante en anglais et j’étais nommée sur 2 établissements pour enseigner l’anglais, le français et l’histoire-géo. Nous n’étions ni vacataires ni intérimaires, nous nous pointions au rectorat 2 jours avant la rentrée, et là c’était la panique et la foire des postes à l’encan.

        Je suis aujourd’hui professeur agrégé (après avoir passé les concours externes en parallèle de mes divers postes de MA), c’est ma dernière année.

  • quetzal2012
    quetzal2012
    enseignant précaire
    • Posté à 01h14 le 12/10/2008
    • Expert 26736
      enseignant précaire

    Merci d’avoir répondu à celles et ceux qui font semblant de ne pas voir ce qui se cache derrière tout ça et qui font semblant de ne pas comprendre qu’il s’agit du glissement des chefs d’établissements vers le statut de chefs d’entreprise, ce qui débouchera, sauf si l’on ôtedès à présent nos oeillères, sur la privatisation de l’école.

    La politique de l’autruche n’en a jamais sauvé une seule, elle ne sauvera pas plus tous les lecteurs myopes du processus en cours et encore moins les victimes de l’institutionnalisation de la précarité : les vacataires !

    Lien

  • Mada Lopo
    Mada Lopo
    décélérateur
    • Posté à 04h03 le 12/10/2008
    • Internaute 55706
      décélérateur

    Une enseignante d’histoire-géo d’un lycée du centre-ville de Marseille rappelle :
    « Ce qui fait la différence, c’est que les enseignants titulaires ont passé des concours, ont été sélectionnés sur leurs compétences et ont été formés pour enseigner. Les autres non. »

    Seriez vous certifiée en certitudes, chère collègue ?
    Pédagogie et psychologie sont les deux péchés capitaux de l’IUFM. Non vous n’avez pas été recrutée sur vos compétences, mais plutôt sur vos connaissances livresques et votre capacité au formatage.
    Votre pratique s’est par la suite améliorée avec le temps, l’expérience et le soutien (parfois indirect) de vos collègues...

    • newf
      newf répond à Mada Lopo
      essaye de s'en sortir
      • Posté à 08h16 le 12/10/2008
      • Internaute 47996
        essaye de s'en sortir

      Exact et d’ailleurs si la pédagogie s’enseignait, çà se saurait. Et on ne parle pas des wagons d’étudiants qui passent le CAPES par dépit, par peur du chomâge ou tout simplement pour se caser après s’être rendu compte que leurs études ne menaient à rien. Dire qu’ils sont recrutés sur leurs compétences (sous entendu à enseigner) est archi-faux. Et il en va de même dans le supérieur où les enseignants-chercheurs sont recrutés sur leurs travaux de recherche et sur le nombre de leurs publications alors que la plupart sont incapables de faire face à un amphi.

      • bo_ra
        bo_ra répond à newf
        prof stagiaire
        • Posté à 13h11 le 12/10/2008
        • Internaute 55733
          prof stagiaire

        Je ne sais pas d’où vous sortez vos opinions préconçues sur le capes, la formation et les motivations des (futurs ?) professeurs certifiés, mais il me semble que cet avis est une généralité qui dénote une méconnaissance totale du système et des individus.
        Je suis moi-même prof stagiaire en iufm et je côtoie des futurs profs étudiants à la fac, des gens qui se préparent pour le concours, des profs stagiaires ayant réussi le concours et des professeurs d’expérience.
        Laissez moi vous répondre qu’au contraire de ce que vous semblez penser ce métier est un des rare qui inspire beaucoup de vocations et que pour beaucoup l’intérêt qui prime n’est pas la rémunération mais l’envie d’enseigner et le goût pour le contact avec les élèves.
        A l’iufm la plupart des stagiaires affichent après quelques mois une vision critique sur leur métier ainsi qu’une réelle volonté de perfectionner leur enseignement. L’iufm peut être critiqué, il n’en reste pas moins qu’on y suit une formation de qualité qui fournit des clés et des axes de réflexion très utiles pour un prof débutant, et on y est évalué. Les profs certifiés expérimentés ayant débuté sur cette formation sont aujourd’hui très compétents.
        Je pense que les vrai problèmes sont la volonté de suppression de postes et la masterisation de la certification qui va pousser les étudiants à rentrer dans l’enseignement sur petites annonces pour acquérir une expérience à faire valider plus tard ; expérience sur laquelle ils ne pourront pas avoir un regard critique puisque n’ayant pas en mains les outils pédagogiques. On va supprimer l’année la plus importante de la formation pour économiser quelques euros.
        En ce qui concerne le supérieur, je ne connais pas assez le sujet pour m’exprimer dessus.
        A force de taper à l’aveuglette vous allez finir par tout casser il n’y aura plus rien.

      • kestiontoi
        kestiontoi répond à newf
        travailleur forcé
        • Posté à 20h05 le 12/10/2008
        • Internaute 30798
          travailleur forcé

        « Dire qu’ils sont recrutés sur leurs compétences (sous entendu à enseigner) est archi-faux. » (newf)

        Comment évaluer les compétences à enseigner ? ?
        A quoi servent les inspecteurs ?
        Font-ils correctement leur travail ?
        Servent-ils à quelques chose s’ils permettent à des enseignants qui ne sont pas apte à enseigner de rester face à des élèves ?
        Comment évaluer les compétences nécessaire à un inspecteur (si ce dernier est indipensable)pour qu’ils ne permettent plus à des enseignants jugés inaptes de faire carrière dans l’Education ?

    • petitarbre
      petitarbre répond à Mada Lopo
      • Posté à 12h00 le 12/10/2008
      • Internaute 3757

      Les réactions sont nombreuses face à ce sujet.

      Pour beaucoup d’entres elles, on retrouve un débat qui ne s’est jamais réglé au sein de l’éducation nationale : le recrutement des enseignants. Avec ce goût amer qui ne s’est jamais adouci : les enseignants, pour la plupart, ont été recrutés sur « simple » concours, et il est de notoriété publique que ces concours n’intègre en rien la dimension pédagogique du métier, autrement dit l’expérience « clinique » de l’enseignant.

      Il est en effet une situation très étrange dans ce métier : à peine muni du concours, le futur enseignant peut enseigner « indifféremment » de la 6ième à la Terminale. Il se retrouve face à des collègues ayant de 1 à 45 ans d’expérience... et sa pratique n’est en rien évaluée, si ce n’est par lui-même. On croise ainsi des « aberrations », ces fameux enseignants ultra diplômés, mais dont la pédagogie est une pédagogie de coup de marteaux : « il faut enfoncer la connaissance dans le crâne des élèves »... Si on tente en quoi que cela de leur faire des remarques, on risque de s’entendre répondre... « Je suis libre et donc je n’ai de rendre de compte à personne au sein de ma classe ; les élèves n’ont qu’à se plier à mes choix ».

      Au hasard de nos rencontres, il nous arrive de croiser aussi des enseignants ayant une véritable réflexion sur leur pratique, ayant compris que, finalement, la seule personne à même de les évaluer... c’est eux-même.
      Mais alors, quelle solitude ! !

      Bref, le sentiment que j’ai face à ce « métier » : la formation est bien trop empirique, uniquement empirique.

      Ainsi, pour moi, la question doit effectivement porter sur les capacités pédagogiques du futur enseignant ; sur ses capacités à réfléchir sur sa pratique ; ses capacités à se remettre en question. Le concours ; pourquoi pas, mais pas en tant que finalité en soi.

      La dérive de ces recrutements traduit une idéologie ancré au sein de l’éducation nationale : être enseignant, c’est donné à tout le monde. Il suffit de se mettre face à 30 élèves et de faire cours. Rien de plus simple.
      Car en effet, jusqu’à présent, l’idéologie propre des concours était cela : on vérife juste que vous avez des connaissances. Le reste, c’est sans importance. Les « pédagogues » ne sont que des petites personnes qui s’agitent...

      Je suis personnellement convaincu qu’être enseignant est un métier. On peut décrire des techniques ; des approches ; des projets.

      Je suis personnellement convaincu qu’il est possible de débattre et de construire des conditions de recrutement.

      Du côté ministeriel, l’équation est simple. X elèves d’un côté nécessite Y adultes de l’autre (plus de 18 ans ; modestement éduqués). Une contrainte étant que, S désignant le salaire moyen des Y adultes, on doit avoir S fois Y inférieur à T pour cent du budget...
      Le reste, les humains ; les adolescents... peu importe.

      Mais tout cela rentre dans une idéologie bien plus vaste...

      Marc Olive

      • kestiontoi
        kestiontoi répond à petitarbre
        travailleur forcé
        • Posté à 20h30 le 12/10/2008
        • Internaute 30798
          travailleur forcé

        « Du côté ministeriel, l’équation est simple. X elèves d’un côté nécessite Y adultes de l’autre (plus de 18 ans ; modestement éduqués). Une contrainte étant que, S désignant le salaire moyen des Y adultes, on doit avoir S fois Y inférieur à T pour cent du budget…
        Le reste, les humains ; les adolescents… peu importe. »
        (Marc Olive)

        Pourtant le discours ministériel durant l’année scolaire n’est-il l’enfant au coeur de l’enseignement ?

        Ce discours ne se traduit-il pas régulièrement à travers de nouveaux programmes ?

        Mais en fin de compte qui l’emporte, les intentions pédagogiques ou le budget ?

    • Fozzie
      Fozzie répond à Mada Lopo
      Riendutoutiste tendance dure
      • Posté à 12h27 le 12/10/2008
      • Internaute 1195
        Riendutoutiste tendance dure

      En ce qui concerne les certitudes, j’ai déjà envoyé des posts pour expliquer que personnellement, je n’en ai guère concernant mon métier. Mais merci de me dire que j’ai été recruté pour ma capacité au formatage : apprendre aux gamins à se méfier des informations, de ne pas gober la publicité, leur faire comprendre les enjeux du monde actuel, leur expliquer que le racisme n’est qu’une soupe faite de bêtise et de peur qu’on exploite allègrement ces derniers temps, que frapper une fille est une lâcheté, que tout le monde doit être respecté... Quel salaud immonde je fais ! Merci de me le rappeler.
      Sur ce, je vais corriger des exercices de 3ème. Le sujet ? Les mutineries de 1917... Que voulez-vous, quand on est pourri et qu’on est là pour embrigader les élèves...

  • cécile-marthe
    • Posté à 05h05 le 12/10/2008
    • Internaute 55709
      prof

    Malheureusement, ça n’arrive pas qu’à Marseille. Dans l’académie de la Réunion, on trouve la même annonce sur le site du rectorat... Et ça devrait s’aggraver.

    • Sébastien Guittard
      Sébastien Guittard répond à cécile-marthe
      Auvergnat exilé en Champagne
      • Posté à 13h17 le 12/10/2008
      • Internaute 19693
        Auvergnat exilé en Champagne

      Et en Champagne Ardennes, des élèves attendent toujours leurs profs de mécanique dans plusieurs lycées, plus de six semaines après la rentrée. Ils passent leur Bac pro au mois de juin, et ils commencent à s’inquiéter.
      On essaye de remplacer les profs par des collègues d’autres disciplines, mais ce n’est pas si facile d’enseigner une matière autre... Le recours aux contractuels est également envisagé, mais il semblerait que le faible niveau de rémunération, l’absence de congés payés, l’absence de frais de déplacement, ne poussent pas les candidats au portillon...
      Mais il paraît qu’on peut supprimer des profs sans que cela ne soit nuisible à la mission de service public. A vérifier dans un avenir qui se rapproche... Ca va devenir dur de cacher la vérité !

      • kestiontoi
        kestiontoi répond à Sébastien Guittard
        travailleur forcé
        • Posté à 20h34 le 12/10/2008
        • Internaute 30798
          travailleur forcé

        « Mais il paraît qu’on peut supprimer des profs sans que cela ne soit nuisible à la mission de service public. A vérifier dans un avenir qui se rapproche… Ca va devenir dur de cacher la vérité ! » Sébastien Guittard)

        A petite ou grande vitesse ?
        Speedy Sarko va-t-il arriver à masquer la vérité ?
        Réponses dans .... ?

  • Vieux taxi
    Vieux taxi
    retraité
    • Posté à 08h29 le 12/10/2008
    • Internaute 54218
      retraité

    Avant les vacataires il y avait les « maîtres auxiliaires », la différence, c’est que les congés étaient payés, les cotisations retraite aussi etc...
    Je me rappelle qu’en 1964-65, étudiant fauché,j’ai été recruté à temps plein sur des classes de 6ème et 4ème, titulaire de deux bacs et de propédeutique, salaire net mensuel 750,00 F soit, en constant,à peu près 1200€... pour un bac+1 de l’époque . Tout a bien changé, les élèves, les études, la rémunération, l’ambiance...
    quarante ans après, l’impression d’un immense gâchis, d’une déroute en avant vers le Bas-Empire, le règne des gourous de l’« éducation » et des troisièmes couteaux du savoir...
    Quant à faire le bénévole, qu’ils cherchent en Roumanie où l’on parle mieux le français que dans les couloirs des rectorats.

  • Phil2922
    Phil2922
    Retraite invalidité
    • Posté à 09h17 le 12/10/2008
    • Internaute 36639
      Retraite invalidité

    Après la réforme de 90/91 supprimant les PTT, créant la Poste, les concours ont été supprimés et maintenant ceux qui rentrent dans l’entreprise (Et oui, d’apès les décideurs, c’est une entreprise) signent une convention collective et sont de droit privé.

    Qu’est ce que ça change, vous allez me dire. Et bien, ils ne prêtent plus serment devant un juge et tout en faisant le même boulot, ils ne bénéficient pas d’une grille indiciaire fonction publique et n’ont pas de garantie d’emploi. Intérimaires, CDD, CDI, ils n’ont pas de grosse paye, déjà que celle des Fonctionnaires n’a jamais été exceptionnelle. En général, on ne rentre pas dans la Fonction Publique pour s’en mettre plein les fouilles.

    Pour l’instant, il y a toujours des concours dans l’Education nationale mais, avec ce genre d’annonces que l’on voit de plus en plus souvent, jusqu’à quand... ? La disparition programmée des IUFM n’est elle pas le prémice de la privatisation complète de la 1ère administration d’Etat... ? !

    Lien

    • Pierrrrre
      Pierrrrre répond à Phil2922
      → → → → → → → le marché autant (...)
      • Posté à 17h25 le 12/10/2008
      • Internaute 23078
        → → → → → → → le marché autant (...)

      « ..les PTT...Qu’est ce que ça change, vous allez me dire.... »
      ► ça change que les pététouilles deviennent deux établissements dont la performance va aller grandissante :

      la Poste d’une part qui s’ouvre, à l’encontre des syndicats, à un modernisme et une efficacité d’entreprise.

      La Banque Postale d’autre part qui essaye de se refaire au sortir des ambiances ronds de cuir administratifs.

      –––––

      « ...En général, on ne rentre pas dans la Fonction Publique pour s’en mettre plein les fouilles... »

      ► ne croyez pas cela.. c’était au contraire une excellente stratégie de carrière pour un non bachelier de niveau bac mais sans diplôme et allergique aux études :
      rentrer comme agent de bas de gamme (concours assez facile).. niveau C ou D
      attendre 4 ans, et passer cadre inspecteur par concours interne.. et doubler les petits copains qui se plantent aux concours externes ouverts aux licenciés...

      Pour ceux qui avaient le bac et avaient un concours B,
      les PTT pouvaient leur payer la fac pour préparer une licence (avec salaire)

      Ensuite, au bout de trois ans de plus, ils pouvaient toujours préparer le concours interne de Cadre Sup (mais difficile à avoir..).. ou mieux, celui d’ENS PTT (équivalent à l’ENA).. c’était mieux valorisé que de faire bêtement son travail.

      avec la reclassification actuelle, en jouant bien des coudes, certains sont montés de 2 étages d’un coup.

      Mais pas des pététouilles, des qui en veulent, qui se bougent et n’attendent pas que ça tombe tout seul.

      • kestiontoi
        kestiontoi répond à Pierrrrre
        travailleur forcé
        • Posté à 20h48 le 12/10/2008
        • Internaute 30798
          travailleur forcé

        « ne croyez pas cela.. c’était au contraire une excellente stratégie de carrière pour un non bachelier de niveau bac mais sans diplôme et allergique aux études :
        rentrer comme agent de bas de gamme (concours assez facile).. niveau C ou D
        attendre 4 ans, et passer cadre inspecteur par concours interne.. et doubler les petits copains qui se plantent aux concours externes ouverts aux licenciés… » (Pierrre)

        Comment un non bachelier allergique aux études fait-il pour réussir des concours ? ? ?
        Ne ferai-tu pas une crise de jalousie ?
        Serais-tu contre les promotions internes ?

        « avec la reclassification actuelle, en jouant bien des coudes, certains sont montés de 2 étages d’un coup. » (Pierrrre)

        En jouant des coude ou en marchant sur la tête des collègues ?
        L’ambiance doit être chaude ? ? ? ?

        « Mais pas des pététouilles, des qui en veulent, qui se bougent et n’attendent pas que ça tombe tout seul. » (Pierrrrre)

        Des qui en veulent qui se bougent ne serait-il pas des adeptes du croque-en-jambes, du coup de poignard dans le dos, du lèchage de bottes..... ? ? ?

        Qui est responsable de la crise financière actuelle,des pététouilles ou des qui en veulent, qui se bougent ?

        Qui va payer des pététouilles ou des qui en veulent, qui se bougent ?

         
        • Pierrrrre
          Pierrrrre répond à kestiontoi
          → → → → → → → le marché autant (...)
          • Posté à 21h32 le 12/10/2008
          • Internaute 23078
            → → → → → → → le marché autant (...)

          « ....Comment un non bachelier allergique aux études fait-il pour réussir des concours ? ? ? .... »
          ► un concours est beaucoup plus ciblé et ouvert aux opportunistes qui se concentrent sur l’essentiel à savoir.

          –––––––––
           »...Ne ferai-tu pas une crise de jalousie ?
          Serais-tu contre les promotions internes ? ... »
          ► J’en ai moi même sacrément profité

          ––––––––

          « avec la reclassification actuelle, en jouant bien des coudes, certains sont montés de 2 étages d’un coup. » (Pierrrre)

          En jouant des coude ou en marchant sur la tête des collègues ?
          L’ambiance doit être chaude ? ? ? ?
          ► simplement en sachant profiter des opportunités, et en se positionnant dans de nouvelles filières porteuses.
          Actuellement, à la banque Postale, des carrières s’ouvrent dans le commercial, le Trading, le financier.
          Faut savoir lire les bulletins, répondre aux propositions et lever son nez du guichet.

          ––––––––

          « Mais pas des pététouilles, des qui en veulent, qui se bougent et n’attendent pas que ça tombe tout seul. » (Pierrrrre)

          Des qui en veulent qui se bougent ne serait-il pas des adeptes du croque-en-jambes, du coup de poignard dans le dos, du lèchage de bottes….. ? ? ?
          ► Il y en a, et ils ne vont pas loin.. non, de ceux qui jouent le jeu de l’entreprise, jeu qui n’est pas contradictoire avec le respect des gens, au contraire.. mais effectivement, faut pas ramer à contre courant, et jouer au blocage ou au prosélythisme politique sous prétexte de « défendre l’interet des travailleurs »..

          –––––––––

          « ....Qui est responsable de la crise financière actuelle,des pététouilles ou des qui en veulent, qui se bougent ? .... »
          ► Rien compris moi même à la réalité de la crise qui dépasse ce qui l’a provoquée.. en tous cas, c’est le moment de faire de bonnes affaires en bourse.
          Sachant que La Banque Postale n’est pas concernée par le manque de liquidité, étant une banque nouvelle, elle ne s’est pas impliquée dans des participations à risque.... Au contraire, la Banque Postale, par son Cash Flow peut répondre favorablement à des demandes d’emprunt refusées par d’autres banques prisonnières d’un manque de liquidité.

        1 autres commentaires
      • sorry
        sorry répond à Pierrrrre
        panseuse
        • Posté à 10h37 le 14/10/2008
        • Internaute 25235
          panseuse

        Nul, pauvre pierre

    • Compte supprimé le 4 janvier 3
      • Posté à 21h33 le 12/10/2008
      • Internaute 41144

      « Et bien, ils ne prêtent plus serment devant un juge »

      Où avez-vous été chercher que les fonctionnaires aient jamais prêté serment devant un juge ? ? ? Vous vous croyez dans une série américaine !

      « Pour l’instant, il y a toujours des concours dans l’Education nationale mais, avec ce genre d’annonces que l’on voit de plus en plus souvent, jusqu’à quand… ? »

      Bah, il y a infiniment plus d’enseignants titulaires d’un concours de l’Etat aujourd’hui qu’il y a 30 ans ! On se faisait recruter comme MA et on était assuré d’être « titularisé » SANS CONCOURS au bout de quelques années (et chaque titularisation enlevait un poste au concours).

      • Pierrrrre
        Pierrrrre répond à Compte supprimé le 4 janvier 3
        → → → → → → → le marché autant (...)
        • Posté à 09h56 le 13/10/2008
        • Internaute 23078
          → → → → → → → le marché autant (...)

        « ....Où avez-vous été chercher que les fonctionnaires aient jamais prêté serment devant un juge ? ? ? Vous vous croyez dans une série américaine ! .... »

        ► l’intégralité des fonctionnaires des PTT prétait serment devant un juge, dés leur stage de formation.
        (en raison de l’obligation de confidentialité vis à vis des informations privées qu’ils étaient amenés à croiser)

        depuis le décret no 93-1229 du 10 novembre 1993 relatif au serment professionnel prêté par les personnels de La Poste, le serment ne se fait plus au tribunal :

        Art. 1er. - Les personnels de La Poste doivent, à leur entrée en fonctions, prêter serment.
        Art. 2. - Le serment professionnel fait l’objet d’un engagement signé par l’agent, qui revêt la forme suivante : << Je fais le serment de remplir avec conscience les fonctions qui me seront confiées. << Je m’engage à respecter scrupuleusement l’intégrité des objets déposés par les usagers et le secret dû aux correspondances, aux informations concernant la vie privée dont j’aurai connaissance dans l’exécution de mon service. << Je m’engage à exécuter avec probité les opérations financières confiées à La Poste. << Je m’engage également à signaler à mes responsables hiérarchiques toute infraction aux lois et règlements régissant La Poste. >>
        Art. 3. - Les titulaires et les stagiaires prêtent serment devant leur chef de service et signent leur engagement en sa présence. Le serment des autres personnels est prêté devant leur chef immédiat.

        idem pour France Telecom

        –––––-

        je ne sais pas ce que décret est devenu ...

        mais pour les fonctionnaires des impôts, c’est d’actualité :
        article 12345, allinéas 67, modifié par la loi 444, décret 777, article 11 :
         »...s’engage à ne voler autrui que si c’est au profit de l’administration fiscale et peut dans ce cas là user de toutes les ficelles, menaces, pressions, dénonciations, surtaxations, saisies les plus sordides... »

        les italiques marquent un léger décalage interprétatoire.

  • caranvasérail
    caranvasérail
    entre dédain et déclin
    • Posté à 09h17 le 12/10/2008
    • Internaute 44649
      entre dédain et déclin

    Merci Rémi pour cet article qui aborde différents aspects d’une question essentielle pour tous....
    Remarque : toutes les réactions que je viens de lire abordent l’aspect statutaire , disciplinaire ou pédagogique du métier d’enseignant , on perçoit les rancoeurs et les agacements , les querelles entre ceux de Thiers , les ex maîtres-auxiliaires et les futurs ex-profs précaires ....

    A mon avis , chers collègues , le débat de fond n’est jamais abordé car il faudrait le faire au delà des divisions statutaires , syndicales , catégorielles ...
    Si l’Education Nationale en est là , c’est aussi parce qu’elle a été incapable de se réunir , de défendre des valeurs communes, de construire un projet alternatif face à l’évolution des élèves ....
    on en est là parce qu’un grand nombre de personnes se sont repliés sur leurs privilèges , leurs certitudes d’anciens bon élèves devenus profs , face à des élèves qu’ils ne reconnaissaient pas ......

    Nous sommes en train de laisser dépecer un des services publics les plus fondateurs de la démocratie française tandis que la Poste agonise dans l’indifférence générale ....
    Cette forme de recrutement des enseignants est juste un symptôme ....
    mais quend allons nous , nous les profs nous poser les vrais questions , quand allons nous défendre nos valeurs , nos idées , nos élèves ?

    L’heure n’est plus aux querelles de chapelle , l’enseignement privé explose aussi parce que dans le public le terrain leur est abandonné par la majorité silencieuse......

    Vous me dires , facile à dire....quelle est la solution miracle ? il n’y en a jamais....

    Cherchons là donc ensemble en nous unissant , réunissant , plutôt que d’adopter un repli identitaire fondé sur des faux-semblants

  • hbf
    hbf
    HBF
    • Posté à 09h49 le 12/10/2008
    • Internaute 55714
      HBF

    Quand je lis ces commentaires, 2 réactions me viennent :
    - La première c’est la triste opinion que beaucoup de personnes ont de l’école : si elle était telle qu’ils la décrivent il y bien longtemps que notre école ne fonctionnerait plus, évidemment c’est une opinion donnée par des personnes qui ne se sont jamais retrouver devant toutes les problématiques d’une classe.
    - La deuxième c’est le constat suivant : aujourd’hui ont demande à un enseignant de valider et de faire passer l’assr, le b2I, des PPRE, le socle commun de compétance, un suivit de l’orientation, des projets de cytoyenneté, de santé, d’impliquer les parents dans l’éducation...et leur matière. Quand on comprend donc que ces missions doivent être accompli maintenant par des personnes qui sont recrutées par petites annonces, sans formation... (L’iufm n’est pas parfaite, mais elle procure du temps au jeunes enseignants pour appréhender la multiplicité de facettes de ce métier)
    Des précaires à la place d’enseignants, des objectifs de performance qui ne seront donc pas rempli...A qui va profiter cette « casse » de l’école publique ... ni aux élèves, ni au parents, ni aux enseignants...
    il y a sans doute dans des cartons des objectifs de 50% d’élèves dans le privée d’ici 2020 ... ? juteux marché celui de l’éducation en pleine croissance !
    Libéralisons, déréglementons, individualisons-nous, critiquons des professionnels, votons... mais ne nous plaignons pas après !
    HBF enseignant aimant son métier et les élèves de maternel au post bac

    • newf
      newf répond à hbf
      essaye de s'en sortir
      • Posté à 10h31 le 12/10/2008
      • Internaute 47996
        essaye de s'en sortir

      « si elle était telle qu’ils la décrivent il y bien longtemps que notre école ne fonctionnerait plus ».
      Et bien justement notre école ne fonctionne plus. Bien sûr que vous aimez votre métier mais, sauf votre respect, permettez nous de critiquer un enseignement qui conduit un prof tel que vous à commettre pas moins de 8 fautes d’orthographe dans son commentaire.

    • kkadim
      kkadim répond à hbf
      service public rhone alpes
      • Posté à 11h05 le 12/10/2008
      • Internaute 24768
        service public rhone alpes

      il est paru il y a plusieurs années un livre blanc sur l’éducation, une étude des institutions de l’Europe, qui pronait simplement d’intégrer l’enseignement dans les « services », et donc de le soumettre à la fameuse « concurrence libre et non faussée “, tout en préconisant tout de même un ‘service de base’ assuré par l’état consistant à apprendre les rudiments de la lecture et de l’écriture à ceux qui ne pourraient se ‘payer’ les services permettant d’avoir de ‘vraies études’. donc rien de vraiment surprenant dans ce que relate cet article.

  • ZYXXYO
    ZYXXYO
    Ingénieur Informaticien
    • Posté à 10h38 le 12/10/2008
    • Internaute 13909
      Ingénieur Informaticien

    Ces personnes recrutées par petites annonces, subissent t-elles au moins une formation de base avant d’enseigner ou rien du tout ?

    • Ech-picard
      Ech-picard répond à ZYXXYO
      au fond de sa campagne.
      • Posté à 11h26 le 12/10/2008
      • Internaute 280
        au fond de sa campagne.

      Rien ! Rien ! Rien !
      C’est chacun sa M.... (vue ailleurs)
      Le plus triste c’est que les compétences pédagogiques soient la ou pas. Il n’y aura aucune reconnaissance.
      Les postes au CAPES interne réduits au maximum.
      Je connait d’excellent prof qui faute de mieux, décroche des postes dans le privé encore moins bien rémunéré (par l’état) et toujours précaire.
      Il y a une volonté systématique de casser du prof.
      A mon humble avis ça empire.
      Prof de toutes les catégories UNISSEZ VOUS !
      C’est le retour vers le passé, des classes de 40 et plus !

      Signé : un fils d’enseignants, marié à une enseignante, qui a fait carrière dans l’industrie.
      Je vois et j’ai vu l’envers du décors !

    • Desiderio
      Desiderio répond à ZYXXYO
      • Posté à 15h55 le 12/10/2008
      • Internaute 24791

      Beaucoup de contractuels sont des gens qui préparent en même temps les concours ou qui ont déjà tenté les concours, ils peuvent donc bénéficier d’une formation (mais en fait surtout disciplinaire pour les concours externes, avec juste quelques épreuves didactiques et non pédagogiques). Cependant, il est alors difficile de rester inscrit à des formations du fait des horaires qui peuvent coïncider et puis il faut savoir que les stages Mafpen sont toujours bloqués sur des mardi-mercredi ou des mercredi-jeudi donc avec au moins un jour de classe (le contractuel ne sera pas payé pendant ce temps-là, il est payé à l’heure de classe réellement effectuée). Ses horaires peuvent changer d’une semaine à l’autre s’il est appelé à une autre mission. En outre, il est difficile de s’inscrire dans une formation Mafpen en cours d’année surtout si les effectifs sont pleins dès le mois de juillet (il faut passer alors par le chef d’établissement ou le médecin du rectorat, une assistante sociale du rectorat, la DRH, l’inspection, on se signale comme un cas).

      L’an dernier, j’ai remplacé une prof dépressive et en fin de carrière. Je suis TZR de lettres (donc titulaire, avec frais de déplacements, congés, points de retraite, primes pour les conseils de classes, heures sups payées si j’en fais et aucun dégrèvement en cas de sous-horaire), le poste était de lettres-histoire, il a donc été coupé en deux parce que je me voyais mal préparer à un bac pro ou un BEP dans une matière que je possède fort bien, mais pas assez pour des classes d’examen (il ne suffit pas de lire la table des matières du manuel ou de connaître le programme et le référentiel ou les annales, il faut avoir réfléchi). Mon binôme était un contractuel qui ne bénéficiait d’aucun de mes avantages, qui commençait seulement et qui préparait le PLP. Mais l’inspecteur lui a délégué un tuteur dès la deuxième semaine, tuteur qui assistait à certains de ses cours ou dont il observait certains cours. C’est, je crois, assez rare, voire exceptionnel, mais dans l’enseignement professionnel, il y a souvent une plus grande attention aux situations particulières que dans l’enseignement général. J’ai pu suivre de telles formations quand j’ai débuté comme maître-aux (là aussi dans l’enseignement professionnel avant que je ne bifurque vers le général), j’ai eu droit alors à des stages et à un tuteur au milieu de la première année, mais je ne pense pas que ce soit le cas pour tous les nouveaux contractuels qui se retrouvent dans une situation de grande précarité face aux représentants de l’institution.

  • Nondupe
    • Posté à 10h39 le 12/10/2008
    • Internaute 16772

    Pauvre école, pauvre éducation nationale, pauvres élèves et pauvres citoyens.

    Quoi de surprenant à tout cela ?
    Cela fait quelques années que le mécanisme a commencé.

    Ce qui gène l’état, ce sont les fonctionnaires : il faut les payer, y compris quand ils deviennent vieux et même à la retraite. Ils ont des revendications. On ne peut pas le virer du jour à l’autre.
    Tout cela fatigue nos petits ministres compatbles.

    Alors, la solution : externaliser les compétences.
    Les vacatiares, c’est mal payé, malléable, renvoyable, congédiable à merci.
    Quand le lycée ferme, on arrête de les payer.
    A la retraite, ils font pas chier et vont comme les autres quémander leur obole.
    C’est vraiment tranquille , les vacataires.
    le ministres et ses benéts congénitaux, (dont il fait partie en tant que inspecteur général) peuivent continuer à débiter leurs fadaises (le petit gaudemar aurait en projet pour le lycée de supprimer l’histoire qui deviendrait optionnelle ! Bravo l’idée...Génial pour faire des non-citoyens).

    Nous sommes bien là dans un système abject qui vise à gérer (il sentait bon le sable chaud , mon gestionnaire)ouvertement au détriment de l’intelligence, de la culture, de la citoyenneté et même, au-delà de la civilisation.

    Donner aux élèves et futurs citoyens, le minimum vital(une sorte de RSA de la scolarité)revient à saper les fondements de notre culture, mais avec l’avantage énorme d’en faire des captifs des journaux télé qui goberont tout ce que le pouvoir leur raconte, sans disposer d’un esprit critique. De bon esclaves.

    Merci notre démocratie. Merci les politiques.
    Le destin de notre pays est de bien mauvaises mains.
    Elles puent la dictature.

  • hallucine
    hallucine
    dans le flou
    • Posté à 10h48 le 12/10/2008
    • Internaute 44353
      dans le flou

    On manque de profs de maths, de sciences physiques dans à peu près toutes les académies ( !)
    Pour les sciences physiques, la « solution » trouvée est de supprimer cette matière en collège.

    • léo solo
      léo solo répond à hallucine
      • Posté à 11h06 le 12/10/2008
      • Internaute 2483

      Ainsi que l’hist-géo.

    • Desiderio
      Desiderio répond à hallucine
      • Posté à 16h45 le 12/10/2008
      • Internaute 24791

      Pas encore. Cela viendra. Mais un premier pas avait été fait par Claude Allègre (alors conseiller de Lionel Jospin, ministre) avec la suppression de la physique-chimie en 5e et 6e. Allègre déteste profondément la physique qui lui a causé trop de problèmes au sujet de l’opinion sur ses compétences scientifiques... En outre, cela coûtait très cher du fait des dédoublements pour des TP que l’on doit surveiller en petits groupes. Elle avait été rétablie en 5e seulement par Bayrou quelques années après, mais comme le manque d’enseignants devient de plus en plus criant dans cette discipline (souvent occupée par des contractuels d’origine étrangère, faute de titulaires car les diplômés partent tous en entreprise ou dans la recherche), il est prévu de la faire sortir du tronc commun au lycée, donc de la mettre en option ou module, et non pas de la supprimer totalement au collège. On se dirige plus vers un enseignement à deux vitesses encore plus différentes dans le second cycle, les lycées qui pourront encore offrir de la physique et donc un accès à des prépas scientifiques, et puis les autres.

  • papy55
    papy55
    prof. en province
    • Posté à 11h39 le 12/10/2008
    • Internaute 24237
      prof. en province

    Ce cas est typique de ce qui deviendra la norme dans peu de temps.... !

    Je suis toujours persuadé (ce n’est pas le cas de tous !) que l’EN sera privatisée, ou plus exactement l’Education sera livrée « au grand marché », le secteur public se limitant à l’équivalent de la CMU pour la prise en charge des problèmes de santé, une sorte de « Couverture Educative Universelle » !

    Et donc dans ce cas, dans le public comme dans le privé, sera généralisé un système déjà existant dans de nombreux secteurs : le recours à l’intérim....Les méthodes et l’organisation pédagogiques que l’on cherche à imposer dans les différentes disciplines depuis quelques temps, vont à mon avis dans ce sens !

  • Anthropia
    • Posté à 13h13 le 12/10/2008
    • Internaute 17441

    Une preuve de plus de la politique de démantèlement de Sarkozy, dérégulation, destruction des piliers de notre système éducatif, social, de santé et de recherche.

    Lien

  • Rouille_Encagée
    Rouille_Encagée
    Étudiant
    • Posté à 13h17 le 12/10/2008
    • Internaute 1144
      Étudiant

    Ce n’est pas nouveau comme phénomène. Déjà depuis quelques années les lycées posent des annonces à l’ANPE en quête de professeurs car quand les chefs d’établissement demandent du renfort quand un prof est absent pour une certaine durée, le rectorat n’a plus assez de remplaçants, et du coup les élèves se retrouvent sans prof. Du coup, le chef d’établissement, désarçonné, préfère encore demander par l’ANPE un vacataire plutôt que de voir ses élèves se rétamer lamentablement au Bac car il n’y avait plus personne pour leur faire cours.

    • Desiderio
      • Posté à 22h39 le 12/10/2008
      • Internaute 24791

      Oui, cela existait depuis longtemps mais dans ds matières bien précises, par exemple un de mes cousins a été recruté ainsi pour un poste en hôtellerie-restauration. On ne trouve pas des gens ayant ce type de formation pour faire un remplacement en frappant à la porte des IUFM. C’était donc des profils très particuliers qui sortent du cadre universitaire strict. Allez donc trouver un remplaçant en plasturgie ou en sommellerie ou même en éco-gestion-droit dans la semaine pour faire des contrats de quinze jours renouvelables à chaque fois ! Il n’y a pas beaucoup de candidats inscrits pour un remplacement. Ce qui est plus inquiétant dans ce cas, c’est que cela frappe aussi des matières comme les maths, la physique. Ce sont des disciplines abandonnées pour les concours, car on a plus de possibilités d’épanouissement ailleurs. On ne passera pas de petites annonces pour le français, l’histoire, l’anglais, l’EPS, les arts pla, la musique : les candidats se bousculent aux concours et le vivier des précaires y est énorme.

  • suno
    suno
    découvre le monde
    • Posté à 14h08 le 12/10/2008
    • Internaute 55736
      découvre le monde

    La solution

    supprimer des postes dans des matières aussi « inutiles » que les sciences physiques, la SVT ou les maths. En effet, on vient dans un monde de plus en plus facile à comprendre, notamment en ce qui concerne les enjeux de société (pollution, énergie, ....)

    Bien sûr, je suis volontairement provocateur mais c’est bien dans les propositions de notre ministre de l’éducation dans le cadre de son projet de réforme sur le lycée applicable en ....septembre 2009 !

    Cela passe par la suppression des sciences dans la classe de seconde par exemple.

    Pour en savoir plus et émettre son opposition via une pétition en ligne sur le site de l’Union des Professeurs de Physique et Chimie (près de 20 000 signatures déjà) :

    Lien

    Même combat chez les enseignants de SVT :
    Lien

    Merci de relayer ces infos car beaucoup de gens ne sont pas du tout au courant.

  • Pierrrrre
    Pierrrrre
    → → → → → → → le marché autant (...)
    • Posté à 14h22 le 12/10/2008
    • Internaute 23078
      → → → → → → → le marché autant (...)

    « Ce qui fait la différence, c’est que les enseignants titulaires ont passé des concours, ont été sélectionnés sur leurs compétences et ont été formés pour enseigner. Les autres non. »

    ► les enseignants titulaires n’ont pas été recrutés pour leur compétence à enseigner.
    Ils l’ont été sur le seul critère de concours.
    Et fort peu ont été « formés »,
    une « formation » qu’ils villipendent eux même.

    Souvent, de jeunes enseignants sont jetés en pâture sans préparation dans des postes à élèves difficiles, postes dont personne ne veut.

    Et souvent aussi, l’enseignement est choisi en raison d’échecs à d’autres concours, choisi comme un pis allé, un peu par force.. « ça n’est pas fait pour moi, mais au moins j’aurai petit salaire et vacances d’assurés ».

    La frustration de ces enseignants se retrouve dans leur état d’esprit caractériel dont les élèves subissent les conséquences.

    J’en connais.. et vous en connaissez aussi.

    Le recrutement derait se faire au sein de chaque établissement, en adéquation avec un projet d’école, une cohérence pédagogique et comportementale,
    et non pas par concours nationaux sur critères étatiques défendus par les syndicats.

    C’est en cela que les établissements privés peuvent mettre en oeuvre une pédagogie plus pertinente et cohérente que les établissements publics.

    • papy55
      papy55 répond à Pierrrrre
      prof. en province
      • Posté à 15h24 le 12/10/2008
      • Internaute 24237
        prof. en province

      Là je reconnais vos qualités indéniables de parfait propagandiste UMP !
      Votre connaissance des intentions réelles en matière de réformes programmées du lycée, pour 2009, est d’ailleurs, semble-t-il parfaite, sans oublier l’argumentaire associé au dossier, tiré du bréviaire adéquat !

      Une petite louche de disqualification des enseignants en suggérant qu’ils auraient choisi le métier en raison d’échecs supposés à d’autres concours plus « solides » et ceci pour un salaire minable et assuré. La preuve dans leur état d’esprit caractériel.....

      Une petite louche de disqualification des syndicats qui seraient favorables à des concours nationaux sur critéres étatiques.

      La solution de bon sens : les « concours » locaux qui permettraient une cohérence autour de projets d’école (suggérant au passage l’incohérence actuelle !)......et ce que vous ne dites pas, c’est que ces concours auraient l’avantage d’un recrutement par cooptation sur la base du « mérite », notion si chère aux gouvernants en place et plus propice à la docilité !

      Une petite allusion aux établissements privés supposés très efficaces !

      Que voilà un bel argumentaire bien ficelé et fort apprécié par l’électeur traditionnel des amis sarkosistes.

      • Pierrrrre
        Pierrrrre répond à papy55
        → → → → → → → le marché autant (...)
        • Posté à 17h06 le 12/10/2008
        • Internaute 23078
          → → → → → → → le marché autant (...)

        « … parfait propagandiste UMP ! … »
        ► Je ne suis pas UMP, j’ai mes idées, elles sont miennes, sont des idées libérales, et je les défends sans éprouver le besoin de me faire encapsuler
        —————————-
        « …Une petite louche de disqualification des enseignants en suggérant qu’ils auraient choisi le métier en raison d’échecs supposés à d’autres concours plus “ solides ” et ceci pour un salaire minable et assuré. La preuve dans leur état d’esprit caractériel….. »
        ► exact et j’assume..
        Le nombre de frustrés de la vie est important chez les enseignants arrivés à ce métier après échec de leur projet professionnel.
        Tous les enseignants (les « vrais ») pourront vous dire qu’ils côtoient de nombreux collègues ayant ce profil
        —————————————-
        « …Une petite louche de disqualification des syndicats qui seraient favorables à des concours nationaux sur critères étatiques…. »
        ► pas qui « seraient », qui sont favorables à des règles étatiques et identiques pour tous.
        C’est dans cet égalitarisme, générant une absence totale de gestion du personnel au sein de chaque établissement scolaire qu’on doit chercher les problèmes de nos écoles.
        Nos enseignants sont des électrons libres, « dirigés » par une hiérarchie virtuelle, éloignée, et sans aucune obligation de cohérence avec le travail des autres enseignants de leur établissement.
        Un directeur d’école, un principal de collège, un proviseur n’a aucun pouvoir sur le travail d’un enseignant (sinon vérifier sa présence)
        Leur carrière ne prend nullement en compte leur qualité pédagogique.
        Leur inspection se passe une fois tous 2, 3 ou 4 ans, est prévue à l’avance, et les opportunistes se contentent de se renseigner sur les marottes de l’inspecteur, et font une répétition et une générale avec la classe la veille de l’inspection.
        Il leur est bien plus profitable de préparer l’agreg que de préparer leurs cours.
        ———————-
        « ….La solution de bon sens : les “ concours ” locaux …. »
        ► Je n’ai jamais parlé de concours locaux (c’est maladif, ce besoin de concours),
        Mais d’un recrutement par entretiens, voir après période d’essai, par l’établissement demandeur, sur un pool d’enseignants disponibles et dont la qualification est en cohérence avec les exigences de l’Education Nationale.
        ——————-
        « …qui permettraient une cohérence autour de projets d’école (suggérant au passage l’incohérence actuelle !)…. »
        ► Absolument.. les projets d’Ecole ne sont élaborés qu’afin de faire joli à l’affichage dans le hall d’entrée de l’Ecole.
        C’est la seule utilisation qui en est faite :
        Aucun objectif n’est défini.. je parle de vrais objectifs, quantifiables.. pas d’intentions vaseuses du genre « favoriser l’autonomie des enfants ..les faire progresser dans les apprentissages fondamentaux.. pipotique et compagnie… »
        Un objectif est une action à effectuer,
        dont on peut apprécier si elle a été bien effectuée, et apprécier ses conséquences et sa pertinence.
        Il est évaluable, l’ensemble des objectifs définis constituant la collection des moyens et des actions mis en place par l’équipe d’enseignants de l’école en cohérence avec le projet d’Ecole.
        C’est un outil de travail,
        Pas une rédaction de début d’année scolaire où on mélange les jolies phrases de l’année précédente pour en sortir de nouvelles. « Belle Marquise vos beaux yeux »
        ——————————-
        « ……et ce que vous ne dites pas, c’est que ces concours auraient l’avantage d’un recrutement par cooptation sur la base du “ mérite ”, notion si chère aux gouvernants en place et plus propice à la docilité ! … »
        ► effectivement, le recrutement par cooptation permettrait le copinage..
        Sauf si la direction de l’Ecole est collégiale,
        sauf si le réel souci d’un recrutement est un souci pédagogique,
        sauf à craindre qu’à force de recruter n’importe qui, les parents aillent dans l’Ecole d’à coté, ce qui génèrerait la fermeture des classes….
        (Ca devrait vous plaire, la lutte des classes.. vrai qu’elle se ferait dans une logique de loi du marché)
        ————————-
        « …Une petite allusion aux établissements privés supposés très efficaces ! … »
        ► Dans le privé, on peut trouver le pire.. comme le meilleur.
        Et effectivement, leur capacité à recruter eux même leurs enseignants leur apporte la possibilité d’atteindre le meilleur.
        ————————-
        « Que voilà un bel argumentaire bien ficelé et fort apprécié par l’électeur traditionnel des amis sarkosistes. »
        ►Que voilà un bel argumentaire bien ficelé et fort apprécié par l’électeur traditionnel des amis socialistes.

         
        • papy55
          papy55 répond à Pierrrrre
          prof. en province
          • Posté à 20h43 le 12/10/2008
          • Internaute 24237
            prof. en province

          Je ne reprendrai pas un par un, les divers points de vos commentaires.Je me contenterai d’apporter quelques indications complémentaires.

          Comme vous je ne suis pas « encapsulé » et si l’idée m’en venait, peut-être seriez-vous surpris de mon choix !
          Je pense cependant que vos tendances idéologiques (mot que je n’aime pas) vous portent plus vers l’UMP sarkosiste que vers un parti de gauche !

          Vos diverses interventions sur Rue89 me conduisent à penser que vous êtes un fervent opposant à l’interventionnisme de l’Etat et tout autant partisan d’un système où l’initiative privée serait reine !

          Vos convictions doivent être sérieusement ébranlées en ces temps de crise financière, où les états les plus libéraux s’apprêtent à voler au secours d’un système financier devenu totalement incontrôlable !

          Je précise que vos interventions ne sont généralement pas dénuées d’arguments contrairement à d’autres, et cela est à porter à votre crédit, mais ce que je regrette c’est que vous ne pouvez vous empêcher de recourir à la disqualification permanente !

          Un dernier point pour revenir à votre commentaire immédiat, sachez que dans ma spécialité d’enseignement et les spécialités connexes, nombreux sont les enseignants diplômés de grandes écoles et dont la réussite professionnelle n’est pas à remettre en cause ! La notion de réussite reste toute relative, chacun y attachant ses propres critères !

          • Pierrrrre
            Pierrrrre répond à papy55
            → → → → → → → le marché autant (...)
            • Posté à 10h35 le 13/10/2008
            • Internaute 23078
              → → → → → → → le marché autant (...)

            « ...Je pense cependant que vos tendances idéologiques (mot que je n’aime pas) vous portent plus vers l’UMP sarkosiste que vers un parti de gauche ! ... »
            ► l’idéologie me semble venir de l’irrationnel. En fait, mes convictions libérales ne sont que résultat d’une réflexion cartésienne : c’est ainsi que les choses marchent, et suis pour le libéralisme par simple constat de la prééminence des théories d’équilibre des eaux, et de la loi d’Archimède..
            Ce n’est pas une opinion, c’est une vérité de mécanisme de vie qui s’impose à moi.

            –––––––––

            « ...Vos diverses interventions sur Rue89 me conduisent à penser que vous êtes un fervent opposant à l’interventionnisme de l’Etat... »
            ► pas du tout, je pense au contraire que l’Etat devrait intervenir avec plus d’efficacité pour la petite délinquance, le contrôle de l’immigration, le respect des contrats signés, la bonne conduite des entreprises publiques, la bonne gestion du personnel d’Etat, la bonne gestion de son patrimoine.... et je le trouve déficient dans tous ces domaines.

            ––––––––

            « ...et tout autant partisan d’un système où l’initiative privée serait reine ! ... »
            ► oui, je pense qu’un système viable et pérenne
            est celui où la somme des comportements privés conduits par le mieux être de chacun,
            génère une synergie positive et un mieux être collectif.
            Un système qui ne mette pas en opposition intérêts individuels et intérêt collectif.. un tel système générant contournement des règles, flicage et goulags pour récalcitrants

            –––––––––

            « Je pense cependant que vos tendances idéologiques (mot que je n’aime pas) vous portent plus vers l’UMP sarkosiste que vers un parti de gauche ! »
            ► je ne suis pas de gauche puisque libéral,
            j’ai cru en Sarko quand il proclamait qu’il serait un président impopulaire.
            Je regrette que sa marche forcée soit associée par pas mal de compromis populistes et d’un manque de détermination... j’aurais préféré une Thatcher, impopulaire et courageuse qui a sorti l’Angleterre de la mouise.
            Son style people me gonfle (je préfère un Fillon)
            Mais j’apprécie la clarté de ses discours et souvent il corrige ses erreurs.
            Pour l’UMP, je pense que gaullisme et gauchisme sont les deux raisons du recul de la France dans le monde.

            –––––––––

            « ...Vos convictions doivent être sérieusement ébranlées en ces temps de crise financière, où les états les plus libéraux s’apprêtent à voler au secours d’un système financier devenu totalement incontrôlable ! ... »
            ► C’est bien la preuve que le marché est roi et sait remettre les pendules à l’heure quand on tire trop sur la ficelle.
            Simplement, les mouvements s’appuient sur les phénomènes psycho économiques générant des vagues dont il faut essayer d’éviter les dégâts en attendant qu’elles ne se calent à nouveau autour d’un nouvel équilibre des choses.
            Le laisser-faire de la FED lors de la faillite de la Banque Lehmann Brothers a été la connerie qui a tout déclenché.

            –––––––-

            « .... ce que je regrette c’est que vous ne pouvez vous empêcher de recourir à la disqualification permanente ! ... »
            ► accordez moi que l’endroit se prête aux arguments qui tuent et qui essayent de déstabiliser l’adversaire.
            Effectivement, j’ai tendance à préférer user de la grosse masse plutôt que du marteau de bijoutier.
            En fait, je vous confesse que mes interventions sont plus guidées par une intention prosélyte que par l’engagement d’un dialogue nuancé et une convivialité cybernétique.

            ––––––––-

            « ...Un dernier point pour revenir à votre commentaire immédiat, sachez que dans ma spécialité d’enseignement et les spécialités connexes, nombreux sont les enseignants diplômés de grandes écoles et dont la réussite professionnelle n’est pas à remettre en cause ! La notion de réussite reste toute relative, chacun y attachant ses propres critères ! ... »
            ► je vous en rend hommage.. ce que vous dites est vrai,
            et ce que je disais se devait d’être resitué dans une vérité multiple et complexe.
            Je savais que des réactions telles les vôtres permettraient de corriger le tir, mais sans pour autant remettre en cause ma tranche de vérité dite.

        • Judith13
          Judith13 répond à Pierrrrre
          • Posté à 19h14 le 12/10/2008
          • Internaute 17641

          Vous êtes enseignant ?
          Vous parlez de ce métier avec tant d’assurance qu’on pourrait le croire...
          Je suis enseignante dans le privé et les chefs d’établissement n’ont pas de réelle marge de manœuvre, ils sont soumis aux mêmes critères de priorité etc... que dans le public. La qualité supposée meilleure des enseignants du privé est un gros leurre... mais si ça vous fait plaisir de le croire...
          Ensuite dans le privé le Projet d’établissement c’est : faire plaisir aux parents. le parent a toujours raison puisqu’il paie. On n’a que faire de réflexions pédagogiques : ce qui importe : la satisfaction du parent.
          Renseignez-vous avant de traiter la majorité des profs de frustrés et caractériels, évitez les généralités.

          • Pierrrrre
            Pierrrrre répond à Judith13
            → → → → → → → le marché autant (...)
            • Posté à 11h33 le 13/10/2008
            • Internaute 23078
              → → → → → → → le marché autant (...)

            « ...Vous êtes enseignant ? ... »

            ► oui, j’ai été, de bac - 10 à bac +5, et je pratique encore mais hors EN.(ça paye plus)

            –––––––

            « ...Je suis enseignante dans le privé et les chefs d’établissement n’ont pas de réelle marge de manœuvre, ils sont soumis aux mêmes critères de priorité etc… que dans le public.... »
            ► Ils ont les marges de manœuvre qu’ils se donnent, et je sais que certains aiment à se présenter noyé par des contraintes plus théoriques que réelles.
            De fait, un chef d’établissement libre pourra recruter qui lui convient.

            –––––––––-

            « ...La qualité supposée meilleure des enseignants du privé est un gros leurre… mais si ça vous fait plaisir de le croire….. »
            ► On trouve dans le privé, ainsi que dans le public le pire comme le meilleur.

            Mais je dis que le privé possède cette petite dose de liberté de gestion que certains établissements (pas tous) utilisent pour atteindre l’excellence.

            Seul le privé permet de mener des expériences pédagogiques..

            Ecoles Montessori.. publiques ou privées ?

            même Célestin Freinet, défenseur de l’Ecole publique et laïque, anti clérical, fréquentant
            l’épouse de Lénine qui, par copinage démokkratik était aussi ministre de l’Education Nationale,
            ses innovations pédagogiques, tout communiste qu’il soit,
            c’est dans quelle école qu’il a pu les mener à bien ?

            Dans une école privée.

            Et moi, un libéral,
            suis un fervent défenseur de la pédagogie Freinet, parce qu’elle ouvre au libéralisme,
            lui, Freinet, qui se disait communiste, mais qui en fait était un libéral qui s’ignorait.
            Pas pour rien que le Parti Communiste l’a viré de ses rangs : il le trouvait dangereux.

            quelques principes de Freinet :
            ♦l’enfant pas plus que l’adulte - n’aime être commandé d’autorité.
            ♦Nul n’aime s’aligner, parce que s’aligner, c’est obéir passivement à un ordre extérieur.
            ♦Nul n’aime se voir contraint à faire un certain travail, même si ce travail ne lui déplaît pas particulièrement. C’est la contrainte qui est paralysante.
            ♦Chacun aime choisir son travail, même si ce choix n’est pas avantageux.

            ––––––––––

            « ...Ensuite dans le privé le Projet d’établissement c’est : faire plaisir aux parents. le parent a toujours raison puisqu’il paie. On n’a que faire de réflexions pédagogiques : ce qui importe : la satisfaction du parent....
             »
            ► il est exact que certains établissements ont une vision raz des pâquerettes.
            (remarquez, la satisfaction des parents ne passe pas fatalement par une pédagogie d’apparat. Il est des parents qui sont très sensibles à une profondeur et un recul du travail des enseignants.. encore faut-il les considérer comme partie prenante de ce travail.

            les parents s’éduquent ainsi que les enfants et sont ouverts à l’explication d’une démarche pédagogique, surtout si cette démarche fait partie du contrat d’entrée de l’élève dans l’établissement.
            Un « faites démago » est générateur d’enfants en plus, mais aussi de parents qui vont voir ailleurs...
            Dans cette école dont vous me parlez, changez le directeur et mettez en un digne de ce nom, ou bien instaurez une direction collégiale, et vous vous verrez pousser des ailes de désir de partager des novations pédagogiques pour le plus grand bien des élèves.
            La richesse d’une école, ce sont ses enseignants.
            C’est la cohésion de l’équipe enseignante,
            et c’est une direction qui sait s’appuyer sur la compétence et les échanges entre enseignants.

            Tout le reste suit et en découle.

            Combien de richesse, de potentiel inexploité, demeure caché dans la frustration de tant d’enseignants qui voudraient, mais ne peuvent rien faire dans une école sans cohérence..
            Ils ferment alors la porte de leur classe, et font ce qu’ils peuvent, avec le petit Eric, Ahmed et Mamadou qui fichent le bazar et pour lesquels il faut faire avec.
            Et le cours de botanique qui endort la classe, alors que l’herbe du carré de pelouse de dehors ne demande qu’à être bêché.

            ––––––––––

            « ...Renseignez-vous avant de traiter la majorité des profs de frustrés et caractériels, évitez les généralités..... »
            ► je n’ai pas parlé de majorité, mais ces frustrés représentent une forte minorité.
            Il est un phénomène nouveau que je perçois, c’est que tout enseignant affiche son désir de retraite, son raz le bol des enfants, son dégoût des parents, sa répulsion envers les mesures Darkos... vraiment, suffit d’engager une conversation avec un enseignant, et on est de suite content de ne pas être dans sa classe...
            Je me trompe vraiment ? ou le milieu pourtant éclectique que je fréquente est particulièrement marqué ?

          • sorry
            sorry répond à Judith13
            panseuse
            • Posté à 11h14 le 14/10/2008
            • Internaute 25235
              panseuse

            je confirme ce que dit Judith 13, ayant enseigné 18 ans dans le privé « catholique », qui ne brille ni par son humanité, ni par sa charité, mais qui est soumis aux dictats des parents qui « payent ».
            La plupart du temps, les chef(es) d’établissements cautionnent les conneries des chères têtes blondes, craignant les réactions des parents, et dans ces conditions, les profs sont peu soutenus par leur hiérarchie.

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