Enquete 11/10/2008 à 12h27

Guyane : l'armée française blackliste un journaliste de l'AFP

David Servenay | Ex-Rue89

Frédéric Farine, auteur d’articles critiques sur la lutte contre les orpailleurs clandestins, a été écarté d’un voyage de presse.


Rivière polluée par les sites aurifères illégaux à proximité (Fredéric Farine).

Pour éviter de dresser un bilan critique de l’opération Harpie, lancée début 2008 par Nicolas Sarkozy, l’armée a écarté le correspondant de l’AFP d’un voyage de presse. Objectif : « faire de l’image » sur un site d’orpaillage clandestin, alors que les trafiquants contrôlent la forêt. Enquête.

Frédéric Farine est un journaliste qui « mouille sa chemise », comme le dit le colonel François Müller, patron de la gendarmerie en Guyane. Installé depuis longtemps dans ce département français, il va régulièrement sur le terrain visiter les sites clandestins d’exploitation de l’or en pleine forêt amazonienne.

De vraies expéditions, en pirogue ou par les airs, dans des conditions de sécurité très limite. Les chercheurs d’or n’hésitent pas tirer sur les observateurs trop curieux, gendarmes ou journalistes.

Frédéric Farine est aussi un journaliste indépendant et teigneux, du genre qui ne lâche rien. Aussi, il se met en boule lorsqu’il apprend jeudi 2 octobre qu’il n’est pas convié à un voyage de presse organisé le lendemain par la préfecture et les Forces armées de Guyane (FAG).

Objectif de la virée en hélico : le site de « Guérilla », où 80 militaires (gendarmes et soldats) ont fait une descente pour démanteler les installations des orpailleurs. Guérilla est une colline, dans la région de Saül, percée de galeries d’où l’on peut extraire jusqu’à 10 kilos d’or par semaine en concassant la roche extraite du sous-sol.

Un officiel : « Votre ligne éditoriale ne nous convient pas »

Etrangement, toute la presse locale (qui compte cinq médias) a été conviée, sauf lui. Frédéric Farine est pourtant le correspondant local de l’Agence France Presse (AFP), mais aussi le journaliste attitré de la Semaine guyanaise, un hebdomadaire indépendant qui publie des enquêtes aussi fouillées qu’incisives.

Notre confrère part à la pêche aux infos et voici les trois raisons principales avancées par l’un des organisateurs du voyage de presse :

  • « La ligne éditoriale de la Semaine guyanaise ne nous convient pas. »
  • « Si vous venez, il nous faut des garanties. »
  • « Cette opération vise à marquer un contre-coup à la série d’articles que vous avez publié. »

« En entendant ça, j’étais vraiment estomaqué », commente Frédéric Farine. Sa version est confirmée par plusieurs journalistes ayant participé au voyage : à mots couverts, les militaires admettent que Farine n’était pas le bienvenu, cette fois-ci.


Chantier clandestin de la région de Saül, centre de la Guyane (Fredéric Farine).

Pour comprendre, il faut savoir que la Semaine guyanaise a récemment publié, sous sa plume, des articles qui remettent en cause l’efficacité de l’opération Harpie. Sur le seul site de Guérilla, trois interventions des forces de l’ordre en six mois n’ont pas suffi à freiner les ardeurs des clandestins qui, à chaque fois, réinstallent leur matériel.

Harpie ? Une gigantesque opération de maintien de l’ordre, annoncée le 11 février 2008 à Canopi par Nicolas Sarkozy, pour assécher les circuits logistiques utilisés par les orpailleurs. L’idée est de contrôler les fleuves par où transite le matériel des traficants, en déployant 1 000 hommes dans la forêt.

Plutôt efficace dans un premier temps, Harpie a perdu de sa vigueur depuis le rapatriement des renforts (550 hommes) fin juin. Un bilan en demi-teinte, même si les résultats officiellement présentés ne sont pas négligeables.

En tout cas, Frédéric Farine le sait, les clandos sont revenus sur leur site de prédilection. Une réalité difficile à admettre publiquement pour les autorités locales.

« Si vous venez, il nous faut des garanties... »

Cinq morts sur Guérilla
Dans son édition du 11 octobre, la Semaine guyanaise dresse un bilan mitigé de l’opération menée par les FAG sur Guérilla. Le survol du site par un hélicoptère de l’armée, quelques jours avant l’intervention du 2 octobre, aurait alerté les « garimpeiros », leur permettant d’évacuer une partie du matériel en forêt.

Mais il y a plus grave : les gendarmes ont retrouvé deux cadavres à Garoupa, la base logistique des clandestins. Un homme est mis en cause : le chef des orpailleurs, un certain Claudio, 25 ans, aujourd’hui en fuite.

Ce qui fait un total de cinq cadavres découverts en six mois, dont quatre meurtres établis avec certitude parmi les garimpeiros, victimes de réglements de compte. Sur ce point, les autorités sont beaucoup moins communicantes.

Lorsqu’il évoque des « garanties », l’interlocuteur de Frédéric Farine fait allusion à un épisode passé. En mars, à l’issue d’un précédent voyage de presse consacré à l’opération Harpie, Jérôme Vallette, rédacteur en chef de la Semaine guyanaise, a un drôle d’échange avec le commandant des forces françaises en Guyane :

« A la fin de cette visite, j’ai demandé au général Carpentier de pouvoir aller sur une vraie opération, pour constater leur vrai travail, pas l’opération de com’ à laquelle nous avions assisté. Il m’a répondu : “D’accord, mais à condition de pouvoir relire l’article.” Bien sûr, j’ai refusé. »

Officiellement, l’armée avance une toute autre raison pour expliquer l’absence de Frédéric Farine du voyage de presse sur Guérilla. Le capitaine Sébastien Van Cayseele, chef de cabinet du général Carpentier, s’en tient à un motif purement technique :

« Nous n’avions pas assez de place dans l’hélicoptère [un gros Puma, ndlr], on a fait un choix, il fera partie du prochain voyage. Mais je vous assure qu’il n’y a pas de lien direct entre la non-présence de M. Farine et la ligne éditoriale de la Semaine guyanaise. »

Un argument peu crédible : plusieurs participants ont vu au moins deux places libres, et l’hélicoptère a fait un arrêt au retour pour se ravitailler en fuel. D’ailleurs, lorsque Laurent Marot, correspondant de Reuters et journaliste de RFO, demande au général Carpentier si l’absence de Farine est liée à une question de ligne éditoriale, l’officier élude : « Je ne souhaite pas répondre à cette question. »

Du côté de la préfecture, on réfute toute pression ou demande de « garanties » quelconque. Vincent Berton, directeur de cabinet du préfet, refuse de commenter l’incident. Il apprécie le journaliste qui, dit-il, fait un « travail rigoureux, sérieux et intéressant : il n’est pas sur une liste noire ».

Même tonalité du côté de la gendarmerie où le colonel Müller « regrette que M. Farine n’ait pas été convié, mais je n’ai pas été organisateur sur cette opération ». Fermez le ban.


Un campement de fortune en forêt (Fredéric Farine).

Off the record, plusieurs participants au voyage -il y avait là le préfet, le procureur de la République, un juge d’instruction- reconnaissent l’erreur tout en avouant leur impuissance : « Nous avons besoin des hélicos de l’armée... »

Le véritable motif du courroux des militaires serait le traitement réservé à un banal fait-divers, qui avait vu un groupe de militaires s’empailler avec un groupe de gendarmes à la sortie d’une discothèque.

L’affaire s’est d’ailleurs terminée à la barre du tribunal correctionnel. En l’évoquant, Frédéric Farine avait eu la chute cruelle, sur le thème : « “S’ils se bagarrent avant d’être en forêt, Harpie commence mal.‘’

Correction le 11/10/08 à 17h : Frédéric Farine n’est plus free-lance, mais depuis un an journaliste salarié de la Semaine guyanaise.

► Le communiqué de Reporters sans frontières, qui demande des explications aux autorités locales.

Photos : Rivière polluée par les sites aurifères illégaux à proximité - Chantier clandestin de la région de Saül, centre de la Guyane - Un campement d’orpailleurs clandestins (Fredéric Farine).

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  • David Servenay
    David Servenay
    Auteur(e) de l'article Ex-Rue89
    • Posté à 12h48 le 11/10/2008
    • Internaute 8946
      Ex-Rue89

    Votre argument mérite d’être examiné, déluge.

    La difficulté pour travailler sur ce sujet, ce sont les conditions d’accès aux sites d’orpaillage clandestins, accessibles soit en pirogue, soit parfois uniquement par les airs et plutôt en hélicoptère. Je vous laisse imaginer les notes de frais pour un tel reportage.

    Aussi, les quelques occasions de se rendre sur place sont plutôt rares. D’après les confrères interrogés, les pouvoirs publics organisent ce genre de voyage de presse environ deux fois par an pour la presse locale. Dans ce cas, je ne suis pas d’accord sur votre argument du journalisme « embedded ».

    C’est important de vérifier les dires des autorités sur l’efficacité de telle ou telle opération, y compris en se rendant sur place avec les dites autorités.

    Enfin, les confrères de Frédéric Farine ne sont pas restés les bras croisés : ils ont interrogés, on the record, les officiers présents. Ils ont relaté l’incident dans France Guyane. Enfin, Laurent Marot, correspondant de Reuters, a aussi refusé de faire une dépêche sur le sujet, par solidarité avec son homologue de l’AFP.

    Dernier point : le club de la presse de Guyane doit se réunir aujourd’hui pour décider d’une réaction collective à cet incident.

    • Adéménagé le 3 janvier 2011
      • Posté à 13h13 le 11/10/2008
      • Internaute 29846
        menuisier

      Très bien et merci pour l’explication.

      Tant mieux si ils ne laissent pas passer l’affaire comme ça, d’autant que le sujet est d’importance, étant donné la catastrophe écologique que constitue l’orpaillage sauvage (polution au mercure et empoisonnement des populations locales).

      Par ailleurs, en se constituant en « pool » indépendant de l’armée, ne pourraient-ils pas louer les services d’un hélico et ainsi réduire leurs frais sans passer sous les fourches caudines de l’armée ?
      (ceci écrit dans la plus totale ignorance de la faisabilité de la chose).

       
      • Lapin Bleu
        Lapin Bleu répond à Adéménagé le 3 janvier 2011
        Journaliste n°89910
        • Posté à 13h54 le 11/10/2008
        • Journaliste 42116
          Journaliste n°89910

        Par ailleurs, en se constituant en « pool » indépendant de l’armée, ne pourraient-ils pas louer les services d’un hélico et ainsi réduire leurs frais sans passer sous les fourches caudines de l’armée ? (ceci écrit dans la plus totale ignorance de la faisabilité de la chose)

        Salut Déluge,

        Votre précision entre parenthèses me fait sourire... :)

        Car en effet, l’équation [(Revenus d’un pigiste « mouillant sa chemise » en 2008) x (Collectif de pigistes) / (Coût d’une heure de vol en hélicoptère)] interdit de penser sérieusement à une telle action !

        Peut-être qu’à l’avenir, dans le monde qui se prépare, RSF enverra -sur le mode Greenpeace- des hélicoptères de « presse libre » sur des théâtres d’informations chaudes ? Ca se limitera alors probablement à quelques gros « coups » par an.

        Mais pour avoir été pigiste et animé divers collectifs, je peux vous dire que la faisabilité que vous évoquez est pour ainsi dire nulle.

        – lapinesquement,

      2 autres commentaires
  • richy
    • Posté à 13h12 le 11/10/2008
    • Internaute 38388

    croyez vous que dans l hélico il y avait un journaliste ? un homme de metier ne perds pas son ame dans ce genre de pantalonade !
    encore bravo mr les journalistes(sic)

    • Yann Guégan
      Yann Guégan répond à richy
      Avec les doigts http://bit.ly/ (...) Rue89
      • Posté à 14h36 le 11/10/2008
        éditeur
      • Journaliste 1836
        Avec les doigts http://bit.ly/ (...)

      Ah bon ? Et que devraient faire les journalistes guyanais, selon vous, pour pouvoir informer sur ces opérations en pleine jungle ? Qui sont les « hommes de métier » dont vous parlez, et qui refuseraient d’aller ainsi sur le terrain ?

       
      • Jonas2
        Jonas2 répond à Yann Guégan
        Les mouches ne me trouveront (...)
        • Posté à 15h13 le 11/10/2008
        • Internaute 19359
          Les mouches ne me trouveront (...)

        C’est une question de hiérarchie dans les sujets d’information et les principes éthiques, Yann.

        Ne pas broncher quand il y a une telle entrave à la liberté de la presse me paraît autrement plus grave que de rater une énième couverture sur le sujet de l’orpaillage. D’autant que ce « voyage organisé“me semble plus ou moins sous embargo des autorités.

        Plus urgent. Il ne s’agit pas de limiter la question à ce simple fait mais de la mettre en perspective quant au rôle que ‘l’on veut faire jouer’ aux média.

        Je vais plus loin que Déluge. Je pense que la presse se décrédibilise complètement dans ce genre d’avatars.
        Si les journalistes commencent à entonner la vieille rengaine du ‘armons nous partez’, je n’hésiterai pas à parler de presse couchée avec les rares têtes qui dépasseront systématiquement tondues et l’info complètement aseptisée.

        J’espère que les journalistes guyanais vont redresser bruyamment la tête en produisant des papiers sans rewriting de qui que ce soit pour dénoncer ce qui vient de se passer.
        Là, en l’occurrence, il s’agissait de ne pas confondre opération de com sarkosienne et dénonciation du désastre écologique que constitue l’orpaillage.

      • Gandijyn
        Gandijyn répond à Yann Guégan
        • Posté à 16h08 le 11/10/2008
        • Internaute 30465

        L’armée à ses propres circuits d’information et de comm, et savent très bien les mettre en service opérationnel, dès lors que cela peut servir le « bonne cause » ( ?). Faire appel à des journalistes indépendants est sans doute l’unique moyen de faire témoigner d’opérations « légitimes » et « légales », à grand coups de fusil, fumigènes et système pyrotechnique pour détruire les pompes, et « placers »... sauf que, quand les militaires arrivent sur place, les orpailleurs ont déjà quittés le camp, reviennent deux jours après le passage très médiatisé...
        Monnayer sa place est doit être aisé... pas besoin de compte en banque : cela se négocie en pépite brute !

      2 autres commentaires
  • violeta
    violeta
    psy
    • Posté à 15h23 le 11/10/2008
    • Internaute 34895
      psy

    innocence quand tu nous tiens !
    « L’humanité est appelée à disparaître, bon débarras ! » : Yves paccalet ; Lien

    • Lapin Bleu
      Lapin Bleu répond à violeta
      Journaliste n°89910
      • Posté à 15h35 le 11/10/2008
      • Journaliste 42116
        Journaliste n°89910

      Salut « violeta »,

      Vous savez sans doute déjà que j’ai a-do-ré votre dernier lien « banksters.tv »...

      Mais Yves Paccalet, j’ai du mal.
      Je suis allé environ jusqu’à un peu plus des trois-quarts de son bouquin dont vous citez le titre tel un leitmotiv. Je me suis arrêté rebuté. A part enfiler comme des perles sur un fil les diverses catastrophes écologiques de ces dernières décennies, recommander au gens de ne pas faire d’enfants parce que c’est « anti-écologique » (tout en expliquant que, bon d’accord, lui a fait des enfants mais c’est parce qu’il était jeune et irresponsable, mais que maintenant, c’est sûr, il ne faut pas faire d’enfants si on ne veut pas être complice de tous ces salauds), d’en faire un livre histoire de prendre sa part au vaste merchandising « fin du monde » actuellement à l’oeuvre, je ne vois pas l’intérêt de sa réflexion.

      Dénoncer est aisé, changer plus difficile et contribuer à la solution sans doute encore plus.

      – lapinesquement,

       
      • violeta
        violeta répond à Lapin Bleu
        psy
        • Posté à 23h41 le 11/10/2008
        • Internaute 34895
          psy

        bonsoir
        c’est juste parce que sa vision un tantinet Nietzschéenne et accablée me convient, pas vraiment j’en conviens dans le détails que vous relevez. Mais se poser encore aujourd’hui des questions sur l’improbable noirceur de l’âme humaine, après la SHOA, c’est ne pas avoir compris l’immensité de la perversion de l’homme. Si l’on ne mesure pas ce qu’il est capable d’inventer dans l’horreur, nous ne parviendrons jamais à relever l’espoir d’une humanité possible... Aujourd’hui plus que jamais nous avons besoin d’une profonde lucidité -n’en déplaise à léo Férré- pour tenter de déjouer les pires pièges à venir ou alors notre ESPÈCE disparaîtra, qu’on le veuille ou non.

        C’est bien parce que la « fin de partie » n’est pas encore définitive que l’on peut se permettre d’en jouer.

        • Lapin Bleu
          Lapin Bleu répond à violeta
          Journaliste n°89910
          • Posté à 10h29 le 12/10/2008
          • Journaliste 42116
            Journaliste n°89910

          J’aime votre réponse violeta.

          – Blue Rabbit

      2 autres commentaires
  • bolomig
    • Posté à 12h50 le 11/10/2008
    • Internaute 22376

    §arkoland s’étend avec sa poudre aux yeux,ses mensonges, sa censure pour donner l’impression que notre « Petit » qui croit être un « Grand » agit. Tous ses « beaux discours »
    ne sont que mauvaises et maladroites illusions. Tiens ! on va faire une commission ....

  • Servais-Jean
    • Posté à 13h07 le 11/10/2008
    • Internaute 4591
      43

    Si l’AFP se comportait en bonne courroie de transmission des déclarations péremptoires du pouvoir ainsi que l’avait demandé Raffarin toutes ces histoires n’existeraient pas et les journalistes de l’AFP disposeraient d’une place réservée dans les moyens de locomotion des tenants de la parole officielle.

  • richy
    • Posté à 13h09 le 11/10/2008
    • Internaute 38388

    les militaires ne sont pas des professionnels aguerris ,a l’image de leurs mentors politiques,ils ne sont plus que de vulgaires comuniquants incompétents ! !

  • Infovite
    Infovite
    info-espress.over-blog.com
    • Posté à 13h34 le 11/10/2008
    • Internaute 8783
      info-espress.over-blog.com

    Le silence est d’or.
    Alors les journalistes... dehors !
    Lien

  • Gandijyn
    • Posté à 13h51 le 11/10/2008
    • Internaute 30465

    10 kgs d’or par semaine ! ... ça laisse rêveur, surtout en cette période de crise où l’or est une valeur refuge ! ...
    N’y aurait-il pas des circuits d’extraction et de diffusion d’or, via les circuits officiels, où un malencontreux journaliste (enquêteur style « Encu.... de mouche en plein vol », teigne perspicace ou coupeur de cheveux en quatre !) aurait eu la bonne idée de fouiner dans les affaires de l’Etat ? Depuis quelques années, les rapports de Mme Taubira faisant mention de la pollution au mercure et atteinte des populations amérindiennes sont en circulation... c’est une problématique « négligeable » au regard de ce que cela peut rapporter !
    Depuis quand les militaires « vérifient-ils » les écrits des journalistes indépendants ?

  • Lapin Bleu
    Lapin Bleu
    Journaliste n°89910
    • Posté à 14h34 le 11/10/2008
    • Journaliste 42116
      Journaliste n°89910

    Salut à tous,

    La comm’ sarkozienne devient ubuesque, en Guyane comme ailleurs.

    Concernant spécifiquement le 973, il s’avère que la méga-démago-médiatico-tournée de Sarkozy concernant l’orpaillage clandestin, Lien, aura au moins servi à quelque chose. Notre président de la République a fourni des moyens logistiques (en l’espèce un moteur hors-bord) à un homme qui alimentait les camps d’orpailleurs clandestins !

    Cf.
    « Complicité d’orpaillage clandestin »
    Lien

    Joseph Chanel, 58 ans, maire de la commune amérindienne de Camopi a été reconnu coupable de complicité d’orpaillage clandestin et condamné à 10 mois de prison avec sursis. Il a déclaré avoir utilisé un moteur offert par Nicolas Sarkozy pour ses transports illicites de denrées en pirogue. Le moteur a été confisqué par la justice. Le Parquet qui avait requis un an de prison dont 6 mois avec sursis a fait appel.

    Grâce à son statut d’élu, le maire-trafiquant passait allègrement tous les barrages de gendarmerie postés sur le fleuve pour vaquer tranquillement à ses occupations. Il a été arrêté par les enfants de villages voisins qui l’ont emmené aux gendarmes.

    Des enfants, incorruptibles, qui arrêtent le maire-ayant-reçu-le-président. Quelle plus belle image de la collusion « politiques/trafiquants » et du dysfonctionnement de nos institutions républicaines sous l’effet du sarkozysme tout puissant ? !

    – lapinesquement,

  • Teberli
    Teberli
    Enseignant
    • Posté à 14h46 le 11/10/2008
    • Expert 48108
      Enseignant

    Ne peut être un vrai journaliste qui le veut.

    Si le journaliste ne veut pas vendre son âme, ce sera difficile car les acheteurs sont puissants et leur pognon maîtrise l’info libérale - tant pour ce qui concerne la presse que pour les radios ou télés.

    Si le journaliste est libéral, il ne verra même pas que les média sont aux ordres car il devancera les ordres.

    Siné Hebdo et le Canard Enchaîné méritent notre soutien sur le long terme. Réservez votre argent dispo pour les soutenir énergiquement et ne le gaspillez pas sur la presse qui affiche son soutien au libéralisme calamiteux.

    • Lapin Bleu
      Lapin Bleu répond à Teberli
      Journaliste n°89910
      • Posté à 15h01 le 11/10/2008
      • Journaliste 42116
        Journaliste n°89910

      Salut « Teberli »,

      Vous dites :
      « Ne gaspillez pas [votre argent dispo] sur la presse qui affiche son soutien au libéralisme calamiteux »

      Je tiens juste à apporter une nuance, en tant que journaliste :

      « La presse qui soutient le libéralisme calamiteux » n’est pas une notion qui s’applique uniformément à la presse. Un titre de presse ne travaille en théorie avant tout que pour ses lecteurs. Ce contrat tacite, c’est la ligne éditoriale. A ce titre, il n’est pas problématique, je pense, que des titres « soutiennent le libéralisme calamiteux », si leurs lecteurs sont des capitalistes calamiteux (presse financière par exemple, voire presse économique dans le cadre des médias éco « mainstream »).

      A l’occasion du débat sur le TCE, en tant que patisan du non, je n’ai jamais trouvé anormal que Le Figaro où Les Echos militent pour le oui. C’était plus choquant de voir que Libé ou Le Nouvel Obs le faisaient aussi (et ça a signé leur trahison envers leurs lecteurs, en touchant -en le niant ça va de soi- au fondement de leur ligne éditoriale).

      En tant que journaliste, je sais traiter une même info pour L’Humanité, Le Figaro, Minute, France-Soir, La Vie du Rail où La Semaine du Pays de Caux.

      Les lecteurs de la presse sont de leur côté libres de lire ce qu’ils veulent.

      – lapinesquement,

      • Teberli
        Teberli répond à Lapin Bleu
        Enseignant
        • Posté à 00h05 le 13/10/2008
        • Expert 48108
          Enseignant

        C’est bien ce que signifie ma contribution : Ne pas acheter la presse « de gauche » qui soutient le libéralisme ou qui veut le réformer pour qu’il soit mois rejeté est un acte de civisme anticapitaliste.

        Bon courage à tous les vrais journalistes, ils méritent le soutien de tous. Je pense qu’il faut aussi que les citoyens soutiennent etélargissent la liberté de la presse en donnant les infos qu’ils possèdent aux quelques journaux ou radios dignes de ce nom, dignes d’être lus ou écoutés.

  • violeta
    violeta
    psy
    • Posté à 15h19 le 11/10/2008
    • Internaute 34895
      psy

    ça vous étonne ? Il y a un bail déjà que le cinéaste Philippe Lafaix nous avait interpellés dans son film « LA LOI DE LA JUNGLE ».
    J’avais trouvé ça si insupportable et attristant ce mépris de l’écosystème local avec l’aval des autorités françaises qui « promotionnent » les grandes entreprises dans le même temps de son faux respect pour les assoiffés d’OR....

    Lien

    • caro
      caro répond à violeta
      délinquante avérée
      • Posté à 17h42 le 11/10/2008
      • Internaute 6484
        délinquante avérée

      excellent film. Bien s’accrocher et avoir un récipient à portée de main.

  • kanaboy 3b12
    kanaboy 3b12
    préparateur en pharmacie, (...)
    • Posté à 15h43 le 11/10/2008
    • Internaute 55660
      préparateur en pharmacie, (...)

    hé bien dans l’indifférence générale qui prime ici en Guyane, nous assistons a ce déballage de moyens exorbitants pour « lutter » contre l’orpaillage (traduire : arriver trop tard et détruire un moteur sur 6 et 2 carbets) ; et voyons du coté de la côte, un peu dégoutés, les radars fixes et les contrôles routiers fleurir comme en métropole dans le sillage du convoi sarko , interminable tout comme le montant d’un tel déplacement, inutile de surcroit.

    En somme, sarko le bref en ces temps de crise (traduire : revers de la médaille), a encore 4 belles années façon 30 glorieuses devant lui... pas nous.

    alors, action ou vérité ?
    à défaut de pouvoir agir , crions celle qui blesse !

  • Pierrrrre
    Pierrrrre
    → → → → → → → le marché autant (...)
    • Posté à 17h39 le 11/10/2008
    • Internaute 23078
      → → → → → → → le marché autant (...)

    effectivement, toutes les armées du monde vérouillent l’information.
    Elles se sont souvent faites piéger par des journalistes dont l’intention était propagandiste,
    et les images récoltées ne sont rien par rapport à l’utilisation qui en est faite et qui dépend uniquement du journaliste.

    L’éthique journalistique est suffisamment bafouée par l’obligation de propagande que se doit d’exercer le journaliste afin de pouvoir conserver son travail.

    Il est certes des exemples de journalisme indépendants et intègres, et peut-être en est-ce un, mais son éviction doit être rapprochée avec une pratique évidente d’un journalisme de propagande anti occidentale et s’évertuant à chercher la bavure dans toute intervention.

    L’armée se protège,
    mais elle devrait le faire plus nettement et sans louvoyer..

    • Teberli
      Teberli répond à Pierrrrre
      Enseignant
      • Posté à 00h18 le 13/10/2008
      • Expert 48108
        Enseignant

      Pierrrrrrrre soutient les armées et de préférences les armées d’occupation du libéralisme-capitalisme. Il ne soutient pas la Liberté de la presse et les journalistes qui ne sont pas aux ordres. Il choisit son camp.

      Il reconnait qu’« Il est certes des exemples de journalisme indépendants et intègres, et peut-être en est-ce un » - ce n’est peut-être pas très courant dans son camp, et ç’est presque incongru dans sa façon de voir les choses.

      L’Age de Pierrrrrre n’est pas tout à fait terminé malgré les preuves crisistimes de son agonie.

  • caro
    caro
    délinquante avérée
    • Posté à 17h40 le 11/10/2008
    • Internaute 6484
      délinquante avérée

    Le texte de Rue89 est déjà en ligne sur le site guyanais « blada » :
    Lien

    Qui est Frédéric Farine ?

    Comme il est dit dans le texte, il mouille sa chemise depuis longtemps contre l’orpaillage clandestin. Cela lui a valu son poste à RFO en 2004 

    Mais qu’a-t-il donc écrit ?
    Lien

    et des procès, comme celui-ci, aussi en 2004

    Lien

    les dangers du mercure utilisé pour l’orpaillage : un article de F. Farine en 2006 et les problèmes n’ont faire que s’aggraver

    Lien

    une pétition contre l’orpaillage
    Lien

    Frédéric Farine est un gêneur, un empêcheur de tourner en rond, un dénonciateur de l’impunité des orpailleurs et de leur possibilité d’empoisonner encore plus les populations amérindiennes.

    La liberté de la presse ? qu’est ça quo pour not’bienaiméprésident ?

    Ma famille en Guyane m’avait envoyé les articles de la presse, articles de soulagement lorsque le géant Cambior n’a pas eu l’autorisation d’exploiter des gisements au beau milieu des marais de Kaw. Mais la bataille n’est pas gagnée et la survie des populations vaut bien qu’on se bouge.

  • weenana
    weenana
    locataire baobab26
    • Posté à 21h19 le 11/10/2008
    • Internaute 55687
      locataire baobab26

    FF me pardonnera mais ça aura au moins servi à afficher l’orpillage en Guyane en première page d’un média métropolitain. Y’a-t-il un seul journaliste qui s’est inquiété de savoir qui était Philippe GROS ? Il a été abattu d’une balle dans la nuque, il y a deux ans, il aimait trop la Guyane pour accepter qu’on la pille, qu’on empoissonne ses rivières et tous les peuples qui en dépendent.
    Qu’elle aurait été la couverture médiatique pour un homme abattu comme un chien en métropole ?
    Combien de rédactions auraient envoyé leur meilleur reporter, comment de chaînes de télévision auraient leurs reporters ?
    La seule fois, où on les a vu déboulé en grand nombre, les journalistes, c’est quand droit dans leurs bottes en plastique, ils ont pourchassé le président pour lui demander son avis sur le « road movie » de la mairie de Neuilly.
    Juste à coté d’une rivière polluée au mercure.
    Après Philippe, il y a eu Capi, Domingo, et deux gendarmes, des citoyens de France, et tous les anonymes enterrés à la va-vite dans la forêt primaire, auxquels aucun grand média national n’a porté l’intérêt qu’ils méritaient,au vu l’importance du problème que cela révèle : l’abandon par la France de tout une partie de son propre territoire, des peuples premiers qui y survivent,aux mains de pilleurs, de pollueurs et voir de tueurs.
    Et c’est pas faute de squatter leur boite courriel.
    L’opération Harpie a été « trop » efficace, et la raison officielle de son abandon - son coût financier trop important - n’est que foutaise.
    Aucune rédaction n’est allée chercher les raisons réelles de cet abandon.
    Et pourtant, il y a de la matière, corruption, politique, économie parallèle.
    Du pain béni pour tout journaliste qui sait encore ce que son métier veut dire.
    En Guyane, nous sommes des centaines de milliers de français à nous appeler potentiellement Philippe Gros.
    J’espère que la Guyane va s’accrocher à cet article, pour qu’enfin que cela se sache.

    • Gandijyn
      Gandijyn répond à weenana
      • Posté à 21h47 le 11/10/2008
      • Internaute 30465

      Si on devait (réellement) investiguer les comptes personnels (depuis les 30 dernières années) des avocats, huissiers, maires, dentistes, médecins, certains officier de police et gendarmes, ex-légionnaires convertis en mercenaires, ingénieurs du CNES ... population locale ... la Guyane se devrait d’être un paradis (fiscal ?). Elle se transforme en poubelle (rejet de mercure, rejets des propergols d’Ariane, ...) les caïmans ont largement grossi leur rangs en dévorant de la chair humaine (prédécoupée au coupe-coupe, ou jetée avec pieds et mains liées - marais de kaw, ou mangrove, le lieu importe peu)... Aucune trace , personne n’a rien vu, rien entendu et les Brésiliens ne sont pas obligatoirmement les plus méchants ! Evidemment, la fièvre de l’or, mais aussi des pierres semi-précieuses (venant du Brésil) font qui certains, après avoir goûté au bouillon d’awara y résident définitivement... Des agents ont des contrats de 3 voire 6 ans, d’autres, à vie ( ?)... La jungle n’est pas du côté de la faune, ni de la flore !

    • violeta
      violeta répond à weenana
      psy
      • Posté à 23h21 le 11/10/2008
      • Internaute 34895
        psy

      La rumeur vogue sur ces morts suspectes mais rien n’est vraiment dénoncé, on parle de complicités éhontées, de lâchetés.... En bref rien de sérieux n’est envisagé par nos responsables politiques ; ils « laissent couler » en espérant que les choses ne s’emballent pas.

      Décidément il n’y a que ça de vrai : la COLÈRE qui monte très haut dans le ciel pour que le 4ème pouvoir(les médias) s’en fasse l’écho. Son pouvoir est immense dans cette société sourde et aveuglée, il faut savoir s’en servir ; j’avoue que ça n’est pas évident.
      Merci pour votre engagement.

  • Pyphilo
    • Posté à 01h43 le 12/10/2008
    • Internaute 33733

    Afin de soutenir un appel au secours des amérindiens Wayana et Teko, pour que les autorités reprennent leurs activités destinées a freiner / stopper l’orpaillage dans le sud-ouest, une pétition est en cours ici :

    Lien

    Merci pour eux !

  • Penelope_verte
    Penelope_verte
    démineuse
    • Posté à 04h18 le 12/10/2008
    • Internaute 55704
      démineuse

    L’article 7 de la déclaration des droits de l’homme :

    « Le droit de manifester sa pensée et ses opinions, soit par la voie de la presse, soit de toute autre manière, (...) ne peuvent être interdits. La nécessité d’énoncer ces droits suppose ou la présence ou le souvenir récent du despotisme. »

    L’article 19 de la déclaration individuelle des droits de l’homme :

    « Tout individu a droit à la liberté d’opinion et d’expression, ce qui implique le droit de ne pas être inquiété pour ses opinions et celui de chercher, de recevoir et de répandre, sans considérations de frontières, les informations et les idées par quelque moyen d’expression que ce soit. »

    A travers l’affaire Farine, c’est celle de la liberté de la presse qui est remise en question.
    Et cela va à l’encontre des principes fondamentaux.

    Ce n’est qu’un simple journaliste qui fait son travail.
    Correctement.Il a choisi de faire de l’investigation et nombreux sont les lecteurs de ses articles décapants.Trop.

    Qui s’inquiète de ce pays où tout va toujours bien selon les voix officielles ?

    La Guyane n’est pas juste un ancien bagne et un port spatial.

    La Guyane est une terre riche de ses cultures mais une terre en péril si les consciences ne se mobilisent pas.

    Y a-t-il encore une conscience d’abord ?

    Les peuples de Guyane veulent croire que OUI.

    • weenana
      weenana répond à Penelope_verte
      locataire baobab26
      • Posté à 16h03 le 12/10/2008
      • Internaute 55687
        locataire baobab26

      Suis heureuse mais pas étonnée de te trouver ici, Pénélope.
      Que penses-tu ?
      on leur dit ou on les laisse baigner dans leurs croyances que FF n’attend pas sur les « taxi-jungle » gouvernementaux pour enquêter sur les vices et sévices guyanais ?

      Partant du principe que quand on veut aller à l’info, on y arrive par tous les moyens.

      On leur parle de cette « particularité » qui fait que FF écrit dans la Semaine Guyanaise dont le propriétaire et l’éditorialiste n’est rien moins que le représentant local de l’UMP ?
      Rien que cela, ça devrait les intéresser ! Ou non ?

      Que FF, Marot,J Helgoach, l’anonyme qui signe un encart de 15*10 - a mo ka di - dans France Guyane, ainsi que l’organe subversif qu’est Blada.com, sont les seuls qui ne bêlent pas avec la « voix » gouvernementale que celle-ci soit relayée par l’armée ou la préfecture.

      On leur dit qu« Okamag, le magazine porte-parole des peuples premiers » a envoyé son numéro spécial - il y a prés de 2 ans - sur cette nouvelle forme de crime contre l’Humanité, qu’est « l’empoissonnement de la population amérindienne, la destruction de leur zone de vie, la dissémination des gibiers aquatiques ou terrestres par les orpilleurs clandestins » à toutes les rédactions de tous les médias de métropole et qu’aucune de ces rédactions n’a délégué un seul de ses grands reporters pour couvrir ce scandale.
      Bien évidemment, ces grands naïfs, n’ont pas pensé à appeler Bono ou Sting à leur cause !

      Et c’est bien là que je me pose la question sur l’existence de l’éveil de la conscience que tu appelles.

      T’as entendu Boorlo ou Kosciusko-Morizet gueuler contre l’arrêt de l’opération Harpie ? Nada, grenelle de l’environnement, c’est comme le nuage de tchernobyl, ça s’arrête à Brest.

      Tu connais mon sentiment dans cette affaire, si la France a coupé les ailes à la Harpie, c’est qu’elle s’est montrée bien trop efficace. Et que ses serres ont failli se refermer sur ceux qui aujourd’hui s’arrangent pour qu’on parle des « peuples guyanais » et non pas d’un « peuple guyanais ».
      Tu sais celui qui naitrait avec une volonté farouche de faire avancer la Guyane avec oui, quelques dommages certains : faire tomber les privilèges, dénoncer la corruption et mettre les coupables au banc des accusés.

      Ajoute à cela, le gros contrat d’armes signé avec le Brésil, et tu as déjà deux bonnes raisons de déplumés la bête en prétextant le coût trop sévère pour l’économie française.

      J’espère que Gaston, ses « pataugas » et ses incursions dans les camps d’orpillages vont venir par ici.

      • Penelope_verte
        Penelope_verte répond à weenana
        démineuse
        • Posté à 04h04 le 13/10/2008
        • Internaute 55704
          démineuse

        Hello Weenana !
        Le monde virtuel aussi est petit...
        Mais le virtuel a ça de bien qu’on peut causer, avec le monde entier,du réel.

        Bien sur, t’as raison ’faut leur dire notre réalité.Et leur demander aux rédactions qu’est-ce qu’elles attendent pour venir voir ?

        C’est un ethnocide que la Guyane est entrain de vivre.
        Que doivent faire ces populations, abandonner leur mode de vie ou abandonner leur vie tout court ? Les amérindiens ne peuvent plus boire cette eau polluée ni se laver-le mercure leur donne des maladies de peau-, leurs plantations sont pillées et eux agressés par les clandestins lorsqu’ils y sont.Il n’auront bientôt plus de quoi manger.

        Des citoyens français, comme toi, comme moi...
        Mais dis-moi, citoyen ça implique pas qu’on soit dans un état de droit ?

        Gaston, pour une fois qu’y’a un coup en or, il est même pas là ! Saurai lui rappeler

         
        • antonin_973
          antonin_973 répond à Penelope_verte
          militant
          • Posté à 03h41 le 14/10/2008
          • Internaute 55851
            militant

          C’était il y a près d’un an, une conférence de presse au sénat pour dénoncer la situation à Cayodé, les Wayanas se faisaient tirer dessus.

          Lien

          3 mois après, Sarko annonçait les opérations « Harpie » qui devaient durer « le temps qu’il faudrait ». C’était lors d’un voyage en Guyane, Charlie Hebdo était venu sur le terrain.

          Lien

          Promesse non tenue, le dispositif a été terriblement allégé à partir de juin. On imagine la peur des populations sur place, de nouveau sans défense, à la merci d’orpailleurs prêts à tout pour reprendre leurs activités. Une altercation de plus en septembre à Twenké entre orpailleurs clandestins et wayanas : il n’y avait jamais eu d’incidents à Twenké, village du Grand Man des Wayanas. Les clandestins n’avaient sans doute pas osé. Cette fois, ils ont osé. Un signalement à la gendarmerie de Maripasoula n’a rien donné.

          Alors il y a eu cette pétition : Lien .

          Réaction de la préfecture : un détachement de gendarmes et de militaires installe un barrage à Twenké.

          Évidemment que le correspondant de l’AFP gène. La politique de lutte contre l’orpaillage clandestin met en danger les populations locales. On ne peut pas mettre en place un important dispositif sur le terrain, et s’en aller aussi vite.

          Un autre exemple ? le site Guerilla, opération de communication de la préfecture et de l’armée, inaccessible au correspondant de l’AFP, et pour cause : c’était la troisième fois que l’état intervenait en moins d’un an, et l’activité d’orpaillage avait encore augmenté. La preuve de l’inefficacité de cette politique.

          L’ex ministre de l’intérieur actuel Président Sarko s’est montré incapable sur le terrain : la Guyane est une zone de non droit, sa population est en danger. Elle est intoxiquée par la pollution, à la merci de la grande délinquance qui se développe.

          Un autre scandale est sans doute l’incapacité de la France à travailler avec ses voisins, le Brésil et le Surinam, bases arrières indispensables à l’orpaillage clandestin.

        1 autres commentaires
  • Mada Lopo
    Mada Lopo
    décélérateur
    • Posté à 05h14 le 12/10/2008
    • Internaute 55706
      décélérateur

    OSF (Orpailleurs Sans Frontières) aurait assuré à Frédéric Farine qu’il compterait parmi les journalistes conviés à la prochaine opération de démantèlement d’un site aurifère en terre septentrionale...
    à bon orpailleur...

  • CXparfait
    CXparfait
    chef d'entreprise
    • Posté à 07h01 le 12/10/2008
    • Internaute 55710
      chef d'entreprise

    A mon avis, F.Farine ne fait pas d’impasse. Il avait parlé de l’affaire Philippe Gros dans la presse guyanaise et sur RFI dans cet article sur le décès d’un gendarme victime collatérale de l’orpaillage clandestin

    Lien

    Dans ce journal internet pour lequel il a fait un paquet d’articles intéressants sur l’or

    Lien

    Et cet article sans angélisme sur le mercure

    Lien

  • touk
    touk
    Retraité
    • Posté à 10h34 le 12/10/2008
    • Internaute 24844
      Retraité

    Merci rue 89 de parler de la Guyane, faites le régulièrement, tout va vite et on ne sait pas où...

  • Michel Fang Zang
    Michel Fang Zang
    retraité
    • Posté à 11h27 le 12/10/2008
    • Internaute 54074
      retraité

    Le climat de la Guyane doit être propice à révéler des journalistes honnêtes qui disent ce qu’ils voient,pas ce que les autorités veulent qu’ils disent !
    Après Albert Londres,sur la condition des bagnards dans les années 20...Fredéric Farine sur celle des orpailleurs aujourd’hui.On peut espérer,si tout va bien,que la télé lui consacre une émission vers 2080 !

  • maclarmavalou
    maclarmavalou
    journaliste retraité n°29161
    • Posté à 12h23 le 13/10/2008
    • Journaliste 55791
      journaliste retraité n°29161

    L’affaire est bien plus grave qu’elle est relatée ici.
    Farine est le seul reporter d’investigation sur le sujet. Il n’est pas seulement le journaliste d’un petit journal guyanais -que par ailleurs je respecte-. Il a été correspondant du Monde et de RFI -site internet- pendant des années. Il a également été journaliste à RFO dont il a été viré pour des raisons identiques -sans être terriblement soutenu par les professionnels locaux- et c’est la seconde fois qu’il est exclu d’un vol organisé par les autorités. Christiane Taubira connait bien le dossier puisqu’elle est intervenue dans une des précédentes affaires.
    « L’affaire Farine » a commencé bien avant l’ère Sarko : le problème posé est celui de l’information en Guyane et, sans exagérer, Frédéric Farine risque sa peau dans cette affaire parce les orpailleurs ne rigolent pas avec les emmerdeurs surtout lorsqu’ils ont des cartes de presse !

  • CXparfait
    CXparfait
    chef d'entreprise
    • Posté à 14h00 le 13/10/2008
    • Internaute 55710
      chef d'entreprise

    Il me semble que Frédéric Farine est toujours le correspondant de RFI en Guyane. En recherchant sur leur site les articles sur ce département, j’ai retrouvé un récent papier (sorti en août) sur ce maire amérindien qui a utilisé un moteur offert cette année par Sarko pour se lancer dans l’orpaillage clandestin ( !)

    Lien

    Dans mes recherches sur le site internet de RFI, j’ai aussi trouvé ce papier sur le décès d’un homme, dû à la rage en Guyane. Tu sens dans ce papier de F. Farine que la France n’est pas tout à fait en pointe dans ce département pour lutter contre les nombreux problèmes de santé spécifiques qu’on y trouve

    Lien

  • Keldan
    Keldan
    Now future & karpe diem
    • Posté à 15h59 le 13/10/2008
    • Internaute 5164
      Now future & karpe diem

    Quand le militaire dit qu’il veut relire l’article, ça veut dire quoi exactement ?

    Qu’il veut censurer tout ce qui ne lui plait pas, par exemple que l’opération est un échec ou que les militaires sont incompétents ?

    Ou bien qu’il veut éviter qu’un type dévoile des informations confidentielles dont la divulgation peut faire échouer l’opération en question ?

    • Penelope_verte
      Penelope_verte répond à Keldan
      démineuse
      • Posté à 17h32 le 13/10/2008
      • Internaute 55704
        démineuse

      je m’arrête sur ta phrase « ou bien il veut éviter qu’un type dévoile des infos confidentielles dont la divulgation peut faire échouer l’opération ».

      Tu sais c’est de notoriété publique ici que l’info vient à peine d’être données aux militaires qu’elle est déjà sur les site clandestins.Z’ont pas attendu Farine !

      • weenana
        weenana répond à Penelope_verte
        locataire baobab26
        • Posté à 06h21 le 14/10/2008
        • Internaute 55687
          locataire baobab26

        Infos confidentielles confiées sur l’oreiller au bon soin des « Mata-Hati » locales, ça ! ça s’est su ! Et les troupes ont été rappelées à leur devoir de réserve, dans certains cas, la grande muette se montrait dangereusement loquace.
        Infos confidentielles transmises par toutes les oreilles et les yeux-relais jusqu’aux sites éloignés avant même que les pirogues de la république n’aient été mises au mouillage.
        Les orpilleurs équipés de téléphone-satellite ou de radios surpuissantes en communication permanente avec le canal de la défense.
        Il n’est pas saugrenue de croiser devant un même buffet, les plus hauts représentants de l’Etat ; quelques hommes aux cheveux bien courts sur les oreilles ; d’autres qui, à l’encre invisible dans leur casier judiciaire ont quand même vu se profiler quelques suspicions d’« abus de biens sociaux, conflits d’intérêts, détournements de fonds et de biens publics » accompagnés par ceux qui des années durant « oublient “ de vérifier si les orpailleurs légaux ont réellement le droit de creuser là où ils creusent ou ‘oublient’ de faire vérifier si les mêmes respectent les zones de prospection et d’extraction qu’ils leur avaient octroyé ; le tout devisant très poliment avec un des parrains de la mafia aurifère illégale, citoyen multi-récidiviste dans l’infraction qui en est à sa troisième maison sur le territoire, toutes construites sur les terrains de l’Etat, sans aucun permis, un revenu déclaré avoisinant le PIB Haïtien ; encadrés par ces étranges politiques locaux estampillés ‘pique-assiette national’ qui de la Région qui au Département émettent un message univoque ‘la richesse du sous sol pour le peuple guyanais’ et s’octroient en ce nom l’autorisation de faire tout et n’importe quoi de ce territoire.
        C’est leur idée du développement durable.
        Il faut dupliquer en grand nombre, des Claire Lanet et de JF Créon deux magistrats qui, ont foutu de sacrés coups de pied dans ce super foutoir de la république bananière qu’est la région ultra périphérique Guyane.
        Douce France aux sanglantes rivières.

  • Flo de Kaw
    • Posté à 19h30 le 14/10/2008
    • Internaute 12079

    Empêcher un journaliste de faire son travail, soit en le privant d’information, soit en contrôlant ses écrit cela a un nom : CENSURE.
    La censure a un sens, paraît-il, en temps de guerre. Sommes-nous en guerre ? Je le pense : nous sommes envahis par des personnes qui nous empoisonnent et détruisent notre territoire.
    Mais non ! Répondent les représentants de l’Etat, dont la Préfecture, pendant que les élus Guyanais, hormis les députés, sombrent dans une sieste profonde due à la chaleur de la saison sèche.
    La Préfecture de Guyane affirme que l’orpaillage clandestin est combattu, acculé, détruit et que sais-je encore. Mais de très rares voix, comme celle du journaliste Frédéric Farine nous prouvent, reportages à l’appui, le contraire.
    Quel paradoxe ! Tout va très bien MAIS un journaliste d’investigation est tenu à l’écart d’une opération Harpie.

    Quel est l’avantage pour un Préfet d’empêcher l’information de circuler ? Là aussi c’est paradoxal : plus la gravité de la situation en Guyane sera connue, plus il sera en mesure d’obtenir des moyens pour y remédier.
    A moins que… il ne risque pour avoir prouvé son incapacité à résoudre ce problème une mutation pire que celle de Guyane…

  • mrzyke
    • Posté à 14h37 le 17/10/2008
    • Internaute 23350

    A part ca que deviens ce cher Jean Béna ?