08/10/2008 à 12h20

Le plan de sauvetage britannique peut-il marcher ?

Pascal Riché | Redchef Rue89

Le gouvernement britannique a annoncé le plus grand plan de sauvetage bancaire jamais conçu, en investissant au capital de huit des plus grandes institutions financières du royaume et renforcer ainsi leurs fonds propres : Abbey, Barclays, HBOS, HSBC, Lloyds TSB, Nationwide Building Society, Royal Bank of Scotland et Standard Chartered. Le trésor britannique achètera de nouvelles actions émises par ces banques, jusqu’à 50 milliards de livres (64 milliards d’euros) et il apportera sa garantie à des emprunts qu’émettraient ces banques, à hauteur de 250 milliards de livres (322 milliards d’euros). Enfin, il double le montant des liquidités apportés au système bancaire par la banque d’Angleterre (elles passent de 100 à 200 milliards de livres).

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Quel est l’objectif du gouvernement anglais ?

Au coeur de la City, une des Mecque de la finance mondiale, les établissements britanniques sont les plus fragiles d’Europe : ils sont très impliquées dans le domaine de la banque d’investissement et de marché. L’effondrement de la confiance dans le système risque de les balayer. Pour les sauver, le gouvernement britannique tente de restaurer la confiance « d’un coup », par ce megaplan. Il s’agit à la fois de renforcer les fonds propres des banques (donc leur solvabilité) et de dégripper le marché interbancaire (sur lesquel les banques se prêtent chaque jour de l’argent à court terme) : rationnellement, parie le gouvernement, il n’y a aucune raison de ne pas avoir confiance dans les banques britanniques. Mais est-on vraiment dans la rationalité ?

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S’agit-il d’une nationalisation des banques ?

Le gouvernement ne prendra pas forcément le contrôle des banques en question, même si celles-ci perdront de facto une partie de leur liberté d’agir. On peut à la rigueur parler de nationalisation partielle et provisoire. Mais on ne sait pas encore combien l’Etat prendra, en pourcentage, dans le capital de ces huit banques. Cela dépendra de leurs demandes et de leurs besoins. Mais ces participations pourraient être importantes, étant donné qu’à la bourse, les actions de ces banques ont chuté. Ces actions achetées ne sont pas assorties de droit de vote : le chancelier de l’échiquier, Alistair Darling, a bien précisé qu’il ne s’agissait pas pour le gouvernement de diriger les banques (comme se fut le cas lors de la nationalisation, au début de l’année, de Northern Rock).

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Qui va payer ces titres ? Le contribuable ?

L’achat de ces titres sera financé par des emprunts, donc par une augmentation de la dette publique. Si l’affaire tourne mal, c’est le contribuable de demain qui paiera les pots cassés. Si cela tourne bien, les actions seront revendues avec une plus-value confortable. En attendant, les actions « préférentielles » achetées par le trésor ne lui permettent pas de se voir verser des dividendes, mais un taux d’intérêt fixe. Elles sont dites « préférentielles », parce que ce taux d’intérêt doit être versé avant la distribution des dividendes aux actionnaires.

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L’opération britannique était-elle concertée avec les Européens ?

Il ne semble pas. Christine Lagarde, ministre français de l’Economie, a publié un communiqué pour se féliciter (« Ces mesures sont conformes à la doctrine d’intervention arrêtée le 6 octobre par les chefs d’Etat et de gouvernement de l’Union européenne et précisée par les ministres des Finances lors du conseil Ecofin du 7 octobre »). Mais Bercy ne parle pas de coordination. Le Premier ministre britannique Gordon Brown a de son côté « invité » mercredi matin les autres pays de l’UE à adopter un « plan européen de financement » du système bancaire. Il a précisé en avoir parlé en début de matinée à Nicolas Sarkozy.

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Et ça va marcher ?

Qui sait ? Il faut l’espérer, en tout cas : si cela marche, les contribuables britanniques auront fait une bonne affaire sur le dos des actionnaires des banques. Si cela ne marche pas, la crise s’aggravera au détriment de tous les citoyens.

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  • Anonyme

    Bonjour, mais c’est vraiment triste ! on va guèrir de la dette en créant de la dette ! on va sevrer un junky en lui donnant de la blanche !
    on savait qu’on nous prenait pour des c...s mais la, on en est sur !
    A plus

  • Gringo
    • Posté à 13h06 le 08/10/2008
    • Internaute 24805

    Merci pour les explications M. Riché

    Ca confirme quelques pensées que j’avais, à commencer par l’irrationalité de la chose et le fait que « Et ça va marcher ? Qui sait ? »

    Par contre, je me demande quand même... Je me doute que les caisses (de l’état) ne sont pas moins vides ailleurs que chez nous et que toute action gouvernementale passera forcément par une augmentation de la dette publique. Partant de là, on lit dans la rubrique « à chaud » que le nikkei a perdu 10 points cette nuit et la dette publique du Japon est déjà incroyablement élevée (Lien).

    je me demande donc ce que peut bien faire le gouvernement japonais (et d’autres d’ailleurs) pour essayer d’enrayer cette crise ?

  • Yann Moulier Boutang
    Yann Moulier Boutang
    Professeur d'économie
    • Posté à 13h16 le 08/10/2008
    • Expert 55096
      Professeur d'économie

    Si l’on additionne l’ensemble des interventions au niveau national de chacun des Etats-membres de l’Union européenne l’on dépasse largement le plan Paulson.
    Le problème est qu’à côté des mesures traitant de la solvabilité des banques (pas de leur liquidité, car il n’y a pas de problème de liquidité, c’est le leçon apprise par la crise de 29 et inscrite dans les chromosomes des banques centrales) comme nationalisations partielles, rampantes, totales, trans-européennes, les mesures de garantie des dépôts sur les comptes ( essentiellement les dépôts liquides, les obligations n’étant pas concernées tant que l’Etat ne fait pas banqueroute ou plus insidieusement recourt à une inflation très forte) ont aggravé la crise de la bourse.
    Devant une chute forte et l’incertitude de longue durée, les épargnants et les agents disposant de portefeuille d’actions sont alors incités à vendre avant que dixc jours de chute de 10 % n’ait réduit la valeur de leur portefeuille à zéro.

    Le gouvernement américain s’est bien gardé de garantir les dépôts en argent liquide.

    Derrière tout cela, les mesures des gouvernements nationaux se heurtent au fait que la BCE n’a pas de pouvoir pour intervenir sur la solvabilité des banques. Trichet l’a fort bien expliqué.

    Tant que les décisions de politique économique, fiscale, budgétaires, industrielles se prendront au Conseil des Ministres avec la règle stupide de l’unanimité, ( c’est la règle des confédérations) l’Euro ne pourra pas prétendre pallier le risque systémique d’un effondrement du dollar et d’une crise monétaire

    Les marchés (dont les fonds souverains, les hedges funds)
    comme les banques centrales chinoise, japonaise l’ont compris.

    Seul un choc politique de nature à faire passer la confédération européenne des Etats Nations à un Etat fédéral européen et indiquant clairement par des mesures allant dans ce sens sera capable d’arrêter la crise de crédit donc de confiance.

    • Gringo
      • Posté à 14h38 le 08/10/2008
      • Internaute 24805

      Pourriez-vous s’il vous plaît développer la fin de votre commentaire (à partir de « l’Euro ne pourra pas... ») ?

      Désolé, mais ça m’échappe un peu...

      En quoi un état fédéral européen pourrait pallier l’éffondrement du dollar ? Et qu’ont compris les marchés et les banques centrales asiatiques ? Vous pensez qu’elles gèrent mieux la crise que nous, européens ?

    • Les Chats
      Les Chats répond à Yann Moulier Boutang
      En grève du zèle contre le (...)
      • Posté à 16h20 le 08/10/2008
      • Internaute 24526
        En grève du zèle contre le (...)

      Yann « Le gouvernement américain s’est bien gardé de garantir les dépôts en argent liquide. »

      Mais encore ? Je ne comprends pas cette phrase de liquidités.
      Et pour le reste comme Gringo.

      • Gringo
        Gringo répond à Les Chats
        • Posté à 17h58 le 08/10/2008
        • Internaute 24805

        Bonjour Les Chats,

        Pour ce que j’en comprends et avec mes mots...

        Pour emprunter de l’argent à une banque centrale, une banque doit apporter (en garantie) 2% du montant de l’emprunt. Quand elle n’en dispose pas, elle emprunte à court terme à une autre banque.

        Une crise de liquidités, c’est quand les banques entre elles ne se font plus confiance et ne se prêtent plus d’argent (ou à des taux impossibles), c’est pour ça qu’on parle de ’crise de confiance’.

        L’état semble pouvoir intervenir de deux façons : soit il apporte des liquidités aux banques, leur permettant d’emprunter sur la base de leurs ’nouvelles’ liquidités (le cas anglais), soit en permettant de réduire auprès de la banque centrale le montant dde liquidités nécessaires (le plan Paulson).

        D’après M. Greed sur le sujet en live,
        « Lee problème avec la liquidité bancaire, ce n’est pas tant son prix que sa disponibilité nulle. “
        Donc, pour lui, le cas anglais est plus approprié.

        Et si le gouvernement américain ne garantit pas les dépôts de liquidités, c’est qu’il n’interdit pas aux banques de piocher dedans (‘là où c’est disponible, justement’) pour leur permettre d’emprunter (à des taux plus intéressants, grâce au plan Paulson) à la banque centrale.

        Je suis pas tout à fait sur, mais, c’est ce que je comprends.

         
        • Les Chats
          Les Chats répond à Gringo
          En grève du zèle contre le (...)
          • Posté à 19h09 le 08/10/2008
          • Internaute 24526
            En grève du zèle contre le (...)

          Merci Gringo,
          En parlant de liquidités je croyais que ça concernait les citoyens et non les banques.
          Je comprends mieux, je comprends aussi que les banques ne se font plus confiance entre-elles, mais on nous demande de faire confiance aux banques. Ben voyons ! !
          J’ai RV avec mon banquier la semaine prochaine, je vais bien voir ce qu’il va me raconter.

          Au passage Que choisir fait une enquête : Lien
          Enquête Actions Natixis

          Les petits épargnants mal informés ?

          De nombreux témoignages affluent de petits épargnants ayant souscrit des actions Natixis en novembre 2006 sans en connaître les risques.
          Actions Natixis
          Les clients des réseaux Banque populaire et Caisse d’épargne ont-ils été mal ou même pas du tout informés des risques de souscrire des actions Natixis, en novembre 2006 ?
          Les conseillers ont-ils pris la peine de vérifier l’adéquation des placements au profil des épargnants ?
          Alors que le cours de l’action continue de s’effondrer et que l’exposition de Natixis à des produits liés aux subprimes (crédits immobiliers à risques à l’origine de la crise aux États-Unis) se révèle importante, les témoignages commencent à affluer et font naître de sérieux doutes. >>>

          Lien

          Il y a aussi un article sur les livrets A « La chasse est ouverte » sur le N° d’octobre 2008 même page onglet Epargne - Fiscalité :

          C’est le livret préféré des Français, avec une rémunération de 4 % depuis le 1er août dernier.
          À partir du 1er janvier 2009, toutes les banques pourront le distribuer. Elles espèrent bien vous convaincre d’en ouvrir un chez elles. >>>

        • Les Chats
          Les Chats répond à Gringo
          En grève du zèle contre le (...)
          • Posté à 19h38 le 08/10/2008
          • Internaute 24526
            En grève du zèle contre le (...)

          Et aussi :

          Lien

          30/09/08 Chiffres : Les indicateurs économiques

          Taux, indices, plafonds : retrouvez les derniers chiffres suivis chaque mois par Que Choisir en ligne.

          Crédit

          ................... ► Taux moyen (1) ....... ► Seuil de l’usure (2)

          > Crédit immobilier

          Prêt à taux fixe................ 5,48 % ......... > 7,31 %
          Prêt à taux variable .........5,39 % ............. > 7,19 %

          > Autres prêts

          Prêt inférieur à 1524 euros ......15,57 % ........> 20,76 %

          Découvert, crédit permanent, achat ou vente à tempérament supérieur à 1524 euros ............15,38 % ...... ... > 20,31 %
          Prêt personnel et autres prêts supérieur
          à 1524 euros ..............................7,26 % .. > 9,68 %

          (1) Taux effectif pratiqué au 2e trimestre 2008. (2) Applicable à compter du 01/07/08 (JO du 27/06/08).

          IRL (indice de référence des loyers) .. > + 2,38 % (2e trimestre 2008)

          Indice du coût de la construction

          + 8,09 % (variation annuelle moyenne, 1er trimestre 2008)

          Smic (au 01/07/08) .... > 8,71 euros : brut horaire
          1321,02 euros : brut mensuel (151,67 h/mois)

          Sicav (au 31/07/08) (1)

          Performances sur les 52 dernières semaines

          + 3,63 % : Sicav monétaires euro

          + 1,50 % : Sicav obligations euro long terme

          - 19,36 % : Sicav actions France

          (1) Source : Morningstar, Inc - Lien

          Prix à la consommation (indice Insee)

          juillet 2008 : - 0,2 %

          août 2008 : + 0,4 %

          sur 12 mois (08/07-08/08) : + 3,2 %

          Plafond de la Sécurité sociale ... > 2 773 euros par mois (au 01/01/08)

          Taux d’intérêt légal 2008 .... > 3,99 % (JO du 23/02/08)

        2 autres commentaires
  • marie 75
    • Posté à 13h43 le 08/10/2008
    • Internaute 3563

    13 : 29 La bourse de Paris reculait à nouveau mercredi, le CAC 40 lâchant 1,87% à 3.662,37 points, après un bref passage dans le vert après l’annonce de baisses des taux concertées par plusieurs grandes banques centrales., cf le temps

  • YMB
    YMB
    • Posté à 14h22 le 08/10/2008
    • Internaute 55237

    Dans le 1er sous-titre, ce n’est pas le gouvernement anglais (il n’y en a plus depuis 3 siècles), mais le gouvernement britannique qui est impliqué.

    • Pascal Riché
      Pascal Riché répond à YMB
      Auteur(e) de l'article Redchef Rue89
      • Posté à 23h20 le 08/10/2008
        éditeur
      • Journaliste 7
        Redchef

      C’est un abus de langage, effectivement... Comme quand on dit « les Américains » pour parler des citoyens des Etats-Unis. J’assume.

      • YMB
        YMB répond à Pascal Riché
        • Posté à 19h27 le 09/10/2008
        • Internaute 55237

        C’est légèrement pire je trouve :
        - Américains reflète un manque de précision. La terminologie est ainsi, c’est dommage, c’est la vie, on fait avec, d’autant plus que c’est fréquent. Pendant un temps, les Albanais du Kosovo étaient citoyens serbes (et non pas albanais).

        - au Royaume-Uni, il existe des gouvernements écossais et gallois. Si la structure était symétrique, il y aurait également un gouvernement anglais, dirigé par un first minister, à ne pas confondre avec le prime minister britannique (je vous laisse la galère de traduction). Par conséquent, dire anglais en lieu et place de britannique induit en erreur et nie l’existence et la spécificités des autres états constitutifs du Royaume-Uni - une sorte de génocide mental.

        À ce propos, Elisabeth II n’est pas et n’a jamais été Reine d’Angleterre.

  • Madiran
    Madiran
    (Business Analyst)
    • Posté à 14h26 le 08/10/2008
    • Internaute 16911
      (Business Analyst)

    Il est intéressant de noter les « re-nationalisations » en cours outre manche !

    Cela date de février 2008 lorsque la Northern-Rock, etablissement financier, était reprise par le fond public, ce, au pays de la libéralisation la plus effrenée !

    Pour faire très court :

    Les critères de Maastrich sont mis (un peu) entre parenthèses, et que chaque pays peut, vis à vis des ses propres banques, agir seul.

    L’Europe serait donc pour une prise de décision en commun quand les choses vont bien….

    Et prendre les décisions avec quelques uns quand les choses vont mal ?

    Je n’en suis pas vraiment étonné, car dès demain les entreprises, (nos entreprises) elles, seront concernées.

  • BOURGEOIS
    BOURGEOIS
    Etudiant
    • Posté à 15h47 le 08/10/2008
    • Internaute 8963
      Etudiant

    Quand les riches sont dans la merde..............on essaye de les sauver.
    Quand les pauvres sont dans la merde............on leur enfonce la tête dans l’eau.
    Conclusion : les riches pauvres sont plus utiles que les pauvres .

  • Amelie89
    Amelie89
    sans ou toutes
    • Posté à 16h33 le 08/10/2008
    • Internaute 53121
      sans ou toutes

    A quand la planche à billets pour traiter la famine et le Sida dans les pays pauvres ?

    En quelques jours, voilà les politiques qui s’agitent dans tous les sens, et dégagent des centaines de milliards d’euros pour aider les banques. Pourquoi ne fait-on pas fonctionner la planche à monnaie pour traiter les problèmes de famine et de sante dans les pays les plus pauvres ?

    De qui se moque-t-on quand les dirigeants de nos pays riches disent qu’ils n’en ont pas les moyens ? Et bien, qu’ils prennent conscience qu’ils sont co-responsables de tous les morts et de toutes les souffrances engendrés par leur manque d’intervention ! ! !
    Honte à eux, et à ceux qui continuent de les élire.

  • nemo3637
    nemo3637
    Déchoukeur
    • Posté à 17h46 le 08/10/2008
    • Internaute 44521
      Déchoukeur

    Les espoirs qu’entretiennent certains face à la Bourse ressemblent à des mirages. Un célèbre chroniqueur boursier, plus journaliste qu’économiste, essayait ainsi de (se) rassurer en indiquant qu’après tout, comparativement à 2003 ou 2005, « la Bourse n’avait rien perdu ». Et si l’on regarde un peu plus loin, dans les années 70-80, la Bourse n’était-elle pas aux alentours des 3000 points ? Il resterait donc de la marge. Et ceux qui allaient faire des affaires - quel bel optimisme ! - c’était justement ceux qui profiteraient de cette baisse pour acheter. Les tenants de cette vision « boursicoteuse » voit les choses par le petit bout de la lorgnette en ignorant la situation économique. Elle n’était pas la même en 1980, ou en 2005. Et surtout le capitalisme était encore basé largement sur des échanges de richesses alors qu’il est passé justement aujourd’hui à l’échange de fonds spéculatifs dont on s’aperçoit qu’ils sont basés sur du vent.
    Le système continue d’ailleurs d’en émettre. Il ne sait aujourd’hui rien faire d’autre que faire fonctionner ce que l’on appelait jadis « la planche à billets » (aujourd’hui, les obligations d’état).

  • flixp
    flixp
    Aboyeur
    • Posté à 17h08 le 08/10/2008
    • Internaute 34063
      Aboyeur

    Le plan de sauvetage britannique peut-il fonctionner ! et non pas marcher..

    Enfin je dis ça je dis rien...

  • nemo3637
    nemo3637
    Déchoukeur
    • Posté à 17h14 le 08/10/2008
    • Internaute 44521
      Déchoukeur

    C’est toujours la même « bonne » vieille solution de la « planche à billets ». Normal puisque le capitalisme, dans sa phase terminale actuelle, ne peut concevoir que des fonds spéculatifs. Et que valent aujourd’hui ces obligations d’état ? Pas plus que ces fonds spéculatifs un moment décriés. Que voulez-vous que les capitalistes fassent d’autre ?

  • jabier
    jabier
    consultant dans les Landes
    • Posté à 17h33 le 08/10/2008
    • Internaute 31087
      consultant dans les Landes

    La richesse c’est quoi ? N’est ce pas le pouvoir qu’a l’être humain de créer toute la diversité de ses besoins et ceci socialement, bien sur ?
    Le problème c’est que nos « ’éminents’’ économistes et politiques, tous ou à peu près, sont convertis à la dérégulation mondiale du marché. Au point où nous même avons pris les plis et une culture qui tendaient à nous faire admettre ces pratiques immorales comme naturelles, modernes, même. Au point que F.Hollande peut, pendant dix minutes, en pleine crise, ne pas employer les mots “ crise du capitalisme ” dans son intervention à l’assemblée tellement il a peur que ça écorche notre oreille. Et pourtant !
    Depuis des décennies ils nous prônent la légitimité de leur dogme, le libéralisme capitaliste financier. Avantager prioritairement les actionnaires aux ouvriers. La mise en concurrence directe de la main d’œuvre occidentale avec ceux des pays dont la protection sociale est réduite. Résultat les délocalisations systématiques des productions réelles, ailleurs que dans nos contrées. Où, jusqu’aujourd’hui, ne subsistent que des entreprises de services, soutenues par une économie “’virtuelle’’ qui ne produisent aucune richesse. Elle est là la crise. Elle est financière mais aussi industrielle. Ils se sont saoulés et goinfrés. Et tâche de nous repasser leurs gueules de bois. Nous vivions dans un mauvais rêve. Le réveil sera pénible.

  • Alex Engwete
    Alex Engwete
    Consultant
    • Posté à 18h22 le 08/10/2008
    • Internaute 45440
      Consultant
  • jaiminicrikait
    jaiminicrikait
    cadre de banque
    • Posté à 22h30 le 08/10/2008
    • Internaute 55411
      cadre de banque

    Nous sommes dans une économie, et dans une demande basée sur la concurence : Chaque particulier, entreprise, institution, état recherche, et sanctionne la performance des liquidités qu’ils confient au marché, par l’intermédiaire des établissements financiers privés ou nationnaux.
    Vos banquier vous propose une rémunération de vos dépôts ; Vous choisissez logiquement la rémunération la plus attractive en fonction des choix « risque, liquidité, rendement ».S’il n’est pas performant, il risque que vous le quitiez (avec les commissions et marges qui le fait vivre)
    Dès que votre demande concurentielle se porte sur le rendement, vous incitez les banques « d’affaires » à prendre un peu plus de risques que leurs concurentes pour répondre à votre demande ; Les marges rétressissent, les risques augmentent, puisque il faut tangenter au plus près les limites pour satisfaire à votre éxigence.

    Vous pouvez donc considérer que si vous exigez une rémunération supérieure à la création de richesse réelle, vous alimentez la spéculation, et que vous portez une responsabilité dans les risques que vous avez contribué à faire prendre aux « institutions financières »

    Je rappelle que la valeur d’une action, et donc de tous les produits dérivés (OPCVM, matières première) ne devrait être que la valeur des actifs réels d’une entreprise divisé par le nombre d’actions de cette même entreprise, et que cet investissement devrait uniquement être rémunéré par les bénéfices générés par son activité. Les anticipations de rémunération, et par suite l’augmentation de la cotation de l’action s’appelle de la spéculation,
    Si vous demandez beaucoup de rémunération, vous incitez les banques à prendre des risques ;
    Et le monde le paye aujourd’hui ; Ce qui n’est que logique.

  • grorick
    • Posté à 22h44 le 08/10/2008
    • Internaute 2757

    Le plan britannique est LA bonne réponse : les augmentations de capital répondent à la question de l’ampleur des fonds propres face aux engagements, la garantie sur les emprunts des banques permettra de faire face aux besoins de refinancement.

    Ce plan est beaucoup plus habile que de vouloir racheter les actifs dits toxiques pour lesquels la question du prix d’achat demeure entière.

    Par ailleurs, ces mesures constituent une forme de « punition » pour les actionnaires qui seront dilués (la plupart des salariés des banques soit dit en passant ...).

    En l’occurrence le gouvernement britannique n’avait pas le choix : si la City s’écroule ce sera l’enfer pour le pays.

    A mon sens la crise actuelle ne marque en aucune mesure la fin du capitalisme ni du libéralisme. J’ai été frappé de lire dans de nombreux articles qu’Hayek avait tort et que les économistes libéraux étaient des imbéciles.

    • Les Chats
      Les Chats répond à grorick
      En grève du zèle contre le (...)
      • Posté à 23h59 le 08/10/2008
      • Internaute 24526
        En grève du zèle contre le (...)

      « En l’occurrence le gouvernement britannique n’avait pas le choix : si la City s’écroule ce sera l’enfer pour le pays. »

      Je crois qu’elle est partie pour s’écrouler.
      Les anglais vont vraiment jongler, déjà que les retraités n’avaient pas beaucoup d’argent et vu que leur retraite est en partie capitalisée et que la bourse s’écroule, ils ne vont plus rien avoir.

      Enfin sachez qu’un anglais qui ne paye pas ses dettes à l’Etat impôts et autres peut aller en prison s’il n’est pas solvable, et en plus malgrè la période de prison il est toujours redevable de sa dette.

      Récemment un couple de vieux devait choisir entre manger et se chauffer, il n’a pu donc payer la dette de chauffage qu’il devait déjà.
      Les services sociaux sont intervenus auprès de la compagnie pour plus d’humanité, mais comme celle-ci est PRIVATISEE, elle n’a rien voulu savoir.
      Heureusement pour eux, un aristocrate anglais averti par les infos presse et télé, a payé leur dette pour leur éviter la prison.
      Ce pays est inhumain.

      Nous devons lutter contre les privatisations du service public !

      • Humain
        Humain répond à Les Chats
        • Posté à 04h00 le 09/10/2008
        • Internaute 21387

        Il serait bientôt temps de s’en rendre compte !

        « La poste » par exemple... Je pense que tout le monde s’en moque et c’est bien dommage.

         
        • Les Chats
          Les Chats répond à Humain
          En grève du zèle contre le (...)
          • Posté à 20h31 le 09/10/2008
          • Internaute 24526
            En grève du zèle contre le (...)

          La faute aux médias qui ne parlent pas assez des pays qui l’ont privatisée et de ses conséquences, diminution du personnel et augmentation des prix, pas logique et tout bénef pour les actionnaires.
          En plus le service n’y est pas du tout, face aux milliers de colis perdus ou volés, l’Angleterre a dû créer « l’Association des usagers de la poste » (Royal Mail).

          Il va se passer la même chose en France, on va demander aux postiers d’être performants c’est tout et tant pis pour le service.
          Ben voyons.
          Attention à vos colis pour les fêtes.

          Avec la privatisation de la partie bagage d’Air France, il s’est passé la même chose, avant c’était le personnel d’Air France qui s’en occupait, depuis la privatisation les vols se sont multipliés.

        1 autres commentaires
      • grorick
        grorick répond à Les Chats
        • Posté à 09h28 le 09/10/2008
        • Internaute 2757

        le problème n’est pas de savoir qui détient le capital d’une entreprise ou d’une banque mais plutôt que la compagnie en question soit rentable ...

        la question de la privatisation des services publics est plus complexe : quel est le champ à retenir ? pour ma part, je trace la ligne entre les activités soumises ou pas à la concurrence.

        je me souviens du débat relatif à France Telecom : avons nous perdu quelque chose en privatisnt cette société

        je reconnais bien volontiers que certains thèmes sont sensibles (EDFen raison du nucléaire, les Sociétés d’Autoroutes, la SNCF ...) mais cela fait belle lurette que l’Etat aurait du céder certaines participations (RENAULT, Air France ....)

        enfin, pour les retraites nous allons tous avoir du mal à les financer : pour info le fonds de reserve des retraites était exposé à + de 50% en actions a fin juin 2008 ...

  • nemo3637
    nemo3637
    Déchoukeur
    • Posté à 22h54 le 08/10/2008
    • Internaute 44521
      Déchoukeur

    L’avenir (proche) nous le dira.
    La prochaine catastrophe, beaucoup plus destructrice, serait la faillite d’une grande entreprise, comme General Motors.

    • Humain
      Humain répond à nemo3637
      • Posté à 03h57 le 09/10/2008
      • Internaute 21387

      La prochaine catastrophe, beaucoup plus destructrice, serait la faillite d’une grande entreprise... ! ! !

      Ho ! non hélas...

      La prochaine catastrophe, beaucoup plus destructrice, « sera » la faillite des grandes entreprises, et surtout des PME car le crédit se fait rare !

      Nous n’avons pas tout vu !

      • Les Chats
        Les Chats répond à Humain
        En grève du zèle contre le (...)
        • Posté à 20h36 le 09/10/2008
        • Internaute 24526
          En grève du zèle contre le (...)

        La faillite des grandes entreprises ?
        Je ne pense pas, mais sûrement une crise alimentaire.