Sciences-Po poursuivi en référé par des profs de droit
Cette fois, la guerre est déclarée entre Sciences-Po et les profs de droit. Depuis quelques semaines, une pétition circule sur le Net pour dénoncer un arrêté du 21 mars permettant aux étudiants de la filière « droit » de la grande école parisienne de se présenter au concours d’avocat. Forts de 450 signatures, les protestaires passent maintenant à l’offensive et déposent un référé contre Sciences-Po. Objectif : obtenir de son directeur, Richard Descoings, des documents internes nécessaires à l’introduction d’un recours en annulation du fameux arrêté du 21 mars.
Pour les pétitionnaires, cette nouvelle disposition « conduit à initier dans le domaine juridique la création de ’Grandes Ecoles’, tropisme français ». Ils craignent également l’extension d’une telle dérogation aux écoles de commerce, ce qui se ferait inévitablement au détriment des Facultés de droit. Les enseignants dénoncent également une réforme sans concertation, au moment où tout le monde avait les yeux tournés vers la présidentielle : « Il ne s’agit ici nullement de remettre en cause la qualité des diplômes délivrés par l’IEP de Paris, mais chacun sait qu’aujourd’hui, toute réforme sérieuse de l’enseignement supérieur passe par la nécessité de conforter les institutions universitaires ».
Une polémique qui intervient dans un contexte d’« expansionnisme » de l’IEP de Paris, qui agace dans les milieux universitaires. L’IEP a ainsi, par exemple, récemment ouvert une école de journalisme concurrente des institutions existantes.
« Jusqu’en 1994, tous les diplômés de Sciences-Po pouvaient se présenter aux concours permettant de devenir avocat », se défend sur son blog Richard Descoings, qui rappelle qu’en plus des trois semestres de spécialisation, les élèves ont suivi pendant trois ans des cours de droit. « Y a-t-il une telle inquiétude sur la capacité des jurys à mener à bien leur mission de détection des futurs professionnels de ce secteur en vérifiant qu’ils ont une solide culture juridique ? Y a t il une crainte sur l’intérêt des cabinets d’avocats à recruter de bons juristes ? “
Réponse du Conseil d’Etat attendue dans moins de quinze jours.
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C’est le prolongement d’un long processus qui existe déjà : la supériorité des grandes écoles, et par là même le « mirroir sans teint » d’une société de l’égalité des chances. Les élèves de l’ENS ont leur place réservées pour les postes d’ATER dans les facs, ce sont les élèves de Science Po qui finissent énarques, ce décret prolonge cette culture de l’élitisme qui existe en France. Richard Descoing a beau se targuer d’ouvrir des classes dans les ZEP, il n’en demeure pas moins le chef de file de cet élitisme contraire à l’égalité des chances.
Favoritisme, copinage, élitisme, formatage, uniformisation de nos élites(sciencespolitisées et enarquisées).
L’égalité des chances n’est malheureusement pas pour demain...J’aimerai voir la réaction de notre cher Président face à cette question.




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